(Publié sur Le Cercle en 2016.)
La concurrence est un phénomène qui est bien plus simple que beaucoup le pensent. Pour le comprendre, commençons par ce qu’elle n’est pas. Tout entrepreneur le sait bien, par exemple un vendeur de voitures ou de téléphones, lorsqu’on se trouve en compétition face une autre voiture ou un autre téléphone, on cherche à expliquer au client en quoi notre produit est unique, ne serait-ce que par le prix. De même pour un séjour touristique, des légumes ou un nouveau collaborateur : c’est chaque fois ce qui les rend unique qu’on met en avant pour convaincre et amener la décision.
Ainsi, mon concurrent n’est donc pas celui qui a le même produit ou service que moi, mais celui qui arrive à mettre en avant sa différence. Mais dès lors, où s’arrête le jeu de cette différence ? Est-ce qu’une voiture de sport est en concurrence avec une voiture familiale ? Pour beaucoup d’homme, la réponse est positive dans la mesure où beaucoup aimeraient acheter les deux et donc doivent choisir laquelle acheter en premier. Est-ce que le train est en concurrence avec l’avion ? Bien sûr, quiconque a voyagé entre province et Paris hésite régulièrement, y compris avec voiture et covoiturage.
En réalité, la concurrence ne s’arrête pas là. Dans nos budgets, le voyage est en concurrence avec le sport, les loisirs, les sorties au restaurant, les livres ou encore les spectacles. Pourtant, aucun hôtel ne s’imagine, à tort, en concurrence avec un libraire. Le nœud de compréhension est ici : la concurrence n’est pas une chose que les acteurs de l’économie décident, mais que chacun de nous décide. C’est moi qui arbitre mes dépenses entre voyage ou voiture, banane ou alcool, téléphone ou formation.
Le concept de concurrence déloyale se révèle alors pour ce qu’il est : un vide sémantique, un contre-sens, une ineptie. Si c’est moi, l’individu, qui décide à chaque instant de ce que je considère être en concurrence, en choisissant librement telle dépense plutôt que telle autre, quel place la loi pourrait-elle tenir dans ce schéma ? A moins de m’interdire certains choix plutôt que d’autres, à moins de m’interdire de prendre le bus quand un train va à ma destination, comme ce fut longtemps le cas.
La concurrence est la normalité, elle est précieuse au progrès de tous par le choix qu’elle porte en elle. Les taxis et tous ceux qui hurlent à la concurrence déloyale sont de mauvaise foi, ils utilisent un faux concept pour justifier le recours à la loi pour réduire notre liberté à leur profit. Et on les écoute.
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Monday, March 5, 2018
Friday, January 26, 2018
Renseignement vs Cybersécurité
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
La semaine dernière, le ministre de l’Intérieur répondait au journaliste des 4 Vérités concernant sa loi sur le renseignement. Le ministre se posait comme sûr de lui, sûr de son fait et de son texte, invitant les détracteurs à le lire et se convaincre de sa pertinence, du juste équilibre entre liberté et sécurité.
Notamment, il a plusieurs fois insisté sur le contrôle procédural intégré, c’est-à-dire sur la vigilance assurée par les diverses autorités prévues pour certes éviter les abus et la menace de Big Brother.
Je n’ai pas lu son texte et ne le lirai pas. Ce que j’en ai entendu me suffit à être certain que ce texte – qui vise notamment à une plus grande mise sur écoute de l’internet – n’est qu’une vile farce.
Si on prend l’incident TV5 pour illustration, il est facile de montrer que la solution ne viendra que d’une plus grande liberté, pas d’une loi de surveillance. D’abord, techniquement, TV5 est un incident technique. Il a été rendu possible parce que l’entreprise avait fait des choix risqués en laissant béantes trop de failles dans ses systèmes. Vue la gifle prise, on peut penser que la direction va adopter les mesures qui s’imposent. Ou pas. C’est sa liberté que de faire ce choix.
Ensuite, toute entreprise ferait appel à la police dans un tel cas, ou à une justice adaptée. Mais dans ce monde sans frontière, rien de tout cela n’existe. On peut affirmer que l’existence des états territoriaux au monopole de la force a été et reste un frein au développement d’une justice du Net.
Quoi qu’il en soit, les vandales se voulaient porteur d’un message. N’oublions jamais la liberté d’expression. Ici elle a conduit à des actes qui doivent être jugés de par leur vandalisme. Mais les idées qui sont derrière n’ont rien à faire dans une telle procédure, de même qu’elles n’ont rien à faire dans les attendus d’un texte de loi quelconque. Une idée ne se combat pas sur le terrain physique, mais sur le terrain des idées. Soit elle est fausse et on l’explique. Soit elle relève de fausses croyances et ces croyances doivent être décrédibilisées comme telles. Par l’explication, pas la loi.
Le ministre veut mous rassurer par les contrôles prévus par son texte. Mais pourquoi faudrait-il des contrôles si le texte ne présentait aucun risque pour la liberté ? Et en quoi le contrôle par une autorité plutôt qu’une autre changerait le risque de voir ces personnes abuser de leur pouvoir ?
La cybersécurité ne change rien aux principes de la liberté d’expression. L’état doit s’en tenir loin.
La semaine dernière, le ministre de l’Intérieur répondait au journaliste des 4 Vérités concernant sa loi sur le renseignement. Le ministre se posait comme sûr de lui, sûr de son fait et de son texte, invitant les détracteurs à le lire et se convaincre de sa pertinence, du juste équilibre entre liberté et sécurité.
Notamment, il a plusieurs fois insisté sur le contrôle procédural intégré, c’est-à-dire sur la vigilance assurée par les diverses autorités prévues pour certes éviter les abus et la menace de Big Brother.
Je n’ai pas lu son texte et ne le lirai pas. Ce que j’en ai entendu me suffit à être certain que ce texte – qui vise notamment à une plus grande mise sur écoute de l’internet – n’est qu’une vile farce.
Si on prend l’incident TV5 pour illustration, il est facile de montrer que la solution ne viendra que d’une plus grande liberté, pas d’une loi de surveillance. D’abord, techniquement, TV5 est un incident technique. Il a été rendu possible parce que l’entreprise avait fait des choix risqués en laissant béantes trop de failles dans ses systèmes. Vue la gifle prise, on peut penser que la direction va adopter les mesures qui s’imposent. Ou pas. C’est sa liberté que de faire ce choix.
Ensuite, toute entreprise ferait appel à la police dans un tel cas, ou à une justice adaptée. Mais dans ce monde sans frontière, rien de tout cela n’existe. On peut affirmer que l’existence des états territoriaux au monopole de la force a été et reste un frein au développement d’une justice du Net.
Quoi qu’il en soit, les vandales se voulaient porteur d’un message. N’oublions jamais la liberté d’expression. Ici elle a conduit à des actes qui doivent être jugés de par leur vandalisme. Mais les idées qui sont derrière n’ont rien à faire dans une telle procédure, de même qu’elles n’ont rien à faire dans les attendus d’un texte de loi quelconque. Une idée ne se combat pas sur le terrain physique, mais sur le terrain des idées. Soit elle est fausse et on l’explique. Soit elle relève de fausses croyances et ces croyances doivent être décrédibilisées comme telles. Par l’explication, pas la loi.
Le ministre veut mous rassurer par les contrôles prévus par son texte. Mais pourquoi faudrait-il des contrôles si le texte ne présentait aucun risque pour la liberté ? Et en quoi le contrôle par une autorité plutôt qu’une autre changerait le risque de voir ces personnes abuser de leur pouvoir ?
La cybersécurité ne change rien aux principes de la liberté d’expression. L’état doit s’en tenir loin.
Nouvelle crise de la vache Foll
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
La crise des éleveurs bovins est l’occasion d’observer en plein jour une multitude de fausses croyances et de dysfonctionnements profonds de ce pays qui fut pourtant celui des Lumières. Juste pour donner une idée, que ce soit le protectionnisme, le non-respect du droit, la politique agricole, l’endettement, le rôle du marché, celui de la distribution ou la protection du territoire, aucun de ces thèmes gravitant autour de la crise de ces derniers jours n’est l’objet d’une position saine de la part des politiciens et autres gouvernants. Et c’est bien parce que tout est géré en dépit du bon sens qu’on en arrive à ces soulèvements à répétitions qu’on observe depuis des années chez les paysans.
Donnons juste un exemple de la mauvaise foi politique. Dans LeFigaro, Périco Légasse demande : « Comment un éleveur peut-il accepter de vendre sa viande 3,98€ et de la retrouver à 14,50€ sur les étals des grandes surfaces? Qui se goinfre au passage? ». Il vise bien sûr la grande distribution. Mais c’est oublier la part qui dans une telle somme tombe en réalité dans les poches de l’état, qui se garde bien de proposer de baisser son appétit et préfère appeler à l’effort des consommateurs.
Sur 14,50€, il y a déjà 2,90 de TVA, restent 7,62€. En imaginant que la distribution prenne 15% de marge, ce qui est bien plus qu’en réalité, il reste 6,48€ de coûts, dont les salaires forment la plus grosse part, disons 6€. Quand on se rappelle que 50% des salaires finit en taxes et cotisations, on arrive au total à environ 6€, soit 40% du prix, qui sont dus à l’ogre étatique. On se trompe de cible.
Mais ce qui est le plus grave dans cette crise, c’est l’infantilisation de la société dont elle témoigne. Tout d’abord, à force d’interventions répétées, on a mis depuis des années les agriculteurs en situation de dépendance. Mais inversement, ceux-ci ne savent plus se prendre par la main, assumer leur destin et leur situation et au moindre pépin, ils bloquent sans vergogne leurs concitoyens.
Il est profondément choquant que le pouvoir réagisse à la moindre once de chantage de telle ou telle catégorie socio-professionnelle. Mais il est tout autant scandaleux que ces mêmes catégories socio-professionnelles prennent le pays en otage pour le moindre bobo, tels des ados n’affrontant pas leurs propres erreurs. Car il faut le dire, les éleveurs se sont mis tous seuls dans cette situation.
Ils nous disent lors des reportages qu’ils n’ont pas le choix, qu’ils ne peuvent pas faire autrement que de saccager pour être écoutés. Cela est bien sûr absolument faux, ils ont le choix d’assumer. Qui peut être assez sot pour s’endetter à vie pour monter une exploitation dans un domaine où par nature même aucun revenu ne peut être garanti ? S’endetter pour acheter 1 ou 2 vaches, d’accord, le risque est limité. Mais s’endetter pour en acheter 20, 30 ou 50, il faut être inconscient, prêts d’état ou pas.
Se faire entendre ? Depuis quand le rôle de l’état est-il de venir à l’aide des entrepreneurs qui ne savent pas prendre les bonnes décisions ?
La crise des éleveurs bovins est l’occasion d’observer en plein jour une multitude de fausses croyances et de dysfonctionnements profonds de ce pays qui fut pourtant celui des Lumières. Juste pour donner une idée, que ce soit le protectionnisme, le non-respect du droit, la politique agricole, l’endettement, le rôle du marché, celui de la distribution ou la protection du territoire, aucun de ces thèmes gravitant autour de la crise de ces derniers jours n’est l’objet d’une position saine de la part des politiciens et autres gouvernants. Et c’est bien parce que tout est géré en dépit du bon sens qu’on en arrive à ces soulèvements à répétitions qu’on observe depuis des années chez les paysans.
Donnons juste un exemple de la mauvaise foi politique. Dans LeFigaro, Périco Légasse demande : « Comment un éleveur peut-il accepter de vendre sa viande 3,98€ et de la retrouver à 14,50€ sur les étals des grandes surfaces? Qui se goinfre au passage? ». Il vise bien sûr la grande distribution. Mais c’est oublier la part qui dans une telle somme tombe en réalité dans les poches de l’état, qui se garde bien de proposer de baisser son appétit et préfère appeler à l’effort des consommateurs.
Sur 14,50€, il y a déjà 2,90 de TVA, restent 7,62€. En imaginant que la distribution prenne 15% de marge, ce qui est bien plus qu’en réalité, il reste 6,48€ de coûts, dont les salaires forment la plus grosse part, disons 6€. Quand on se rappelle que 50% des salaires finit en taxes et cotisations, on arrive au total à environ 6€, soit 40% du prix, qui sont dus à l’ogre étatique. On se trompe de cible.
Mais ce qui est le plus grave dans cette crise, c’est l’infantilisation de la société dont elle témoigne. Tout d’abord, à force d’interventions répétées, on a mis depuis des années les agriculteurs en situation de dépendance. Mais inversement, ceux-ci ne savent plus se prendre par la main, assumer leur destin et leur situation et au moindre pépin, ils bloquent sans vergogne leurs concitoyens.
Il est profondément choquant que le pouvoir réagisse à la moindre once de chantage de telle ou telle catégorie socio-professionnelle. Mais il est tout autant scandaleux que ces mêmes catégories socio-professionnelles prennent le pays en otage pour le moindre bobo, tels des ados n’affrontant pas leurs propres erreurs. Car il faut le dire, les éleveurs se sont mis tous seuls dans cette situation.
Ils nous disent lors des reportages qu’ils n’ont pas le choix, qu’ils ne peuvent pas faire autrement que de saccager pour être écoutés. Cela est bien sûr absolument faux, ils ont le choix d’assumer. Qui peut être assez sot pour s’endetter à vie pour monter une exploitation dans un domaine où par nature même aucun revenu ne peut être garanti ? S’endetter pour acheter 1 ou 2 vaches, d’accord, le risque est limité. Mais s’endetter pour en acheter 20, 30 ou 50, il faut être inconscient, prêts d’état ou pas.
Se faire entendre ? Depuis quand le rôle de l’état est-il de venir à l’aide des entrepreneurs qui ne savent pas prendre les bonnes décisions ?
