(Publié en mai 2015)
« Le Cercle des Libéraux » publiait il y a quelque temps une invitation au débat par un militant local sur le thème suivant : « Parti socialiste: Qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ? »
Pour un libéral authentique, un tel concentré de sottise ne peut que pousser à réagir, ce que je fais ici. Pourquoi sottise ? Parce qu’au moins cinq anti-concepts en dix mots, je vois en cela un record.
Passons-les en revue pour mieux s’en convaincre : parti, socialiste, gauche, être et aujourd’hui.
Aujourd’hui : Il est de bon ton de croire que notre époque aurait des particularités qui feraient que certaines idées seraient plus spécialement pertinentes qu’il y a un siècle ou même vingt ans. Mais la chose politique n’est-elle pas de savoir comment organiser la société ? Cela dépend de ce qu’est l’homme, mais de quoi d’autre ? La technologie ? La crise ? Elles sont le produit de nos actions, donc des conséquences de notre organisation. Non, les idées sont bonnes ou fausses, hier comme demain.
Etre : Que veut dire être de gauche ou de droite ? On serait marqué par le destin, comme on peut être noir, blanc ou jaune ? Et incapable de changer d’idée ? Non, on n’est ni de gauche ni de droite, on croit à un instant que telle idée est la meilleure. Mais cela suppose de bonnes ou mauvaises idées. Or il n’y a que des idées fausses ou des idées justes, correctes, en phase avec l’homme. Il y a ce qui est cohérent avec le fonctionnement humain et donc social, et ce qui ne l’est pas.
Parti : Non seulement on pourrait donc se tromper d’idées, mais en plus il serait légitime de s’organiser pour imposer ses / ces idées à autrui ? N’est-ce pas là le rôle des parents et surtout de toute société que de transmettre idées et réflexions par l’explication, sans chercher à les imposer ?
Gauche : Bien malin qui pourra m’expliquer la gauche : un coup communiste, socialiste, nazie, social-démocrate, puis bobo et « social-libérale ». Mais qu’on m’explique aussi la droite, pétainiste, nazie aussi, lepeniste comme gaulliste, bonarpartiste et de nos jours franchement démocrate et socialisante. Pour moi, d’expérience, la gauche est le plus souvent peu recommandable.
Socialiste : On ne sait plus trop ce que cela veut dire, en fait il n’y a plus guère que deux camps, les étatistes de tous poils et les libéraux, ceux qui veulent imposer leurs vues et ceux qui fichent la paix.
Ainsi pour conclure, la seule question qui mérite débat, cher monsieur, c’est de savoir comment on peut être encore assez ignorant, stupide ou malhonnête pour affirmer à tous qu’il existerait d’autres idées valables que celles de la liberté. Alors le parti socialiste...
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Saturday, January 20, 2018
Tuesday, January 2, 2018
Vers la légalisation de l’escroquerie à la location ?
(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
Le gouvernement lirait-il le « Journal Toulousain » ? Suite à ma chronique sur le logement (édition du 23 janvier) qui dénonçait la précarité des petits propriétaires face aux impayés de loyers, une annonce gouvernementale prétend « garantir » ceux-ci par la mise en place d’une assurance. Evidemment, loin de moi la prétention d’une telle portée, mais imaginons que ce soit le cas et que la solution qui découle de ma chronique soit celle prise : avançons que la ministre du logement sait peut-être lire, mais qu’entre lecture et compréhension, il y a au moins un hémisphère d’écart !
(Je rappelle que C.Duflot avait localisé le Japon dans l’hémisphère nord, alors je lui jappe au nez…)
Le ministère du logement, avec le soutien de l’Elysée et de Matignon, voudrait ainsi créer une « garantie universelle des revenus locatifs » sous forme d’assurance pouvant être obligatoire. Tout d’abord, outre le fait qu’il existe déjà une assurance pour couvrir ce risque, la seule innovation serait de rendre obligatoire cette assurance, laquelle dès lors cesse d’en être une, pour devenir une taxe. Comme plusieurs pistes sont à l’étude, nous allons leur suggérer de définitivement l’abandonner.
Tout d’abord, il est avancé que cette assurance serait payée par cette bonne poire de propriétaire. Une fois de plus, c’est ignorer totalement les mécanismes économiques : si un propriétaire ne peut pas répercuter les charges qu’il enregistre dans la formation du prix du loyer, cela équivaut à vendre à perte. Espérons que le gouvernement n’envisage pas de rendre obligatoire la vente à perte qui est par ailleurs interdite ? Une nouvelle tragédie pour la ministre se nouerait lors du passage de son texte au conseil constitutionnel – quoiqu’il est vrai que ce « conseil » est rarement regardant.
Une autre solution suggérée est de mettre en place une taxe – tiens – alimentant un « fonds national d’assurance ». Il parait même qu’une taxe de 2% permettrait de couvrir les loyers impayés des locataires indélicats. Outre le fait qu’un tel taux est une nouvelle fois sorti des tableurs « excel » d’un ministère sans aucune analyse des répercussions, une telle mesure conduirait à l’accélération de loyers impayés. Car l’état légitimerait de nouvelles formes d’escroqueries à la location, ce qui accroît le risque au lieu de le réduire. Sans compter que la punition est à l’envers : ce sont les locataires vertueux qui paieront pour les malhonnêtes. Mais madame la ministre, si la taxe sur le tabac est faite pour dissuader de fumer – on n’en est pas sûr, hein – que provoquera une taxe sur les locations ?
L’état, pardon, les hommes politiques, préfèrent ainsi le vice à la vertu. Par définition, le coupable est le propriétaire et la victime le locataire. S’occuper du locataire qui ne veut plus payer son loyer n’est pas très moral. Pourquoi en plus respecter un engagement contractuel ? Ne rêvons plus d’un état de droit, puisque le système d’assistanat sans devoir mis en place par l’état garantirait la justice !
Car voyez-vous, faire travailler le système social sur de vrais dossiers de pauvreté, c’est impensable. Ces horribles petits propriétaires qui verraient leur dette payée en temps et en heure, cela aussi est impensable. Pourquoi régler les problèmes à la source ? Il est préférable de monter des usines à gaz législatives et administratives. En créant les conditions subversives, les élus entretiennent l’illusion que leur intervention, grâce à leur pouvoir de nuisances, est indispensable à la société.
Toujours plus de règlements, toujours plus de taxes, toujours plus de raisons de spolier le citoyen. Car en filigrane de toutes ces dispositions, c’est l’argent de ce dernier qui est visé. Mais s’il est de plus en plus dépouillé avant même de toucher les fruits de son investissement comme de son travail : ne donnons pas cher de la société française, ce n’est vraiment pas la peine de la louer !
