(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
Un événement qui prend la monnaie comme sujet est assez rare. A Mazamet, ce 9 mars dernier, la sortie d’un livre « Les secrets de la monnaie » a été pris comme prétexte par les socialistes locaux pour organiser un débat sur « Changer la monnaie pour changer le monde », rien de moins. En tant que libéral, face à cuisine monétaire de nos sociales-démocraties, je salue l’intérêt apporté à ce sujet difficile et central à la société humaine. Voilà donc une grande et intéressante ambition issue de notre région ! Hélas, sans juger l’événement mazamétain ni le livre, constatons que ces débats sombrent dans les travers les plus communs en la matière. Accordons-leur qu’ils aboutissent sur de bonnes questions – celles pour lesquelles tout libéral apporte les seules réponses depuis toujours.
Ainsi un tel débat commence souvent bien en rappelant que la monnaie est « l’instrument commun et universel des échanges ». En effet, instrument social, la monnaie n’a d’autre fonction que de faciliter les échanges commerciaux et se doit de conserver la valeur ainsi transférée pour de futurs échanges. Mais très vite, on assiste au dérapage avec « l’accès libre et équitable » à la monnaie comme « indispensable au progrès et à la prospérité ». Or il existe deux types de monnaies.
Les monnaies métalliques (or, argent…) n’ont jamais posé de question d’équité. Leur reconnaissance par le marché, à l’abri des manipulations politiques, suffisait à assurer leur caractère éthique. Mais la monnaie contemporaine n’est plus une monnaie marchande. Arme politicienne, sa dématérialisation sur du papier sans valeur marchande permet à ceux qui s’arrogent le pouvoir d’en produire à l’envi. Si l’euro pose ainsi question en matière d’éthique, aucune monnaie ne pose de problème d’accès. On en a ou pas, selon sa capacité à valoriser son activité. Où est le problème ? De plus, ce n’est pas la monnaie qui fait le progrès, ni surtout la richesse, surtout quand il est constaté qu’elle ne vaut plus rien ! Même l’accès au crédit n’est pas une question de monnaie, mais d’investissement.
Les âmes bien-pensantes estiment que « les conditions d’accès à la monnaie sont fondamentales … pour l’accomplissement de la démocratie ». Totalement démagogique, car si une monnaie en général suscite plutôt la convoitise des hommes politiques, l’or, par exemple, n’a aucune « condition d’accès autre que l’échange » et est dénué de tout pouvoir politique. Pour l’euro, c’est différent : la monnaie est créée à discrétion par les banquiers, qui en disposent avant tous les autres citoyens, ce qui les enrichit. Le montant en euro sur le papier ne reflète absolument pas la valeur réelle du papier que vous avez entre les mains. Hautement immoral et arbitraire, ce n’est qu’une belle escroquerie.
Souvent, les auditeurs entendent un message fort comme : « Espérer obtenir une société libre et respectueuse du droit des personnes avec un système monétaire qui viole ces principes est une utopie ». Cette phrase résume parfaitement le problème du système monétaire mondial et ses enjeux sociétaux. Là où c’est comique, c’est que les valeurs de « société libre » et de « droit des personnes » sont des valeurs libérales bafouées régulièrement par les sociales-démocraties.
En conclusion, vous entendrez « qu’il est nécessaire de proposer des solutions alternatives concrètes ». Mais rien de concret ni de réaliste ne surgira de ce type de débat. Or le libéral a compris et expliqué depuis longtemps le rôle des mécanismes monétaires. Les vraies solutions alternatives sont tout aussi connues : elles s’appellent libéralisation de la monnaie, abandon de toute banque centrale et retour à une contre-valeur métal marchandise comme monnaie universelle. Le retour à la liberté est la seule condition d’une société libre et respectueuse du droit des personnes. Mais les socialistes et sociaux-démocrates en sont bien incapables, pour le plus grand malheur des peuples.
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Monday, December 18, 2017
Wednesday, December 6, 2017
Et si... le monopole monétaire conduisait à la violence ?
(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
Pouvoir imposer ses prix est pour celui qui fournit un produit ou un service une formidable occasion de vivre de rentes, et ce donc au détriment de ses clients, dont le choix n’est plus libre. Mais pouvoir imposer ses prix et disposer du privilège exclusif de la vente de ses produits suppose toujours que la concurrence doit avoir été rayée par la loi. Voilà le beau rêve de bien des producteurs : le monopole. Et rappelons-le pour ceux qui en douteraient encore : il n’y a pas de monopole sur le marché libre.
Par nature, l’échange économique libre est pacifique, car choisi. Lorsque vous décidez d’un achat, aucun commerçant ne vous force à choisir son produit, contrairement au système politique qui vous impose ses services et ses impôts. Tout monopole est donc à voir comme une violence à l’encontre de l’humanité, car la finalité est plus de tricher que de d’affronter le marché en réponse à un besoin.
Pourquoi alors la monnaie devrait-elle faire l’objet d’un monopole, donc par la loi ? Constatons ainsi qu’avoir laissé le monopole de création monétaire aux mains d’une institution monopoliste (état ou banque centrale) a entraîné et entraîne encore une inflation qui n’est que violence faite aux bas de laine. Constatons que l’être humain n’a plus la possibilité du choix de sa monnaie. (*) Constatons qu’il doit spéculer sur d’autres produits pour protéger ses économies des déséquilibres monétaires et économiques qui en découlent. Enfin constatons que le monopole monétaire ne sert que les institutions et ceux qui ont compris comment en profiter, mais jamais les peuples, qui paient le prix.
La concurrence oblige à la performance et sert l’intérêt du petit peuple. Protéger les peuples par la concurrence monétaire est nécessaire pour obliger les fournisseurs de monnaie à être performants, mais encore faudrait-il que la concurrence monétaire soit instaurée. C’est même plus exigeant que cela : la concurrence monétaire pousse à sortir de la logique d’émetteur de monnaie à celle de monnaie émergeant du marché par le choix spontané et combiné des foules d’acteurs du marché.
Les citoyens sont soumis à la contrainte du paiement des impôts et taxes à l’institution monopoliste qu’est l’état. Les hommes de l’état, pour justifier tous ces prélèvements, prétendent que leur travail est effectué dans un soi-disant intérêt général. Mais eux, agissent-ils de manière désintéressée ?
En effet, constatez que la finalité des hommes d’état n’est pas votre bonheur (avez-vous besoin de l’état pour vivre ?) mais bien de vous faire payer. Même si vous êtes un travailleur honnête, refuser de vous faire piller vous fera taxer de fraudeur fiscal ! Le terme « imposer » est un signe de violence. Quiconque affirme agir dans l’intérêt général prétend détenir un monopole qui ne pourra s’exprimer que dans la violence, l’histoire sécrète de nombreux exemples qui finissent dans un bain de sang.
Le monopole monétaire a un but plus sordide encore : notre appauvrissement planifié. L’état n’a en aucun cas intérêt à ce que ses citoyens s’enrichissent tous de trop. La pleine prospérité de la masse donnerait à chacun de nous, ou du moins à une forte minorité motivée, les moyens de s’opposer, voire de se révolter et de pousser à l’indépendance. Pour assurer ses revenus, l’état doit assurer notre dépendance, qui passe pour beaucoup par une relative pauvreté. C’est là qu’intervient l’autre face de la monnaie et de l’inflation, qui en plus d’enrichir l’état nous interdisent la libre prospérité.
La raison humaine ne peut admettre durablement le monopole sous quelque forme que ce soit. A contrario, la concurrence assumée permet le libre choix de contracter ou nom avec celui qui fournit un produit ou un service : la monnaie, outil social essentiel, est elle aussi du domaine du libre choix.
(*) Cet article fut écrit à un moment où le BitCoin était connu mais restait largement hypothétique et les valeurs qu’il atteint à ce jour (11 000 € ou plus) n’avaient rien de vraisemblables. Pour autant, le statut de monnaie réelle, courante et universelle est encore loin d’être atteint pour ce type de technologies en plein essor et qui fait bien du bruit, mais qui n’est pas encore arrivé dans les poches.
Pouvoir imposer ses prix est pour celui qui fournit un produit ou un service une formidable occasion de vivre de rentes, et ce donc au détriment de ses clients, dont le choix n’est plus libre. Mais pouvoir imposer ses prix et disposer du privilège exclusif de la vente de ses produits suppose toujours que la concurrence doit avoir été rayée par la loi. Voilà le beau rêve de bien des producteurs : le monopole. Et rappelons-le pour ceux qui en douteraient encore : il n’y a pas de monopole sur le marché libre.
Par nature, l’échange économique libre est pacifique, car choisi. Lorsque vous décidez d’un achat, aucun commerçant ne vous force à choisir son produit, contrairement au système politique qui vous impose ses services et ses impôts. Tout monopole est donc à voir comme une violence à l’encontre de l’humanité, car la finalité est plus de tricher que de d’affronter le marché en réponse à un besoin.
Pourquoi alors la monnaie devrait-elle faire l’objet d’un monopole, donc par la loi ? Constatons ainsi qu’avoir laissé le monopole de création monétaire aux mains d’une institution monopoliste (état ou banque centrale) a entraîné et entraîne encore une inflation qui n’est que violence faite aux bas de laine. Constatons que l’être humain n’a plus la possibilité du choix de sa monnaie. (*) Constatons qu’il doit spéculer sur d’autres produits pour protéger ses économies des déséquilibres monétaires et économiques qui en découlent. Enfin constatons que le monopole monétaire ne sert que les institutions et ceux qui ont compris comment en profiter, mais jamais les peuples, qui paient le prix.
La concurrence oblige à la performance et sert l’intérêt du petit peuple. Protéger les peuples par la concurrence monétaire est nécessaire pour obliger les fournisseurs de monnaie à être performants, mais encore faudrait-il que la concurrence monétaire soit instaurée. C’est même plus exigeant que cela : la concurrence monétaire pousse à sortir de la logique d’émetteur de monnaie à celle de monnaie émergeant du marché par le choix spontané et combiné des foules d’acteurs du marché.
Les citoyens sont soumis à la contrainte du paiement des impôts et taxes à l’institution monopoliste qu’est l’état. Les hommes de l’état, pour justifier tous ces prélèvements, prétendent que leur travail est effectué dans un soi-disant intérêt général. Mais eux, agissent-ils de manière désintéressée ?
En effet, constatez que la finalité des hommes d’état n’est pas votre bonheur (avez-vous besoin de l’état pour vivre ?) mais bien de vous faire payer. Même si vous êtes un travailleur honnête, refuser de vous faire piller vous fera taxer de fraudeur fiscal ! Le terme « imposer » est un signe de violence. Quiconque affirme agir dans l’intérêt général prétend détenir un monopole qui ne pourra s’exprimer que dans la violence, l’histoire sécrète de nombreux exemples qui finissent dans un bain de sang.
