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Saturday, January 13, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (3)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Suite du courrier de ma lectrice : « Cela [NB : l’ultra-libéralisme] a contribué à la crise actuelle qui en appauvrissant et en démoralisant la classe moyenne, risque de mettre à mal la démocratie en Europe, comme dans les années 30 ». Voilà une belle envolée lyrique, mais que d’amalgames ! Le présent côtoie le passé, la politique est confondue à l’économie, la cause devient conséquence et vice-versa.

Vous avez raison. La crise est la même que celles des années 30. Incontestablement, c’est une crise monétaire, due à l’excès de crédit public. Ceux qui ont en charge la gestion de l’état n’ont rien fait pour arrêter l’expansion de la dette. Forts de l’histoire, ils n’auraient même pas dû commencer. Mais il est si facile de vivre à crédit quand cet argent n’est pas le vôtre et qu’on peut en abuser pour soi.

Mais chère Madame, comme en 1929, cette situation n’a rien de libéral. Si chacun de nous devait gérer son propre budget comme les politiciens, il y a longtemps que nous aurions tous fait faillite. Voilà la logique libérale. A l’inverse, la crise actuelle est ce paradoxe où l’homme politique, tel un Jésus, veut multiplier des sous qu’il nous confisque tout en blâmant le libéralisme de ses échecs.

En France, le PIB (Production Intérieure Brute), qui prétend mesurer la richesse produite, est réputé composé pour 57% de dépense publique. « Réputé » car le public ne produit en réalité rien du tout. Ces 57% cachent la richesse produite par le seul secteur privé. La fiscalité réduit la capacité de tous à produire plus, elle ne peut donc nous enrichir. Ne cherchez pas ailleurs l’appauvrissement collectif.

Car 57% du PIB, cela veut dire en gros qu’une personne sur deux est financée par l’autre. Libéral vous trouvez ? Pour appauvrissement et démoralisation, vous avez raison. Mais ce sont les conséquences systématiques du seul socialisme. La méritocratie libérale véritable ne produirait pas ce genre de marasme, même en France ! Et ce n’est pas la période actuelle qui nous apportera un démenti.

Ma lectrice évoque la « classe moyenne », concept collectiviste. Mais s’en rend-elle compte ? Marx répartissait la société en « classes » selon l’épaisseur du portefeuille. Or la richesse, ça va, ça vient. Le plus important, c’est de participer aux libres échanges, générer de la valeur pour soi, et ainsi voir la société entière profiter. Les classes selon les libéraux sont tout autres : il y a les taxeurs et les taxés.

La richesse ne naît pas des billets, mais des échanges libres et spontanés qu’on effectue. Un échange libre et volontaire est en fait l’ultime choix démocratique. Je m’enrichis car j’ai choisi et je satisfais mes besoins ou envies. La fiscalité réduit et canalise les échanges libres et volontaires. Elle confisque et redistribue selon un total arbitraire et met à mal la vraie démocratie. La liberté, elle, est morale.

C’est un des fantasmes des hommes politiques que de croire que la richesse peut se répartir mieux grâce à eux. Or qui peut savoir ce qui est mieux ? L’interventionnisme fiscal crée des injustices envers les échanges honnêtes pendant que des malhonnêtes profitent des jeux du pouvoir politique.

En fait, Madame, plus il y a de gens qui profitent des aides et des subventions, plus la démocratie majoritaire devient clientéliste et enfonce la société dans l’arbitraire. Ce n’est pas le libéralisme qui pervertit la société, qui cause les crises et qui appauvrit comme pendant les années folles. C’est la dérive clientéliste démocratique due à un pouvoir confié aux politiciens désormais démesuré.

Friday, January 12, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (2)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Suite du courrier de ma lectrice : « Il [nb : le libéralisme] a porté ses fruits dans les années 90 avant de montrer ses inconvénients dans l’ultralibéralisme et les dérives du capitalisme financier (subprimes, titrisation de la dette, traders ‘fous’…) ». Il y aurait de quoi écrire plusieurs volumes pour répondre en détails sur tant de sujets. Rejeter les errements de l’étatisme sur le libéralisme quand celui-ci a disparu avec la démocratie, c’est un peu osé. Mais l’étatiste ose crier le haro sur l’ennemi invisible.

Remarquez que l’opposant au libéralisme use des préfixes « ultra » ou « néo » pour le dénigrer. Ainsi l’ultralibéralisme ou le néolibéralisme ou l’ultra-turbo-néo-libéralisme sont des épouvantails pour donner peur. Mais le libéralisme est et reste le libéralisme, le néo-truc-machin n’existe pas.

Le libéralisme s’appliquait-il dans les années 90 ? Il aurait porté ses fruits ? Mais si c’était vrai, pourquoi en 90 et plus maintenant ? Les lois de l’économie ne changent pas, ce qui marche marche toujours et inversement. Rappelons à ma lectrice que nous subissons l’interventionnisme politique depuis plus d’un siècle et que l’étatisme a eu le temps d’apporter la preuve de son incapacité. Quand l’étatisme déraille, le pouvoir politique trouve des faux coupables non responsables ou invente le néo-machin ou l’ultra-chose pour nous camoufler son impuissance à éviter le prochain déraillement. Non Madame, le capitalisme n’a pas de dérives, ce sont celles de l’étatisme, toujours et encore.

Si le libéralisme s’appliquait, le pouvoir ne s’abriterait pas derrière des règlements sortis du ciel, ni l’argent des autres. La simple loi, la logique, le bon sens auraient cours. Les responsables seraient responsables, sur leurs deniers propres donc. Et si les libéraux étaient au pouvoir, tout ce qui représente les dérives de l’irresponsabilité collective serait limité voire impossible : le nombre de fonctionnaires, les emprunts d’état et les déficits publics seraient des légendes passées, devenues incompréhensibles tant elles sont contraires à la vie normale et au bon sens.

Ma lectrice ne voit pas la collusion entre institutions publiques et multinationales, aux dépens du droit et de la multitude de PME et commerces. Collusion qui forme le faux capitalisme, celui de connivence liant les politiques et les grandes entreprises. Ce n’est plus du capitalisme. Cela n’a plus de rapport avec la liberté d’entreprendre. Les grandes entreprises se tournent vers le gouvernement pour réclamer davantage de réglementations et de protections. Tant pis pour la saine concurrence. Ces grandes entreprises se sont tellement bureaucratisées qu’elles ne savent plus fonctionner sans système d’aides ou de subventions issues de la spoliation fiscale. Rien de libéral là-dedans, rien.

Avec la bureaucratie fonctionnaire, ce système de connivence est en fait le vrai cancer de la société française. C’est une forme de corruption à haut niveau utilisant la contrainte de l’état pour chercher des rentes de situation via le vol légal de la masse laborieuse. La démocratie ne fonctionne pas, manipulée par la redistribution et dévisagée par le système de connivences et le social-clientélisme.
Ainsi va hélas l’ensemble de la planète. Le socialisme international issu du détournement général de la démocratie a été d’une redoutable efficacité malgré la déconfiture de l’ex-URSS. Les croyances ont la vie dure !

Mais le citoyen finira par prendre conscience que les dérives du fameux « capitalisme financier » citées par ma lectrice viennent de la réglementation et de la collusion entre les élites politiques et bancaires qui se sont arrogées un abus de droit. Et prendront enfin conscience que le marché libre n’a pas besoin de tricher ni de spolier pour pouvoir fonctionner pacifiquement. Il n’y a aucun doute : notre l’avenir est dans la liberté et le libéralisme, c’est notre enjeu de civilisation.

Friday, January 5, 2018

Le marché, base naturelle de l’économie

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Faites-vous vos courses au marché de votre village ou quartier ? Vous faites sûrement cet acte banal plus ou moins régulièrement, sans plus de questions. Tout un chacun s’approvisionne en nourriture pour renouveler son énergie. Ainsi, le marché du village est un lieu où des commerçants viennent à la rencontre d’acheteurs potentiels proches en proposant leurs produits. La demande des uns vient à la rencontre de l’offre des autres. Ainsi se réalisent les échanges économiques libre et volontaire.

Observez le fonctionnement du marché local : sans ordre particulier, il est anarchique, mais sans chaos. Et pourtant il s’organise, spontanément. Précisons ce point : à part les emplacements qui leur sont attribués, personne n’impose aux commerçants leurs produits, comme personne n’impose aux acheteurs leurs achats. Les commerçants, d’expérience, ont analysé les besoins des clients locaux. Ils proposent ainsi des produits qu’ils espèrent adaptés à ces besoins – ou envies. Si certains produits ne plaisent pas, pour quelque raison, les commerçants repartent avec. Personne n’est forcé d’acheter. C’est cela le marché libre : les uns proposent, les autres disposent, ce n’est pas plus compliqué.

Un acheteur trouve un produit trop cher ? Son aspect ne lui convient pas ? Il lui suffit de ne pas le prendre. Le bon commerçant en tirera seul les conclusions, s’il voit ses concurrents écouler leurs produits alors que les siens restent sur son étal. Il arrivera peut-être à pigeonner quelques clients, si ses concurrents sont en rupture de stock. Mais jouer avec la confiance des acheteurs n’est jamais payant bien longtemps et la tromperie finit toujours par tourner court pour les peu compétitifs.

A contrario, l’état et ses services publics prétendent venir suppléer le marché là où il en va de notre vie ou de notre sécurité – car dans ces domaines, la logique des affaires ne fonctionnerait pas.

