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Tuesday, January 23, 2018

Parti Légional Des mots pratiques

(Publié que Le Cercle en 2015.)

Fidèle à sa logique électoraliste et ivre d’existence, le PLD lance avec force marketing son « Grand Pari Libéral » visant à « libérer la région » Île de France et à « reconstruire [son] Conseil régional ».

Je me dois tout d’abord de rappeler que non seulement le qualificatif libéral est incompatible avec celui de démocrate, mais il est incompatible avec la notion de parti, puisque le libéralisme promeut une philosophie où le pouvoir politique n’a plus aucun sens ni réalité, le marché ayant repris sa place.

On m’objectera que comme ancien candidat à une élection et ancien président de parti, je me contredis. La réponse est dans l’objectif, valable s’il est de faire connaître nos idées, mais incohérent et inacceptable s’il devient de porter des individus peu scrupuleux au pouvoir, cas qui nous intéresse.

Pour en juger, voyons si au moins le « manifeste » publié véhicule un air frais venu de liberté. Or à première vue, on retrouve beaucoup des rhétoriques politiciennes habituelles : « c’est vous qui déciderez » – mensonge ; « donner votre avis avant toute hausse des impôts locaux, ou tout déficit » – tiens, on est libéral mais on imagine qu’il puisse y avoir hausse des impôts ? Bref, le bla-bla courant.

Mais le bla-bla va plus loin, il a tous les atours du Canada Dry libéral. Pour la sécurité, on propose de « rétablir le droit, la loi ». Bravo. Mais quel droit, quelle loi, au fait ? On se garde bien de nous le dire, car il faudrait alors expliquer comment à la fois nous libérer et rétablir ce droit qui nous a opprimés.

Puis plus subtil, mieux camouflé, mais plus dangereux aussi, le mensonge constructiviste. On nous propose de « faire » une région « prospère » – Ben quoi !? Comment pourrait-on être contre ? On peut être contre car l’idée libérale consiste à laisser faire et à ne rien « faire » justement. Le seul rôle du « politique » libéral devrait se réduire à établir le droit, le même pour tous, et surtout, surtout à ne rien faire d’autre. Quiconque vous promet de « faire » à votre place n’est autre qu’un socialiste.

Pragmatisme ? Mais pragmatisme pour « faire » quoi ? Pour faire la liberté ou du moins pour la faire connaître ? Ou bien pour faire carrière ? Comment en être sûr ? Il y a tant d’exemples historiques.

La dérive électoraliste du PLD se voit donc accélérer, c’était hélas prévisible. J’oserais un « on vous l’avait bien dit » s’il n’était pas si triste pour le libéralisme en ce pays. Mais optimiste j’y vois l’espoir que nombreux seront les indécis dont les yeux malgré tout seront ouverts par cet épisode, au profit de la liberté.

Saturday, January 20, 2018

Qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ?

(Publié en mai 2015)

« Le Cercle des Libéraux » publiait il y a quelque temps une invitation au débat par un militant local sur le thème suivant : « Parti socialiste: Qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ? »

Pour un libéral authentique, un tel concentré de sottise ne peut que pousser à réagir, ce que je fais ici. Pourquoi sottise ? Parce qu’au moins cinq anti-concepts en dix mots, je vois en cela un record.

Passons-les en revue pour mieux s’en convaincre : parti, socialiste, gauche, être et aujourd’hui.

Aujourd’hui : Il est de bon ton de croire que notre époque aurait des particularités qui feraient que certaines idées seraient plus spécialement pertinentes qu’il y a un siècle ou même vingt ans. Mais la chose politique n’est-elle pas de savoir comment organiser la société ? Cela dépend de ce qu’est l’homme, mais de quoi d’autre ? La technologie ? La crise ? Elles sont le produit de nos actions, donc des conséquences de notre organisation. Non, les idées sont bonnes ou fausses, hier comme demain.

Etre : Que veut dire être de gauche ou de droite ? On serait marqué par le destin, comme on peut être noir, blanc ou jaune ? Et incapable de changer d’idée ? Non, on n’est ni de gauche ni de droite, on croit à un instant que telle idée est la meilleure. Mais cela suppose de bonnes ou mauvaises idées. Or il n’y a que des idées fausses ou des idées justes, correctes, en phase avec l’homme. Il y a ce qui est cohérent avec le fonctionnement humain et donc social, et ce qui ne l’est pas.