Le monopole monétaire a un but plus sordide encore : notre appauvrissement planifié. L’état n’a en aucun cas intérêt à ce que ses citoyens s’enrichissent tous de trop. La pleine prospérité de la masse donnerait à chacun de nous, ou du moins à une forte minorité motivée, les moyens de s’opposer, voire de se révolter et de pousser à l’indépendance. Pour assurer ses revenus, l’état doit assurer notre dépendance, qui passe pour beaucoup par une relative pauvreté. C’est là qu’intervient l’autre face de la monnaie et de l’inflation, qui en plus d’enrichir l’état nous interdisent la libre prospérité.
La raison humaine ne peut admettre durablement le monopole sous quelque forme que ce soit. A contrario, la concurrence assumée permet le libre choix de contracter ou nom avec celui qui fournit un produit ou un service : la monnaie, outil social essentiel, est elle aussi du domaine du libre choix.
(*) Cet article fut écrit à un moment où le BitCoin était connu mais restait largement hypothétique et les valeurs qu’il atteint à ce jour (11 000 € ou plus) n’avaient rien de vraisemblables. Pour autant, le statut de monnaie réelle, courante et universelle est encore loin d’être atteint pour ce type de technologies en plein essor et qui fait bien du bruit, mais qui n’est pas encore arrivé dans les poches.
Friday, December 1, 2017
Et si… tous les Nobel de la Terre…
(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
A la sortie de la messe de Davos, nous arrivons dans la période annuelle où va se répéter une autre messe mondiale, tout aussi ridicule. Le Prix Nobel voulait saluer à l’origine les meilleurs travaux scientifiques, mais il s’est vu dévoyé sur deux matières pour en devenir un sommet de politiquement correct contre-productif : la paix et l’économie. On passera ici sur le Nobel de la Paix en espérant juste que cette année il aille à un Edward Snowden plutôt qu’à nouveau à un despote tel Obama. Mais il est probable que le Nobel d’Economie cette fois encore soit remis à un incompétent, j’ai nommé entre autres les Paul Krugman, Joseph Stiglitz ou Amartya Sen ou nombreux similaires.
Comment un simple citoyen peut-il se permettre une affirmation aussi péremptoire ? C’est tout simplement une question d’information, que vous pouvez vérifier par vous-même. Je sais qu’il existe une autre théorie économique que les leurs. Une qui « marche ». Cette théorie, dite de l’école autrichienne, explique bien mieux tous les phénomènes économiques, tout en restant bien plus digeste et abordable que les usines à gaz mathématiques célébrées par l’académie suédoise.
Pour être exact, il y a un et un seul économiste véritable qui fut célébré par les Nobel au cours des quarante dernières années : Friedrich von Hayek, en 1974, un économiste issu de cette école autrichienne justement, l’exception qui confirme la règle. Il fut récompensé pour avoir su exprimer le rôle informationnel majeur que jouent le (libre) marché et les prix à l’échelle planétaire pour faire se rencontrer offre et demande. Là où beaucoup croient devoir aligner les fonctionnaires, Hayek explique que le marché libre fait mieux juste en laissant les gens commercer librement.
A l’inverse, une des aberrations des économistes « tendance Nobel » et en général aussi tendance gauchiste tient en leur croyance en la « relance » économique par l’injection de monnaie. Or il est facile d’expliquer à quel point cela ne repose sur rien de réel, ou plutôt rien de réaliste, et combien c’est là la racine même de nos crises depuis plus de 40 ans. On ne peut relancer une économie, car une économie – on devrait parler de marché, plutôt – est faite par les gens, pas par les politiciens.
Imaginez qu’à un instant l’ensemble des Français possèdent disons 1 milliard d’euros – je simplifie en oubliant les autres pays. Puis que la Banque de France émette 1 autre milliard. Ce nouveau milliard va permettre au début à ceux qui l’ont émis et donc qui l’ont au bout des doigts d’acquérir des richesses – mais notez bien, pas d’en créer, juste d’en acquérir. Cette demande plus forte va faire monter les prix atour d’eux, puis plus loin au fur et à mesure que la manne se répand, jusqu’au moment où ce double d’euros en circulation soit fini d’intégrer. Deux fois plus d’euros, mais aucune richesse créée. Comme la monnaie est deux fois moins rare, elle vaut en gros deux fois moins et donc les prix montent jusqu’à doubler en moyenne. Mais les salaires eux, n’ont pas encore monté…
Cette explication simple mais réaliste – elle porte un nom depuis 300 ans, on l’appelle l’effet Cantillon – met plusieurs choses en lumière. D’abord, que l’économie, c’est simple et ne nécessite aucune équation compliquée. Ceux qui vous dirons l’inverse sont soit des menteurs soit des irréfléchis. Ensuite, la création de monnaie ne crée pas de richesse. Au contraire, comme les prix montent mais pas les bas de laine, elle appauvrit le peuple et surtout les plus pauvres par inflation. En plus, on voit au contraire que ceux qui profitent le plus de la nouvelle monnaie sont ceux qui l’émettent avant la hausse des prix, donc l’état et la finance. La création monétaire enrichit les bureaucrates et appauvrit le peuple – bref tout l’inverse de ce qu’on voudrait nous faire entendre.
Vous croyez que je me trompe ? Cherchez par vous-même, réfléchissez, vous vous rendrez compte.
A la sortie de la messe de Davos, nous arrivons dans la période annuelle où va se répéter une autre messe mondiale, tout aussi ridicule. Le Prix Nobel voulait saluer à l’origine les meilleurs travaux scientifiques, mais il s’est vu dévoyé sur deux matières pour en devenir un sommet de politiquement correct contre-productif : la paix et l’économie. On passera ici sur le Nobel de la Paix en espérant juste que cette année il aille à un Edward Snowden plutôt qu’à nouveau à un despote tel Obama. Mais il est probable que le Nobel d’Economie cette fois encore soit remis à un incompétent, j’ai nommé entre autres les Paul Krugman, Joseph Stiglitz ou Amartya Sen ou nombreux similaires.
Comment un simple citoyen peut-il se permettre une affirmation aussi péremptoire ? C’est tout simplement une question d’information, que vous pouvez vérifier par vous-même. Je sais qu’il existe une autre théorie économique que les leurs. Une qui « marche ». Cette théorie, dite de l’école autrichienne, explique bien mieux tous les phénomènes économiques, tout en restant bien plus digeste et abordable que les usines à gaz mathématiques célébrées par l’académie suédoise.
Pour être exact, il y a un et un seul économiste véritable qui fut célébré par les Nobel au cours des quarante dernières années : Friedrich von Hayek, en 1974, un économiste issu de cette école autrichienne justement, l’exception qui confirme la règle. Il fut récompensé pour avoir su exprimer le rôle informationnel majeur que jouent le (libre) marché et les prix à l’échelle planétaire pour faire se rencontrer offre et demande. Là où beaucoup croient devoir aligner les fonctionnaires, Hayek explique que le marché libre fait mieux juste en laissant les gens commercer librement.
A l’inverse, une des aberrations des économistes « tendance Nobel » et en général aussi tendance gauchiste tient en leur croyance en la « relance » économique par l’injection de monnaie. Or il est facile d’expliquer à quel point cela ne repose sur rien de réel, ou plutôt rien de réaliste, et combien c’est là la racine même de nos crises depuis plus de 40 ans. On ne peut relancer une économie, car une économie – on devrait parler de marché, plutôt – est faite par les gens, pas par les politiciens.
Imaginez qu’à un instant l’ensemble des Français possèdent disons 1 milliard d’euros – je simplifie en oubliant les autres pays. Puis que la Banque de France émette 1 autre milliard. Ce nouveau milliard va permettre au début à ceux qui l’ont émis et donc qui l’ont au bout des doigts d’acquérir des richesses – mais notez bien, pas d’en créer, juste d’en acquérir. Cette demande plus forte va faire monter les prix atour d’eux, puis plus loin au fur et à mesure que la manne se répand, jusqu’au moment où ce double d’euros en circulation soit fini d’intégrer. Deux fois plus d’euros, mais aucune richesse créée. Comme la monnaie est deux fois moins rare, elle vaut en gros deux fois moins et donc les prix montent jusqu’à doubler en moyenne. Mais les salaires eux, n’ont pas encore monté…
Cette explication simple mais réaliste – elle porte un nom depuis 300 ans, on l’appelle l’effet Cantillon – met plusieurs choses en lumière. D’abord, que l’économie, c’est simple et ne nécessite aucune équation compliquée. Ceux qui vous dirons l’inverse sont soit des menteurs soit des irréfléchis. Ensuite, la création de monnaie ne crée pas de richesse. Au contraire, comme les prix montent mais pas les bas de laine, elle appauvrit le peuple et surtout les plus pauvres par inflation. En plus, on voit au contraire que ceux qui profitent le plus de la nouvelle monnaie sont ceux qui l’émettent avant la hausse des prix, donc l’état et la finance. La création monétaire enrichit les bureaucrates et appauvrit le peuple – bref tout l’inverse de ce qu’on voudrait nous faire entendre.
Vous croyez que je me trompe ? Cherchez par vous-même, réfléchissez, vous vous rendrez compte.
Tuesday, November 21, 2017
Chypre, la première d’un printemps européen ?
(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)
Ces derniers jours, les journaux titraient « Ultimatum de l’Europe à Chypre » ou « réunion de la dernière chance ». Mais qu’en est-il vraiment ? Nul doute que chaque jour continue d’apporter son lot de rebondissements. Lorsque cette chronique paraîtra, la situation aura déjà évolué. Pourtant, une tendance se dégage déjà : Chypre n’est pas une nouvelle petite Grèce. C’est sans doute le début d’un mouvement bien plus profond de la crise vécue par les peuples européens.
Pendant ces derniers jours, une française habitant Nicosie, a eu les honneurs des ondes : BFM, RMC, Europe 1… Une femme courageuse qui a quitté la France il y a 10 ans pour faire ailleurs ce que son pays ne lui permettait plus de faire. Il se trouve qu’étant libérale, j’ai des contacts avec elle. Après quelques jours, les passages radios cessent : son témoignage cloche trop, il est passé du scoop à l’action médiatique. L’action de quelqu’un, qui menacé de tout perdre et qui voit juste, dérange le pouvoir et sa logorrhée monétariste. La cause de la crise chypriote, c’est l’exposition du système bancaire de ce pays dopé comme les autres à la dette étatique.
Ce qui se passe à Chypre n’est pas juste une autre crise grecque ou espagnole. Parce qu’ils se sont précipités sous la pression de Bruxelles, les nouveaux dirigeants chypriotes (plus amateurs que nos politicards professionnels ?), succédant à des communistes ayant laminé les finances publiques de l’île, ont commis l’erreur de proposer une taxe sur les dépôts bancaires préparée par la bureaucratie locale depuis plusieurs mois. En sombrant dans le vandalisme, la véritable nature de la technocratie européenne envers le droit et le peuple est révélée : un profond dédain, un mépris absolu pour la propriété privée, droit naturel sacré à la base même de toute civilisation. Maintenant il doit être compris que « taxer c’est voler » ! Toujours plus de dette publique, c’est toujours plus de spoliation sur le privé. Et la bonne nouvelle, c’est que ce peuple dynamique ne se laisse pas faire.