Le gouvernement lirait-il le « Journal Toulousain » ? Suite à ma chronique sur le logement (édition du 23 janvier) qui dénonçait la précarité des petits propriétaires face aux impayés de loyers, une annonce gouvernementale prétend « garantir » ceux-ci par la mise en place d’une assurance. Evidemment, loin de moi la prétention d’une telle portée, mais imaginons que ce soit le cas et que la solution qui découle de ma chronique soit celle prise : avançons que la ministre du logement sait peut-être lire, mais qu’entre lecture et compréhension, il y a au moins un hémisphère d’écart !
(Je rappelle que C.Duflot avait localisé le Japon dans l’hémisphère nord, alors je lui jappe au nez…)
Le ministère du logement, avec le soutien de l’Elysée et de Matignon, voudrait ainsi créer une « garantie universelle des revenus locatifs » sous forme d’assurance pouvant être obligatoire. Tout d’abord, outre le fait qu’il existe déjà une assurance pour couvrir ce risque, la seule innovation serait de rendre obligatoire cette assurance, laquelle dès lors cesse d’en être une, pour devenir une taxe. Comme plusieurs pistes sont à l’étude, nous allons leur suggérer de définitivement l’abandonner.
Tout d’abord, il est avancé que cette assurance serait payée par cette bonne poire de propriétaire. Une fois de plus, c’est ignorer totalement les mécanismes économiques : si un propriétaire ne peut pas répercuter les charges qu’il enregistre dans la formation du prix du loyer, cela équivaut à vendre à perte. Espérons que le gouvernement n’envisage pas de rendre obligatoire la vente à perte qui est par ailleurs interdite ? Une nouvelle tragédie pour la ministre se nouerait lors du passage de son texte au conseil constitutionnel – quoiqu’il est vrai que ce « conseil » est rarement regardant.
Une autre solution suggérée est de mettre en place une taxe – tiens – alimentant un « fonds national d’assurance ». Il parait même qu’une taxe de 2% permettrait de couvrir les loyers impayés des locataires indélicats. Outre le fait qu’un tel taux est une nouvelle fois sorti des tableurs « excel » d’un ministère sans aucune analyse des répercussions, une telle mesure conduirait à l’accélération de loyers impayés. Car l’état légitimerait de nouvelles formes d’escroqueries à la location, ce qui accroît le risque au lieu de le réduire. Sans compter que la punition est à l’envers : ce sont les locataires vertueux qui paieront pour les malhonnêtes. Mais madame la ministre, si la taxe sur le tabac est faite pour dissuader de fumer – on n’en est pas sûr, hein – que provoquera une taxe sur les locations ?
L’état, pardon, les hommes politiques, préfèrent ainsi le vice à la vertu. Par définition, le coupable est le propriétaire et la victime le locataire. S’occuper du locataire qui ne veut plus payer son loyer n’est pas très moral. Pourquoi en plus respecter un engagement contractuel ? Ne rêvons plus d’un état de droit, puisque le système d’assistanat sans devoir mis en place par l’état garantirait la justice !
Car voyez-vous, faire travailler le système social sur de vrais dossiers de pauvreté, c’est impensable. Ces horribles petits propriétaires qui verraient leur dette payée en temps et en heure, cela aussi est impensable. Pourquoi régler les problèmes à la source ? Il est préférable de monter des usines à gaz législatives et administratives. En créant les conditions subversives, les élus entretiennent l’illusion que leur intervention, grâce à leur pouvoir de nuisances, est indispensable à la société.
Toujours plus de règlements, toujours plus de taxes, toujours plus de raisons de spolier le citoyen. Car en filigrane de toutes ces dispositions, c’est l’argent de ce dernier qui est visé. Mais s’il est de plus en plus dépouillé avant même de toucher les fruits de son investissement comme de son travail : ne donnons pas cher de la société française, ce n’est vraiment pas la peine de la louer !
Monday, December 18, 2017
Les secrets de la monnaie
(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
Un événement qui prend la monnaie comme sujet est assez rare. A Mazamet, ce 9 mars dernier, la sortie d’un livre « Les secrets de la monnaie » a été pris comme prétexte par les socialistes locaux pour organiser un débat sur « Changer la monnaie pour changer le monde », rien de moins. En tant que libéral, face à cuisine monétaire de nos sociales-démocraties, je salue l’intérêt apporté à ce sujet difficile et central à la société humaine. Voilà donc une grande et intéressante ambition issue de notre région ! Hélas, sans juger l’événement mazamétain ni le livre, constatons que ces débats sombrent dans les travers les plus communs en la matière. Accordons-leur qu’ils aboutissent sur de bonnes questions – celles pour lesquelles tout libéral apporte les seules réponses depuis toujours.
Ainsi un tel débat commence souvent bien en rappelant que la monnaie est « l’instrument commun et universel des échanges ». En effet, instrument social, la monnaie n’a d’autre fonction que de faciliter les échanges commerciaux et se doit de conserver la valeur ainsi transférée pour de futurs échanges. Mais très vite, on assiste au dérapage avec « l’accès libre et équitable » à la monnaie comme « indispensable au progrès et à la prospérité ». Or il existe deux types de monnaies.
Les monnaies métalliques (or, argent…) n’ont jamais posé de question d’équité. Leur reconnaissance par le marché, à l’abri des manipulations politiques, suffisait à assurer leur caractère éthique. Mais la monnaie contemporaine n’est plus une monnaie marchande. Arme politicienne, sa dématérialisation sur du papier sans valeur marchande permet à ceux qui s’arrogent le pouvoir d’en produire à l’envi. Si l’euro pose ainsi question en matière d’éthique, aucune monnaie ne pose de problème d’accès. On en a ou pas, selon sa capacité à valoriser son activité. Où est le problème ? De plus, ce n’est pas la monnaie qui fait le progrès, ni surtout la richesse, surtout quand il est constaté qu’elle ne vaut plus rien ! Même l’accès au crédit n’est pas une question de monnaie, mais d’investissement.
Les âmes bien-pensantes estiment que « les conditions d’accès à la monnaie sont fondamentales … pour l’accomplissement de la démocratie ». Totalement démagogique, car si une monnaie en général suscite plutôt la convoitise des hommes politiques, l’or, par exemple, n’a aucune « condition d’accès autre que l’échange » et est dénué de tout pouvoir politique. Pour l’euro, c’est différent : la monnaie est créée à discrétion par les banquiers, qui en disposent avant tous les autres citoyens, ce qui les enrichit. Le montant en euro sur le papier ne reflète absolument pas la valeur réelle du papier que vous avez entre les mains. Hautement immoral et arbitraire, ce n’est qu’une belle escroquerie.
Souvent, les auditeurs entendent un message fort comme : « Espérer obtenir une société libre et respectueuse du droit des personnes avec un système monétaire qui viole ces principes est une utopie ». Cette phrase résume parfaitement le problème du système monétaire mondial et ses enjeux sociétaux. Là où c’est comique, c’est que les valeurs de « société libre » et de « droit des personnes » sont des valeurs libérales bafouées régulièrement par les sociales-démocraties.