Parti : Non seulement on pourrait donc se tromper d’idées, mais en plus il serait légitime de s’organiser pour imposer ses / ces idées à autrui ? N’est-ce pas là le rôle des parents et surtout de toute société que de transmettre idées et réflexions par l’explication, sans chercher à les imposer ?

Gauche : Bien malin qui pourra m’expliquer la gauche : un coup communiste, socialiste, nazie, social-démocrate, puis bobo et « social-libérale ». Mais qu’on m’explique aussi la droite, pétainiste, nazie aussi, lepeniste comme gaulliste, bonarpartiste et de nos jours franchement démocrate et socialisante. Pour moi, d’expérience, la gauche est le plus souvent peu recommandable.

Socialiste : On ne sait plus trop ce que cela veut dire, en fait il n’y a plus guère que deux camps, les étatistes de tous poils et les libéraux, ceux qui veulent imposer leurs vues et ceux qui fichent la paix.

Ainsi pour conclure, la seule question qui mérite débat, cher monsieur, c’est de savoir comment on peut être encore assez ignorant, stupide ou malhonnête pour affirmer à tous qu’il existerait d’autres idées valables que celles de la liberté.  Alors le parti socialiste...

Monday, October 23, 2017

Un parti libertarien pourquoi faire déjà ?

Je trouve ce soir dans mon mail une ‘newsletter’ du jeune ‘parti libertarien’ avec une tribune de son président, que je reproduis ci-dessous.

Bel exemple de démagogie et de pragmatisme, il va sur des thèmes classiques et éculés depuis des années entre « libéraux » en France : nous sommes tous des libéraux, mais nous sommes divisés, divisés nous ne pouvons rien, unissons-nous car finalement nous sommes proches, et vu que le communisme gagne, il faut nous unir pour agir, c’est plus important que les guerres de chapelles, et bien sûr nous unir ça veut dire nous unir derrière celui qui fait la promotion de l’idée.

Voilà résumé le « mot du président » en un paragraphe, vous pouvez éviter une nausée de plus. Car hélas, voilà la bien l’un des pires messages qu’on pouvait imaginer de la part de « libertariens ».

On me dira que pour ma part à l’inverse, je fais tout pour nous diviser et que donc je démontre la pertinence de ce type d’appel à l’union sacrée.

Permettez-moi juste de poser quelques questions :

  • Si c’est pour finir par appeler à l’union, à quoi cela servait-il de créer encore un autre parti et donc de fragmenter un peu plus les positions « libérales » ? Allez voir le PLD plutôt.
  • Si c’est pour prendre des positions libérales, pourquoi dénommer le partir « libertarien » ?
  • Il paraît que nous nous avons en commun un « essentiel » sur lequel nous pourrions nous « rassembler » ; mais alors quel est-il est comment se fait-il qu’il ne soit déjà explicité et que personne n’ait encore réussi à faire ce rassemblement qui serait pourtant une évidence ?
  • Il s’agirait de « gagner le combat médiatique », mais comment faire pour ne pas être assimilé alors à tous ceux qui tentent de faire la même chose, j’ai nommé les hommes politiques ?
  • Il paraît qu’il y a un « agenda très précis à respecter » pour être « indolore ». Mais ne sommes-nous pas des individualistes, et donc n’avons-nous pas tous et chacun une vue très différente de ce qui peut être « indolore » ou pas, par exemple ? Approche collectiviste.
  • Si le pessimisme les gagne déjà, puisque « aucun changement ne sera possible » autrement, comment peut-on faire leur confiance pour mobiliser et guider une « union » sur le long terme comme le suppose la lutte farouche nécessaire vue la gravité de la situation ?

Je ne sais si c’est fortuit, probablement pas, mais ce message arrive alors qu’il y a quelques jours à peine, Hans-Hermann Hoppe, leader à penser des libertariens « durs » dirais-je, venais de produire un discours maquant et tranché où il fustige tous les pseudos libéraux et faux libertariens, proposant de plus une stratégie politique très ciblée pour surfer sur la lame de fond du bon sens populaire.

