(Publié sur Le Cercle en 2015.)
Voilà qu’après l’agression dans le Thalys, où les services de sécurité se sont fait remarquer par leur absence, la peur immature qui caractérise notre société s’abat sur les gares qui ne seraient pas sûres. Et soudain, il faudrait « sécuriser » les halls des gares comme on prétend avoir sécurisé les aéroports, alors que depuis près de deux siècles, les gares sont conçues pour être ouvertes à tout voyageur.
Et on voit, sans rire, des estimations faites de combien la mise sous l’emprise des rayons X des immenses gares parisiennes pourrait coûter, exprimée en milliards, ce qui donne une idée de la démesure. Heureusement, je n’ai pas encore vu, mais cela ne saurait sans doute tarder, quelque intellectuel vaguement gauchiste s’indigner qu’on puisse ainsi mettre en rapport sécurité et milliards.
Il faut en premier lieu souligner l’incroyable gâchis et scandale de la sécurité aéroportuaire qui sert ici de référence. J’ai pris l’avion des centaines de fois et jamais je n’ai vu l’armée des rayons X et autres fouilleurs servir en quoi que ce soit à ma sécurité ou à celle des autres passagers. On y passe plus de temps à vérifier que votre dentifrice est dans un tube – même à moitié vide – de moins de 100ml qu’à se demander comment faire un cocktail Molotov rien qu’avec les articles en duty-free.
Même si la menace est très différente, mon métier du conseil en sécurité informatique m’a au moins convaincu de la validité d’un principe essentiel de nos société, mais qui se voit en pleine perte de vitesse, hélas : celui de la présomption d’innocence. Ce principe, rappelons-le tant il est oublié de tous, veut qu’on ne soit coupable que sur preuve et donc innocent par défaut, cela sans exception.
Ce n’est pas qu’une simple manière de protéger les gens de la police, c’est un principe de vie sociale. S’il devait suffire que j’aie peur de vous pour vous accuser d’une menace et pour vous faire enfermer, nous serions tous enfermés à la merci de l’arbitraire le plus complet. C’est pourtant ce que nous faisons dans les aéroports, nous sommes tous suspects d’agression potentielle, ni plus, ni moins. Est-ce donc ce genre de société hostile que nous voulons généraliser en l’étendant d’abord à nos gares ?
Mais revenons au Thalys pour nous souvenir que si la catastrophe a été évitée, c’est grâce à des gens courageux et habitués des armes. J’en tire plusieurs choses. Tout d’abord, il ne s’agit pas t’empêcher de monter dans le train tous ceux qui ont des armes, mais plutôt de faire en sorte qu’ils ne soient pas un danger. Et ils le seront d’autant moins qu’ils sauront que d’autres passagers se chargeront de les réduire au silence si besoin. Or pour cela, il faut responsabiliser chacun de nous, plutôt que nous inculquer la peur du voyou comme celle du gendarme. Cela passe par le retour au libre port d’arme.
La sécurité dans les trains n’a jamais posé problème pendant des décennies. Parce que les méchants avaient peur de se faire prendre et le voyageur n’avait pas peur d’intervenir. Dans la société actuelle, c’est le voyageur qui a peur et le voyou qui ose. Pas de doute, comme en 1984, la guerre, c’est la paix.
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Monday, January 22, 2018
Sunday, January 21, 2018
Il n'y a pas de "cyberwar"
(Publié sur Le Cercle en 2015).
On parle de plus en plus de cyberwar, ou guerre numérique. Mais en fait, la cybersécurité est un danger tout relatif. C’est une guerre qui ne fait aucune victime. Certes, on commence à voir la menace s’étendre lentement vers la prise de contrôle de plateformes industrielles, ce qui pourrait alors causer de réels dangers. Mais cela ne correspond pas à ce jour à la réalité ni surtout à tous ces incidents qui font les gros titres. Et puis, si la menace est telle, pourquoi ne changer les systèmes ?
La cybersécurité n’est pas plus un champ de bataille, pour la simple raison que la mort n’est pas – heureusement – au rendez-vous. Mais elle n’est même pas la tourmente qu’on entend dire. Elle n’est juste qu’une nuisance. Une nuisance fort gênante, certes, mais une simple nuisance quand même. Mes collègues responsables sécurité ou consultants détesteront lire ceci, mais la réalité demeure.
Pour s’en convaincre, considérons les dégâts causés par les pirates informatiques. Que peut-il arriver ? Pour TV5, c’est l’image de marque qui a été touchée – la perte de revenus de publicité pendant le noir est négligeable à côté. Pour un industriel qui se fait copier ses plans, c’est son avance technologique qui fond – mais il s’agit d’un risque de relatif long terme, rien d’immédiat. Certes il y a de rares systèmes mis à sac qui nécessitent un arrêt souvent mineur de production.