En conclusion, vous entendrez « qu’il est nécessaire de proposer des solutions alternatives concrètes ». Mais rien de concret ni de réaliste ne surgira de ce type de débat. Or le libéral a compris et expliqué depuis longtemps le rôle des mécanismes monétaires. Les vraies solutions alternatives sont tout aussi connues : elles s’appellent libéralisation de la monnaie, abandon de toute banque centrale et retour à une contre-valeur métal marchandise comme monnaie universelle. Le retour à la liberté est la seule condition d’une société libre et respectueuse du droit des personnes. Mais les socialistes et sociaux-démocrates en sont bien incapables, pour le plus grand malheur des peuples.
Un événement qui prend la monnaie comme sujet est assez rare. A Mazamet, ce 9 mars dernier, la sortie d’un livre « Les secrets de la monnaie » a été pris comme prétexte par les socialistes locaux pour organiser un débat sur « Changer la monnaie pour changer le monde », rien de moins. En tant que libéral, face à cuisine monétaire de nos sociales-démocraties, je salue l’intérêt apporté à ce sujet difficile et central à la société humaine. Voilà donc une grande et intéressante ambition issue de notre région ! Hélas, sans juger l’événement mazamétain ni le livre, constatons que ces débats sombrent dans les travers les plus communs en la matière. Accordons-leur qu’ils aboutissent sur de bonnes questions – celles pour lesquelles tout libéral apporte les seules réponses depuis toujours.
Ainsi un tel débat commence souvent bien en rappelant que la monnaie est « l’instrument commun et universel des échanges ». En effet, instrument social, la monnaie n’a d’autre fonction que de faciliter les échanges commerciaux et se doit de conserver la valeur ainsi transférée pour de futurs échanges. Mais très vite, on assiste au dérapage avec « l’accès libre et équitable » à la monnaie comme « indispensable au progrès et à la prospérité ». Or il existe deux types de monnaies.
Les monnaies métalliques (or, argent…) n’ont jamais posé de question d’équité. Leur reconnaissance par le marché, à l’abri des manipulations politiques, suffisait à assurer leur caractère éthique. Mais la monnaie contemporaine n’est plus une monnaie marchande. Arme politicienne, sa dématérialisation sur du papier sans valeur marchande permet à ceux qui s’arrogent le pouvoir d’en produire à l’envi. Si l’euro pose ainsi question en matière d’éthique, aucune monnaie ne pose de problème d’accès. On en a ou pas, selon sa capacité à valoriser son activité. Où est le problème ? De plus, ce n’est pas la monnaie qui fait le progrès, ni surtout la richesse, surtout quand il est constaté qu’elle ne vaut plus rien ! Même l’accès au crédit n’est pas une question de monnaie, mais d’investissement.
Les âmes bien-pensantes estiment que « les conditions d’accès à la monnaie sont fondamentales … pour l’accomplissement de la démocratie ». Totalement démagogique, car si une monnaie en général suscite plutôt la convoitise des hommes politiques, l’or, par exemple, n’a aucune « condition d’accès autre que l’échange » et est dénué de tout pouvoir politique. Pour l’euro, c’est différent : la monnaie est créée à discrétion par les banquiers, qui en disposent avant tous les autres citoyens, ce qui les enrichit. Le montant en euro sur le papier ne reflète absolument pas la valeur réelle du papier que vous avez entre les mains. Hautement immoral et arbitraire, ce n’est qu’une belle escroquerie.
Souvent, les auditeurs entendent un message fort comme : « Espérer obtenir une société libre et respectueuse du droit des personnes avec un système monétaire qui viole ces principes est une utopie ». Cette phrase résume parfaitement le problème du système monétaire mondial et ses enjeux sociétaux. Là où c’est comique, c’est que les valeurs de « société libre » et de « droit des personnes » sont des valeurs libérales bafouées régulièrement par les sociales-démocraties.
En conclusion, vous entendrez « qu’il est nécessaire de proposer des solutions alternatives concrètes ». Mais rien de concret ni de réaliste ne surgira de ce type de débat. Or le libéral a compris et expliqué depuis longtemps le rôle des mécanismes monétaires. Les vraies solutions alternatives sont tout aussi connues : elles s’appellent libéralisation de la monnaie, abandon de toute banque centrale et retour à une contre-valeur métal marchandise comme monnaie universelle. Le retour à la liberté est la seule condition d’une société libre et respectueuse du droit des personnes. Mais les socialistes et sociaux-démocrates en sont bien incapables, pour le plus grand malheur des peuples.
Sunday, November 19, 2017
Le politiquement correct et les ‘ismes’
(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)
Récemment, Tournefeuille accueillait en sa « médiathèque » une conférence sur le sujet suivant : « Le retour des nationalismes et du populisme en Europe ». Avec comme accroche : « Depuis une dizaine d’années et en particulier lors des cinq dernières années de crise économique et politique : nationalisme, populisme, protectionnisme et xénophobie sous des formes diverses ont connu une résurgence aussi vive qu’inquiétante. »
Quand on est adepte de la bien-pensance ambiante et politiquement correcte, ou simplement quand on n’a pas pris le temps d’approfondir, on est probablement tenté en effet de voir une part de réalisme dans un tel sujet, qui dès lors intrigue et intéresse. Car en effet, l’actualité le montre chaque jour un peu plus, les tensions de la société s’accroissent et les rancœurs s’accumulent.
Alors quoi ? Que trouve encore à redire le libéral donneur de leçon ? Simplement que si l’auteur de la conférence a su diagnostiquer une situation, il n’a pas été capable de la comprendre, car il se trouve que rien n’est juste ni correct dans son sujet, pas la moindre des idées. Voyons cela.
« Depuis une dizaine d’années » : Faut-il rappeler que l’installation du FN en France remonte au règne de F. Mitterrand (1981) qui fut l’opérateur de sa percée durable dans le paysage politique ?
« Lors des cinq dernières années de crise économique et politique » : Nous sommes continuellement en crise économique depuis 1971 quand Nixon signa la fin de tout lien entre dollar et or, accélérée ensuite par le choc pétrolier de 1973. L’endettement massif s’est fait jour à cette époque. La crise politique bien plus profonde n’a fait que monter par étage en 1914, 1919, 1940, 1945, 1958 et 1968.
Quant aux ‘ismes’, ils sont mis au ban comme des maux évidents ou nouveaux. Or il n’en est rien.
« Nationalisme » : Nous souffrons du nationalisme depuis Louis XIV, au moins. La campagne 2012 l’a montré, tous les partis sont nationalistes et accusent le monde extérieur de tous nos problèmes.
« Populisme » : Selon Wikipedia, le populisme « désigne une position politique qui prend le parti du peuple contre les élites ». Il semblerait donc que le populisme soit une excellente chose, non ? Le politicien n’est-il pas élu pour servir le peuple dans son ensemble ? Si je peux, je vote populiste.