Bien sûr, la Troïka européenne ne veut pas en rester là : le but n’est pas de sauver Chypre, mais le système de monnaie papier à la base de la spoliation des citoyens. Les kleptocrates européens ne tolèrent pas que leurs plans subissent un tel grain de sable : ils préfèrent sacrifier l’Europe et les peuples au profit de l’euro. L’Eurogroupe ne veut surtout pas que le monde sache que Chypre n’a pas besoin d’eux. Les images diffusées doivent être celles d’un désarroi populaire. Pourtant, mon amie témoigne du contraire. Alors que les infos nous disent que « la population est au bord de l'asphyxie, l'essence va bientôt manquer, les gens sont désespérés », cette française qui connaît le pays est en direct sur Europe 1 à exprimer « sa totale confiance dans la capacité de ce pays à se sauver de cette situation de blocus financier ».
Intox médiatique savamment orchestrée. Localement, contrairement à ce qui se dit, la colère populaire gronde encore. Des gens de toutes opinions s’organisent pour ne pas laisser le système piller leurs économies – car c’est bien de cela qu’il s’agit au bout du compte. Cet accord de sauvetage par l’argent des déposants va laisser des traces sur la confiance des investisseurs étrangers envers le système bancaire européen et des citoyens envers leurs politiques.
La raison en est simple : le droit de propriété, pierre angulaire de toute la société libre a été bafoué. Mais ce qui est à la fois extraordinaire et rassurant, c’est que lorsqu’on y touche de manière trop visible, trop évidente, le peuple de toutes opinions réagit pour sauver ce droit venu des millénaires. Cependant laisser croire qu’en ne spoliant que les riches de ce petit pays solutionnera nos propres turpitudes est évidemment une erreur : les vrais droits sont ceux de l’être et non de l’avoir !
Ces derniers jours, les journaux titraient « Ultimatum de l’Europe à Chypre » ou « réunion de la dernière chance ». Mais qu’en est-il vraiment ? Nul doute que chaque jour continue d’apporter son lot de rebondissements. Lorsque cette chronique paraîtra, la situation aura déjà évolué. Pourtant, une tendance se dégage déjà : Chypre n’est pas une nouvelle petite Grèce. C’est sans doute le début d’un mouvement bien plus profond de la crise vécue par les peuples européens.
Pendant ces derniers jours, une française habitant Nicosie, a eu les honneurs des ondes : BFM, RMC, Europe 1… Une femme courageuse qui a quitté la France il y a 10 ans pour faire ailleurs ce que son pays ne lui permettait plus de faire. Il se trouve qu’étant libérale, j’ai des contacts avec elle. Après quelques jours, les passages radios cessent : son témoignage cloche trop, il est passé du scoop à l’action médiatique. L’action de quelqu’un, qui menacé de tout perdre et qui voit juste, dérange le pouvoir et sa logorrhée monétariste. La cause de la crise chypriote, c’est l’exposition du système bancaire de ce pays dopé comme les autres à la dette étatique.
Ce qui se passe à Chypre n’est pas juste une autre crise grecque ou espagnole. Parce qu’ils se sont précipités sous la pression de Bruxelles, les nouveaux dirigeants chypriotes (plus amateurs que nos politicards professionnels ?), succédant à des communistes ayant laminé les finances publiques de l’île, ont commis l’erreur de proposer une taxe sur les dépôts bancaires préparée par la bureaucratie locale depuis plusieurs mois. En sombrant dans le vandalisme, la véritable nature de la technocratie européenne envers le droit et le peuple est révélée : un profond dédain, un mépris absolu pour la propriété privée, droit naturel sacré à la base même de toute civilisation. Maintenant il doit être compris que « taxer c’est voler » ! Toujours plus de dette publique, c’est toujours plus de spoliation sur le privé. Et la bonne nouvelle, c’est que ce peuple dynamique ne se laisse pas faire.
Bien sûr, la Troïka européenne ne veut pas en rester là : le but n’est pas de sauver Chypre, mais le système de monnaie papier à la base de la spoliation des citoyens. Les kleptocrates européens ne tolèrent pas que leurs plans subissent un tel grain de sable : ils préfèrent sacrifier l’Europe et les peuples au profit de l’euro. L’Eurogroupe ne veut surtout pas que le monde sache que Chypre n’a pas besoin d’eux. Les images diffusées doivent être celles d’un désarroi populaire. Pourtant, mon amie témoigne du contraire. Alors que les infos nous disent que « la population est au bord de l'asphyxie, l'essence va bientôt manquer, les gens sont désespérés », cette française qui connaît le pays est en direct sur Europe 1 à exprimer « sa totale confiance dans la capacité de ce pays à se sauver de cette situation de blocus financier ».
Intox médiatique savamment orchestrée. Localement, contrairement à ce qui se dit, la colère populaire gronde encore. Des gens de toutes opinions s’organisent pour ne pas laisser le système piller leurs économies – car c’est bien de cela qu’il s’agit au bout du compte. Cet accord de sauvetage par l’argent des déposants va laisser des traces sur la confiance des investisseurs étrangers envers le système bancaire européen et des citoyens envers leurs politiques.
La raison en est simple : le droit de propriété, pierre angulaire de toute la société libre a été bafoué. Mais ce qui est à la fois extraordinaire et rassurant, c’est que lorsqu’on y touche de manière trop visible, trop évidente, le peuple de toutes opinions réagit pour sauver ce droit venu des millénaires. Cependant laisser croire qu’en ne spoliant que les riches de ce petit pays solutionnera nos propres turpitudes est évidemment une erreur : les vrais droits sont ceux de l’être et non de l’avoir !
Wednesday, September 28, 2011
Réponse a un logicien du dimanche
Stéphane Laborde, l'auteur farfelu de la "Théorie Relative de la Monnaie" et en rapport, du site http://www.creationmonetaire.info/, croit, dans son post "Philosophie Politique", avoir trouvé l'idée géniale et consensuelle permettant d'expliquer à la fois aux socialos et aux libertariens, mais aussi au passage au détracteur de sa 'TRM' que je suis, qu'ils ont tous un problème de logique et qu'en fait ils ne sont pas tant en opposition qu'on veut bien le dire - et surtout sans que eux, ces idiots, s'en rendent compte.
Il nous livre ainsi un de ces articles dont il a le secret, où comme pour la monnaie dont il aurait refondé la théorie, sous couvert de rigueur scientifico-logique, il est affligeant d'ineptie et de manque de lucidité. Voyons donc ce qu'il en est de cette prose philo-politique...
M.Laborde nous explique que : "Le problème vient de l'incompréhension de la nature des modèles logiques ou mathématiques. Une profonde incompréhension de la nature de ce que signifie "vrai" ou "faux", système logique cohérent ou incohérent. Mais que par ailleurs les jusnaturalistes font eux mêmes vis à vis des autres courants libéraux comme le géolibertarianisme et d'autres variations du libartarianisme dont le le libéralisme de gauche. Il faut donc éclaircir ce point d'abord d'un point de vue théorique général sur la nature d'un modèle et la logique, puis plus particulièrement sur les différences particulières entre ces courants libéraux."
En substance, les libertariens comme tout le monde n'ont pas compris qu'il y a plusieurs "univers logiques", que même vrai-ou-faux est une question de point de vue et donc que tout le monde a raison - ce qui au passage lui permet de justifier les soi-disant géolibertariens dont il se revendique. Nous verrons que c'est plutôt lui qui a un problème de fantaisie et de manque de rigueur...
Il continue ainsi en donnant comme exemple, classique, les conséquence de la découverte que la géométrie que nous connaissons tous, dite "euclidienne", n'est pas vraiment contradictoire avec la "non-euclidienne" : "En effet on a donc la géométrie euclidienne qui pose pour axiome (vérité posée "à priori" et base d'un système logique), (a) "deux droites parallèles ne se coupent pas". Quand Gauss affirme qu'il peut bâtir un système logique tout à fait cohérent qui pose (b) "deux droites parallèles peuvent se couper" le débat est lancé, et il est violent car on voit immédiatement que (a) et (b) s'opposent frontalement."
Il développe pour bien être sûr que les ignares que nous sommes comprennent et sont marqués à vie par le fer blanc de son génie, puis à partir de là, il en conclut que tout est possible, on peut dire tout et son contraire, car en fait il s'agit de choisir le bon référentiel, le bon univers logique : "Et donc on peut de façon très libre définir toute sorte de modèles, cohérents ou incohérents les uns par rapport aux autres, la cohérence étant une notion parfaitement relative, et donc la "vérité", le "vrai" ou le "faux", n'existent pas hors du modèle de référence qui permet de s'assurer que les assertions vraies ou fausses sont conformes ou non conformes au processus d'inférence (démonstrations à partir des axiomes). Sans donc préciser à quel modèle vous faites référence pour affirmer ou infirmer une affirmation vous êtes dans la liberté de choix de ce que vous définissez comme vrai ou faux. Mieux, vous proposez une définition conceptuelle qui peut n'avoir aucun référent dans un autre modèle. Il est donc vain d'affirmer que tel ou tel modèle est "absurde" ou "extrême" ou quoi que ce soit d'autre, si vous ne précisez pas le modèle de référence à partir duquel vous inférez ce résultat." (on ne s'attachera pas à noter les fautes d'orthograve...)
Soyons clairs, Stéphane Laborde ne dit pas que des bêtises - c'est d'ailleurs ce qui le rend dangereux pour la liberté. Il est tout à fait vrai que raisonner sur la base d'hypothèses aussi différentes que les axiomes euclidiens ou gaussiens conduit à des conclusions sans aucun rapports entre elles. Mais là s'arrête sa pertinence.
Car il commet dans cet exercice deux erreurs fondamentales : il croit que dans la vraie vie on peut librement choisir son univers logique et il croit qu'on peut être dans plusieurs univers en même temps. Hélas, on ne choisit pas la nature humaine, elle s'impose à nous.
Quel rapport avec la géométrie ? Dans la vie quotidienne, on se place le plus souvent dans l'hypothèse que les axiomes euclidiens s'appliquent. Ainsi l'architecte qui conçoit une tour immense suppose que ses parois verticales sont parallèles, qu'elles ne se se coupent pas. Est-ce un acte libre et gratuit de sa part, pouvait-il choisir autrement ? Non point, la géométrie euclidienne est utilisée simplement parce qu'elle modélise au plus près notre réalité et permet de ce fait d'obtenir des résultats fiables, c'est-à-dire en accord avec la réalité de ce monde où les parallèles sont... parallèles. Faites autrement, et votre tour s'écroule, comme l'euro de nos jours.
