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Monday, January 22, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (12)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Et ma lectrice conclut : « J’espère, Monsieur, que vos amis ne reviendront pas au pouvoir, sinon, gare à la révolte ! Elles peuvent être économiquement et socialement coûteuses. » (NB : A quoi rattacher ce « elles » ? A la « révolte » ? Ou plutôt à ses conséquences ?)

Madame, ma conclusion sera que vous confirmez votre ignorance du libéralisme. J’espère que cette série de chroniques vous en aura apporté une meilleure lecture, certes vaguement approfondie, mais mieux dégrossie. En fouillant sur Internet, dont le site www.institutcoppet.org, vous trouverez des ouvrages très divers d’auteurs libéraux du siècle des Lumières (et même d’avant) jusqu’à nos jours. Vous constaterez que la conquête du pouvoir n’est jamais leur guide, mais au contraire sa limitation par le droit, alors que le pouvoir politique a plutôt une propension à s’étendre en limitant le pouvoir des citoyens. La domination de l’homme par l’homme est un principe contraire au libéralisme.

Votre dernier cliché, c’est d’affirmer indirectement que « les libéraux ont déjà eu le pouvoir ». Or jamais depuis 1789, ni avant bien sûr, la France n’a vu de libéral à la manœuvre. Jamais. Non, pas Sarkozy, certainement pas de Gaulle, ni même Thiers n’étaient des libéraux. Ne voyez pas mes vrais amis parmi mes faux amis, tels les étatistes se réclamant de droite ou, pire, les sociaux-démocrates.

Mes vrais amis sont des créateurs de richesses, des gens passionnés aimant leur métier, salariés ou non. Ceux qui savent que le risque fait partie intégrante de la vie et de l’économie et que les fruits de leur travail dépendent de leur capacité à s’adapter et à rendre service. Mes vrais amis n’ont pas peur de la justice du libre marché et de sa concurrence. Mes vrais amis n’attendent pas un vote politique pour espérer la coercition de l’état ou l’hypocrisie de la solidarité pour obtenir des ressources via un énième rabot fiscal. Mes vrais amis commercent honnêtement, sans volonté de spolier l’autre.

Au contraire, mes vrais amis sont révoltés par l’injustice de l’action des politiciens, par le vol légal d’une fiscalité instable et arbitraire que des vendeurs d’illusions imposent à tous. Mes vrais amis sont révoltés par tous ces funestes « droits » d’avoir, acquis sociaux qui masquent une spoliation légalisée et généralisée, contraire aux droits fondamentaux de la liberté, de la propriété et de la sécurité. Oui, mes vrais amis entrent logiquement en résistance face à l’oppression de l’hyper-fiscalité tyrannique.

C’est à la société des hommes adultes de se prendre en charge. Ce n’est pas au diktat d’une majorité oligarchique de brandir à des adolescents leur miroir aux alouettes. Tant que la population refusera d’ouvrir les yeux sur le rôle de la politique, ces charlatans des temps modernes nous nuiront, à tous.

La saine action politique ne consiste pas à contraindre ni à juger les hommes sous de faux prétextes, tel le stupide « untel est riche mais l’autre est pauvre », ni de prendre par la force à l’un pour donner à un autre sans mérite. L’état de droit, ce n’est pas de l’altruisme détourné en pleins pouvoirs donnés à des guignols politiques aux promesses envolées. L’état faussement pléthorique insécurise chacun par sa remise en cause du juste, de la liberté, de la propriété naturelle et des fruits mérités du travail.

Madame, ce qui est économiquement et socialement coûteux, ce sont les décisions politiques depuis des décennies, qui nous annoncent la banqueroute de la France. Une révolte n’y changera rien, sauf à accélérer encore le processus. Dans ses écrits, Frédéric Bastiat (1801-1850), un vrai ami et un des meilleurs économistes et humanistes que le monde a pu connaître, a déjà décrit toutes les dérives que nous vivons actuellement. Malgré le temps, l’être humain reste encore bien faible et crédule !

Sunday, January 21, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (11)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit ainsi : « Plus sérieusement, votre conclusion soulève cependant un espoir : supprimer le droit du travail et, s’il faut accepter des « sacrifices courageux », selon une formule affectionnée par nos « élites », rétablir l’esclavage, au moins temporairement ».

Sarcastique ? Sérieusement, Madame, puis-je vous demander de vous imaginer chef d’entreprise et de tenter d’appliquer le code du travail français ? Nous verrions alors, quel serait votre avis 7 ans plus tard (si vous y arrivez), votre expérience objective faite. Bien sûr qu’il faut supprimer les 3500 pages du code du travail français ! Car jusqu’à preuve du contraire, il n’a pas suffi pour empêcher chômage, délocalisations, emplois précaires, stress et tension, etc. Ni surtout les emplois inutiles de la fonction publique, ni l’insatisfaction des salariés face à leur perte de pouvoir d’achat due à l’hyper-fiscalité, etc. Au contraire, c’est l’existence même de ce code inverse de toute logique qui est en grande partie à l’origine de ces phénomènes que nous ne connaissions pas avant son obésité accélérée.

S’il faut un code, je vous propose d’adopter à la place le code du travail suisse : il doit être efficace puisque le taux de chômage y est bas, que de nombreux frontaliers français préfèrent le système suisse où les salaires sont plus élevés. La Suisse n’est pas connue pour être un pays esclavagiste. Pourtant, son code du travail se lit le temps d’un Paris-Lausanne. Et elle ne connaît pas le SMIC.

Pour vous donc ce code nous protégerait de « sacrifices » et de « l’esclavage ». Il faut croire que votre rapport au travail n’est pas commun. Car pour le salarié, son emploi n’est rien d’autre qu’un contrat commercial avec l’employeur – ce qui rend encore plus suspect le besoin d’un code dédié. Et comme tout contrat libre et spontané, il faut que chacune des deux parties y ait un intérêt, sinon qui le signerait ? Tout comme si vous achetez une baguette chez le boulanger : vous gagnez un pain et lui un euro. Dans cette perspective, pouvez-vous me dire où se trouvent « sacrifices » et « esclavage » ?

En fait, ceux qui acceptent des sacrifices depuis trop longtemps sont d’abord les non-salariés, puis les salariés du secteur privé, tous passés à la caisse pour nourrir un secteur public sans limite et fier de sa non-rentabilité. Si par exemple on supprimait le statut de fonctionnaire pour le remplacer par de simples contrats de 3 ans, on verrait alors qui se sacrifie vraiment. Les « rentables » sont devenus les esclaves des autres, telles ces « élites » engraissées à un point que le libéralisme ne permettrait pas – et c’est d’ailleurs pour cela que le pouvoir déteste cette philosophie et fait tout pour la discréditer.

Il y en a toujours qui doivent payer, dit la chanson. Certes, ce n’est peut-être plus de l’esclavagisme physique comme on l’entendait à l’époque coloniale, où les esclaves étaient tout juste nourris. Il demeure, le secteur privé est bel et bien placé dans un système esclavagiste où ceux qui détiennent le pouvoir prétendent avoir droit sur les richesses produites par leurs laquais. Si quelque chose ne tourne pas rond dans ce bas monde mercantiliste, cela tient aux « élites » et aux minables privilégiés du peuple qui ne veulent pas abandonner leur capacité de nuire.

L’égalité des droits « d’avoir » (les fumeux acquis sociaux) est la chimère qu’ils agitent pour nous hypnotiser et nous endormir. Mais les droits « à être » (les droits naturels, imprescriptibles) sont plus puissants. Ils finissent toujours par avoir raison de tout épisode de dirigisme collectiviste. Imaginez le premier jour sans code du travail, bientôt…

Saturday, January 20, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (10)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « Même le monde des clubs de football professionnels, pourtant peu regardant sur les combines financières, a tiqué sur les pratiques fiscales de la Principauté. Je vois pourtant une solution : dédoubler le championnat de France. D’un côté le PSG et Monaco, de l’autre, tous les autres clubs entre eux. Et pourquoi ne pas organiser une Coupe du Monde des paradis fiscaux, avec les meilleurs joueurs ? »

Lorsqu’on est victime d’une injustice, mais qu’on ne peut rien faire contre, on ne souhaite souvent qu’une chose : que d’autres en soient victimes à leur tour. L’égalité dans l’injustice est le fruit de l’abus de droit. C’est ce qui se passe chez les clubs professionnels de football, victimes de l’injustice fiscale. Monaco leur sert de révélateur, ils réalisent ce que le système social leur ponctionne. Mais au lieu de contester l’impôt, ils en viennent à culpabiliser le footballeur salarié. Les clubs préfèrent faire l’autruche et dénoncer le club monégasque. Il est certes plus facile d’être politiquement correct.

Les clubs français osent imaginer que l’état français puisse pour leurs beaux yeux annexer la Principauté et y imposer une fiscalité liberticide de nature à la rayer de la carte ? La Principauté est un état souverain que les instances du football devraient respecter. L’idée même de voir modifié un accord entre états au vague prétexte d’un point de fiscalité sportive en dit long sur la corruption du système. Cet écart fiscal ne fait qu’empirer suite à une fiscalité française sombrant dans un scenario collectiviste infernal. Ce n’est pas à Monaco de modifier ses lois pour le bon plaisir de présidents de football. C’est à eux d’oser exprimer leur désaccord envers le système fiscal français ou/et d’aller investir ailleurs. Le manque de courage politique, celui de s’opposer, conduit à la situation vécue.