« Protectionnisme » : Soyons juste, c’est bien un mal que le protectionnisme. Mais il n’est en rien nouveau. Déjà en 1848 Frédéric Bastiat, député des Landes, expliquait ses méfaits aux politiciens économiquement incompétents de son époque. Hélas, Montebourg n’a pas entendu sa leçon.
« Xénophobie » : Voilà le point probablement le plus sensible. Le dictionnaire nous dit qu’il s’agit du « sentiment de rejet des étrangers ». Là encore, où est le mal ? Pourquoi un homme de la rue, libre et honnête, n’aurait-il pas droit à ce sentiment ? Cela ne sert à rien de blâmer le xénophobe, tant qu’il n’attente à la liberté de personne. Ce sont les causes de ce sentiment qu’il faut oser dénoncer.
On pourrait développer, bien sûr. Que conclure de cette rapide démonstration ? Quand on a dépensé des fortunes sur d’inutiles Médiathèque ou Phare, il faut trouver de quoi les remplir. Et sous prétexte de culture, on nous sert quelque billevesée mal réfléchie, mais surfant habilement sur la vague des idées toutes faites du politiquement correct. Un acte culturel véritablement ‘citoyen’ serait plutôt d’organiser une campagne nationale appelant au bon sens, démystifiant au passage toutes ces croyances collectivistes qui bloquent notre société anesthésiée depuis trop longtemps.
Récemment, Tournefeuille accueillait en sa « médiathèque » une conférence sur le sujet suivant : « Le retour des nationalismes et du populisme en Europe ». Avec comme accroche : « Depuis une dizaine d’années et en particulier lors des cinq dernières années de crise économique et politique : nationalisme, populisme, protectionnisme et xénophobie sous des formes diverses ont connu une résurgence aussi vive qu’inquiétante. »
Quand on est adepte de la bien-pensance ambiante et politiquement correcte, ou simplement quand on n’a pas pris le temps d’approfondir, on est probablement tenté en effet de voir une part de réalisme dans un tel sujet, qui dès lors intrigue et intéresse. Car en effet, l’actualité le montre chaque jour un peu plus, les tensions de la société s’accroissent et les rancœurs s’accumulent.
Alors quoi ? Que trouve encore à redire le libéral donneur de leçon ? Simplement que si l’auteur de la conférence a su diagnostiquer une situation, il n’a pas été capable de la comprendre, car il se trouve que rien n’est juste ni correct dans son sujet, pas la moindre des idées. Voyons cela.
« Depuis une dizaine d’années » : Faut-il rappeler que l’installation du FN en France remonte au règne de F. Mitterrand (1981) qui fut l’opérateur de sa percée durable dans le paysage politique ?
« Lors des cinq dernières années de crise économique et politique » : Nous sommes continuellement en crise économique depuis 1971 quand Nixon signa la fin de tout lien entre dollar et or, accélérée ensuite par le choc pétrolier de 1973. L’endettement massif s’est fait jour à cette époque. La crise politique bien plus profonde n’a fait que monter par étage en 1914, 1919, 1940, 1945, 1958 et 1968.
Quant aux ‘ismes’, ils sont mis au ban comme des maux évidents ou nouveaux. Or il n’en est rien.
« Nationalisme » : Nous souffrons du nationalisme depuis Louis XIV, au moins. La campagne 2012 l’a montré, tous les partis sont nationalistes et accusent le monde extérieur de tous nos problèmes.
« Populisme » : Selon Wikipedia, le populisme « désigne une position politique qui prend le parti du peuple contre les élites ». Il semblerait donc que le populisme soit une excellente chose, non ? Le politicien n’est-il pas élu pour servir le peuple dans son ensemble ? Si je peux, je vote populiste.
« Protectionnisme » : Soyons juste, c’est bien un mal que le protectionnisme. Mais il n’est en rien nouveau. Déjà en 1848 Frédéric Bastiat, député des Landes, expliquait ses méfaits aux politiciens économiquement incompétents de son époque. Hélas, Montebourg n’a pas entendu sa leçon.
« Xénophobie » : Voilà le point probablement le plus sensible. Le dictionnaire nous dit qu’il s’agit du « sentiment de rejet des étrangers ». Là encore, où est le mal ? Pourquoi un homme de la rue, libre et honnête, n’aurait-il pas droit à ce sentiment ? Cela ne sert à rien de blâmer le xénophobe, tant qu’il n’attente à la liberté de personne. Ce sont les causes de ce sentiment qu’il faut oser dénoncer.
On pourrait développer, bien sûr. Que conclure de cette rapide démonstration ? Quand on a dépensé des fortunes sur d’inutiles Médiathèque ou Phare, il faut trouver de quoi les remplir. Et sous prétexte de culture, on nous sert quelque billevesée mal réfléchie, mais surfant habilement sur la vague des idées toutes faites du politiquement correct. Un acte culturel véritablement ‘citoyen’ serait plutôt d’organiser une campagne nationale appelant au bon sens, démystifiant au passage toutes ces croyances collectivistes qui bloquent notre société anesthésiée depuis trop longtemps.
Friday, November 10, 2017
Bœuf au Cheval – Droite à la Gauche
Le texte ci-dessous fut écrit il y a quelques années alors que la presse avait trouvé un autre de ces micro-scandales industriels, utile pour blâmer le capitalisme et lui éviter de faire la lumière sur les scandales bien pires qui font le quotidien du microcosme politico-étatico-médiatique. Je vous propose de le remettre au goût du jour et ainsi de vous délecter en imaginant non plus du cheval à la place du bœuf dans des lasagnes industrielles, mais du gauchisme là où se présente la droite au sein de l’industrie politicienne et de ses méandres réglementaires nationaux et européens. Bon appétit !
Vous connaissez sûrement la pub de Findus. Aujourd’hui, appliquons-la à nos chers politiques qui réagissent dans l’espoir d’une illusion d’empathie, mais surtout parce que des catastrophes s’entassent pour lesquelles ils cherchent diversion. S’ils étaient aussi exigeants envers eux-mêmes, ils travailleraient sans relâche, vu l’état des comptes publics. Voilà un vrai scandale, bien plus important que celui des plats industriels. On voit la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le sien.
Car a priori, cette affaire n’est pas un problème sanitaire : aucune intoxication ; ni personne venant reprocher au goût d’être celui du cheval. Les enjeux sont donc dérisoires. Il est à regretter que les consommateurs de ces plats vaguement cuisinés n’aient pas le palais suffisamment fin pour faire la différence, mais peu importe. Même si préparer des lasagnes fraîches avec de la viande d’origine sûre ne prend qu’une vingtaine de minutes pour un budget inférieur, acheter ces produits tient du libre choix, respectons-le. Ceux qui consomment de tels plats peuvent légitimement réclamer du bœuf et non du cheval si sur l’emballage il est mentionné « bœuf », pourtant souvent de la vache.
