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Friday, January 19, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (9)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « et je constate qu’il s’agit simplement de comparer paradis fiscaux, présentés comme des modèles, et nations normales, forcément plus dépensières. »

A la lecture de mon billet consacré à l’excès de charges sociales pesant sur les emplois dans notre pays, elle arrive à conclure que ma vision du libéralisme se réduit à comparer les « paradis fiscaux » aux « nations normales ». C’est non seulement aller un peu vite en besogne, mais c’est ne pas voir qu’un exemple criant comme le football peut simplement servir à faire toucher du doigt l’absurdité de l’interventionnisme politique français. L’enjeux n’est même plus de donner de bonnes notes ou de mauvaises notes aux gouvernants, car hélas après plusieurs décennies de dérives et de promesses électoralistes, il y a une tout autre urgence ! Il s’agit de pointer le drame qui en découle : on ne peut continuer impunément à charger l’économie et les hommes d’un fardeau injuste et disproportionné.

Il est tout de même extraordinaire qu’en France, pays des philosophes des Lumières et des principes modernes du droit naturel et du libéralisme, que leurs héritiers soient à ce point aveuglés et bercés d’illusions par le collectivisme. Au point de ne pas accepter la critique, voire de déformer la vérité ou de nier les faits. Vouloir sans cesse obliger chacun à partager sa soupe avec ses voisins ne donnera jamais la possibilité à tous de manger une assiette complète ! Il faut en finir avec le socialisme.

Les constructivistes sont passés par là et trop orgueilleux se croient plus malins. Les politiciens, incompétents économiques notoires, imaginent pouvoir faire le bonheur de tous par la fiscalité. Prendre par force une bonne part de nos revenus, directement ou via nos diverses activités économiques, fait vite de belles sommes… Il est alors tentant et facile de dépenser l’argent des autres en affichant une bonne conscience. Mais cette dépense sans borne est-elle pour autant le signe d’une « nation normale » ? Et la nation la meilleure est-elle celle la « plus dépensière » ?

Les hommes politiques ont beaucoup d’ambition pour la construction de la société, mais ils ne financent jamais en propre leur folie des grandeurs. Est-ce bien « normal » ? Par exemple, l’écart de charges sociales, qu’elles soient patronales ou salariales, entre Monaco et la France est énorme. Il n’est pas le fait de la Principauté, mais bien du jacobinisme français enfermé dans une logique incohérente. Si la France est une « nation normale », bien qu’à la 72eme place dans le monde, pourquoi les autres, toutes les autres, ne suivent-elles pas son modèle ? Non, c’est bien sûr Monaco qui donne l’exemple et confirme qu’une « nation normale », telle la fourmi, n’est pas dépensière.

Nous français oublions trop souvent de regarder nos voisins – un complexe de supériorité depuis toujours entretenu, mais hélas loin d’être justifié. Car les besoins que nous posons comme soi-disant publics existent autant à Monaco qu’en France. Comment donc fait Monaco ? L’effet d’échelle lié à la population n’a aucune influence. La manière d’y répondre est par contre avant tout une question de mentalité. C’est ce qui nourrit la différence entre leur paradis fiscal et notre enfer fiscal. Le politicien y est quasi-inexistant, il y reste dans ses limites, il ne peut jouer à Zorro avec l’argent des autres.

La solution de nos maux n’est pas à chercher bien loin. Le pourvoir en redevenant modeste, en laissant les citoyens organiser la société et produire de la diversité, peut laisser émerger les réponses et donner naissance à la nation évoluée où la contribution de chacun sera enfin consentie.

Monday, January 1, 2018

Quand le protectionnisme finit par déstabiliser...

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Airbus s’installe aux USA en créant une usine de 1 000 emplois. (Depuis, l’A380 est à la peine…)

La presse française a célébré une victoire pour Airbus face à Boeing ! Mais l’industrie aéronautique toulousaine devrait s’interroger sur une telle implantation en revenant sur les propos de Louis Gallois, qui en 2008 et alors PDG d’Airbus, alertait les pouvoirs publics : « A défaut d’une autre politique "de l’Euro", Airbus se verra contraint de quitter l’Europe pour s’installer dans la zone dollar. » Il ajoutait clairement : « Si cela continue, l’industrie exportatrice fuira l’Europe. C’est la seule réponse à sa disposition pour survivre. » Mais aussi : « Nous allons également accroître le contenu en dollars de nos avions notamment en payant de plus en plus nos fournisseurs en dollars, et en les incitant ainsi à s’installer comme nous, plus fortement en zone dollar. »

Si Louis Gallois avait trouvé un bouc émissaire facile avec l’Euro face au Dollar, il s’évitait de mentionner que le poids des charges et impôts en France ainsi que celui du code du « non-travail » pesaient dans cette décision. N’oublions pas qu’Airbus est née de la volonté artificielle des politiques européens, à coup d’aides et de subventions, de nous doter d’une industrie aéronautique, coûte que coûte. Et Airbus, non seulement aujourd’hui s’installe aux USA pour améliorer sa compétitivité, mais incite ses fournisseurs européens à en faire autant.

Cette installation est donc loin d’être une victoire : c’est l’amer constat que l’Europe, et la France en particulier, ne protègent pas leurs citoyens dans le domaine économique, contrairement à ce qu’elles avancent, et que l’interventionnisme politique dans l’économie finit toujours par le déclin.

