Showing posts with label politiciens. Show all posts
Showing posts with label politiciens. Show all posts

Thursday, November 1, 2018

Peut-on imaginer une société sans Etat ? - 2: Rôle présumé de l'Etat

Cet article constitue la seconde partie de la rédaction de ma présentation faite début novembre à Lyon, sur le thème de "Peut-on imaginer une société sans Etat ?", dont la première partie est accessible ici.

Cette fois, il s'agit d'entrer dans le sujet de l'état lui-même et des questions qu'il pose. Elles sont nombreuses, j'en ai retenues cinq qui partent des rôles classiques qu'on lui attribue communément, abordent ensuite des sujets plus contemporains mais hautement trompeurs, pour finir avec une réflexion ouvrant sur la démocratie.


Tension entre sécurité et dictature

La DDHC nous le précise, le dit clairement dans son Article 12 ("La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée."), le rôle premier de l'état est tout d'abord d'assurer notre sécurité, au sens large de cette "force publique" qui se doit de veiller au respect de nos droits. L'état est donc traditionnellement justifié, posé comme nécessaire et légitime du fait de ce besoin de sécurité inhérent à toute société "civilisée".

Il semble bien qu'une fois qu'on a dit cela, la question soit réglée une fois pour toutes : l'état serait donc indispensable, point final. Pourtant, on ne compte plus, dans l'histoire comme dans l'actualité, les exemples d'états devenus ou se comportant de manière dictatoriale, c'est-à-dire où sous prétexte de sécurité, les services de police ou de justice font violence a priori à des citoyens sans criminalité évidente. En théorie de la justice libérale, on exprime cela par la "violation du principe de non-agression", c'est-à-dire par "l'initiation de l'agression" envers une personne ne s'étend pas elle-même rendue coupable d'une telle initiative.

Il y a donc dans les faits une tension, une contradiction au minimum sous l'angle opérationnel, entre le besoin de sécurité auquel l'état est censé répondre et la non-sécurité que ce même état apporte souvent, sinon toujours, aux citoyens qu'il est réputé servir.

Cette tension n'est pas nouvelle, elle est connue depuis l'antiquité, où déjà Juvénal, satiriste romain, demandait il y a quelques 2000 ans "Quis custodiet ipsos custodes ?", c'est-à-dire "Mais qui gardera ces gardiens ?" Comment fait-on pour éviter que les gardiens à notre service finissent par nous mettre à leur service ?

Cela explique en partie l'existence de services que je dirai "élitistes" de sécurité, milices, gardes du corps, agents dans nos supermarchés, ou autres formes, dont la simple présence montre au moins que l'état tel que nous le connaissons ne suffit pas à régler cette question de la sécurité. Et que de plus, il ne le fait pas pour tous, puisque in fine ce sont ceux qui en ont le moins besoin (économiquement) qui finissent par trouver, opter pour des solutions alternatives.

Le but à ce stade de la présentation n'est pas encore d'apporter une réponse, j'y reviendrai plus loin, mais je vous glisse néanmoins une piste de réflexion : si la réponse ne peut venir d'une chaîne de gardiens des gardiens de gardiens, elle ne peut venir que d'une logique et d'une source complètement différentes, et qui se trouvent en nous tous.


Tension entre justice et injustice

Il s'agit bien sûr du même type de raisonnement que le point précédent, mais celui-ci était centré sur la police alors que je souhaite ici aborder la justice, l'autre pan du domaine de ce qu'on connaît sous le terme de "régalien", prétexte de l'état. Tous les paradoxes et biais identifiés pour la police se retrouvent pour la justice, avec par exemple l'infinie chaîne des appels et recours.

L'indépendance de la justice est une autre tarte à la crème classique, puisque les juges, fonctionnaires, réputés bras du pouvoir judiciaire séparé du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif, sont en réalité payés par ce dernier grâce aux impôts qu'il a collecté par exécution des lois du troisième. On comprend que le juge, s'il doit trancher entre vous et un bureaucrate assez bien placé, ne vous laissera en réalité que peu de chances, car il pourrait bien être pécuniairement dépendant du bureaucrate.

Mais il y a deux perversités spécifiques de la justice étatique qui méritent qu'on s'y arrête un moment. La première qui vient à l'esprit tient bien sûr à l'erreur judiciaire. Elle n'est pas un scandale en soi, car juger certains crimes est loin d'être aussi facile et comme mathématique qu'on pourrait le souhaiter et l'erreur étant humaine, l'erreur du juge est impossible à éviter totalement - même si bien évidemment il faut chercher à la rendre aussi rare que possible. Le scandale vient par contre de la (faible) qualité de ce processus d'amélioration et des conséquences des erreurs.

Pour que la justice actuelle cherche réellement à s'améliorer, à faire moins d'erreurs, il faudrait que ses agents en aient une motivation tangible, pas que cela dépende de leur seule bonne volonté, forcément aléatoire. Dans le monde normal, quand on se trompe et qu'on est responsable, on en paye le coût - c'est d'ailleurs le principe de base de la "justice" instinctive. Or quel est le juge qui paye ses erreurs de jugement ? Vous en connaissez beaucoup qui se sont faits virer suite à erreur manifeste ? Comment peut-on espérer qu'il soit aussi prudent dans ses décisions qu'humainement possible s'il n'est pas lui-même directement motivé à réduire les conséquences de ses décisions ?

Cette perversion quant aux conséquences a historiquement conduit la justice (organe) à ne plus assurer la justice (service) dans sa démarche même. En effet, la justice moderne est ce qu'on appelle une justice punitive, elle sanctionne, par exemple par des peines de prison. Or une vraie justice, celle des cours d'école et des contrats que nous passons tous entre nous chaque jour est une justice réparatrice. C'est-à-dire une justice où celui qui cause des dommages à l'autre doit réparer - en payant ou en travaillant - ces dommages, éventuellement en ajoutant une compensation pour les torts causés. Dans une société juste, on ne cherche pas à mettre en prison, on cherche d'abord à dédommager les victimes. Où est passée cette justice-là ?


Recherche vs dogme

La recherche, bien que n'étant pas un domaine régalien, est considérée par beaucoup comme une des autres raisons de faire appel à un état. En France, cela se concrétise par l'existence du CNRS et de sa foule de laboratoires touchant aux domaines les plus variés et souvent insolites. Certains avancent ainsi que sans fonds "publics", sans bien préciser ce que cela couvre, il serait impossible de voir les travaux en recherche "fondamentale" financés, sans trop savoir ce que "fondamental" recouvre.

Je réponds que des gens comme Isaac Newton ou Albert Einstein ne se sont pas vus financés par un CNRS quelconque et que de nos jours, la masse de recherche mondiale dans des domaines aussi prometteurs que l'intelligence artificielle, la robotique ou les monnaies alternatives, parmi tant d'autres, doit l'essentiel de ses fonds à l'initiative et aux entreprises privées. Et que contrairement à cette image souvent idéalisée, le financement de la recherche par l'état conduit dans les faits à de nombreuses dérives qui ouvrent la porte au dogme et au politiquement correct. Je prendrai deux exemples pour l'illustrer.

Le dernier Nobel d'économie est allé à "deux Américains précurseurs de la croissance verte, Paul Romer et William Nordhaus". L'Académie justifie son choix par leur supposée mise au point de "méthodes qui répondent à des défis parmi les plus fondamentaux et pressants de notre temps : conjuguer croissance durable à long terme de l’économie mondiale et bien-être de la planète." On admire la neutralité journalistique. Sujet que j'ai pu aborder par le passé, je ne suis personnellement absolument pas d'accord sur la pertinence de tels travaux, mais ce n'est pas mon propos ici. Il s'agit plutôt de voir que le sujet écologique et climatique est clairement de mode. Et que ces travaux et ce prix n'auraient probablement pas été financés ni accordés si leur travaux n'avaient porté cette thématique en bannière. Autrement dit, il ne s'agit pas vraiment de travaux de recherche "fondamentale", mais de recherche "orientée". Un Nobel récompensant des travaux de recherche fondamentale en économie aurait dû depuis longtemps récompenser l'inventeur du BitCoin, plutôt.

L'autre image ne semble n'avoir rien à voir avec la recherche. On y voit ma fille devant une énorme pierre au sein d'un mur ancien - nous sommes à Sacsayhuamán au Pérou. Le dogme archéologique officiel affirme que ce site, et beaucoup d'autres, serait Inca. Pourtant, personne ne sait expliquer comment les Incas ont pu hisser des pierres de quelques 100 tonnes à 3.700 mètres. Et les recherches dans ce domaine sont en train de connaître une vigueur grandissante, largement sous l'initiatives d'individus hors des circuits de recherche officielle. Certes, dans la masse du "buzz" on trouve à boire et à manger et les charlatans abondent. Mais il reste in fine qu'on est en présence, au Pérou comme en Egypte ou au Cambodge, d'un refus des officiels de reconsidérer leurs thèses face à des privés qui prouvent chaque jour un peu plus que ces thèses n'ont aucune solidité. Recherche contre dogme.


Ressources vs famine

Notre époque très écologique attire notre attention sur le besoin de "protéger" nos "ressources naturelles". Certaines seraient proche de l'épuisement. Et cela justifierait pour bien des écologistes la prise de contrôle étatique, peu importe la forme, de ces ressources. Seul l'état saurait protéger et seul l'état saurait qu'en faire. Lui seul saurait trouver ce point d'équilibre si complexe entre nourrir le peuple, le voir prospérer et protéger les ressources. Il faut se rendre compte que de tels raisonnement ont déjà existé il n'y a pas si longtemps qui ont conduit à des catastrophes écologiques et surtout humanitaires sans guère de précédents.

Pour ceux qui ne connaissent pas cette tranche de l'histoire récente, et qu'il soit clair que je prends cet exemple sans biais idéologique particulier, les années 1958-62 ont vu en Chine se former une famine épouvantable, aboutissant à quelques 25 millions de morts et à une quasi disparition de certaines espèces animales. Le livre mis en référence - Mao's Great Famine, Frank Dikötter - donne un récit et des faits d'une rare précision et je vous le recommande, même si sa lecture est déchirante au possible.

Peu m'importe que cette famine ait été le résultat de la dictature de Mao, de Staline ou de Hitler, ou même de Louis XIV ou de la Mère Michel ; la seule chose qui m'importe tient au fait qu'il ait pu exister - et donc qu'il peut exister - un état central qui impose sa motivation propre et forcément égoïste à tout un peuple au point de négliger la survie de celui-ci, et même de le décimer.