Mais revenons à la chaîne de fabrication. Vu le nombre d’intermédiaires, pour que ces lasagnes industrielles soient dans l’assiette à un prix acceptable, il faut que les quantités préparées soient très conséquentes pour compenser les faibles marges tout en rémunérant tous les acteurs, dont les salariés de ces entreprises. Ne doutons pas un seul instant de leur professionnalisme. D’ailleurs, d’ordinaire, tout va très bien, tout fonctionne. L’industrie alimentaire nourrit la planète chaque jour.
Ce n’est pas parce quelques pieds nickelés sans scrupule font une entourloupe qui relève de la protection et de la responsabilité de la marque vis-à-vis de ses clients que la vie doit s’arrêter. Le préjudice potentiel d’une marque est un gage de confiance pour les consommateurs supérieur en efficacité à tout arsenal législatif promis comme suite aux cris d’orfraies de nos politiques.
Car, crime de lèse-majesté, ce n’est pas au pays de la gastronomie que la tricherie a été découverte, mais chez la perfide Albion. Pire que tout, les sociétés d’approvisionnement et de fabrication sont en France. Certains découvrent que le marché de la viande en gros est soumis à des traders, anglicisme signifiant simplement « négociants sur les marchés ». Et nos politiciens de s’exclamer que « c’est un système complexe de commercialisation » et que « si le brouillard est tellement épais que plus personne ne s’y retrouve, on finira par avoir de gros problème ». S’agissant de complexité, à la lumière des cinq étages de la bureaucratie française et de la myriade d’agences nationales avec l’oppression fiscale que cela entraîne, ils nous démontrent leur inconséquence et leur mauvaise foi.
Certains ont déjà émis l’idée d’une production exclusivement d’origine française. Or l’usine de production alimentant de nombreux autres pays… ceux-ci pourraient bien dire la même chose : produisons chez nous ! Pire, les plats industriels entièrement préparés en France devenus non compétitifs, qui les achètera ? Pense-t-on aux salariés qui travaillent dans cette filière ? Ce n’est pas la complexité du circuit qui menace la qualité des produits ou l’emploi, mais le niveau des frais fixes.
Et aujourd’hui, le poids des charges, impôts et taxes condamnent la totalité des sociétés françaises. L’Etat français, faute de courage politique mais aussi de compréhension économique, entraîne tout son peuple vers une faillite collective. Mais ce ne sera jamais la faute de nos tocards qui sauront toujours nous trouver un bouc-émissaire. Trouver des contrevenants et en tirer des lois sans valeur sociétale, c’est leur fonds de commerce ! Là où l’industrie vit du labeur, les tocards vivent de la peur.
(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)
Vous connaissez sûrement la pub de Findus. Aujourd’hui, appliquons-la à nos chers politiques qui réagissent dans l’espoir d’une illusion d’empathie, mais surtout parce que des catastrophes s’entassent pour lesquelles ils cherchent diversion. S’ils étaient aussi exigeants envers eux-mêmes, ils travailleraient sans relâche, vu l’état des comptes publics. Voilà un vrai scandale, bien plus important que celui des plats industriels. On voit la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le sien.
Car a priori, cette affaire n’est pas un problème sanitaire : aucune intoxication ; ni personne venant reprocher au goût d’être celui du cheval. Les enjeux sont donc dérisoires. Il est à regretter que les consommateurs de ces plats vaguement cuisinés n’aient pas le palais suffisamment fin pour faire la différence, mais peu importe. Même si préparer des lasagnes fraîches avec de la viande d’origine sûre ne prend qu’une vingtaine de minutes pour un budget inférieur, acheter ces produits tient du libre choix, respectons-le. Ceux qui consomment de tels plats peuvent légitimement réclamer du bœuf et non du cheval si sur l’emballage il est mentionné « bœuf », pourtant souvent de la vache.
Mais revenons à la chaîne de fabrication. Vu le nombre d’intermédiaires, pour que ces lasagnes industrielles soient dans l’assiette à un prix acceptable, il faut que les quantités préparées soient très conséquentes pour compenser les faibles marges tout en rémunérant tous les acteurs, dont les salariés de ces entreprises. Ne doutons pas un seul instant de leur professionnalisme. D’ailleurs, d’ordinaire, tout va très bien, tout fonctionne. L’industrie alimentaire nourrit la planète chaque jour.
Ce n’est pas parce quelques pieds nickelés sans scrupule font une entourloupe qui relève de la protection et de la responsabilité de la marque vis-à-vis de ses clients que la vie doit s’arrêter. Le préjudice potentiel d’une marque est un gage de confiance pour les consommateurs supérieur en efficacité à tout arsenal législatif promis comme suite aux cris d’orfraies de nos politiques.
Car, crime de lèse-majesté, ce n’est pas au pays de la gastronomie que la tricherie a été découverte, mais chez la perfide Albion. Pire que tout, les sociétés d’approvisionnement et de fabrication sont en France. Certains découvrent que le marché de la viande en gros est soumis à des traders, anglicisme signifiant simplement « négociants sur les marchés ». Et nos politiciens de s’exclamer que « c’est un système complexe de commercialisation » et que « si le brouillard est tellement épais que plus personne ne s’y retrouve, on finira par avoir de gros problème ». S’agissant de complexité, à la lumière des cinq étages de la bureaucratie française et de la myriade d’agences nationales avec l’oppression fiscale que cela entraîne, ils nous démontrent leur inconséquence et leur mauvaise foi.
Certains ont déjà émis l’idée d’une production exclusivement d’origine française. Or l’usine de production alimentant de nombreux autres pays… ceux-ci pourraient bien dire la même chose : produisons chez nous ! Pire, les plats industriels entièrement préparés en France devenus non compétitifs, qui les achètera ? Pense-t-on aux salariés qui travaillent dans cette filière ? Ce n’est pas la complexité du circuit qui menace la qualité des produits ou l’emploi, mais le niveau des frais fixes.
Et aujourd’hui, le poids des charges, impôts et taxes condamnent la totalité des sociétés françaises. L’Etat français, faute de courage politique mais aussi de compréhension économique, entraîne tout son peuple vers une faillite collective. Mais ce ne sera jamais la faute de nos tocards qui sauront toujours nous trouver un bouc-émissaire. Trouver des contrevenants et en tirer des lois sans valeur sociétale, c’est leur fonds de commerce ! Là où l’industrie vit du labeur, les tocards vivent de la peur.
(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)
Les Transgenres
Depuis quelques mois, les médias au service des politiciens ont trouvé un autre os à ronger pour distraire le public des vrais sujets de société, j’ai nommé le genrisme et ses produits dérivés que sont les transgenres. Je n’ai pas les chiffres mais peu importe, on fait cas d’un épiphénomène qui ne doit concerner – et heureusement – qu’une minorité infime de la population, probablement moins encore que les politiciens honnêtes, c’est dire si ça vaut la peine d’en faire des gros titres.