De plus, Madame, pourquoi ironiser sur les moyens – forcément sales ? – que les paradis fiscaux seuls pourraient offrir au sport ? Et moquer les joueurs de même au passage ? Cette ironie me semble révéler une frustration. Celle de ne pas être dans un pays qui justement ne permet pas aux meilleurs de s’exprimer par le poids d’un fardeau fiscal écrasant. Alors vous transposez, vous vous moquez de ce que les plus agiles sont capables d’accomplir par regret de ce qui nous est impossible. Vous avez raison de vous moquer, Madame, mais il est dommage que vous vous trompiez de cible.

Vous parlez de combines financières. Certes, les clubs de football ont réduit leurs charges et impôts en utilisant les ficelles autorisées par la loi. Mais quel est le rapport avec le libéralisme ? Ce sont bien les gouvernements qui font les lois et nous infligent impôts, taxes et cotisations sociales. Rien de libéral là dedans. Les combines sont la manifestation de la bureaucratie : pas de corruption sans au moins un bureaucrate à corrompre. Que les clubs se limitent au foot et réclament la vraie justice : que l’état français respecte le droit de chaque citoyen d’être libre de choisir son système social.

Grâce à la loi européenne et en toute logique, il est enfin possible pour tout salarié de ne plus être assujetti à la sécurité sociale et de prendre une assurance privée. Vérifiez. C’est un vrai parcours du combattant, mais c’est possible. Ne doutons pas un seul instant que lorsque cela se saura, les clubs et les footballeurs seront parmi les premiers à profiter de cette option. Et ne croyez pas que comme c’est privé les services seront pires. N’est-il pas une fois de plus incroyable que des leçons de liberté nous soient données par ceux dont notre inculture moderne veut nous porter à nous moquer ?

Friday, January 19, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (9)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « et je constate qu’il s’agit simplement de comparer paradis fiscaux, présentés comme des modèles, et nations normales, forcément plus dépensières. »

A la lecture de mon billet consacré à l’excès de charges sociales pesant sur les emplois dans notre pays, elle arrive à conclure que ma vision du libéralisme se réduit à comparer les « paradis fiscaux » aux « nations normales ». C’est non seulement aller un peu vite en besogne, mais c’est ne pas voir qu’un exemple criant comme le football peut simplement servir à faire toucher du doigt l’absurdité de l’interventionnisme politique français. L’enjeux n’est même plus de donner de bonnes notes ou de mauvaises notes aux gouvernants, car hélas après plusieurs décennies de dérives et de promesses électoralistes, il y a une tout autre urgence ! Il s’agit de pointer le drame qui en découle : on ne peut continuer impunément à charger l’économie et les hommes d’un fardeau injuste et disproportionné.

Il est tout de même extraordinaire qu’en France, pays des philosophes des Lumières et des principes modernes du droit naturel et du libéralisme, que leurs héritiers soient à ce point aveuglés et bercés d’illusions par le collectivisme. Au point de ne pas accepter la critique, voire de déformer la vérité ou de nier les faits. Vouloir sans cesse obliger chacun à partager sa soupe avec ses voisins ne donnera jamais la possibilité à tous de manger une assiette complète ! Il faut en finir avec le socialisme.

Les constructivistes sont passés par là et trop orgueilleux se croient plus malins. Les politiciens, incompétents économiques notoires, imaginent pouvoir faire le bonheur de tous par la fiscalité. Prendre par force une bonne part de nos revenus, directement ou via nos diverses activités économiques, fait vite de belles sommes… Il est alors tentant et facile de dépenser l’argent des autres en affichant une bonne conscience. Mais cette dépense sans borne est-elle pour autant le signe d’une « nation normale » ? Et la nation la meilleure est-elle celle la « plus dépensière » ?

Les hommes politiques ont beaucoup d’ambition pour la construction de la société, mais ils ne financent jamais en propre leur folie des grandeurs. Est-ce bien « normal » ? Par exemple, l’écart de charges sociales, qu’elles soient patronales ou salariales, entre Monaco et la France est énorme. Il n’est pas le fait de la Principauté, mais bien du jacobinisme français enfermé dans une logique incohérente. Si la France est une « nation normale », bien qu’à la 72eme place dans le monde, pourquoi les autres, toutes les autres, ne suivent-elles pas son modèle ? Non, c’est bien sûr Monaco qui donne l’exemple et confirme qu’une « nation normale », telle la fourmi, n’est pas dépensière.

Nous français oublions trop souvent de regarder nos voisins – un complexe de supériorité depuis toujours entretenu, mais hélas loin d’être justifié. Car les besoins que nous posons comme soi-disant publics existent autant à Monaco qu’en France. Comment donc fait Monaco ? L’effet d’échelle lié à la population n’a aucune influence. La manière d’y répondre est par contre avant tout une question de mentalité. C’est ce qui nourrit la différence entre leur paradis fiscal et notre enfer fiscal. Le politicien y est quasi-inexistant, il y reste dans ses limites, il ne peut jouer à Zorro avec l’argent des autres.

La solution de nos maux n’est pas à chercher bien loin. Le pourvoir en redevenant modeste, en laissant les citoyens organiser la société et produire de la diversité, peut laisser émerger les réponses et donner naissance à la nation évoluée où la contribution de chacun sera enfin consentie.

Thursday, January 18, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (8)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit ainsi : « Je suis très déçue. Je me faisais une autre idée du libéralisme : un monde d’entrepreneurs dynamiques et innovants, pratiquant entre eux la fameuse « concurrence libre et non faussée », selon des règles simplifiées et sous la surveillance des nations peu interventionnistes… ».

Là, les bras m’en tombent. Jusqu’à « règles », l’idée est bien exprimée, bravo, mais cela finit mal : Madame, que signifie pour vous « sous la surveillance des nations peu interventionnistes » ?

La France actuelle serait pour vous une « nation peu interventionniste » où la liberté d’entreprendre serait respectée ? Ouvrez donc les yeux, Madame ! Avec un PIB plombé à 57% par le secteur public et une chute au milieu du classement mondial de la liberté économique (72eme), le pays nage dans l’interventionnisme le plus total : plus de toute la valeur ajoutée des entrepreneurs est engloutie à financer la dette d’état. Les gouvernements empruntent soi-disant pour combler un déficit qu’ils entretiennent par une gestion désastreuse. On est très loin de votre « autre idée » du libéralisme !

Et qu’entendez-vous par « règles simplifiées » ? Le droit est le droit, il n’y a ni à le simplifier, ni à le compliquer. De nos jours, un chef d’entreprise investit plus de temps à étudier le code du travail archaïque et le fatras fiscal changeant chaque année, voire chaque mois, qu’à se consacrer à l’objet même de son activité. L’administration déborde d’imagination et le législateur de dynamisme pour produire des lois qui posent chaque jour d’autres entraves aux entreprises. Comment gagner un 100m aux Jeux Olympiques avec des boulets aux chevilles ? Avec entraînement, soit, mais en compétition dans le stade olympique mondial, on reste au stade des qualifications, si on y arrive.

Le monde des entrepreneurs n’est pas fait pour satisfaire toute cette couche de vautours qui attendent de se gorger des fruits du travail des autres. On l’oublie trop, si l’entrepreneur crée de la richesse, c’est d’abord et avant tout pour que vous et moi en disposions par l’échange. Parmi les bénéficiaires, il y a ceux qui participent à la création des produits et services de l’entreprise, salariés et partenaires.

Mais sans client, pas de richesses pour eux. Quant à ceux qui ne veulent pas participer à cette création de richesses, c’est leur droit, mais ils doivent l’assumer. La justice sociale ne réside pas dans un pouvoir qui dérobe les entrepreneurs au bénéfice de sangsues arbitraires. La solidarité forcée ne se substitue pas à la charité privée. La première est une agression, la dernière une bonté.

Pourquoi donc vouloir une « surveillance » ? En quoi votre libéralisme serait-il malsain alors que la concurrence y est « libre et non faussée » ? Par contre, comment garantir que la nation soit « peu interventionniste », sinon justement en limitant le pouvoir politique ? La surveillance est inutile dès qu’il y a respect du droit naturel, chacun étant libre de produire et d’échanger sans se faire agresser ni piller – à commencer par l’état. Si état, il doit donc n’être ni agresseur ni prédateur, mais juste.

Tous les politiciens se trompent à nous promettre un état solution universelle. L’intervention régalienne sert la liberté quand la propriété du faible est menacée par le fort – lui. Vous étiez tout prêt, Madame. Vous n’avez juste pas su voir que le problème est en fait dans la solution que vous apportez.

Car la solution consiste à ne pas en avoir. Le renard est depuis longtemps dans le poulailler, mais rusé il se masque. Dodu, c’est celui qui se nourrit d’impôts. Il faut lui faire quitter le poulailler.

Wednesday, January 17, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (7)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « De plus, le sponsor du club de football étant un milliardaire russe [NB : Club de Monaco], l’origine de sa fortune est sans doute douteuse (serait-elle gérée rigoureusement ?) ».