Or H-H.Hoppe ne propose pas aux libertariens de s’allier avec les Républicains ni même avec les faux libéraux ou libéraux de gauche. Il ne propose pas non plus d’aller prendre les médias d’assaut, ni de suivre à l’envers la « route de la servitude ». Il propose une stratégie populaire et populiste.

Je ne suis pas en train d’affirmer que HHH a toujours et forcément raison. Mon objet est de rappeler que l’idée même de nous dénommer et de nous afficher libertariens, c’est de sortir de l’image trop entachée et mollassonne des libéraux, sinon du libéralisme, pour gagner l’opinion « des gens » sur la base d’idées claires, tranchées – les idées libérales authentiques. L’union n’est donc pas un préalable, ni ne peut l’être. Elle sera la conséquence si nous portons nos idées avec force et conviction.

Message original reçu :

« Quotidiennement nous rencontrons des libéraux, affirmés ou pas, d’une école ou d’une autre, en tout état de cause des personnes qui ont le même constat que nous sur l’état de notre société.
Aujourd’hui les personnes de sensibilité libérale pensant que l’état est trop présent dans la sphère privée, que les règlementations paralysent le pays et que la fiscalité est punitive sont légion.
Mais nous constatons que lorsqu’il s’agit d’entrer en action que ce soit au sein d’un parti politique comme le nôtre ou par quelques autres moyens, ces personnes de sensibilité très proche s’écharpent sur des points qui, à ce jour, sont des points de détail.
Certains libéraux vont vouloir que l’état se cantonne à ses missions régaliennes, d’autres vont vouloir instaurer des chèques sociaux dédiés, les anarchistes eux ne veulent accepter aucune alliance avec ceux qu’ils considèrent comme leurs ennemis, etc …
Les sensibilités libérales sont infinies et cette diversité qui devrait être une force est pour l’instant notre principale faiblesse.
Dans l’état actuel de la France, qui sombre dans une sorte de « communisme light », nous sommes très loin des préoccupations citées ci-dessus.
Nous pensons qu’il est urgent d’agir afin d’arrêter cette spirale infernale et nous sommes quasiment tous d’accord sur les premières étapes à mettre en place.
Car il faut bien comprendre que même si nous arrivions demain au pouvoir, il faudrait de nombreuses années avant de s’approcher d’une société libre et d’enfin pouvoir confronter nos idées sur ce que doit être, in fine, une société de liberté.
Nous partons de tellement loin que la transition doit être progressive, il y a un agenda très précis à respecter si nous souhaitons que le changement de régime soit indolore et fonctionne.
Ces guerres de chapelles entre libéraux sont actuellement contre productives.
Nous lançons donc un appel à toutes les sensibilités libérales, arrêtons de nous diviser sur des points de détail et rassemblons-nous sur l’essentiel, rassemblons-nous sur le changement de paradigme que nous appelons tous de nos vœux.
Toutes les tendances libérales doivent s’unir et mettre de côté leurs idéaux, si nous sommes divisés aucun changement ne sera possible et le collectivisme continuera d’avancer jusqu’à l’effondrement du système.
Une fois que les défenseurs de la liberté se seront unis, que nous aurons gagné le combat médiatique, que nous aurons montré à tous l’injustice et l’inefficacité du pouvoir politique centralisé et du collectivisme, que nous aurons remis au centre du discours politique la liberté et la propriété, que la société sortira enfin de la route de la servitude et empruntera le chemin de la liberté alors à ce moment-là, et pas avant, nous pourrons nous écharper gaiement sur tous ces sujets passionnants qui nous tiennent tant à cœur. »

Tuesday, April 26, 2011

Contribution a une stratégie pour un Parti Libertarien en France - Introduction

A l’heure où tous les partis et autres groupuscules de France commencent à fourbir leurs armes verbales et démagogiques de tous ordres en vue de l’échéance de 2012, il peut être opportun de contribuer au réveil des libéraux en France en posant les bases d’une stratégie de transition vers l’instauration d’une véritable société libertarienne – on peut la rêver, en tout cas.

Un certain nombre d’initiatives existent déjà, fortes souvent de propositions très concrètes et allant dans le bon sens, mais qui pour autant, me semble-t-il, ne posent pas assez clairement les enjeux en termes d’objectif à atteindre et d’obstacles à franchir.

