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Wednesday, December 27, 2017

Locations : le dégel n’est pas pour demain !

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

L’hiver commence, saison la plus redoutée de tous les petits propriétaires fonciers qui louent un appartement. Celle où il devient impossible d’expulser un locataire, même celui qui ne respecte pas le contrat de location ou ne paie pas. Celle où chaque fois plus de propriétaires décident de ne plus prendre le risque de subir l’injustice, ce qui réduit l’offre et accroît la demande. Cercle vicieux.

En France, il est de tradition gouvernementale d’interférer dans ce contrat liant le locataire à son propriétaire, à l’encontre de tout bon sens économique et juridique. Le logement est bien sûr un bien sensible, majeur pour une vie décente. Il est évidemment souhaitable que tous aient un toit. Et depuis plus de cinquante ans, les gouvernements successifs, droite comme gauche, prennent ce prétexte pour fausser le marché en faveur des locataires, supposés en situation plus précaire. Et de ce fait accroître la rareté et les difficultés à trouver un logement pour ceux qu’ils désirent protéger.

Et notre nouvelle ministre du logement d’emboîter immédiatement le pas à la posture idéologique à la mode, allant jusqu’à évoquer des réquisitions. Si protéger le locataire était efficace, pourquoi depuis ce temps le logement est-il encore un sujet si sensible ? Peut-elle comprendre qu’une telle douche glaciale va raréfier un peu plus l’offre en rendant les propriétaires encore plus frileux ?

Or ne pas payer son loyer est une rupture du contrat à l’initiative du locataire. C’est donc bien lui qui est répréhensible, pas le propriétaire. Pourquoi l’état ne fait-il pas respecter le droit en donnant raison au propriétaire, au lieu du locataire fautif ? Qui prend un risque à construire un logement, souvent avec un crédit ? Qui peut être mis en difficulté face aux échéances qui s’accumulent ?

Mais l’état français est schizophrène : d’un côté il pousse à l’acquisition immobilière à marche forcée via des plans de défiscalisation chimériques et de l’autre il entretient cette vieille image du méchant Thénardier exploitant des locataires pauvres et miséreux. Le pouvoir politique préfère le jugement clientéliste à la moralité douteuse, au lieu de se limiter à un rôle assurant le respect des contrats.

Or si les propriétaires avaient l’assurance que leurs loyers sont protégés, ils investiraient à moindre risque dans l’achat d’autres appartements, pas uniquement pour raisons fiscales. Et par le jeu de la concurrence, les loyers resteraient modérés. C’est aussi simple que cela, le marché laissé à lui-même si la loi se borne à être juste. Si un locataire ne paie plus ou pas son loyer, la seule chose qui doit jouer, c’est le respect du droit de la propriété louée. En obligeant les propriétaires à subir des actes indélicats sans pouvoir compenser par des loyers en hausse, ils disparaissent. Et les logements aussi.

Pour justifier l’intervention étatique, tout esprit chagrin objectera que la logique du marché ne sait pas fournir des logements décents à bas prix. Pourtant, celui qui avance un tel argument est incapable de lui donner la moindre substance, sauf l’arbitraire. Il n’y a aucune raison que de petits propriétaires, aux revenus modestes, ou en général des entreprises, ne décident pas d’opter pour un investissement limité et donc pour une offre de logements bon marché, pourvu que le risque soit en rapport.

Beaucoup ont cette phobie de loyers qui ne pourraient être que trop chers, laissant les pauvres dehors. Or l’existence d’hôtels, de magasins ou de fast-food à prix réduit montre bien que le marché sait aussi aller vers le bas de gamme, sans l’état. C’est un argument sans réalité. Il ne fait que démontrer l’incompétence de nos gouvernants, prompt à oublier qu’ils sont les porteurs des taxes locales (foncière et habitation) venant surenchérir exagérément le coût du logement pour le locataire et le propriétaire. En guise de protection d’accès au logement, rien ne vaut le libre marché.

Tuesday, December 19, 2017

A quand un aéroport vraiment libre ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

L’actualité nationale se nourrit depuis plusieurs semaines des contestations populaires que soulève le projet de nouvel aéroport dans la banlieue de Nantes, à Notre-Dame-des-Landes. Ce projet illustre magnifiquement les dysfonctionnements sociaux de la société française dite moderne. Ils ne feraient pourtant même pas parler d’eux si la liberté la plus basique était respectée en ce pays.