Il est important au passage de revenir sur la complexité de l'équilibre évoqué ci-dessus. Bien évidemment, même si Mao et ses sbires se sont révélés par cette famine être des monstres absolus, on peut supposer qu'ils ne l'avaient pas imaginée au départ et qu'elle est arrivée sans qu'il l'aient désirée explicitement. Ils imaginaient pouvoir forcer le destin, forcer l'équilibre en leur faveur, obtenir en claquant des doigts à la fois production et prospérité, par simple décision politique centrale.

Ils ont comme bien d'autres jacobins et grands planificateurs découvert que les hommes et l'économie ne se dirigent pas aussi simplement. La complexité de la société humaine est immense, notamment à l'échelle de centaines de millions d'hommes, comme à l'époque en Chine. Il est tout simplement hors de portée de quelque gouvernement que ce soit de trouver et d'imposer un équilibre qui en réalité ne peut qu'émerger des choix combinés et entrelacés des individus eux-mêmes. C'est une des raisons majeures qui me portent à faire la promotion de la société libre, sans état.


Démocratie vs tyrannie

Après le régalien qui le légitimerait, deux exemples de travers sociaux obtenus quand on élargit son champ, je me dois de jeter un rapide regard sur l'argument démocratique qui est à la mode pour justifier la généralisation de l'état en toutes choses.

L'idée de base est bien connue, elle est évidente : la majorité (électorale) serait plus importante à satisfaire que toute minorité, le choix de la majorité doit donc être privilégié. Et cela devrait s'appliquer au domaine politique comme à tout domaine où il s'agit de satisfaire les gens : la majorité l'emporte. Les deux images que j'ai retenues parlent d'elles-mêmes. La démocratie, celle de la majorité aveugle, cela donne un président qui a comme seule compétence d'avoir osé dire 'oui' à tout le monde, et ça donne aussi un dictateur digne des pires caricatures, qui sait lui comment ne laisser le choix à personne - un parmi tant d'autres, je précise.

Mais comment cela se fait-il ? N'est-il pas légitime de chercher à résoudre l'impossible choix de celui qui nous gouvernera par l'arbitrage laissé au plus grand nombre ? Manifestement, non. Sinon, depuis les quelques deux siècles que la démocratie se déploie, et surtout depuis le début de sa généralisation il y a exactement un siècle, si la démocratie était facteur de paix et de prospérité, nous n'aurions pas connu autant de guerres, de morts et, il faut oser le dire, de déchéance sociale généralisée.

Le problème de la démocratie est dans son concept même. Comme le dit Popper, la majorité n'a en fait que rarement raison en matière politique. Car la politique, c'est compliqué, la famine chinoise nous en a donné une idée, bien sombre. Et quand pour arriver au pouvoir, il suffit de promettre, de dire 'oui' à tout le monde, le premier imbécile et surtout le premier des tyrans a vite fait de comprendre la combine. Ce cher Georges Frêche ne nous a-t-il pas enseigné que ce sont les "cons" qui votaient pour lui ?

La solution n'est dès lors plus dans "plus de démocratie", la démocratie ne peut en effet que précipiter notre chute et notre appauvrissement. La seule option consiste au contraire à en sortir, à réduire l'état pour éviter tout dictateur et tyran, et de rechercher une autre forme de satisfaction du plus grand nombre, de "démocratie non-tyrannique". Pour moi, c'est celle qui vient du libre marché, du choix que nous faisons tous librement, celui du commerce. La démocratie non-tyrannique, c'est celle où les services assurés classiquement par l'état nous viennent tous du commerce. Je vais y venir dans une partie à suivre...

À suivre...

Sunday, January 21, 2018

Il faut que ça change, mais dès que ça change, tout le monde est dans la rue

(Paru sur Le Cercle en 2015.)
François Hollande c’était fait élire sur le « Changement, c’est maintenant ». Barack Obama annonce lancer un vaste plan pour contrer le changement climatique. Le changement, c’est un mot magique, une des grandes chimères et un des grands paradoxes du socialisme. Partout, toujours, on entend qu’il faut que ça change, mais en même temps dès que ça change, tout le monde est dans la rue.

Les premiers socialistes, devenus communistes, voulaient changer l’homme, voir l’éclosion d’un homme nouveau, meilleur et plus généreux, pour que tout change enfin. Encore aujourd’hui, le slogan de Hollande portait cette promesse égalitaire, ce changement tant espéré hors du capitalisme honteux qui porte en lui la misère du monde. Depuis plus d’un siècle, il faut que cela change, et en effet, depuis un siècle le socialisme s’est peu à peu répandu partout. Et pourtant rien n’a changé.

Il faut dire que chaque fois qu’on tente de changer, hop, les privilégiés montrent les dents et démontrent leur sens de la solidarité. Les professions libérales montrent soudain qu’elles sont si libérales qu’elles refusent que leur marché soit libéralisé. Les agriculteurs sont tellement sûrs de la qualité de leurs produits et de leur aptitude à satisfaire les consommateurs qu’ils leur bloquent les routes au moindre signe de retour à une politique agricole devenue peu commune. Et tant d’autres.

Car le propre du socialisme tient dans les avantages acquis, dans les privilèges de tous genres qui sont autant de prétextes de faux progrès social. Il faut redistribuer, voyez-vous, puisqu’il faut changer l’injuste vie de Pierre, Paul et Jacques. Alors on commence par donner à Pierre, puis on donne à Paul, en veillant à ce que Jacques ne râle pas trop. Mais si ce dernier se réveille, si le changement passe par une jacquerie « solidaire », on verra les Pierre se soulever et les Paul nous rouler dans la farine.

Mais le paradoxe est bien plus profond. Car le socialiste veut protéger, pour réduire l’emprise du diable capitaliste. Il protège les salariés du licenciement. Il protège les agriculteurs de prix trop bas. Il protège par la loi. Et la loi rigidifie le monde. Avec la loi, il devient illégal de changer. On est devenu salarié, c’est pour la vie. Mais la vie justement, n’est-elle pas faite de changement ? Si dans la vie nous perdons l’espoir du changement, celui qu’on construit de ses mains, à quoi sert-il de vivre ?

Alors, après avoir été réchauffement, c’est une aubaine que le changement devienne climatique, justement quand le climat dans les banlieues se réchauffe au point de bientôt bannir les lieux. Face à leur incapacité au changement annoncé qui pourtant fait leur fonds de commerce, il n’est pas surprenant que les politiciens de tous poils s’emparent des nouvelles chimères qui ne changeront rien mais qui leur permettent de repousser encore un peu l’échéance de leur déchéance annoncée.

Mais ne nous y trompons pas. Le dossier climatique ne sera rien d’autre qu’un autre fiasco socialiste, et pour les mêmes raisons : à vouloir contraindre l’homme à défaut ou au prétexte de le changer, au lieu de changer de dogme et libérer les structures sociales, le socialiste ne change que pour le pire.

Saturday, January 20, 2018

FIFA: La corruption déblatère

(Publié sur Le Cercle en 2015)
Les gros titres sont faits sur le soupçon de corruption accompagnant la réélection de Sepp Blatter à la présidence de la FIFA. Corruption ? Voilà bien l’inversion d’analyse classique de notre temps.

Je ne m’intéresse pas au football, ni d’ailleurs au sport en général. Il y a dans le sport il me semble cet opium du peuple bien connu et ces jeux du cirque dont le seul objet est de nous maintenir dans la béatitude des citoyens-esclaves que la démocratie moderne a fait de nous.

Mais le spectacle que nous offre la FIFA relève de la politique, et pour le coup, la corruption en est au cœur. Mais quelle corruption ? Pour clarifier mon propos, je voudrais reprendre un extrait de l’excellent texte d’Olivier Devoet dans Libres !! :

« Dans un domaine où la dissimulation est la règle et où la manœuvre souterraine est de mise, il me semble utile de poser ce concept même de corruption : la corruption est un agissement illicite consistant à accorder des avantages, dans le cadre de fonctions officielles (et d’un pouvoir effectif) en échange de contreparties matérielles et/ou financières.

En effet, sans ce pouvoir, la corruption peut se résumer à un simple échange volontaire, à une simple négociation (commerciale). Finalement, la corruption c’est l’usage du pouvoir qu’on détient pour distribuer des privilèges, des avantages, des passe-droits en échange d’une rétribution et/ou de bienveillance. Là où il y a pouvoir, il peut y avoir corruption, c’est simple. »

Si la FIFA semble une organisation planétaire, plus tentaculaire encore que l’ONU, si elle semble attirer tous les grands de ce monde, si elle inquiète, est-elle pour autant corrompue ? Non pas, seuls les politiques qui la courtisent le sont.

Les laisser retourner le sens des mots, voilà notre mal profond. Or pour être corrompu, il faut détenir un pouvoir. Quel est le pouvoir de la FIFA ? Décider du prochain pays accueillant la coupe du monde ? Est-ce là un pouvoir, vraiment ? Pouvoir suppose coercition, force, contrainte. Où sont-elles ici ?

Regardez le nouveau stade à Bordeaux. Qui a été forcé de le financer ? La FIFA ? Ses membres ? Non bien sûr, ce sont les contribuables girondins, même ceux qui ne touchent jamais un ballon.

Non, la chose est claire, ce sont les politicards minables des différents pays, œuvrant  pour obtenir leur part de l’opium sur gazon, qui pourrissent le jeu. Car Lord Acton nous l’avait déjà expliqué il y a 200 ans : « Tout pouvoir amène la corruption, le pouvoir absolu amène une corruption absolue. »

Wednesday, January 17, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (7)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « De plus, le sponsor du club de football étant un milliardaire russe [NB : Club de Monaco], l’origine de sa fortune est sans doute douteuse (serait-elle gérée rigoureusement ?) ».

Madame, voilà un pur procès d’intention, régulièrement entendu et qui relève de la diffamation. Vous avez le droit de vous interroger sur l’origine de sa fortune. Mais ne peut-on pas être russe et honnête à la fois ? Pourquoi les russes devenant milliardaires seraient-ils condamnés à l’opprobre ? Et surtout, tous les nouveaux milliardaires, même en France, seraient-ils forcément suspects ?

