(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
Un événement qui prend la monnaie comme sujet est assez rare. A Mazamet, ce 9 mars dernier, la sortie d’un livre « Les secrets de la monnaie » a été pris comme prétexte par les socialistes locaux pour organiser un débat sur « Changer la monnaie pour changer le monde », rien de moins. En tant que libéral, face à cuisine monétaire de nos sociales-démocraties, je salue l’intérêt apporté à ce sujet difficile et central à la société humaine. Voilà donc une grande et intéressante ambition issue de notre région ! Hélas, sans juger l’événement mazamétain ni le livre, constatons que ces débats sombrent dans les travers les plus communs en la matière. Accordons-leur qu’ils aboutissent sur de bonnes questions – celles pour lesquelles tout libéral apporte les seules réponses depuis toujours.
Ainsi un tel débat commence souvent bien en rappelant que la monnaie est « l’instrument commun et universel des échanges ». En effet, instrument social, la monnaie n’a d’autre fonction que de faciliter les échanges commerciaux et se doit de conserver la valeur ainsi transférée pour de futurs échanges. Mais très vite, on assiste au dérapage avec « l’accès libre et équitable » à la monnaie comme « indispensable au progrès et à la prospérité ». Or il existe deux types de monnaies.
Les monnaies métalliques (or, argent…) n’ont jamais posé de question d’équité. Leur reconnaissance par le marché, à l’abri des manipulations politiques, suffisait à assurer leur caractère éthique. Mais la monnaie contemporaine n’est plus une monnaie marchande. Arme politicienne, sa dématérialisation sur du papier sans valeur marchande permet à ceux qui s’arrogent le pouvoir d’en produire à l’envi. Si l’euro pose ainsi question en matière d’éthique, aucune monnaie ne pose de problème d’accès. On en a ou pas, selon sa capacité à valoriser son activité. Où est le problème ? De plus, ce n’est pas la monnaie qui fait le progrès, ni surtout la richesse, surtout quand il est constaté qu’elle ne vaut plus rien ! Même l’accès au crédit n’est pas une question de monnaie, mais d’investissement.
Les âmes bien-pensantes estiment que « les conditions d’accès à la monnaie sont fondamentales … pour l’accomplissement de la démocratie ». Totalement démagogique, car si une monnaie en général suscite plutôt la convoitise des hommes politiques, l’or, par exemple, n’a aucune « condition d’accès autre que l’échange » et est dénué de tout pouvoir politique. Pour l’euro, c’est différent : la monnaie est créée à discrétion par les banquiers, qui en disposent avant tous les autres citoyens, ce qui les enrichit. Le montant en euro sur le papier ne reflète absolument pas la valeur réelle du papier que vous avez entre les mains. Hautement immoral et arbitraire, ce n’est qu’une belle escroquerie.
Souvent, les auditeurs entendent un message fort comme : « Espérer obtenir une société libre et respectueuse du droit des personnes avec un système monétaire qui viole ces principes est une utopie ». Cette phrase résume parfaitement le problème du système monétaire mondial et ses enjeux sociétaux. Là où c’est comique, c’est que les valeurs de « société libre » et de « droit des personnes » sont des valeurs libérales bafouées régulièrement par les sociales-démocraties.
En conclusion, vous entendrez « qu’il est nécessaire de proposer des solutions alternatives concrètes ». Mais rien de concret ni de réaliste ne surgira de ce type de débat. Or le libéral a compris et expliqué depuis longtemps le rôle des mécanismes monétaires. Les vraies solutions alternatives sont tout aussi connues : elles s’appellent libéralisation de la monnaie, abandon de toute banque centrale et retour à une contre-valeur métal marchandise comme monnaie universelle. Le retour à la liberté est la seule condition d’une société libre et respectueuse du droit des personnes. Mais les socialistes et sociaux-démocrates en sont bien incapables, pour le plus grand malheur des peuples.