A l'inverse, mais selon la même logique, le marin - ou l'aviateur - choisit quant à lui la géométrie sphérique, une de celles où il existe des droites parallèles qui se coupent - les méridiens. Grâce à la géométrie sphérique, il peut calculer son itinéraire ou sa position en tenant au mieux compte de la rondeur de notre planète - problème que n'a pas l'architecte. Là encore, son choix, quoi que différent de celui de l'architecte, n'est pas un choix arbitraire, mais un choix de raison : il choisit le modèle, la théorie qui est la plus adaptée.
Certes, l'un comme l'autre pourrait décider d'utiliser une autre géométrie encore, mais leur liberté apparente serait alors "payée" par des résultats totalement farfelus ou par une complexité de calcul démesurée. On ne retiendra donc pas cette hypothèse car elle ne correspond à aucune réalité : dans la réalité, c'est la réalité justement qui détermine la théorie applicable, le choix de théorie est une pure illusion ou une fantaisie sans consistance. On ne modélise pas par plaisir ou par idéologie, mais par efficacité.
On en conclut donc que la soi-disant solution proposée par M.Laborde n'en est pas une, nous ne pouvons pas sauter d'une théorie à l'autre à notre gré pour valider toutes les incohérences du monde, simplement parce qu'il n'y a pas plusieurs théories - mais une seule - applicable à notre réalité physique et socio-économique. Et s'il devait en exister plusieurs, il faudrait qu'elles soient compatibles sans être incohérentes. L'incohérence théorique en matière sociale, ce n'est pas la liberté de l'observateur, mais c'est l'incompatibilité avec la nature humaine.
Enfonçons le clou, je vois venir l'objection : oui mais votre exemple ne parle que d'individus, donc d'un individu à un autre on pourrait parfaitement accepter de telles différences de référentiels et d'hypothèses. Non, cela ne marche pas non plus, simplement parce que la réalité est la même pour tout le monde. Il n'y a pas une réalité et un modèle pour la prof de philo de l'article et une autre pour l'économiste ou le "libéral de gauche". Tous sont condamnés à adopter la théorie qui colle le mieux à la réalité unique - celle promue par les libertariens - sauf à rester dans leur rêves idéologiques.
Revenons à la suite de l'article et exposé de Stéphane Laborde : "Passons donc maintenant à nos philosophies politiques. Il semble que dans cette vidéo cette enseignante a pour modèle de référence un modèle de type "autoritarisme socialiste" qui postule que l'Etat est central, fondamental. A partir de ce modèle, il est tout à fait justifié de déclarer qu'une position qui postule que l'Etat n'a pas de sens, que seuls existent des individus qui doivent se prendre en charge, est absurde et que par ailleurs la démocratie n'est pas forcément un modèle de société idéal. Mais l'inverse est vrai. A partir du modèle qui pose pour axiome la négation de la pertinence de l'Etat et qui pose la propriété comme devant être conforme à un autre axiome qui est le droit naturel (jusnaturalisme), bien évidemment, les modèles logiques qui réfutent ces assertions de façon axiomatique ou inférentielle apparaissent absurdes.
Il s'agit donc d'un dialogue de sourds, si chacune des parties ne fait qu'asséner de façon péremptoire des "vérités" qui ne sont que les conséquences de propositions axiomatiques particulières."
Son raisonnement se confirme et illustre bien mon propos : la vision politique de chacun dépend de son modèle de référence et ceci explique les malentendus entre personnes ne se référant pas au même modèle. Certes. Mais son erreur se confirme, il ne voit pas qu'on n'a pas cette liberté de pouvoir choisir >avec pertinence< le modèle de référence. Autrement dit, la prof de philosophie s'appuie peut-être sur une vision étatiste du monde, cela explique son discours, mais il n'en demeure pas moins qu'elle raconte des conneries justement parce qu'elle se réfère à un modèle totalement déconnecté de la réalité.
Notre ami en vient peu à peu à son sujet véritable - tout ceci jusqu'ici n'était qu'artifice et poudre aux yeux, son véritable objectif c'est bien sûr de nous expliquer qu'on peut être libéral et de gauche et que sa théorie de la monnaie est la seule valable. Pauvre garçon.
Voyons ce qu'il nous dit : "Quelle est la position du libéralisme de gauche dans ce débat ? Le libéralisme de gauche pose comme principe fondateur, comme axiome, ni le droit naturel, ni l'existence ou l'absence d'Etat ni l'autoritarisme, mais les libertés. Conformément au fondement du libéralisme liberté signifie non-nuisance. Aussi si droit il y a il doit être librement établi et donc modifiable par les individus par des moyens acceptables (exemple : pouvoir modifier la Constitution par une initiative démocratique), si Etat il y a il doit respecter les individus avant toute chose et ne doit en avantager ou désavantager aucun à commencer par ceux qui travaillent pour lui, donc appliquer un principe général de symétrie envers tous, permettre par exemple la subsidiarité etc... Si autoritarisme il y a ce ne peut être que pour s'assurer de la défense des droits de tous etc..."
La phrase importante, c'est la seconde : il prend comme axiome les libertés. Diantre. On l'a vu, on ne choisit pas son ou ses axiomes comme on choisit une chemise dans un dressing, il s'agit qu'il y ait de la pertinence à modéliser la réalité. Mais pire, "les libertés" ne sont tout simplement pas des axiomes, cela n'a aucun sens. Pour un libertarien la liberté - au singulier s'il vous plait - résulte de l'organisation sociale, c'est un aboutissement et non un point de départ. Pour être dans une société libre, et disposer de "libertés", il faut - et il suffit - que la société soit organisée en cohérence avec certains principes, autrement dit ces fameux "axiomes" réalistes.
Le reste de ce paragraphe est tout à fait acceptable et de bon sens. Il continue cependant avec :
"A partir de là, le libéralisme de gauche ne se prononce pas sur les propriétés individuelles ou le rôle de l'Etat autrement qu'en affirmant que leur existence n'est cohérente avec les libertés que s'ils respectent la non-nuisance vis à vis d'autrui au sein du territoire où s'applique le droit modifiable, donc l'espace-temps qu'il définit. La non-nuisance n'étant par ailleurs aucunement définie de façon absolue mais procéde d'un droit librement établi, modifiable dans le temps selon les générations successives qui le façonnent par accords mutuels, selon des processus de type démocratiques."
Cependant, sa définition du "droit" est malpropre, il oublie que le droit est par définition l'instrument de la liberté, il ne peut donc être modifié que dans cette seule hypothèse, mais c'est un autre sujet qui va au-delà de cette réponse.
Il continue hardiment avec : "On comprendra donc pourquoi le libéralisme de gauche englobe le jusnaturalisme, car tout comme la géométrie euclidienne n'est qu'un cas particulier de géométrie non-euclidienne, il ne s'agit que d'un cas particulier de droit. Mais comme le droit réellement respectueux des libertés de chaque individu ne peut être aucunement un droit "absolu" posé axiomatiquement et qui n'évoluerait pas selon les générations qui l'acceptent librement, le libéralisme de gauche ne peut-être cohérent vis à vis du jusnaturalisme qui ne peut l'intégrer, puisque ayant posé le droit naturel comme base, et pas les libertés."
Dès à présent, plus de doute, il dérape et s'enfonce, l'abîme est proche. Poser que le jusnaturalisme (mot savant pour le libertarianisme de l'école autrichienne) peut être englobé par quoi que ce soit et surtout par un libéralisme de gauche imaginaire, il fallait oser. Dans ce paragraphe, à nouveau, Stéphane Laborde se trompe deux fois.
Il parle du droit naturel, sous-jacent au libertarianisme, comme un "cas particulier", comme si on pouvait faire varier le droit dans ses fondamentaux. On retrouve l'erreur précédente du décalage avec la réalité. Le droit naturel, comme son nom l'indique, est un droit minimal, minimaliste même, qui ne pose guère que deux principes : la responsabilité individuelle et la propriété individuelle et de soi-même. Comment peut-on imaginer, en tant que libéral, que ce minimum puisse être un cas particulier et surtout que les "générations" puissent ne pas "l'accepter librement" ? Un libéral envisagerait ainsi que l'irresponsabilité individuelle puisse être un droit valable ?
Seconde erreur, le droit naturel pourrait ne pas être un "droit absolu posé axiomatiquement". Hans-Herman Hoppe, un des grands libertariens vivants, a clairement montré (http://en.wikipedia.org/wiki/Self-ownership) notamment dans "The Economics and Ethics of Private Property" que c'est exactement l'inverse, en clair que la propriété de soi, base du droit naturel, est un axiome car elle ne peut être contredite sans supposer qu'elle existe. Cela démontre une fois de plus le caractère réaliste du droit naturel, qui dès lors peut difficilement être posé comme non-absolu sans partir dans un univers qui n'est pas celui de l'espèce humaine.
Toutefois, il se rattrape - il faut lui en rendre justice - dans ce qui suit puisqu'il reconnait la cohérence des libertariens : "Mais il est un fait que le jusnaturalisme étant une théorie non-contradictoire, tout comme l'est la géométrie euclidienne il reprend du point de vue des libertés des argumentaires logiques dont beaucoup de points sont conformes au libéralisme de gauche, et sur beaucoup de ces points il y a des accords inférentiels."
Mais nous repartons dans des délires dès la phrase suivante qui croit qu'il pourrait y avoir des libertés que le droit naturel rendrait impossibles : "Mais le droit naturel étant posé comme base, seuls s'expriment les libertés conformes à ce droit dans ce modèle là, produisant un certain type de nuisances par absence des autres libertés (non-nuisances). Et cela les libéraux de gauche le considère comme incorrect, car définit comme étant un droit non librement établi. Puisque ce sont bien les libertés qui sont base axiomatique du libéralisme de gauche et pas le droit naturel."
Mais quelles seraient donc ces libertés que les méchants "jusnaturalistes" brideraient de par leur horrible droit naturel ? Un des chevaux de bataille des "libéraux mal dégauchis" tient au "revenu universel" (RU), ou "allocation universelle". Il serait juste, moral et efficace, selon eux, que chacun, de sa naissance à sa mort, touche une somme S chaque mois, somme identique pour tous les citoyens et qui assurerait ainsi un minimum vital pour tous, dont les handicapés et autres "incapables" de s'auto-subsister. Et ainsi, il y aurait là une liberté, celle de subsister au sein de la société.