Certes, vous n’avez pas tort, de telles réussites peuvent être douteuses. Mais celles dont le doute est avéré, toutes sans exception et depuis toujours, exploitent la trop grande connivence entre système politique, « grand patronat » et syndicats. Ils court-circuitent le marché libre, émanation du peuple honnête, pour manigancer entre eux. Par exemple, je viens de perdre un appel d’offres, non pas parce que j’étais moins bon, au contraire, mais parce que le choix a été imposé à mon interlocuteur. De plus, beaucoup d’argent circule entre eux de manière détournée à travers la multitude de subventions, privilèges, monopoles, restrictions ou réglementations et cela sans qu’ils soient à l’origine de ces sommes. Ce qu’il vous faut voir, Madame, c’est que sans mainmise étatique, riches comme pauvres dans un état de droit ne pourraient être qu’honnêtes, sous peine d’échec à terme.

Comptons ainsi les si nombreuses activités économiques contrôlées par les bureaucrates, accordant par législation ou contrôle des prix des rentes de situation soit à des entreprises privées, soit à des monopoles publics. C’est énorme en France. Or tout ceci fausse les prix au détriment de la majorité des citoyens, lesquels assistent dociles à leur appauvrissement dû à la corruption et ainsi au siphonnage de nos gains par le monde politique. Insistons, un tel fonctionnement n’a rien à voir avec le capitalisme, le vrai, celui du laissez-faire, de l’économie de libre marché découlant du libéralisme.

Ainsi, Madame, c’est le pouvoir politique intervenant dans l’économie qui cause ces enrichissements suspects de dirigeants, impossibles sinon. Leurs sociétés sont aidées par les politiques. Elu sur la base d’intérêts particuliers, un gouvernement qui fait autre chose que de garantir les droits des citoyens, est une dictature oligarchique. Hélas, presque tous les pays du monde s’arrogent cet abus de droit. Tous ? Non ? Quelques états comme Monaco résistent encore à la tentation de voler ou de laisser voler leurs habitants par divers trafics. Tout peuple a la société qu’il mérite et si milliardaires ou ordures il y a, c’est qu’il en a décidé ainsi, que ce soit par la « démocrassie » ou par le marché.

Alors pourquoi ce milliardaire russe ne pourrait-il pas devenir sponsor du club monégasque ? Sauf preuve contraire, sa fortune n’est pas de source malhonnête. Pourquoi la Principauté refuserait-elle a priori ? Sous quel prétexte ? Son pays l’a jugé en son temps et l’a acquitté. Vous qui révérez l’état, acceptez donc sa justice. Non que je veuille défendre ce magnat russe, mais il est en droit d’investir librement son argent dans le club de Monaco. Il fait ce qu’il veut de son argent, il le gère à sa guise. Il n’a aucune leçon de morale à recevoir de quiconque. S’il se trompe, il fera peut-être faillite et en sera seul responsable : le club cherchera alors un autre sponsor. La Principauté peut ainsi avoir une équipe de football sans taxer le peuple monégasque. Un bel exemple pour la France.

Saturday, January 13, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (3)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Suite du courrier de ma lectrice : « Cela [NB : l’ultra-libéralisme] a contribué à la crise actuelle qui en appauvrissant et en démoralisant la classe moyenne, risque de mettre à mal la démocratie en Europe, comme dans les années 30 ». Voilà une belle envolée lyrique, mais que d’amalgames ! Le présent côtoie le passé, la politique est confondue à l’économie, la cause devient conséquence et vice-versa.

Vous avez raison. La crise est la même que celles des années 30. Incontestablement, c’est une crise monétaire, due à l’excès de crédit public. Ceux qui ont en charge la gestion de l’état n’ont rien fait pour arrêter l’expansion de la dette. Forts de l’histoire, ils n’auraient même pas dû commencer. Mais il est si facile de vivre à crédit quand cet argent n’est pas le vôtre et qu’on peut en abuser pour soi.

Mais chère Madame, comme en 1929, cette situation n’a rien de libéral. Si chacun de nous devait gérer son propre budget comme les politiciens, il y a longtemps que nous aurions tous fait faillite. Voilà la logique libérale. A l’inverse, la crise actuelle est ce paradoxe où l’homme politique, tel un Jésus, veut multiplier des sous qu’il nous confisque tout en blâmant le libéralisme de ses échecs.

En France, le PIB (Production Intérieure Brute), qui prétend mesurer la richesse produite, est réputé composé pour 57% de dépense publique. « Réputé » car le public ne produit en réalité rien du tout. Ces 57% cachent la richesse produite par le seul secteur privé. La fiscalité réduit la capacité de tous à produire plus, elle ne peut donc nous enrichir. Ne cherchez pas ailleurs l’appauvrissement collectif.

Car 57% du PIB, cela veut dire en gros qu’une personne sur deux est financée par l’autre. Libéral vous trouvez ? Pour appauvrissement et démoralisation, vous avez raison. Mais ce sont les conséquences systématiques du seul socialisme. La méritocratie libérale véritable ne produirait pas ce genre de marasme, même en France ! Et ce n’est pas la période actuelle qui nous apportera un démenti.

Ma lectrice évoque la « classe moyenne », concept collectiviste. Mais s’en rend-elle compte ? Marx répartissait la société en « classes » selon l’épaisseur du portefeuille. Or la richesse, ça va, ça vient. Le plus important, c’est de participer aux libres échanges, générer de la valeur pour soi, et ainsi voir la société entière profiter. Les classes selon les libéraux sont tout autres : il y a les taxeurs et les taxés.

La richesse ne naît pas des billets, mais des échanges libres et spontanés qu’on effectue. Un échange libre et volontaire est en fait l’ultime choix démocratique. Je m’enrichis car j’ai choisi et je satisfais mes besoins ou envies. La fiscalité réduit et canalise les échanges libres et volontaires. Elle confisque et redistribue selon un total arbitraire et met à mal la vraie démocratie. La liberté, elle, est morale.

C’est un des fantasmes des hommes politiques que de croire que la richesse peut se répartir mieux grâce à eux. Or qui peut savoir ce qui est mieux ? L’interventionnisme fiscal crée des injustices envers les échanges honnêtes pendant que des malhonnêtes profitent des jeux du pouvoir politique.

En fait, Madame, plus il y a de gens qui profitent des aides et des subventions, plus la démocratie majoritaire devient clientéliste et enfonce la société dans l’arbitraire. Ce n’est pas le libéralisme qui pervertit la société, qui cause les crises et qui appauvrit comme pendant les années folles. C’est la dérive clientéliste démocratique due à un pouvoir confié aux politiciens désormais démesuré.

Friday, January 12, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (1)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Une lectrice, pas une admiratrice, mais une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les clichés classiques. Cette lettre commence ainsi : « Bien sûr, en économie, le libéralisme est une théorie parfaitement défendable ». Ma lectrice laisse entendre qu’elle sait que le libéralisme ne saurait être exclusivement économique. C’est déjà bien, il y a souvent amalgame. Veut-elle dire que sur le plan politique, il ne serait pas défendable ? Sait-elle que le libéralisme n’est pas une théorie économique ? C’est sur cette fausse perception que je voudrais lancer cette série.

Le libéralisme prenant acte de la supériorité inéluctable des mécanismes spontanés de toute nature que les hommes pacifiques mettent librement en œuvre entre eux, je n’aurai pas la prétention de répondre exhaustivement à ce point en une unique chronique. Le libéralisme exprime une morale qui existe depuis que l’homme est homme : il trouve son expression philosophique au siècle des Lumières. Cette morale s’appuie sur la liberté associée à son corollaire, la responsabilité individuelle. Le marché libre en économie n’est ainsi qu’une expression de la morale libérale.

Le libéralisme pose juridiquement toute action humaine dans le cadre du droit naturel. Ce droit est par nature non arbitraire. Naturel, il est supérieur en légitimité à tout droit positif, telles les lois et règles que les élus nous imposent, qui sont par nature clientélistes et injustes. Ainsi, c’est l’action des hommes qu’il faut protéger de l’arbitraire du pouvoir et non l’inverse. Le libéralisme n’est pas non plus la loi de la jungle, comme les étatistes aiment à le dénigrer. La constitution française place certes en préambule la Déclaration des droits de l’homme, basée sur le droit naturel, mais dans les faits, aucune instance ne censure le droit positif face au droit naturel. Les philosophes du siècle des Lumières évoquaient pourtant l’obligation de « conservation des droits naturels et imprescriptibles ». La Liberté vient en premier dans la devise « Liberté, Egalité, Fraternité », ce n’est pas par hasard.

Le libéral se méfie de tout pouvoir, car le pouvoir conduit à l’arbitraire. Le libéral ne cherche pas à construire une société à coup de lois contraignantes. Il constate que le « laissez-nous faire » d’un cadre où règne la responsabilité est plus juste et plus porteur de prospérité que tout système coercitif. Le libéralisme est honni par tout pouvoir politique ou religieux car il révèle et défie leur vacuité et même leur nocivité, à la fois envers la prospérité et la justice dite sociale. Étonnez-vous que les politiciens le critiquent par tous les moyens. Observez-les. Tout politicien de droite ou de gauche (nazisme, communisme, fascisme, socialisme…), jusqu’au social-démocrate rejette en bloc le libéralisme. C’est sans doute leur seul point d’accord à tous. En France, pays des Lumières, lors de la dernière présidentielle, pas un seul candidat sur les 14 ne se réclamait du libéralisme. Mystérieux cet adversaire commun à tous mais pourtant absent politiquement. C’est dire leur peur de notre Liberté.

Mais le libéralisme ne meurt pas. Quelle est sa force ? Sa cohérence naturelle. Quand on comprend qu’il est le seul à assurer droit et justice, aucun argument politique ne tient plus. N’importe où, n’importe quand, avec n’importe qui, discutez librement. Observez la vie spontanée. Et constatez : l’Etat n’est jamais qu’un arbitraire vaguement utile, plus souvent la source des pires malheurs.

Notre enjeu pour demain, c’est le respect du droit naturel, sans nul besoin de plus de paperasserie. Il en va de notre avenir de ne pas associer « état » et « civilisation ». La civilisation passe au contraire par l’éclatement du pouvoir politique. Politiquement tout a-t-il été essayé ? Non tout sauf … le libéralisme, le vrai ! Jamais, nulle part ! Ma lectrice est-elle d’accord pour déjà dire « banco » ?