Cybersécurité : Une affaire de liberté
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
La cybersécurité est un sujet passé du petit milieu des experts aux gros titres de la presse en quelques mois, grâce à une avalanche d’accidents qui commence à attirer l’attention de tous – on pense à TV5 ou au Canard Enchaîné il y a peu, parmi tant d’autres.
Il y a de nombreux liens entre cybersécurité et liberté ; ce premier texte se propose de recadrer le sujet, d’en rappeler les fondamentaux, les principes, avant que les prochains papiers détaillent chacun une des facette en particulier, toujours avec la liberté à l’esprit.
Vue d’un œil professionnel, la cybersécurité n’est guère un phénomène nouveau, du moins pas par nature. Elle est due à la conjonction de deux facteurs, qui se sont simplement aggravés, mais qui n’ont rien de nouveau. Le premier tient à la faiblesse des technologies. Le second tient à la professionnalisation des attaques.
Les systèmes qui hébergent l’immense majorité de l’informatique des entreprises et des grandes organisations sont essentiellement les mêmes, tous issus d’une poignée de fournisseurs. Et malgré les années, malgré les « patches » et les « mises à jour » incessantes, ces technologies sont fournies et sont mises en place avec une multitude de défauts de conception, les fameux « bugs ». Et chaque bug est une faille en puissance que les pirates pourront utiliser pour se glisser, invisibles, au sein de ces systèmes nerveux modernes.
Pirates qui de leur côté sont devenus des pros et utilisent des outils désormais à la portée de tous. De nos jours, on peut passer de pirate amateur à pirate à galons juste en quelques heures. Parmi les aspects remarquables de cette évolution se distingue le rôle joué par tous les grands états, qui se mêlent tour à tour de protection de leurs entreprises et citoyens, tout en veillant à être les premiers à pirater profondément le reste du monde – telle la fameuse NSA – hors de toute juridiction.
Alors on découvre tout d’un coup que l’illusion de la propriété intellectuelle appliquée au logiciel a fait émerger des technologies de mauvaise sécurité ; que la malveillance a pu s’étendre sans contrainte dans la mesure où les états n’ont laissé aucune police s’organiser sur le Net ; que trop souvent la collusion entre pouvoir et grandes entreprises a abouti à des moyens d’espionnage présents un peu partout, à notre insu ; que les lois comme la CNIL ne servent à rien, sinon à nous faire croire que le danger pourrait venir du secteur privé.
Faute de liberté, tout cela était pourtant prévisible. A suivre donc…
La cybersécurité est un sujet passé du petit milieu des experts aux gros titres de la presse en quelques mois, grâce à une avalanche d’accidents qui commence à attirer l’attention de tous – on pense à TV5 ou au Canard Enchaîné il y a peu, parmi tant d’autres.
Il y a de nombreux liens entre cybersécurité et liberté ; ce premier texte se propose de recadrer le sujet, d’en rappeler les fondamentaux, les principes, avant que les prochains papiers détaillent chacun une des facette en particulier, toujours avec la liberté à l’esprit.
Vue d’un œil professionnel, la cybersécurité n’est guère un phénomène nouveau, du moins pas par nature. Elle est due à la conjonction de deux facteurs, qui se sont simplement aggravés, mais qui n’ont rien de nouveau. Le premier tient à la faiblesse des technologies. Le second tient à la professionnalisation des attaques.
Les systèmes qui hébergent l’immense majorité de l’informatique des entreprises et des grandes organisations sont essentiellement les mêmes, tous issus d’une poignée de fournisseurs. Et malgré les années, malgré les « patches » et les « mises à jour » incessantes, ces technologies sont fournies et sont mises en place avec une multitude de défauts de conception, les fameux « bugs ». Et chaque bug est une faille en puissance que les pirates pourront utiliser pour se glisser, invisibles, au sein de ces systèmes nerveux modernes.
Pirates qui de leur côté sont devenus des pros et utilisent des outils désormais à la portée de tous. De nos jours, on peut passer de pirate amateur à pirate à galons juste en quelques heures. Parmi les aspects remarquables de cette évolution se distingue le rôle joué par tous les grands états, qui se mêlent tour à tour de protection de leurs entreprises et citoyens, tout en veillant à être les premiers à pirater profondément le reste du monde – telle la fameuse NSA – hors de toute juridiction.
Alors on découvre tout d’un coup que l’illusion de la propriété intellectuelle appliquée au logiciel a fait émerger des technologies de mauvaise sécurité ; que la malveillance a pu s’étendre sans contrainte dans la mesure où les états n’ont laissé aucune police s’organiser sur le Net ; que trop souvent la collusion entre pouvoir et grandes entreprises a abouti à des moyens d’espionnage présents un peu partout, à notre insu ; que les lois comme la CNIL ne servent à rien, sinon à nous faire croire que le danger pourrait venir du secteur privé.
Faute de liberté, tout cela était pourtant prévisible. A suivre donc…
Sécurité : Cesser de se plaindre des utilisateurs
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
Un soi-disant expert en sécurité sévissant régulièrement sur Contrepoints vient d’y publier un article où il nous engage à faire « attention au facteur humain » en matière de cybersécurité. Il est très à la mode dans ce milieu de parler du besoin de sensibiliser les utilisateurs et de façon générale, de se plaindre du nombre de bêtises faites par les « nuls » aboutissant à quelque catastrophe numérique.
De la part d’un auteur dont on suppose le penchant libéral, c’est un clair aveu d’immaturité politique et sociale. Car c’est oublier que le monde de l’informatique est comme tout produit de notre société, le fruit de l’action humaine, et que dès lors deux lois immuables s’appliquent à la question de la cybersécurité : la première, c’est qu’il n’y a pas d’autre facteur de sécurité que le facteur humain, puisque tout Internet et toute l’informatique jusque dans ses moindres détails résulte de décisions humaines ; ensuite, c’est oublier que l’objet de la sécurité au sein des systèmes informatiques n’est pas de se protéger de l’homme, mais bien de prendre l’homme comme il est pour en tirer des besoins de protection des informations en conséquence. C’est comme le droit.
Cette dernière remarque va radicalement à l’inverse du propos de notre faux expert. Qu’il se rassure, ils sont nombreux à raisonner comme lui. Vous entendrez régulièrement dire que l’utilisateur, plus ou moins ignare, est le maillon faible de la sécurité des systèmes informatiques et que de ce fait, la vie des experts chargés de renforcer ladite sécurité est d’autant plus compliquée.
C’est un peu comme si un politicien favorable à la démocratie, célèbre pour être le moins mauvais des systèmes, expliquait que les dysfonctionnements de celle-ci venaient en fait du peuple lui-même. Vous comprenez ma pov’ dame, les gens sont des imbéciles et votent n’importe comment et c’est pour cela qu’on finit par se retrouver avec du bleu marine dans les couloirs de nos palais. Ridicule. Il est évident que ce sont les principes de conception de la démocratie qui ne conviennent pas à l’homme et non l’homme qui ne convient pas à la démocratie. C’est la même chose sur Internet.
Ainsi, on oublie que les bugs font les failles. Qu’on m’explique pourquoi aucun éditeur n’est mis en justice quand son logiciel vulnérable permet la mise à sac de mon entreprise. Certes l’absence de bug ne peut être garantie, mais si les éditeurs avaient plus de pression, on verrait bien si leurs logiciels resteraient les passoires qu’on connaît.
Un soi-disant expert en sécurité sévissant régulièrement sur Contrepoints vient d’y publier un article où il nous engage à faire « attention au facteur humain » en matière de cybersécurité. Il est très à la mode dans ce milieu de parler du besoin de sensibiliser les utilisateurs et de façon générale, de se plaindre du nombre de bêtises faites par les « nuls » aboutissant à quelque catastrophe numérique.
De la part d’un auteur dont on suppose le penchant libéral, c’est un clair aveu d’immaturité politique et sociale. Car c’est oublier que le monde de l’informatique est comme tout produit de notre société, le fruit de l’action humaine, et que dès lors deux lois immuables s’appliquent à la question de la cybersécurité : la première, c’est qu’il n’y a pas d’autre facteur de sécurité que le facteur humain, puisque tout Internet et toute l’informatique jusque dans ses moindres détails résulte de décisions humaines ; ensuite, c’est oublier que l’objet de la sécurité au sein des systèmes informatiques n’est pas de se protéger de l’homme, mais bien de prendre l’homme comme il est pour en tirer des besoins de protection des informations en conséquence. C’est comme le droit.
Cette dernière remarque va radicalement à l’inverse du propos de notre faux expert. Qu’il se rassure, ils sont nombreux à raisonner comme lui. Vous entendrez régulièrement dire que l’utilisateur, plus ou moins ignare, est le maillon faible de la sécurité des systèmes informatiques et que de ce fait, la vie des experts chargés de renforcer ladite sécurité est d’autant plus compliquée.
C’est un peu comme si un politicien favorable à la démocratie, célèbre pour être le moins mauvais des systèmes, expliquait que les dysfonctionnements de celle-ci venaient en fait du peuple lui-même. Vous comprenez ma pov’ dame, les gens sont des imbéciles et votent n’importe comment et c’est pour cela qu’on finit par se retrouver avec du bleu marine dans les couloirs de nos palais. Ridicule. Il est évident que ce sont les principes de conception de la démocratie qui ne conviennent pas à l’homme et non l’homme qui ne convient pas à la démocratie. C’est la même chose sur Internet.
Ainsi, on oublie que les bugs font les failles. Qu’on m’explique pourquoi aucun éditeur n’est mis en justice quand son logiciel vulnérable permet la mise à sac de mon entreprise. Certes l’absence de bug ne peut être garantie, mais si les éditeurs avaient plus de pression, on verrait bien si leurs logiciels resteraient les passoires qu’on connaît.
Les objets connectés, virus de la liberté ?
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
Alors que les « cyber menaces » révèlent chaque jour la tentative accrue de mainmise étatique sur le Net, il se pourrait bien que la Liberté soit en train de reprendre une longueur d’avance déterminante.
Les « objets connectés » fleurissent et deviennent la Nouvelle Frontière d’Internet. Si vous ne connaissez pas l’idée, il s’agit de votre montre, de votre voiture, réfrigérateur, luminaire ou même cafetière qui tous seront contrôlables depuis votre téléphone ou ordinateur, même de l’étranger.
Il est évident que leur adoption généralisée, si elle se produit comme beaucoup l’anticipent, suppose que chaque propriétaire garde bien le contrôle sur ses objets. Pas question que votre voisin, ou pire, la police ou des voleurs, puissent ouvrir votre portail ou votre maison à votre place, par piratage.
De plus, malgré les nombreux fournisseurs, on cherchera un moyen simple de maîtriser tous ses objets : c’est comme les télécommandes, on cherchera celle qui fonctionne pour tout ou presque.
Mais il y a plus. Il est de même essentiel que chacun de nous ait la conviction que les données collectées par ces « choses » restent confidentielles (En Anglais, on parle de « Internet of Things »). Je n’ai pas forcément envie que tout le monde sache à quelles heures j’entre ou je sors de chez moi.
On voit donc que l’exigence de contrôle comme celle de secret sera très centrée sur l’individu propriétaire des « choses » dans l’Internet de demain. Or à ce jour, la sécurité sur Internet fonctionne dans l’autre sens : ce sont les entreprises et les sites web qui nous imposent leur sécurité et leurs mots de passe – ce qui se manifeste par la foule de mots de passe qu’il nous faut mémoriser.
L’arrivée des objets connectés en masse va probablement rendre en proportion ridicule le nombre d’ordinateurs déjà connectés. Et donc faire basculer le centre de gravité de la gouvernance, des entreprises et autres organisations vers les individus. Au point où les principes mêmes de la sécurité devront aussi basculer en notre faveur.
Demain, je me connecterai une seule fois sur le Net pour être reconnu par mes objets comme par mon téléphone et ses applications et de même par les systèmes de mon entreprise. Mieux, je pourrai choisir directement comment chaque entreprise utilise et protège les données que je lui confie.
Notre liberté aura gagné car le Net aura imposé la décentralisation de la sécurité des données et des accès. Les objets connectés annonceraient-ils ainsi le retour au pouvoir du libre marché ?
Alors que les « cyber menaces » révèlent chaque jour la tentative accrue de mainmise étatique sur le Net, il se pourrait bien que la Liberté soit en train de reprendre une longueur d’avance déterminante.
Les « objets connectés » fleurissent et deviennent la Nouvelle Frontière d’Internet. Si vous ne connaissez pas l’idée, il s’agit de votre montre, de votre voiture, réfrigérateur, luminaire ou même cafetière qui tous seront contrôlables depuis votre téléphone ou ordinateur, même de l’étranger.
Il est évident que leur adoption généralisée, si elle se produit comme beaucoup l’anticipent, suppose que chaque propriétaire garde bien le contrôle sur ses objets. Pas question que votre voisin, ou pire, la police ou des voleurs, puissent ouvrir votre portail ou votre maison à votre place, par piratage.
De plus, malgré les nombreux fournisseurs, on cherchera un moyen simple de maîtriser tous ses objets : c’est comme les télécommandes, on cherchera celle qui fonctionne pour tout ou presque.
Mais il y a plus. Il est de même essentiel que chacun de nous ait la conviction que les données collectées par ces « choses » restent confidentielles (En Anglais, on parle de « Internet of Things »). Je n’ai pas forcément envie que tout le monde sache à quelles heures j’entre ou je sors de chez moi.