Ainsi l’Etat – y compris les collectivités territoriales – a exproprié des terrains en campagne nantaise pour y établir un aéroport régional, qui serait essentiel pour le développement économique local, voire national – ce qui reste à établir, mais ce n’est pas notre sujet. Ce projet étant manifestement de nature économique, faut-il donc invoquer la nécessité publique ? On peut en douter. Dans cette affaire, l’Etat comme les manifestants écolos se mêlent de ce qui ne les regardent pas et oublient les contribuables et les propriétaires tout en détruisant l’économie. Explication en trois temps.

Tout d’abord, rappelons qu’un aéroport est une activité économique comme une autre. S’il y a un besoin réel de voyages exprimé par la population locale, c’est le rôle de l’entreprise privée, après études, d’y répondre, ou pas. Elle acquiert le capital pour investir, négocie les terrains avec les propriétaires, construit le complexe et vend les services ainsi mis sur pied. C’est aussi simple que cela. Et ce faisant, si le besoin s’avère trop faible, la faillite ne sanctionnera que le seul entrepreneur.

Mais en France, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Ici, le politique décide qu’il existe un besoin. On ne sait d’où ça sort. Qui subira les conséquences s’il y a erreur de jugement ? Pas le politicien, non, ce n’est jamais lui. Mais le citoyen, toujours. Puis on réquisitionne les terrains. Ils ne sont pas achetés au prix du marché, mais soit bradés par recours à l’expropriation, soit achetés au contraire très cher, entre copains. Le marché ne doit pas faire obstacle à la volonté politique, c’est bien connu. Tant pis pour nos sous, confisqués à travers l’impôt pour financer l’arbitraire.

Puis pour se donner bonne conscience, on privatise… dans la connivence – Vinci a ainsi la concession depuis 2010 ! Mais cher lecteur, distinguez deux choses : privatiser, ce n’est pas libéraliser. Ainsi Vinci n’a pas eu à investir dans les terrains. Ils ne prennent aucun risque si le projet s’avère un échec. C’est le contribuable, bonne pomme et poire, qui devra mettre la main à la poche une fois de plus.

Et pour finir, ce qui est aujourd’hui médiatisé : les divers opposants se réveillent tout d’un coup qui viennent alourdir la note pour du vent. A ce stade, le comble serait que l’Etat fasse marche arrière sous la pression. Les dépenses réalisées jusqu’ici ne pourraient même pas servir au contribuable. Les irresponsabilités gouvernementales et écologistes sont à cet égard à mettre dans le même sac.

Selon les étatistes, un aéroport, comme les routes ou voies ferrées, serait un bien public qui échapperait à la logique du marché. La loi de la rentabilité ne s’appliquant pas, l’intervention de l’Etat serait indispensable, sinon jamais aucun aéroport ne verrait le jour. Peut-être serait-ce mieux ?

Car cette logique est évidemment erronée. En effet, si justement la rentabilité est trop incertaine pour que le projet soit pris en main par les capitalistes – puisque aucun ne semble prendre le risque – pourquoi imposer aux contribuables de financer un projet dont le besoin factice n’est issu que du marketing politique ? Pour au final, se transformer en cauchemar financier qui nous est facturé.

Décidément, le décollage de l’économie en France, avec le dirigisme économique qui caractérise notre pays, n’est ni pour aujourd’hui, ni pour demain. Il est temps de prendre l’air et quitter la lande.

Monday, December 10, 2012

Violence Aéroportuaire

Ce matin, je prends l'avion pour Paris, comme souvent et comme des centaines de Toulousains chaque jour.

Comme il est de norme depuis l'attentat du 11 septembre 2001, j'affronte donc et je passe, sans trop de zèle de leur part, les contrôles dits de sécurité et leurs rayons X.

Et tout d'un coup, au moment où je quitte l'endroit, j'entends un haussement de voix et un cri venant de derrière moi. Un autre voyageur, manteau, costume, écharpe, donnant tous les signes d'un voyageur d'affaire comme moi, se fait assaillir et littéralement sauter dessus par deux policiers. Il avait, semble-t-il, eu des mots avec une contrôleuse. Mais voilà qu'il résiste et lutte contre les policiers. Des chaises sautent, les deux techniciens de la soumission s'acharnent et le temps que je passe, ils l'ont mis à terre et les menottes lui sont passées.