Un des problèmes classiques que pose cette idée qui semble alléchante et équitable à première vue, c'est celui du financement - ah ces libertariens, il faut toujours qu'ils parlent d'argent... Une idée comme le RU, séduisante, suppose de disposer de la somme avant de la verser à chacun. Il n'y a pas 36 solutions, on ne peut que : attendre des dons, prélever cet argent ou créer de la monnaie. On ignorera les dons, car s'ils existaient en nombre et volume suffisant, le RU serait inutile. Pour prélever les sommes, il n'y a guère que le vol ou les taxes - ce qui est la même chose d'un point de vue moral. Enfin, la création monétaire, credo de notre auteur, relève elle aussi du vol - ce qui est probablement plus surprenant pour beaucoup de lecteurs. En effet, la création monétaire engendre toujours de l'inflation, laquelle érode et le pouvoir d'achat et la valeur de l'épargne de tout le monde - notamment des moins bien lotis. Il s'agit donc d'un mécanisme de vol réel mais très insidieux - et donc très prisé des gouvernements.
Comment peut-on donc considérer qu'un "mécanisme social" tel que le RU, dont la nature même ne saurait être éthiquement valable, on vient de le voir, peut relever d'une liberté légitime quelconque ? Je vois à l'avance M.Laborde arriver avec ses gros sabots en disant : "Mais c'est normal, vous vous servez de concepts de droit naturel pour montrer que le RU n'est pas moral, vous devriez partir des libertés et non du droit naturel." Ou quelque chose comme ça.
Ah bon ? Mais expliquez moi donc comment vous pourriez bâtir une liberté ou une morale où la création monétaire ou la taxation pourrait être autre chose que néfaste ? Si vous y arrivez, Stéphane Laborde, alors votre article vous donnerait tort, car le libéralisme de gauche qui serait bâti sur une telle morale ne saurait "englober" le libertarianisme de Rohbard, Hoppe, Salin ou Hülsmann, qui lui n'accorde que de l’immoralité a la creation monétaire.
Pour ma part, je reste cohérent et maintiens qu'il n'y a pas d'autre droit réaliste que le droit naturel. Bonne chance.
Wednesday, July 6, 2011
BitCoin, une monnaie ?
Depuis quelques jours, voire semaines, une nouvelle « monnaie » dénommée « BitCoin » (http://www.bitcoin.org/) et réputée « virtuelle » fait parler d’elle à travers de nombreux articles y compris des meilleures sources libérales).
Par ailleurs, cette question remet au goût du jour une question plus générale posée par un article de Pierre Lemieux (http://www.pierrelemieux.org/artrahn.html) concernant l’avenir des monnaies ‘nationales’ avec l’arrivée d’Internet et des ‘nouvelles technologies’. Les monnaies virtuelles, favorisées par Internet, sonneront-elles le glas des banques centrales ?
En matière de monnaie, un libéral est toujours méfiant car le XXème siècle a en particulier été celui qui a vu la destruction progressive des monnaies traditionnelles, métalliques en particulier, qui avaient pourtant mis des millénaires à émerger comme fruit du libre marché économique. Cette destruction a vu l’explosion d’une inflation jamais vue dans l’histoire au bénéfice des gouvernements, banquiers et oligarques, avec le dollar qui perdu par exemple 98% de sa valeur par rapport à l’or depuis 1932 (http://goldstockmania.com/gold-vs-the-us-dollar-what-a-knock-out/) et 95,6% de son pouvoir d’achat depuis 1913, année de création de la Fed (http://www.coinnews.net/tools/cpi-inflation-calculator/).
Une monnaie déclarée porte souvent un masque qui cache des faiblesses ou perversités inacceptables pour le marché et pour la liberté. Il faut donc leur faire tomber le masque. A l’inverse, toute initiative qui peut contribuer à remplacer le système monétaire actuel, vicié d’une inflation galopante et injuste, ne pourrait être que bienvenue. Qu’en est-il donc vraiment de ce service BitCoin qui nous arrive ?
Au préalable, il peut être utile de rappeler ce qu’est la monnaie, sujet assez abstrait quoique touchant un objet quotidien, et surtout très galvaudé dans la littérature et la presse. Une monnaie est avant tout un moyen d’échange. Elle n’existe que si elle permet de faciliter les échanges commerciaux. Au lieu d’échanger des pommes contre des oranges ou des livres contre un meuble, ce qui est vite malcommode, on passe par une « valeur » intermédiaire, la monnaie, qui a la confiance de tous. On sait, on parie sur le fait que cette monnaie sera acceptée par tous, aujourd’hui comme demain, et sans altération de valeur ni de confiance.
En fait, le rôle de la monnaie consiste à servir aux hommes à gérer l’incertitude de la vie économique. Une autre façon de l’exprimer serait de voir la monnaie comme une assurance de pouvoir d’achat futur. On a besoin de monnaie non pas pour mesurer la valeur des choses, mais pour ne pas perdre la valeur acquise lors des échanges d’aujourd’hui au bénéfice des échanges de demain. Cela ne peut fonctionner que si la monnaie a la confiance de tous (ou presque), est reconnue par tous (ou presque) et qu’il n’y a pas d’inflation (ou presque). En effet, la baisse de confiance, tout comme l’inflation, supposent une baisse de valeur d’échange dans le temps (la même valeur faciale me donne droit demain à moins de pouvoir d’achat qu’aujourd’hui), ce qui est néfaste pour l’individu qui possède de la monnaie – et donc pour la monnaie.
Rappelons les questions plus techniques que pose une monnaie, toute monnaie en général, et quelles sont les caractéristiques d’une « bonne » monnaie. Murray Rothbard distingue sept critères dans « The Mystery of Banking » (http://mises.org/Books/mysteryofbanking.pdf) :
a. « in heavy demand » (sous forte demande) : Une forte demande est une garantie que la monnaie sera acceptée par autrui et donc qu’on ne risque pas ne pas pouvoir s’en débarrasser.
b. « highly divisible » (hautement divisible) : La capacité d’une monnaie à exprimer un prix est essentielle. Plus une monnaie peut être « découpée » pour permettre d’exprimer un prix à la dix ou vingtième décimale près, plus les prix pourront être précis et plus la monnaie sera utilisée, notamment pour les transactions extrêmes.
c. « high value per unit weight » (grande valeur par unité (de poids)) : Ceci est bien sûr valable pour les monnaies matérielles, mais exprime le besoin que la monnaie soit facile à transporter. Plus elle est chère par unité de poids, moins il y a besoin d’en porter pour disposer de plus de pouvoir d’achat.
d. “relatively scarce” (relativement rare) : Une monnaie qui serait un produit abondant ne ferait pas l’objet d’une demande élevée et serait donc assez difficile à revendre. Pourquoi dans ce cas accepter ce produit comme monnaie d’échange – expression pléonastique au passage – sans garantie suffisante que ce produit pourra être échangé par la suite ?
e. “highly durable” (hautement durable) : La monnaie doit ne pas être un produit périssable, car son rôle consiste à conserver la valeur acquise pour la transmettre lors d’un échange futur. Il est amusant que bien des textes introductifs à l’économie prennent le poisson, produit de la pêche, comme exemple de monnaie primaire, alors que sa brève fraîcheur en fait un piètre candidat à la fonction monétaire.
f. “indefinitely into the future” (indéfiniment dans le futur) : La monnaie doit garder sa valeur. Pour Picsou, il est important que son amas d’or ne perde pas sa valeur, et cela est vrai pour tout épargnant qui fait confiance au livret A pour protéger ses économies. Quiconque a connu l’hyperinflation, comme en Allemagne ou plus récemment au Zimbabwe, sait l’angoisse de l’échange d’une brouette de billets contre une baguette de pain.
g. “production limited” (de production limitée) : Ce dernier critère s’intéresse à la contrefaçon lorsqu’il s’agit de billets. Celle-ci rend le produit ou billet abondant et dès lors en réduit la valeur par inflation – rappelons que l’inflation, ce n’est pas l’augmentation des prix mais l’augmentation de la masse monétaire.
Du point de vue fonctionnel, les critères a, b, e, f et g sont les plus importants – d pouvant être vu comme un équivalent à a et c étant spécifique aux monnaies matérielles – et donc pour résumer, une monnaie doit être demandée, divisible, durable, stable et limitée. Fort bien, mais qu’en est-il donc de BitCoin et au-delà des monnaies virtuelles ?
Clairement, BitCoin possède de forts avantages et c’est bien pour cela qu’elle fait tant de bruit. Divisible de manière évidente, la monnaie BitCoin semble également inaltérable parce que immatérielle. Son caractère privé et même collectif (mode peer-to-peer) la rend peu suspecte de collusion gouvernementale et donc digne de confiance car peu sujette à une quelconque « politique monétaire.» Cela répond aux critères de divisibilité et a priori à celui de stabilité. Mais quid des autres ? Qui donc demande de la monnaie BitCoin ? Comment est-elle créée ? Quelle inflation subit-elle ? Qui peut en produire ou la contrefaire ? Quelle est sa valeur marchande ?
La question de la demande et de la valeur relève du pur phénomène de marché et non de l’analyse, laissons-la donc de côté, même si aujourd’hui, la demande très limitée n’est pas de nature à imposer BitCoin sur le marché – il faudra passer une masse critique pour que le volume de transaction en fasse une monnaie reconnue.
Par contre, la vraie question des monnaies virtuelles tient précisément à ce caractère virtuel et ce qui le réalise – car même la virtualité ne fait que traduire une matérialité. Une monnaie virtuelle possède en fait deux réalités. La première tient à la spécification de l’algorithme sur lequel repose Bitcoin. BitCoin est le résultat du fonctionnement d’un logiciel sophistiqué qui comporte un compteur réparti de masse monétaire, un créateur par achat d’unités, un mécanisme de transaction et surtout un mécanisme permettant à chacun d’accumuler des unités. Le risque dans l’absolu serait que ce logiciel comporte des « trous » dans sa conception par lequel un malfrat pourrait se glisser pour au choix voler des unités ou pire en créer de nouvelles sans contrepartie. Car en effet, créer de la monnaie sans contrepartie, ce n’est ni plus ni moins que de la contrefaçon génératrice d’inflation, ce qui aurait pour résultat de saper totalement la valeur de la monnaie.
Ce risque de faille est toujours bien réel en informatique, c’est parce qu’elles existent que les « pirates » arrivent à « pénétrer » les systèmes informatiques. Heureusement, le logiciel de BitCoin est open-source ce qui fait que chacun peut y apporter sa pierre pour le corriger ou l’améliorer. Sur le long terme donc, le risque qu’un pirate arrive à « casser » BitCoin pour procéder à de la contrefaçon semble donc assez faible.
Seconde réalité, ce superbe logiciel doit être ‘codé’ sur des ordinateurs bien réels et gérés par des opérateurs bien humains et sujets à l’erreur. C’est là dans la vraie vie que les « failles » existent en plus grand nombre et c’est en entrant ainsi sur les systèmes par le bas qu’il est souvent possible de détourner les données d’un logiciel qui pourtant sur le papier semble sans défaut. Ceci pour confirmer que le principal risque porté par toute monnaie virtuelle, c’est celui du « hacking,» du piratage, qui peut potentiellement permettre de créer de la monnaie par contrefaçon ou par copie, voire de voler des unités monétaires en grand nombre. L’expérience montre que pour tout système informatique, au fur et à mesure qu’il mûrit sa densité de failles diminue, mais hélas elle augmente par contre avec la sophistication des services proposés, de sorte qu’il est très difficile d’avoir une totale assurance que le logiciel monétaire, BitCoin, ne pourra pas être piraté et la masse monétaire sérieusement altérée.