Tuesday, January 9, 2018

Sivens : Où est « l’état de droit » ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Au-delà de la mort d’une personne et de son exploitation insupportable par les deux camps dans la violence et la radicalisation, l’affaire du réservoir de Sivens (81) est l’occasion de s’interroger de nouveau sur le fonctionnement des institutions françaises. Lors du débat dans l’apéro politique de votre journal préféré avec un militant du PRG (Parti Radical de Gauche) au sujet de ce réservoir, est apparue la question du respect des règles dans un « état de droit ». Notion si mal comprise.

Concernant Sivens, où sont les règles ? Si l’état suivait des règles de droit claires, comment ce barrage pourrait-il être remis en cause par les politiques eux-mêmes ? Doit-on s’appuyer sur ce que le système politique du département a décidé ? Ou doit-on s’appuyer sur ce que la justice a décidé ? Ou doit-on plutôt suivre ce que les experts, en désaccord entre eux, ont écrit ? Sinon, doit-on suivre les groupes extrémistes ? (Des groupes guère plus extrémistes que les politiques abusant de leur pouvoir avec l’argent du citoyen.) Ou plutôt les propriétaires ? Qui est ce « on », en fait ?

La vraie question : sommes-nous encore dans un état de droit ? Si l’état français respectait les règles du droit naturel au lieu de bâtir un droit positif arbitraire, impénétrable même pour sa justice, nous n’aurions pas ce débat. Mais l’homme politique joue à l’entrepreneur sans les risques, prétendant développer une politique économique, là où en fait, il distribue des faveurs gratuites à des lobbies avec l’argent des autres. Ce réservoir d’eau est-il utile ? Peut-être, mais alors que ceux qui le pensent n’exploitent pas le pouvoir de l’état pour exproprier, mal indemniser les terrains et faire construire le barrage avec l’argent du contribuable. Qu’ils y investissent leur capital propre et assument le risque.

Aucun doute, c’est à ceux qui voient une utilité dans ce projet de s’y lancer et de l’amortir avec la vente de leur production. Voilà ce que serait le vrai droit et le vrai courage, l’honnêteté. Ils ne sont pas propriétaires des terrains ? Qu’ils créent une société commerciale et réussissent à convaincre du succès de leur projet. S’il est si utile, il devrait être aisé d’acheter les terrains nécessaires au projet.

Il y a des opposants au projet ? Soit. Mais vouloir convaincre de l’inutilité du projet n’autorise pas à sortir du droit. Par exemple, s’ils veulent protéger la nature, qu’ils achètent les terrains pour en devenir les légitimes propriétaires, ils auront alors le droit pour eux. Ils sont anticapitalistes ? Soit. Mais qu’ils ne réalisent pas que tout homme est capitaliste ne leur donne pas pour autant droit au recours à la violence. S’ils sèment la violence, qu’ils ne s’étonnent pas de la subir en retour.

L’état français ne respecte pas la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Quand on sort de la neutralité politique pour empiéter sur la propriété privée au nom de causes forcément partiales, on quitte l’état de droit dont on se targue et dont on a pourtant la charge. L’état via ses politiciens ne peut que récolter la violence qu’il crée par ses actes arbitraires. L’état de droit n’est pas, en ce pays.

Monday, January 8, 2018

Prime à la crasse économique

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Suite à la prime à la casse sous le régime sarkozien, nous constatons aujourd’hui les fruits de l’interventionnisme politique là où les entreprises auraient dû s’adapter au marché : PSA suffoque et Renault produit un encéphalogramme économique plat. Nos illusionnistes gouvernementaux ressortent alors les bonnes vieilles recettes du chapeau avec un projet de prime au vieux tacot diesel. L’idée peut paraitre rien moins que géniale, puisqu’elle touche à la fois l’économie, l’industrie et l’écologie. D’une seule mesure, on imagine relancer l’industrie automobile, réduire la pollution et redorer une réputation d’un gouvernement un peu contestée – doux euphémisme et doux rêve !

Sauf que nous avons, une fois de plus, affaire à un tour de prestidigitation qui coûtera plus aux français qu’il ne pourra jamais leur rapporter, comme toute mesure étatique. Le principe de ce type de mesure, même s’il peut connaître des nuances secondaires, reste toujours le même. De nouveaux standards, nonobstant les contrôles techniques, présentent les véhicules comme dangereux ou polluants, alors que la veille même aucun d’eux n’était illégal, ni dangereux, ni montré du doigt. Puis un large battage médiatique est organisé, pour que cela soit bien su par tous, afin qu’on voie bien à quel point le pouvoir agit pour notre bien. Voir c’est important pour « savoir ». Alors qu’en fait, cela concerne, tout au mieux quelques milliers de voitures banales, comparé aux millions en circulation.

Très vite on accorde un budget arbitraire et contributeur à la dette pour la reprise de ces véhicules, budget qui donc sera distribué aux propriétaires de voitures « malsaines ». Eh oui, l’Etat finance les propriétaires des voitures « coupables de pollution ». Mais si c’est donc si mal de conduire de telles voitures, pourquoi ne pas simplement sanctionner au lieu de récompenser ? Ce serait au moins en cohérence avec la logique du droit : la Loi interdit les seules actions nuisibles à autrui. Les pollueurs devraient donc être les payeurs. Mais l’Etat a depuis longtemps sombré dans le mercantilisme.

Car c’est bien de récompense qu’il s’agit. Cet argent leur sera donné pour acheter une voiture neuve, ce qui correspond à une subvention discrétionnaire à l’achat. Ces sommes amputent par l’impôt le pouvoir d’achat des autres citoyens, peut-être automobilistes, qui subissent une double peine : ils ont une voiture « saine », eux, qu’ils ont payée sans aide, et sont punis par un impôt !

La stimulation du marché ainsi artificiellement créée va en effet pousser des opportunistes circulant en « poubelles illégales » à acheter du neuf avec l’argent des autres. PSA et Renault arrondiront ainsi leurs maigres chiffres et feront illusion. Mais pendant combien de temps ? Comme constaté sur toutes les mesures de ce type, une fois passé l’effet d’aubaine, le soufflé retombe. On aura sûrement eu quelques centaines de carrioles détruites – pardon, « renouvelées » – mais les constructeurs seront ramenés à la réalité du marché. Et un délai trop court ne leur aura pas permis de s’adapter.

Du point de vue économique, ce genre de manipulation clientéliste est en réalité une corruption, un scandale moral et une aberration industrielle. Il s’agit à la fois d’un impôt redistributif arbitraire et d’une subvention sauvage à une industrie pourtant très internationalisée qui n’a pas de raison d’obtenir un tel privilège en France. Comme pour tant de sujets, l’intervention de l’état dans la libre activité économique montre ses perversités. Si le marché de l’automobile souffre, et plutôt que de s’obstiner à entretenir un moribond aux frais du contribuable, laissons s’établir les conditions de l’émergence d’industries nouvelles de remplacement. Car, quoique puissent en dire nos étatistes, c’est toujours le libre-échange et le laissez-faire qui ont le mieux profité au plus grand nombre.

Monday, January 1, 2018

Quand le protectionnisme finit par déstabiliser...

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Airbus s’installe aux USA en créant une usine de 1 000 emplois. (Depuis, l’A380 est à la peine…)

La presse française a célébré une victoire pour Airbus face à Boeing ! Mais l’industrie aéronautique toulousaine devrait s’interroger sur une telle implantation en revenant sur les propos de Louis Gallois, qui en 2008 et alors PDG d’Airbus, alertait les pouvoirs publics : « A défaut d’une autre politique "de l’Euro", Airbus se verra contraint de quitter l’Europe pour s’installer dans la zone dollar. » Il ajoutait clairement : « Si cela continue, l’industrie exportatrice fuira l’Europe. C’est la seule réponse à sa disposition pour survivre. » Mais aussi : « Nous allons également accroître le contenu en dollars de nos avions notamment en payant de plus en plus nos fournisseurs en dollars, et en les incitant ainsi à s’installer comme nous, plus fortement en zone dollar. »

Si Louis Gallois avait trouvé un bouc émissaire facile avec l’Euro face au Dollar, il s’évitait de mentionner que le poids des charges et impôts en France ainsi que celui du code du « non-travail » pesaient dans cette décision. N’oublions pas qu’Airbus est née de la volonté artificielle des politiques européens, à coup d’aides et de subventions, de nous doter d’une industrie aéronautique, coûte que coûte. Et Airbus, non seulement aujourd’hui s’installe aux USA pour améliorer sa compétitivité, mais incite ses fournisseurs européens à en faire autant.

Cette installation est donc loin d’être une victoire : c’est l’amer constat que l’Europe, et la France en particulier, ne protègent pas leurs citoyens dans le domaine économique, contrairement à ce qu’elles avancent, et que l’interventionnisme politique dans l’économie finit toujours par le déclin.

Les agitations politiques de ces derniers mois autour de l’industrie en général sont perverses et infondées et n’éviteront pas le départ à terme du reste de l’industrie si des mesures de libération des marchés et d’allègement du code et du coût du travail ne sont pas rapidement prises pour dynamiser l’innovation et la création de richesse. Les manipulations monétaires et réunions sociales ne sont que des illusions : elles ne redonnent aucun travail à ceux qui n’en ont pas !

Pourquoi selon cette même logique ne pas aider Boeing à s’installer en Europe ? Nous aurions au moins l’impression que Bruxelles sert à quelque chose. L’usine d’Airbus aux USA, c’est 1 000 emplois de moins à Toulouse ou à Hambourg... dès aujourd’hui. Combien demain ?

Ne passons pas sous silence que Boeing a licencié plusieurs milliers de salariés ces 10 dernières années, et que cette nouvelle compétitivité du constructeur américain oblige Airbus à s’adapter… par délocalisation aux USA, en s’évitant un plan social. Gageons que les départs des salariés d’Airbus en Europe (retraites, démissions) dans les 10 ans qui arrivent ne seront pas beaucoup compensés, faute de pouvoir faire comme Boeing (licenciements, embauches), et que les nombreux bureaux vides sur la région toulousaine le resteront encore longtemps.

Le Landerneau social nous explique que le protectionnisme permet une plus grande sécurité d’emplois, assure la stabilité des industries nationales, et développe l’État qui le met en pratique...

On constate qu’une telle prétention n’a qu’un temps et que seul le respect des règles de libre échange garantit le développement « durable ». Une fois de plus, chacun pourra vérifier les effets pervers de l’interventionnisme politique : responsables quand il s’agit d’inaugurer avec l’argent des contribuables, pas coupables pour assumer le résultat de leur gabegie.