Vue l’importance vitale pour quiconque de s’alimenter, on s’interroge donc devant l’absence de « service public alimentaire » plus ou moins nationalisé pour « urgence ultra prioritaire ». Quelle fonction vitale peut être plus précieuse pour l’homme que l’alimentation et le maintien en vie ?

Faisons simple : si ce service n’existe pas, c’est parce que tout service public n’est que leurre. Aucun n’est capable de rendre un réel service à la hauteur de ce que le libre marché offrirait. Il est par contre un instrument de pouvoir et de formatage. Il n’y a sinon aucune, absolument aucune raison qu’un service dit « public » se substitue aux libres marchés, y compris complexes. Et si les hommes de pouvoir n’ont pas osé créer un service public de l’alimentation, c’est qu’ils savent qu’il n’aurait jamais pu être aussi performant et meilleur. Et qu’un peuple affamé est un peuple qui se soulève.

Or par extrapolation du marché du village, tous les marchés fonctionnent de la même manière. La société s’organise librement et volontairement. Il n’y a jamais de violence lors d’une vraie transaction commerciale. Si un contrat vient à ne pas être respecté, la justice est saisie et entend les arguments des deux parties. Puis le jugement devra être exécuté. La simple égalité devant le droit suffit bien.

Pourquoi donc les politiciens devraient-ils intervenir dans l’économie ? Rien ne le justifie, pourvu que le droit de propriété et d’échange libre soit respecté. La corruption et les malheurs des peuples surviennent dès que l’homme politique se permet d’intervenir parmi les transactions libres et volontaires pour en faire des transactions contraintes et forcées. La société du marché s’organise toujours plus vite et mieux que tout état peut le faire. On l’a démontré, tout service public est sans fondement. Vivement que l’économie retourne au bon sens du marché de la restauration…

Thursday, January 4, 2018

Sandy, pluie de dollars ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

L’actualité de la semaine de Toussaint a été marquée par l’ouragan Sandy qui a décidé d’aller voir au nord s’il ne pouvait pas venir saluer Lady Liberty – mais ce faisant, laissa les rues et le métro de New York, ville symbole de la puissance américaine, sous une inondation sans précédent. Et aussitôt, un concert d’économistes – ou supposés tels – de vibrer devant l’occasion si belle de nous illuminer de leur finesse d’esprit en nous affirmant qu’il y avait là un superbe espoir de voir l’économie américaine relancée suite aux besoins de reconstruction ainsi provoqués.

Pour cette grande majorité d’économistes, inspirés par l’incompréhension du monde théorisée par John Maynard Keynes et ses disciples, ce qui fait qu’une économie se porte bien, c’est sa dynamique de dépense. Ce n’est pas totalement faux, un des cœurs de l’économie, c’est bien l’échange commercial – donc de la dépense – qui construit et accumule de la valeur, donc de la richesse.

Mais ce n’est bien évidemment pas le seul aspect de la santé d’une économie – mais il semblerait que cette évidence échappe au keynésien moyen. Cher fidèle lecteur, votre bon sens l’a probablement déjà identifié, cet autre cœur de l’économie, c’est le capital, qui est la richesse accumulée jusqu’ici. Et sous l’angle du capital, le moins qu’on puisse dire, c’est que Sandy n’a pas été une pluie de dollars pour l’économie américaine.

Il convient de citer une fois encore dans cette chronique Frédéric Bastiat, reconnu dans le monde entier comme le plus grand économiste français, mais totalement oublié en son pays. Bastiat a écrit en 1850 la « Parabole de la vitre cassée » où un apprenti économiste tente d’expliquer à un boutiquier dont la vitrine vient d’être cassée que c’est là une chance pour le vitrier et donc pour l’économie. Et Bastiat de rappeler que rien n’est moins vrai, car l’argent dépensé dans la nouvelle vitre aurait pu être mis dans une toute autre dépense – tout en profitant de la vitrine restée intacte.

Que l’homme de bon sens se rassure : Sandy, comme tout cataclysme, est bien une catastrophe, humaine comme économique. Ne doutons pas de cette vérité à l’écoute des messages délirants de ces économistes qui relèvent plus de l’apprenti-sorcier. Ils prétendent faire notre bonheur et notre richesse à coups de mises en équations et de création monétaire. Mais les banques centrales et leurs planches à billets sont dignes des meilleures cavaleries financières. Ils trouvent grâce aux yeux du pouvoir, car ils servent de caution prétendument « technique » à l’intervention étatique dans l’économie, pourtant toujours injustifiable et injustifiée. L’argent – l’illusion de l’argent – jaillit de partout et nous sommes victimes de noyade, non pas par Sandy, mais par ces soi-disant experts.

Pourtant face à la foule des économistes de la destruction, une grande « école d’économie » dite « autrichienne » résiste. Elle a depuis 150 ans repris les travaux de Bastiat et de ses précurseurs français, tel Jean-Baptiste Say. Inconnus du grand public, ses plus grands auteurs – Carl Menger, Ludwig von Mises, Murray Rothbard – ont ainsi bâti une théorie économique correcte qui permit à Ron Paul – homme politique américain libéral – d’annoncer la crise économique de 2008 dès 2003.

Et hélas, ce que la théorie « autrichienne » voit en cette crise monétaire majeure, c’est que le pire ouragan à venir prendra plutôt un prénom du genre d’O ‘Dette publique’ ! « N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?! » aurait pu ajouter Frédéric Bastiat avec l’humour qui le caractérisait.

Wednesday, December 27, 2017

Locations : le dégel n’est pas pour demain !

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

L’hiver commence, saison la plus redoutée de tous les petits propriétaires fonciers qui louent un appartement. Celle où il devient impossible d’expulser un locataire, même celui qui ne respecte pas le contrat de location ou ne paie pas. Celle où chaque fois plus de propriétaires décident de ne plus prendre le risque de subir l’injustice, ce qui réduit l’offre et accroît la demande. Cercle vicieux.

En France, il est de tradition gouvernementale d’interférer dans ce contrat liant le locataire à son propriétaire, à l’encontre de tout bon sens économique et juridique. Le logement est bien sûr un bien sensible, majeur pour une vie décente. Il est évidemment souhaitable que tous aient un toit. Et depuis plus de cinquante ans, les gouvernements successifs, droite comme gauche, prennent ce prétexte pour fausser le marché en faveur des locataires, supposés en situation plus précaire. Et de ce fait accroître la rareté et les difficultés à trouver un logement pour ceux qu’ils désirent protéger.

Et notre nouvelle ministre du logement d’emboîter immédiatement le pas à la posture idéologique à la mode, allant jusqu’à évoquer des réquisitions. Si protéger le locataire était efficace, pourquoi depuis ce temps le logement est-il encore un sujet si sensible ? Peut-elle comprendre qu’une telle douche glaciale va raréfier un peu plus l’offre en rendant les propriétaires encore plus frileux ?

Or ne pas payer son loyer est une rupture du contrat à l’initiative du locataire. C’est donc bien lui qui est répréhensible, pas le propriétaire. Pourquoi l’état ne fait-il pas respecter le droit en donnant raison au propriétaire, au lieu du locataire fautif ? Qui prend un risque à construire un logement, souvent avec un crédit ? Qui peut être mis en difficulté face aux échéances qui s’accumulent ?

Mais l’état français est schizophrène : d’un côté il pousse à l’acquisition immobilière à marche forcée via des plans de défiscalisation chimériques et de l’autre il entretient cette vieille image du méchant Thénardier exploitant des locataires pauvres et miséreux. Le pouvoir politique préfère le jugement clientéliste à la moralité douteuse, au lieu de se limiter à un rôle assurant le respect des contrats.

Or si les propriétaires avaient l’assurance que leurs loyers sont protégés, ils investiraient à moindre risque dans l’achat d’autres appartements, pas uniquement pour raisons fiscales. Et par le jeu de la concurrence, les loyers resteraient modérés. C’est aussi simple que cela, le marché laissé à lui-même si la loi se borne à être juste. Si un locataire ne paie plus ou pas son loyer, la seule chose qui doit jouer, c’est le respect du droit de la propriété louée. En obligeant les propriétaires à subir des actes indélicats sans pouvoir compenser par des loyers en hausse, ils disparaissent. Et les logements aussi.

Pour justifier l’intervention étatique, tout esprit chagrin objectera que la logique du marché ne sait pas fournir des logements décents à bas prix. Pourtant, celui qui avance un tel argument est incapable de lui donner la moindre substance, sauf l’arbitraire. Il n’y a aucune raison que de petits propriétaires, aux revenus modestes, ou en général des entreprises, ne décident pas d’opter pour un investissement limité et donc pour une offre de logements bon marché, pourvu que le risque soit en rapport.

Beaucoup ont cette phobie de loyers qui ne pourraient être que trop chers, laissant les pauvres dehors. Or l’existence d’hôtels, de magasins ou de fast-food à prix réduit montre bien que le marché sait aussi aller vers le bas de gamme, sans l’état. C’est un argument sans réalité. Il ne fait que démontrer l’incompétence de nos gouvernants, prompt à oublier qu’ils sont les porteurs des taxes locales (foncière et habitation) venant surenchérir exagérément le coût du logement pour le locataire et le propriétaire. En guise de protection d’accès au logement, rien ne vaut le libre marché.

Tuesday, December 12, 2017

Hôtels de département et de région

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Chaque fois qu’à Toulouse on longe la Garonne vers Empalot ou le Canal du Midi vers les Minimes, on peut admirer les chefs d’œuvre d’architecture administrative que sont les hôtels de département et de région. Surtout le bâtiment du conseil général dont les deux menhirs – obélisques ? – à l’entrée évoque la grandiloquence d’un Karnak dont le pharaon aurait plus d’ambition que de moyens…  De plus, ces deux ensembles n’en finissent pas de se voir agrandir. Il faut croire que la population qui les occupent connaît une démographie galopante. Avec l’argent des autres, il est facile de s’agrandir.