Ce genre de considérations peut paraître relever de la science-fiction – après tout, de nombreuses ‘monnaies’ apparaissent un peu partout, dans les jeux en ligne par exemple, chez Facebook récemment et on n’entend guère parler de hacking. Mais supposons que BitCoin connaisse un réel succès et que bientôt des milliard de dollars viennent s’y réfugier pour transiter en sécurité, hors des griffes de la FED. Avec un gain potentiel en milliards, tous les pirates de la planète auront tôt fait de se lancer à l’assaut du système et si une faille existe, elle finira par être trouvée et le système mis en faillite le temps de claquer des doigts. On voit donc que les monnaies virtuelles ne peuvent pas être sans ‘côté obscur’ – il ne peut pas exister de système sans défaut, l’entropie veille. Que doit-on en conclure ?
Les monnaies traditionnelles, l’or en tête, n’étaient pas sans défaut non plus. Les pièces d’or s’usent, les fondeurs peuvent tricher sur leur poids et les confier à une banque pose le risque de la contrefaçon des certificats de dépôt. L’adoption d’une monnaie reste donc toujours un choix guidé par une prise de risque, entre la confiance accordée en une monnaie pratique et de grande fiabilité et la possibilité marginale mais toujours présente d’inflation par contrefaçon.
BitCoin et les autres monnaies virtuelles ne font pas exception. Elles présentent de très nombreux avantages, à commencer par l’indépendance des banques centrales, ce qui de nos jours est sans doute l’argument majeur. Mais il faut être lucide et bien se rendre compte que si elles rencontrent le succès, elles rencontreront aussi les assauts des pirates et malfrats de tous poils et risquent donc disparaître en un clin d’œil et sans contrepartie matérielle, ruinant au passage leurs détenteurs. Peut-être faudra-t-il qu’il en existe des milliers de différentes, en concurrence permanente, pour qu’aucune ne devienne dominante au point d’en être fragilisée. L’avantage d’une monnaie libre sur un marché libre, c’est que c’est le marché qui trouvera tout seul la solution. Vive la monnaie libre.
Monday, June 13, 2011
Le Sol-Violette - La Ville Rose a une épine de plus
La Mairie de Toulouse a depuis peu pris une initiative des plus écolo-socialisantes qui mérite qu’on s’y attarde un peu tant elle est croustillante et fleure la violette – hélas bien fanée. Le « sol-violette,» terme bien fleuri, qui fait référence à la fois à une monnaie ancienne et à Toulouse, est annoncé comme une expérience de « monnaie éthique » – et non monétique… Le sujet de la monnaie est souvent mal connu, tout comme l’économie éthique est souvent un prétexte à dire n’importe quoi. Qu’en est-il donc de notre sol-itude pourpre ?
Le site www.sol-violette.fr donne une belle image, on va le voir, mais après une ou deux tentatives sur Google on trouve une introduction tout aussi intéressante sur Entre Deux Nuages (http://entre2nuages.blogspot.com/2010/10/le-sol-violette-monnaie-solidaire-pour.html).
On y découvre que « le sol [serait] une monnaie éthique qui véhicule des valeurs de respect de l'environnement et de l'homme. Le sol est à lier à la notion de solidarité et violette est là pour rappeler sa spécificité toulousaine.» Cela se confirme, voilà bien un emblème qui fleure bon l’écologitude ambiante, tout un programme. Mais l’article continue :
« Comment ça marche ? Par le biais d'une carte type Monéo qu'on peut recharger avec des euros puis convertir en équivalent sol. Le crédit coopératif et le crédit municipal sont nos partenaires dans cet échange. Chacun pourra aller changer ses euros dans une des banques partenaires et obtenir des sols valables dans l'ensemble des enseignes du système sol. C'est une monnaie non capitalisable et qui n'aura pas de pièces ni de billets.(*) En achetant en sols dans les entreprises partenaires, le pouvoir d'achat sera plus important. Par exemple, pour une baguette de pain à 0.80€ chez un commerçant du système-sol. Cette baguette aurait un prix de 6 sols soit 0.60€ pour un « soliste » (qui paye en sols). Le but est de pousser à consommer différemment. »
(*) On verra plus bas que cette position a évolué, ainsi que le montant de correspondance entre euro et sol.
On comprend par ce premier extrait que le sol apporte un pouvoir d’achat en donnant la possibilité d’acheter certains produits moins cher. Cela semble sympathique, mais ne soyons pas naïfs, il faut bien que la différence soit payée par quelqu’un, mais on sait pas bien qui à cette première lecture. On parle d’éthique, mais quelle est donc cette éthique qui fait payer les uns pour les autres sans consentement de ces derniers ? Gardons cela à l’esprit, en remarquant la phrase de fin qui avoue « pousser » à consommer « différemment.» Mais là encore, pourquoi pousser les citoyens ? Si les produits concernés sont de bonne qualité ou de bonne « éthique,» cela doit pouvoir être reconnu par les consommateurs, donc dans ce cas, pourquoi les « pousser » ? Les gens ne sont-ils pas naturellement portés vers les produits les meilleurs, ou sommes-nous en train de dire que ces fameux produits ne seraient pas forcément si extraordinaires que cela ? Non, en fait, il sont bien sûr extraordinaires, mais on ne le savait pas, il faut donc nous « pousser » pour qu’on le sache, idiots que nous sommes.
Mais continuons cette lecture. Prochaine question : « Quel est le rôle des entreprises partenaires ? » Il se confirme que nous ne sommes pas dans une économie habituelle, puisque le rôle des entreprise pose question. On apprend donc que « leur rôle est de s'inclure dans la démarche solidaire.» Ah bon, elle n’en sont pas d’ordinaire ? Oublierait-on que ce sont les entreprises qui nous nourrissent, tous autant que nous sommes ? « Ensuite il nous faut trouver des partenaires utiles aux entreprises participantes pour qu'un maximum d'échanges se fasse entre les différents acteurs du système sol, en interne.» Ca sauf erreur, cela veut dire qu’il faut trouver des clients aux entreprises participant au sol. Pourquoi les clients ne viendraient-ils pas naturellement si le sol est si intéressant ? « Pour les taxes, rien ne changera, si le chiffre d'affaire d'une entreprise est de 1 000 € et 500 sols alors elle sera taxée à 1050€. La base d'un euro pour 10 sols restera fixe et imposable.» Ah, ici, nous somme rassurés, le système est équitable, les entreprises participantes n’auront aucun avantage fiscal. Pas de doute, voilà de quoi les motiver.
Continuons l’article où Jean-Paul Pra, adjoint au maire à l’origine de l’initiative s’exprime : « Quelle est votre volonté ? Je veux montrer qu'on est capable d'innover et d'amener les gens à valoriser les acteurs solidaires de Toulouse. L'idée est de permettre aux plus précaires d'avoir un pouvoir d'achat plus important. Nous voulons que tout le monde puisse avoir accès à la culture, à une alimentation locale et saine, aux transports en commun. Ceux qui échangent leurs euros en sols obtiendront un prix avantageux dans les commerces du réseau sol et accéderont à des produits qu'ils ne pourraient s'offrir en euros.» Que voilà beaucoup de messages passés en quelques mots. Qu’en penser vraiment ? Reprenons point par point :
- « Je veux montrer … d'amener les gens… » : Bel exemple de processus démocratique où il ne s’agit ni de respecter la diversité ni d’informer le citoyen mais bien de le contraindre dans un sens choisi par le politique. Je croyais que seul le roi disait « je veux » ?
- « permettre aux plus précaires d'avoir un pouvoir d'achat plus important » : Fort bien. Mais puisqu’on parle d’éthique et d’équité, que fait la mairie pour les autres citoyens ? Qui finance ce supplément de pouvoir d’achat et comment justifie-t-on l’éthique des impôts sous-jacents ? De quel droit la mairie se permet-elle de favoriser certains au détriment des autres ?
- « Nous voulons que tout le monde puisse avoir accès à la culture, à une alimentation locale et saine, aux transports en commun » : Encore le verbe vouloir… Et qui donc empêche quiconque, avec les euros classiques, d’avoir accès à la culture et aux transports en commun ? On oublie par ce genre d’affirmation que l’acte d’achat est une décision personnelle et que euro ou sol, si les gens ne vont pas au théâtre ou à une exposition c’est avant tout parce qu’ils choisissent de ne pas y aller, peut-être parce que cela ne les intéresse pas. Pourquoi donc les y contraindre ou même les inciter, ceci de plus aux frais des autres administrés ? Où est la moralité d’une telle vision du monde ?
- « des produits qu'ils ne pourraient s'offrir en euros » : Vraiment ? On vient de le voir, quels sont donc ces produits qu’on voudrait mais ne pourrait s’offrir en euro ? La vie est une suite de choix qui appartiennent à chacun, et personne n’a à intervenir, par le sol ou quoi que ce soit d’autre, pour influencer le choix des citoyens hors de ce qui serait leur choix spontané.
Un autre article, plus récent semble-t-il, (http://www.news-banques.com/toulouse-lancement-de-sol-violette-monnaie-pour-le-commerce-solidaire/012174924/) nous donne l’avis de la mairie et nous informe sur le sol en pratique : « La mairie avait annoncé dès le début avril sa décision de lancer cette opération pour « renforcer les échanges économiques locaux, respectueux des hommes et de la nature.» Voilà bien une idée farfelue. Alors comme ça, sans la mairie, les échanges ne seraient pas respectueux des hommes ? Mais qui donc échange si ce ne sont les hommes eux-mêmes ? Personne ne contraint jamais un citoyen à acheter sa baguette chez Carrefour ou Auchan plutôt qu’à la boulangerie du coin. Ceux qui le font ne sont pas irrespectueux du boulanger. Au contraire même, ils lui envoient un signal : tu es trop cher, ou trop loin, ou pas assez sympa, ou que sais-je.
Mais continuons : « Avec cette monnaie alternative, nous voulons ouvrir une réflexion sur ce que peut être l’argent en terme d’échange et ancrer l’économie sur le territoire », a déclaré Pierre Cohen […] en compagnie de Jean-Paul Pla, conseiller municipal délégué à l’économie sociale et solidaire.» Cela se confirme, le verbe « vouloir » est à nouveau au rendez-vous, la démocratie est partie en vacances avant l’été. De plus, cela montre que nos chers (très chers même) élus ne comprennent pas ce qu’est vraiment l’argent, la monnaie et peuvent retourner à leurs cours d’économie. « Les deux élus ont présenté trois billets de 1, 5 et 10 sols réalisés par l’artiste Yann Normand. La mairie a mis 27.000 sols en circulation pour les Toulousains dans un premier temps et un bilan sera fait après six mois d’expérimentation.» C’est vrai que ça valait bien la peine de faire appel à un artiste et d’engager des dépenses pour 27 mille euros de monnaie – le prix de deux petites voitures – comme si cela pouvait avoir un quelconque impact. On est dans l’événementiel et la propagande purs ici, mais aucunement dans l’économie. Passons aussi sur le risque de copie et de fausse monnaie, si les beaux billets artistiques sont trop aisément copiables, ce qui est probable. Que le journaliste ne pose pas une telle question est déjà une surprise en soi.