On voit donc que l’exigence de contrôle comme celle de secret sera très centrée sur l’individu propriétaire des « choses » dans l’Internet de demain. Or à ce jour, la sécurité sur Internet fonctionne dans l’autre sens : ce sont les entreprises et les sites web qui nous imposent leur sécurité et leurs mots de passe – ce qui se manifeste par la foule de mots de passe qu’il nous faut mémoriser.
L’arrivée des objets connectés en masse va probablement rendre en proportion ridicule le nombre d’ordinateurs déjà connectés. Et donc faire basculer le centre de gravité de la gouvernance, des entreprises et autres organisations vers les individus. Au point où les principes mêmes de la sécurité devront aussi basculer en notre faveur.
Demain, je me connecterai une seule fois sur le Net pour être reconnu par mes objets comme par mon téléphone et ses applications et de même par les systèmes de mon entreprise. Mieux, je pourrai choisir directement comment chaque entreprise utilise et protège les données que je lui confie.
Notre liberté aura gagné car le Net aura imposé la décentralisation de la sécurité des données et des accès. Les objets connectés annonceraient-ils ainsi le retour au pouvoir du libre marché ?
Wednesday, January 24, 2018
Dommage que la presse NSA-che le voir
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
Les unes ce matin se faisaient sur la révélation de l’espionnage généralisé mené ces dernières années par la NSA sur les réseaux. Et la presse unanime d’être choquée de telles écoutes de nos dirigeants, réaction réflexe d’un contre-pouvoir éteint.
Il faut donc qu’elle soit bien naïve pour imaginer que les agences de ce pays ne se livrent pas aux mêmes pratiques. Le fait scandaleux que la NSA écoute le monde n’enlève rien au caractère autant scandaleux des écoutes françaises, même si plus réduites. Sachons remettre les choses à leur place.
Surtout, franchement, qu’en avons-nous à faire que Hollande soit ou non écouté ? Cela va-t-il réduire ou accroître le chômage ? Cela va-t-il rembourser la dette ou renflouer le trou de la Sécu ? Cela va-t-il changer le goût des vins et fromages de ce pays ? Ou même changer celle qui partage ses nuits ?
Je ne dis pas que l’espionnage américain est une chose sans importance. Par contre, ce n’est pas cet espionnage-là qui m’importe, ni surtout qui devrait nous importer, me semble-t-il. Car savoir que les bassesses et autres tricheries qui font le quotidien de nos politiciens sont connues outre-Atlantique, la belle affaire ! Si cela pouvait les pousser à être plus honnêtes, ce ne serait que positif.
Par contre, je ne peux pas accepter l’idée que la NSA puisse surveiller mes faits et gestes ou mes dires. Soyons clair, je ne peux pas plus l’accepter des RG ni de toute autre agence de ce monde.
La France a à cet égard une culture très bizarre en matière de risque portant sur les données personnelles et ce cas ne fait hélas guère exception. Nous grandissons dans un pays où on nous enseigne la peur des grandes entreprises et la confiance en l’état et ses institutions. Par exemple, Google ou Facebook, mais Carrefour de même, seraient un énorme danger pour nos petits secrets, car ils auront tôt fait d’en abuser et de nous piéger en leurs filets commerciaux.
Or pour ma part, je me méfie bien plus d’une NSA ou de RG qui savent tout de moi et qui peuvent me contraindre à dieu sait quoi alors que j’attends le jour où Carrefour m’obligera, me forcera à quoi que ce soit. Les entreprises, même grandes, ont intérêt à me servir et à me satisfaire. Pas la NSA.
Le risque et donc le scandale de la NSA n’est pas tant dans la violations des petits secrets des huiles frelatées qui nous exploitent que dans la menace que ces agences représentent sur notre liberté quotidienne, individuelle et bien concrète. Il est bien dommage que la presse NSA-che le voir.
Les unes ce matin se faisaient sur la révélation de l’espionnage généralisé mené ces dernières années par la NSA sur les réseaux. Et la presse unanime d’être choquée de telles écoutes de nos dirigeants, réaction réflexe d’un contre-pouvoir éteint.
Il faut donc qu’elle soit bien naïve pour imaginer que les agences de ce pays ne se livrent pas aux mêmes pratiques. Le fait scandaleux que la NSA écoute le monde n’enlève rien au caractère autant scandaleux des écoutes françaises, même si plus réduites. Sachons remettre les choses à leur place.
Surtout, franchement, qu’en avons-nous à faire que Hollande soit ou non écouté ? Cela va-t-il réduire ou accroître le chômage ? Cela va-t-il rembourser la dette ou renflouer le trou de la Sécu ? Cela va-t-il changer le goût des vins et fromages de ce pays ? Ou même changer celle qui partage ses nuits ?
Je ne dis pas que l’espionnage américain est une chose sans importance. Par contre, ce n’est pas cet espionnage-là qui m’importe, ni surtout qui devrait nous importer, me semble-t-il. Car savoir que les bassesses et autres tricheries qui font le quotidien de nos politiciens sont connues outre-Atlantique, la belle affaire ! Si cela pouvait les pousser à être plus honnêtes, ce ne serait que positif.
Par contre, je ne peux pas accepter l’idée que la NSA puisse surveiller mes faits et gestes ou mes dires. Soyons clair, je ne peux pas plus l’accepter des RG ni de toute autre agence de ce monde.
La France a à cet égard une culture très bizarre en matière de risque portant sur les données personnelles et ce cas ne fait hélas guère exception. Nous grandissons dans un pays où on nous enseigne la peur des grandes entreprises et la confiance en l’état et ses institutions. Par exemple, Google ou Facebook, mais Carrefour de même, seraient un énorme danger pour nos petits secrets, car ils auront tôt fait d’en abuser et de nous piéger en leurs filets commerciaux.
Or pour ma part, je me méfie bien plus d’une NSA ou de RG qui savent tout de moi et qui peuvent me contraindre à dieu sait quoi alors que j’attends le jour où Carrefour m’obligera, me forcera à quoi que ce soit. Les entreprises, même grandes, ont intérêt à me servir et à me satisfaire. Pas la NSA.
Le risque et donc le scandale de la NSA n’est pas tant dans la violations des petits secrets des huiles frelatées qui nous exploitent que dans la menace que ces agences représentent sur notre liberté quotidienne, individuelle et bien concrète. Il est bien dommage que la presse NSA-che le voir.
Charlie est d'bout...
(J'avais écrit ceci sur Le Cercle en son temps...)
Charlie Hebdo est un symbole en France. C’est depuis des décennies un symbole. Celui de la gauche héritière de mai 68 et de la longue tradition de la caricature et de son pouvoir contre-pouvoir.
Pour un libéral, c’est depuis toujours un organe ambigu qui véhicule des messages de liberté largement miné par la coloration nettement marxisante et anti-capitaliste typique de notre gauche. Aucun libéral pourtant n’a jamais éprouvé le besoin d’assassiner les soixante-huitards de l’hebdo.
Charlie s’est fait connaître pour son irrévérence envers les religieux et surtout envers les islamistes. Et il a toujours eu raison de se moquer. Il est sain de se moquer de ceux qui croient pouvoir nous faire peur. Modestement, à mon petit niveau, je me moque chaque soir des idiots de ce monde.
Pour certains qui se disent islamistes, il semble que la moquerie ne soit pas supportable au point de justifier la mort. Peu importe de savoir s’ils sont ou pas islamistes. Ils ont dépassé les limites de la civilisation. Ils ont fait juste ce qu’il fallait pour que Charlie reste debout. Charlie est d’bout. Le pays et tous ceux qui au fond d’eux sont avant tout mus par le besoin de liberté connaissent un sursaut.
Au-delà de l’émotion évidente, au-delà du choc lié à l’atteinte, au refus évident de certains de respecter la plus élémentaire liberté d’expression, quelques questions me semblent se poser. Comment notre police peut-elle être si performante que trente ans après la rue de Rennes un tel gang professionnel puisse agit ainsi en plein Paris ? Belle démonstration de l’incapacité étatique. Comment nos amis musulmans vont-ils réagir ? Vont-ils comprendre qu’ils seront les premiers à subir les conséquences de cette monstruosité ? Qu’ils se doivent d’être les leaders de notre réponse ?
Car Charlie continuera, comme Charlie ou comme Canard ou autre. Ce n’est pas cela qui compte. C’est la liberté d’expression qui continuera et encore plus même. Les assassins ne passeront pas.
Et malgré le gouvernement incapable, malgré le message des anti-libéraux, c’est la liberté qui avance dans les têtes avec cette imbécillité ignoble. La peur et la haine ne peuvent rien contre la liberté.
Charlie Hebdo est un symbole en France. C’est depuis des décennies un symbole. Celui de la gauche héritière de mai 68 et de la longue tradition de la caricature et de son pouvoir contre-pouvoir.
Pour un libéral, c’est depuis toujours un organe ambigu qui véhicule des messages de liberté largement miné par la coloration nettement marxisante et anti-capitaliste typique de notre gauche. Aucun libéral pourtant n’a jamais éprouvé le besoin d’assassiner les soixante-huitards de l’hebdo.
Charlie s’est fait connaître pour son irrévérence envers les religieux et surtout envers les islamistes. Et il a toujours eu raison de se moquer. Il est sain de se moquer de ceux qui croient pouvoir nous faire peur. Modestement, à mon petit niveau, je me moque chaque soir des idiots de ce monde.
Pour certains qui se disent islamistes, il semble que la moquerie ne soit pas supportable au point de justifier la mort. Peu importe de savoir s’ils sont ou pas islamistes. Ils ont dépassé les limites de la civilisation. Ils ont fait juste ce qu’il fallait pour que Charlie reste debout. Charlie est d’bout. Le pays et tous ceux qui au fond d’eux sont avant tout mus par le besoin de liberté connaissent un sursaut.
Au-delà de l’émotion évidente, au-delà du choc lié à l’atteinte, au refus évident de certains de respecter la plus élémentaire liberté d’expression, quelques questions me semblent se poser. Comment notre police peut-elle être si performante que trente ans après la rue de Rennes un tel gang professionnel puisse agit ainsi en plein Paris ? Belle démonstration de l’incapacité étatique. Comment nos amis musulmans vont-ils réagir ? Vont-ils comprendre qu’ils seront les premiers à subir les conséquences de cette monstruosité ? Qu’ils se doivent d’être les leaders de notre réponse ?
Car Charlie continuera, comme Charlie ou comme Canard ou autre. Ce n’est pas cela qui compte. C’est la liberté d’expression qui continuera et encore plus même. Les assassins ne passeront pas.
Et malgré le gouvernement incapable, malgré le message des anti-libéraux, c’est la liberté qui avance dans les têtes avec cette imbécillité ignoble. La peur et la haine ne peuvent rien contre la liberté.
Tuesday, January 23, 2018
Le dialogue social tire vers le bas
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
Avec l’affaire Air France – où le gouvernement, qui appelait au droit, soudain pousse le « dialogue social » – et l’annonce du refus de la CGT de participer à la « Conférence sociale » à venir, ce cher dialogue social pointe une tête dans une actualité déjà sous l’influence des élections qui approchent.
Le dialogue social est sans aucun doute devenu depuis quelques décennies le point de passage obligé et surtout supposé idéal de tous les changements ou améliorations du monde du travail de ce pays.
La recherche de dialogue ou le dialogue effectif ne peut bien évidemment être qu’une bonne chose du point de vue des individus et donc du libéral. Mais hélas, le dialogue social n’a rien d’un dialogue.
Lorsque la CGT, ou ses acolytes syndicats, prétend négocier nos avantages sociaux par le « dialogue social » avec les pouvoirs publics, il y a en fait double usurpation et triple abus de pouvoir.
Tout d’abord, les syndicats institutionnels ne sont en rien représentatifs des salariés, puisque ces derniers ne peuvent pas échapper à leur monopole et que seule une maigre minorité y est inscrite.
De l’autre côté, les « pouvoirs publics » s’arrogent le droit, le pouvoir en réalité, de contraindre et légiférer nos contrats de travail, alors que ceux-ci ne concernent que l’entreprise et nous-mêmes.
Triple abus de pouvoir donc avec deux représentativités sans fondement et un « dialogue » qui aboutit à des décisions qui nous touchent tous sans qu’aucun de nous n’y ait mot à dire.
Ne nous y trompons pas, les syndicats et ce simulacre de dialogue ont bien un rôle social. Ou plutôt asocial, car il s’agit bien sûr de pouvoir prétendre à l’existence d’une discussion entre salariés et entreprises au niveau global, directement contrôlé, tout en assurant justement qu’aucune négociation libre ne puisse trouver sa place au niveau individuel, beaucoup plus incontrôlable.
Dans un monde libre, chacun pourrait bien sûr négocier son contrat et les diverses facettes de sa rémunération directement et continuellement avec son employeur ou sa hiérarchie directe. Mais il serait alors possible de voir les meilleurs tirer leur épingle du jeu face aux moins habiles. Scandale.
Le dialogue social n’est pas fait pour nous tirer vers le haut et nous protéger des employeurs féroces. Au contraire, il s’agit de veiller à ce que les meilleurs ne puissent pas gagner plus que les médiocres, tout en camouflant ce principe honteux sous les couleurs de la préservation des acquis.
Un mensonge de plus, rien d’autre.
Avec l’affaire Air France – où le gouvernement, qui appelait au droit, soudain pousse le « dialogue social » – et l’annonce du refus de la CGT de participer à la « Conférence sociale » à venir, ce cher dialogue social pointe une tête dans une actualité déjà sous l’influence des élections qui approchent.
Le dialogue social est sans aucun doute devenu depuis quelques décennies le point de passage obligé et surtout supposé idéal de tous les changements ou améliorations du monde du travail de ce pays.
La recherche de dialogue ou le dialogue effectif ne peut bien évidemment être qu’une bonne chose du point de vue des individus et donc du libéral. Mais hélas, le dialogue social n’a rien d’un dialogue.