On mettra de côté tout ce qui est d’origine juridique ou réglementaire, il s’agit d’amendes totalement arbitraires et sans fondement. Ainsi, Orange qui s’est fait pincer par la CNIL n’a causé aucun dommage à ses clients – aucune entreprise ne prendrait ce risque. On oublie trop souvent que la question dite de la privacy, celle de la protection des données personnelles, ne se pose pas dans les termes que la CNIL nous impose : la menace ne vient pas des entreprises, elle vient de l’état.
Notez que je ne parle nulle part de vol. Tout d’abord, le vol en informatique est rare, la copie est la règle. Mais surtout, le vol en matière de données n’a guère de sens (*). Une fois dans ma tête, aucune information ne peut m’être volée. Un industriel ne se fait pas voler ses plans – pour rester discrets, les pirates évitent de les détruire. Les pirates mettent donc la main sur des copies, ce qui signifie que les industriels ne perdent rien, sauf un avantage temporel sur un concurrent éventuel.
Même croissante, la cybersécurité n’est pas absolument gravissime en soi. Du moins pas au point de justifier les gesticulations étatistes qu’on constate…
(*) Depuis que ce texte fut publié, la menace des ransomwares a vu le jour, qui vient sinon dérober du moins bloquer l’accès à certaines données, ce qui se rapproche du vol dans l’effet. Probablement que les malveillants vont trouver d’autres types de nuisances encore. Il demeure, il faut garder raison et lucidité, on ne peut parler de guerre et rien dans ces nuisances ne justifie l’interventionnisme. Au contraire, croire que la cybersécurité peut résulter de textes ou lois, c’est ne pas en avoir compris la nature « piratesque », qui fait que les failles exploitées auront – comme en finances – leur origine de failles conceptuelles se trouvant en marge des textes.
On parle de plus en plus de cyberwar, ou guerre numérique. Mais en fait, la cybersécurité est un danger tout relatif. C’est une guerre qui ne fait aucune victime. Certes, on commence à voir la menace s’étendre lentement vers la prise de contrôle de plateformes industrielles, ce qui pourrait alors causer de réels dangers. Mais cela ne correspond pas à ce jour à la réalité ni surtout à tous ces incidents qui font les gros titres. Et puis, si la menace est telle, pourquoi ne changer les systèmes ?
La cybersécurité n’est pas plus un champ de bataille, pour la simple raison que la mort n’est pas – heureusement – au rendez-vous. Mais elle n’est même pas la tourmente qu’on entend dire. Elle n’est juste qu’une nuisance. Une nuisance fort gênante, certes, mais une simple nuisance quand même. Mes collègues responsables sécurité ou consultants détesteront lire ceci, mais la réalité demeure.
Pour s’en convaincre, considérons les dégâts causés par les pirates informatiques. Que peut-il arriver ? Pour TV5, c’est l’image de marque qui a été touchée – la perte de revenus de publicité pendant le noir est négligeable à côté. Pour un industriel qui se fait copier ses plans, c’est son avance technologique qui fond – mais il s’agit d’un risque de relatif long terme, rien d’immédiat. Certes il y a de rares systèmes mis à sac qui nécessitent un arrêt souvent mineur de production.
On mettra de côté tout ce qui est d’origine juridique ou réglementaire, il s’agit d’amendes totalement arbitraires et sans fondement. Ainsi, Orange qui s’est fait pincer par la CNIL n’a causé aucun dommage à ses clients – aucune entreprise ne prendrait ce risque. On oublie trop souvent que la question dite de la privacy, celle de la protection des données personnelles, ne se pose pas dans les termes que la CNIL nous impose : la menace ne vient pas des entreprises, elle vient de l’état.
Notez que je ne parle nulle part de vol. Tout d’abord, le vol en informatique est rare, la copie est la règle. Mais surtout, le vol en matière de données n’a guère de sens (*). Une fois dans ma tête, aucune information ne peut m’être volée. Un industriel ne se fait pas voler ses plans – pour rester discrets, les pirates évitent de les détruire. Les pirates mettent donc la main sur des copies, ce qui signifie que les industriels ne perdent rien, sauf un avantage temporel sur un concurrent éventuel.
Même croissante, la cybersécurité n’est pas absolument gravissime en soi. Du moins pas au point de justifier les gesticulations étatistes qu’on constate…
(*) Depuis que ce texte fut publié, la menace des ransomwares a vu le jour, qui vient sinon dérober du moins bloquer l’accès à certaines données, ce qui se rapproche du vol dans l’effet. Probablement que les malveillants vont trouver d’autres types de nuisances encore. Il demeure, il faut garder raison et lucidité, on ne peut parler de guerre et rien dans ces nuisances ne justifie l’interventionnisme. Au contraire, croire que la cybersécurité peut résulter de textes ou lois, c’est ne pas en avoir compris la nature « piratesque », qui fait que les failles exploitées auront – comme en finances – leur origine de failles conceptuelles se trouvant en marge des textes.