Les agitations politiques de ces derniers mois autour de l’industrie en général sont perverses et infondées et n’éviteront pas le départ à terme du reste de l’industrie si des mesures de libération des marchés et d’allègement du code et du coût du travail ne sont pas rapidement prises pour dynamiser l’innovation et la création de richesse. Les manipulations monétaires et réunions sociales ne sont que des illusions : elles ne redonnent aucun travail à ceux qui n’en ont pas !

Pourquoi selon cette même logique ne pas aider Boeing à s’installer en Europe ? Nous aurions au moins l’impression que Bruxelles sert à quelque chose. L’usine d’Airbus aux USA, c’est 1 000 emplois de moins à Toulouse ou à Hambourg... dès aujourd’hui. Combien demain ?

Ne passons pas sous silence que Boeing a licencié plusieurs milliers de salariés ces 10 dernières années, et que cette nouvelle compétitivité du constructeur américain oblige Airbus à s’adapter… par délocalisation aux USA, en s’évitant un plan social. Gageons que les départs des salariés d’Airbus en Europe (retraites, démissions) dans les 10 ans qui arrivent ne seront pas beaucoup compensés, faute de pouvoir faire comme Boeing (licenciements, embauches), et que les nombreux bureaux vides sur la région toulousaine le resteront encore longtemps.

Le Landerneau social nous explique que le protectionnisme permet une plus grande sécurité d’emplois, assure la stabilité des industries nationales, et développe l’État qui le met en pratique...

On constate qu’une telle prétention n’a qu’un temps et que seul le respect des règles de libre échange garantit le développement « durable ». Une fois de plus, chacun pourra vérifier les effets pervers de l’interventionnisme politique : responsables quand il s’agit d’inaugurer avec l’argent des contribuables, pas coupables pour assumer le résultat de leur gabegie.

Friday, December 8, 2017

Et si... le pacte de responsabilité n’était qu’un chapeau magique ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Ce qui est extraordinaire avec les politiciens qui s’accrochent au pouvoir (soyons lucides, ils s’y accrochent du fait de leurs fonctions de bénévoles aux grasses indemnités généreusement prélevées sur le bon peuple), c’est leur faculté à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, mais sans les Lumières. Ainsi, le nouvel mot magique sorti du chapeau du jeu politique est le « pacte de responsabilité ». On se demande si avant ce pacte, lesdits politiciens étaient ou pas responsables.

Surtout, n’imaginez pas qu’ils n’ont pas réfléchi. Non, lisez plutôt : « L’allègement des charges des entreprises de 10 milliards d'euros, si elle est ciblée sur les bas salaires, permettrait de créer entre 220.000 et 300.000 emplois sur cinq ans, résulte-t-il de « simulations macroéconomiques tests » réalisées à la demande du Haut conseil au financement de la protection sociale. »

« Entre 220.000 et 300.000 emplois sur 5 ans » ? Ce n’est pas moins de 60 000 emplois par an en moyenne, soit 5 000 par mois ! Comparons au chômage des deux dernières années : +177 800 en 2013, après +283 800 en 2012, soit 461 600 chômeurs en plus. On peut se demander pourquoi le « Haut Conseil du financement de la protection sociale » n’avait pas réalisé en 2011 de telles « simulations ». C’est vraiment nous prendre pour des imbéciles, car le mal est bien plus profond.

Croyez-vous encore à toutes ces pseudo-prédictions ? Je respecte votre liberté d’imaginer que ceux qui sont responsables de la catastrophe actuelle peuvent améliorer la situation grâce aux belles courbes issues de leurs tableurs. Mais tout ceci relève de l’incantation : faites brûler des cierges, l’effet sera exactement le même. Nous payons tous ces individus dans les ministères pour nous vendre du vent. Plus ils nous vendent du vent, plus nous souhaitons que ce vent souffle fort !

Mais pourquoi n’ont-ils pas été plus loin dans leurs simulations, par exemple en incluant un allègement de charges sur les hauts salaires ? Ont-ils peur de créer un ouragan sur la création d’emplois ? 10 milliards ? Mais pourquoi pas 60 milliards comme le réclame le MEDEF ? Sur les 600 milliards de la protection sociale, c’est vraiment jouer petit jeu !

Ce qui serait vraiment « responsable », c’est que chaque salarié puisse recevoir la totalité des fruits de son travail, choisir et payer par lui-même ses organismes de protection sociale pour la santé, la retraite ou le chômage. Un vrai choc psychologique de simplicité par la responsabilité individuelle permettrait de retrouver compétitivité et emplois en peu de temps. Surtout pour les « pauvres ».

Mais tous ces ronds de cuir dans les ministères, que deviendront-ils ? Ne vous en faites pas pour eux, si leur talent de pseudo-économistes est si merveilleux, ils sauront créer sans mal les emplois dans le privé qu’ils tracent avec leurs courbes, tout en soulageant nettement vos impôts et taxes.

Le vrai pacte de responsabilité, c’est celui où le politique réduit de manière significative la dépense publique, toujours nuisible à l’emploi. Cette dépense est essentiellement composée du revenu et des retraites d’une fonction publique pléthorique, sans contrainte de résultat et parasitique.

Or l’unique solution responsable est de recréer de la valeur ajoutée dans le secteur privé. C’est le domaine de l’enfer de la concurrence ? Oui, et alors ? Soit vous préférez continuer à attendre la faillite collective en pensant que vous serez moins touché que votre voisin, soit vous devenez seul responsable de votre vie. Il n’y a pas d’autre alternative, surtout pas une qui passe par les politiciens.