Lorsque la CGT, ou ses acolytes syndicats, prétend négocier nos avantages sociaux par le « dialogue social » avec les pouvoirs publics, il y a en fait double usurpation et triple abus de pouvoir.
Tout d’abord, les syndicats institutionnels ne sont en rien représentatifs des salariés, puisque ces derniers ne peuvent pas échapper à leur monopole et que seule une maigre minorité y est inscrite.
De l’autre côté, les « pouvoirs publics » s’arrogent le droit, le pouvoir en réalité, de contraindre et légiférer nos contrats de travail, alors que ceux-ci ne concernent que l’entreprise et nous-mêmes.
Triple abus de pouvoir donc avec deux représentativités sans fondement et un « dialogue » qui aboutit à des décisions qui nous touchent tous sans qu’aucun de nous n’y ait mot à dire.
Ne nous y trompons pas, les syndicats et ce simulacre de dialogue ont bien un rôle social. Ou plutôt asocial, car il s’agit bien sûr de pouvoir prétendre à l’existence d’une discussion entre salariés et entreprises au niveau global, directement contrôlé, tout en assurant justement qu’aucune négociation libre ne puisse trouver sa place au niveau individuel, beaucoup plus incontrôlable.
Dans un monde libre, chacun pourrait bien sûr négocier son contrat et les diverses facettes de sa rémunération directement et continuellement avec son employeur ou sa hiérarchie directe. Mais il serait alors possible de voir les meilleurs tirer leur épingle du jeu face aux moins habiles. Scandale.
Le dialogue social n’est pas fait pour nous tirer vers le haut et nous protéger des employeurs féroces. Au contraire, il s’agit de veiller à ce que les meilleurs ne puissent pas gagner plus que les médiocres, tout en camouflant ce principe honteux sous les couleurs de la préservation des acquis.
Un mensonge de plus, rien d’autre.
Parti Légional Des mots pratiques
(Publié que Le Cercle en 2015.)
Fidèle à sa logique électoraliste et ivre d’existence, le PLD lance avec force marketing son « Grand Pari Libéral » visant à « libérer la région » Île de France et à « reconstruire [son] Conseil régional ».
Je me dois tout d’abord de rappeler que non seulement le qualificatif libéral est incompatible avec celui de démocrate, mais il est incompatible avec la notion de parti, puisque le libéralisme promeut une philosophie où le pouvoir politique n’a plus aucun sens ni réalité, le marché ayant repris sa place.
On m’objectera que comme ancien candidat à une élection et ancien président de parti, je me contredis. La réponse est dans l’objectif, valable s’il est de faire connaître nos idées, mais incohérent et inacceptable s’il devient de porter des individus peu scrupuleux au pouvoir, cas qui nous intéresse.
Pour en juger, voyons si au moins le « manifeste » publié véhicule un air frais venu de liberté. Or à première vue, on retrouve beaucoup des rhétoriques politiciennes habituelles : « c’est vous qui déciderez » – mensonge ; « donner votre avis avant toute hausse des impôts locaux, ou tout déficit » – tiens, on est libéral mais on imagine qu’il puisse y avoir hausse des impôts ? Bref, le bla-bla courant.
Mais le bla-bla va plus loin, il a tous les atours du Canada Dry libéral. Pour la sécurité, on propose de « rétablir le droit, la loi ». Bravo. Mais quel droit, quelle loi, au fait ? On se garde bien de nous le dire, car il faudrait alors expliquer comment à la fois nous libérer et rétablir ce droit qui nous a opprimés.
Puis plus subtil, mieux camouflé, mais plus dangereux aussi, le mensonge constructiviste. On nous propose de « faire » une région « prospère » – Ben quoi !? Comment pourrait-on être contre ? On peut être contre car l’idée libérale consiste à laisser faire et à ne rien « faire » justement. Le seul rôle du « politique » libéral devrait se réduire à établir le droit, le même pour tous, et surtout, surtout à ne rien faire d’autre. Quiconque vous promet de « faire » à votre place n’est autre qu’un socialiste.
Pragmatisme ? Mais pragmatisme pour « faire » quoi ? Pour faire la liberté ou du moins pour la faire connaître ? Ou bien pour faire carrière ? Comment en être sûr ? Il y a tant d’exemples historiques.
La dérive électoraliste du PLD se voit donc accélérer, c’était hélas prévisible. J’oserais un « on vous l’avait bien dit » s’il n’était pas si triste pour le libéralisme en ce pays. Mais optimiste j’y vois l’espoir que nombreux seront les indécis dont les yeux malgré tout seront ouverts par cet épisode, au profit de la liberté.
Fidèle à sa logique électoraliste et ivre d’existence, le PLD lance avec force marketing son « Grand Pari Libéral » visant à « libérer la région » Île de France et à « reconstruire [son] Conseil régional ».
Je me dois tout d’abord de rappeler que non seulement le qualificatif libéral est incompatible avec celui de démocrate, mais il est incompatible avec la notion de parti, puisque le libéralisme promeut une philosophie où le pouvoir politique n’a plus aucun sens ni réalité, le marché ayant repris sa place.
On m’objectera que comme ancien candidat à une élection et ancien président de parti, je me contredis. La réponse est dans l’objectif, valable s’il est de faire connaître nos idées, mais incohérent et inacceptable s’il devient de porter des individus peu scrupuleux au pouvoir, cas qui nous intéresse.
Pour en juger, voyons si au moins le « manifeste » publié véhicule un air frais venu de liberté. Or à première vue, on retrouve beaucoup des rhétoriques politiciennes habituelles : « c’est vous qui déciderez » – mensonge ; « donner votre avis avant toute hausse des impôts locaux, ou tout déficit » – tiens, on est libéral mais on imagine qu’il puisse y avoir hausse des impôts ? Bref, le bla-bla courant.
Mais le bla-bla va plus loin, il a tous les atours du Canada Dry libéral. Pour la sécurité, on propose de « rétablir le droit, la loi ». Bravo. Mais quel droit, quelle loi, au fait ? On se garde bien de nous le dire, car il faudrait alors expliquer comment à la fois nous libérer et rétablir ce droit qui nous a opprimés.
Puis plus subtil, mieux camouflé, mais plus dangereux aussi, le mensonge constructiviste. On nous propose de « faire » une région « prospère » – Ben quoi !? Comment pourrait-on être contre ? On peut être contre car l’idée libérale consiste à laisser faire et à ne rien « faire » justement. Le seul rôle du « politique » libéral devrait se réduire à établir le droit, le même pour tous, et surtout, surtout à ne rien faire d’autre. Quiconque vous promet de « faire » à votre place n’est autre qu’un socialiste.
Pragmatisme ? Mais pragmatisme pour « faire » quoi ? Pour faire la liberté ou du moins pour la faire connaître ? Ou bien pour faire carrière ? Comment en être sûr ? Il y a tant d’exemples historiques.
La dérive électoraliste du PLD se voit donc accélérer, c’était hélas prévisible. J’oserais un « on vous l’avait bien dit » s’il n’était pas si triste pour le libéralisme en ce pays. Mais optimiste j’y vois l’espoir que nombreux seront les indécis dont les yeux malgré tout seront ouverts par cet épisode, au profit de la liberté.
Tolérance et Relativisme – I Have Hoppe
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
C’est un paradoxe à la mode, il faut être tolérant. Surtout quand on est libéral. Le libéral dans le vent n’est pas que tolérant, il revendique sa différence et attend des autres libéraux qu’il la tolère. Et l’on voit pleuvoir les articles, jusque dans Le Monde, où on nous explique que le libéral se doit de tolérer.
Hélas, la raison au plus fort est toujours la meilleure… et la raison donne tort à ces balivernes. Pour s’en convaincre, revenons aux fondamentaux du libéralisme et de la liberté. Ils sont très simples.
La liberté est une simple question de droit, et surtout pas de morale. Elle est définie comme effective lorsque chacun est pleinement propriétaire de lui-même et de ses biens, ce qui construit la symétrie du droit et ses limites. Chez moi, je suis libre et donc sans comptes à rendre. Chez autrui, l’inverse.
Et voilà, tout est dit. La concision d’un concept si puissant qu’il suffit à faire les bases de l’avenir de notre espèce donne à réfléchir. D’autant que si la morale en semble absente, rien n’est moins vrai.
Car pour revenir à la tolérance, trois conséquences de la pleine propriété doivent être rappelées. La première est une forme faible de la tolérance invoquée, mais la seule vraiment libérale. Si je veux être reconnu comme propriétaire et donc comme homme libre, je dois tolérer de même tout autre propriétaire, quel qu’il soit. Il ne s’agit pas de la tolérance du cœur, mais de celle du droit.
Ensuite vient la discrimination, qui est le droit inverse. Si je dois tolérer autrui chez lui, chez moi j’ai le droit de refuser ou d’accorder le droit. Le propriétaire est tout puissant chez lui, tant qu’il respecte l’intégrité de ses invités et n’attente pas à leurs personnes ou biens. J’ai donc le droit de souhaiter ne recevoir aucun jaune, noir, blond ou musulman. Et j’ai aussi le droit de les aimer ou de les détester.
Mais si j’ai le droit de discriminer, c’est que je peux pratiquer ce que j’appellerai l’ostracisme. C’est-à-dire tolérer que l’autre ait le droit de vivre et d’exister, mais sans pour autant approuver ses choix ou ses actes, et aller jusqu’à le boycotter directement ou indirectement, sans lui porter atteinte.
La tolérance ne s’exige pas. J’ai le droit d'être tolérant, c’est bien évidemment souhaitable, et pas plus, mais j’ai le droit aussi de ne pas l'être et de nos jours ce serait tout aussi souhaitable, souvent. Il n’y a qu’une seule chose que le libéral exige, une seule chose qui est l’objet de sa totale intransigeance : le respect du droit de propriété privé de pleine symétrie sans exception. Cela suffit.
Il est dommage que tant de libéraux ne lise pas Hans-Hermann Hoppe, ou se refusent à le comprendre, car il décrit bien ces phénomènes : le relativisme n’a rien à voir avec le libéralisme.
C’est un paradoxe à la mode, il faut être tolérant. Surtout quand on est libéral. Le libéral dans le vent n’est pas que tolérant, il revendique sa différence et attend des autres libéraux qu’il la tolère. Et l’on voit pleuvoir les articles, jusque dans Le Monde, où on nous explique que le libéral se doit de tolérer.
Hélas, la raison au plus fort est toujours la meilleure… et la raison donne tort à ces balivernes. Pour s’en convaincre, revenons aux fondamentaux du libéralisme et de la liberté. Ils sont très simples.
La liberté est une simple question de droit, et surtout pas de morale. Elle est définie comme effective lorsque chacun est pleinement propriétaire de lui-même et de ses biens, ce qui construit la symétrie du droit et ses limites. Chez moi, je suis libre et donc sans comptes à rendre. Chez autrui, l’inverse.
Et voilà, tout est dit. La concision d’un concept si puissant qu’il suffit à faire les bases de l’avenir de notre espèce donne à réfléchir. D’autant que si la morale en semble absente, rien n’est moins vrai.
Car pour revenir à la tolérance, trois conséquences de la pleine propriété doivent être rappelées. La première est une forme faible de la tolérance invoquée, mais la seule vraiment libérale. Si je veux être reconnu comme propriétaire et donc comme homme libre, je dois tolérer de même tout autre propriétaire, quel qu’il soit. Il ne s’agit pas de la tolérance du cœur, mais de celle du droit.
Ensuite vient la discrimination, qui est le droit inverse. Si je dois tolérer autrui chez lui, chez moi j’ai le droit de refuser ou d’accorder le droit. Le propriétaire est tout puissant chez lui, tant qu’il respecte l’intégrité de ses invités et n’attente pas à leurs personnes ou biens. J’ai donc le droit de souhaiter ne recevoir aucun jaune, noir, blond ou musulman. Et j’ai aussi le droit de les aimer ou de les détester.
Mais si j’ai le droit de discriminer, c’est que je peux pratiquer ce que j’appellerai l’ostracisme. C’est-à-dire tolérer que l’autre ait le droit de vivre et d’exister, mais sans pour autant approuver ses choix ou ses actes, et aller jusqu’à le boycotter directement ou indirectement, sans lui porter atteinte.
La tolérance ne s’exige pas. J’ai le droit d'être tolérant, c’est bien évidemment souhaitable, et pas plus, mais j’ai le droit aussi de ne pas l'être et de nos jours ce serait tout aussi souhaitable, souvent. Il n’y a qu’une seule chose que le libéral exige, une seule chose qui est l’objet de sa totale intransigeance : le respect du droit de propriété privé de pleine symétrie sans exception. Cela suffit.
Il est dommage que tant de libéraux ne lise pas Hans-Hermann Hoppe, ou se refusent à le comprendre, car il décrit bien ces phénomènes : le relativisme n’a rien à voir avec le libéralisme.
Monday, January 22, 2018
La sécurité, on en connaît un rayon X
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
Voilà qu’après l’agression dans le Thalys, où les services de sécurité se sont fait remarquer par leur absence, la peur immature qui caractérise notre société s’abat sur les gares qui ne seraient pas sûres. Et soudain, il faudrait « sécuriser » les halls des gares comme on prétend avoir sécurisé les aéroports, alors que depuis près de deux siècles, les gares sont conçues pour être ouvertes à tout voyageur.
Et on voit, sans rire, des estimations faites de combien la mise sous l’emprise des rayons X des immenses gares parisiennes pourrait coûter, exprimée en milliards, ce qui donne une idée de la démesure. Heureusement, je n’ai pas encore vu, mais cela ne saurait sans doute tarder, quelque intellectuel vaguement gauchiste s’indigner qu’on puisse ainsi mettre en rapport sécurité et milliards.
