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Sunday, January 14, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (4)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « Pour en revenir à votre billet, j’ai d’abord été surprise par l’expression « vol fiscal », comme si un état, même très libéral (USA, Grande Bretagne…), n’avait pas besoin d’un minimum de budget pour payer ses fonctionnaires (police, justice, armée, services fiscaux, enseignants…) et de grandes infrastructures dont la rentabilité est faible à court terme ».

Madame, la contribution commune, selon la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 14 (préambule constitutionnel), doit être « librement consentie » ! Imposer ou taxer, c’est contraire à consentir. Prendre sans consentement, cela s’appelle voler. Comme tout citoyen subit ce vol sous couvert de légalité, permettez-moi de franchir le pas avec l’expression « vol fiscal ». Admettons que celui qui vit de cette spoliation légale soit surpris la première fois qu’il l’entend, la réalité demeure.

Car rien ne justifie que ce qu’on appelle « état » se comporte en bandit de grand chemin envers les citoyens pour établir son budget. Un état se doit de respecter les fruits du travail du citoyen qu’il sert – et non l’inverse. Mais peut-être votre vision de la démocratie veut-elle que la majorité puisse voler impunément les minorités, jusqu’à les piller selon la loi du plus fort ou du plus grand nombre ?

Le secteur privé, par contre, ne taxe pas et n’impose rien à personne. Chacun est libre de commercer ou de contracter avec quiconque. Tout échange est librement consenti – sauf quand l’état légifère indûment. Un état moderne devrait au pire fonctionner de même avec ses citoyens, par une fiscalité compréhensible et minimale, sans inventer ni augmenter impôts ou taxes tous les quatre matins.

Le privé n’est pas un citron à presser. L’état et ses structures devraient agir sans agression. Or la fiscalité actuelle est une agression : ne payez pas le fisc, vous verrez vite ce qu’il vous arrivera. L’état et ses collectivités locales sont supposés organiser la « force publique » pour garantir les droits. Pas pour utiliser celle-ci contre les citoyens et leur soutirer de l’argent destiné à un abject mercantilisme.

Le financement forcé de services dit « publics » ou d’infrastructures est la pire injustice. Évoquer une non-rentabilité imaginaire de ces activités pour écarter le privé, donc l’action sociale naturelle, est un prétexte fallacieux. Leurs coûts sont pourtant bien pris en charge par le privé – encore et toujours – et qui se doit d’être de plus en plus rentable pour financer ces rentes publiques. Leur non-rentabilité vient au contraire de l’étatisme qui, interdisant la moindre velléité commerciale par des protections anticoncurrentielles contraires à toute moralité, rend impossibles les mécanismes du marché. Jeter l’argent dans des structures hors du marché n’est pas un investissement, mais un vol manifeste.

USA et Grande Bretagne seraient donc des états « très libéraux » ? Au risque de vous décevoir, chère Madame, ce sont devenu des pays sociaux-démocrates. Ils sont connus pour leur interventionnisme important qui trop entremêle politique et économie. Dans un pays libéral, le politique ne fait pas de promesse avec l’argent du peuple. Il garantit les droits du citoyen et se limite à ce rôle. Dans un pays libéral, les lamentations collectives pour demander au politique de culpabiliser le riche pour mieux le voler par la fiscalité restent sans écho. Un pays libéral guide son action selon l’égalité de tous devant le droit. Il laisse chacun créer de la richesse en faisant respecter le droit. Sans besoin d’autre budget.

Thursday, December 28, 2017

Les bouchons toulousains

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Lyon est célèbre pour ses bouchons lyonnais, Toulouse sera-t-elle bientôt aussi célèbre que Paris pour ses interminables bouchons quotidiens ? Combien de personnes ne font désormais que du 10h – 16h au bureau pour éviter autant que possible de rester plus d’une heure trente sur la rocade ? La capacité de la rocade et des infrastructures ne suit pas celle de la démographie, et ce n’est pas en augmentant la place prise par les transports en commun que la fluidité du trafic pourra s’accroître.