Saturday, December 23, 2017

Lutter contre le chômage le renforce

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Plus de 3 millions de chômeurs officiels… Bien plus en réalité, les chiffres n’ont rien de fiable. Nos gouvernants et élus affichent une capacité à lutter contre le chômage, vertu qui tourne à l’échec depuis plus de 40 ans. Pour l’avoir, outre d’être honnêtes, il leur faudrait être chefs d’entreprises et non politiciens inventant divers prétextes pour justifier leur « (in)utilité » dans cette lutte.

A un tel niveau, jaugeons les nombreuses interventions du politique dans l’économie pesant sur les coûts des entreprises : réglementation du travail, fiscalité, cotisations sociales, augmentation du SMIC, du temps de travail... et bien d’autres encore. Tout cela forme des dépenses improductives qui laissent seul l’entrepreneur face aux recettes productives à trouver pour les absorber… Les leçons de morale des élus masquent depuis longtemps leur schizophrénie entre intérêt supposé des électeurs et celui des entreprises, au détriment de l’emploi. Prétendre répondre à l’intérêt immédiat des salariés, majorité du corps électoral, pour rester au pouvoir à court terme vaut bien le sacrifice des entreprises sur le long terme ! Demain il fera jour ! Demain, ce sera le problème d’un autre « élu »…

Toute entreprise doit suivre l’évolution de son marché, ou disparaître : lorsque l’activité augmente, pour être en mesure de créer des emplois, elle devra pouvoir à l’inverse ajuster ses effectifs quand l’activité diminuera. Sinon le risque de perte est trop grand. Une entreprise est là pour gagner, pas pour perdre. Toutes les mesures contraignantes et dites « solidaires » s’opposent en fait au fragile équilibre indispensable à cette adaptation. « Punir » l’offre de travail moins rémunéré en imposant aux entreprises plus de rigidité face à l’exigence de souplesse du marché, est à la fois illogique et immoral. Il ne faut pas s’étonner qu’elles disparaissent, et les emplois par la même occasion.

Pour vraiment protéger l’électeur-salarié face à l’emploi mais aussi sa liberté d’en changer, l’homme politique responsable aurait dû protéger la flexibilité indispensable au marché du travail afin que l’offre d’emplois des entreprises s’équilibre naturellement avec la demande des « travailleurs ».

La lutte contre le chômage qui n’en finit pas d’augmenter devient une « lutte contre le travail ». Moins le marché du travail peut fournir d’emplois du fait de la réglementation et des coûts sociaux, plus le « marché du chômage » prospère. Aubaine pour l’homme politique qui devient sauveur de l’humanité avec cependant comme unique réponse de toujours : renforcer la réglementation et augmenter les coûts sociaux ! Le politicien crée le problème qu’il vient ensuite régler, à l’infini.

De plus, le système de redistribution dit « social » subit par les entreprises est-il si efficace ? Si c’était le cas, le chômage se résorberait. Mais le traitement social du chômage ne « lutte » pas, il « gère » le chômage. Il se contente de le rendre plus supportable pour ceux qui le subissent – ou s’en contentent – toujours au détriment de ceux qui travaillent productivement. Est-il donc bien moral de pénaliser ceux qui travaillent alors que la cause du chômage est à chercher du côté des politiciens ?

Une véritable solution ? Chacun à sa place et à ses responsabilités… Les représentants du peuple doivent se recentrer sur les seules fonctions régaliennes et surtout ne plus tenter de réparer sur le plan économique ce qu’ils détruisent eux-mêmes. C’est la meilleure lutte contre le chômage qu’ils puissent faire. Le traitement social du chômage n’est pas le rôle des entreprises : nous devons leur permettre de retrouver la liberté de créer de la richesse, ce qui aurait toujours dû être.

C’est ce qui est bon pour l’emploi de tous. Et juste.

Thursday, December 21, 2017

La vraie fin du voyage

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Un ami a attiré mon attention sur la première page faite par « Sicoval Info » dans le numéro d’avril-mai sur les « Gens du Voyage – Ces voisins si peu connus ». Où on apprend que sur l’espace, pardon, l’intercommunalité du sud-est toulousain, pas moins de 4 « aires d’accueil » ont été aménagées et que quelque 150 « voyageurs » y demeurent de manière plus ou moins stable et permanente. Et d’y trouver cette phrase du maire d’Escalquens, socialiste opportuniste patenté, pris comme témoin : « [Si] nous avons des devoirs envers eux, ils en ont également, au même titre que tout citoyen. »

Passons sur la dépense somptuaire profondément inutile que constituent le Sicoval et son magazine pour se focaliser sur les questions économiques et politiques que cet intérêt pour la minorité « du voyage » révèle. Car en y réfléchissant bien, que 36 communes via un machin comme le Sicoval se mobilisent à ce point pour 150 citoyens, on se dit que cela relève du privilège ou que ça cache un enjeu d’un niveau qui, pour échapper à la plupart, ne peut être négligeable vu des chers politiciens.

On nous expliquera que la loi (elle a bon dos la loi !) impose aux maires de bâtir, ou du moins de « proposer » des aires « aménagées » pour que les voyageurs puissent disposer d’un choix pour faire escale (même à Escalquens). Mais il faut savoir que les 4 aires en question vont bien plus loin que le seul champ ou terrain vague qui leur était traditionnellement accordé par les paysans pour leur passage. Les photos du magazine témoignent : sanitaires et cellier en dur couvert du meilleur style, vaste espace de parking, zone grillagée et à accès protégé, on se croirait dans un camping 6 étoiles.

Non pas que nos amis voyageurs ne puissent pas prétendre à s’offrir des campings 6 étoiles dans notre belle région. Mais la question reste de savoir combien ses zones coûtent et combien chaque citoyen du Sicoval – voire au-delà – dépense pour accorder le camping de luxe à 150 personnes ?

L’enjeu des « voyageurs » est cependant bien plus profond que la vague obligation d’un maire à se mettre en conformité avec une loi de plus. Car cette population n’est traditionnellement pas intégrée au système et échappe depuis des générations à sa logique. Les mots du maire d’Escalquens sont ainsi lourds de sens. Bien sûr, on pense tout de suite à la question de la sécurité, les gitans et roms ayant mauvaise réputation. Mais dire qu’ils ont des devoirs de citoyen, dans la bouche d’un socialiste, c’est faire bien sûr aussitôt référence aux impôts et autres contributions sociales que les voyageurs, ni propriétaires, ni locataires et rarement salariés, réussissent à éviter de subir.

Il s’agit donc pour nos chers politiciens de tout faire pour sédentariser les voyageurs. Rien ne sera trop beau pour eux si cela garantit qu’ils préféreront rester parmi nous plutôt que de continuer à prendre la route et échapper au système. Si demain quelques familles décident de rester, d’habituer leurs enfants à la même école, les mêmes copains, les mêmes services et le même confort, cette génération-là a toutes chances de tant goûter aux plaisirs sociaux-démocrates qu’elle ne partira plus.

Et 150 personnes qui doivent leur nouvelle vie de confort et de stabilité à un maire ou autre édile, cela vaut bien tous les impôts du monde, non ? Quel meilleur exercice du clientélisme que cela ?

Ne nous y trompons pas, on ne peut prendre aveuglément le parti de gens qui ont trop souvent montré leur mépris pour la propriété privée. Et à l’inverse, leur choix de liberté doit être respecté tant qu’ils font preuve de civisme. Mais c’est bien l’acharnement étatique envers la liberté qui est à dénoncer ici par la tyrannie fiscale sur les contribuables, caractéristique de cette lame de fond qu’est la social-démocratie qui cherche à nous conduire tous dans le même moule de taxes. La Matrice…

Wednesday, December 20, 2017

Plaidoyer pour la liberté de créer des richesses

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

A l’heure où chacun fait ses comptes de rentrée, l’horizon économique de notre pays s’est assombri de multiples plans sociaux durant l’été. La région toulousaine n’a pas été épargnée et nos emplois fondent encore, faute de compétitivité de la France sur le marché mondial. Le chômage avance.

Le miracle n’aura pas lieu : le niveau de dépenses publiques (plus de 56% du PIB en France / plus de 58% pour Midi-Pyrénées) inhibe toute motivation individuelle et force à l’exil ceux qui refusent le « vol légalisé ». Nos hommes politiques sont prisonniers de leurs turpitudes et scellent la lente mort industrielle du pays. A vouloir intervenir toujours plus dans l’économie sous de fallacieux prétextes, ils asphyxient progressivement les entreprises par une fiscalité allant toujours croissant, issue de l’imagination débordante de faux besoins « publics ». Pourquoi s’arrêter en si bon chemin puisqu’ils signent des chèques sans provision sur le dos des citoyens par l’endettement immodéré de l’Etat ?

Avant qu’il ne soit trop tard, sera-t-il un crime de s’interroger sur la légitimité, ou plutôt l’illégitimité, de la saignée fiscale mise en place par les gouvernements successifs ? En 1789, la chute de la royauté n’était-elle pas déjà liée à un abus d’impôts sur le peuple ? Car c’est toujours parmi le peuple seul qu’on trouve les pourvoyeurs de ce qui se prétend « l’argent public » et dans lequel les dirigeants politiques puisent généreusement. Comprenons que l’Etat n’est jamais un créateur de richesses. Jamais. La richesse se reconnaît par l’acte volontaire et non la force. L’intoxication idéologique a fait perdre de vue à chacun que toute mesure publique se finance par spoliation étatique au détriment de la création de richesses, elle-même dans les seules mains des entrepreneurs privés.

Le Français peut-il continuer à croire à ces exceptions dans tous les domaines, y compris l’économie, en niant ainsi la réalité ? Il eut été politiquement plus raisonnable, au lieu d’intervenir et falsifier le marché, de garantir aux créateurs de richesses leur liberté à les produire sans oppression fiscale. N’est-ce pas le but de la politique que de garantir les droits tel qu’énoncés par la déclaration des droits de l’homme ? En se faisant « intervenant », l’homme politique spolie la propriété et la sécurité économique de citoyens honnêtes : il bafoue l’esprit de la République en privant chacun de ses actes.