Il faut en premier lieu souligner l’incroyable gâchis et scandale de la sécurité aéroportuaire qui sert ici de référence. J’ai pris l’avion des centaines de fois et jamais je n’ai vu l’armée des rayons X et autres fouilleurs servir en quoi que ce soit à ma sécurité ou à celle des autres passagers. On y passe plus de temps à vérifier que votre dentifrice est dans un tube – même à moitié vide – de moins de 100ml qu’à se demander comment faire un cocktail Molotov rien qu’avec les articles en duty-free.
Même si la menace est très différente, mon métier du conseil en sécurité informatique m’a au moins convaincu de la validité d’un principe essentiel de nos société, mais qui se voit en pleine perte de vitesse, hélas : celui de la présomption d’innocence. Ce principe, rappelons-le tant il est oublié de tous, veut qu’on ne soit coupable que sur preuve et donc innocent par défaut, cela sans exception.
Ce n’est pas qu’une simple manière de protéger les gens de la police, c’est un principe de vie sociale. S’il devait suffire que j’aie peur de vous pour vous accuser d’une menace et pour vous faire enfermer, nous serions tous enfermés à la merci de l’arbitraire le plus complet. C’est pourtant ce que nous faisons dans les aéroports, nous sommes tous suspects d’agression potentielle, ni plus, ni moins. Est-ce donc ce genre de société hostile que nous voulons généraliser en l’étendant d’abord à nos gares ?
Mais revenons au Thalys pour nous souvenir que si la catastrophe a été évitée, c’est grâce à des gens courageux et habitués des armes. J’en tire plusieurs choses. Tout d’abord, il ne s’agit pas t’empêcher de monter dans le train tous ceux qui ont des armes, mais plutôt de faire en sorte qu’ils ne soient pas un danger. Et ils le seront d’autant moins qu’ils sauront que d’autres passagers se chargeront de les réduire au silence si besoin. Or pour cela, il faut responsabiliser chacun de nous, plutôt que nous inculquer la peur du voyou comme celle du gendarme. Cela passe par le retour au libre port d’arme.
La sécurité dans les trains n’a jamais posé problème pendant des décennies. Parce que les méchants avaient peur de se faire prendre et le voyageur n’avait pas peur d’intervenir. Dans la société actuelle, c’est le voyageur qui a peur et le voyou qui ose. Pas de doute, comme en 1984, la guerre, c’est la paix.
Voilà qu’après l’agression dans le Thalys, où les services de sécurité se sont fait remarquer par leur absence, la peur immature qui caractérise notre société s’abat sur les gares qui ne seraient pas sûres. Et soudain, il faudrait « sécuriser » les halls des gares comme on prétend avoir sécurisé les aéroports, alors que depuis près de deux siècles, les gares sont conçues pour être ouvertes à tout voyageur.
Et on voit, sans rire, des estimations faites de combien la mise sous l’emprise des rayons X des immenses gares parisiennes pourrait coûter, exprimée en milliards, ce qui donne une idée de la démesure. Heureusement, je n’ai pas encore vu, mais cela ne saurait sans doute tarder, quelque intellectuel vaguement gauchiste s’indigner qu’on puisse ainsi mettre en rapport sécurité et milliards.
Il faut en premier lieu souligner l’incroyable gâchis et scandale de la sécurité aéroportuaire qui sert ici de référence. J’ai pris l’avion des centaines de fois et jamais je n’ai vu l’armée des rayons X et autres fouilleurs servir en quoi que ce soit à ma sécurité ou à celle des autres passagers. On y passe plus de temps à vérifier que votre dentifrice est dans un tube – même à moitié vide – de moins de 100ml qu’à se demander comment faire un cocktail Molotov rien qu’avec les articles en duty-free.
Même si la menace est très différente, mon métier du conseil en sécurité informatique m’a au moins convaincu de la validité d’un principe essentiel de nos société, mais qui se voit en pleine perte de vitesse, hélas : celui de la présomption d’innocence. Ce principe, rappelons-le tant il est oublié de tous, veut qu’on ne soit coupable que sur preuve et donc innocent par défaut, cela sans exception.
Ce n’est pas qu’une simple manière de protéger les gens de la police, c’est un principe de vie sociale. S’il devait suffire que j’aie peur de vous pour vous accuser d’une menace et pour vous faire enfermer, nous serions tous enfermés à la merci de l’arbitraire le plus complet. C’est pourtant ce que nous faisons dans les aéroports, nous sommes tous suspects d’agression potentielle, ni plus, ni moins. Est-ce donc ce genre de société hostile que nous voulons généraliser en l’étendant d’abord à nos gares ?
Mais revenons au Thalys pour nous souvenir que si la catastrophe a été évitée, c’est grâce à des gens courageux et habitués des armes. J’en tire plusieurs choses. Tout d’abord, il ne s’agit pas t’empêcher de monter dans le train tous ceux qui ont des armes, mais plutôt de faire en sorte qu’ils ne soient pas un danger. Et ils le seront d’autant moins qu’ils sauront que d’autres passagers se chargeront de les réduire au silence si besoin. Or pour cela, il faut responsabiliser chacun de nous, plutôt que nous inculquer la peur du voyou comme celle du gendarme. Cela passe par le retour au libre port d’arme.
La sécurité dans les trains n’a jamais posé problème pendant des décennies. Parce que les méchants avaient peur de se faire prendre et le voyageur n’avait pas peur d’intervenir. Dans la société actuelle, c’est le voyageur qui a peur et le voyou qui ose. Pas de doute, comme en 1984, la guerre, c’est la paix.
Ah, Tendons deux mains, Syrien ne change...
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
La générosité de nos voisins Allemands nous émeut, à juste titre, même si elle se voit troublée par des actes politiques de façade. Il est bel et bon que les individus sachent spontanément s’entraider, surtout quand c’est en réponse aux méfaits d’une tyrannie inqualifiable. Saluons donc ces Allemands.
Mais en même temps, tout le monde ressent un vague malaise. Nous ne pouvons porter toute la misère du monde, dit le sage adage. Alors, où se trouve la limite ? De quel côté se tient la liberté ?
Si la générosité actuelle semble belle, elle a pourtant un côté obscur. Si chaque Allemand, ou Français, qui accueille quelque réfugié finance son séjour en nos pays, on ne peut qu’être admiratif et respectueux. Mais quand la générosité est en réalité basée sur le financement « social » des réfugiés, qui vont pouvoir bénéficier des nombreux « droits », c’est une tout autre histoire.
Ce que l’on voit toujours dans l’immigration fuyant les guerres, c’est la misère de tant de pauvres gens nés sous tant de tyrannies manifestes. Mais on oublie souvent de voir ce que Hans-Hermann Hoppe appelle « l’immigration forcée », cette forme de tyrannie certes plus douce mais une tyrannie quand même, qui nous impose des afflux migratoires financés sur nos impôts.
Dans un monde libre, dans lequel il n’existe pas d’espace public, on ne peut émigrer qu’à condition d’y avoir été invité par ses hôtes, qui doivent assumer cette décision. Pas d’état dépensier de l’argent des autres pour nous imposer de financer la venue de gens que de plus on n’a pas choisis.
Il ne faut surtout pas voir dans cette analyse ni racisme ni fascisme. Mais se rappeler que l’état n’a pas le droit de forcer l’accueil de qui que ce soit à quiconque. Car l’état n’est jamais généreux.
Par ses fondements mêmes, le drame actuel a toutes les chances de perdurer et de s’amplifier. Tant qu’il y aura des malheureux et des pauvres en ce monde, tant qu’ils pourront espérer venir en nos pays socialistes pour y bénéficier d’un statut social financé sans commune mesure avec leur situation et leur espoir d’avant, on verra vagues sur vagues de migrants frapper à nos portes.
Passées les émotions du jour, quand le nombre sera devenu trop grand pour nos économies exsangues, quand la haine et le conflit auront remplacé la belle générosité, quelle sera l’avenir des migrants et de nos démocraties supposées modèles ? Qui sait, peut-être que la Syrie sera alors devenue la nouvelle terre promise de migrants venus cette fois d’une Europe Quart monde ?
La générosité de nos voisins Allemands nous émeut, à juste titre, même si elle se voit troublée par des actes politiques de façade. Il est bel et bon que les individus sachent spontanément s’entraider, surtout quand c’est en réponse aux méfaits d’une tyrannie inqualifiable. Saluons donc ces Allemands.
Mais en même temps, tout le monde ressent un vague malaise. Nous ne pouvons porter toute la misère du monde, dit le sage adage. Alors, où se trouve la limite ? De quel côté se tient la liberté ?
Si la générosité actuelle semble belle, elle a pourtant un côté obscur. Si chaque Allemand, ou Français, qui accueille quelque réfugié finance son séjour en nos pays, on ne peut qu’être admiratif et respectueux. Mais quand la générosité est en réalité basée sur le financement « social » des réfugiés, qui vont pouvoir bénéficier des nombreux « droits », c’est une tout autre histoire.
Ce que l’on voit toujours dans l’immigration fuyant les guerres, c’est la misère de tant de pauvres gens nés sous tant de tyrannies manifestes. Mais on oublie souvent de voir ce que Hans-Hermann Hoppe appelle « l’immigration forcée », cette forme de tyrannie certes plus douce mais une tyrannie quand même, qui nous impose des afflux migratoires financés sur nos impôts.
Dans un monde libre, dans lequel il n’existe pas d’espace public, on ne peut émigrer qu’à condition d’y avoir été invité par ses hôtes, qui doivent assumer cette décision. Pas d’état dépensier de l’argent des autres pour nous imposer de financer la venue de gens que de plus on n’a pas choisis.
Il ne faut surtout pas voir dans cette analyse ni racisme ni fascisme. Mais se rappeler que l’état n’a pas le droit de forcer l’accueil de qui que ce soit à quiconque. Car l’état n’est jamais généreux.
Par ses fondements mêmes, le drame actuel a toutes les chances de perdurer et de s’amplifier. Tant qu’il y aura des malheureux et des pauvres en ce monde, tant qu’ils pourront espérer venir en nos pays socialistes pour y bénéficier d’un statut social financé sans commune mesure avec leur situation et leur espoir d’avant, on verra vagues sur vagues de migrants frapper à nos portes.
Passées les émotions du jour, quand le nombre sera devenu trop grand pour nos économies exsangues, quand la haine et le conflit auront remplacé la belle générosité, quelle sera l’avenir des migrants et de nos démocraties supposées modèles ? Qui sait, peut-être que la Syrie sera alors devenue la nouvelle terre promise de migrants venus cette fois d’une Europe Quart monde ?
Sunday, January 21, 2018
Il faut que ça change, mais dès que ça change, tout le monde est dans la rue
(Paru sur Le Cercle en 2015.)
François Hollande c’était fait élire sur le « Changement, c’est maintenant ». Barack Obama annonce lancer un vaste plan pour contrer le changement climatique. Le changement, c’est un mot magique, une des grandes chimères et un des grands paradoxes du socialisme. Partout, toujours, on entend qu’il faut que ça change, mais en même temps dès que ça change, tout le monde est dans la rue.
Les premiers socialistes, devenus communistes, voulaient changer l’homme, voir l’éclosion d’un homme nouveau, meilleur et plus généreux, pour que tout change enfin. Encore aujourd’hui, le slogan de Hollande portait cette promesse égalitaire, ce changement tant espéré hors du capitalisme honteux qui porte en lui la misère du monde. Depuis plus d’un siècle, il faut que cela change, et en effet, depuis un siècle le socialisme s’est peu à peu répandu partout. Et pourtant rien n’a changé.
Il faut dire que chaque fois qu’on tente de changer, hop, les privilégiés montrent les dents et démontrent leur sens de la solidarité. Les professions libérales montrent soudain qu’elles sont si libérales qu’elles refusent que leur marché soit libéralisé. Les agriculteurs sont tellement sûrs de la qualité de leurs produits et de leur aptitude à satisfaire les consommateurs qu’ils leur bloquent les routes au moindre signe de retour à une politique agricole devenue peu commune. Et tant d’autres.
Car le propre du socialisme tient dans les avantages acquis, dans les privilèges de tous genres qui sont autant de prétextes de faux progrès social. Il faut redistribuer, voyez-vous, puisqu’il faut changer l’injuste vie de Pierre, Paul et Jacques. Alors on commence par donner à Pierre, puis on donne à Paul, en veillant à ce que Jacques ne râle pas trop. Mais si ce dernier se réveille, si le changement passe par une jacquerie « solidaire », on verra les Pierre se soulever et les Paul nous rouler dans la farine.
Mais le paradoxe est bien plus profond. Car le socialiste veut protéger, pour réduire l’emprise du diable capitaliste. Il protège les salariés du licenciement. Il protège les agriculteurs de prix trop bas. Il protège par la loi. Et la loi rigidifie le monde. Avec la loi, il devient illégal de changer. On est devenu salarié, c’est pour la vie. Mais la vie justement, n’est-elle pas faite de changement ? Si dans la vie nous perdons l’espoir du changement, celui qu’on construit de ses mains, à quoi sert-il de vivre ?
Alors, après avoir été réchauffement, c’est une aubaine que le changement devienne climatique, justement quand le climat dans les banlieues se réchauffe au point de bientôt bannir les lieux. Face à leur incapacité au changement annoncé qui pourtant fait leur fonds de commerce, il n’est pas surprenant que les politiciens de tous poils s’emparent des nouvelles chimères qui ne changeront rien mais qui leur permettent de repousser encore un peu l’échéance de leur déchéance annoncée.