Madame, voilà un pur procès d’intention, régulièrement entendu et qui relève de la diffamation. Vous avez le droit de vous interroger sur l’origine de sa fortune. Mais ne peut-on pas être russe et honnête à la fois ? Pourquoi les russes devenant milliardaires seraient-ils condamnés à l’opprobre ? Et surtout, tous les nouveaux milliardaires, même en France, seraient-ils forcément suspects ?

Certes, vous n’avez pas tort, de telles réussites peuvent être douteuses. Mais celles dont le doute est avéré, toutes sans exception et depuis toujours, exploitent la trop grande connivence entre système politique, « grand patronat » et syndicats. Ils court-circuitent le marché libre, émanation du peuple honnête, pour manigancer entre eux. Par exemple, je viens de perdre un appel d’offres, non pas parce que j’étais moins bon, au contraire, mais parce que le choix a été imposé à mon interlocuteur. De plus, beaucoup d’argent circule entre eux de manière détournée à travers la multitude de subventions, privilèges, monopoles, restrictions ou réglementations et cela sans qu’ils soient à l’origine de ces sommes. Ce qu’il vous faut voir, Madame, c’est que sans mainmise étatique, riches comme pauvres dans un état de droit ne pourraient être qu’honnêtes, sous peine d’échec à terme.

Comptons ainsi les si nombreuses activités économiques contrôlées par les bureaucrates, accordant par législation ou contrôle des prix des rentes de situation soit à des entreprises privées, soit à des monopoles publics. C’est énorme en France. Or tout ceci fausse les prix au détriment de la majorité des citoyens, lesquels assistent dociles à leur appauvrissement dû à la corruption et ainsi au siphonnage de nos gains par le monde politique. Insistons, un tel fonctionnement n’a rien à voir avec le capitalisme, le vrai, celui du laissez-faire, de l’économie de libre marché découlant du libéralisme.

Ainsi, Madame, c’est le pouvoir politique intervenant dans l’économie qui cause ces enrichissements suspects de dirigeants, impossibles sinon. Leurs sociétés sont aidées par les politiques. Elu sur la base d’intérêts particuliers, un gouvernement qui fait autre chose que de garantir les droits des citoyens, est une dictature oligarchique. Hélas, presque tous les pays du monde s’arrogent cet abus de droit. Tous ? Non ? Quelques états comme Monaco résistent encore à la tentation de voler ou de laisser voler leurs habitants par divers trafics. Tout peuple a la société qu’il mérite et si milliardaires ou ordures il y a, c’est qu’il en a décidé ainsi, que ce soit par la « démocrassie » ou par le marché.

Alors pourquoi ce milliardaire russe ne pourrait-il pas devenir sponsor du club monégasque ? Sauf preuve contraire, sa fortune n’est pas de source malhonnête. Pourquoi la Principauté refuserait-elle a priori ? Sous quel prétexte ? Son pays l’a jugé en son temps et l’a acquitté. Vous qui révérez l’état, acceptez donc sa justice. Non que je veuille défendre ce magnat russe, mais il est en droit d’investir librement son argent dans le club de Monaco. Il fait ce qu’il veut de son argent, il le gère à sa guise. Il n’a aucune leçon de morale à recevoir de quiconque. S’il se trompe, il fera peut-être faillite et en sera seul responsable : le club cherchera alors un autre sponsor. La Principauté peut ainsi avoir une équipe de football sans taxer le peuple monégasque. Un bel exemple pour la France.

Tuesday, January 16, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (6)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « De plus utiliser le mot « mafia » dans la phrase suivante n’est pas du meilleur goût dans un article glorifiant Monaco. »

Madame n’apprécie pas de voir la classe politique française assimilée à une mafia ? Soit, étudions comment agit la mafia via 6 caractéristiques selon Wikipédia et comparons avec nos politiciens.

D’autres références sont sûrement possibles, mais la conclusion sera essentiellement la même.

1) « Structuration de l’organisation qui suppose un engagement réciproque de ses membres et un certain nombre de règles internes » : Observez le système politique, réparti en clans, pardon, en partis politiques, avec la mainmise de l’ENA, unique au monde, véritable clan dans le clan. Selon une vague idéologie, très vague mais claire quant au but visé, chaque clan prétend à la vérité et à s’arroger le pouvoir. La conquête du pouvoir est le seul objectif commun de leurs multiples promesses croisées, toutes payées par les manants, eux-mêmes exclus du clan.

2) « La violence qui est à la fois utilisée pour accéder à des richesses et pour protéger l’organisation par l’intimidation » : Les citoyens ont été peu à peu désarmés, au sens propre comme au figuré, face à un pouvoir sans limite législative réelle qui les spolie impunément. Le but réel de la production de lois est l’enrichissement mercantiliste par la fiscalité, par coercition et intimidation. Les sangsues légifèrent pour pouvoir nos taxer plus sous couvert de fausse protection. Les bureaucrates sont les hommes de main, payés sur le butin fiscal et donc aux ordres arbitraires de l’énarchie. Les ingrédients de la logistique mafieuse sont réunis.

3) « La mafia a aussi un rôle social. Les mafieux cherchent à avoir des rôles importants dans des activités de médiation sur le plan politique, social ou économique, en particulier pour la jonction entre la sphère légale et illégale » : L’état omnipotent, via les gouvernements qui défilent et se ressemblent, développe la croyance en l’idée sociale et la fausse économie pour se donner une bonne image sociale, rendant légal même ce qui est de tout temps illégitime ou immoral.

4) « Un ancrage territorial : tout en ayant des activités internationales, les mafias cherchent à garder des liens sur leurs territoires d’origine » : Pas un état au monde ne se ressemble, ce qui est louche car illogique. L’état dans son rôle présumé devrait être le même partout. A défaut de conquérir d’autres territoires, qui mieux que l’état français laisse supposer que l’enfer fiscal local est normal, voulant garder le contrôle fiscal sur les entreprises et citoyens français à l’étranger ?

5) « La coexistence entre les activités légales et illégales entre dans l’ensemble des ressources de l’organisation » : On ne compte plus les affaires de conflit d’intérêts impliquant divers élus ou fonctionnaires depuis des années, les passages devant les tribunaux pour corruption ni les tentatives d’amnisties réussies ou avortées. Jamais pourtant aucune purge n’a été lancée.

6) « Le lien avec les classes politiques et les institutions, soit à l’échelle régionale, soit à l’échelle nationale. Elle arrive dans certains cas à agir en toute impunité judiciaire parce qu’elle monnaie son soutien à la classe politique à travers l’influence qu’elle exerce sur la société » : Telle une pieuvre s’auto-alimentant, la mafia étatique française assoie son pouvoir sur la constitution d’un mille-feuilles politico-administratif et d’un réseau d’entreprises captives. Spoliant plus que la valeur ajoutée annuelle cumulée du secteur privé, elle endette gaiement, sans scrupule, les générations futures. Ainsi, le financement des activités politiques est devenu un véritable scandale du domaine réputé « légal ».

Ne vous en déplaise Madame, la Principauté de Monaco ne présente aucune de ces caractéristiques.

Monday, January 15, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (5)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « Mais j’ai surtout été choquée quand j’ai lu « la Principauté a gardé une gestion rigoureuse de ses finances » alors que tout le monde sait que [c’est] tout bonnement un paradis fiscal. ». (NB : ce qui est souligné l’est dans l’original)

Les mots sont lâchés. Monaco, un paradis fiscal, ne saurait donc être bien géré. Madame lui préfère l’enfer fiscal ? Soit, c’est votre droit, mais pourquoi ne pas nous laisser le droit de vivre au paradis ? Pourquoi la France ne s’inspirerait-elle pas du modèle monégasque ? Voulez-vous que Monaco copie le modèle français et devienne un lieu de misère où il serait inacceptable de gagner de l’argent ?

J’expliquais dans mon article par cette image que Monaco est un état qui a – à peu près – circonscrit le pouvoir aux fonctions régaliennes, faisant que la modeste dépense publique se limite à un seul but : garantir la sécurité et le droit à ses habitants. Même si on pourrait critiquer, ce droit et cette sécurité sont bien plus réels qu’en France. La principauté assure ainsi à chaque monégasque la jouissance des fruits de son travail par le respect de la liberté et de la propriété de chacun. Sur son territoire, elle ne veut souffrir de voir l’agression se développer. La fiscalité est ainsi orientée vers le seul financement de la protection des citoyens. C’est un paradis précisément pour cette raison.

En limitant son pouvoir et ses dépenses aux fonctions régaliennes, Monaco suit exactement les principes énoncés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : garantir la liberté et l’égalité des droits naturels et imprescriptibles de chacun. Le pouvoir politique ne s’y voit pas en taxeur des uns pour donner aux autres, mais en garant de la paix et des contrats de tous.

Car s’enrichir par des échanges libres et volontaires ne vole personne, Madame. Bien moins que taxer. Pourquoi le Prince devrait-il répartir et égaliser les revenus quand personne n’a volé ? Quelle est cette morale qui prend à des innocents par force pour donner à d’autres sans mérite ? Je n’y vois pour ma part que de l’arbitraire : la force du souverain n’est pas faite pour spolier l’argent des gens honnêtes, mais pour assurer le droit, source de prospérité. Et l’argent est neutre quant à la moralité.