Le dogme écolo-socialiste prétend qu’il y aurait trop d’automobilistes et que pour « sauver la planète », il faut les bouter hors de la ville. Les bouchons le démontrent, de nombreux Toulousains ne veut pas utiliser les transports en commun, cela pour bien des raisons (temps de trajet, flexibilité des horaires, couverture du réseau, etc.), et qu’ils préfèrent encore les bouchons au bus et au métro.

Si nos élus avaient à cœur le bien commun comme ils l’affichent, ils mettraient leurs dogmes de côté et chercheraient réellement à résorber ce problème social qui fait perde 2 ou 3 heures à des milliers de « travailleurs » chaque jour. Car les solutions existent, elles sont connues et faciles à mettre œuvre – mais supposent une démarche philosophique radicalement différente : privatiser la rocade.

Imaginez une rocade payante. « Quoi !? Horreur capitaliste ! Vade retro Satanas ! On va encore privilégier les riches au détriment des pauvres ! » Mais qui parle de riches ? Attendez donc un peu…

Payer l’accès à la rocade permettrait d’abord d’inciter certains automobilistes à suivre un autre trajet. Riche ou pauvre, on ne sait pas, ce sera à eux de décider – d’ailleurs, le vrai riche prend l’hélicoptère, pas la rocade, c’est donc un faux problème. Surtout, le prix pourra changer en fonction des bouchons – c’est tout l’intérêt. Cher, voire très cher en heures de pointe, justement pour faire fuir le conducteur occasionnel et ainsi réduire l’afflux de véhicules. Gratuit ou quasi gratuit la nuit ou les week-ends. Rien que ce mécanisme est une assurance presque certaine d’absence de bouchon.

« Mais il faut bien que ces voitures passent par ailleurs, donc on ne fait que déplacer le problème », dira le socialiste qui n’a pas bien pris la mesure du sujet. Si la rocade fait ainsi du profit, et si le trafic potentiel reste fort, eh bien l’entreprise qui la gère trouvera des solutions. Et elle aura les moyens et les incitations pour le faire. Par exemple, pourquoi pas une seconde rocade construite au-dessus de la première, avec moins de sorties et uniquement destinée au trafic de ceux qui traversent Toulouse, tels les poids lourds, et sans limite de vitesse ? Deux fois plus de place, deux tarifs, double capacité, et du trafic en moins au milieu du trafic local. Plus de bouchon, sans réel inconvénient.

Peu à peu, on verra des formules d’abonnement et même les grandes entreprises locales négocier des tarifs ou conditions pour leurs salariés. Et donc peu à peu, la rocade sera en partie financée par l’économie locale sur une base volontaire et en rapport direct avec l’intérêt économique – et non pas en fonction de cette dichotomie riche – pauvre qui ne veut rien dire et n’est pas liée au sujet.

Le financement ? Comme tout projet capitaliste : des fonds propres, des emprunts, des prévisions de chiffre d’affaire, voire même une souscription auprès des futurs usagers de cette nouvelle rocade. Et si cela marche, les entreprises elles-aussi prendront des participations. On peut même imaginer qu’Airbus passera commande pour ajouter une voie à la rocade réservée à ses employés. Ou tout autre possibilité, sans limite d’imagination. Et surtout sans aucun endettement public. Libres.

Tuesday, December 19, 2017

A quand un aéroport vraiment libre ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

L’actualité nationale se nourrit depuis plusieurs semaines des contestations populaires que soulève le projet de nouvel aéroport dans la banlieue de Nantes, à Notre-Dame-des-Landes. Ce projet illustre magnifiquement les dysfonctionnements sociaux de la société française dite moderne. Ils ne feraient pourtant même pas parler d’eux si la liberté la plus basique était respectée en ce pays.