J'ai songé à prendre une photo pour mieux témoigner de cette honte, mais j'avoue que je n'ai pas voulu prendre le risque de me faire moi aussi mettre les bracelets. Je ne sais pas ce que cet homme à pu dire ou faire. Mais je suis pourtant convaincu que cela ne justifiait pas plus qu'un rappel à l'ordre et certainement pas ce qu'il faut bien appeler une violente agression et un abus de pouvoir.

Pourquoi cet homme a-t-il réagi - peut-être mal - envers la contrôleuse ? Lassitude des gens devant la pourriture de l'ambiance sociale, je serais prêt à parier que ce matin, ce fut la goutte d'eau qui l'a fait disjoncter.

Je voyage très régulièrement depuis ma prime jeunesse et j'ai connu l'avant rayons X. J'ai subi ces contrôles dans des dizaines d'aéroports et de pays. Je n'ai jamais vu autre chose que du temps perdu, la honte d'y subir des fouilles ridicules et infondées et des contrôleurs inutiles qui sont d'autant plus arrogants et désagréables qu'ils ne trouvent rien à retirer des poches de la masse des voyageurs.

Beaucoup pensent que ces contrôles sont nécessaires pour assurer la sécurité à bord des avions, sécurité qu'on aurait perdue avec le World Trade Center. Benjamin Franklin nous a pourtant appris que ceux qui mettent la sécurité avant la liberté ont toutes chances de détruire les deux. Car non seulement les rayons X ne servent à rien, ils sont donc liberticides et coûtent une fortune sans aucun retour sur investissement.

Il est intéressant de voir qu'ils ne sont pourtant pas remis en cause, ce qui hélas est un signe de la résignation de nos concitoyens. Car le choix de ces contrôles nous a été imposé sans nous laisser la possibilité de trouver d'autres options. Ce n'est pas une demande de la population, c'est une contrainte rapidement imposée par les gouvernements mondiaux, sans avoir laissé le peuple peser son pour et son contre.

Pourtant, il n'est pas du tout certain que le risque soit à la hauteur de ces contraintes. Après tout, combien de gens qui voyagent, dépensent des taxes parfois plus chères que leur billet, qui perdent un temps précieux et qui ne peuvent pas prendre avec eux même une simple bouteille à bord, préféreraient prendre le risque d'une improbable attaque ? Ou seraient capables de suggérer d'autres idées moins intrusives pour sécuriser l'avion ?

Le pire, c'est que le phénomène touche d'autres pans plus quotidiens de la vie, telle l'automobile, où l'on peut désormais se faire arrêter sous simple prétexte d'absence de choses aussi indispensables qu'un éthylotest, un triangle ou un gilet fluo. Au train où vont les choses, on ne pourra bientôt plus critiquer ouvertement quiconque sans se faire agresser par ceux qui devraient nous protéger et non nous prendre pour des cibles.

Tuesday, May 20, 2008

Liberté et sécurité routière

Comme premier sujet, je voudrais oser attaquer de front un des tabous de la sécurité routière depuis plus de trente ans, à savoir la limitation de vitesse. Vous aussi ça vous agace, n'est-ce pas ?

Panorama
Sous prétexte de sécurité ou de pollution, voire de civilité, on nous oblige à conduire à une certaine vitesse, sans prendre en compte notre expérience de conducteur, la sécurité de notre véhicule, le trafic, la météo, la qualité de la route ni l'évolution de tout ceci au cours du temps, ni bien sûr notre capacité individuelle à apprécier les situations. Bref, pas de place au libre arbitre ni à la responsabilité personnelle, ce que le libéral que je suis ne supporte guère. De plus, tout ceci est supposé être pour notre bien ou le bien collectif, ce qui est loin d'être aussi évident.

Mais prenons les points les uns après les autres. Il y a plus de trente ans, en plein premier choc pétrolier, et alors que le réseau d'autoroutes ne fait que s'ébaucher en France, le gouvernement de VGE (de mémoire) décide des quatre célèbres limites de vitesse, à savoir 60 (passée à 50 depuis), 90, 110 et 130. Le principal argument à l'époque est celui de la limitation de la consommation d'essence/pétrole, la sécurité ne venant qu'au second plan. Celle-ci est depuis devenue l'argument majeur.