Les transgenres sont avant tout un sujet de liberté qui ne devrait même pas se faire entendre si nos oreilles étaient habituées à ladite liberté. J’entends par là que si un individu – ou « une » – ressent le besoin impérieux de se faire opérer pour changer de sexe et le finance par soi-même, on ne devrait en premier lieu que se réjouir des progrès que la médecine et la baisse des coûts fruit du capitalisme ont rendu possibles et des champs nouveaux de liberté ainsi apportés aux personnes faisant ce choix.
A cet égard, les transgenres sont une facette nouvelle du phénomène plus profond et bien plus riche du transhumanisme, qui explore le champ potentiellement infini de l’amélioration, voire de la transformation du corps humain – dans les années 70, « l’Homme qui valait 3 milliards » nous en avait donné une vague idée « bio-ionique » bien modeste, mais néanmoins qui déjà posait question.
Même si elles peuvent choquer, et trouveront toujours quelqu’un à choquer, ces transformations individuelles n’ont pas à nous interpeller. Après tout, quand les médecins se sont lancés et ont réussi les greffes, d’organes, puis de membres, fallait-il les interdire sous couvert de transformations et même de transferts choquants et ainsi ne pas sauver ou offrir de nouvelles vies aux bénéficiaires ?
En revanche, la manière dont les « penseurs » – ou faut-il écrire « panseurs » ? – s’approprient les transgenres pour en faire une normalité, un exemple, une chose désirable et honorable, cela est bien plus inquiétant et suspect. Car il faut bien le dire, ce n’est pas parce qu’il est légitime pour quiconque de faire de son corps ce que bon lui semble qu’il faut à l’inverse faire de la foule des gens ordinaires autant de monstres de normalité. Il faut le dire haut et fort, l’immense majorité des gens ne sont pas, n’ont pas envie et sont heureux et fiers d’être et de rester des hommes et des femmes, et il n’est pas question de laisser les intellectuels « de gauche » leur insuffler la moindre honte à cet égard.
La honte en matière de transgenre devrait se retourner contre les médias et politiciens qui, tout en respectant pleinement ceux qui font ce choix, devraient en même temps en reconnaître la non-normalité. Gageons que l’option inverse prise sous nos yeux est l’expression une fois encore de cette tendance malsaine à culpabiliser tous les piliers de la société traditionnelle et naturellement libre.
Les transgenres sont avant tout un sujet de liberté qui ne devrait même pas se faire entendre si nos oreilles étaient habituées à ladite liberté. J’entends par là que si un individu – ou « une » – ressent le besoin impérieux de se faire opérer pour changer de sexe et le finance par soi-même, on ne devrait en premier lieu que se réjouir des progrès que la médecine et la baisse des coûts fruit du capitalisme ont rendu possibles et des champs nouveaux de liberté ainsi apportés aux personnes faisant ce choix.
A cet égard, les transgenres sont une facette nouvelle du phénomène plus profond et bien plus riche du transhumanisme, qui explore le champ potentiellement infini de l’amélioration, voire de la transformation du corps humain – dans les années 70, « l’Homme qui valait 3 milliards » nous en avait donné une vague idée « bio-ionique » bien modeste, mais néanmoins qui déjà posait question.
Même si elles peuvent choquer, et trouveront toujours quelqu’un à choquer, ces transformations individuelles n’ont pas à nous interpeller. Après tout, quand les médecins se sont lancés et ont réussi les greffes, d’organes, puis de membres, fallait-il les interdire sous couvert de transformations et même de transferts choquants et ainsi ne pas sauver ou offrir de nouvelles vies aux bénéficiaires ?
En revanche, la manière dont les « penseurs » – ou faut-il écrire « panseurs » ? – s’approprient les transgenres pour en faire une normalité, un exemple, une chose désirable et honorable, cela est bien plus inquiétant et suspect. Car il faut bien le dire, ce n’est pas parce qu’il est légitime pour quiconque de faire de son corps ce que bon lui semble qu’il faut à l’inverse faire de la foule des gens ordinaires autant de monstres de normalité. Il faut le dire haut et fort, l’immense majorité des gens ne sont pas, n’ont pas envie et sont heureux et fiers d’être et de rester des hommes et des femmes, et il n’est pas question de laisser les intellectuels « de gauche » leur insuffler la moindre honte à cet égard.
La honte en matière de transgenre devrait se retourner contre les médias et politiciens qui, tout en respectant pleinement ceux qui font ce choix, devraient en même temps en reconnaître la non-normalité. Gageons que l’option inverse prise sous nos yeux est l’expression une fois encore de cette tendance malsaine à culpabiliser tous les piliers de la société traditionnelle et naturellement libre.
Tuesday, October 10, 2017
Le journalisme, quatrième pouvoir ?
En théorie, selon la légende, le journalisme serait le fameux « quatrième pouvoir », celui de notre information et donc la source de la vigilance indispensable envers les autres pouvoirs. C’est un rôle essentiel dans une société disposant de quelque liberté. Or la crise des médias fait rage depuis une vingtaine d’années, largement due à la concurrence du numérique et du web, mais pas uniquement. A ce titre, le phénomène de Facebook et des blogs personnels a également bouleversé le paysage et les conventions en matière de métiers et de marché de l’information. Sans compter bien d’autres nouveautés et facettes encore, comme les encyclopédies en ligne et la messagerie instantanée.
Ce phénomène du bouleversement des médias n’est pas en soi une attaque ou remise en cause du journalisme, ce n’est qu’une mise en concurrence des médias au sens littéral, au sens du support vecteur de l’information. Internet et le web viennent casser l’organisation historique des journaux locaux en rendant négligeable le coût d’accès à n’importe quel journal online à l’autre bout du monde. Mais il faut encore des journalistes pour créer le contenu des journaux en ligne – ou papier ?
On a donc une révolution en matière de concurrence. La mise en ligne des journaux fait que chacun a soudain un choix de lecture considérablement multiplié. Là où l’on pouvait choisir entre 5 à 10 quotidiens, on dispose soudain de centaines de titres pour peu qu’on parle 2 ou 3 langues. Ce faisant, les mauvais disparaissent, et c’est tant mieux. Mécaniquement, le nombre de journalistes suit la baisse du nombre de titres. Vient en plus la concurrence des blogueurs, des « nouveaux médias » et réseaux sociaux. Puis vient la seconde concurrence, celle du contenu, question plus fondamentale.
La qualité et la pertinence du contenu est déterminante, les blogs et autres nouveautés numériques ne changeant rien à ce critère. C’est là l’enjeu de la concurrence à l’échelle mondiale du marché de l’information. C’est d’une grande banalité : le journaliste n’est qu’un acteur économique comme les autres. On décide d’investir dans une lecture. Il faut donc qu’on y voit un intérêt. Et le journaliste ou blogueur doit répondre à cet intérêt. Et le quatrième pouvoir dans tout cela ?