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Monday, December 18, 2017
Sunday, December 3, 2017
Honoraires : une source de maux ?
(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
Le gouvernement voudrait réduire les dépassements d’honoraires des médecins. Or, évoquer un « dépassement », c’est reconnaître un tarif fixe, car réglementé. Pourtant on parle d’honoraires pour les professions « libérales », supposées libres … de fixer leurs honoraires. La rhétorique de la bien-pensance diffuse encore un message totalement subversif, inverse de la finalité réelle, qui n’est que d’intervenir pour fausser l’économie et remettre tout ce qui est un peu « libre » sous contrôle.
Ainsi, une question mérite réflexion : les professions médicales, à l’origine réellement « libérales » et libres, sont-elles en train d’être fonctionnarisées, menant vers une étatisation de la santé ? Probable.
En effet, le politique, par le système de sécurité sociale, entend fixer la rémunération des professions médicales, estimant qu’un certain montant ne saurait être dépassé. Sans tenir compte des vastes différences de savoir-faire ou autres critères qui font que certains « libéraux » sont plus sollicités.
Or les bons économistes l’ont expliqué depuis longtemps : toute fixation des prix a des conséquences négatives, et bien sûr ce sera ici sur la qualité des soins. Ces professions, dont les spécialistes, ont des frais loin d’être en rapport avec le tarif fixé. Pour obtenir des revenus proches tout en finançant les derniers équipements, ils devront réduire la durée des consultations et en faire de plus nombreuses, pour espérer un même revenu sans être sanctionnés. Ils ont aussi le choix de partir à l’étranger, où la soviétisation par le tarif imposé n’est pas encore « en marche ». Les meilleurs ont déjà fait ce choix.
Le dépassement de tarif n’a pourtant aucun impact sur le déficit de la sécurité sociale, puisque le patient paye la différence. De quoi vient donc s’occuper le politicien ? Les citoyens ne sont-ils pas suffisamment adultes pour demander le prix d’une consultation ou d’une opération et savoir si ce supplément vaut la différence à leurs yeux ? Il faut croire que non : vite protégeons les infantiles !
Plus la sécurité sociale, depuis 1945, cherche à se mêler de ce qui ne la regarde pas, plus la qualité des soins et de la santé en France se dégrade et plus le déficit s’accroît. Le niveau de remboursement des soins des patients en proportion n’a jamais été aussi faible et les cotisations jamais aussi élevées. Mais personne ne remet en cause ce système mammouth né sous des auspices marxistes. La santé serait née comme un secteur échappant à la logique économique, il faut à tout prix qu’il en soit ainsi.
À vouloir réguler, à tenir en dépendance les professionnels de santé par tous types de subventions, la sécurité sociale à fait perdre son dynamisme au secteur, pourtant majeur pour une vie meilleure. Il y a urgence au contraire à stopper les multiples formes de fausse aide aux médecins – sédentarisation, télétransmission, installation, etc. – et à laisser les professionnels travailler comme leurs clients le souhaitent, par exemple le soir ou le dimanche s’ils estiment qu’ils rendent service à leurs patients.
A ce rythme, on pourra bientôt tous aller consulter des marabouts ou des sorciers, ce sera tout aussi efficace. Il ne suffit pas de dire l’évidence de la priorité de l’accès aux soins pour tous : il faut d’abord du réalisme. Si la loi du marché avait tort, alors pourquoi ne pas supprimer toute liberté tarifaire et imposer aux médecins un tarif unique et nul ? Car après tout, ce sont eux qui assurent notre santé, et comme la santé serait « un droit », ils devraient donc être gratuits. Utopie socialo-marxiste idiote.
Avec le contrôle des prix, l’Etat se soviétise et entraîne des déséquilibres et à terme la misère. Il faut cesser les réglementations iniques. Un fort vent de liberté doit souffler sur la santé en France si nous voulons retrouver rapidement un niveau d’excellence qui soit digne de notre devise de fraternité.