Mais ne nous y trompons pas. Le dossier climatique ne sera rien d’autre qu’un autre fiasco socialiste, et pour les mêmes raisons : à vouloir contraindre l’homme à défaut ou au prétexte de le changer, au lieu de changer de dogme et libérer les structures sociales, le socialiste ne change que pour le pire.
François Hollande c’était fait élire sur le « Changement, c’est maintenant ». Barack Obama annonce lancer un vaste plan pour contrer le changement climatique. Le changement, c’est un mot magique, une des grandes chimères et un des grands paradoxes du socialisme. Partout, toujours, on entend qu’il faut que ça change, mais en même temps dès que ça change, tout le monde est dans la rue.
Les premiers socialistes, devenus communistes, voulaient changer l’homme, voir l’éclosion d’un homme nouveau, meilleur et plus généreux, pour que tout change enfin. Encore aujourd’hui, le slogan de Hollande portait cette promesse égalitaire, ce changement tant espéré hors du capitalisme honteux qui porte en lui la misère du monde. Depuis plus d’un siècle, il faut que cela change, et en effet, depuis un siècle le socialisme s’est peu à peu répandu partout. Et pourtant rien n’a changé.
Il faut dire que chaque fois qu’on tente de changer, hop, les privilégiés montrent les dents et démontrent leur sens de la solidarité. Les professions libérales montrent soudain qu’elles sont si libérales qu’elles refusent que leur marché soit libéralisé. Les agriculteurs sont tellement sûrs de la qualité de leurs produits et de leur aptitude à satisfaire les consommateurs qu’ils leur bloquent les routes au moindre signe de retour à une politique agricole devenue peu commune. Et tant d’autres.
Car le propre du socialisme tient dans les avantages acquis, dans les privilèges de tous genres qui sont autant de prétextes de faux progrès social. Il faut redistribuer, voyez-vous, puisqu’il faut changer l’injuste vie de Pierre, Paul et Jacques. Alors on commence par donner à Pierre, puis on donne à Paul, en veillant à ce que Jacques ne râle pas trop. Mais si ce dernier se réveille, si le changement passe par une jacquerie « solidaire », on verra les Pierre se soulever et les Paul nous rouler dans la farine.
Mais le paradoxe est bien plus profond. Car le socialiste veut protéger, pour réduire l’emprise du diable capitaliste. Il protège les salariés du licenciement. Il protège les agriculteurs de prix trop bas. Il protège par la loi. Et la loi rigidifie le monde. Avec la loi, il devient illégal de changer. On est devenu salarié, c’est pour la vie. Mais la vie justement, n’est-elle pas faite de changement ? Si dans la vie nous perdons l’espoir du changement, celui qu’on construit de ses mains, à quoi sert-il de vivre ?
Alors, après avoir été réchauffement, c’est une aubaine que le changement devienne climatique, justement quand le climat dans les banlieues se réchauffe au point de bientôt bannir les lieux. Face à leur incapacité au changement annoncé qui pourtant fait leur fonds de commerce, il n’est pas surprenant que les politiciens de tous poils s’emparent des nouvelles chimères qui ne changeront rien mais qui leur permettent de repousser encore un peu l’échéance de leur déchéance annoncée.
Mais ne nous y trompons pas. Le dossier climatique ne sera rien d’autre qu’un autre fiasco socialiste, et pour les mêmes raisons : à vouloir contraindre l’homme à défaut ou au prétexte de le changer, au lieu de changer de dogme et libérer les structures sociales, le socialiste ne change que pour le pire.
Il n'y a pas de "cyberwar"
(Publié sur Le Cercle en 2015).
On parle de plus en plus de cyberwar, ou guerre numérique. Mais en fait, la cybersécurité est un danger tout relatif. C’est une guerre qui ne fait aucune victime. Certes, on commence à voir la menace s’étendre lentement vers la prise de contrôle de plateformes industrielles, ce qui pourrait alors causer de réels dangers. Mais cela ne correspond pas à ce jour à la réalité ni surtout à tous ces incidents qui font les gros titres. Et puis, si la menace est telle, pourquoi ne changer les systèmes ?
La cybersécurité n’est pas plus un champ de bataille, pour la simple raison que la mort n’est pas – heureusement – au rendez-vous. Mais elle n’est même pas la tourmente qu’on entend dire. Elle n’est juste qu’une nuisance. Une nuisance fort gênante, certes, mais une simple nuisance quand même. Mes collègues responsables sécurité ou consultants détesteront lire ceci, mais la réalité demeure.
Pour s’en convaincre, considérons les dégâts causés par les pirates informatiques. Que peut-il arriver ? Pour TV5, c’est l’image de marque qui a été touchée – la perte de revenus de publicité pendant le noir est négligeable à côté. Pour un industriel qui se fait copier ses plans, c’est son avance technologique qui fond – mais il s’agit d’un risque de relatif long terme, rien d’immédiat. Certes il y a de rares systèmes mis à sac qui nécessitent un arrêt souvent mineur de production.
On mettra de côté tout ce qui est d’origine juridique ou réglementaire, il s’agit d’amendes totalement arbitraires et sans fondement. Ainsi, Orange qui s’est fait pincer par la CNIL n’a causé aucun dommage à ses clients – aucune entreprise ne prendrait ce risque. On oublie trop souvent que la question dite de la privacy, celle de la protection des données personnelles, ne se pose pas dans les termes que la CNIL nous impose : la menace ne vient pas des entreprises, elle vient de l’état.
Notez que je ne parle nulle part de vol. Tout d’abord, le vol en informatique est rare, la copie est la règle. Mais surtout, le vol en matière de données n’a guère de sens (*). Une fois dans ma tête, aucune information ne peut m’être volée. Un industriel ne se fait pas voler ses plans – pour rester discrets, les pirates évitent de les détruire. Les pirates mettent donc la main sur des copies, ce qui signifie que les industriels ne perdent rien, sauf un avantage temporel sur un concurrent éventuel.
Même croissante, la cybersécurité n’est pas absolument gravissime en soi. Du moins pas au point de justifier les gesticulations étatistes qu’on constate…
(*) Depuis que ce texte fut publié, la menace des ransomwares a vu le jour, qui vient sinon dérober du moins bloquer l’accès à certaines données, ce qui se rapproche du vol dans l’effet. Probablement que les malveillants vont trouver d’autres types de nuisances encore. Il demeure, il faut garder raison et lucidité, on ne peut parler de guerre et rien dans ces nuisances ne justifie l’interventionnisme. Au contraire, croire que la cybersécurité peut résulter de textes ou lois, c’est ne pas en avoir compris la nature « piratesque », qui fait que les failles exploitées auront – comme en finances – leur origine de failles conceptuelles se trouvant en marge des textes.
On parle de plus en plus de cyberwar, ou guerre numérique. Mais en fait, la cybersécurité est un danger tout relatif. C’est une guerre qui ne fait aucune victime. Certes, on commence à voir la menace s’étendre lentement vers la prise de contrôle de plateformes industrielles, ce qui pourrait alors causer de réels dangers. Mais cela ne correspond pas à ce jour à la réalité ni surtout à tous ces incidents qui font les gros titres. Et puis, si la menace est telle, pourquoi ne changer les systèmes ?
La cybersécurité n’est pas plus un champ de bataille, pour la simple raison que la mort n’est pas – heureusement – au rendez-vous. Mais elle n’est même pas la tourmente qu’on entend dire. Elle n’est juste qu’une nuisance. Une nuisance fort gênante, certes, mais une simple nuisance quand même. Mes collègues responsables sécurité ou consultants détesteront lire ceci, mais la réalité demeure.
Pour s’en convaincre, considérons les dégâts causés par les pirates informatiques. Que peut-il arriver ? Pour TV5, c’est l’image de marque qui a été touchée – la perte de revenus de publicité pendant le noir est négligeable à côté. Pour un industriel qui se fait copier ses plans, c’est son avance technologique qui fond – mais il s’agit d’un risque de relatif long terme, rien d’immédiat. Certes il y a de rares systèmes mis à sac qui nécessitent un arrêt souvent mineur de production.
On mettra de côté tout ce qui est d’origine juridique ou réglementaire, il s’agit d’amendes totalement arbitraires et sans fondement. Ainsi, Orange qui s’est fait pincer par la CNIL n’a causé aucun dommage à ses clients – aucune entreprise ne prendrait ce risque. On oublie trop souvent que la question dite de la privacy, celle de la protection des données personnelles, ne se pose pas dans les termes que la CNIL nous impose : la menace ne vient pas des entreprises, elle vient de l’état.
Notez que je ne parle nulle part de vol. Tout d’abord, le vol en informatique est rare, la copie est la règle. Mais surtout, le vol en matière de données n’a guère de sens (*). Une fois dans ma tête, aucune information ne peut m’être volée. Un industriel ne se fait pas voler ses plans – pour rester discrets, les pirates évitent de les détruire. Les pirates mettent donc la main sur des copies, ce qui signifie que les industriels ne perdent rien, sauf un avantage temporel sur un concurrent éventuel.
Même croissante, la cybersécurité n’est pas absolument gravissime en soi. Du moins pas au point de justifier les gesticulations étatistes qu’on constate…
(*) Depuis que ce texte fut publié, la menace des ransomwares a vu le jour, qui vient sinon dérober du moins bloquer l’accès à certaines données, ce qui se rapproche du vol dans l’effet. Probablement que les malveillants vont trouver d’autres types de nuisances encore. Il demeure, il faut garder raison et lucidité, on ne peut parler de guerre et rien dans ces nuisances ne justifie l’interventionnisme. Au contraire, croire que la cybersécurité peut résulter de textes ou lois, c’est ne pas en avoir compris la nature « piratesque », qui fait que les failles exploitées auront – comme en finances – leur origine de failles conceptuelles se trouvant en marge des textes.
Pape : Sauver la Planète de ses "sauveurs"
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
En ce 18 juin, le Pape lance son appel (AFP : « Le pape François devait appeler jeudi les acteurs mondiaux à s’entendre pour sauver la planète du réchauffement ») comme qui surfe sur le Waterloo.
Sauver la planète ? Mais de qui s’il vous plaît, François ? N’est-il pas étonnant que Dieu n’ait semble-t-il pas prévu, en ses voix impénétrables, que la Planète pusse être mise en danger par sa Créature… Comme le disait le comique George Carlin, la planète ne nous a pas attendus et qui sait, c’était peut-être notre destin que de lui apporter des déchets nucléaires dont Elle a besoin pour son Plan à Elle…
Soyons sérieux. S’il est sain, voire saint, de se soucier de notre avenir sur Terre, encore faut-il le faire en gardant les pieds dessus. Or avant de se demander si la planète est en danger, il convient de se demander si l’humanité l’est. L’inverse revient à demander de sacrifier des humains à la protection incertaine d’un astre qui jusqu’à nouvel ordre n’a rien demandé. Autrement dit, la question écologique et plus largement la question de la décroissance n’est rien d’autre qu’un arbitrage à faire entre bien être et croissance de l’humanité face à conservation immuable de notre environnement.
On comprend déjà le paradoxe d’un Pape qui envisage l’Humanité comme un danger. Mais c’est parce que notre Pape est finalement comme – hélas – une immense majorité d’entre nous : il n’a pas appris ou pas compris les mécanismes économiques fondamentaux qui fondent tout tissu social. Plus exactement, il ne sait pas voir que la meilleure réponse à cette question majeure est celle du marché.
Du marché libre, s’entend. Car notre question étant une question d’arbitrage entre diverses options d’usage des ressources, il y a autant de réponses possibles et valables qu’il y a de gens concernés. En l’espèce, on peut la formuler ainsi : qui donc sur cette Terre est in fine le mieux placé pour décider entre sauver la Planète et sauver l’Homme ? La réponse est fort simple : personne et tout le monde.
Et si ce cher Pape, n’est pas n’importe qui ni monsieur Toutlemonde, il n’est manifestement ni apte ni en position de porter la voix de tout le monde.
Car personne et tout le monde, c’est le marché, celui constitué par chacun de nous dans le quotidien de nos actions et de nos choix. Ce n’est surtout pas aux politiciens de choisir, ils sont bien trop corruptibles et surtout bien trop loin de la réalité quotidienne de notre combat continu pour vivre et survivre. Par exemple, ils raisonnent en termes de ressources naturelles comme si celles-ci étaient fixes à jamais et pouvaient être produites et gérées mieux que nous le faisons nous-mêmes.
Pascal Salin nous rappelle ainsi que « les ressources naturelles n’existent pas. En effet, elles ne jouent aucun rôle économique, c’est-à-dire qu’elles ne répondent à aucun besoin humain, aussi longtemps que quelqu’un n’a pas inventé une utilisation de ces ressources. Les vraies richesses ne sont pas matérielles et physiques, elles sont subjectives et les objets matériels ne sont qu’un support éventuel de l’activité intellectuelle et de l’action humaine ». Étonnant qu’un Pape ne s’en rende pas compte.
PS : J’ai eu l’occasion de développer ces idées dans une vidéo critiquant le concept de décroissance, ici.
En ce 18 juin, le Pape lance son appel (AFP : « Le pape François devait appeler jeudi les acteurs mondiaux à s’entendre pour sauver la planète du réchauffement ») comme qui surfe sur le Waterloo.
Sauver la planète ? Mais de qui s’il vous plaît, François ? N’est-il pas étonnant que Dieu n’ait semble-t-il pas prévu, en ses voix impénétrables, que la Planète pusse être mise en danger par sa Créature… Comme le disait le comique George Carlin, la planète ne nous a pas attendus et qui sait, c’était peut-être notre destin que de lui apporter des déchets nucléaires dont Elle a besoin pour son Plan à Elle…
Soyons sérieux. S’il est sain, voire saint, de se soucier de notre avenir sur Terre, encore faut-il le faire en gardant les pieds dessus. Or avant de se demander si la planète est en danger, il convient de se demander si l’humanité l’est. L’inverse revient à demander de sacrifier des humains à la protection incertaine d’un astre qui jusqu’à nouvel ordre n’a rien demandé. Autrement dit, la question écologique et plus largement la question de la décroissance n’est rien d’autre qu’un arbitrage à faire entre bien être et croissance de l’humanité face à conservation immuable de notre environnement.