Bien des « économistes » nous diront que ces travaux de construction et d’agrandissement sont une source importante de croissance et de revenus pour les entrepreneurs locaux. C’est oublier que les fonds qui ont servi à payer ces entreprises ont au préalable été prélevés sur la population qui aurait pu en faire autre chose de plus utile. La croissance n’a donc pas été créée, elle a en fait été usurpée.

Les deux « hôtels » sont habités de fonctionnaires dont le nombre croît en gros avec la surface de bureaux. Il y a peut-être quelques contractuels ou stagiaires, mais ils restent payés avec nos impôts. Là encore, de prime abord on pourrait croire qu’il a croissance par création d’emplois, et c’est d’ailleurs ce qu’exprime le calcul du PIB de nos jours, puisqu’il intègre la « production » publique.

Mais en réalité il n’en est rien, bien au contraire. Par statut aucun fonctionnaire n’a jamais produit la moindre valeur et n’en produira jamais. Les cris que cette affirmation provoquera n’y changeront rien. Pour qu’il y ait valeur et donc richesse, il faudrait d’abord qu’il y ait commerce volontaire. On n’attache en effet de valeur qu’à ce qu’on est prêt à payer. Donc que chaque fonctionnaire produise des produits ou services qui soient spontanément demandés par les consommateurs. Qu’on me cite un seul service de ces collectivités pour lequel M.Dupont serait prêt à payer, spontanément.

On m’opposera que la région comme le conseil général produisent en réalité de nombreux produits et services et sont donc une forte source de richesse collective. Pour appuyer ces dires, leurs sites web vantent leur action dans les domaines du transport, de la culture, l’aménagement du territoire, l’enseignement, la formation et l’écologie. Mais quels services se cachent derrière la propagande ?

Des subventions, des « droits sociaux », des services publics. Les subventions perturbent l’économie, les « droits » perturbent la méritocratie, les deux redistribuent des sommes prélevées sur la richesse justement acquise. Les services publics sont les seuls candidats à une éventuelle valeur, mais qu’en est-il vraiment ? Prenons le cas simple des transports en commun. Seriez-vous prêt à payer le prix de ce qu’ils coûtent vraiment ? Si votre réponse est « non », alors il n’y a ni valeur ni source de richesse.

Mais revenons aux bâtisses. Elles occupent de vastes terrains en plein Toulouse, des terrains qui pourraient rapporter beaucoup sur le marché de l’immobilier. A l’heure de dettes nationale comme locales dignes des plus belles cavaleries financières, il pourrait être astucieux de revendre et libérer ces terrains pour aller vers des espaces moins nobles mais moins dispendieux pour la collectivité.

Rappelons qu’avant la décentralisation voulue par Gaston Deferre en 1982, il n’existait pas de région Midi-Pyrénées et que le conseil général de Haute-Garonne avait un champ d’action bien plus réduit. Cela n’avait pas semble-t-il empêché Toulouse d’être déjà une ville – bien plus – prospère. Depuis 30 ans, au moins la « décentralisation » aura-t-elle permis aux pharaons locaux d’exprimer leurs egos.

Et si… on séparait politique et économie ? (2/2)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Avez-vous noté que l’homme politique s’est pris d’affection pour le miséreux ? Mais, ouf, avant de se pencher sur le sort de la misère du monde, il a bien pris soin de se mettre lui-même à l’abri : il se sent si indispensable que « politicien » est devenu un métier. Via la pseudo légalité, l’homme de pouvoir ne ressent aucune once de culpabilité à taper dans la caisse des fruits du travail des autres. Ainsi est née la religion d’état au concept singulier : le vol des plus « riches » que soi est devenu « l’égal ». Peu importe si les pauvres restent pauvres, tout est prétexte à intervenir pour appauvrir les plus riches.

Cette forme de croyance et ses variantes s’appellent « socialisme ». N’entrons pas dans ce débat clos depuis 1922, lorsque Ludwig von Mises démontra de manière brillante dans son immense ouvrage « Le Socialisme » qu’aucune forme de cette idéologie ne peut réussir durablement, faute de liberté.

A l’aune du centenaire de la FED, aucune des expériences socialistes (nationaliste, internationaliste, communiste, gaulliste, social-démocrate, etc.), qui toutes supposent les hommes politiques capables d’intervenir valablement dans l’économie, n’a résisté à l’épreuve du temps. Avant que cela ne tourne au vinaigre, il y a urgence de tirer la conclusion que Ludwig von Mises avait dégagée : se libérer de la croyance que l’homme politique ferait le bonheur de tous. Car en réalité, il fait le malheur de chacun.

Le miséreux, c’est celui qui a des difficultés à participer aux échanges humains, qui a du mal à valoriser sa propre personne au sein de la société humaine. Ou que le système rejette. Peu importe les causes. Et le constater ne doit pas servir de fausse justification au vol fiscal ni à l’inflation législative. La générosité, le don et les associations caritatives sont en mesure de venir à son aide.

Brider les échanges économiques de tous pour cause de la misère de certains, c’est refuser de voir que beaucoup sortent de la misère grâce au libre-échange. Penser que la prospérité vient de l’action politique, c’est nier la liberté de l’action humaine et nier sa puissance imaginative. La situation économique française prouve que nous sommes dans le déni : jamais l’état français n’a autant spolié les citoyens, et pourtant la misère progresse. Parce que prendre « pour le pauvre », c’est prendre.

Heureusement, le pouvoir politique a une limite naturelle. Elle s’exprime clairement à l’article 2 des Droits de l’homme et du citoyen. La solution est connue : regarder la réalité en face ! Le problème tient au dévoiement latent de la démocratie : l’électoralisme. La voie prise repose sur le vice, sans la vertu : s’accrocher aux vestiges de l’illusoire modèle français et préconiser la « démondialisation » au détriment du peuple. En clair, découpler la France du reste du monde, à l’instar de l’ensemble de la classe politique française qui préfère une misère persistante en dépendance, par calcul électoraliste.

Ce qu’on s’imagine, c’est que l’état doit être redistributeur. Mais en fait, il n’est que destructeur de richesse. C’est la corruption intellectuelle du système. Rien à voir avec l’intérêt dit « général » d’une société épanouie faite d’individus libres et responsables. Le meilleur des gouvernements sera celui qui ne gouvernera pas et dont l’objectif sera la séparation de l’économique et du politique, stricto sensu, comme avaient été séparés la religion et l’état. La politique ne se borne qu’à garantir le droit d’être des citoyens au sein de la société pacifiée, lesquels agissent par des échanges légitimes. Ça n’empêche pas les inégalités ? Tant mieux ! car l’inégalité est la source de toute richesse.

Sunday, December 10, 2017

Et si… on séparait politique et économie ? (1/2)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Par quoi sont guidés nos hommes politiques ? Dans une chronique économique, que peut bien faire une question sur les hommes politiques ? S’il y avait une séparation effective entre économie et politique, je ne poserais pas cette question. Mais la question s’impose parce que la politique a sombré dans le mercantilisme et a un impact funeste sur la vie quotidienne de chacun.

L’échange est à la base de toutes les relations entre individus. Certes, il n’y a pas que des échanges économiques entre humains. Il demeure, naturellement pacifique, l’échange relève du domaine privé, et même sans qu’on en ait conscience, tout échange est un contrat de droit privé. La « loi » ne doit intervenir que lorsque l’échange – ou ses conditions – viole ce contrat, c’est-à-dire qu’un conflit survient où la propriété de l’un ou de l’autre a été abusée. Dès lors, c’est à la justice de s’organiser pour régler tout abus, y compris de pouvoir. Là intervient le politique : sur la séparation des pouvoirs.

Ainsi le politique n’a aucune raison d’intervenir dans les décisions d’échange. Rien ne justifie qu‘il prétende à une quelconque justice dans le domaine économique. Il en est même tout simplement incapable. Croire qu’on doit et qu’on peut égaliser par la loi les relations économiques est un non-sens contraire à la vie en société d’individus libres. C’est nier la souveraineté individuelle. Pire pour des socialistes « humains », c’est ne pas voir la richesse issue des différences entre les hommes.

Car il faut le dire et le marteler : l’homme politique n’est guidé que par son intérêt personnel, celui du pouvoir sur les autres, pouvoir qu’il exerce par la spoliation, matérialisée par impôts et taxes, en plus de l’arbitraire. C’est hélas la réalité, mais c’est en complète contradiction avec l’objectif dont ils masquent leur action et avec l’idéal qu’ils mettent en avant, celui du bonheur des citoyens.

D’abord le pouvoir. Comment peut-on prétendre vouloir assurer l’égalité des hommes devant le droit en détenant soi-même un pouvoir sur les autres ? En fait, l’homme politique détourne le droit : il place le droit « positif » (la législation) au-dessus du droit naturel qui fait la société depuis toujours.

L’homme politique est arrivé à peu à peu bafouer le droit naturel (droit d’être) en imposant des faux droits, artificiels, que sont les « droits à avoir » (droit au RSA, droit à un statut). Cela matérialise leur promesse arbitraire mais conduit à la catastrophe car on supprime peu à peu tout consentement individuel. Or il est immoral et injuste de priver les hommes des fruits de leur travail sans leur accord, comme le fait l’impôt. De plus, cet échange « forcé » n’est autre qu’un vol à titre économique. Même organisé par une pseudo majorité face à la minorité, cela n’est ni juste ni pacifique ni ne peut l’être.