Saturday, October 10, 2015
Face Harbour, Perle Harbour
Safe Harbour - L’Europe vient de rejeter la validité du
mécanisme juridique de protection des données personnelles dit du « Safe
Harbour » via un cas mettant en cause Facebook. Vu combien d’entreprises
ont recours à ce système, on peut s’attendre à une cascade de rebondissements.
Farce Harbour – Le Safe Harbour est une convention entre
Europe et Amérique qui a établi la possibilité de revendiquer l’équivalence
juridique des mesures de protection des données pour les multinationales. La
conformité en Europe devenait reconnue outre-Atlantique et inversement.
Le premier intérêt de cette décision est de casser une
farce. En effet, les juristes pourront bien rédiger tous les textes du monde, l’informatique
continuera à leur échapper et la protection des données personnelles en
particulier. Signer un Safe Harbour n’a jamais protégé quoi que ce soit.
Mais le plus croustillant, c’est que Facebook reste
probablement ce qui se fait de mieux en matière de sécurité et que celle-ci n’a
pas été réellement mise en cause. Seule sa conformité l’a été, nuance.
Perle Farbour – Imaginez la scène. Les juges et juristes
sont les Japonais. Ils ont peur de Facebook, le géant qui dort à Hawaï. Ils
veulent frapper un grand coup. Alors ils s’attaquent au Face Harbour. Mais l’histoire
montre que le géant ne s’est pas laissé faire. Peut-on parler de Perle Harbour
pour cette bourde ? Comme disait un de mes copains de lycée, parions que Nagasaki
ne profite jamais….
Car sans être infaillibles, les « GAFA », comme l’immense
majorité des entreprises tenant à leur réputation envers leurs clients, sont
bien plus soucieuses de leur exigence de protection de leurs données que tous
les textes de lois combinés. En la matière, la conformité n’est que piètre
garantie.
Compte Harbour – Avec cette décision, un double compte à
rebours est lancé. Tout d’abord, tous les Safe Harbours signés vont être remis
en cause. C’est ce qu’espèrent les avocats qui souhaitent ainsi de nombreuses
missions juteuses. Et sans doute verrons-nous une relative amélioration des
choses.
Mais le second compte à rebours amènera des changements bien
plus profonds. Devant les coûts et les honoraires, les Facebook et les Google
risquent d’adopter une autre approche. Celle qui consiste à permettre à chaque
utilisateur-client de choisir les mesures de protection qui lui conviennent.
Finis les Safe Harbour, les CNIL sans lien avec le marché et
les vrais risques. Demain, nos données ne seront plus dans les mains des GAFA,
mais dans les nôtres. Sauf celles aux mains de l’état, bien sûr…
Monday, December 10, 2012
Violence Aéroportuaire
Ce matin, je prends l'avion pour Paris, comme souvent et comme des centaines de Toulousains chaque jour.
Comme il est de norme depuis l'attentat du 11 septembre 2001, j'affronte donc et je passe, sans trop de zèle de leur part, les contrôles dits de sécurité et leurs rayons X.
Et tout d'un coup, au moment où je quitte l'endroit, j'entends un haussement de voix et un cri venant de derrière moi. Un autre voyageur, manteau, costume, écharpe, donnant tous les signes d'un voyageur d'affaire comme moi, se fait assaillir et littéralement sauter dessus par deux policiers. Il avait, semble-t-il, eu des mots avec une contrôleuse. Mais voilà qu'il résiste et lutte contre les policiers. Des chaises sautent, les deux techniciens de la soumission s'acharnent et le temps que je passe, ils l'ont mis à terre et les menottes lui sont passées.
J'ai songé à prendre une photo pour mieux témoigner de cette honte, mais j'avoue que je n'ai pas voulu prendre le risque de me faire moi aussi mettre les bracelets. Je ne sais pas ce que cet homme à pu dire ou faire. Mais je suis pourtant convaincu que cela ne justifiait pas plus qu'un rappel à l'ordre et certainement pas ce qu'il faut bien appeler une violente agression et un abus de pouvoir.
Pourquoi cet homme a-t-il réagi - peut-être mal - envers la contrôleuse ? Lassitude des gens devant la pourriture de l'ambiance sociale, je serais prêt à parier que ce matin, ce fut la goutte d'eau qui l'a fait disjoncter.