Pendant de nombreuses années, le pétrole n'a plus vraiment été un problème - baisse de la consommation des véhicules notamment - et la sécurité routière et la baisse du nombre d'accidents ont été l'argument principal. Aujourd'hui où le pétrole flambe à nouveau et où il est de bon ton de donner dans l'écologisme, cet argument reprend un peu du poil de la bête.

A noter que d'autres pays ont suivi des logiques similaires, les USA étant probablement le plus connu, mais surtout d'autres n'ont pas suivi, l'Allemagne venant immédiatement à l'esprit. J'ai vécu dans ces deux pays ainsi qu'en Afrique, ça permet de voir la réalité terrain.

Depuis les années 70, ces limites ont fait les choux gras des différents gouvernements et je préfère ne pas calculer les sommes astronomiques que ce mécanisme nous a coûté à nous contribuables et conducteurs, en amendes, signalisation et autres radars automatiques, sans parler du stress du gendarme et des campagnes de com...

Bien évidemment, je ne nierai pas le lien - qui reste ténu - qu'il a entre vitesse limitée, pollution réduite et meilleure sécurité. La véritable question est de savoir quel est la réalité de ce lien et si la perte de liberté et les taxes prélevées sont effectivement justifiées par une mesure qui serait à la hauteur de ces arguments et qui notamment serait directement la raison de la baisse du nombre d'accidents. Je pense pour ma part que nous obtiendrions de bien meilleurs résultats sans en passer par la limitation aveugle et justiciable. Mais allons plus loin.

Vitesse et Sécurité
On nous rebat les oreilles depuis maintenant des décennies du danger de la vitesse sur la route. Il est en effet réel, mais il me semble que vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il est de nature différente de ce qu'on nous assène. Par exemple, qui ne s'est pas assoupi par manque de *besoin* d'attention suite au confort que les 130km/h nous impose, et par contre a gardé toute sa vigilance en roulant à 160 ou plus ? Ou encore, combien de routes en lacets sont limitées à 90 et pourtant vous n'avez jamais réussi à y rouler à cette vitesse ? :-)

Premier thème, la vitesse est cause de mortalité. C'est vrai et c'est faux bien sûr. Une vitesse excessive peut conduire à sortir de la route et souvent vient aggraver les conséquences d'un accident. Mais c'est tout. L'enjeu, c'est clairement avant tout d'éviter les accidents et ceux-ci sont le plus souvent dus à d'autres facteurs. L'alcool, l'inattention, une prise de risque excessive et des manœuvres inconsidérées sont des évidences. Mais où est le danger de rouler à 200 sur autoroute par beau temps avec une voiture entretenue et sans trafic ou encore à 120 sur nationale selon les mêmes conditions ?

Second thème à la mode, la vitesse augmente les distances de freinage ou l'écrasement. Vrai et faux encore. La réalité, c'est que les distances de freinage ne sont pas des constantes, même si elles augmentent avec la vitesse, elles sont surtout fonction du poids du véhicule et de la puissance de ses freins. Ce qui fait que des messages du genre "il faut 27 mètres pour s'arrêter à 50 Km/h" sont une totale ineptie.

Dans le même ordre d'idées - quoique pas directement lié à la vitesse - il y a la distance entre véhicules. Sur autoroutes, nous sommes supposés nous tenir à une distance du véhicule précédent suffisante pour voir au moins deux bandes blanches à droite, celles qui délimitent la bande d'arrêt d'urgence. Pourquoi 2 ? Parce que ce serait la distance minimale nécessaire pour nous arrêter en cas d'urgence. Mais cela suppose que la voiture devant nous s'arrêterait brusquement, ce qui est pratiquement impossible. Et en cas de brouillard, je doute que l'immense majorité d'entre nous n'adapte pas spontanément sa conduite.

Enfin, tout cela bien sûr fait totalement l'impasse sur l'évolution de la sécurité des véhicules sur les 30 ans passés. Même en supposant que 130 ait pu avoir un sens en 73 en termes de risques, toutes les conditions de sécurité actuelles rendent ce chiffre totalement dépassé. L'apparition de l'ABS et autres assistances au freinage sont des acquis majeurs du point de vue sécuritaire. Le réseau routier et autoroutier lui-même, avec des revêtements toujours plus performants, absorbant la pluie par exemple, a également - et heureusement - fortement évolué.