« L’objectif est de créer un circuit d’échange court et un réseau suffisant pour que le commerçant qui reçoit le sol puisse à son tour le dépenser chez des partenaires professant les mêmes aspirations. On compte parmi les partenaires des commerces d’alimentation spécialisés dans le bio ou le commerce équitable les entreprises d’autopartage ou de promotion du vélo, la médiathèque, des bibliothèques, des cinémas alternatifs et musées. Un partenariat est envisagé avec la régie de transports en commun Tisseo.» On passera sur le charabia pseudo-économiste – la notion de circuit d’échange n’a aucune réalité économique – pour constater que les ‘partenaires’, à part le bio, dont l’actualité nous montre en ce moment même les limites, on ne trouve guère que des services publics ou subventionnés. Belle aventure économique en effet. Ah mais c’est vrai, ces salauds de capitalistes ne voient pas leur intérêt, il va donc falloir les enrôler de force, leur rappeler « notre volonté.»
Revenons sur le site de sol-violette pour y admirer la propagande qui y est faite pour cette invention révolutionnaire (http://www.sol-violette.fr/le-reseau/pourquoi-accepter-le-sol)
Selon le site, « le Sol-violette : »
- « 1. FIDELISE les clients d'un réseau d'acteurs solidaires et respectueux de l'environnement. "Avec le SOL, je fidélise de nouveaux clients"» : Peut-être. Ou peut-être pas. Si les commerçants concernés fournissent de mauvais produits, on peut douter qu’ils fidélisent quiconque. Mais inversement, si leurs produits ont un bon rapport qualité-prix, à quoi bon le sol ? La vérité, c’est qu’il est probable que les personnes bénéficiant du sol, supposées dans le besoin, auront ainsi accès à des produits dont personne d’autre ne veut.
- « 2. RECONNAIT vos pratiques responsables et éthiques. "Je fais partie d'un réseau d'acteurs qui portent les même valeurs que moi"» : Mais qu’est-ce donc qu’être responsable ? Ou éthique ? Si être éthique c’est prélever des taxes sur certains citoyens pour permettre à d’autres, choisis sur des critères obscurs, de bénéficier de services exclusifs, alors on peut penser que beaucoup seront fiers de ne pas être « éthiques.»
- « 3. VALORISE votre image, votre réputation par son caractère innovant et médiatique. "Le SOL ? tout le monde en parle !"» : Voilà bien un argument inattendu et paradoxal ! Quoi ? On critique la culture du paraître, du superficiel, des fausses valeurs et parmi les premiers arguments vient celui de la mode ? Mais en quoi cela peut-il donner une quelconque légitimité ?
- « 4. AFFECTE la monnaie à un circuit local en la retirant des marchés financiers. "le Sol c'est de l'argent pour chez nous et pas pour Wall Street"» : Cela n’a aucun sens et montre une totale incompréhension de la réalité économique – ou une belle mauvaise foi. Les sols ne seront pas sortis de l’économie ni des finances. La preuve, il faudra les reconvertir en euros pour payer ses taxes, belle ironie. Les commerçant devront aussi les convertir pour payer leur essence, leurs salariés, leur farine pour les boulangers. On n’échappe pas à l’économie.
- « 5. DESENDETTE les acteurs économiques car ils ne payent plus d'intérêt pour sa création. "Utilisez le SOL, c'est s'engager"» : Mais de quoi parle-t-on ? Si l’allusion vise l’euro, alors il y a là encore une idée reçue fausse. Le paiement d’intérêts monétaires est une conséquence de la mauvaise gestion des gouvernements et collectivités, cela n’a rien à voir avec la monnaie.
- « 6. CIRCULE plus rapidement et donc favorise les échanges. "Avec le SOL je vends plus de produits qui respectent la vie !"» : Cela a toutes les chances d’être faux. Soit j’ai confiance en ce sol et dans ce cas j’ai intérêt à le conserver pour économiser par rapport à l’euro. Soit il me brûle les doigts au contraire et dans ce cas personne n’en voudra. Lorsque deux monnaies coexistent, ils y a toujours concurrence entre elles et leurs valeurs respectives évoluent en fonction de la confiance dont elles font l’objet. L’euro et le sol ont la même valeur ? Dans ce cas, pourquoi s’embêter avec des sols ? Le sol n’a d’intérêt que s’il apporte quelque chose en plus. S’il le fait, la demande explosera et le marché noir s’en emparera. Ou les faux-monnayeurs.
- « 7. EST COMPLEMENTAIRE à l'euro car il compense sa rareté dans l'économie réelle. "Ah ! Le SOL ne remplace pas l'euro !"» : Mais de quelle rareté parle-t-on ? Celle de l’euro ? Foutaises, puisqu’on explique que pour avoir des sols, il faut avoir cédé l’équivalent en euros, c’est donc le sol qui rend les euros plus rares puisqu’il les laisse à la banque.
- « 8. EST CONVERTIBLE et garanti en euro. "Un SOL = Un euro"» : On en reparlera. Si, comme c’est probable, de la fausse monnaie circule, cette équivalence ne durera pas longtemps. Et les porteurs de sols seront sinon ruinés du moins volés.
- « 9. EST DEMOCRATIQUE car ses acteurs (acheteurs, vendeurs, financiers et institutions) gèrent collectivement son fonctionnement. "Dans les réunions du sol, mon avis est pris en compte !"» : Ah voilà un argument bien caractéristique de la perversion démocratique ambiante. Cela veut dire que seule la minorité présente aux conseils d’administration – ou équivalents – du sol aura le pouvoir d’accorder ou pas le privilège de l’accès au sol. Belle démocratie en effet, qui ouvre toutes grandes les portes de la corruption, du marché noir et de l’arbitraire. Vous voulez faire de l’économie éthique ? Commencez donc par laisser faire le commerce traditionnel sans intervenir. Dans l’économie traditionnelle et libre, ce sont les consommateurs qui votent à chaque instant pour élire – en achetant – les produits et les commerçants qui leur conviennent le mieux.
- « 10. INVESTI dans le réseau par une contribution à l'épargne solidaire. "J'ai reçu un prêt et une subvention en SOL !"» : Ne dit-on pas plus haut qu’on veut sortir de Wall-Street ?
- « Nous participons tous activement à une solution locale d'une crise mondiale.» : Le meilleur pour la fin. Quel est donc le rapport entre la crise et le sol ? La crise mondiale est uniquement due à l’endettement excessif des états et collectivités depuis trente ans et n’a rien, mais alors rien à voir avec le bio ou le cinéma de quartier. Cessons de tout mélanger pour nous faire avaler des couleuvres toujours plus grosses.
En conclusion ? Le sol fait montre d’une ignorance crasse en matière économique dont on peut se demander si elle ne relève pas plutôt de la pure mauvaise foi. On ne peut guère qu’y voir une idée fausse de plus exploitée par une classe dirigeant locale démagogique et qui ne cherche qu’à pervertir un peu plus le système pour continuer à le féodaliser et y imposer une mafia très profitable et d’autant plus obscène qu’elle est masquée par des tonnes de bon sentiments.
Sunday, May 1, 2011
La dette nationale : Retour d’expérience d'un sondage sur Facebook
Alors que je venais de rédiger un post sur comment aborder une stratégie pour le libéralisme, dont un des grands enjeux consiste à traiter habilement le problème de la dette, je me rends compte que notre ami Facebook vient d’ajouter une fonctionnalité très accessible pour mener un sondage auprès de « ses amis.»
Ce problème (la dette, pas Facebook, faut suivre) restant épineux, autant faire travailler les nombreux cerveaux de mes amis libres-héros, je me dis donc que voilà une occasion à la fois de tester la bestiole et de trouver des pistes supplémentaires comme base de notre future réflexion sur la liquidation de la dette.
Aller, l’interface est simple, proposons une question, quelques options de réponse pas trop débiles, mais loin d’être complètes et hop, vas-y mon FB. Histoire de ne pas passer à côté de l’occasion, j’utilise à plein l’option « Demander à des amis » en invitant à répondre la quasi-totalité de mes contacts FB connus pour être plus ou moins libéraux – histoire aussi d’éviter d’interroger des gauchistes primaires qui ne manqueraient pas de passer à côté du sujet.
Les contributions ne tardent pas à venir, et en fin de journée nous étions à 260 votes. Je laisse mariner encore et le lendemain, à 461 votes on sent bien que nous sommes entrés dans la phase de convergence asymptotique. Sans plus attendre, j’entreprends d’analyser les résultats, que voici plus bas.
Avant de détailler, sous différents angles, disons tout de suite que l’expérience est selon moi un succès. Elle montre que le libéral ne reste pas dans son coin et contribue volontiers à trouver des solutions à un tel sujet, certaines pistes s’avérant à mon humble avis tout à fait intelligentes. Le libéral est de plus fort d’un humour certain, avec des propositions inapplicables mais qui au moins déclenchent une hilarité immédiate et optimiste. Et puis, bien sûr, hélas, il faut bien reconnaître qu’il y a quelques hurluberlus qui se sont glissés dans le panel et qui ne font qu’illustrer combien la culture économico-politique de ce pays est affligeante.