Ainsi l’Etat – y compris les collectivités territoriales – a exproprié des terrains en campagne nantaise pour y établir un aéroport régional, qui serait essentiel pour le développement économique local, voire national – ce qui reste à établir, mais ce n’est pas notre sujet. Ce projet étant manifestement de nature économique, faut-il donc invoquer la nécessité publique ? On peut en douter. Dans cette affaire, l’Etat comme les manifestants écolos se mêlent de ce qui ne les regardent pas et oublient les contribuables et les propriétaires tout en détruisant l’économie. Explication en trois temps.

Tout d’abord, rappelons qu’un aéroport est une activité économique comme une autre. S’il y a un besoin réel de voyages exprimé par la population locale, c’est le rôle de l’entreprise privée, après études, d’y répondre, ou pas. Elle acquiert le capital pour investir, négocie les terrains avec les propriétaires, construit le complexe et vend les services ainsi mis sur pied. C’est aussi simple que cela. Et ce faisant, si le besoin s’avère trop faible, la faillite ne sanctionnera que le seul entrepreneur.

Mais en France, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Ici, le politique décide qu’il existe un besoin. On ne sait d’où ça sort. Qui subira les conséquences s’il y a erreur de jugement ? Pas le politicien, non, ce n’est jamais lui. Mais le citoyen, toujours. Puis on réquisitionne les terrains. Ils ne sont pas achetés au prix du marché, mais soit bradés par recours à l’expropriation, soit achetés au contraire très cher, entre copains. Le marché ne doit pas faire obstacle à la volonté politique, c’est bien connu. Tant pis pour nos sous, confisqués à travers l’impôt pour financer l’arbitraire.

Puis pour se donner bonne conscience, on privatise… dans la connivence – Vinci a ainsi la concession depuis 2010 ! Mais cher lecteur, distinguez deux choses : privatiser, ce n’est pas libéraliser. Ainsi Vinci n’a pas eu à investir dans les terrains. Ils ne prennent aucun risque si le projet s’avère un échec. C’est le contribuable, bonne pomme et poire, qui devra mettre la main à la poche une fois de plus.

Et pour finir, ce qui est aujourd’hui médiatisé : les divers opposants se réveillent tout d’un coup qui viennent alourdir la note pour du vent. A ce stade, le comble serait que l’Etat fasse marche arrière sous la pression. Les dépenses réalisées jusqu’ici ne pourraient même pas servir au contribuable. Les irresponsabilités gouvernementales et écologistes sont à cet égard à mettre dans le même sac.

Selon les étatistes, un aéroport, comme les routes ou voies ferrées, serait un bien public qui échapperait à la logique du marché. La loi de la rentabilité ne s’appliquant pas, l’intervention de l’Etat serait indispensable, sinon jamais aucun aéroport ne verrait le jour. Peut-être serait-ce mieux ?

Car cette logique est évidemment erronée. En effet, si justement la rentabilité est trop incertaine pour que le projet soit pris en main par les capitalistes – puisque aucun ne semble prendre le risque – pourquoi imposer aux contribuables de financer un projet dont le besoin factice n’est issu que du marketing politique ? Pour au final, se transformer en cauchemar financier qui nous est facturé.

Décidément, le décollage de l’économie en France, avec le dirigisme économique qui caractérise notre pays, n’est ni pour aujourd’hui, ni pour demain. Il est temps de prendre l’air et quitter la lande.

Friday, November 17, 2017

Le coup culturel de l’exception.