Celui qui produit des richesses serait-il donc forcément malhonnête, pour être devenu une cible à culpabiliser ? Or sans créateur de richesses, où serait la société française ? Constatons plutôt que le créateur de richesses est aujourd’hui réduit à l’état de « forçat des temps modernes » puisqu’on attend de lui toujours plus de richesses… pour le spolier toujours plus. Est-ce bien moral et honnête ?

Car si le système politique a choisi de maintenir ses privilèges personnels en passant par les fourches caudines du capital bancaire, toute la société française, en libérant la création de richesses de ses chaînes fiscales, y gagnerait en dynamisme. Évitant ainsi de rester bloquée sur une pente destructrice en invoquant le sacro-saint « Etat social » à attendre des jours meilleurs qui ne sauraient venir car ils sont coincés en nous. Pourtant la main invisible du marché dans lequel évoluent et que font vivre à chaque instant tous les citoyens est autrement plus efficace que la main mise arbitraire de l’Etat.

Est-il lucide de faire confiance à l’homme politique, fut-il élu, pour faire le bonheur de chacun ? Bizarre, il semble que si c’était le cas, nous le saurions et serions tous depuis longtemps…

Tuesday, December 19, 2017

A quand un aéroport vraiment libre ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

L’actualité nationale se nourrit depuis plusieurs semaines des contestations populaires que soulève le projet de nouvel aéroport dans la banlieue de Nantes, à Notre-Dame-des-Landes. Ce projet illustre magnifiquement les dysfonctionnements sociaux de la société française dite moderne. Ils ne feraient pourtant même pas parler d’eux si la liberté la plus basique était respectée en ce pays.

Ainsi l’Etat – y compris les collectivités territoriales – a exproprié des terrains en campagne nantaise pour y établir un aéroport régional, qui serait essentiel pour le développement économique local, voire national – ce qui reste à établir, mais ce n’est pas notre sujet. Ce projet étant manifestement de nature économique, faut-il donc invoquer la nécessité publique ? On peut en douter. Dans cette affaire, l’Etat comme les manifestants écolos se mêlent de ce qui ne les regardent pas et oublient les contribuables et les propriétaires tout en détruisant l’économie. Explication en trois temps.

Tout d’abord, rappelons qu’un aéroport est une activité économique comme une autre. S’il y a un besoin réel de voyages exprimé par la population locale, c’est le rôle de l’entreprise privée, après études, d’y répondre, ou pas. Elle acquiert le capital pour investir, négocie les terrains avec les propriétaires, construit le complexe et vend les services ainsi mis sur pied. C’est aussi simple que cela. Et ce faisant, si le besoin s’avère trop faible, la faillite ne sanctionnera que le seul entrepreneur.

Mais en France, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Ici, le politique décide qu’il existe un besoin. On ne sait d’où ça sort. Qui subira les conséquences s’il y a erreur de jugement ? Pas le politicien, non, ce n’est jamais lui. Mais le citoyen, toujours. Puis on réquisitionne les terrains. Ils ne sont pas achetés au prix du marché, mais soit bradés par recours à l’expropriation, soit achetés au contraire très cher, entre copains. Le marché ne doit pas faire obstacle à la volonté politique, c’est bien connu. Tant pis pour nos sous, confisqués à travers l’impôt pour financer l’arbitraire.

Puis pour se donner bonne conscience, on privatise… dans la connivence – Vinci a ainsi la concession depuis 2010 ! Mais cher lecteur, distinguez deux choses : privatiser, ce n’est pas libéraliser. Ainsi Vinci n’a pas eu à investir dans les terrains. Ils ne prennent aucun risque si le projet s’avère un échec. C’est le contribuable, bonne pomme et poire, qui devra mettre la main à la poche une fois de plus.

Et pour finir, ce qui est aujourd’hui médiatisé : les divers opposants se réveillent tout d’un coup qui viennent alourdir la note pour du vent. A ce stade, le comble serait que l’Etat fasse marche arrière sous la pression. Les dépenses réalisées jusqu’ici ne pourraient même pas servir au contribuable. Les irresponsabilités gouvernementales et écologistes sont à cet égard à mettre dans le même sac.

Selon les étatistes, un aéroport, comme les routes ou voies ferrées, serait un bien public qui échapperait à la logique du marché. La loi de la rentabilité ne s’appliquant pas, l’intervention de l’Etat serait indispensable, sinon jamais aucun aéroport ne verrait le jour. Peut-être serait-ce mieux ?

Car cette logique est évidemment erronée. En effet, si justement la rentabilité est trop incertaine pour que le projet soit pris en main par les capitalistes – puisque aucun ne semble prendre le risque – pourquoi imposer aux contribuables de financer un projet dont le besoin factice n’est issu que du marketing politique ? Pour au final, se transformer en cauchemar financier qui nous est facturé.

Décidément, le décollage de l’économie en France, avec le dirigisme économique qui caractérise notre pays, n’est ni pour aujourd’hui, ni pour demain. Il est temps de prendre l’air et quitter la lande.

Sunday, December 17, 2017

Dis-moi quel est ton patrimoine, et je te dirai…

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

L’actualité est faite d’une longue suite de « sujets du moment ». C’est une technique bien ancrée dans les mœurs journalistiques qui permet de parler de choses sans grande importance alors que dans l’arrière boutique, les élus et bureaucrates se partagent tranquillement le butin de nos impôts et taxes. Mais pour une fois, voilà un sujet de fond qui fait la une : la politique est-elle morale et peut-elle être moralisée ? Avec ses corollaires : la Société peut-elle fonctionner économiquement sans les effets et les manifestations d’une vie politique au-dessus de tout soupçon ?

Par nature, je ferais volontiers valser tous ces malandrins, car mon analyse est que le patrimoine des élus est la face visible d’un iceberg fort malsain. De prime abord, exiger des élus qu’ils rendent public leur patrimoine peut sembler pour quiconque d’honnête et sensible à la protection de la propriété privée rien de moins qu’un viol. Alors que le voyeurisme s’empare de tous et que le bateau coule, cette précipitation à divulguer recèle en vérité une partie immergée bien plus pernicieuse pour tous.

Car les élus – tous les élus – ne sont pas des gens tout à fait comme les autres. Ils sont supposés être nos représentants pour garantir nos droits naturels et imprescriptibles. Ce sont eux qui nous doivent des comptes – et non les citoyens envers eux. Il fut un temps où être un élu était un honneur, car le rôle supposait le bénévolat. Mais désormais, en ce pays socialiste, tout élu reçoit des revenus qui le font vivre et qui proviennent directement de nos impôts : ce que les élus gagnent vient de ce qui nous a été ponctionné. Rappelons que pour qui ose faire métier de la politique, tels notre président et l’essentiel de l’hémicycle, tout ou presque de leur patrimoine provient de la fiscalité. Ils nous doivent d’autant plus de comptes que leur richesse traduit la voracité de chacun d’eux envers nous.

Rien que ce conflit d’intérêt rend impossible la moralisation de la politique. Ce n’est pourtant pas tout. Le politique pourrait se contenter de vivre sur notre dos sans rien dire, pénard, droit dans ses bottes. Mais ces gens là sont en plus en mal d’existence, il leur faut compenser l’abus de pouvoir par l’illusion de l’utilité, puisque leur travail n’en est pas un. De là viennent leurs continuelles ingérences dans la vie économique et privée. Ils n’ont de cesse de modifier les textes avec un unique objectif : spolier tant et plus le citoyen honnête. On commence alors à toucher la véritable immoralité de la vie politique. Se payant sur nos impôts, ils viennent en plus chercher leur légitimité impossible en se mêlant de sujets économiques auxquels ils ne comprennent rien et où leur ingérence ne peut que conduire à une perte globale de productivité et de moralité pour engendrer chaos et décadence.

Et les affaires de montrer un autre aspect de cette tromperie collective : la corruption généralisée. Clarifions tout de suite le propos. Il s’agit de cette corruption insidieuse issue du clientélisme et de l’électoralisme. L’homme politique promet avec l’argent des autres la réalisation de projets tous forcément inutiles et nuisibles, puisque imposés. Il transforme le système d’état en système mafieux via la force pour voler les citoyens honnêtes. L’élu biaise et abuse de son pouvoir pour offrir des privilèges, aidé par le bureaucrate, qui lui aussi y trouve son intérêt dans la même spoliation. Payés par nos impôts, ils trouvent en plus le moyen de tricher et de manipuler ! Affirmons haut et fort que la corruption n’est possible que parce que l’abus de pouvoir est possible. La moralité politique est inenvisageable tant que la corruption en promesses de distribution d’impôts sera possible.

Ainsi la question de la moralité a-t-elle des ramifications profondes dans la structure sociale actuelle. Or que voit-on dans le débat public en la matière ? Rien ou presque, les journalistes comme d’habitude osent à peine soulever le voile de la « démocrassie ». Chut voyons, gardons le silence…

Tuesday, December 12, 2017

Et si… on séparait politique et économie ? (2/2)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Avez-vous noté que l’homme politique s’est pris d’affection pour le miséreux ? Mais, ouf, avant de se pencher sur le sort de la misère du monde, il a bien pris soin de se mettre lui-même à l’abri : il se sent si indispensable que « politicien » est devenu un métier. Via la pseudo légalité, l’homme de pouvoir ne ressent aucune once de culpabilité à taper dans la caisse des fruits du travail des autres. Ainsi est née la religion d’état au concept singulier : le vol des plus « riches » que soi est devenu « l’égal ». Peu importe si les pauvres restent pauvres, tout est prétexte à intervenir pour appauvrir les plus riches.

Cette forme de croyance et ses variantes s’appellent « socialisme ». N’entrons pas dans ce débat clos depuis 1922, lorsque Ludwig von Mises démontra de manière brillante dans son immense ouvrage « Le Socialisme » qu’aucune forme de cette idéologie ne peut réussir durablement, faute de liberté.

A l’aune du centenaire de la FED, aucune des expériences socialistes (nationaliste, internationaliste, communiste, gaulliste, social-démocrate, etc.), qui toutes supposent les hommes politiques capables d’intervenir valablement dans l’économie, n’a résisté à l’épreuve du temps. Avant que cela ne tourne au vinaigre, il y a urgence de tirer la conclusion que Ludwig von Mises avait dégagée : se libérer de la croyance que l’homme politique ferait le bonheur de tous. Car en réalité, il fait le malheur de chacun.