Le gouvernement voudrait réduire les dépassements d’honoraires des médecins. Or, évoquer un « dépassement », c’est reconnaître un tarif fixe, car réglementé. Pourtant on parle d’honoraires pour les professions « libérales », supposées libres … de fixer leurs honoraires. La rhétorique de la bien-pensance diffuse encore un message totalement subversif, inverse de la finalité réelle, qui n’est que d’intervenir pour fausser l’économie et remettre tout ce qui est un peu « libre » sous contrôle.
Ainsi, une question mérite réflexion : les professions médicales, à l’origine réellement « libérales » et libres, sont-elles en train d’être fonctionnarisées, menant vers une étatisation de la santé ? Probable.
En effet, le politique, par le système de sécurité sociale, entend fixer la rémunération des professions médicales, estimant qu’un certain montant ne saurait être dépassé. Sans tenir compte des vastes différences de savoir-faire ou autres critères qui font que certains « libéraux » sont plus sollicités.
Or les bons économistes l’ont expliqué depuis longtemps : toute fixation des prix a des conséquences négatives, et bien sûr ce sera ici sur la qualité des soins. Ces professions, dont les spécialistes, ont des frais loin d’être en rapport avec le tarif fixé. Pour obtenir des revenus proches tout en finançant les derniers équipements, ils devront réduire la durée des consultations et en faire de plus nombreuses, pour espérer un même revenu sans être sanctionnés. Ils ont aussi le choix de partir à l’étranger, où la soviétisation par le tarif imposé n’est pas encore « en marche ». Les meilleurs ont déjà fait ce choix.
Le dépassement de tarif n’a pourtant aucun impact sur le déficit de la sécurité sociale, puisque le patient paye la différence. De quoi vient donc s’occuper le politicien ? Les citoyens ne sont-ils pas suffisamment adultes pour demander le prix d’une consultation ou d’une opération et savoir si ce supplément vaut la différence à leurs yeux ? Il faut croire que non : vite protégeons les infantiles !
Plus la sécurité sociale, depuis 1945, cherche à se mêler de ce qui ne la regarde pas, plus la qualité des soins et de la santé en France se dégrade et plus le déficit s’accroît. Le niveau de remboursement des soins des patients en proportion n’a jamais été aussi faible et les cotisations jamais aussi élevées. Mais personne ne remet en cause ce système mammouth né sous des auspices marxistes. La santé serait née comme un secteur échappant à la logique économique, il faut à tout prix qu’il en soit ainsi.
À vouloir réguler, à tenir en dépendance les professionnels de santé par tous types de subventions, la sécurité sociale à fait perdre son dynamisme au secteur, pourtant majeur pour une vie meilleure. Il y a urgence au contraire à stopper les multiples formes de fausse aide aux médecins – sédentarisation, télétransmission, installation, etc. – et à laisser les professionnels travailler comme leurs clients le souhaitent, par exemple le soir ou le dimanche s’ils estiment qu’ils rendent service à leurs patients.
A ce rythme, on pourra bientôt tous aller consulter des marabouts ou des sorciers, ce sera tout aussi efficace. Il ne suffit pas de dire l’évidence de la priorité de l’accès aux soins pour tous : il faut d’abord du réalisme. Si la loi du marché avait tort, alors pourquoi ne pas supprimer toute liberté tarifaire et imposer aux médecins un tarif unique et nul ? Car après tout, ce sont eux qui assurent notre santé, et comme la santé serait « un droit », ils devraient donc être gratuits. Utopie socialo-marxiste idiote.
Avec le contrôle des prix, l’Etat se soviétise et entraîne des déséquilibres et à terme la misère. Il faut cesser les réglementations iniques. Un fort vent de liberté doit souffler sur la santé en France si nous voulons retrouver rapidement un niveau d’excellence qui soit digne de notre devise de fraternité.
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