Les habitants des paradis fiscaux ne payent pas beaucoup d’impôts ni de taxes ? Madame, voulez-vous donc faire main basse sur les biens des riches de la Principauté ? Sous quel prétexte ? Qu’ils sont d’affreux capitalistes égoïstes ? Voyez-vous, Monaco ne cherche pas à changer la nature de l’Homme. Les gens sont ou ne sont pas généreux, et qui sait s’ils n’ont pas de bonnes raisons ? La solidarité, la vraie, ne peut-être forcée par le pouvoir sans effets pervers. En ce sens, grâce aux nombreux galas de charité, la Principauté œuvre de manière bien plus efficace pour la solidarité que les politiciens français par cette fiscalité sans limite et largement immorale.

Ces derniers ont une idée fixe : conserver leurs sièges d’élus grâce aux promesses les plus ridicules et démagogiques qui soit, au prix de l’argent des citoyens. La réélection n’est pas la préoccupation du Prince de Monaco, ce qui donne une meilleure stabilité à son territoire et un contrat fiscal clair.

Simplicité des lois, faible fiscalité, rigueur budgétaire constante centrée sur la protection du droit, c’est bien là un paradis. Ce qui est vrai pour Monaco devrait l’être pour la France, supposée pays de la Liberté. Qu’est-ce qui l’en empêche ? L’illusion française que le diable véritable est au paradis quand le dieu liberté serait en enfer ?

Sunday, January 14, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (4)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « Pour en revenir à votre billet, j’ai d’abord été surprise par l’expression « vol fiscal », comme si un état, même très libéral (USA, Grande Bretagne…), n’avait pas besoin d’un minimum de budget pour payer ses fonctionnaires (police, justice, armée, services fiscaux, enseignants…) et de grandes infrastructures dont la rentabilité est faible à court terme ».

Madame, la contribution commune, selon la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 14 (préambule constitutionnel), doit être « librement consentie » ! Imposer ou taxer, c’est contraire à consentir. Prendre sans consentement, cela s’appelle voler. Comme tout citoyen subit ce vol sous couvert de légalité, permettez-moi de franchir le pas avec l’expression « vol fiscal ». Admettons que celui qui vit de cette spoliation légale soit surpris la première fois qu’il l’entend, la réalité demeure.

Car rien ne justifie que ce qu’on appelle « état » se comporte en bandit de grand chemin envers les citoyens pour établir son budget. Un état se doit de respecter les fruits du travail du citoyen qu’il sert – et non l’inverse. Mais peut-être votre vision de la démocratie veut-elle que la majorité puisse voler impunément les minorités, jusqu’à les piller selon la loi du plus fort ou du plus grand nombre ?

Le secteur privé, par contre, ne taxe pas et n’impose rien à personne. Chacun est libre de commercer ou de contracter avec quiconque. Tout échange est librement consenti – sauf quand l’état légifère indûment. Un état moderne devrait au pire fonctionner de même avec ses citoyens, par une fiscalité compréhensible et minimale, sans inventer ni augmenter impôts ou taxes tous les quatre matins.

Le privé n’est pas un citron à presser. L’état et ses structures devraient agir sans agression. Or la fiscalité actuelle est une agression : ne payez pas le fisc, vous verrez vite ce qu’il vous arrivera. L’état et ses collectivités locales sont supposés organiser la « force publique » pour garantir les droits. Pas pour utiliser celle-ci contre les citoyens et leur soutirer de l’argent destiné à un abject mercantilisme.

Le financement forcé de services dit « publics » ou d’infrastructures est la pire injustice. Évoquer une non-rentabilité imaginaire de ces activités pour écarter le privé, donc l’action sociale naturelle, est un prétexte fallacieux. Leurs coûts sont pourtant bien pris en charge par le privé – encore et toujours – et qui se doit d’être de plus en plus rentable pour financer ces rentes publiques. Leur non-rentabilité vient au contraire de l’étatisme qui, interdisant la moindre velléité commerciale par des protections anticoncurrentielles contraires à toute moralité, rend impossibles les mécanismes du marché. Jeter l’argent dans des structures hors du marché n’est pas un investissement, mais un vol manifeste.

USA et Grande Bretagne seraient donc des états « très libéraux » ? Au risque de vous décevoir, chère Madame, ce sont devenu des pays sociaux-démocrates. Ils sont connus pour leur interventionnisme important qui trop entremêle politique et économie. Dans un pays libéral, le politique ne fait pas de promesse avec l’argent du peuple. Il garantit les droits du citoyen et se limite à ce rôle. Dans un pays libéral, les lamentations collectives pour demander au politique de culpabiliser le riche pour mieux le voler par la fiscalité restent sans écho. Un pays libéral guide son action selon l’égalité de tous devant le droit. Il laisse chacun créer de la richesse en faisant respecter le droit. Sans besoin d’autre budget.

Saturday, January 13, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (3)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Suite du courrier de ma lectrice : « Cela [NB : l’ultra-libéralisme] a contribué à la crise actuelle qui en appauvrissant et en démoralisant la classe moyenne, risque de mettre à mal la démocratie en Europe, comme dans les années 30 ». Voilà une belle envolée lyrique, mais que d’amalgames ! Le présent côtoie le passé, la politique est confondue à l’économie, la cause devient conséquence et vice-versa.

Vous avez raison. La crise est la même que celles des années 30. Incontestablement, c’est une crise monétaire, due à l’excès de crédit public. Ceux qui ont en charge la gestion de l’état n’ont rien fait pour arrêter l’expansion de la dette. Forts de l’histoire, ils n’auraient même pas dû commencer. Mais il est si facile de vivre à crédit quand cet argent n’est pas le vôtre et qu’on peut en abuser pour soi.

Mais chère Madame, comme en 1929, cette situation n’a rien de libéral. Si chacun de nous devait gérer son propre budget comme les politiciens, il y a longtemps que nous aurions tous fait faillite. Voilà la logique libérale. A l’inverse, la crise actuelle est ce paradoxe où l’homme politique, tel un Jésus, veut multiplier des sous qu’il nous confisque tout en blâmant le libéralisme de ses échecs.

En France, le PIB (Production Intérieure Brute), qui prétend mesurer la richesse produite, est réputé composé pour 57% de dépense publique. « Réputé » car le public ne produit en réalité rien du tout. Ces 57% cachent la richesse produite par le seul secteur privé. La fiscalité réduit la capacité de tous à produire plus, elle ne peut donc nous enrichir. Ne cherchez pas ailleurs l’appauvrissement collectif.

Car 57% du PIB, cela veut dire en gros qu’une personne sur deux est financée par l’autre. Libéral vous trouvez ? Pour appauvrissement et démoralisation, vous avez raison. Mais ce sont les conséquences systématiques du seul socialisme. La méritocratie libérale véritable ne produirait pas ce genre de marasme, même en France ! Et ce n’est pas la période actuelle qui nous apportera un démenti.

Ma lectrice évoque la « classe moyenne », concept collectiviste. Mais s’en rend-elle compte ? Marx répartissait la société en « classes » selon l’épaisseur du portefeuille. Or la richesse, ça va, ça vient. Le plus important, c’est de participer aux libres échanges, générer de la valeur pour soi, et ainsi voir la société entière profiter. Les classes selon les libéraux sont tout autres : il y a les taxeurs et les taxés.

La richesse ne naît pas des billets, mais des échanges libres et spontanés qu’on effectue. Un échange libre et volontaire est en fait l’ultime choix démocratique. Je m’enrichis car j’ai choisi et je satisfais mes besoins ou envies. La fiscalité réduit et canalise les échanges libres et volontaires. Elle confisque et redistribue selon un total arbitraire et met à mal la vraie démocratie. La liberté, elle, est morale.

C’est un des fantasmes des hommes politiques que de croire que la richesse peut se répartir mieux grâce à eux. Or qui peut savoir ce qui est mieux ? L’interventionnisme fiscal crée des injustices envers les échanges honnêtes pendant que des malhonnêtes profitent des jeux du pouvoir politique.

En fait, Madame, plus il y a de gens qui profitent des aides et des subventions, plus la démocratie majoritaire devient clientéliste et enfonce la société dans l’arbitraire. Ce n’est pas le libéralisme qui pervertit la société, qui cause les crises et qui appauvrit comme pendant les années folles. C’est la dérive clientéliste démocratique due à un pouvoir confié aux politiciens désormais démesuré.

Friday, January 12, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (2)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Suite du courrier de ma lectrice : « Il [nb : le libéralisme] a porté ses fruits dans les années 90 avant de montrer ses inconvénients dans l’ultralibéralisme et les dérives du capitalisme financier (subprimes, titrisation de la dette, traders ‘fous’…) ». Il y aurait de quoi écrire plusieurs volumes pour répondre en détails sur tant de sujets. Rejeter les errements de l’étatisme sur le libéralisme quand celui-ci a disparu avec la démocratie, c’est un peu osé. Mais l’étatiste ose crier le haro sur l’ennemi invisible.