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Pour tout citoyen pas trop au fait de l’économie, il est légitime de se demander si le libre-échange est un méfait ou un bienfait pour les citoyens. Si c’est un méfait, alors il est logique de généraliser le protectionnisme à l’ensemble de l’économie. Mais si c’est un bienfait, pourquoi faire une exception économique en matière de culture ? Or le gouvernement nous refait le coup de l’exception culturelle qui n’est autre qu’un puits sans fond pour l’ensemble des français. Ahh, l’art comptant pour rien…

Au XIXe siècle pourtant, l’économiste Frédéric Bastiat expliquait déjà que « l’ouvrier n’a pas à payer le salaire de l’artiste ». Cela reste vrai : pourquoi le citoyen français du XXIème siècle devrait-il être contraint de financer l’artiste ? Si celui-ci a du talent, ses clients le rendront célèbre. S’il n’a pas de clientèle, c’est que son talent n’est pas à la hauteur : il ferait mieux d’exercer dans un autre domaine.

Le système de subventions arbitraires à la française cache le nombre d’artistes creux ou œuvres lamentables que le citoyen français finance à ses dépens. Rappelons que les subventions sont des impôts et des taxes, que par elles l’arbitraire politique détourne une partie de nos gains pour alimenter une production culturelle incertaine, incertaine parce que ne devant pas son succès à la reconnaissance du public. Plus elle est mauvaise, plus il faut de moyens financiers importants pour prétendre rivaliser avec la culture issue de la liberté, celle qui n’a pas peur de la sanction du marché.

Pourquoi la dignité d’un artiste français vaudrait-elle économiquement plus que celle d’un artiste étranger, celle d’un ouvrier, d’un ingénieur, d’une profession libérale ? Au point de justifier prendre à ces derniers pour donner au premier ? Une société moderne doit-elle continuer à vivre par et dans l’arbitraire au point de refuser avant tout de valoriser les talents via le marché, comme il est naturel ?

Sans l’arbitraire de la main du politicien, le marché reconnaît le talent, c’est une de ses qualités. En quoi l’homme politique serait-il plus apte que les citoyens ensemble pour décider du juste prix de la rémunération de l’artiste ? Comment l’artiste peut-il savoir son talent si ses spectacles sont faussés ?

Certes, la masse sans talent s’en réjouit, la connivence avec le pouvoir leur assurant des ressources au-delà de leurs espérances et de leur mérite. Protéger des pseudo-artistes parce que proches du pouvoir n’est pas digne de la démocratie. Pourquoi un tel privilège ? N’oublions pas que les pouvoirs totalitaires sont ceux ayant développé la propagande en faisant de l’art un outil d’endoctrinement.

Cette proximité entre pouvoir politique et faux artistes se fait évidemment au détriment des citoyens puisque tout protectionnisme bafoue les droits de l’homme par les taxes et les subventions. Par le dirigisme, l’exception culturelle limite la diversité culturelle : ceux qui n’œuvrent pas dans le cadre du moule étatique sont vite évincés du système d’aides. Uniformité et raréfaction. Le financement hors marché de l’exception culturelle augmente des prix qui sont faux par nature. Les citoyens subissent une triple peine : double peine économique (fiscalité et prix élevés) plus culture de propagande.

L’exception culturelle est un mirage : en réalité, l’art, la culture n’est qu’une marchandise comme une autre. Seul le marché est en mesure de choisir les talents, en tous domaines. L’interventionnisme politique inapte doit être dorénavant rangé au musée des horreurs économiques. La culture gagnera en qualité par l’abandon du protectionnisme pourtant largement en vogue. Seule la liberté des artistes et des financements comme le mécénat permet un marché offensif où les meilleurs osent la création. Le talent artistique mérite mieux que l’aumône politique et la protection des minables.

Tuesday, November 14, 2017

Economie de la culture : inculture économique !

(Article originalement publié en 2013 pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, il garde toute son actualité en matière politique.)

On ne mariera pas un artiste indépendant avec la chargée de la culture de la mairie de Toulouse. Les Chevaliers du Fiel, parmi les plus connus, sont si appréciés d’une municipalité qui les ignore depuis toujours qu’ils interpellent : « Sommes-nous trop populaires pour les élus du peuple de Toulouse ? » Nul n’est prophète en son pays… Combien d’autres prétendus artistes, politiquement plus corrects mais beaucoup moins célèbres aussi, bénéficient de largesses municipales qui laissent songeur ?