Le miséreux, c’est celui qui a des difficultés à participer aux échanges humains, qui a du mal à valoriser sa propre personne au sein de la société humaine. Ou que le système rejette. Peu importe les causes. Et le constater ne doit pas servir de fausse justification au vol fiscal ni à l’inflation législative. La générosité, le don et les associations caritatives sont en mesure de venir à son aide.

Brider les échanges économiques de tous pour cause de la misère de certains, c’est refuser de voir que beaucoup sortent de la misère grâce au libre-échange. Penser que la prospérité vient de l’action politique, c’est nier la liberté de l’action humaine et nier sa puissance imaginative. La situation économique française prouve que nous sommes dans le déni : jamais l’état français n’a autant spolié les citoyens, et pourtant la misère progresse. Parce que prendre « pour le pauvre », c’est prendre.

Heureusement, le pouvoir politique a une limite naturelle. Elle s’exprime clairement à l’article 2 des Droits de l’homme et du citoyen. La solution est connue : regarder la réalité en face ! Le problème tient au dévoiement latent de la démocratie : l’électoralisme. La voie prise repose sur le vice, sans la vertu : s’accrocher aux vestiges de l’illusoire modèle français et préconiser la « démondialisation » au détriment du peuple. En clair, découpler la France du reste du monde, à l’instar de l’ensemble de la classe politique française qui préfère une misère persistante en dépendance, par calcul électoraliste.

Ce qu’on s’imagine, c’est que l’état doit être redistributeur. Mais en fait, il n’est que destructeur de richesse. C’est la corruption intellectuelle du système. Rien à voir avec l’intérêt dit « général » d’une société épanouie faite d’individus libres et responsables. Le meilleur des gouvernements sera celui qui ne gouvernera pas et dont l’objectif sera la séparation de l’économique et du politique, stricto sensu, comme avaient été séparés la religion et l’état. La politique ne se borne qu’à garantir le droit d’être des citoyens au sein de la société pacifiée, lesquels agissent par des échanges légitimes. Ça n’empêche pas les inégalités ? Tant mieux ! car l’inégalité est la source de toute richesse.

Sunday, December 10, 2017

Et si… on séparait politique et économie ? (1/2)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son socio-politico-économique.)

Par quoi sont guidés nos hommes politiques ? Dans une chronique économique, que peut bien faire une question sur les hommes politiques ? S’il y avait une séparation effective entre économie et politique, je ne poserais pas cette question. Mais la question s’impose parce que la politique a sombré dans le mercantilisme et a un impact funeste sur la vie quotidienne de chacun.

L’échange est à la base de toutes les relations entre individus. Certes, il n’y a pas que des échanges économiques entre humains. Il demeure, naturellement pacifique, l’échange relève du domaine privé, et même sans qu’on en ait conscience, tout échange est un contrat de droit privé. La « loi » ne doit intervenir que lorsque l’échange – ou ses conditions – viole ce contrat, c’est-à-dire qu’un conflit survient où la propriété de l’un ou de l’autre a été abusée. Dès lors, c’est à la justice de s’organiser pour régler tout abus, y compris de pouvoir. Là intervient le politique : sur la séparation des pouvoirs.

Ainsi le politique n’a aucune raison d’intervenir dans les décisions d’échange. Rien ne justifie qu‘il prétende à une quelconque justice dans le domaine économique. Il en est même tout simplement incapable. Croire qu’on doit et qu’on peut égaliser par la loi les relations économiques est un non-sens contraire à la vie en société d’individus libres. C’est nier la souveraineté individuelle. Pire pour des socialistes « humains », c’est ne pas voir la richesse issue des différences entre les hommes.

Car il faut le dire et le marteler : l’homme politique n’est guidé que par son intérêt personnel, celui du pouvoir sur les autres, pouvoir qu’il exerce par la spoliation, matérialisée par impôts et taxes, en plus de l’arbitraire. C’est hélas la réalité, mais c’est en complète contradiction avec l’objectif dont ils masquent leur action et avec l’idéal qu’ils mettent en avant, celui du bonheur des citoyens.

D’abord le pouvoir. Comment peut-on prétendre vouloir assurer l’égalité des hommes devant le droit en détenant soi-même un pouvoir sur les autres ? En fait, l’homme politique détourne le droit : il place le droit « positif » (la législation) au-dessus du droit naturel qui fait la société depuis toujours.

L’homme politique est arrivé à peu à peu bafouer le droit naturel (droit d’être) en imposant des faux droits, artificiels, que sont les « droits à avoir » (droit au RSA, droit à un statut). Cela matérialise leur promesse arbitraire mais conduit à la catastrophe car on supprime peu à peu tout consentement individuel. Or il est immoral et injuste de priver les hommes des fruits de leur travail sans leur accord, comme le fait l’impôt. De plus, cet échange « forcé » n’est autre qu’un vol à titre économique. Même organisé par une pseudo majorité face à la minorité, cela n’est ni juste ni pacifique ni ne peut l’être.

Les droits d’être sont une notion humaniste, valable en tout lieu et toute époque. Et ce sont eux qui fondent les principes économiques. Ils sont universels et naturels, ils sont imprescriptibles. Mais l’abus de pouvoir les méprise, et même la démocratie ne suffit pas à limiter l’abus de pouvoir.

A l’inverse, les droits d’avoir n’ont de base que matérialiste et une incompréhension de la société et de nos valeurs. Ils sont variables avec les époques et les territoires où ils sont censés s’appliquer, preuve de leur injustice. Arbitraires et clientélistes, seul l’abus de pouvoir peut les mettre en place.

Une société épanouie, faite d’individus libres et responsables, a-t-elle place pour des droits d’avoir qui bafouent les droits d’être ? Comment les hommes politiques justifient-ils à cette lumière leur interventionnisme ? Nous y répondrons dans une seconde partie à venir prochainement.

Friday, December 8, 2017

Et si... le pacte de responsabilité n’était qu’un chapeau magique ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Ce qui est extraordinaire avec les politiciens qui s’accrochent au pouvoir (soyons lucides, ils s’y accrochent du fait de leurs fonctions de bénévoles aux grasses indemnités généreusement prélevées sur le bon peuple), c’est leur faculté à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, mais sans les Lumières. Ainsi, le nouvel mot magique sorti du chapeau du jeu politique est le « pacte de responsabilité ». On se demande si avant ce pacte, lesdits politiciens étaient ou pas responsables.

Surtout, n’imaginez pas qu’ils n’ont pas réfléchi. Non, lisez plutôt : « L’allègement des charges des entreprises de 10 milliards d'euros, si elle est ciblée sur les bas salaires, permettrait de créer entre 220.000 et 300.000 emplois sur cinq ans, résulte-t-il de « simulations macroéconomiques tests » réalisées à la demande du Haut conseil au financement de la protection sociale. »

« Entre 220.000 et 300.000 emplois sur 5 ans » ? Ce n’est pas moins de 60 000 emplois par an en moyenne, soit 5 000 par mois ! Comparons au chômage des deux dernières années : +177 800 en 2013, après +283 800 en 2012, soit 461 600 chômeurs en plus. On peut se demander pourquoi le « Haut Conseil du financement de la protection sociale » n’avait pas réalisé en 2011 de telles « simulations ». C’est vraiment nous prendre pour des imbéciles, car le mal est bien plus profond.

Croyez-vous encore à toutes ces pseudo-prédictions ? Je respecte votre liberté d’imaginer que ceux qui sont responsables de la catastrophe actuelle peuvent améliorer la situation grâce aux belles courbes issues de leurs tableurs. Mais tout ceci relève de l’incantation : faites brûler des cierges, l’effet sera exactement le même. Nous payons tous ces individus dans les ministères pour nous vendre du vent. Plus ils nous vendent du vent, plus nous souhaitons que ce vent souffle fort !

Mais pourquoi n’ont-ils pas été plus loin dans leurs simulations, par exemple en incluant un allègement de charges sur les hauts salaires ? Ont-ils peur de créer un ouragan sur la création d’emplois ? 10 milliards ? Mais pourquoi pas 60 milliards comme le réclame le MEDEF ? Sur les 600 milliards de la protection sociale, c’est vraiment jouer petit jeu !

Ce qui serait vraiment « responsable », c’est que chaque salarié puisse recevoir la totalité des fruits de son travail, choisir et payer par lui-même ses organismes de protection sociale pour la santé, la retraite ou le chômage. Un vrai choc psychologique de simplicité par la responsabilité individuelle permettrait de retrouver compétitivité et emplois en peu de temps. Surtout pour les « pauvres ».

Mais tous ces ronds de cuir dans les ministères, que deviendront-ils ? Ne vous en faites pas pour eux, si leur talent de pseudo-économistes est si merveilleux, ils sauront créer sans mal les emplois dans le privé qu’ils tracent avec leurs courbes, tout en soulageant nettement vos impôts et taxes.

Le vrai pacte de responsabilité, c’est celui où le politique réduit de manière significative la dépense publique, toujours nuisible à l’emploi. Cette dépense est essentiellement composée du revenu et des retraites d’une fonction publique pléthorique, sans contrainte de résultat et parasitique.

Or l’unique solution responsable est de recréer de la valeur ajoutée dans le secteur privé. C’est le domaine de l’enfer de la concurrence ? Oui, et alors ? Soit vous préférez continuer à attendre la faillite collective en pensant que vous serez moins touché que votre voisin, soit vous devenez seul responsable de votre vie. Il n’y a pas d’autre alternative, surtout pas une qui passe par les politiciens.

Friday, December 1, 2017

France : Prison fiscale ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Le cas de l’évadé fiscal « Gérard Depardieu » nous interpelle, au-delà de la pression fiscale, sur l’utilité de la dépense publique et du périmètre de l’Etat. Pour toutes les sensibilités politiques, la justification de l’impôt est devenue schizophrénique : oubliée la protection des droits naturels et imprescriptibles du citoyen. Notre pays a sombré dans une société collectiviste qui stigmatise la réussite et a institué le droit à la spoliation des richesses dûment créées. Le cas de l’acteur n’est pas unique : la France est bel et bien devenue une prison fiscale dont on est fier de s’évader pour aller vivre ailleurs de son talent. La France, symbole de privation des libertés économiques. Bravo !