On voit bien qu'il s'agit avant tout d'une question de (dé-)responsabilité. Il y a effectivement un risque potentiel, il y a eu des accidents, alors on ne peut plus faire confiance aux conducteurs et donc tous sans exception doivent respecter bêtement des consignes sans bon sens et surtout sans nuance.

Vitesse et Pollution
L'autre prétexte, qui revient en force ces derniers temps. L'idée consiste à éviter de trop polluer par excès d'échappements à grande vitesse. Vrai et faux encore. Là encore, il est clair que rouler plus vite produit plus d'échappement, mais ce n'est pas uniforme et ce n'est pas la seule source de pollution.

Tout d'abord, la pollution n'est pas une conséquence linéaire de la vitesse. La plus grande pollution reste encore celle produite dans les bouchons, où le rapport gaz/distance parcourue est probablement le pire. Quiconque vit dans la région parisienne sait bien que ce n'est pas la vitesse qui y est cause de pollution. Ensuite, n'oublions pas que fort heureusement, la consommation moyenne d'un véhicule a été divisée par 2 ou 3 depuis les années 73, y compris aux vitesses supérieures, grâce à la généralisation progressive des turbos et à l'aérodynamisme par exemple.

Limitation vs. Recommandation
Je ne sais pas si vous avez remarqué comme moi, mais je trouve que ces dernières années la limitation de vitesse a pris une nouvelle dimension, encore plus pernicieuse et crétine, ce que j'appelle la "recommandation-dépassée". Nous avons sur Toulouse sud cette chance immense d'avoir un des échangeurs de rocade les plus complexe et mal conçu qui soit, qui est depuis des années l'un des points noirs réguliers de la ville. Or voici que la DDE (après près de 2 ans de travaux) nous ouvre l'an dernier une n-ième bretelle, courbe et en hauteur - sur une seule voie, je vous rassure.

Eh bien ils n'ont rien trouvé de mieux que de nous assigner une limitation à 50 sur cette bretelle, que personnellement je prends sans aucun effort ni stress à 90 avec un banal Scenic. Je peux comprendre et même saluer le désir des "autorités" de nous conseiller une vitesse sur une route nouvelle et sinueuse, et dans cette logique, nous recommander 50 serait une démarche respectable - quoique 50 soit vraiment très bas ici.

Mais dans ce cas, il existe des panneaux pour les vitesses recommandées, ce n'est pas la peine de nous imposer une limitation - sauf bien sûr pour espérer pouvoir notre sanctionner et nous faire payer des amendes. C'est ce que j'appelle la recommandation-dépassée. L'Etat va au-delà d'un rôle possible de conseil, il dépasse l'action de bon sens pour passer à la fois dans le répressible et dans l'absurde - avec une limitation inutile et ridiculement basse.

Les autres pays
Il y aurait long à dire ici et je me garderai de passer tous les pays en revue, mais prenons trois exemples marquants. D'abord les USA, ce pays est un emblème international des limitations de vitesse. Je dirai que la situation y est là-bas à la fois pire et meilleure qu'en France - pour info, j'y ai vécu 2 ans et ai traversé en voiture une vingtaine d'états.

Pire, parce que les limites sont partout, très basses et extrêmement contrôlées, impossible d'échapper à la police, même aux fins fonds du Dakota ! Bien sûr, chaque état a ses limites - ex. 85 en Utah mais 60 en Ohio sur autoroute - ils ne sont pas d'accord entre eux sur ce qui est dangereux ou polluant, ce qui illustre la crédibilité de ce type de mesure.

Ensuite, la voiture américaine moyenne est 2 ou 3 fois plus puissante, nerveuse et rapide qu'une voiture française. Une voiture avec un moteur de plus de 200 ch est commune là-bas. Chercher l'erreur. En Allemagne, tout le monde sait que les autoroutes ne sont par défaut et majoritairement pas limitées.

Y a-t-il plus d'accidents que chez nous pour autant ? Eh bien non. D'ailleurs, je vous invite à consulter ce site très bien documenté qui illustre que la vitesse est moins accidentogène que la "lenteur" et ceci partout en Europe.

Enfin, avez-vous déjà conduit en Egypte, ou dans un pays d'Afrique ? Là-bas les limites sont inexistantes ou superbement ignorées. Et il n'y a pas plus d'accidents. Du moins, les accidents sont avant tout dus à des comportements imprudents ou à des véhicules plus que hors d'usage. Mais la vitesse n'a que peu d'impact.