Les droits d’être sont une notion humaniste, valable en tout lieu et toute époque. Et ce sont eux qui fondent les principes économiques. Ils sont universels et naturels, ils sont imprescriptibles. Mais l’abus de pouvoir les méprise, et même la démocratie ne suffit pas à limiter l’abus de pouvoir.

A l’inverse, les droits d’avoir n’ont de base que matérialiste et une incompréhension de la société et de nos valeurs. Ils sont variables avec les époques et les territoires où ils sont censés s’appliquer, preuve de leur injustice. Arbitraires et clientélistes, seul l’abus de pouvoir peut les mettre en place.

Une société épanouie, faite d’individus libres et responsables, a-t-elle place pour des droits d’avoir qui bafouent les droits d’être ? Comment les hommes politiques justifient-ils à cette lumière leur interventionnisme ? Nous y répondrons dans une seconde partie à venir prochainement.

Tuesday, December 5, 2017

Immobilier : une bonne remise à Duflot !

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Vous venez d’hériter d’un capital, disons 300 000 euros (ahhh, les comptes en Suisse…). Comment placer cet argent ? L’immobilier peut sembler une bonne idée et ce d’autant que le gouvernement promet de réduire vos impôts de 18% du montant de l’investissement sur 9 ans. Ça tombe bien, 300 000 euros, c’est le maximum autorisé pour en bénéficier. Parce il y a de telles autorisations…

Génial. Vous allez bénéficier d’une réduction de 54 000 € soit 6 000 € /an ! Mais premier hic : si vous ne payez pas autant d’impôt, cet avantage fiscal n’est évidemment pas si net pour vous. Tant pis si vous n’êtes pas riche : la réduction fiscale, c’est un privilège destiné aux riches. Un riche à plus de 6 000 € d’impôts par an ne payera ainsi son investissement que 246 000 €, alors que le « pauvre » chanceux devra, lui, le payer plein pot : 300 000 € ! Les privilèges du fait du roi n’ont pas été abolis !

Continuons avec les riches, puisque les oligarques en décident ainsi. L’investissement s’accompagne de conditions. Le logement doit être « BBC ». Ne vous inquiétez pas, pas besoin de vous mettre à la télé anglaise. Non, il s’agit d’un « label » énergétique où pour économiser un peu d’énergie, on paie l’isolation au prix fort. Une manière comme une autre pour notre état glouton de récupérer bien vite l’économie fiscale qui vous avait été proposée : n’oublions pas qu’il engloutit aujourd’hui pas moins de 57% du PIB en impôts et taxes. Pour 100 euros produits, hors fraude dite « fiscale », 57 reviennent à l’état ! Il faut bien aller les chercher partout. Quant à l’économie d’énergie, ce n’est pas vous qui en profiterez, ni un membre de votre famille (le dispositif vous l’interdit), mais votre locataire inconnu.

A ce stade, restons avec les riches qui aiment le risque. En effet, inutile d’obtenir des garanties de votre locataire, demandez-lui juste s’il aura un jour l’intention – consciente ou pas – de ne plus payer le loyer en raison de la faiblesse de ses ressources. S’il vous répond positivement, acceptez-le : la condition de location est réservée aux seuls locataires avec des ressources plafonnées. Mince.

Et pour finir, constatons que ce dispositif concerne les seuls riches parfaitement altruistes, ceux qui ne s’intéressent pas au prix du marché et aiment jeter l’argent par les fenêtres. En effet, ne cherchez pas à calculer la rentabilité de votre investissement, vu que le loyer est plafonné à 20% en dessous du marché ! Bon ça y est, vous êtes dans cette catégorie concernée par cet article 199 Novovicies du CGI (Si, si, c’est le bon numéro !) pour profiter de cette « réduction linéaire et égale » ! Je vous devine bien moqueurs, ou tristes, en lisant ce dernier terme. La bonne affaire que vous avez faite là !

Car la mise en location d’un appartement ainsi acquis engendre sa perte immédiate de valeur, de l’ordre de 20%, due à la perte de disponibilité et au risque de maintien dans le lieu d’un locataire défaillant. Votre capital initial de 300 000 euros est réduit de 60 000 euros, ce qui est plus que l’avantage escompté sur 9 ans. Avec l’inflation, votre perte est donc immédiate, puisque hélas l’argent actuel vaut plus que l’argent futur. Sans oublier la bulle immobilière qui éclatera bientôt.

Ce n’est pas tout. La valeur du capital restant dépend de son rendement. Avec une réduction du loyer de 20%, vous dévaluez la valeur initiale du capital du même pourcentage. Votre capital est donc réduit à 192 000 euros (80% de 240 000). L’épargnant tenté par ce dispositif perd immédiatement 36% du capital, soit 108 000 euros, le double de l’avantage fiscal. En cas de revente, ayez bien du courage pour retrouver le capital initial vues l’imposition sur les plus-values et la CSG associée.

Ça y est, les rentiers sont soumis au même régime que les entrepreneurs : la destruction de leur capital. Marx triomphe. Nous sommes bien en république française populaire socialiste ! Comment disait-il déjà ? Ah oui : « Fuyez, pauvres fous ! »

Monday, December 4, 2017

Et si... L’état était LE problème ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Pourquoi la société va-t-elle si mal ? Chacun y va de son explication de telle crise ou tel événement social. Chacun a sa solution plus ou moins arbitraire ou radicale. Notre condition d’être humain dans la société limite analyses et explications. Sans faire la Mme Irma, essayons d’y voir plus clair.

Tout être humain est à la fois une personne physique et morale. La personne physique (homme) est soumise à l’état de nature alors que la personne morale (citoyen) participe à l’état social où les humains sont en relations. L’état de nature tient à l’existence de lois universelles, telle la gravité. L’état social est le produit de règles de vie fondamentales qui s’expriment par les droits naturels et imprescriptibles de l’homme et du citoyen, ainsi que par les lois économiques de l’action humaine.

Remarquons que le droit naturel (j’ai droit à la vie, possède mon corps et son produit) est intrinsèque à l’existence même de l’homme et qu’il s’applique uniformément en tous lieux et en tout temps. Il est immuable. A contrario, les règles de vie liées aux relations sociales, dites « droit positif », sont le fruit opportuniste des évolutions du pouvoir, de la morale et des modes qui règnent dans la société.

Les besoins de la personne morale doivent respecter la personne physique. Si notre personne morale ne respecte pas notre personne physique, la personne humaine que nous sommes aura vite fait de disparaître. Par extrapolation, le droit positif se doit de toujours respecter le droit naturel si nous ne voulons pas que la société se dégrade. Logiquement l’état de nature s’impose toujours à l’état social. Ne pas le comprendre, comme dans la société actuelle, c’est s’exposer à en subir les conséquences.

Car contrairement à ce qu’il aimerait, aucun gouvernant, y compris le pire dictateur, ne peut avoir d’influence sur les lois naturelles. Et parmi celles-ci, on compte l’économie. J’imagine déjà certains lecteurs réagir : « non, non, l’économie n’a rien d’une science, elle ne connaît pas de « lois », au contraire de la physique. » A ces récalcitrants, je demande de me trouver un produit ou service qui serait absolument gratuit ou de me prêter du capital qu’ils n’aient d’abord épargné – sauf à voler.

Ces exemples sont simples, mais caractéristiques. L’économie est un phénomène du fonctionnement social et tant que les hommes vivront ensemble et chercheront leur bonheur en divisant le travail, les lois de l’économie s’exprimeront et s’imposeront à tous. Rien ne changera cette réalité même si le nombre d’auteurs qui le conteste est grand : aucun politicien n’accepte que son pouvoir soit vain.

Ainsi, même sans le savoir, tous les humains suivent ou subissent les lois de l’économie. Dans le cas contraire, invariablement, celle-ci reprend ses droits d’une manière ou d’une autre, non sans avoir laissé de la misère en guise de traces. N’allons donc chercher aucun bouc-émissaire ou faux prétexte aux dysfonctionnements de la société et à ses crises. Constatons que l’état et ses lois arrivent même à prétendre se mêler d’amour et de sentiments, comme avec le mariage. Et comme tout est devenu clientélisme, tous les irréfléchis ou naïfs appellent de leurs vœux l’utopique « régulation » par le « droit positif ». Sans bien sûr jamais l’obtenir, car la fausse « loi » ne peut mettre la nature au pas.

Le libéralisme demande simplement de revenir à la lucidité, à se souvenir de la loi naturelle. Et donc que l’état respecte les lois du droit et de l’économie. Est-ce parce que les ingénieurs aéronautiques respectent les lois naturelles que les avions se comportent comme des sauvages ? Non, et c’est bien le respect des lois naturelles qui fait que les avions sont de plus en plus sûrs. Soyons certains que le jour où l’état n’aura enfin d’autre objet que le strict respect du droit de chacun de nous, les crises s’évanouiront. Plus chaque gouvernement respectera la réalité, plus la société sera libérée des crises.

Sunday, December 3, 2017

Honoraires : une source de maux ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Le gouvernement voudrait réduire les dépassements d’honoraires des médecins. Or, évoquer un « dépassement », c’est reconnaître un tarif fixe, car réglementé. Pourtant on parle d’honoraires pour les professions « libérales », supposées libres … de fixer leurs honoraires. La rhétorique de la bien-pensance diffuse encore un message totalement subversif, inverse de la finalité réelle, qui n’est que d’intervenir pour fausser l’économie et remettre tout ce qui est un peu « libre » sous contrôle.