Remarquez que l’opposant au libéralisme use des préfixes « ultra » ou « néo » pour le dénigrer. Ainsi l’ultralibéralisme ou le néolibéralisme ou l’ultra-turbo-néo-libéralisme sont des épouvantails pour donner peur. Mais le libéralisme est et reste le libéralisme, le néo-truc-machin n’existe pas.

Le libéralisme s’appliquait-il dans les années 90 ? Il aurait porté ses fruits ? Mais si c’était vrai, pourquoi en 90 et plus maintenant ? Les lois de l’économie ne changent pas, ce qui marche marche toujours et inversement. Rappelons à ma lectrice que nous subissons l’interventionnisme politique depuis plus d’un siècle et que l’étatisme a eu le temps d’apporter la preuve de son incapacité. Quand l’étatisme déraille, le pouvoir politique trouve des faux coupables non responsables ou invente le néo-machin ou l’ultra-chose pour nous camoufler son impuissance à éviter le prochain déraillement. Non Madame, le capitalisme n’a pas de dérives, ce sont celles de l’étatisme, toujours et encore.

Si le libéralisme s’appliquait, le pouvoir ne s’abriterait pas derrière des règlements sortis du ciel, ni l’argent des autres. La simple loi, la logique, le bon sens auraient cours. Les responsables seraient responsables, sur leurs deniers propres donc. Et si les libéraux étaient au pouvoir, tout ce qui représente les dérives de l’irresponsabilité collective serait limité voire impossible : le nombre de fonctionnaires, les emprunts d’état et les déficits publics seraient des légendes passées, devenues incompréhensibles tant elles sont contraires à la vie normale et au bon sens.

Ma lectrice ne voit pas la collusion entre institutions publiques et multinationales, aux dépens du droit et de la multitude de PME et commerces. Collusion qui forme le faux capitalisme, celui de connivence liant les politiques et les grandes entreprises. Ce n’est plus du capitalisme. Cela n’a plus de rapport avec la liberté d’entreprendre. Les grandes entreprises se tournent vers le gouvernement pour réclamer davantage de réglementations et de protections. Tant pis pour la saine concurrence. Ces grandes entreprises se sont tellement bureaucratisées qu’elles ne savent plus fonctionner sans système d’aides ou de subventions issues de la spoliation fiscale. Rien de libéral là-dedans, rien.

Avec la bureaucratie fonctionnaire, ce système de connivence est en fait le vrai cancer de la société française. C’est une forme de corruption à haut niveau utilisant la contrainte de l’état pour chercher des rentes de situation via le vol légal de la masse laborieuse. La démocratie ne fonctionne pas, manipulée par la redistribution et dévisagée par le système de connivences et le social-clientélisme.
Ainsi va hélas l’ensemble de la planète. Le socialisme international issu du détournement général de la démocratie a été d’une redoutable efficacité malgré la déconfiture de l’ex-URSS. Les croyances ont la vie dure !

Mais le citoyen finira par prendre conscience que les dérives du fameux « capitalisme financier » citées par ma lectrice viennent de la réglementation et de la collusion entre les élites politiques et bancaires qui se sont arrogées un abus de droit. Et prendront enfin conscience que le marché libre n’a pas besoin de tricher ni de spolier pour pouvoir fonctionner pacifiquement. Il n’y a aucun doute : notre l’avenir est dans la liberté et le libéralisme, c’est notre enjeu de civilisation.

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (1)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Une lectrice, pas une admiratrice, mais une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les clichés classiques. Cette lettre commence ainsi : « Bien sûr, en économie, le libéralisme est une théorie parfaitement défendable ». Ma lectrice laisse entendre qu’elle sait que le libéralisme ne saurait être exclusivement économique. C’est déjà bien, il y a souvent amalgame. Veut-elle dire que sur le plan politique, il ne serait pas défendable ? Sait-elle que le libéralisme n’est pas une théorie économique ? C’est sur cette fausse perception que je voudrais lancer cette série.

Le libéralisme prenant acte de la supériorité inéluctable des mécanismes spontanés de toute nature que les hommes pacifiques mettent librement en œuvre entre eux, je n’aurai pas la prétention de répondre exhaustivement à ce point en une unique chronique. Le libéralisme exprime une morale qui existe depuis que l’homme est homme : il trouve son expression philosophique au siècle des Lumières. Cette morale s’appuie sur la liberté associée à son corollaire, la responsabilité individuelle. Le marché libre en économie n’est ainsi qu’une expression de la morale libérale.

Le libéralisme pose juridiquement toute action humaine dans le cadre du droit naturel. Ce droit est par nature non arbitraire. Naturel, il est supérieur en légitimité à tout droit positif, telles les lois et règles que les élus nous imposent, qui sont par nature clientélistes et injustes. Ainsi, c’est l’action des hommes qu’il faut protéger de l’arbitraire du pouvoir et non l’inverse. Le libéralisme n’est pas non plus la loi de la jungle, comme les étatistes aiment à le dénigrer. La constitution française place certes en préambule la Déclaration des droits de l’homme, basée sur le droit naturel, mais dans les faits, aucune instance ne censure le droit positif face au droit naturel. Les philosophes du siècle des Lumières évoquaient pourtant l’obligation de « conservation des droits naturels et imprescriptibles ». La Liberté vient en premier dans la devise « Liberté, Egalité, Fraternité », ce n’est pas par hasard.

Le libéral se méfie de tout pouvoir, car le pouvoir conduit à l’arbitraire. Le libéral ne cherche pas à construire une société à coup de lois contraignantes. Il constate que le « laissez-nous faire » d’un cadre où règne la responsabilité est plus juste et plus porteur de prospérité que tout système coercitif. Le libéralisme est honni par tout pouvoir politique ou religieux car il révèle et défie leur vacuité et même leur nocivité, à la fois envers la prospérité et la justice dite sociale. Étonnez-vous que les politiciens le critiquent par tous les moyens. Observez-les. Tout politicien de droite ou de gauche (nazisme, communisme, fascisme, socialisme…), jusqu’au social-démocrate rejette en bloc le libéralisme. C’est sans doute leur seul point d’accord à tous. En France, pays des Lumières, lors de la dernière présidentielle, pas un seul candidat sur les 14 ne se réclamait du libéralisme. Mystérieux cet adversaire commun à tous mais pourtant absent politiquement. C’est dire leur peur de notre Liberté.

Mais le libéralisme ne meurt pas. Quelle est sa force ? Sa cohérence naturelle. Quand on comprend qu’il est le seul à assurer droit et justice, aucun argument politique ne tient plus. N’importe où, n’importe quand, avec n’importe qui, discutez librement. Observez la vie spontanée. Et constatez : l’Etat n’est jamais qu’un arbitraire vaguement utile, plus souvent la source des pires malheurs.

Notre enjeu pour demain, c’est le respect du droit naturel, sans nul besoin de plus de paperasserie. Il en va de notre avenir de ne pas associer « état » et « civilisation ». La civilisation passe au contraire par l’éclatement du pouvoir politique. Politiquement tout a-t-il été essayé ? Non tout sauf … le libéralisme, le vrai ! Jamais, nulle part ! Ma lectrice est-elle d’accord pour déjà dire « banco » ?

Wednesday, January 10, 2018

Circulez, mais surtout, payez…

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Toulouse reste depuis des mois envahie en son cœur même par les travaux de sa seconde ligne de tramway. Il était déjà difficile de circuler en centre-ville, c’est devenu annonciateur du rejet de la voiture dans la Ville Rose.

En quelques années, les voies de circulation, déjà étriquées dans un centre ancien, se sont vues rognées : rues piétonnes, voies pour bus, pistes cyclables et maintenant le tram. Il parait que c’est une avancée majeure : la voiture « polluante » est repoussée peu à peu hors de la ville où la place est faite aux transports en commun, seuls garants d’un transport à la fois « social » et « écologique ». Pourtant, il existe un éclairage bien moins flatteur sur cet accent lyrique à la mode.

Les voies pour bus semblent l’idéal pour leur ouvrir le trafic, avec leurs « foules » de passagers laborieux allant plus vite, plus loin, pour pas cher – enfin paraît-il. Mais la réalité est autre. Les bus sont le plus souvent peu chargés, voire vides. Les voies sont vides le plus clair du temps. Comparez la densité de passagers à l’heure dans les bus et celle des automobilistes, il n’y a pas photo. Pourquoi serait-il plus juste de pénaliser les automobilistes dans les bouchons en diminuant la largeur de leurs voies de circulation, au lieu de les élargir pour fluidifier la circulation ?

Le tramway pousse le raisonnement un cran plus loin. Il prend un espace énorme, devenu inaccessible à tout véhicule « libre ». Le trafic et le débit réel sur ces surfaces sont dérisoires face aux mêmes voies rendues aux quatre roues. Et il a un social défaut majeur : il mobilise d’importants investissements aux nuisances énormes. Investissements qui n’en sont pas puisqu’ils ne sont jamais rentabilisés, reposant sur le seul arbitraire du monde politique et non sur la décision du marché.