De même, des réflexions (en français) de fond existent, par exemple celle Bernard Lemenicier (http://lemennicier.bwm-mediasoft.com/displayArticle.php?articleId=65) mais elles ne me semblent l’aborder que de manière théorique, n’étant pas non plus de la dernière actualité . Bien sûr, il y a aussi tout le matériau disponible via le Libertarian Party américain (www.lp.org), le Libertarian Forum de Rothbard (http://mises.org/journals//libertarianforum.asp) et beaucoup des idées sont à reprendre, mais la réalité de la France n’est pas celle des Etats-Unis, il faut donc adapter ce riche matériau.

Cette modeste contribution souhaite aider à clarifier les enjeux et les options quant à la démarche à suivre.

Une stratégie pour amener le libertarianisme, pardon, le libéralisme en France (*) devrait être réaliste et pour ce faire aborder le sujet de notre déplorable existant jusqu’à une cible future qu’il s’agira d’atteindre, ou du moins approcher.

(*) Dans la suite de ce texte, libéralisme est à prendre au sens de Pascal Salin, c'est-à-dire un libéralisme pur, dit « libertarien » pour éviter la confusion avec tous ces ersatz qui hantent les discours politiques de nos jours. C’est le libéralisme des grands penseurs libertariens, tels M.Rothbard, H-H.Hoppe ou L.v.Mises.

Pour ce faire, il me semble que nous devons envisager trois grandes phases et pour chacune des objectifs et des domaines d’action propre.

Ce premier texte propose la démarche générale, ses trois grandes phases, qui seront développées plus en détail chacune dans un texte propre, à venir (+) :

(+) J’espère que ce premier texte suscitera de nombreuses contributions des libéraux ;-)

  • 1) Reprendre le pouvoir :
« Reprendre le pouvoir,» pour bien marquer que le « pouvoir,» horrible mot de la politique politicienne, n’appartient pas à l’état mais au peuple, constitué de chaque individu.

Avant tout, il s’agit de créer ou de s’assurer que les conditions sont remplies pour que l’opinion soit suffisamment et consciemment demandeuse de liberté et de libéralisme. Tant que cette condition n’est pas remplie, il n’est qu’illusoire, sinon utopique, d’espérer plus qu’un infléchissement hypothétique de l’humeur de l’électorat en faveur de certaines mesures de nature à se rapprocher du libéralisme, sans jamais en poser les fondations.

Cette phase est déterminante et il ne faut pas la négliger, sous peine d’engager des moyens, lancer des projets, engager des frais sur des élections, susciter des espoirs, par exemple, qui resteront inéluctablement sans conséquence et sans impact notable.

L’objectif doit être de nature informative et de sensibilisation, il s’agit de créer la demande, d’éveiller nos concitoyens à la réalité du monde dans lequel on nous a peu à peu enfermés et, par la prise de conscience, accroître leur pression sur le système pour demander que celui-ci se libéralise concrètement, de plus en plus et sur de plus en plus de sujets.

Il faut cependant garder le cap, et le bon. Beaucoup de faux libéraux, n’ayant pas bien compris combien nous sommes loin d’un semblant de liberté, ont tendance à se contenter de quelques mesurettes de circonstance, et bien vite se préoccupent d’une prise de pouvoir, souvent élective, tout ce qu’il y a de dérisoire, voire despotique.

Cela passe par une longue campagne d’information, exploitant tous les vecteurs modernes, le web, facebook, les medias. Mais aussi d’autres moyens. L’infiltration des autres partis, les opportunités de prise de pouvoir locales – les free state projects – sont aussi des moyens à considérer. Et bien d’autres.

Cela passe aussi par la « prise du pouvoir » concrète, but ultime pour beaucoup de partis, y compris libéraux, mais qui pour un libertarien ne peut en aucun cas être le nirvana, puisque il s’agit une fois ce cap franchi de « rendre le pouvoir,» donc de poursuivre l’effort.

  • 2) Organiser une transition :
Une fois les conditions en place, une fois le « contrôle » repris, il faut faire en sorte de ramener ce pays, de l’amener plutôt, à un état (!) digne de la devise qui figure au front de ses multiples mairies et bâtiments dits publics.