Je voyage très régulièrement depuis ma prime jeunesse et j'ai connu l'avant rayons X. J'ai subi ces contrôles dans des dizaines d'aéroports et de pays. Je n'ai jamais vu autre chose que du temps perdu, la honte d'y subir des fouilles ridicules et infondées et des contrôleurs inutiles qui sont d'autant plus arrogants et désagréables qu'ils ne trouvent rien à retirer des poches de la masse des voyageurs.
Beaucoup pensent que ces contrôles sont nécessaires pour assurer la sécurité à bord des avions, sécurité qu'on aurait perdue avec le World Trade Center. Benjamin Franklin nous a pourtant appris que ceux qui mettent la sécurité avant la liberté ont toutes chances de détruire les deux. Car non seulement les rayons X ne servent à rien, ils sont donc liberticides et coûtent une fortune sans aucun retour sur investissement.
Il est intéressant de voir qu'ils ne sont pourtant pas remis en cause, ce qui hélas est un signe de la résignation de nos concitoyens. Car le choix de ces contrôles nous a été imposé sans nous laisser la possibilité de trouver d'autres options. Ce n'est pas une demande de la population, c'est une contrainte rapidement imposée par les gouvernements mondiaux, sans avoir laissé le peuple peser son pour et son contre.
Pourtant, il n'est pas du tout certain que le risque soit à la hauteur de ces contraintes. Après tout, combien de gens qui voyagent, dépensent des taxes parfois plus chères que leur billet, qui perdent un temps précieux et qui ne peuvent pas prendre avec eux même une simple bouteille à bord, préféreraient prendre le risque d'une improbable attaque ? Ou seraient capables de suggérer d'autres idées moins intrusives pour sécuriser l'avion ?
Le pire, c'est que le phénomène touche d'autres pans plus quotidiens de la vie, telle l'automobile, où l'on peut désormais se faire arrêter sous simple prétexte d'absence de choses aussi indispensables qu'un éthylotest, un triangle ou un gilet fluo. Au train où vont les choses, on ne pourra bientôt plus critiquer ouvertement quiconque sans se faire agresser par ceux qui devraient nous protéger et non nous prendre pour des cibles.
Comme il est de norme depuis l'attentat du 11 septembre 2001, j'affronte donc et je passe, sans trop de zèle de leur part, les contrôles dits de sécurité et leurs rayons X.
Et tout d'un coup, au moment où je quitte l'endroit, j'entends un haussement de voix et un cri venant de derrière moi. Un autre voyageur, manteau, costume, écharpe, donnant tous les signes d'un voyageur d'affaire comme moi, se fait assaillir et littéralement sauter dessus par deux policiers. Il avait, semble-t-il, eu des mots avec une contrôleuse. Mais voilà qu'il résiste et lutte contre les policiers. Des chaises sautent, les deux techniciens de la soumission s'acharnent et le temps que je passe, ils l'ont mis à terre et les menottes lui sont passées.
J'ai songé à prendre une photo pour mieux témoigner de cette honte, mais j'avoue que je n'ai pas voulu prendre le risque de me faire moi aussi mettre les bracelets. Je ne sais pas ce que cet homme à pu dire ou faire. Mais je suis pourtant convaincu que cela ne justifiait pas plus qu'un rappel à l'ordre et certainement pas ce qu'il faut bien appeler une violente agression et un abus de pouvoir.
Pourquoi cet homme a-t-il réagi - peut-être mal - envers la contrôleuse ? Lassitude des gens devant la pourriture de l'ambiance sociale, je serais prêt à parier que ce matin, ce fut la goutte d'eau qui l'a fait disjoncter.
Je voyage très régulièrement depuis ma prime jeunesse et j'ai connu l'avant rayons X. J'ai subi ces contrôles dans des dizaines d'aéroports et de pays. Je n'ai jamais vu autre chose que du temps perdu, la honte d'y subir des fouilles ridicules et infondées et des contrôleurs inutiles qui sont d'autant plus arrogants et désagréables qu'ils ne trouvent rien à retirer des poches de la masse des voyageurs.
Beaucoup pensent que ces contrôles sont nécessaires pour assurer la sécurité à bord des avions, sécurité qu'on aurait perdue avec le World Trade Center. Benjamin Franklin nous a pourtant appris que ceux qui mettent la sécurité avant la liberté ont toutes chances de détruire les deux. Car non seulement les rayons X ne servent à rien, ils sont donc liberticides et coûtent une fortune sans aucun retour sur investissement.
Il est intéressant de voir qu'ils ne sont pourtant pas remis en cause, ce qui hélas est un signe de la résignation de nos concitoyens. Car le choix de ces contrôles nous a été imposé sans nous laisser la possibilité de trouver d'autres options. Ce n'est pas une demande de la population, c'est une contrainte rapidement imposée par les gouvernements mondiaux, sans avoir laissé le peuple peser son pour et son contre.