Il faut dire que depuis qu’André Malraux a eu l’idée saugrenue d’un ministère de la culture, puis qu’un certain Jack lui a donné un coup de peinture, la culture est devenue comme la flamme olympique de l’exécutif en ce pays riche d’histoire mais pauvre de culture … économique. Passons sur le scandale de l’assurance chômage des « intermittents du spectacle », profitant d’un système où plus d’argent sort qu’il n’entre : quel bonheur d’être un « artiste déclaré » au talent ignoré de tous !

Pourtant, que de chefs d’œuvre produits en ce pays au court des âges, sans ministre de la culture ! Et combien d’horreurs produites et d’œuvres ineptes financées depuis que la culture est devenue un sujet ministériel sans ménestrel ! Et qui ne laisseront aucun souvenir dans l’avenir culturel. Le Phare à Tournefeuille, devenu salle polyvalente, est un excellent exemple, comme le machin du rond point de la Barrière de Paris et celui à l’entrée de l’avenue Edouard Belin à Toulouse en sont d’autres.

La culture est gorgée de subventions au point d’être devenue un sport pratiqué par tout élu. C’est à celui qui aura le meilleur nez à découvrir du talent parmi les « artistes » locaux en les « soutenant » financièrement dans l’adversité de l’insuccès. On aime bien les artistes sans grand succès chez les élus, qui les utilisent pour asseoir leur pouvoir. Cela s’apparente plus à un système de manipulation au service d’une propagande politique plutôt qu’à une véritable reconnaissance artistique.

Et puis, contrairement à certaines vedettes, les médiocres ne sont pas « riches », ils ne s’affichent pas avec leur « argent », ça fait plus pitié et ça valorise l’élu généreux de l’argent des autres. Surtout, ces « artistes » étant moyens, ils sont dépendants : les soutenir, c’est les tenir, et tenir leur opinion…

Car les subventions ne sont autres qu’un détournement de l’argent du contribuable, et non celui des élus en propre. Or le peuple dispose déjà du meilleur des mécanismes d’appréciation de l’art des artistes. Il l’utilise largement, signifiant aux Chevaliers du Fiel qu’il est heureux de venir les voir, eux qui ne sont sous perfusion. Ce mécanisme, c’est le marché des billets de spectacles ou expositions. Chaque fois qu’un Toulousain achète un billet, il vote pour son artiste préféré(e), pas pour les autres. C’est dur pour les moins bons ? Pas si sûr. C’est un signal pour eux que leur véritable avenir n’est pas là où ils le croient – ils ont alors la possibilité de se perfectionner ou de changer d’orientation.

Pourquoi faudrait-il que les artistes soient subventionnés ? Pourquoi faudrait-il ainsi détourner de l’argent vers eux plutôt que vers d’autres ? Pourquoi faudrait-il financer salle de spectacle après salle des fêtes quand on n’arrive pas à rentabiliser les salles existantes ? A ce propos, à Toulouse, il y a la preuve qu’une activité privée culturelle fonctionne. L’histoire du Bikini avant AZF puis après est parlante, même si la chronique ici ne suffit pas à expliquer la perversité de l’action politique.

L’histoire le montre, les autres pays aussi, la culture n’a pas besoin d’un ministère ni d’adjoint(e) au maire pour prospérer et se développer. La culture vit chaque jour autour de nous. Comme toutes les activités sociales, elle est de nature économique, le beau et rare devenant cher et le nul ou laid restant aux premiers prix ou disparaissant. En matière de culture comme pour tant d’autres sujets, c’est le libre choix des citoyens, donc le marché et non les gouvernements politiques par oppression fiscale, qui seul peut assurer l’émergence de la qualité et le talent reconnu du plus grand nombre.