Ainsi, une question mérite réflexion : les professions médicales, à l’origine réellement « libérales » et libres, sont-elles en train d’être fonctionnarisées, menant vers une étatisation de la santé ? Probable.

En effet, le politique, par le système de sécurité sociale, entend fixer la rémunération des professions médicales, estimant qu’un certain montant ne saurait être dépassé. Sans tenir compte des vastes différences de savoir-faire ou autres critères qui font que certains « libéraux » sont plus sollicités.

Or les bons économistes l’ont expliqué depuis longtemps : toute fixation des prix a des conséquences négatives, et bien sûr ce sera ici sur la qualité des soins. Ces professions, dont les spécialistes, ont des frais loin d’être en rapport avec le tarif fixé. Pour obtenir des revenus proches tout en finançant les derniers équipements, ils devront réduire la durée des consultations et en faire de plus nombreuses, pour espérer un même revenu sans être sanctionnés. Ils ont aussi le choix de partir à l’étranger, où la soviétisation par le tarif imposé n’est pas encore « en marche ». Les meilleurs ont déjà fait ce choix.

Le dépassement de tarif n’a pourtant aucun impact sur le déficit de la sécurité sociale, puisque le patient paye la différence. De quoi vient donc s’occuper le politicien ? Les citoyens ne sont-ils pas suffisamment adultes pour demander le prix d’une consultation ou d’une opération et savoir si ce supplément vaut la différence à leurs yeux ? Il faut croire que non : vite protégeons les infantiles !

Plus la sécurité sociale, depuis 1945, cherche à se mêler de ce qui ne la regarde pas, plus la qualité des soins et de la santé en France se dégrade et plus le déficit s’accroît. Le niveau de remboursement des soins des patients en proportion n’a jamais été aussi faible et les cotisations jamais aussi élevées. Mais personne ne remet en cause ce système mammouth né sous des auspices marxistes. La santé serait née comme un secteur échappant à la logique économique, il faut à tout prix qu’il en soit ainsi.

À vouloir réguler, à tenir en dépendance les professionnels de santé par tous types de subventions, la sécurité sociale à fait perdre son dynamisme au secteur, pourtant majeur pour une vie meilleure. Il y a urgence au contraire à stopper les multiples formes de fausse aide aux médecins – sédentarisation, télétransmission, installation, etc. – et à laisser les professionnels travailler comme leurs clients le souhaitent, par exemple le soir ou le dimanche s’ils estiment qu’ils rendent service à leurs patients.

A ce rythme, on pourra bientôt tous aller consulter des marabouts ou des sorciers, ce sera tout aussi efficace. Il ne suffit pas de dire l’évidence de la priorité de l’accès aux soins pour tous : il faut d’abord du réalisme. Si la loi du marché avait tort, alors pourquoi ne pas supprimer toute liberté tarifaire et imposer aux médecins un tarif unique et nul ? Car après tout, ce sont eux qui assurent notre santé, et comme la santé serait « un droit », ils devraient donc être gratuits. Utopie socialo-marxiste idiote.

Avec le contrôle des prix, l’Etat se soviétise et entraîne des déséquilibres et à terme la misère. Il faut cesser les réglementations iniques. Un fort vent de liberté doit souffler sur la santé en France si nous voulons retrouver rapidement un niveau d’excellence qui soit digne de notre devise de fraternité.

Saturday, December 2, 2017

Et si... l’éducation nationale était le problème ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

L’éducation nationale (EN) fait partie des mammouths sacrés de la République. Espèce en voie de disparation continuelle, déliquescente mais perfusée depuis quelques 70 ans, le premier employeur du pays reste le symbole dépérissant de notre pays socialiste en lente décomposition annoncée.

Les libéraux aiment à prendre l’EN pour cible de bien des façons. Elle est l’objet de critiques acerbes car incarnant le monopole d’état dans sa superbe lourdeur soviétique, aveugle et inefficace. Elle est le symbole de la mise sous cloche de la liberté d’enseignement privé, celui des grèves à répétitions au seul but corporatiste de ses privilégiés et du lent glissement dans les benchmarks mondiaux.

Mais en matière économique, l’EN est probablement le coupable le mieux caché, certes indirect mais bien réel, de la situation socio-économique de ce pays, rien de moins. Comment ça ? Simple.

Vous tomberez d’accord avec moi pour dire que l’économie est un domaine qui nous concerne tous. Le boulanger, l’ouvrier de nos avionneurs ou la douce infirmière peuvent difficilement éviter de se confronter aux réalités du marché – en faisant leurs courses ou en cherchant un travail – à celle de l’épargne – en tentant de sauver leurs maigres économies – ou encore à la spéculation en cotisant pour leur retraite, même s’ils ne sont probablement pas conscients de spéculer.

Mais justement, pourquoi la plupart des français ne sont-ils pas conscients de la nature économique de leurs actes ? Combien de CGTistes hurleraient de se faire traiter de spéculateurs, chose pourtant bien réelle ? Combien seraient surpris de s’entendre dire qu’ils comptent parmi les capitalistes parce qu’ils mettent de l’argent de côté, travaillent avant d’être payés, ou payent leur maison à crédit ?

Tout cela est la faute à l’EN. Car à l’école, on nous apprend plein de choses, dont tant ont une utilité disons obscure. Philosophie, histoire, musique parfois, éducation civique quand on a de la chance, latin ou grec ancien alors que plus personne ne les parlent. Mais pas d’économie, rien du tout.

Certes, certaines filières au lycée ont droit à quelques heures où des absurdités tirées de Keynes leur sont assénées, au point d’en convaincre beaucoup de l’inutilité de la chose et de faire des rares qui en gardent souvenir de faux savants. Mais il demeure, l’immense majorité des français n’a pas la moindre notion de base en économie. Parce que l’EN ne leur apprend rien et va même jusqu’à les convaincre de la négativité de la matière. L’économie, c’est de droite, ce n’est donc « pas bien ».

Mais il n’y a là aucun hasard, aucune malchance. Le peuple Français ne compte pas parmi les plus ignares en économie par culture ni par penchant spécifique comme il a un penchant naturel pour la bonne chère. Non, c’est là le résultat d’une volonté politique, bien évidemment. Tout à l’EN est politique. C’est son objet même que de nous endoctriner et de faire de nous de piètres citoyens. Quand on voit la force des débats annuels sur les programmes, comment voulez-vous que ce soit autre chose qu’une volonté du pouvoir et des cadres de l’EN que nous soyons tous si ignorants ?

Car un peuple ignorant dans le domaine économique est un peuple auquel on peut raconter et faire n’importe quoi sans qu’il se soulève trop souvent. La démocratie moderne repose sur la promesse clientéliste. L’homme politique ne peut y faire carrière que par sa capacité à promettre des choses en réalité impossibles et sans que cela se voit. Ou plutôt, qui ne sont possibles qu’à condition d’aller à l’encontre de tous les principes et lois de base de la science économique. Il faut donc pouvoir mentir constamment sans que jamais personne ne s’aperçoive de, ou n’ose révéler les mensonges.

Car l’économie est bien une science, à l’inverse de ce qu’on entend. Les actes politiques ont ainsi des conséquences certaines. Mais l’enseigner à tous donnerait à chacun les moyens de comprendre que le politicien nous ment. Alors l’EN est devenue le complice « formateur ». A quand la libéralisation ?

Friday, December 1, 2017

Et si… tous les Nobel de la Terre…

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

A la sortie de la messe de Davos, nous arrivons dans la période annuelle où va se répéter une autre messe mondiale, tout aussi ridicule. Le Prix Nobel voulait saluer à l’origine les meilleurs travaux scientifiques, mais il s’est vu dévoyé sur deux matières pour en devenir un sommet de politiquement correct contre-productif : la paix et l’économie. On passera ici sur le Nobel de la Paix en espérant juste que cette année il aille à un Edward Snowden plutôt qu’à nouveau à un despote tel Obama. Mais il est probable que le Nobel d’Economie cette fois encore soit remis à un incompétent, j’ai nommé entre autres les Paul Krugman, Joseph Stiglitz ou Amartya Sen ou nombreux similaires.

Comment un simple citoyen peut-il se permettre une affirmation aussi péremptoire ? C’est tout simplement une question d’information, que vous pouvez vérifier par vous-même. Je sais qu’il existe une autre théorie économique que les leurs. Une qui « marche ». Cette théorie, dite de l’école autrichienne, explique bien mieux tous les phénomènes économiques, tout en restant bien plus digeste et abordable que les usines à gaz mathématiques célébrées par l’académie suédoise.

Pour être exact, il y a un et un seul économiste véritable qui fut célébré par les Nobel au cours des quarante dernières années : Friedrich von Hayek, en 1974, un économiste issu de cette école autrichienne justement, l’exception qui confirme la règle. Il fut récompensé pour avoir su exprimer le rôle informationnel majeur que jouent le (libre) marché et les prix à l’échelle planétaire pour faire se rencontrer offre et demande. Là où beaucoup croient devoir aligner les fonctionnaires, Hayek explique que le marché libre fait mieux juste en laissant les gens commercer librement.

A l’inverse, une des aberrations des économistes « tendance Nobel » et en général aussi tendance gauchiste tient en leur croyance en la « relance » économique par l’injection de monnaie. Or il est facile d’expliquer à quel point cela ne repose sur rien de réel, ou plutôt rien de réaliste, et combien c’est là la racine même de nos crises depuis plus de 40 ans. On ne peut relancer une économie, car une économie – on devrait parler de marché, plutôt – est faite par les gens, pas par les politiciens.