Le terme de journaliste recouvre en fait des rôles, fonctions, activités, qualités très variées et très différentes, qui vont de la simple reprise d’annonce d’agence de presse à l’éditorialiste à la limite du philosophe en passant par l’animateur de shows médiatiques. Le blogueur dans cette réalité n’est qu’une nouvelle variante pour le lecteur. Le fait que l’un ait une carte de presse, soit passé par une école de journalisme et probablement pas l’autre ne change pas grand-chose à l’affaire. In fine, il transmet une information qui répond ou pas à une attente des lecteurs. Le lecteur ne juge qu’à travers le prisme de la qualité de la réponse à son attente, pas celui du statut – ou rarement. Son rôle réel, non idéalisé, n’est donc pas un contre-pouvoir, mais une source d’informations qualifiées.
Le journalisme, collectivement, peut plus probablement jouer ce rôle de quatrième pouvoir. Mais à condition d’être véritablement indépendant des autres pouvoirs, justement. Or aujourd’hui, en France mais aussi à bien des égards à l’étranger, le journalisme collectivement ne joue plus son rôle d’aiguillon du pouvoir, et depuis très longtemps. Depuis que les subventions le musellent. La mode est même à aiguillonner le capitalisme à la place – ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, mais le problème c’est d’oublier le reste. Il est ainsi frappant que la presse ne s’intéresse désormais plus à la liberté des Lumières et se trompe à ce point en matière d’égalité, pour être à « 94% de gauche » (Référence à un article paru dans Libres ! et à un sondage publié par Marianne, le 23/04/2001).
Le rôle du journalisme consiste donc à vendre de l’information à qui veut l’entendre. Point. Ce n’est pas de servir de manière institutionnelle ni de manière garantie de « quatrième pouvoir », qui serait l’aiguillon du pouvoir, justement. Il n’y a pas de rôle institutionnel du journalisme et c’est très bien – les gens peuvent et même doivent ainsi réfléchir par eux-mêmes. Libres des infos subventionnées.
En fait, ce contre-pouvoir supposé réside désormais dans la liberté et l’indépendance des autres « pouvoirs » qu’Internet et son marché libre de l’information offrent. Pourvu que ça dure.
Une crainte que beaucoup expriment tient à la garantie de compétence qui serait associée à la formation du « journaliste ». Vu le constat s’agissant du journaliste moyen, cette « garantie » semble loin d’aller de soi. Si en France il y a des écoles de journalisme, avec en point d’orgue l’orgueilleuse Science Po, ce n’est pas la règle partout et cela ne semble pas empêcher les pays du monde d’avoir des journalistes – plus ou moins – dignes de ce nom. La compétence dans ce domaine comme dans d’autres se voit au pied de l’ouvrage et se juge par ses pairs et surtout par le marché. Heureusement, il y a de nombreux autodidactes devenus de grands journalistes, la compétence suit divers chemins.
De plus, le cas de Science Po est proche de la caricature. Quand on voit combien de journalistes en France sont profondément incompétents en matière de sciences politiques et surtout d’économie, on en vient à douter de l’intérêt de les avoir faits passer par ce sanctuaire d’un modèle dépassé.
L’autre grande question, directement liées à la précédente, touche aux critères qui font la confiance accordée aux informations. En pleine période post-campagne Clinton-Trump, le sujet des fameuses « fake news » est un sujet brûlant, où même les réseaux sociaux contribuent au trouble. La réponse est assez simple en fait, et dépend peu du simple vecteur qu’est le journaliste : il n’y a aucun moyen systématique de distinguer les faux, sauf exceptions. Mais il est important au moins de savoir faire le lien entre la catégorie de l’information et l’attitude et la démarche à avoir envers sa vérification.
Par exemple, la majorité des « journalistes » sont formés à penser que tout le domaine de la théorie économique n’est pas une science et donc que tout y est relatif et largement fondé sur des opinions d’experts plus ou moins clairvoyants. Or il n’en est rien, la théorie économique autrichienne est tout ce qu’il y a de scientifique. Or les journalistes, mal formés, n’en soupçonnent même pas l’existence.
Et lorsqu’un journaliste est ainsi surpris à dire trop souvent des bêtises, il finit par perdre la confiance de ses lecteurs. Ce n’est pas plus compliqué. Ainsi, un journal porte une marque – Le Canard Enchaîné, par exemple. Cette marque est porteuse de confiance et chaque article de chacun de ses journalistes vient entretenir – ou ternir – cette image, chaque jour. La compétence fait tout.
Enfin, il convient de s’inquiéter de la pluralité et de l’indépendance des capitaux qui financent. Le risque n’est pas tant qu’un « journaliste » dise du bien de Microsoft, de Google ou de Total si ceux-ci le financent en partie. Ce serait de la publicité sous un autre nom, et le tricheur sera vite repéré. Par contre, celui qui flatte un Hollande, un Mélenchon voire un Lénine est un plus clair danger. Et c’est dans ce domaine de la collusion avec le politique que la question des finances est la plus aiguë.
Le problème financier du journalisme n’est pas son indépendance des capitaux privés, mais son indépendance des subventions étatiques qui ligotent sa critique du pouvoir politique. Or quand on regarde la part des subventions dans les revenus de la presse en France, on a vite compris qu’il n’est possible d’imaginer aucun média « mainstream » en capacité de critique du pouvoir. Quelle surprise.
Citations
« Le grand ennemi de la vérité n’est très souvent pas le mensonge – délibéré, artificiel et malhonnête – mais le mythe – persistant, persuasif et irréaliste. » -- John Fitzgerald Kennedy
« Si l’on était responsable que des choses dont on a conscience, les imbéciles seraient d’avance absous de toute faute. ... l’homme est tenu de savoir. L’homme est responsable de son ignorance. L’ignorance est une faute. » -- Milan Kundera
« En des temps de tromperie, dire la vérité est un acte révolutionnaire. » -- Georges Orwell
« Dans la Pravda, il n’y a pas la vérité, dans les Izvestia, il n’y a pas les nouvelles. » -- Proverbe soviétique
« Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C’est pire ! » -- Coluche
Ce phénomène du bouleversement des médias n’est pas en soi une attaque ou remise en cause du journalisme, ce n’est qu’une mise en concurrence des médias au sens littéral, au sens du support vecteur de l’information. Internet et le web viennent casser l’organisation historique des journaux locaux en rendant négligeable le coût d’accès à n’importe quel journal online à l’autre bout du monde. Mais il faut encore des journalistes pour créer le contenu des journaux en ligne – ou papier ?
On a donc une révolution en matière de concurrence. La mise en ligne des journaux fait que chacun a soudain un choix de lecture considérablement multiplié. Là où l’on pouvait choisir entre 5 à 10 quotidiens, on dispose soudain de centaines de titres pour peu qu’on parle 2 ou 3 langues. Ce faisant, les mauvais disparaissent, et c’est tant mieux. Mécaniquement, le nombre de journalistes suit la baisse du nombre de titres. Vient en plus la concurrence des blogueurs, des « nouveaux médias » et réseaux sociaux. Puis vient la seconde concurrence, celle du contenu, question plus fondamentale.