Notre président normal a avoué ne pas comprendre pourquoi sa politique ne marche pas. Saluons sa « gauche » honnêteté. Comment espérer de bons résultats quand on ne comprend pas ce qu’on fait ? Le pire, c’est qu’il en va de même depuis la fin de la guerre de 45, date à laquelle la gauche socialiste et la droite gaulliste ont posé ensemble les bases d’une logique macroéconomique de solidarité par redistribution et inflation bafouant toutes les règles d’une économie saine. Cette logique est issue de la croyance conjointe en l’Etat-providence comme source durable du bonheur de chacun via un système incorporel jacobin posé comme vertueux : l’Etat bureaucratique centralisé.

L’économiste Frédéric Bastiat le dénonçait déjà en 1848 : avec l’interventionnisme, il y a ce qu’on voit, mais surtout ce qu’on ne voit pas. Coupons ainsi la tête à la providence : si l’Etat était source de richesses, les hommes politiques n’auraient pas besoin des impôts pour honorer leurs promesses électorales clientélistes. Pour « redistribuer » la richesse, si tant est que cela soit justifié, il faut que celle-ci préexiste. Or le politicien français aime à dépenser de l’argent qu’il n’a pas encore et qu’il suppose disponible chez les citoyens. D’où les déficits budgétaires, qu’il est incapable de maîtriser.

Alors que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen pose la contribution commune comme devant « être librement consentie », le mécanisme fiscal est conçu comme un système arbitraire et coercitif que ne renierait pas l’Ancien régime. La France, isolée dans le monde, est loin de détenir LA vérité en matière de bonheur sociétal et on voit déjà la déchéance poindre. Et le comportement de nos gouvernements s’apparente à celui d’une mafia qui s’approprie violemment les fruits du travail et le capital des citoyens, hors de toute morale : les élus à peine majoritaires imposent « leur » loi à l’ensemble des citoyens, constituant par là un hold-up et un parfait dévoiement de la démocratie.

Si nos geôliers moraux, pardon, nos politiques, étaient bénévoles ou engageaient leur propre argent dans l’aventure collective, tout un chacun reconnaîtrait leur altruisme sincère. Mais le politicien, qui bizarrement peut faire carrière, se rémunère sur l’argent dit « public », le nôtre. Sans avoir à investir. En fait, cet altruisme à vouloir le bonheur des autres en les spoliant, pardon, en utilisant leur argent mais sans avoir à répondre du résultat des décisions, relève indubitablement du « conflit d’intérêts ».

La culpabilisation des créateurs de richesses est tout aussi immorale : parce qu’ils sont prétendus riches, ils devraient accepter de se sacrifier. Mais au nom de quoi ? Où trouver la motivation à créer face à ce qui est du vol, fut-il légalisé ? Si la richesse est sale, pourquoi le politicien en veut-il toujours plus ? Allons, mes chers lecteurs, faisons ensemble un effort, jetons loin de nous tout ce qui nous empêche de respirer. Inversons les rôles, c’est aux politiciens de partir. De l’air, brisons les barreaux !

Saturday, November 25, 2017

Aides de l’Etat sauvages

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Selon le politiquement correct ambiant, le libéralisme serait « sauvage », porteur de la « loi de la jungle ». La liberté de créer des richesses en prenant des risques serait bassement cupide, sans foi ni loi. Le politicien affiche que son intervention « régulerait » magiquement les myriades d’échanges quotidiens et volontaires de l’humanité. Il a convaincu le peuple que « l’Etat est là pour nous aider » !

Pourtant, les Lumières nous ont appris que « l’Etat », pour espérer être juste, se doit de n’être que régalien. Illustrons cela avec Sanofi et Peugeot. Certains reprochent désormais à Peugeot, qui licencie pour ne pas s’être restructuré à temps, de ne pas avoir su anticiper pour s’adapter à son marché, l’automobile. Et les mêmes reprochent maintenant à Sanofi, qui ne licencie pas mais se restructure, d’anticiper en s’adaptant à son marché, le médicament. Belle incohérence des reproches. Du bruit.

Qui, pourtant pendant plusieurs années, a jeté l’argent du contribuable en « primes à la casse » pour inciter l’achat de véhicules neufs, faussant le marché et baissant la pression de la concurrence sur Peugeot, dégagé ainsi d’efforts d’adaptation nécessaires ? Qui a gâché l’argent du contribuable en subventions pour forcer la création d’un « oncopole » d’utilité douteuse dans le pays déjà le plus consommateur de médicaments par habitant ? Subventions d’autant plus inutiles qu’elles ont accru les gains de Sanofi sur un marché faussé par un système de sécurité sociale déjà très artificiel.

Dans les interventions politiques, Frédéric Bastiat, économiste, disait déjà en 1848 – il y a 170 ans donc – qu’il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Les politiques nous vendent ce qu’on voit : l’illusion de l’aide apportée. Mais c’est oublier que l’argent de ces aides a été confisqué, volé donc, au contribuable, citoyen ou entreprise, qui l’avait gagné, sauf rares exceptions, de manière honnête.

C’est oublier que la ponction publique se fait sur une foule d’impôts, cotisations et taxes obligatoires, là où constitutionnellement cet acte devrait être « librement consenti ». C’est oublier que les grandes entreprises payent déjà des « contributions » fiscales. Leur en rendre une fraction, soumise donc à l’arbitraire politique, nuit encore plus à la transparence et à l’illusoire égalité devant l’impôt.

Ce geste crée de plus une injustice envers tous les autres acteurs de l’économie. L’Etat ne vient jamais protéger de la faillite les milliers d’artisans, commerçants ou PME contraints de financer ces avantages, alors qu’ils auraient pu vivre de leur argent honnêtement gagné. Plus extraordinaire encore, ils risquent même d’être accusés de « fraude fiscale », quand l’Etat est le seul prédateur lors de contrôles fiscaux, plus avide d’argent que ceux qui commercent de façon libre et responsable.

Ainsi ce qu’on ne voit pas, c’est tout ce qui nuit à la communauté résultant de ces « aides ». L’Etat organise la spoliation, le vol légalisé au profit de quelques-uns et au détriment de tous les autres. On a ainsi vu Peugeot vendre plus de véhicules par la force de la loi. Mais on ne verra pas que les sommes ainsi détournées vers le marché automobile manquent à des entreprises plus performantes sur d’autres marchés, qui auraient pu largement compenser les pertes d’emplois de Peugeot.

La politique ne peut rien pour l’économie, sinon l’étouffer puis la détruire. Car l’économie, c’est le reflet de la société, de la dynamique de la vie, pas de la manipulation de l’Etat. Par son arbitraire, l’action politique est bien plus « sauvage » que le laissez-faire des marchés. Contrairement aux belles paroles, son immoralité est bien plus grande, car chaque intervention dans l’économie se fait au mépris de la justice – celle du droit naturel. Et à l'inverse des cris de façade, au mépris du plus faible.

Thursday, November 23, 2017

Et si… le chômage nous cachait la réalité ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Une promesse présidentielle de 2013 était d’inverser la courbe du chômage – j’en fis une chronique. Pari osé, pari annoncé, pari revendiqué, mais pari raté, comme dirait le grand Charles. Ce type de promesse révèle de l’incantation politique quasi religieuse, mais pas de l’économie. Surtout que pendant ce temps, des milliers d’emplois disparaissent corps et biens. Le nouveau chômeur n’a pas la même perception du quotidien que le politique grassement payé avec les impôts et taxes du premier pour garder un œil mollement rivé sur une courbe idiote sans lien avec notre quotidien.

En se focalisant sur les chiffres têtus du chômage, le politique prouve qu’il n’a absolument aucun pouvoir positif sur le système économique, à l’inverse de ce qu’il prétend. Cette obsession maladive cache en réalité leur déni et ignorance des vrais mécanismes économiques. Non, ce n’est pas le politique qui trouvera un vrai emploi aux chômeurs. Il ne le peut pas. Le politique ne sait que prendre de l’argent, pour ne « redistribuer » avec arbitraire que ce qu’il n’a pas empoché ou gaspillé.

J’entends déjà certains m’évoquer les « emplois d’avenir » ou issus de contrats aidés, les embauches dans les secteurs publics (fonctions publiques nationales et territoriales, secteur de la santé et autres parapublics). Tous de faux emplois ne reposant pas sur la valeur ajoutée mais sur la fiscalité. Autant de spoliation de richesse déjà créée sous divers fallacieux prétextes. Rien que de l’artifice illusoire.

Tout a-t-il été essayé ? En mots, en paroles, oui. Toutes les méthodes socialistes ont été essayées, épuisées même. Et dans ce registre, c’est la guerre ouverte. Les termes de « lutte contre le chômage » ou de « combat pour l’emploi » sont symptomatiques de l’esprit guerrier. Il ne reste plus qu’à obliger les individus à tenir des emplois inutiles. Pourquoi ne pas creuser à la cuillère des trous pour les reboucher ensuite ? Voilà de quoi occuper du monde ! Mais pas de quoi le nourrir. Mince.

Pourtant, une idée simple n’a pas été essayée. Jamais. Simple pourtant, je vous dis. Tabou, toujours critiquée, servant souvent de bouc-émissaire, mais jamais mise en œuvre. Et pour cause, car cette idée supprime définitivement tout pouvoir aux politiciens de nuire au peuple : c’est le « laissez-faire », terme français, repris même par les anglo-saxons comme principe économique vertueux !

Le laissez-faire part de l’idée simple que chacun sait bien si l’autre fait un travail dont il a besoin. Et il le sait mieux que quiconque. Ma précédente chronique l’expliquait, l’égoïste a besoin de la solidarité transmise par le marché libre. Moins d’oppression fiscale, moins d’oppression législative et réglementaire, moins de violence morale, moins d’interventions publiques, moins d’incantations politiques, tout en donnant plus de responsabilité, plus de liberté et plus de sécurité aux individus.

Sommes-nous des adultes avec assez de raison pour savoir embaucher ? Ou restons-nous d’éternels adolescents ayant besoin de savoir que leurs parents sont là pour couvrir leurs dépenses ? Cessons à jamais de laisser notre carnet de chèques aux politiques. Paniers percés, ils n’en ont jamais assez. Bien pire : ils ne laissent aux deux générations qui arrivent qu’un champ de ruines sociales. Mais de la réalité et de notre devenir ils se moquent bien. L’avenir du chômage, sa réduction définitive et irrémédiable, passent par la plus systématique des libéralisations de l’économie et de la vie sociale. La théorie l’explique, la réalité le confirme. Il ne nous reste plus qu’à lever ce voile qui nous aveugle.