Imaginez qu’à un instant l’ensemble des Français possèdent disons 1 milliard d’euros – je simplifie en oubliant les autres pays. Puis que la Banque de France émette 1 autre milliard. Ce nouveau milliard va permettre au début à ceux qui l’ont émis et donc qui l’ont au bout des doigts d’acquérir des richesses – mais notez bien, pas d’en créer, juste d’en acquérir. Cette demande plus forte va faire monter les prix atour d’eux, puis plus loin au fur et à mesure que la manne se répand, jusqu’au moment où ce double d’euros en circulation soit fini d’intégrer. Deux fois plus d’euros, mais aucune richesse créée. Comme la monnaie est deux fois moins rare, elle vaut en gros deux fois moins et donc les prix montent jusqu’à doubler en moyenne. Mais les salaires eux, n’ont pas encore monté…

Cette explication simple mais réaliste – elle porte un nom depuis 300 ans, on l’appelle l’effet Cantillon – met plusieurs choses en lumière. D’abord, que l’économie, c’est simple et ne nécessite aucune équation compliquée. Ceux qui vous dirons l’inverse sont soit des menteurs soit des irréfléchis. Ensuite, la création de monnaie ne crée pas de richesse. Au contraire, comme les prix montent mais pas les bas de laine, elle appauvrit le peuple et surtout les plus pauvres par inflation. En plus, on voit au contraire que ceux qui profitent le plus de la nouvelle monnaie sont ceux qui l’émettent avant la hausse des prix, donc l’état et la finance. La création monétaire enrichit les bureaucrates et appauvrit le peuple – bref tout l’inverse de ce qu’on voudrait nous faire entendre.

Vous croyez que je me trompe ? Cherchez par vous-même, réfléchissez, vous vous rendrez compte.

Wednesday, November 29, 2017

Football : Carton rouge pour l’hyper-fiscalité

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.) 

La ferveur populaire pour le football a amené bien des mécènes à investir des sommes importantes, s’attirant ainsi les meilleurs joueurs. Voici que la remontée en ligue 1 de Monaco met au grand jour des distorsions que les présidents des autres clubs dénoncent. Mais en parlant de « concurrence déloyale ». Vous l’aurez compris, cette concurrence porte sur les joueurs et vient des différences de fiscalité entre la France et la Principauté et non d’un savoir-faire monégasque hors du commun. Rappelons que Monaco est un pays indépendant, donc souverain en matière de vol de ses citoyens.

Prenons un joueur payé 1 million d’euros net : le montant déboursé par le club monégasque sera de 1,051 million d’euros, à comparer aux 3,2 millions d’euros pour les clubs français. De plus, alors que le joueur monégasque finance sa couverture sociale avec ses propres revenus, les joueurs des clubs français bénéficient de droits sociaux conséquents sans devoir les payer – les spectateurs les leur financent. Pour être logiques, tous les français qui aiment l’état devraient se satisfaire que plus de la moitié de leur argent serve à financer notre état supposé généreux. Concurrence déloyale ? Où ça ?

Derrière cette boutade, on aura compris que la France croule sous une fiscalité arbitraire, aggravée par des raisonnements fallacieux. Il ne s’agit pas de concurrence déloyale de la part du club de Monaco, mais à l’inverse de la boulimie de l’état français : 5% à comparer à 220% ! La Principauté a gardé une gestion rigoureuse de ses finances et su mettre ses limites à l’état. En France, les hommes politiques ont abusé et re-abusé du pouvoir pour exiger des sommes toujours plus élevées et plus arbitraires au regard des fruits du travail de l’individu. Quand le footballeur reçoit 1 million d’euros, l’état rackette l’employeur de 2,2 millions d’euros supplémentaires, sans la moindre justification valable. Sans oublier qu’en plus le joueur à son tour sera extorqué via les impôts directs et indirects (notamment désormais avec la taxe à 75%). Ce racket mafieux, pourquoi continuer à l’accepter ?

Parce qu’il s’agit juste de quelques footballeux ? Mais c’est la même gabegie pour tout le monde.

Une justification morale ou scientifique à tant de spoliations ? Aucune, cette boulimie extorsionniste ne repose sur rien de solide, à part l’abus de pouvoir et le vol organisé. Et plus l’état extorque, pire est la situation économique. Notre exemple permet de constater que l’état empêche les clubs français d’être aussi compétitifs que Monaco sur le terrain. Avec la même somme, le monégasque peut s’offrir 3 joueurs de niveau équivalent pour un seul pour les clubs français – ou un seul joueur, mais d’un niveau très supérieur. Ce n’est pas Monaco qui paye ses joueurs moins cher. Vu par le club cette fois, disposer d’un budget de 1,051 million lui permet de s’offrir un joueur demandant 1 million d’euros. Ce qui sera donc possible pour le club monégasque ne le sera pas pour un club français, obligé d’abandonner ses ambitions. L’hyper-fiscalité de l’état français fabrique de la médiocrité.

Les clubs de football ne sont hélas qu’un exemple. Les charges trop importantes obligent toutes les entreprises à revoir leurs projets à la baisse. L’économiste Frédéric Bastiat (1801-1850) avait déjà la formule suivante pour décrire cette dilapidation : « Quand un fonctionnaire dépense à son profit cent sous de plus, cela implique qu’un contribuable dépense à son profit cent sous de moins. Mais la dépense du fonctionnaire se voit, parce qu’elle se fait ; tandis que celle du contribuable ne se voit pas, parce que, hélas, on l’empêche de se faire. » Que l’état n’extorque plus, qu’il laisse l’économie et les hommes s’organiser naturellement et nous verrons les emplois et la prospérité de tous revenir.

Tuesday, November 28, 2017

Et si… égoïsme et solidarité allaient de pair ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son actualité socio-politico-économique.) 

Tout gouvernement moderne, tel un magicien, nous annonce à l’envi des plans de relance géniaux où l’argent coule à flots pour doper consommation et industrie. Pourtant, notre société souffre de gens toujours plus nombreux vivant à ne rien faire, sous des prétextes sociaux incohérents.

Pourtant, rien n’est gratuit sur cette Terre. Surtout pas de vivre. Je dois respirer. Je consomme de l’énergie. Très vite, deux choix s’offrent à moi : me nourrir, ou mourir. Je cultive ou je chasse, ou je pêche. Ou j’échange le fruit de mon travail contre de la nourriture. Encore et toujours de l’énergie : pour vivre, je dois travailler. Et d’abord pour moi, puis pour servir ma famille et les miens.

Manger pour vivre, ou vivre pour manger, Molière ? En économie, la chose est claire : il faut manger pour vivre. Dans ce monde humain, chacun commence par penser à son estomac. Personne ne peut manger pour moi : mon égoïsme est nécessaire à ma survie. Prise sous l’angle primaire, notre réalité est purement individualiste. Dans la société complexe qu’est la nôtre, la chose n’est certes plus aussi triviale : je n’ai souvent pas d’autres choix que d’échanger avec autrui pour ma restauration. Mais le « service contre repas » qui nous caractérise ne change en rien notre égoïsme premier.

C’est là qu’intervient l’objet du marché libre et de la division du travail. Autrui prend le relais. Si je lui apporte du bois pour son four, en retour le boulanger saura me nourrir en pain. Ainsi, dans la société moderne, la vie repose sur le négoce entre tous les humains. C’est elle la solidarité naturelle d’une société libre. Mais le fonctionnement social et économique suppose donc mon premier effort. Un effort de chacun et de tous en vue des échanges à venir pour vivre et participer à la vie des autres.

Pour financer une relance, le politicien brise cette loi, il crée de la fausse monnaie, ou de la dette. Il croit pouvoir nous nourrir sur le dos de nos enfants avec du simple papier. Ce gratuit de façade n’est autre qu’un vol payé par ceux qui ne trichent pas et produisent. Ainsi la relance entretient la fausse solidarité-dette. Le socialiste croit pouvoir aider certains à ne rien faire tout en espérant les voir se socialiser. Or c’est contre nature, illogique. Il oublie qu’il faut commencer par égoïstement travailler pour soi avant de pouvoir espérer la solidarité des autres, exprimée par l’échange gagnant-gagnant.

Le socialiste imagine l’humanité devenue adulte quand « sa » solidarité qui pousse à l’inaction aura été imposée à tous. Une société où il serait durablement possible de se nourrir sans avoir contribué d’abord à la survie des autres par son propre service n’est qu’une société injuste et sans viabilité. Hélas, c’est la nôtre, celle de 2014 (et encore en 2017) ! Or la civilisation, donc la paix, repose sur la solidarité du négoce.

Bien sûr, il y a des gens incapables de contribuer pleinement (vieux, enfants, amputés, etc.). Et encore, cela n’est même pas si sûr, il faut souvent juste trouver leur place dans l’ensemble. Mais la tradition a prévu leur prise en charge par leurs familles, creuset de la civilisation humaine. A défaut par des associations ou communautés. Cette proximité où les gens se connaissent, peuvent mieux apprécier la réalité du handicap et décider ainsi spontanément d’aider, c’est elle la seule garantie possible de la juste solidarité. La redistribution jacobine aux fainéants légalisés est à la source de l’injustice sociale, chaque jour un peu plus marquée. Qui ose dénoncer cette fausse solidarité ?