On comprend déjà le paradoxe d’un Pape qui envisage l’Humanité comme un danger. Mais c’est parce que notre Pape est finalement comme – hélas – une immense majorité d’entre nous : il n’a pas appris ou pas compris les mécanismes économiques fondamentaux qui fondent tout tissu social. Plus exactement, il ne sait pas voir que la meilleure réponse à cette question majeure est celle du marché.
Du marché libre, s’entend. Car notre question étant une question d’arbitrage entre diverses options d’usage des ressources, il y a autant de réponses possibles et valables qu’il y a de gens concernés. En l’espèce, on peut la formuler ainsi : qui donc sur cette Terre est in fine le mieux placé pour décider entre sauver la Planète et sauver l’Homme ? La réponse est fort simple : personne et tout le monde.
Et si ce cher Pape, n’est pas n’importe qui ni monsieur Toutlemonde, il n’est manifestement ni apte ni en position de porter la voix de tout le monde.
Car personne et tout le monde, c’est le marché, celui constitué par chacun de nous dans le quotidien de nos actions et de nos choix. Ce n’est surtout pas aux politiciens de choisir, ils sont bien trop corruptibles et surtout bien trop loin de la réalité quotidienne de notre combat continu pour vivre et survivre. Par exemple, ils raisonnent en termes de ressources naturelles comme si celles-ci étaient fixes à jamais et pouvaient être produites et gérées mieux que nous le faisons nous-mêmes.
Pascal Salin nous rappelle ainsi que « les ressources naturelles n’existent pas. En effet, elles ne jouent aucun rôle économique, c’est-à-dire qu’elles ne répondent à aucun besoin humain, aussi longtemps que quelqu’un n’a pas inventé une utilisation de ces ressources. Les vraies richesses ne sont pas matérielles et physiques, elles sont subjectives et les objets matériels ne sont qu’un support éventuel de l’activité intellectuelle et de l’action humaine ». Étonnant qu’un Pape ne s’en rende pas compte.
PS : J’ai eu l’occasion de développer ces idées dans une vidéo critiquant le concept de décroissance, ici.
Saturday, January 20, 2018
FIFA: La corruption déblatère
(Publié sur Le Cercle en 2015)
Les gros titres sont faits sur le soupçon de corruption accompagnant la réélection de Sepp Blatter à la présidence de la FIFA. Corruption ? Voilà bien l’inversion d’analyse classique de notre temps.
Je ne m’intéresse pas au football, ni d’ailleurs au sport en général. Il y a dans le sport il me semble cet opium du peuple bien connu et ces jeux du cirque dont le seul objet est de nous maintenir dans la béatitude des citoyens-esclaves que la démocratie moderne a fait de nous.
Mais le spectacle que nous offre la FIFA relève de la politique, et pour le coup, la corruption en est au cœur. Mais quelle corruption ? Pour clarifier mon propos, je voudrais reprendre un extrait de l’excellent texte d’Olivier Devoet dans Libres !! :
« Dans un domaine où la dissimulation est la règle et où la manœuvre souterraine est de mise, il me semble utile de poser ce concept même de corruption : la corruption est un agissement illicite consistant à accorder des avantages, dans le cadre de fonctions officielles (et d’un pouvoir effectif) en échange de contreparties matérielles et/ou financières.
En effet, sans ce pouvoir, la corruption peut se résumer à un simple échange volontaire, à une simple négociation (commerciale). Finalement, la corruption c’est l’usage du pouvoir qu’on détient pour distribuer des privilèges, des avantages, des passe-droits en échange d’une rétribution et/ou de bienveillance. Là où il y a pouvoir, il peut y avoir corruption, c’est simple. »
Si la FIFA semble une organisation planétaire, plus tentaculaire encore que l’ONU, si elle semble attirer tous les grands de ce monde, si elle inquiète, est-elle pour autant corrompue ? Non pas, seuls les politiques qui la courtisent le sont.
Les laisser retourner le sens des mots, voilà notre mal profond. Or pour être corrompu, il faut détenir un pouvoir. Quel est le pouvoir de la FIFA ? Décider du prochain pays accueillant la coupe du monde ? Est-ce là un pouvoir, vraiment ? Pouvoir suppose coercition, force, contrainte. Où sont-elles ici ?
Regardez le nouveau stade à Bordeaux. Qui a été forcé de le financer ? La FIFA ? Ses membres ? Non bien sûr, ce sont les contribuables girondins, même ceux qui ne touchent jamais un ballon.
Non, la chose est claire, ce sont les politicards minables des différents pays, œuvrant pour obtenir leur part de l’opium sur gazon, qui pourrissent le jeu. Car Lord Acton nous l’avait déjà expliqué il y a 200 ans : « Tout pouvoir amène la corruption, le pouvoir absolu amène une corruption absolue. »
Les gros titres sont faits sur le soupçon de corruption accompagnant la réélection de Sepp Blatter à la présidence de la FIFA. Corruption ? Voilà bien l’inversion d’analyse classique de notre temps.
Je ne m’intéresse pas au football, ni d’ailleurs au sport en général. Il y a dans le sport il me semble cet opium du peuple bien connu et ces jeux du cirque dont le seul objet est de nous maintenir dans la béatitude des citoyens-esclaves que la démocratie moderne a fait de nous.
Mais le spectacle que nous offre la FIFA relève de la politique, et pour le coup, la corruption en est au cœur. Mais quelle corruption ? Pour clarifier mon propos, je voudrais reprendre un extrait de l’excellent texte d’Olivier Devoet dans Libres !! :
« Dans un domaine où la dissimulation est la règle et où la manœuvre souterraine est de mise, il me semble utile de poser ce concept même de corruption : la corruption est un agissement illicite consistant à accorder des avantages, dans le cadre de fonctions officielles (et d’un pouvoir effectif) en échange de contreparties matérielles et/ou financières.
En effet, sans ce pouvoir, la corruption peut se résumer à un simple échange volontaire, à une simple négociation (commerciale). Finalement, la corruption c’est l’usage du pouvoir qu’on détient pour distribuer des privilèges, des avantages, des passe-droits en échange d’une rétribution et/ou de bienveillance. Là où il y a pouvoir, il peut y avoir corruption, c’est simple. »
Si la FIFA semble une organisation planétaire, plus tentaculaire encore que l’ONU, si elle semble attirer tous les grands de ce monde, si elle inquiète, est-elle pour autant corrompue ? Non pas, seuls les politiques qui la courtisent le sont.
Les laisser retourner le sens des mots, voilà notre mal profond. Or pour être corrompu, il faut détenir un pouvoir. Quel est le pouvoir de la FIFA ? Décider du prochain pays accueillant la coupe du monde ? Est-ce là un pouvoir, vraiment ? Pouvoir suppose coercition, force, contrainte. Où sont-elles ici ?
Regardez le nouveau stade à Bordeaux. Qui a été forcé de le financer ? La FIFA ? Ses membres ? Non bien sûr, ce sont les contribuables girondins, même ceux qui ne touchent jamais un ballon.
Non, la chose est claire, ce sont les politicards minables des différents pays, œuvrant pour obtenir leur part de l’opium sur gazon, qui pourrissent le jeu. Car Lord Acton nous l’avait déjà expliqué il y a 200 ans : « Tout pouvoir amène la corruption, le pouvoir absolu amène une corruption absolue. »
On a tout essuyé
(Paru sur Le Cercle des Libéraux en 2015)
Il y a quelques jours, lors de l’annonce des mauvais chiffres du chômage, une fois encore et ce alors que François passait l’An III de son règne, j’assistais à un débat sur le sujet où tous les intervenants larmoyaient en chœur, car voyez-vous, en matière de chômage, « on a pourtant tout essayé ».
Vraiment ? Je dirais plutôt qu’en tant que peuple, on a tout essuyé, c’est-à-dire que voilà bien une quarantaine d’années que nous subissons en effet une multitudes d’expériences d’économie politique en la matière, toute aggravant invariablement ou presque notre situation.
Mais dire qu’on a tout essayé, cela relève du mensonge éhonté, rien à moins. Car le mécanisme du chômage, donc ses causes et ses remèdes, sont en réalité connus depuis le XIXe siècle, pas moins.
La France a ainsi eu le privilège de compter parmi ses députés le grand Frédéric Bastiat qui déjà avant 1850, dans ses Harmonies Economiques, elles-mêmes inspirées de Jean-Baptiste Say, décrivait le lien entre chômage et politique économique. Voici donc plus de 165 ans que la solution est connue.
Mais elle n’est pas de nature à plaire à tout le monde, du moins pas à ceux qui ne connaissent pas le chômage et qui n’ont aucun intérêt à changer la donne. Ainsi le chômage n’est qu’un mécanisme économique des plus simples, il relève de la loi de l’offre et de la demande. Pour qu’un employeur embauche, il faut – mais il ne suffit pas – qu’il considère que le candidat salarié présente le potentiel de lui faire gagner marginalement plus que ce qu’il lui coûtera. Voilà tout.
Bien des politiques tentent d’agir sur la demande, mais la plupart oublient les coûts, voire les alourdissent. Or la demande, sur un marché désormais mondial, est essentiellement hors du contrôle d’un gouvernement, quel qu’il soit. On peut certes créer un marché artificiel, tel celui des détecteurs de fumée inutiles, mais ce n’est pas cela qui résorbera le chômage de masse.
La clé est donc dans les coûts du travail, au sens large. Or ces coûts ne sont pas que du salaire, il y a bien d’autres sources au monstrueux coût du travail en France. Au point même où dans bien des domaines, nous arrivons à être trop chers sans pour autant que nos salariés soient les mieux payés.
Il faut ainsi refondre toutes les farces du droit du travail. Rigidité, CE, syndicats, inspection du travail, 35 heures, CDI et CDD, comme charges sociales en tous genres, voilà ce qu’il faut essayer de poser sur la table, et les essuyer d’un geste large ! Mais qui en aura le courage ?
Il y a quelques jours, lors de l’annonce des mauvais chiffres du chômage, une fois encore et ce alors que François passait l’An III de son règne, j’assistais à un débat sur le sujet où tous les intervenants larmoyaient en chœur, car voyez-vous, en matière de chômage, « on a pourtant tout essayé ».
Vraiment ? Je dirais plutôt qu’en tant que peuple, on a tout essuyé, c’est-à-dire que voilà bien une quarantaine d’années que nous subissons en effet une multitudes d’expériences d’économie politique en la matière, toute aggravant invariablement ou presque notre situation.
Mais dire qu’on a tout essayé, cela relève du mensonge éhonté, rien à moins. Car le mécanisme du chômage, donc ses causes et ses remèdes, sont en réalité connus depuis le XIXe siècle, pas moins.
La France a ainsi eu le privilège de compter parmi ses députés le grand Frédéric Bastiat qui déjà avant 1850, dans ses Harmonies Economiques, elles-mêmes inspirées de Jean-Baptiste Say, décrivait le lien entre chômage et politique économique. Voici donc plus de 165 ans que la solution est connue.
Mais elle n’est pas de nature à plaire à tout le monde, du moins pas à ceux qui ne connaissent pas le chômage et qui n’ont aucun intérêt à changer la donne. Ainsi le chômage n’est qu’un mécanisme économique des plus simples, il relève de la loi de l’offre et de la demande. Pour qu’un employeur embauche, il faut – mais il ne suffit pas – qu’il considère que le candidat salarié présente le potentiel de lui faire gagner marginalement plus que ce qu’il lui coûtera. Voilà tout.
Bien des politiques tentent d’agir sur la demande, mais la plupart oublient les coûts, voire les alourdissent. Or la demande, sur un marché désormais mondial, est essentiellement hors du contrôle d’un gouvernement, quel qu’il soit. On peut certes créer un marché artificiel, tel celui des détecteurs de fumée inutiles, mais ce n’est pas cela qui résorbera le chômage de masse.
La clé est donc dans les coûts du travail, au sens large. Or ces coûts ne sont pas que du salaire, il y a bien d’autres sources au monstrueux coût du travail en France. Au point même où dans bien des domaines, nous arrivons à être trop chers sans pour autant que nos salariés soient les mieux payés.
Il faut ainsi refondre toutes les farces du droit du travail. Rigidité, CE, syndicats, inspection du travail, 35 heures, CDI et CDD, comme charges sociales en tous genres, voilà ce qu’il faut essayer de poser sur la table, et les essuyer d’un geste large ! Mais qui en aura le courage ?
Qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ?
(Publié en mai 2015)
« Le Cercle des Libéraux » publiait il y a quelque temps une invitation au débat par un militant local sur le thème suivant : « Parti socialiste: Qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ? »
Pour un libéral authentique, un tel concentré de sottise ne peut que pousser à réagir, ce que je fais ici. Pourquoi sottise ? Parce qu’au moins cinq anti-concepts en dix mots, je vois en cela un record.
Passons-les en revue pour mieux s’en convaincre : parti, socialiste, gauche, être et aujourd’hui.
Aujourd’hui : Il est de bon ton de croire que notre époque aurait des particularités qui feraient que certaines idées seraient plus spécialement pertinentes qu’il y a un siècle ou même vingt ans. Mais la chose politique n’est-elle pas de savoir comment organiser la société ? Cela dépend de ce qu’est l’homme, mais de quoi d’autre ? La technologie ? La crise ? Elles sont le produit de nos actions, donc des conséquences de notre organisation. Non, les idées sont bonnes ou fausses, hier comme demain.