De nombreuses choses devront donc être « défaites,» libéralisées, privatisées, sorties du joug de la loi et de la force. En théorie, une abrogation massive de 99% du Dalloz suffirait pour atteindre ce résultat. Ce n’est pourtant qu’une partie des travaux d’un Hercules libéral.

Les institutions elles-mêmes devront disparaître, être dissoutes, sans être remplacées. Adieu l’Elysées, l’Assemblée, le Sénat et autre Cours des Comptes. Ciao bonsoir…

Il faudra aussi rendre au peuple la propriété qui lui a été soustraite. Le Château de Versailles, les barrages, les voies ferrées, les ponts, les routes, la bibliothèque de France, Bercy, le Louvre, tous ces ouvrages, simplement pratiques et productifs, ou vrais symboles de notre histoire, tous devront être restitués. Ventes aux enchères, privatisation en sociétés par actions, les solutions existent et sont nombreuses, le principe, lui, doit rester immuable.

Les services publics devront être remplacés par des services venant du marché libre. La chose est simple sur la papier. Mais ces services ne sortiront pas du chapeau libéral, il faudra un peu de temps avant qu’ils soient mis sur le marché et que la concurrence fasse son œuvre. On ne remplace pas la SNCF par la SNCF, ni EDF par EDF.

Les fonctionnaires peuvent être facilement convertis en contractuels. Mais cela ne supprime pas leurs fiches de salaire, du moins pas tout de suite. Les impôts pourront-ils donc être immédiatement supprimés ? Quelle fiscalité adopter pendant cette transition ? La flat-tax est-elle la seule réponse possible ?

La dette, l’énorme dette doit faire l’objet d’un plan spécifique. Faut-il rendre les élus responsables sur leurs biens propres ces dettes contractées abusivement ? Est-il juste de demander au peuple de continuer à rembourser même ne serait-ce qu’une infime partie de ce monstre ? Qui rembourser ? Que renégocier ?

La monnaie enfin est sans doute un sujet encore plus délicat, dont les ramifications touchent tous les thèmes précédents. Sortir de l’euro semble une évidence, le retour à l’or aussi. Mais comment faire en sorte que chacun ait – très vite – un peu d’or dans son bas de laine quand seul le papier-monnaie a une réalité tangible ?

De plus, voire surtout, tout cela devra être accepté par le peuple, sinon, la guerre civile risquerait exploser à tout moment. Aller trop vite, c’est risquer de ne pas être compris par une opinion sans doute encore fragile, c’est se mettre trop de privilégiés à dos et risquer basculer dans le chaos. Aller trop lentement, c’est donner trop de temps pour que la résistance s’organise, créer des frustrations. Ne pas aller au bout, c’est tout simplement inacceptable.

Il faudra donc du temps. Une période de transition semble inéluctable. Il faudra donc organiser cette transition, choisir les premières priorités, puis les secondes, les expliquer. « Organiser,» de manière à garder l’opinion, l’espoir, et l’objectif.

On peut envisager de nombreuses options, même si bien évidemment, ce ne sera que sur pièce, au moment, que la décision pourra se prendre. Plus les options seront claires, et préparées, plus elles pourront aboutir.
  • 3) Durer :
Enfin, la cible atteinte, le nirvana à portée, le mammouth réduit à un squelette, voire même moins, il s’agira de résister et durer et donc de s’organiser pour cela.

Non pas que la société libérale ne soit pas capable d’auto-fonctionner ni de rendre ses citoyens aussi heureux que libres, bien au contraire, mais la France n’étant pas seule au monde, la concurrence, la jalousie et l’envie des gouvernants des autres pays devra être contenue.

Comme la Suisse, il faudra sans doute organiser une défense (privée et) efficace. Ou comme Monaco, la France devra peut-être devenir le meilleur paradis fiscal au monde. L’arme nucléaire dissuasive fera peut-être partie de ce dispositif – une arme désétatisée, bien évidemment. Et puis, la puissance commerciale d’un pays redevenu dynamique et inventif sera sûrement notre meilleure défense.

Peu importe la stratégie, il est trop tôt pour la choisir, mais il n’est pas trop tôt pour intégrer la réflexion à notre plan de bataille…