Thursday, November 9, 2017

Avoir ou ne pas avoir les boules (de Noël)

Comme tous les ans désormais, c’est de tradition pour Noël, Paris, Toulouse et presque toutes les villes de France se décorent. Chaque année repousse les précédentes dans la débauche de lumières, arbres enguirlandés et autres suspentes dont les multiples couleurs transforment la ville en une cité digne des Milles et Une Nuits. Seul le capitalisme permet une telle abondance, ne l’oublions pas.

Il n’est pas question ici de discuter de l’esthétique de toutes ces lumières indéniablement de plus en plus enjoliveuses au fil des ans. Mais alors que la crise bat son plein, comment éviter la question du bien-fondé des dépenses engagées en comptabilité publique pour ces fioritures ? Dans une France première destination touristique mondiale, certains ne manqueront pas de m’opposer que les villes de France, Paris la première, doivent s’embellir à l’approche des fêtes de fin d’année, car cela contribuerait à maintenir notre rang et celui des affaires. D’autres avanceront simplement que ces décorations sont positives pour la gaieté collective et donc une bonne chose. Ce n’est pas le sujet.

Bien des pseudo-économistes considèrent qu’il existerait des « biens publics » qui, comme les décorations de fin d’année, ne pourraient exister que grâce à la commande publique, au nom d’un pseudo-intérêt général. Hélas, rien n’est plus faux, cela pour des raisons à la fois économiques et morales. Car ces décorations coûtent des sommes rondelettes au contribuable à travers les impôts locaux. La question est simple : si ces décorations n’étaient pas financées par la municipalité, verrait-on ces dépenses engagées par le privé ? Si les parisiens avaient leur mot à dire, financeraient-ils une telle débauche de lumières ? Ainsi Paris pourrait-elle être décorée et embellie – avec modération – sans l’arbitraire du public ? Et est-il d’ailleurs socialement une bonne chose que Paris soit décorée ?

La caractéristique de ce genre de question, c’est que personne, ni le ou la maire ni tout autre individu, ne peut la régler de manière définitive. Personne ne peut prétendre légitimement trancher, que ce soit en faveur ou contre les décorations. Dire qu’elles constituent un bien public, c’est déjà poser a priori une utilité collective et supposer que cette « utilité » arbitraire est supérieure au prix supporté par les contribuables. Or qui peut bien mesurer une telle utilité si ce n’est chacun de nous selon son propre point de vue ? Le concept d’utilité ou de bien public nie la réalité : seul un individu sait ce qui est mieux pour lui. Le politicien devrait-il son élection à ses compétences en décoration ?

Pourtant l’homme au cours des âges a su mettre en place, sans même en avoir conscience, un mécanisme universel redoutablement efficace pour résoudre de tels problèmes : le laissez-faire. Décorer Paris serait un moyen d’attirer le chaland dans les rues à Noël ? Parfait. Dans ce cas, pourquoi ne pas laisser les commerçants du centre-ville se cotiser et financer ces décorations qui leur apportent des clients ? Vous aimez profiter des décorations ? Parfait. Je suggère alors de créer l’association « Lumières des Champs » pour récolter vos dons et directement les financer. Là encore, laissons libres ceux qui y voient un intérêt, forcément particulier, et ne prenons pas de force par l’impôt dans la poche des autres, que ces autres puissent ou non avoir les capacités de payer.

Et si personne ne finance ? Eh bien c’est que l’intérêt des illuminations n’est pas aussi clair que cela. Et dans ce cas, on aura évité des dépenses superflues et réduit les impôts, c’est-à-dire le vol public. Contrairement à l’approche « bien public », le laissez-faire a donc deux avantages sociaux majeurs : il ne vole pas les citoyens à « l’insu de leur plein gré » et il assure que les dépenses ne sont engagées que par ceux qui y voient un intérêt… et dans la limite du budget qu’ils consentent à engager. Dire que nous savons tout cela depuis l’époque des… Lumières, nées en France…

(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)