La pollution ? C’est une vraie question. Mais en quoi bouter la voiture hors de la ville serait la seule bonne réponse ? En quoi les transports en commun seraient-ils l’unique solution à la pollution ? Tous les experts s’entendent-ils sur ce point ? Serait-ce à eux de décider de ce que notre vie et notre ville doivent être et devenir ? En aucun cas, la décision nous revient. D’autant que le marché automobile offre des véhicules toujours moins polluants et que les véhicules à zéro rejet polluant arrivent.

Entre le confort et la souplesse apportées par la voiture et la réduction supposée – mais incertaine – de la pollution en faveur des bus et trams, l’arbitrage est complexe. Et justement parce qu’il est complexe, ce n’est certainement pas à une bureaucratie, fut-elle dirigée par des élus, d’arbitrer. Son rôle au sein de la démocratie se limite à organiser l’arbitrage par le peuple. Le comprennent-ils ?

Pour un arbitrage efficace et continu sur de telles questions par le peuple, il existe un mécanisme très pertinent, que n’aime pas l’élu : le confier au marché, seul capable de trouver le meilleur coût pour le citoyen, puisqu’il est libre de payer ou de choisir autre chose. S’il existe un avenir compétitif pour le tram ou les bus, le marché saura y répondre. Or aujourd’hui, les citoyens n’ont pas d’autre choix que de se faire polluer leur budget « privé » par des coûts d’investissement et de fonctionnement « publics », loin d’être anecdotiques. Et sans parler de la pertinence des trajets.

Dans la France d’aujourd’hui, osons dire que la meilleure manière de résoudre le conflit entre bouchons et pollution est de laisser les gens choisir, comme en toute chose. Car qui mieux que soi sait ce qui lui est le plus insupportable et ce qu’il est en mesure de payer pour ses déplacements ?

Tuesday, January 9, 2018

Sivens : Où est « l’état de droit » ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Au-delà de la mort d’une personne et de son exploitation insupportable par les deux camps dans la violence et la radicalisation, l’affaire du réservoir de Sivens (81) est l’occasion de s’interroger de nouveau sur le fonctionnement des institutions françaises. Lors du débat dans l’apéro politique de votre journal préféré avec un militant du PRG (Parti Radical de Gauche) au sujet de ce réservoir, est apparue la question du respect des règles dans un « état de droit ». Notion si mal comprise.

Concernant Sivens, où sont les règles ? Si l’état suivait des règles de droit claires, comment ce barrage pourrait-il être remis en cause par les politiques eux-mêmes ? Doit-on s’appuyer sur ce que le système politique du département a décidé ? Ou doit-on s’appuyer sur ce que la justice a décidé ? Ou doit-on plutôt suivre ce que les experts, en désaccord entre eux, ont écrit ? Sinon, doit-on suivre les groupes extrémistes ? (Des groupes guère plus extrémistes que les politiques abusant de leur pouvoir avec l’argent du citoyen.) Ou plutôt les propriétaires ? Qui est ce « on », en fait ?

La vraie question : sommes-nous encore dans un état de droit ? Si l’état français respectait les règles du droit naturel au lieu de bâtir un droit positif arbitraire, impénétrable même pour sa justice, nous n’aurions pas ce débat. Mais l’homme politique joue à l’entrepreneur sans les risques, prétendant développer une politique économique, là où en fait, il distribue des faveurs gratuites à des lobbies avec l’argent des autres. Ce réservoir d’eau est-il utile ? Peut-être, mais alors que ceux qui le pensent n’exploitent pas le pouvoir de l’état pour exproprier, mal indemniser les terrains et faire construire le barrage avec l’argent du contribuable. Qu’ils y investissent leur capital propre et assument le risque.

Aucun doute, c’est à ceux qui voient une utilité dans ce projet de s’y lancer et de l’amortir avec la vente de leur production. Voilà ce que serait le vrai droit et le vrai courage, l’honnêteté. Ils ne sont pas propriétaires des terrains ? Qu’ils créent une société commerciale et réussissent à convaincre du succès de leur projet. S’il est si utile, il devrait être aisé d’acheter les terrains nécessaires au projet.

Il y a des opposants au projet ? Soit. Mais vouloir convaincre de l’inutilité du projet n’autorise pas à sortir du droit. Par exemple, s’ils veulent protéger la nature, qu’ils achètent les terrains pour en devenir les légitimes propriétaires, ils auront alors le droit pour eux. Ils sont anticapitalistes ? Soit. Mais qu’ils ne réalisent pas que tout homme est capitaliste ne leur donne pas pour autant droit au recours à la violence. S’ils sèment la violence, qu’ils ne s’étonnent pas de la subir en retour.

L’état français ne respecte pas la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Quand on sort de la neutralité politique pour empiéter sur la propriété privée au nom de causes forcément partiales, on quitte l’état de droit dont on se targue et dont on a pourtant la charge. L’état via ses politiciens ne peut que récolter la violence qu’il crée par ses actes arbitraires. L’état de droit n’est pas, en ce pays.

Monday, January 8, 2018

Prime à la crasse économique

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Suite à la prime à la casse sous le régime sarkozien, nous constatons aujourd’hui les fruits de l’interventionnisme politique là où les entreprises auraient dû s’adapter au marché : PSA suffoque et Renault produit un encéphalogramme économique plat. Nos illusionnistes gouvernementaux ressortent alors les bonnes vieilles recettes du chapeau avec un projet de prime au vieux tacot diesel. L’idée peut paraitre rien moins que géniale, puisqu’elle touche à la fois l’économie, l’industrie et l’écologie. D’une seule mesure, on imagine relancer l’industrie automobile, réduire la pollution et redorer une réputation d’un gouvernement un peu contestée – doux euphémisme et doux rêve !

Sauf que nous avons, une fois de plus, affaire à un tour de prestidigitation qui coûtera plus aux français qu’il ne pourra jamais leur rapporter, comme toute mesure étatique. Le principe de ce type de mesure, même s’il peut connaître des nuances secondaires, reste toujours le même. De nouveaux standards, nonobstant les contrôles techniques, présentent les véhicules comme dangereux ou polluants, alors que la veille même aucun d’eux n’était illégal, ni dangereux, ni montré du doigt. Puis un large battage médiatique est organisé, pour que cela soit bien su par tous, afin qu’on voie bien à quel point le pouvoir agit pour notre bien. Voir c’est important pour « savoir ». Alors qu’en fait, cela concerne, tout au mieux quelques milliers de voitures banales, comparé aux millions en circulation.

Très vite on accorde un budget arbitraire et contributeur à la dette pour la reprise de ces véhicules, budget qui donc sera distribué aux propriétaires de voitures « malsaines ». Eh oui, l’Etat finance les propriétaires des voitures « coupables de pollution ». Mais si c’est donc si mal de conduire de telles voitures, pourquoi ne pas simplement sanctionner au lieu de récompenser ? Ce serait au moins en cohérence avec la logique du droit : la Loi interdit les seules actions nuisibles à autrui. Les pollueurs devraient donc être les payeurs. Mais l’Etat a depuis longtemps sombré dans le mercantilisme.

Car c’est bien de récompense qu’il s’agit. Cet argent leur sera donné pour acheter une voiture neuve, ce qui correspond à une subvention discrétionnaire à l’achat. Ces sommes amputent par l’impôt le pouvoir d’achat des autres citoyens, peut-être automobilistes, qui subissent une double peine : ils ont une voiture « saine », eux, qu’ils ont payée sans aide, et sont punis par un impôt !

La stimulation du marché ainsi artificiellement créée va en effet pousser des opportunistes circulant en « poubelles illégales » à acheter du neuf avec l’argent des autres. PSA et Renault arrondiront ainsi leurs maigres chiffres et feront illusion. Mais pendant combien de temps ? Comme constaté sur toutes les mesures de ce type, une fois passé l’effet d’aubaine, le soufflé retombe. On aura sûrement eu quelques centaines de carrioles détruites – pardon, « renouvelées » – mais les constructeurs seront ramenés à la réalité du marché. Et un délai trop court ne leur aura pas permis de s’adapter.

Du point de vue économique, ce genre de manipulation clientéliste est en réalité une corruption, un scandale moral et une aberration industrielle. Il s’agit à la fois d’un impôt redistributif arbitraire et d’une subvention sauvage à une industrie pourtant très internationalisée qui n’a pas de raison d’obtenir un tel privilège en France. Comme pour tant de sujets, l’intervention de l’état dans la libre activité économique montre ses perversités. Si le marché de l’automobile souffre, et plutôt que de s’obstiner à entretenir un moribond aux frais du contribuable, laissons s’établir les conditions de l’émergence d’industries nouvelles de remplacement. Car, quoique puissent en dire nos étatistes, c’est toujours le libre-échange et le laissez-faire qui ont le mieux profité au plus grand nombre.

Sunday, January 7, 2018

Les taxis nous taxent

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Il y avait longtemps que nous n’avions pas eu droit à un bon blocage franchouillard de la circulation. L’arrivée d’un nouveau gouvernement est un événement que les centrales syndicales se doivent de ne pas manquer, selon la loi de celui au plus grand pouvoir de nuisance. Notre « démocrassie » est ainsi faite : c’est à celui qui profitera le plus de l’autre. Tant pis pour la morale, pourtant réputée à gauche. C’est cette solidarité française où il s’agit d’avoir plus de privilèges et de « social », et non plus de justice. Eh oui, sinon cela servirait à quoi que des corporations aient des « acquis sociaux » ?