Voici donc les résultats bruts, classés par nombre de voix décroissant et corrigés des fautes d’orthographe probablement saisonnières :
| Num. | Réponses | Nb. Votes | (%) |
| 1 | Réduire les dépenses publiques, libérer l’économie | 108 | 23.4% |
| 2 | Libérer des excédents budgétaires et rembourser progressivement | 62 | 13.4% |
| 3 | Supprimer tous subsides et déductions, tant aux entreprises qu’aux particuliers. | 45 | 9.8% |
| 4 | Je ne sais pas, des lasagnes ? | 25 | 5.4% |
| 5 | Sucrer 50% des subventions aux associations | 21 | 4.6% |
| 6 | Il n’y a de dette qu’individuelle | 18 | 3.9% |
| 7 | La dette est la responsabilité des gouvernants, à eux de rembourser, pas à nous | 13 | 2.8% |
| 8 | La rembourser comme due, mais au moins cesser de s’endetter encore | 12 | 2.6% |
| 9 | Vendre Versailles, Le Louvre et la tour Eiffel pour rembourser | 11 | 2.4% |
| 10 | Sortir de l’Europe de Bruxelles | 10 | 2.2% |
| 11 | Une politique de croissance soutenue par une ré-allocation de l’argent public | 10 | 2.2% |
| 12 | Interdire le cumul des fonctions électives, les avantages en nature | 9 | 2.0% |
| 13 | La renégocier point à point avec les créanciers | 9 | 2.0% |
| 14 | Immigrer en Suisse | 8 | 1.7% |
| 15 | Obi-Wan-Kenobi | 8 | 1.7% |
| 16 | Prendre les milliards nécessaires à ceux qui les détiennent : les super-riches | 8 | 1.7% |
| 17 | Privatiser les biens de l’état | 8 | 1.7% |
| 18 | Vendre les organes des hommes politiques au marché noir | 7 | 1.5% |
| 19 | Coup d’état | 6 | 1.3% |
| 20 | La dette n’a pas à être remboursée | 6 | 1.3% |
| 21 | Laisser l’inflation faire son boulot | 6 | 1.3% |
| 22 | La dette n’existe pas, elle n’est que fictive | 5 | 1.1% |
| 23 | Arrêtons de prendre aux petits pour enrichir les caisses de l’état | 4 | 0.9% |
| 24 | Effacer la dette, dire qu’elle n’existe pas | 4 | 0.9% |
| 25 | Faire faillite, sortir de l’UE et faire de la France un paradis fiscal | 4 | 0.9% |
| 26 | Organiser une grande kermesse | 4 | 0.9% |
| 27 | Relancer l’investissement, l’industrie (dont PME) | 4 | 0.9% |
| 28 | 42 | 3 | 0.7% |
| 29 | Créer un impôt sur les transactions financières | 3 | 0.7% |
| 30 | Recouvrir notre indépendance économique en sortant de l’Europe de Bruxelles | 3 | 0.7% |
| 31 | Une Europe des Monarchies, Chrétienne | 3 | 0.7% |
| 32 | Audit par les citoyens de chaque collectivité et ministère | 2 | 0.4% |
| 33 | Augmenter les impôts sur le patrimoine | 2 | 0.4% |
| 34 | D, la réponse D | 2 | 0.4% |
| 35 | Interdire le déficit de fonctionnement, augmenter la TVA sur certains produits | 2 | 0.4% |
| 36 | Que les banques remboursent le prêt de l’état | 2 | 0.4% |
| 37 | Taxer correctement l’héritage et les transmissions | 2 | 0.4% |
| 38 | Emigrer au Canada | 1 | 0.2% |
| 39 | Harmoniser au niveau européen l’impôt sur les sociétés | 1 | 0.2% |
| 40 | La dette n’est pas un problème | 0 | 0.0% |
La première (bonne ?) nouvelle, c’est que personne ne semble considérer que « la dette n’est pas un problème » (#40) – bon, mais on n’est guère avancés.
Commençons par les comiques – ils sont quand même 12,5%, soit 1 sur 8, respectable. On peut se demander si les 25 qui ont opté pour « les lasagnes » (#4) avaient à l’esprit la dette morale qu’a sans aucun doute Nicolas envers Silvio pour lui avoir tout appris de la manière de profiter des medias en politique. L’optimisme est bien présent quand on propose une « kermesse » (#26) ou de « vendre des organes » (fussent-ils politiques) (#18), et il est vrai que cette dernière option n’est pas à négliger. Attention cependant, si certains morceaux, comme les poumons, sont probablement de première qualité vu que le politique ne manque pas d’air, d’autres seront plus incertains, tel le trou de balle, probablement distendu d’avoir eu à subir de trop nombreux suppositoires politiques…
Enfin, il faut espérer que les 8 qui ont proposé Obi-Wan Kenobi (#15) ne sont pas désespérés au point d’attendre La Force comme seule solution – pourvu qu’elle ne soit pas « tranquille…» On peut aussi penser que les candidats émigrants, en Suisse (#14) ou au Canada (#38) sont un peu dans le même état… d’esprit.
Regardons maintenant les « vraies » réponses, celles qui font réellement avancer le schmilblick. On verra les fumisteries non-libérales ou tout simplement idiotes plus tard. Deux familles sautent aux yeux – sans toutefois altérer la vision : les pragmatiques et les rigoristes. Commençons par ces derniers.
Les rigoristes sont des libertariens – ou tout comme – qui considèrent la dette sous l’angle de la responsabilité, pour dire : pourquoi devrait-on payer, rembourser, quand on n’est pas responsable de la dette ? Je dois dire que je fais partie de ceux qui ont – notamment – voté dans ce camp là. Pour un libéral, il est inimaginable de faire subir au peuple innocent un tel fardeau sans sanctionner les fauteurs de dette maudite (ce qui n'est pas une contrepèterie). Parmi les diverses options choisies – au total 10,4%, n’aurions-nous que 10% de libertariens dans la salle ? – trois sont plutôt classiques (#6, #7, #36) elles consistent à rejeter la somme énorme sur les oligarques – si un jour nous faisons la révolution, il faudra probablement garder cette idée.
Les rigoristes sont des libertariens – ou tout comme – qui considèrent la dette sous l’angle de la responsabilité, pour dire : pourquoi devrait-on payer, rembourser, quand on n’est pas responsable de la dette ? Je dois dire que je fais partie de ceux qui ont – notamment – voté dans ce camp là. Pour un libéral, il est inimaginable de faire subir au peuple innocent un tel fardeau sans sanctionner les fauteurs de dette maudite (ce qui n'est pas une contrepèterie). Parmi les diverses options choisies – au total 10,4%, n’aurions-nous que 10% de libertariens dans la salle ? – trois sont plutôt classiques (#6, #7, #36) elles consistent à rejeter la somme énorme sur les oligarques – si un jour nous faisons la révolution, il faudra probablement garder cette idée.
Les trois autres options (#20, #22, #24) méritent il me semble plus notre attention : la dette n’existerait pas. Il est indéniable que cela est vrai d’un point de vue juridique. On pourrait également considérer que dans un monde de monnaie fiduciaire, la monnaie étant virtuelle, la dette l’est aussi. Cela est tentant, cela simplifie tellement les choses, pas besoin de s’en préoccuper de la dette, pffff, envolée. Mais dans les deux cas, ignorer la dette implique ignorer les créanciers, obstacle qui pourrait vite devenir majeur à la transition vers le non-état. Le pragmatisme semble imposer de trouver une solution acceptable pour tous à ce fardeau.
Au tour des pragmatiques, ce sont les plus intéressants dans notre contexte. A noter que pendant que cette note était rédigée, une nouvelle idée est apparue : « Supprimer l’emploi à vie.»
Au tour des pragmatiques, ce sont les plus intéressants dans notre contexte. A noter que pendant que cette note était rédigée, une nouvelle idée est apparue : « Supprimer l’emploi à vie.»
Tout d’abord, les réponses peuvent être regroupées, plusieurs options revenant plus ou moins au même. Ainsi, on peut regrouper :
- #1, #2 et #8 sous la bannière « Réduire les dépenses publiques, libérer l’économie » : Avec un total de 39,4% des votes, c’est le choix du bon sens qui fort heureusement prime. Mais rien de bien original, messieurs, l’imagination, tu la libères, ta rien…
- #3 et #5 font ensemble « Supprimer tous subsides et déductions, tant aux entreprises qu’aux particuliers » (14,4%) : Très concret, tout ce qu’il y a de pertinent, mais à mon sens c’est un cas particulier du groupe précédent, puisqu’il s’agit de réduire un type particulier de dépenses publiques. La majorité des libéraux aurait-elle besoin d’inspiration ?
- Viennent #9 et #17 pour « Privatiser les biens de l’état » (4,1%) : Voilà une idée qui semble intéressante, puisqu’elle permettrait de dégager des sommes probablement considérables (à combien Versailles, les œuvres du Louvre, la tour Eiffel ou encore Notre Dame ?) sans impacter aucunement le bas de laine des ménages. La vraie question reste, avec 1500 milliards sur le dos, combien de châteaux de Versailles faudrait-il pouvoir vendre pour rembourser sur moins de 5 ans ?
- Arrivent enfin en vrac #12 « Interdire le cumul des fonctions électives, les avantages en nature,» #13 « La renégocier point à point avec les créanciers,» #32 « Audit par les citoyens de chaque collectivité et ministère » et #35 « Interdire le déficit de fonctionnement » et donc la petite dernière « Supprimer l’emploi à vie.» Bravo messieurs (et dames) !
Gardant le meilleurs pour la fin, il nous reste 75 votes dont le libéralisme est pour le moins douteux – des étatistes se seraient-ils infiltrés dans Facebook ??
- Tout un groupe de réponses (#10, #25, #30, #31) propose de « Sortir de l’Europe de Bruxelles » pour régler la dette. Allo ?? Quel rapport ? Indépendamment de l’euro, la dette de la France est bien la dette de la France, pas celle de l’Europe. Certes, l’euro nous impose une politique monétaire qui ne permet ni inflation in dévaluation à notre guise, mais pour le coup, c’est plutôt une bonne chose, car s’il est vrai que cela aiderait à faire fondre la valeur de notre endettement, cela aurait aussi et surtout un effet désastreux sur l’épargne populaire.
- Certains ensuite se révèlent de tendance keynesienne en proposant « une politique de croissance soutenue,» de « relancer l’investissement,» et une « inflation [qui fait] son boulot » (#11, #21, #27). Je suggère de leur offrir un stage d’économie autrichienne de 1 semaine en accéléré au Mises Institute, financé par la performance de leurs propositions. Mieux, faisons le en une phrase : l’économie ne se relance que par une seule chose, l’épargne. La seule option économique viable, c’est la réduction des dépenses publiques.
- Tous les autres (à part la proposition de « coup d’état ») propose, ô imagination débordante, d’augmenter taxes et impôts. On les excusera, ils n’ont pas dû se rendre compte que la question d’origine était celle d’un libéral
Pour info, pendant la rédaction de cette note, le nombre total de votes est passé à 573, mais sans changer notablement le poids de chaque option en pourcentage.
Que conclure de tout cela ? Tout d’abord que l’expérience consistant à faire appel aux cerveaux de ses amis libéraux fonctionne. Plusieurs idées ont émergé ici et là et vont pouvoir être reprises pour nos travaux de programme politique. L’option de cet outil laissant libre à chaque participant le choix d’ajouter des option de réponse est à cet égard une idée brillante – même si après il faut nettoyer les résultats des impuretés keynesiennes…
Enfin et surtout, on voit qu’il existe de nombreuses pistes pour réduire la dette, en libérer les français de demain et même d’aujourd’hui. Beaucoup d’autres existent sans doute. La vente des biens immeubles de la France semble une piste pleine de potentiel. Il est extremement positif de pouvoir penser qu’il ne s’agit pas là d’une quelconque malédiction. On se demande dès lors (enfin, on craint de savoir pourquoi…) pourquoi nos chers (très chers) dirigeants ne se préoccupent pas plus de mettre en œuvre de telles mesures dès à présent….
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