Notre société socialiste, qui se veut morale parce que glorifiant la dépendance passive, est par nature d’une injustice profonde. Elle s’enfoncera toujours plus vers l’injustice, donc vers sa perte, tant qu’elle ne remettra pas le travail, base du négoce lui-même solidaire, au centre de ses valeurs. La sortie de la misère suppose de reconnaître que le vrai égoïsme contribue à la vraie solidarité.

Cadeau fiscal ? Non, vol légalisé

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

On entend régulièrement le politique ou syndicaliste parler de « cadeau fiscal » aux contribuables qui bénéficient ainsi d’un impôt ou d’une taxe réduit. Prenons le carburant : l’écologiste voit la fiscalité sur le gas-oil comme un « cadeau fiscal ». Le cégétiste y voit la réduction de l’impôt sur les sociétés. A aucun moment, il ne leur vient à l’esprit que la fiscalité sur les autres carburants ou les entreprises est déjà abusive. Ils ne voient pas qu’il s’agit en fait d’un vol moindre du système envers les citoyens.

Si vous recevez un cadeau, vous demande-t-on de le payer ? Non, bien sûr. Si on vous y forçait, vous ne diriez probablement pas « merci pour le cadeau ». De même, devant le choix entre 2 produits, l’un moins cher que l’autre, vous ne verrez pas la différence de prix comme un cadeau du commerçant. Ce dernier ne prétend d’ailleurs pas vous faire un cadeau, si les deux produits ne sont pas au même prix, il a ses raisons. Or pour les politiques ou syndicalistes vivant des impôts et taxes, si par bonheur vous arrivez à en garder un peu dans le porte-monnaie, c’est qu’ils vous accordent un cadeau ! Eh oui, dans notre belle république de la dépense obligatoire, ils finissent par se convaincre que votre argent est le leur. Conclusion : vos dépenses sont inutiles, seule la dépense publique est vertueuse !

Bien sûr, cette vision est une grossière manipulation intellectuelle : elle pose que les revenus et les biens des citoyens appartiendraient au gouvernement. Après plus d’un siècle, la décomposition collectiviste de la société française arrive au même stade que l’ex-URSS avant sa chute. Le summum est atteint avec un gouvernement qui a transformé l’état régalien supposé protecteur du droit en un état-nounou où le citoyen-larve ne doit plus penser ni agir, car le système pense et agit à sa place.

Le secteur privé, qui reste l’unique créateur de richesses, est ainsi prié de passer régulièrement à la caisse sans avoir son mot à dire. Or quelle que soit la conjoncture économique, il doit s’adapter et financer un secteur public hypertrophié. Lequel veut bénéficier de toujours plus de privilèges car la pureté viendrait de lui. Vous pensiez l’esclavagisme abolit ? En fait, l’esprit mercantiliste de nos gouvernants l’a ressuscité : l’état-glouton court après l’argent et vous saigne à travailler pour lui.

Il faut l’affirmer : la fiscalité est un vol, réalisé par ceux qui ont jugé qu’impôts et taxes n’avaient pas de limites et que les revenus et les biens des citoyens sont la propriété de l’Etat, c’est-à-dire la leur. Cette idée est la négation de la propriété privée, elle est le point culminant de cette loi du plus fort qui est précisément celle qu’on reproche à tort le secteur privé de matérialiser. Le vol est rendu légal.

Si la non-confiscation fiscale devient un « cadeau », comprenez qu’à l’arbitraire de la fiscalité s’est ajouté l’arbitraire du « cadeau fiscal » en guise d’aumône. Le vol arbitraire permet l’arbitraire en tout et de faire des cadeaux discrétionnaires : assistanat des « pauvres », « niches fiscales », déductions pour aider tel secteur, capitalisme de connivence pour certains riches. Tout s’achète, en socialie.

Tout étant cadeau, l’état se réserve le droit de faire main basse sur tout ce qui a l’odeur de l’argent, alors qu’on se crie opposés au matérialisme. Devenue kleptocratie, la démocratie social-décadente a engendré une oligarchie mafieuse. Elle invente chaque jour de l’illusion par la loi pour embrouiller et tenir par le collet ses citoyens et éviter d’être mise en cause. Hard ou soft, l’issue du socialisme reste la même que totalitarisme des régimes communistes : la faillite collective, et elle est pour demain.

Sunday, November 26, 2017

Et si … le contrôle des prix menait à la misère ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Acheteur, tout humain trouve toujours les prix trop élevés. Travailleur, tout humain trouve toujours son revenu trop bas. La croyance voudrait que la magie politique issue des urnes et sa pseudo redistribution supprimeront la misère de ce bas monde en baissant les prix tout en augmentant les revenus. Or après deux secondes de réflexion, l’électeur constate que toute politique consiste à lui faire croire qu’on lui redonnera plus d’argent qu’on lui en a pris. La politique, un miracle permanent.

Depuis le temps qu’on le tente, si le contrôle des prix avait une quelconque vertu, il y a belle lurette que nous serions tous sortis du risque de nous retrouver sans emploi et les pauvres seraient tous devenus riches. Mais hélas, le contrôle des prix ne protège pas le pauvre. Au contraire, il engendre la pénurie car il dissuade le producteur de produire, et renforce l’écart entre riche et pauvre. Toujours.

Prenons un exemple : le politique estime que le prix du pain devient trop élevé. Pour que les pauvres puissent continuer d’acheter leur pain, il en plafonne le prix. Mais si la tendance était à la hausse du blé, très vite ce prix devient inférieur à celui que le marché libre aurait établi en l’absence de loi. Les boulangers perdent alors de l’argent à chaque pain vendu. Que celui qui peut longtemps produire à perte se lève : les boulangers cessent ainsi peu à peu de produire des pains. Ils utiliseront leur talent sur d’autres produits plus chers ou ailleurs. Une chose est sûre, c’est qu’il y aura de moins en moins de pains sur le marché pour les consommateurs. Cette logique est implacable : fixez arbitrairement un prix plus bas que le marché, et ce produit bientôt disparaîtra. Les exemples historiques pullulent.

Ne doutons pas un seul instant que les intentions du gouvernement étaient bonnes : il voulait vraiment garantir l’accès au pain ! Mais l’intervention politique a pourtant rendu le pain moins disponible. Même les pauvres qu’il voulait pourtant protéger sont touchés par la pénurie. Pour survivre, certains boulangers et clients développeront un marché parallèle qui profitera à ceux qui peuvent mettre le prix officieux. Prix qui est devenu plus élevé que le prix libre, pour compenser les risques de se faire prendre. Car le marché « noir », s’il n’est pas légal, est logique et légitime, comme l’est la demande. Ainsi le gouvernement a engendré une situation pire et sans l’amélioration voulue.

Persistant dans son interventionnisme, il va alors prétendre aider les boulangers. Il lui faudra donc prendre d’autres mesures coercitives, tel le contrôle du prix du blé. Cette fois, ce sont les minotiers fournisseurs des boulangers qui entreront dans la spirale infernale et on verra le blé disparaître. La face visible de cette intervention, c’est la baisse du prix du pain. La face invisible, c’est la disparition progressive des emplois et des producteurs et la pression à la baisse sur les revenus : le Venezuela.

Le rêve du politique, c’est de contrôler l’économie. Mais toute intervention politique sur le libre marché n’est que la création d’un obstacle, une gêne sur le processus économique. L’action dans le domaine économique est vouée à l’échec car le marché retrouve très vite sa place, ailleurs, à côté. Influencer à la baisse les prix en les fixant, favoriser un secteur économique ou augmenter les salaires concourt à freiner l’économie de marché et donc à accroître la misère. Le gouvernement réduit le pouvoir du consommateur de choisir son produit. Ce n’est plus du capitalisme, mais du planisme, comme l’économie planifiée d’un pays socialiste. Et le plan aboutit toujours à la même misère.

Saturday, November 25, 2017

Ouvrons le dimanche

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Il y a quelques jours, un supermarché de bricolage s’est vu condamné pour oser ouvrir le dimanche. Plus largement, la question de l’ouverture des magasins et du travail le dimanche fait souvent les unes locales comme nationales. Le dimanche serait-il sacré des dieux syndicaux pour que travailler soit ainsi « illégal » ? Les anticléricaux auraient-ils inscrit dans les saintes écritures l’interdiction du travail dominical et que travailler pour soi-même (bricoler donc !) impose des achats faits la veille ?

C’est oublier que de nombreuses professions travaillent habituellement le dimanche sans qu’on y pense. Les boulangers et pâtissiers, les stations-service, les péages, les hôtels et restaurants, les transports, les médias, le téléphone et les moyens de communication, les astreintes dans de nombreuses industries etc. sans oublier certains « services publics » – oui, même eux.

La situation est donc fort simple. Des gens, qui pour beaucoup travaillent en semaine, bricolent et souhaitent pouvoir utiliser leur temps « libre » à des achats. En face, des entrepreneurs et des salariés estiment qu’ils peuvent répondre à cette demande en ouvrant leurs magasins. Exactement ce que font les professions listées ci-dessus. Où est le problème ? Je croyais qu’on était libre, non ?

Les syndicats, bien sûr, nous avanceront que ce n’est pas si simple, ni l’exacte vérité. Qu’en réalité, les pauvres salariés du magasin ne veulent pas travailler le dimanche, qu’ils y sont forcés, et donc exploités. Ah ces sales patrons !!! Pire, imaginez que si tout le monde travaille le dimanche, il n’y aura plus personne pour aller acheter dans les magasins... Incompétence ou mauvaise foi ? Les deux.