Ainsi le droit de nuisance, pardon, de « grève », serait sacré – paradoxe religieux. Sous ce prétexte, faire avancer ses « revendications » suffit à justifier de bafouer la liberté des autres. A tour de rôle, les professions du secteur des transports – et tant d’autres – acceptent ainsi de subir une gêne ponctuelle dans la mesure où à son tour, une autre prendra part au jeu du « ki-bloque-ki ».

Et ainsi depuis des années, nous avons droit plus ou moins régulièrement à une semaine de blocage du métro, une journée escargot par les tracteurs, une démonstration de coordination des camionneurs, ou comme en ce début d’année, une prise d’otages organisée par les taxis. Et pour entretenir leur pouvoir de nuisance, l’état, pardon, tout gouvernement quel qu’il soit, cède. Et il n’y a aucune raison pour que cela ne recommence. Est-ce vraiment le fonctionnement d’une société dite évoluée ?

Dans le cas présent, ces chers taxis prétendent contester l’évolution des règles de la Sécurité sociale qui rendent possible le remboursement d’un trajet en taxi par assimilation à un service d’ambulance. Sans cette possibilité, une part substantielle de leur activité, disent-ils, leur serait supprimée. Et alors ? Rappelons cette vérité économique élémentaire : si une profession n’arrive pas ou plus à vivre parce qu’elle ne correspond pas ou plus au besoin des consommateurs, il est dans l’ordre des choses qu’elle disparaisse sans bruit et laisse la place à d’autres métiers ou d’autres technologies.

Il faut se rappeler que les taxis constituent une des professions les plus réglementées et les plus anti-concurrentielles de notre espace économique. L’obligation d’acheter une « plaque » fort cher pour avoir le droit de prendre des passagers leur assure un numerus clausus et un niveau de prix hors de toute logique d’offre et de demande. Sur Paris, les moto-taxis tentent depuis quelques années de proposer leurs services au niveau des aérogares d’Orly et Roissy. Mais les textes – et la profession à quatre roues – ne leur permettent pas de faire publicité de leur activité. Ils doivent se cacher des chauffeurs de taxis au risque d’une dénonciation de leur activité à la police, voire de passer à tabac.

A Toulouse, les taxis ont réussi à empêcher que la ligne du tram, construite à grands frais entre les Arènes et Aeroconstellation, qui passe à deux pas de l’aérogare, fasse escale à celui-ci, sous prétexte là encore qu’une part importante de leurs passagers leur aurait été confisquée au profit du nouveau transport pourtant en commun (NB : cela a changé depuis parution). C’est dire la confiance qu’ils ont dans leur propre pertinence. Les taxis, par leur manifestation immorale car elle attente à la liberté de circuler, sont une parfaite illustration des blocages socio-économiques de la société française.

L’inculture économique organisée depuis plus d’un siècle a inculqué aux « élites » cette croyance protectionniste voulant que la concurrence (c’est-à-dire le libre marché) soit mauvaise pour un nombre invraisemblable de professions. Et on trouve normal que chacun y aille de son blocus bien à lui quand, au contraire, c’est la libéralisation du marché qui profiterait au plus grand nombre et aux professionnels eux-mêmes qui verraient les meilleurs se maintenir. Pauvre France aveuglée…

Saturday, January 6, 2018

Il n’y a pas d’exception culturelle

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

La culture, une « exception française ». En affirmant cela, « on » ne nous dit pas vraiment tout. En France, la culture serait un domaine relevant du politique. Lequel se doit d’y déverser l’argent du contribuable, incapable d’apprécier ce qu’est la vraie culture. Et rien n’est jamais trop beau pour ce qui se voit. Mais ce qu’on ne voit pas, c’est que cette dépense est un profond gaspillage inefficace.

Le magazine du Conseil général de Haute-Garonne (numéro 124) (ça existe) nous annonce ainsi le dernier gouffre en date : l’ouverture de la médiathèque du CG31 à Labège. Présentée comme un « trésor culturel pour nos bibliothèques » et une « inépuisable source de rêve et de connaissance », elle est dotée de plus de 600 000 documents, mais n’est pas accessible au public, puisque censée fournir en contenu les seules 152 bibliothèques du département, ainsi que 5 bibliobus itinérants.

Rappelons-nous qu’il y a quelques années, c’est Toulouse qui avait inauguré l’immense médiathèque enjambant désormais la place Marengo, dans le dos de Pierre-Paul Riquet. Depuis d’autres ont fleuri aussi à Empalot, à Labège-Village, à Tournefeuille… Bref, les médiathèques sont à la mode. On en fait les champions de la culture comme d’autres font la culture des champignons, sortant en une nuit.

Sous prétexte d’accès à la culture pour tous, cette énorme vague de pseudo « investissements » illustre en fait le scandale des gaspillages de notre système « public » faussement généreux.

Arrêtons-nous sur l’objet principal d’une médiathèque : la lecture. Une étude récente établit que le titre le plus souvent sorti des bibliothèques est le Journal de Mickey ! Belle preuve d’efficacité de ces institutions à transmettre la culture française aux nouvelles générations, non ? Plus sérieusement, alors que la soi-disant Education nationale n’a jamais été aussi incapable d’apprendre à lire à nos enfants, peut-on nous faire croire que les médiathèques vont leur faire aimer Molière et Voltaire ?

A l’heure d’Internet, ces moyens sont complètement dépassés. Les jeunes de tous profils, qu’ils soient « défavorisés » ou pas, ont tous ou presque un accès illimité à la culture à tout instant, sans avoir à se déplacer, via ordinateurs ou téléphones portables. S’ils veulent lire Hugo, Rabelais, mais aussi Poe ou Nietzsche, ils n’auront aucun problème à trouver les grands textes de ces auteurs sur le Net, sans besoin de se transformer en rats de bibliothèque. Alors, à qui servent ces médiathèques ?

De plus, le pouvoir schizophrène crée l’Hadopi pour limiter le piratage, mais ne craint pas de donner accès à des milliers de CD ou DVD qui seront tous allègrement copiés. L’incohérence des politiques n’a hélas pas de limites. Sans oublier que ces « dinosaures culturels » occupent des fonctionnaires territoriaux, dont – selon le magazine – pas moins de 250 ont été formés l’année passée, rien que sur le département 31. Pour quels résultats ? Ah ben si, suis-je sot, pour créer de l’emploi inutile.

Sans même aller contester comment les nombreux titres ont pu être choisis, on comprend bien que l’objectif de donner accès à la culture pour quelques minorités que ce soit ne saurait être à la hauteur des montants prétendument « investis » et de leur coût de fonctionnement. Car dans ce cas, il serait légitime de demander combien la « majorité » a reçu en proportion dans ce domaine.

Il y a quelques années, quand tous ces chantiers furent décidés, la grande angoisse des élus avait pour nom la « fracture numérique ». On craignait que les « minorités défavorisées » ne puissent profiter des mêmes accès à Internet que les nantis. Et d’enfanter ce réseau de médiathèques inutiles et déjà mort-nées. Car la bureaucratie qui décide trop tard met en plus un temps infini à livrer.

Une fois de plus, l’exception culturelle, comme tout fruit de l’interventionnisme politique, se révèle un fiasco. Entre-temps, le laissez-faire capitaliste, lui, a fait son travail ordinaire : sans bruit, il a rendu la culture accessible partout et pour tous, pour presque rien, sans gaspillage ni tyrannie. Charge aux incultes de la découvrir par ces fabuleux moyens, à condition qu’ils en aient l’envie…

Friday, January 5, 2018

Le retour des horreurs économiques

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Le spectre de la nationalisation d’Arcelor-Mittal a hanté les unes des journaux ces dernières semaines, sans que soit posée la question constitutionnelle de l’atteinte à la propriété privée. Pourtant, l’article XVII de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, censée fonder le contrat social de la société française, est explicite : « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. »

M. Le Ministre du « redressement productif » (terme riche de double sens) pourrait-il nous éclairer sur la nécessité publique de nationaliser des hauts-fourneaux ? Sous quel constat de légalité peut-on juger les quelques 600 emplois de Florange comme une nécessité publique sans que les milliers d’autres salariés qui chaque mois perdent leurs emplois le soient ? De plus, nationaliser sacrifie l’argent du contribuable injustement en faveur d’Arcelor-Mittal pour espérer revendre ensuite à une autre entreprise privée. Cette double agression relève du pur abus de pouvoir à des fins de vol avec recel. Le pouvoir politique est-il donc tant au-dessus des lois pour se permettre un tel chantage ?

Il est navrant que cette manœuvre inconstitutionnelle ait été soutenue par une grande partie de la classe politique. Le message envoyé par les théâtres gouvernemental de Guignol depuis des mois aux investisseurs étrangers est dramatique : « Créez de la valeur, et vous serez surtaxé. Echouez, et vous ne pourrez restructurer. Désobéissez au gouvernement, et vous serez spolié. » Comment espérer le moindre investissement dans des conditions financières et juridiques aussi abracadabrantesques ?