Pourtant, il n'est pas du tout certain que le risque soit à la hauteur de ces contraintes. Après tout, combien de gens qui voyagent, dépensent des taxes parfois plus chères que leur billet, qui perdent un temps précieux et qui ne peuvent pas prendre avec eux même une simple bouteille à bord, préféreraient prendre le risque d'une improbable attaque ? Ou seraient capables de suggérer d'autres idées moins intrusives pour sécuriser l'avion ?
Le pire, c'est que le phénomène touche d'autres pans plus quotidiens de la vie, telle l'automobile, où l'on peut désormais se faire arrêter sous simple prétexte d'absence de choses aussi indispensables qu'un éthylotest, un triangle ou un gilet fluo. Au train où vont les choses, on ne pourra bientôt plus critiquer ouvertement quiconque sans se faire agresser par ceux qui devraient nous protéger et non nous prendre pour des cibles.
Tuesday, March 6, 2012
Technologie et Liberté
Cet article est désormais accessible via les Lettres de Libéralie, ici. Merci de votre intérêt.
Sunday, May 29, 2011
Justice ? Quelle justice ?
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Sunday, May 15, 2011
On a dépassé les limites sur la route
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Tuesday, May 20, 2008
Liberté et sécurité routière
Comme premier sujet, je voudrais oser attaquer de front un des tabous de la sécurité routière depuis plus de trente ans, à savoir la limitation de vitesse. Vous aussi ça vous agace, n'est-ce pas ?
Panorama
Sous prétexte de sécurité ou de pollution, voire de civilité, on nous oblige à conduire à une certaine vitesse, sans prendre en compte notre expérience de conducteur, la sécurité de notre véhicule, le trafic, la météo, la qualité de la route ni l'évolution de tout ceci au cours du temps, ni bien sûr notre capacité individuelle à apprécier les situations. Bref, pas de place au libre arbitre ni à la responsabilité personnelle, ce que le libéral que je suis ne supporte guère. De plus, tout ceci est supposé être pour notre bien ou le bien collectif, ce qui est loin d'être aussi évident.
Mais prenons les points les uns après les autres. Il y a plus de trente ans, en plein premier choc pétrolier, et alors que le réseau d'autoroutes ne fait que s'ébaucher en France, le gouvernement de VGE (de mémoire) décide des quatre célèbres limites de vitesse, à savoir 60 (passée à 50 depuis), 90, 110 et 130. Le principal argument à l'époque est celui de la limitation de la consommation d'essence/pétrole, la sécurité ne venant qu'au second plan. Celle-ci est depuis devenue l'argument majeur.
Pendant de nombreuses années, le pétrole n'a plus vraiment été un problème - baisse de la consommation des véhicules notamment - et la sécurité routière et la baisse du nombre d'accidents ont été l'argument principal. Aujourd'hui où le pétrole flambe à nouveau et où il est de bon ton de donner dans l'écologisme, cet argument reprend un peu du poil de la bête.
A noter que d'autres pays ont suivi des logiques similaires, les USA étant probablement le plus connu, mais surtout d'autres n'ont pas suivi, l'Allemagne venant immédiatement à l'esprit. J'ai vécu dans ces deux pays ainsi qu'en Afrique, ça permet de voir la réalité terrain.
Depuis les années 70, ces limites ont fait les choux gras des différents gouvernements et je préfère ne pas calculer les sommes astronomiques que ce mécanisme nous a coûté à nous contribuables et conducteurs, en amendes, signalisation et autres radars automatiques, sans parler du stress du gendarme et des campagnes de com...
Bien évidemment, je ne nierai pas le lien - qui reste ténu - qu'il a entre vitesse limitée, pollution réduite et meilleure sécurité. La véritable question est de savoir quel est la réalité de ce lien et si la perte de liberté et les taxes prélevées sont effectivement justifiées par une mesure qui serait à la hauteur de ces arguments et qui notamment serait directement la raison de la baisse du nombre d'accidents. Je pense pour ma part que nous obtiendrions de bien meilleurs résultats sans en passer par la limitation aveugle et justiciable. Mais allons plus loin.