La qualité et la pertinence du contenu est déterminante, les blogs et autres nouveautés numériques ne changeant rien à ce critère. C’est là l’enjeu de la concurrence à l’échelle mondiale du marché de l’information. C’est d’une grande banalité : le journaliste n’est qu’un acteur économique comme les autres. On décide d’investir dans une lecture. Il faut donc qu’on y voit un intérêt. Et le journaliste ou blogueur doit répondre à cet intérêt. Et le quatrième pouvoir dans tout cela ?
Le terme de journaliste recouvre en fait des rôles, fonctions, activités, qualités très variées et très différentes, qui vont de la simple reprise d’annonce d’agence de presse à l’éditorialiste à la limite du philosophe en passant par l’animateur de shows médiatiques. Le blogueur dans cette réalité n’est qu’une nouvelle variante pour le lecteur. Le fait que l’un ait une carte de presse, soit passé par une école de journalisme et probablement pas l’autre ne change pas grand-chose à l’affaire. In fine, il transmet une information qui répond ou pas à une attente des lecteurs. Le lecteur ne juge qu’à travers le prisme de la qualité de la réponse à son attente, pas celui du statut – ou rarement. Son rôle réel, non idéalisé, n’est donc pas un contre-pouvoir, mais une source d’informations qualifiées.
Le journalisme, collectivement, peut plus probablement jouer ce rôle de quatrième pouvoir. Mais à condition d’être véritablement indépendant des autres pouvoirs, justement. Or aujourd’hui, en France mais aussi à bien des égards à l’étranger, le journalisme collectivement ne joue plus son rôle d’aiguillon du pouvoir, et depuis très longtemps. Depuis que les subventions le musellent. La mode est même à aiguillonner le capitalisme à la place – ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, mais le problème c’est d’oublier le reste. Il est ainsi frappant que la presse ne s’intéresse désormais plus à la liberté des Lumières et se trompe à ce point en matière d’égalité, pour être à « 94% de gauche » (Référence à un article paru dans Libres ! et à un sondage publié par Marianne, le 23/04/2001).
Le rôle du journalisme consiste donc à vendre de l’information à qui veut l’entendre. Point. Ce n’est pas de servir de manière institutionnelle ni de manière garantie de « quatrième pouvoir », qui serait l’aiguillon du pouvoir, justement. Il n’y a pas de rôle institutionnel du journalisme et c’est très bien – les gens peuvent et même doivent ainsi réfléchir par eux-mêmes. Libres des infos subventionnées.
En fait, ce contre-pouvoir supposé réside désormais dans la liberté et l’indépendance des autres « pouvoirs » qu’Internet et son marché libre de l’information offrent. Pourvu que ça dure.
Une crainte que beaucoup expriment tient à la garantie de compétence qui serait associée à la formation du « journaliste ». Vu le constat s’agissant du journaliste moyen, cette « garantie » semble loin d’aller de soi. Si en France il y a des écoles de journalisme, avec en point d’orgue l’orgueilleuse Science Po, ce n’est pas la règle partout et cela ne semble pas empêcher les pays du monde d’avoir des journalistes – plus ou moins – dignes de ce nom. La compétence dans ce domaine comme dans d’autres se voit au pied de l’ouvrage et se juge par ses pairs et surtout par le marché. Heureusement, il y a de nombreux autodidactes devenus de grands journalistes, la compétence suit divers chemins.
De plus, le cas de Science Po est proche de la caricature. Quand on voit combien de journalistes en France sont profondément incompétents en matière de sciences politiques et surtout d’économie, on en vient à douter de l’intérêt de les avoir faits passer par ce sanctuaire d’un modèle dépassé.
L’autre grande question, directement liées à la précédente, touche aux critères qui font la confiance accordée aux informations. En pleine période post-campagne Clinton-Trump, le sujet des fameuses « fake news » est un sujet brûlant, où même les réseaux sociaux contribuent au trouble. La réponse est assez simple en fait, et dépend peu du simple vecteur qu’est le journaliste : il n’y a aucun moyen systématique de distinguer les faux, sauf exceptions. Mais il est important au moins de savoir faire le lien entre la catégorie de l’information et l’attitude et la démarche à avoir envers sa vérification.
Par exemple, la majorité des « journalistes » sont formés à penser que tout le domaine de la théorie économique n’est pas une science et donc que tout y est relatif et largement fondé sur des opinions d’experts plus ou moins clairvoyants. Or il n’en est rien, la théorie économique autrichienne est tout ce qu’il y a de scientifique. Or les journalistes, mal formés, n’en soupçonnent même pas l’existence.
Et lorsqu’un journaliste est ainsi surpris à dire trop souvent des bêtises, il finit par perdre la confiance de ses lecteurs. Ce n’est pas plus compliqué. Ainsi, un journal porte une marque – Le Canard Enchaîné, par exemple. Cette marque est porteuse de confiance et chaque article de chacun de ses journalistes vient entretenir – ou ternir – cette image, chaque jour. La compétence fait tout.
Enfin, il convient de s’inquiéter de la pluralité et de l’indépendance des capitaux qui financent. Le risque n’est pas tant qu’un « journaliste » dise du bien de Microsoft, de Google ou de Total si ceux-ci le financent en partie. Ce serait de la publicité sous un autre nom, et le tricheur sera vite repéré. Par contre, celui qui flatte un Hollande, un Mélenchon voire un Lénine est un plus clair danger. Et c’est dans ce domaine de la collusion avec le politique que la question des finances est la plus aiguë.
Le problème financier du journalisme n’est pas son indépendance des capitaux privés, mais son indépendance des subventions étatiques qui ligotent sa critique du pouvoir politique. Or quand on regarde la part des subventions dans les revenus de la presse en France, on a vite compris qu’il n’est possible d’imaginer aucun média « mainstream » en capacité de critique du pouvoir. Quelle surprise.
Citations
« Le grand ennemi de la vérité n’est très souvent pas le mensonge – délibéré, artificiel et malhonnête – mais le mythe – persistant, persuasif et irréaliste. » -- John Fitzgerald Kennedy
« Si l’on était responsable que des choses dont on a conscience, les imbéciles seraient d’avance absous de toute faute. ... l’homme est tenu de savoir. L’homme est responsable de son ignorance. L’ignorance est une faute. » -- Milan Kundera
« En des temps de tromperie, dire la vérité est un acte révolutionnaire. » -- Georges Orwell
« Dans la Pravda, il n’y a pas la vérité, dans les Izvestia, il n’y a pas les nouvelles. » -- Proverbe soviétique
« Les journalistes ne croient pas les mensonges des hommes politiques, mais ils les répètent ! C’est pire ! » -- Coluche
Monday, January 11, 2010
Malinformation ordinaire d'un français votant à gauche
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