D’ailleurs, par quel miracle ou magie le gouvernement comptait-t-il rendre sa rentabilité à une unité de production arrêtée pour manque de demande, sur un marché à la fois très volatil et présentant de fortes surcapacités ? Une fois de plus, un ministre, incompétent en économie, prétend dépenser sans plus réfléchir l’argent des autres pour maintenir des activités dépassées au lieu de se limiter à créer les conditions favorables à l’emploi, c’est-à-dire à lever les barrières. Par exemple, en réduisant systématiquement la fiscalité pour faire de la France un pays économiquement plus dynamique.

Mais que fera l’état lorsque d’autres entreprises licencieront, leur personnel invoquant alors ce précédent pour exiger son « aide » ? Est-ce donc voulu, anticipé ? Le ministre compte-t-il nationaliser toutes les usines et entreprises qui vont mal ? Avec quel argent ? Tout ceci est insensé et ressemble simplement à la soviétisation de la société française. France, où est passée ta Liberté chérie ?

Faire de Florange un outil de propagande est en plus de nature à aggraver l’explosion structurelle du chômage. Au lieu de se mêler de la stratégie des entreprises, à laquelle il ne comprend rien, l’état devrait balayer devant sa porte et remettre de l’ordre dans ses propres finances. Et supprimer la foule de bureaucraties inutiles qui ampute inéluctablement la capacité d’investir des entreprises. Plus l’état prélève d’impôts, plus l’état s’endette, pire devient la situation économique. Il va falloir très vite se souvenir que jamais dans l’histoire, l’interventionnisme économique des politiciens n’a permis le moindre développement durable de la société humaine, tout au contraire.

La politique française rassemble en son sein tout le musée des horreurs économiques que le monde collectiviste a pu jusque-là enfanter. Mais le pire est hélas encore à venir. Jusqu’à que certains comprennent que le problème vient d’eux-mêmes et de leurs méthodes. Telle la démocratie...

Le marché, base naturelle de l’économie

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Faites-vous vos courses au marché de votre village ou quartier ? Vous faites sûrement cet acte banal plus ou moins régulièrement, sans plus de questions. Tout un chacun s’approvisionne en nourriture pour renouveler son énergie. Ainsi, le marché du village est un lieu où des commerçants viennent à la rencontre d’acheteurs potentiels proches en proposant leurs produits. La demande des uns vient à la rencontre de l’offre des autres. Ainsi se réalisent les échanges économiques libre et volontaire.

Observez le fonctionnement du marché local : sans ordre particulier, il est anarchique, mais sans chaos. Et pourtant il s’organise, spontanément. Précisons ce point : à part les emplacements qui leur sont attribués, personne n’impose aux commerçants leurs produits, comme personne n’impose aux acheteurs leurs achats. Les commerçants, d’expérience, ont analysé les besoins des clients locaux. Ils proposent ainsi des produits qu’ils espèrent adaptés à ces besoins – ou envies. Si certains produits ne plaisent pas, pour quelque raison, les commerçants repartent avec. Personne n’est forcé d’acheter. C’est cela le marché libre : les uns proposent, les autres disposent, ce n’est pas plus compliqué.

Un acheteur trouve un produit trop cher ? Son aspect ne lui convient pas ? Il lui suffit de ne pas le prendre. Le bon commerçant en tirera seul les conclusions, s’il voit ses concurrents écouler leurs produits alors que les siens restent sur son étal. Il arrivera peut-être à pigeonner quelques clients, si ses concurrents sont en rupture de stock. Mais jouer avec la confiance des acheteurs n’est jamais payant bien longtemps et la tromperie finit toujours par tourner court pour les peu compétitifs.

A contrario, l’état et ses services publics prétendent venir suppléer le marché là où il en va de notre vie ou de notre sécurité – car dans ces domaines, la logique des affaires ne fonctionnerait pas.

Vue l’importance vitale pour quiconque de s’alimenter, on s’interroge donc devant l’absence de « service public alimentaire » plus ou moins nationalisé pour « urgence ultra prioritaire ». Quelle fonction vitale peut être plus précieuse pour l’homme que l’alimentation et le maintien en vie ?

Faisons simple : si ce service n’existe pas, c’est parce que tout service public n’est que leurre. Aucun n’est capable de rendre un réel service à la hauteur de ce que le libre marché offrirait. Il est par contre un instrument de pouvoir et de formatage. Il n’y a sinon aucune, absolument aucune raison qu’un service dit « public » se substitue aux libres marchés, y compris complexes. Et si les hommes de pouvoir n’ont pas osé créer un service public de l’alimentation, c’est qu’ils savent qu’il n’aurait jamais pu être aussi performant et meilleur. Et qu’un peuple affamé est un peuple qui se soulève.

Or par extrapolation du marché du village, tous les marchés fonctionnent de la même manière. La société s’organise librement et volontairement. Il n’y a jamais de violence lors d’une vraie transaction commerciale. Si un contrat vient à ne pas être respecté, la justice est saisie et entend les arguments des deux parties. Puis le jugement devra être exécuté. La simple égalité devant le droit suffit bien.

Pourquoi donc les politiciens devraient-ils intervenir dans l’économie ? Rien ne le justifie, pourvu que le droit de propriété et d’échange libre soit respecté. La corruption et les malheurs des peuples surviennent dès que l’homme politique se permet d’intervenir parmi les transactions libres et volontaires pour en faire des transactions contraintes et forcées. La société du marché s’organise toujours plus vite et mieux que tout état peut le faire. On l’a démontré, tout service public est sans fondement. Vivement que l’économie retourne au bon sens du marché de la restauration…

Thursday, January 4, 2018

Sandy, pluie de dollars ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

L’actualité de la semaine de Toussaint a été marquée par l’ouragan Sandy qui a décidé d’aller voir au nord s’il ne pouvait pas venir saluer Lady Liberty – mais ce faisant, laissa les rues et le métro de New York, ville symbole de la puissance américaine, sous une inondation sans précédent. Et aussitôt, un concert d’économistes – ou supposés tels – de vibrer devant l’occasion si belle de nous illuminer de leur finesse d’esprit en nous affirmant qu’il y avait là un superbe espoir de voir l’économie américaine relancée suite aux besoins de reconstruction ainsi provoqués.

Pour cette grande majorité d’économistes, inspirés par l’incompréhension du monde théorisée par John Maynard Keynes et ses disciples, ce qui fait qu’une économie se porte bien, c’est sa dynamique de dépense. Ce n’est pas totalement faux, un des cœurs de l’économie, c’est bien l’échange commercial – donc de la dépense – qui construit et accumule de la valeur, donc de la richesse.

Mais ce n’est bien évidemment pas le seul aspect de la santé d’une économie – mais il semblerait que cette évidence échappe au keynésien moyen. Cher fidèle lecteur, votre bon sens l’a probablement déjà identifié, cet autre cœur de l’économie, c’est le capital, qui est la richesse accumulée jusqu’ici. Et sous l’angle du capital, le moins qu’on puisse dire, c’est que Sandy n’a pas été une pluie de dollars pour l’économie américaine.

Il convient de citer une fois encore dans cette chronique Frédéric Bastiat, reconnu dans le monde entier comme le plus grand économiste français, mais totalement oublié en son pays. Bastiat a écrit en 1850 la « Parabole de la vitre cassée » où un apprenti économiste tente d’expliquer à un boutiquier dont la vitrine vient d’être cassée que c’est là une chance pour le vitrier et donc pour l’économie. Et Bastiat de rappeler que rien n’est moins vrai, car l’argent dépensé dans la nouvelle vitre aurait pu être mis dans une toute autre dépense – tout en profitant de la vitrine restée intacte.

Que l’homme de bon sens se rassure : Sandy, comme tout cataclysme, est bien une catastrophe, humaine comme économique. Ne doutons pas de cette vérité à l’écoute des messages délirants de ces économistes qui relèvent plus de l’apprenti-sorcier. Ils prétendent faire notre bonheur et notre richesse à coups de mises en équations et de création monétaire. Mais les banques centrales et leurs planches à billets sont dignes des meilleures cavaleries financières. Ils trouvent grâce aux yeux du pouvoir, car ils servent de caution prétendument « technique » à l’intervention étatique dans l’économie, pourtant toujours injustifiable et injustifiée. L’argent – l’illusion de l’argent – jaillit de partout et nous sommes victimes de noyade, non pas par Sandy, mais par ces soi-disant experts.

Pourtant face à la foule des économistes de la destruction, une grande « école d’économie » dite « autrichienne » résiste. Elle a depuis 150 ans repris les travaux de Bastiat et de ses précurseurs français, tel Jean-Baptiste Say. Inconnus du grand public, ses plus grands auteurs – Carl Menger, Ludwig von Mises, Murray Rothbard – ont ainsi bâti une théorie économique correcte qui permit à Ron Paul – homme politique américain libéral – d’annoncer la crise économique de 2008 dès 2003.

Et hélas, ce que la théorie « autrichienne » voit en cette crise monétaire majeure, c’est que le pire ouragan à venir prendra plutôt un prénom du genre d’O ‘Dette publique’ ! « N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?! » aurait pu ajouter Frédéric Bastiat avec l’humour qui le caractérisait.