Vitesse et Sécurité
On nous rebat les oreilles depuis maintenant des décennies du danger de la vitesse sur la route. Il est en effet réel, mais il me semble que vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il est de nature différente de ce qu'on nous assène. Par exemple, qui ne s'est pas assoupi par manque de *besoin* d'attention suite au confort que les 130km/h nous impose, et par contre a gardé toute sa vigilance en roulant à 160 ou plus ? Ou encore, combien de routes en lacets sont limitées à 90 et pourtant vous n'avez jamais réussi à y rouler à cette vitesse ? :-)
Premier thème, la vitesse est cause de mortalité. C'est vrai et c'est faux bien sûr. Une vitesse excessive peut conduire à sortir de la route et souvent vient aggraver les conséquences d'un accident. Mais c'est tout. L'enjeu, c'est clairement avant tout d'éviter les accidents et ceux-ci sont le plus souvent dus à d'autres facteurs. L'alcool, l'inattention, une prise de risque excessive et des manœuvres inconsidérées sont des évidences. Mais où est le danger de rouler à 200 sur autoroute par beau temps avec une voiture entretenue et sans trafic ou encore à 120 sur nationale selon les mêmes conditions ?
Second thème à la mode, la vitesse augmente les distances de freinage ou l'écrasement. Vrai et faux encore. La réalité, c'est que les distances de freinage ne sont pas des constantes, même si elles augmentent avec la vitesse, elles sont surtout fonction du poids du véhicule et de la puissance de ses freins. Ce qui fait que des messages du genre "il faut 27 mètres pour s'arrêter à 50 Km/h" sont une totale ineptie.
Dans le même ordre d'idées - quoique pas directement lié à la vitesse - il y a la distance entre véhicules. Sur autoroutes, nous sommes supposés nous tenir à une distance du véhicule précédent suffisante pour voir au moins deux bandes blanches à droite, celles qui délimitent la bande d'arrêt d'urgence. Pourquoi 2 ? Parce que ce serait la distance minimale nécessaire pour nous arrêter en cas d'urgence. Mais cela suppose que la voiture devant nous s'arrêterait brusquement, ce qui est pratiquement impossible. Et en cas de brouillard, je doute que l'immense majorité d'entre nous n'adapte pas spontanément sa conduite.
Enfin, tout cela bien sûr fait totalement l'impasse sur l'évolution de la sécurité des véhicules sur les 30 ans passés. Même en supposant que 130 ait pu avoir un sens en 73 en termes de risques, toutes les conditions de sécurité actuelles rendent ce chiffre totalement dépassé. L'apparition de l'ABS et autres assistances au freinage sont des acquis majeurs du point de vue sécuritaire. Le réseau routier et autoroutier lui-même, avec des revêtements toujours plus performants, absorbant la pluie par exemple, a également - et heureusement - fortement évolué.
On voit bien qu'il s'agit avant tout d'une question de (dé-)responsabilité. Il y a effectivement un risque potentiel, il y a eu des accidents, alors on ne peut plus faire confiance aux conducteurs et donc tous sans exception doivent respecter bêtement des consignes sans bon sens et surtout sans nuance.
Vitesse et Pollution
L'autre prétexte, qui revient en force ces derniers temps. L'idée consiste à éviter de trop polluer par excès d'échappements à grande vitesse. Vrai et faux encore. Là encore, il est clair que rouler plus vite produit plus d'échappement, mais ce n'est pas uniforme et ce n'est pas la seule source de pollution.
Tout d'abord, la pollution n'est pas une conséquence linéaire de la vitesse. La plus grande pollution reste encore celle produite dans les bouchons, où le rapport gaz/distance parcourue est probablement le pire. Quiconque vit dans la région parisienne sait bien que ce n'est pas la vitesse qui y est cause de pollution. Ensuite, n'oublions pas que fort heureusement, la consommation moyenne d'un véhicule a été divisée par 2 ou 3 depuis les années 73, y compris aux vitesses supérieures, grâce à la généralisation progressive des turbos et à l'aérodynamisme par exemple.
Limitation vs. Recommandation
Je ne sais pas si vous avez remarqué comme moi, mais je trouve que ces dernières années la limitation de vitesse a pris une nouvelle dimension, encore plus pernicieuse et crétine, ce que j'appelle la "recommandation-dépassée". Nous avons sur Toulouse sud cette chance immense d'avoir un des échangeurs de rocade les plus complexe et mal conçu qui soit, qui est depuis des années l'un des points noirs réguliers de la ville. Or voici que la DDE (après près de 2 ans de travaux) nous ouvre l'an dernier une n-ième bretelle, courbe et en hauteur - sur une seule voie, je vous rassure.
Eh bien ils n'ont rien trouvé de mieux que de nous assigner une limitation à 50 sur cette bretelle, que personnellement je prends sans aucun effort ni stress à 90 avec un banal Scenic. Je peux comprendre et même saluer le désir des "autorités" de nous conseiller une vitesse sur une route nouvelle et sinueuse, et dans cette logique, nous recommander 50 serait une démarche respectable - quoique 50 soit vraiment très bas ici.