Si les syndicats étaient compétents et de bonne foi, ils aideraient plutôt les salariés à connaître et promouvoir leur valeur sur leur marché. C’est leur seul rôle. Mais nos franchouillards marxistes préfèrent affirmer que les patrons sont des exploiteurs – comme le syndicat ? Or un salarié qui signe un contrat n’est jamais en position d’exploité : s’il n’est pas content de ses conditions de travail, de son salaire, de ses horaires, il peut négocier ou quitter l’entreprise, librement. Où est l’exploitation ?

Alors que le chômage sévit comme jamais, il est plus que regrettable que la justice condamne des gens qui ne demandent qu’à travailler pour créer de la richesse sans arrière-pensée. Osons le dire, une grande part de la misère croissante actuelle en France vient des archaïsmes et des incohérences de son bien trop rigide code du travail, dont cet événement n’est qu’un nouvel avatar. Une telle évidence de plus ne peut conduire qu’à une levée de boucliers : ce qu’il faut protéger, c’est la liberté individuelle de travailler et non l’arbitraire d’idées fausses ou de systèmes collectifs hors des réalités.

Pour sortir de l’impasse, le travail doit être libéré, pour laisser prospérer des milliers de magasins ouverts qui le dimanche, qui le soir, qui les jours fériés. Les emplois réapparaîtraient, non pas par un miracle dominical, mais par le dynamisme du marché, aujourd’hui bridé. Peut-être pour une courte durée. Ou peut-être pas. Mais toujours plus qu’aujourd’hui. La vie vient de la libre initiative.

Il est bon de savoir que le code du travail suisse se lit le temps d’un Paris-Lausanne : les salariés suisses sont-ils des esclaves pour autant ? 750 000 emplois détruits en France en 10 ans contre 500 000 créés en Suisse… cherchez l’erreur !!! Ce procès du travail dominical est donc idéologique et illogique. Il est le symbole d’une classe politique et syndicale dont l’incompétence économique et la malhonnêteté intellectuelle ont accouché de monstres bureaucratiques dont ce code du travail est un fleuron scandaleux. Mais la liberté veille et saura bientôt y remettre de l’ordre. Mais pas Macron.

Aides de l’Etat sauvages

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Selon le politiquement correct ambiant, le libéralisme serait « sauvage », porteur de la « loi de la jungle ». La liberté de créer des richesses en prenant des risques serait bassement cupide, sans foi ni loi. Le politicien affiche que son intervention « régulerait » magiquement les myriades d’échanges quotidiens et volontaires de l’humanité. Il a convaincu le peuple que « l’Etat est là pour nous aider » !

Pourtant, les Lumières nous ont appris que « l’Etat », pour espérer être juste, se doit de n’être que régalien. Illustrons cela avec Sanofi et Peugeot. Certains reprochent désormais à Peugeot, qui licencie pour ne pas s’être restructuré à temps, de ne pas avoir su anticiper pour s’adapter à son marché, l’automobile. Et les mêmes reprochent maintenant à Sanofi, qui ne licencie pas mais se restructure, d’anticiper en s’adaptant à son marché, le médicament. Belle incohérence des reproches. Du bruit.

Qui, pourtant pendant plusieurs années, a jeté l’argent du contribuable en « primes à la casse » pour inciter l’achat de véhicules neufs, faussant le marché et baissant la pression de la concurrence sur Peugeot, dégagé ainsi d’efforts d’adaptation nécessaires ? Qui a gâché l’argent du contribuable en subventions pour forcer la création d’un « oncopole » d’utilité douteuse dans le pays déjà le plus consommateur de médicaments par habitant ? Subventions d’autant plus inutiles qu’elles ont accru les gains de Sanofi sur un marché faussé par un système de sécurité sociale déjà très artificiel.

Dans les interventions politiques, Frédéric Bastiat, économiste, disait déjà en 1848 – il y a 170 ans donc – qu’il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Les politiques nous vendent ce qu’on voit : l’illusion de l’aide apportée. Mais c’est oublier que l’argent de ces aides a été confisqué, volé donc, au contribuable, citoyen ou entreprise, qui l’avait gagné, sauf rares exceptions, de manière honnête.

C’est oublier que la ponction publique se fait sur une foule d’impôts, cotisations et taxes obligatoires, là où constitutionnellement cet acte devrait être « librement consenti ». C’est oublier que les grandes entreprises payent déjà des « contributions » fiscales. Leur en rendre une fraction, soumise donc à l’arbitraire politique, nuit encore plus à la transparence et à l’illusoire égalité devant l’impôt.

Ce geste crée de plus une injustice envers tous les autres acteurs de l’économie. L’Etat ne vient jamais protéger de la faillite les milliers d’artisans, commerçants ou PME contraints de financer ces avantages, alors qu’ils auraient pu vivre de leur argent honnêtement gagné. Plus extraordinaire encore, ils risquent même d’être accusés de « fraude fiscale », quand l’Etat est le seul prédateur lors de contrôles fiscaux, plus avide d’argent que ceux qui commercent de façon libre et responsable.

Ainsi ce qu’on ne voit pas, c’est tout ce qui nuit à la communauté résultant de ces « aides ». L’Etat organise la spoliation, le vol légalisé au profit de quelques-uns et au détriment de tous les autres. On a ainsi vu Peugeot vendre plus de véhicules par la force de la loi. Mais on ne verra pas que les sommes ainsi détournées vers le marché automobile manquent à des entreprises plus performantes sur d’autres marchés, qui auraient pu largement compenser les pertes d’emplois de Peugeot.

La politique ne peut rien pour l’économie, sinon l’étouffer puis la détruire. Car l’économie, c’est le reflet de la société, de la dynamique de la vie, pas de la manipulation de l’Etat. Par son arbitraire, l’action politique est bien plus « sauvage » que le laissez-faire des marchés. Contrairement aux belles paroles, son immoralité est bien plus grande, car chaque intervention dans l’économie se fait au mépris de la justice – celle du droit naturel. Et à l'inverse des cris de façade, au mépris du plus faible.

Thursday, November 23, 2017

Et si… le chômage nous cachait la réalité ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Une promesse présidentielle de 2013 était d’inverser la courbe du chômage – j’en fis une chronique. Pari osé, pari annoncé, pari revendiqué, mais pari raté, comme dirait le grand Charles. Ce type de promesse révèle de l’incantation politique quasi religieuse, mais pas de l’économie. Surtout que pendant ce temps, des milliers d’emplois disparaissent corps et biens. Le nouveau chômeur n’a pas la même perception du quotidien que le politique grassement payé avec les impôts et taxes du premier pour garder un œil mollement rivé sur une courbe idiote sans lien avec notre quotidien.

En se focalisant sur les chiffres têtus du chômage, le politique prouve qu’il n’a absolument aucun pouvoir positif sur le système économique, à l’inverse de ce qu’il prétend. Cette obsession maladive cache en réalité leur déni et ignorance des vrais mécanismes économiques. Non, ce n’est pas le politique qui trouvera un vrai emploi aux chômeurs. Il ne le peut pas. Le politique ne sait que prendre de l’argent, pour ne « redistribuer » avec arbitraire que ce qu’il n’a pas empoché ou gaspillé.

J’entends déjà certains m’évoquer les « emplois d’avenir » ou issus de contrats aidés, les embauches dans les secteurs publics (fonctions publiques nationales et territoriales, secteur de la santé et autres parapublics). Tous de faux emplois ne reposant pas sur la valeur ajoutée mais sur la fiscalité. Autant de spoliation de richesse déjà créée sous divers fallacieux prétextes. Rien que de l’artifice illusoire.

Tout a-t-il été essayé ? En mots, en paroles, oui. Toutes les méthodes socialistes ont été essayées, épuisées même. Et dans ce registre, c’est la guerre ouverte. Les termes de « lutte contre le chômage » ou de « combat pour l’emploi » sont symptomatiques de l’esprit guerrier. Il ne reste plus qu’à obliger les individus à tenir des emplois inutiles. Pourquoi ne pas creuser à la cuillère des trous pour les reboucher ensuite ? Voilà de quoi occuper du monde ! Mais pas de quoi le nourrir. Mince.

Pourtant, une idée simple n’a pas été essayée. Jamais. Simple pourtant, je vous dis. Tabou, toujours critiquée, servant souvent de bouc-émissaire, mais jamais mise en œuvre. Et pour cause, car cette idée supprime définitivement tout pouvoir aux politiciens de nuire au peuple : c’est le « laissez-faire », terme français, repris même par les anglo-saxons comme principe économique vertueux !

Le laissez-faire part de l’idée simple que chacun sait bien si l’autre fait un travail dont il a besoin. Et il le sait mieux que quiconque. Ma précédente chronique l’expliquait, l’égoïste a besoin de la solidarité transmise par le marché libre. Moins d’oppression fiscale, moins d’oppression législative et réglementaire, moins de violence morale, moins d’interventions publiques, moins d’incantations politiques, tout en donnant plus de responsabilité, plus de liberté et plus de sécurité aux individus.

Sommes-nous des adultes avec assez de raison pour savoir embaucher ? Ou restons-nous d’éternels adolescents ayant besoin de savoir que leurs parents sont là pour couvrir leurs dépenses ? Cessons à jamais de laisser notre carnet de chèques aux politiques. Paniers percés, ils n’en ont jamais assez. Bien pire : ils ne laissent aux deux générations qui arrivent qu’un champ de ruines sociales. Mais de la réalité et de notre devenir ils se moquent bien. L’avenir du chômage, sa réduction définitive et irrémédiable, passent par la plus systématique des libéralisations de l’économie et de la vie sociale. La théorie l’explique, la réalité le confirme. Il ne nous reste plus qu’à lever ce voile qui nous aveugle.