Etre : Que veut dire être de gauche ou de droite ? On serait marqué par le destin, comme on peut être noir, blanc ou jaune ? Et incapable de changer d’idée ? Non, on n’est ni de gauche ni de droite, on croit à un instant que telle idée est la meilleure. Mais cela suppose de bonnes ou mauvaises idées. Or il n’y a que des idées fausses ou des idées justes, correctes, en phase avec l’homme. Il y a ce qui est cohérent avec le fonctionnement humain et donc social, et ce qui ne l’est pas.
Parti : Non seulement on pourrait donc se tromper d’idées, mais en plus il serait légitime de s’organiser pour imposer ses / ces idées à autrui ? N’est-ce pas là le rôle des parents et surtout de toute société que de transmettre idées et réflexions par l’explication, sans chercher à les imposer ?
Gauche : Bien malin qui pourra m’expliquer la gauche : un coup communiste, socialiste, nazie, social-démocrate, puis bobo et « social-libérale ». Mais qu’on m’explique aussi la droite, pétainiste, nazie aussi, lepeniste comme gaulliste, bonarpartiste et de nos jours franchement démocrate et socialisante. Pour moi, d’expérience, la gauche est le plus souvent peu recommandable.
Socialiste : On ne sait plus trop ce que cela veut dire, en fait il n’y a plus guère que deux camps, les étatistes de tous poils et les libéraux, ceux qui veulent imposer leurs vues et ceux qui fichent la paix.
Ainsi pour conclure, la seule question qui mérite débat, cher monsieur, c’est de savoir comment on peut être encore assez ignorant, stupide ou malhonnête pour affirmer à tous qu’il existerait d’autres idées valables que celles de la liberté. Alors le parti socialiste...
« Le Cercle des Libéraux » publiait il y a quelque temps une invitation au débat par un militant local sur le thème suivant : « Parti socialiste: Qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ? »
Pour un libéral authentique, un tel concentré de sottise ne peut que pousser à réagir, ce que je fais ici. Pourquoi sottise ? Parce qu’au moins cinq anti-concepts en dix mots, je vois en cela un record.
Passons-les en revue pour mieux s’en convaincre : parti, socialiste, gauche, être et aujourd’hui.
Aujourd’hui : Il est de bon ton de croire que notre époque aurait des particularités qui feraient que certaines idées seraient plus spécialement pertinentes qu’il y a un siècle ou même vingt ans. Mais la chose politique n’est-elle pas de savoir comment organiser la société ? Cela dépend de ce qu’est l’homme, mais de quoi d’autre ? La technologie ? La crise ? Elles sont le produit de nos actions, donc des conséquences de notre organisation. Non, les idées sont bonnes ou fausses, hier comme demain.
Etre : Que veut dire être de gauche ou de droite ? On serait marqué par le destin, comme on peut être noir, blanc ou jaune ? Et incapable de changer d’idée ? Non, on n’est ni de gauche ni de droite, on croit à un instant que telle idée est la meilleure. Mais cela suppose de bonnes ou mauvaises idées. Or il n’y a que des idées fausses ou des idées justes, correctes, en phase avec l’homme. Il y a ce qui est cohérent avec le fonctionnement humain et donc social, et ce qui ne l’est pas.
Parti : Non seulement on pourrait donc se tromper d’idées, mais en plus il serait légitime de s’organiser pour imposer ses / ces idées à autrui ? N’est-ce pas là le rôle des parents et surtout de toute société que de transmettre idées et réflexions par l’explication, sans chercher à les imposer ?
Gauche : Bien malin qui pourra m’expliquer la gauche : un coup communiste, socialiste, nazie, social-démocrate, puis bobo et « social-libérale ». Mais qu’on m’explique aussi la droite, pétainiste, nazie aussi, lepeniste comme gaulliste, bonarpartiste et de nos jours franchement démocrate et socialisante. Pour moi, d’expérience, la gauche est le plus souvent peu recommandable.
Socialiste : On ne sait plus trop ce que cela veut dire, en fait il n’y a plus guère que deux camps, les étatistes de tous poils et les libéraux, ceux qui veulent imposer leurs vues et ceux qui fichent la paix.
Ainsi pour conclure, la seule question qui mérite débat, cher monsieur, c’est de savoir comment on peut être encore assez ignorant, stupide ou malhonnête pour affirmer à tous qu’il existerait d’autres idées valables que celles de la liberté. Alors le parti socialiste...
Sunday, November 19, 2017
Utilitarisme et Liberté
Il y a encore dans notre pays une forte empreinte de cette histoire, cette tradition de la pensée héritée du matérialisme marxiste associant le libéralisme à l’analyse économique – et encore, à une forme d’analyse économique très réductrice et très éloignée de la pleine liberté, en réalité.
Selon cette vision « économique » du libéralisme, il serait possible de faire avancer la liberté, ou même de la jauger, de la mesurer, en analysant le fonctionnement social comme un marché où chacun de nous cherche à optimiser ou à maximiser son intérêt personnel. On parle d’utilitarisme parce que cet intérêt personnel est assimilé à une « utilité » sociale que chacun de nous aurait en société et que la société aurait pour chacun. Cette vision est très en vogue chez les « économistes ».
Tout n’est pas faux dans une telle vision des choses. Il est bien évident qu’à tout moment, chacun de nous évalue les choix d’action qui sont les siens pour prendre l’option qui présente le meilleur futur, le meilleur potentiel, qui maximise ses « intérêts ». Mais tout dans cette vision utilitariste n’est pas vrai ni conforme à notre réalité non plus. C’est ainsi que des choses comme le PIB (Produit Intérieur Brut) ont vu le jour, par exemple. Un nombre, une « mesure » qui prétend quantifier la « richesse » produite par tout un pays, alors que personne n’est capable individuellement d’exprimer de façon précise et universelle ce qui fait sa richesse justement – à part bien sûr la part monétaire de celle-ci.
L’utilitarisme est multiforme, et c’est d’ailleurs un indice de son incohérente et erreur profondes. Il est un des jouets préférés de la foule des économistes qui chacun joue à qui trouvera « l’utilité » ou la formule – pardon, l’équation – la plus sophistiquée, la plus originale ou la plus « efficace ». Le grand « travail » de l’économiste consisterait ainsi à trouver cette équation, ou système d’équations, qui par magie arriverait à modéliser toute une économie – c’est par exemple le grand jeu auquel se livre l’INSEE depuis des années, sans jamais y arriver bien sûr, ce qui leur laisse un job à temps plein.
Ils n’y arrivent pas parce que c’est tout simplement impossible et que personne n’y arrivera jamais, et d’ailleurs fort heureusement. Ils commettent en effet deux erreurs conceptuelles qui leur refusent tout espoir. La première vient du caractère foncièrement individuel de ce qu’on nomme « préférence temporelle », c’est-à-dire la manière dont chacun fait ses choix d’action, y compris par arbitrage de son long terme contre son court terme. Ce caractère personnel et très intime varie à l’infini avec chacun et même pour chacun avec le temps, ce qui rend la modélisation sous forme « d’utilité » tout ce qu’il y a d’illusoire. De plus, espérer modéliser ce choix personnel serait nier notre libre-arbitre.
Seconde erreur, et à mon sens la plus importante, cette approche par équation, souvent faussement « mathématique » suppose un juge externe arbitraire qui serait capable de connaître, comprendre et mesurer cette fameuse « utilité » pour nous tous, alors même que nous ne fonctionnons pas ainsi. L’économiste, ou le politicien, pourtant lui-même un humain qui devrait se rendre compte comment il raisonne lui-même, prétend se mettre au-dessus de tous les autres hommes et proposer quelque « formule » qui permettrait d’extraire l’utilité de chacun de la foule des esprits, et sortir un nombre.
C’est bien évidemment ridicule, car personne ne peut légitimement se positionner en juge ou en expert de ce qui est bien pour nous individuellement. Personne à part moi ne sait ce que je désire.
On me dira que pourtant, c’est un raisonnement de ce genre que fait l’entrepreneur quand il calcule la probabilité de ses gains ou de ses risques. Cela est très vrai cette fois, même si beaucoup optent pour des approches plus intuitives. Mais la grande différence entre l’entrepreneur et l’économiste tient au rôle, à cette seconde erreur vue juste au-dessus. L’entrepreneur prend des risques pour lui seul et sera en situation de les assumer seul. L’économiste agissant pour quelque politicien ou gouvernement prétend par contre tirer des conclusions et proposer des mesures qui toucheront toute la population sans jamais en subir les conséquences lui-même ni jamais savoir leur besoin réel.
En fait, outre cette impossibilité à représenter la réalité, l’utilitarisme, quelle qu’en soit la forme, n’est tout simplement pas libéral parce qu’il ne repose pas sur les principes libéraux du droit. Imaginer une utilité qui suffirait à la décision pour autrui, c’est nier le droit individuel de tous et chacun à l’action selon ses propres critères, sa préférence temporelle. L’utilité vole le libre arbitre. Se réclamer d’un utilitarisme, c’est prétendre qu’on sait mieux qu’autrui ce qui est bon pour lui. C’est la négation même du droit dont nous disposons tous de faire des erreurs ou des mauvais choix, libres.
Selon cette vision « économique » du libéralisme, il serait possible de faire avancer la liberté, ou même de la jauger, de la mesurer, en analysant le fonctionnement social comme un marché où chacun de nous cherche à optimiser ou à maximiser son intérêt personnel. On parle d’utilitarisme parce que cet intérêt personnel est assimilé à une « utilité » sociale que chacun de nous aurait en société et que la société aurait pour chacun. Cette vision est très en vogue chez les « économistes ».
Tout n’est pas faux dans une telle vision des choses. Il est bien évident qu’à tout moment, chacun de nous évalue les choix d’action qui sont les siens pour prendre l’option qui présente le meilleur futur, le meilleur potentiel, qui maximise ses « intérêts ». Mais tout dans cette vision utilitariste n’est pas vrai ni conforme à notre réalité non plus. C’est ainsi que des choses comme le PIB (Produit Intérieur Brut) ont vu le jour, par exemple. Un nombre, une « mesure » qui prétend quantifier la « richesse » produite par tout un pays, alors que personne n’est capable individuellement d’exprimer de façon précise et universelle ce qui fait sa richesse justement – à part bien sûr la part monétaire de celle-ci.
L’utilitarisme est multiforme, et c’est d’ailleurs un indice de son incohérente et erreur profondes. Il est un des jouets préférés de la foule des économistes qui chacun joue à qui trouvera « l’utilité » ou la formule – pardon, l’équation – la plus sophistiquée, la plus originale ou la plus « efficace ». Le grand « travail » de l’économiste consisterait ainsi à trouver cette équation, ou système d’équations, qui par magie arriverait à modéliser toute une économie – c’est par exemple le grand jeu auquel se livre l’INSEE depuis des années, sans jamais y arriver bien sûr, ce qui leur laisse un job à temps plein.
Ils n’y arrivent pas parce que c’est tout simplement impossible et que personne n’y arrivera jamais, et d’ailleurs fort heureusement. Ils commettent en effet deux erreurs conceptuelles qui leur refusent tout espoir. La première vient du caractère foncièrement individuel de ce qu’on nomme « préférence temporelle », c’est-à-dire la manière dont chacun fait ses choix d’action, y compris par arbitrage de son long terme contre son court terme. Ce caractère personnel et très intime varie à l’infini avec chacun et même pour chacun avec le temps, ce qui rend la modélisation sous forme « d’utilité » tout ce qu’il y a d’illusoire. De plus, espérer modéliser ce choix personnel serait nier notre libre-arbitre.
Seconde erreur, et à mon sens la plus importante, cette approche par équation, souvent faussement « mathématique » suppose un juge externe arbitraire qui serait capable de connaître, comprendre et mesurer cette fameuse « utilité » pour nous tous, alors même que nous ne fonctionnons pas ainsi. L’économiste, ou le politicien, pourtant lui-même un humain qui devrait se rendre compte comment il raisonne lui-même, prétend se mettre au-dessus de tous les autres hommes et proposer quelque « formule » qui permettrait d’extraire l’utilité de chacun de la foule des esprits, et sortir un nombre.
C’est bien évidemment ridicule, car personne ne peut légitimement se positionner en juge ou en expert de ce qui est bien pour nous individuellement. Personne à part moi ne sait ce que je désire.
On me dira que pourtant, c’est un raisonnement de ce genre que fait l’entrepreneur quand il calcule la probabilité de ses gains ou de ses risques. Cela est très vrai cette fois, même si beaucoup optent pour des approches plus intuitives. Mais la grande différence entre l’entrepreneur et l’économiste tient au rôle, à cette seconde erreur vue juste au-dessus. L’entrepreneur prend des risques pour lui seul et sera en situation de les assumer seul. L’économiste agissant pour quelque politicien ou gouvernement prétend par contre tirer des conclusions et proposer des mesures qui toucheront toute la population sans jamais en subir les conséquences lui-même ni jamais savoir leur besoin réel.
En fait, outre cette impossibilité à représenter la réalité, l’utilitarisme, quelle qu’en soit la forme, n’est tout simplement pas libéral parce qu’il ne repose pas sur les principes libéraux du droit. Imaginer une utilité qui suffirait à la décision pour autrui, c’est nier le droit individuel de tous et chacun à l’action selon ses propres critères, sa préférence temporelle. L’utilité vole le libre arbitre. Se réclamer d’un utilitarisme, c’est prétendre qu’on sait mieux qu’autrui ce qui est bon pour lui. C’est la négation même du droit dont nous disposons tous de faire des erreurs ou des mauvais choix, libres.
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