Mais dans ce cas, il existe des panneaux pour les vitesses recommandées, ce n'est pas la peine de nous imposer une limitation - sauf bien sûr pour espérer pouvoir notre sanctionner et nous faire payer des amendes. C'est ce que j'appelle la recommandation-dépassée. L'Etat va au-delà d'un rôle possible de conseil, il dépasse l'action de bon sens pour passer à la fois dans le répressible et dans l'absurde - avec une limitation inutile et ridiculement basse.
Les autres pays
Il y aurait long à dire ici et je me garderai de passer tous les pays en revue, mais prenons trois exemples marquants. D'abord les USA, ce pays est un emblème international des limitations de vitesse. Je dirai que la situation y est là-bas à la fois pire et meilleure qu'en France - pour info, j'y ai vécu 2 ans et ai traversé en voiture une vingtaine d'états.
Pire, parce que les limites sont partout, très basses et extrêmement contrôlées, impossible d'échapper à la police, même aux fins fonds du Dakota ! Bien sûr, chaque état a ses limites - ex. 85 en Utah mais 60 en Ohio sur autoroute - ils ne sont pas d'accord entre eux sur ce qui est dangereux ou polluant, ce qui illustre la crédibilité de ce type de mesure.
Ensuite, la voiture américaine moyenne est 2 ou 3 fois plus puissante, nerveuse et rapide qu'une voiture française. Une voiture avec un moteur de plus de 200 ch est commune là-bas. Chercher l'erreur. En Allemagne, tout le monde sait que les autoroutes ne sont par défaut et majoritairement pas limitées.
Y a-t-il plus d'accidents que chez nous pour autant ? Eh bien non. D'ailleurs, je vous invite à consulter ce site très bien documenté qui illustre que la vitesse est moins accidentogène que la "lenteur" et ceci partout en Europe.
Enfin, avez-vous déjà conduit en Egypte, ou dans un pays d'Afrique ? Là-bas les limites sont inexistantes ou superbement ignorées. Et il n'y a pas plus d'accidents. Du moins, les accidents sont avant tout dus à des comportements imprudents ou à des véhicules plus que hors d'usage. Mais la vitesse n'a que peu d'impact.
Panorama
Sous prétexte de sécurité ou de pollution, voire de civilité, on nous oblige à conduire à une certaine vitesse, sans prendre en compte notre expérience de conducteur, la sécurité de notre véhicule, le trafic, la météo, la qualité de la route ni l'évolution de tout ceci au cours du temps, ni bien sûr notre capacité individuelle à apprécier les situations. Bref, pas de place au libre arbitre ni à la responsabilité personnelle, ce que le libéral que je suis ne supporte guère. De plus, tout ceci est supposé être pour notre bien ou le bien collectif, ce qui est loin d'être aussi évident.
Mais prenons les points les uns après les autres. Il y a plus de trente ans, en plein premier choc pétrolier, et alors que le réseau d'autoroutes ne fait que s'ébaucher en France, le gouvernement de VGE (de mémoire) décide des quatre célèbres limites de vitesse, à savoir 60 (passée à 50 depuis), 90, 110 et 130. Le principal argument à l'époque est celui de la limitation de la consommation d'essence/pétrole, la sécurité ne venant qu'au second plan. Celle-ci est depuis devenue l'argument majeur.
Pendant de nombreuses années, le pétrole n'a plus vraiment été un problème - baisse de la consommation des véhicules notamment - et la sécurité routière et la baisse du nombre d'accidents ont été l'argument principal. Aujourd'hui où le pétrole flambe à nouveau et où il est de bon ton de donner dans l'écologisme, cet argument reprend un peu du poil de la bête.
A noter que d'autres pays ont suivi des logiques similaires, les USA étant probablement le plus connu, mais surtout d'autres n'ont pas suivi, l'Allemagne venant immédiatement à l'esprit. J'ai vécu dans ces deux pays ainsi qu'en Afrique, ça permet de voir la réalité terrain.
Depuis les années 70, ces limites ont fait les choux gras des différents gouvernements et je préfère ne pas calculer les sommes astronomiques que ce mécanisme nous a coûté à nous contribuables et conducteurs, en amendes, signalisation et autres radars automatiques, sans parler du stress du gendarme et des campagnes de com...
Bien évidemment, je ne nierai pas le lien - qui reste ténu - qu'il a entre vitesse limitée, pollution réduite et meilleure sécurité. La véritable question est de savoir quel est la réalité de ce lien et si la perte de liberté et les taxes prélevées sont effectivement justifiées par une mesure qui serait à la hauteur de ces arguments et qui notamment serait directement la raison de la baisse du nombre d'accidents. Je pense pour ma part que nous obtiendrions de bien meilleurs résultats sans en passer par la limitation aveugle et justiciable. Mais allons plus loin.
Vitesse et Sécurité
On nous rebat les oreilles depuis maintenant des décennies du danger de la vitesse sur la route. Il est en effet réel, mais il me semble que vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il est de nature différente de ce qu'on nous assène. Par exemple, qui ne s'est pas assoupi par manque de *besoin* d'attention suite au confort que les 130km/h nous impose, et par contre a gardé toute sa vigilance en roulant à 160 ou plus ? Ou encore, combien de routes en lacets sont limitées à 90 et pourtant vous n'avez jamais réussi à y rouler à cette vitesse ? :-)
Premier thème, la vitesse est cause de mortalité. C'est vrai et c'est faux bien sûr. Une vitesse excessive peut conduire à sortir de la route et souvent vient aggraver les conséquences d'un accident. Mais c'est tout. L'enjeu, c'est clairement avant tout d'éviter les accidents et ceux-ci sont le plus souvent dus à d'autres facteurs. L'alcool, l'inattention, une prise de risque excessive et des manœuvres inconsidérées sont des évidences. Mais où est le danger de rouler à 200 sur autoroute par beau temps avec une voiture entretenue et sans trafic ou encore à 120 sur nationale selon les mêmes conditions ?
Second thème à la mode, la vitesse augmente les distances de freinage ou l'écrasement. Vrai et faux encore. La réalité, c'est que les distances de freinage ne sont pas des constantes, même si elles augmentent avec la vitesse, elles sont surtout fonction du poids du véhicule et de la puissance de ses freins. Ce qui fait que des messages du genre "il faut 27 mètres pour s'arrêter à 50 Km/h" sont une totale ineptie.
Dans le même ordre d'idées - quoique pas directement lié à la vitesse - il y a la distance entre véhicules. Sur autoroutes, nous sommes supposés nous tenir à une distance du véhicule précédent suffisante pour voir au moins deux bandes blanches à droite, celles qui délimitent la bande d'arrêt d'urgence. Pourquoi 2 ? Parce que ce serait la distance minimale nécessaire pour nous arrêter en cas d'urgence. Mais cela suppose que la voiture devant nous s'arrêterait brusquement, ce qui est pratiquement impossible. Et en cas de brouillard, je doute que l'immense majorité d'entre nous n'adapte pas spontanément sa conduite.
Enfin, tout cela bien sûr fait totalement l'impasse sur l'évolution de la sécurité des véhicules sur les 30 ans passés. Même en supposant que 130 ait pu avoir un sens en 73 en termes de risques, toutes les conditions de sécurité actuelles rendent ce chiffre totalement dépassé. L'apparition de l'ABS et autres assistances au freinage sont des acquis majeurs du point de vue sécuritaire. Le réseau routier et autoroutier lui-même, avec des revêtements toujours plus performants, absorbant la pluie par exemple, a également - et heureusement - fortement évolué.
On voit bien qu'il s'agit avant tout d'une question de (dé-)responsabilité. Il y a effectivement un risque potentiel, il y a eu des accidents, alors on ne peut plus faire confiance aux conducteurs et donc tous sans exception doivent respecter bêtement des consignes sans bon sens et surtout sans nuance.
Vitesse et Pollution
L'autre prétexte, qui revient en force ces derniers temps. L'idée consiste à éviter de trop polluer par excès d'échappements à grande vitesse. Vrai et faux encore. Là encore, il est clair que rouler plus vite produit plus d'échappement, mais ce n'est pas uniforme et ce n'est pas la seule source de pollution.
Tout d'abord, la pollution n'est pas une conséquence linéaire de la vitesse. La plus grande pollution reste encore celle produite dans les bouchons, où le rapport gaz/distance parcourue est probablement le pire. Quiconque vit dans la région parisienne sait bien que ce n'est pas la vitesse qui y est cause de pollution. Ensuite, n'oublions pas que fort heureusement, la consommation moyenne d'un véhicule a été divisée par 2 ou 3 depuis les années 73, y compris aux vitesses supérieures, grâce à la généralisation progressive des turbos et à l'aérodynamisme par exemple.
Limitation vs. Recommandation
Je ne sais pas si vous avez remarqué comme moi, mais je trouve que ces dernières années la limitation de vitesse a pris une nouvelle dimension, encore plus pernicieuse et crétine, ce que j'appelle la "recommandation-dépassée". Nous avons sur Toulouse sud cette chance immense d'avoir un des échangeurs de rocade les plus complexe et mal conçu qui soit, qui est depuis des années l'un des points noirs réguliers de la ville. Or voici que la DDE (après près de 2 ans de travaux) nous ouvre l'an dernier une n-ième bretelle, courbe et en hauteur - sur une seule voie, je vous rassure.
Eh bien ils n'ont rien trouvé de mieux que de nous assigner une limitation à 50 sur cette bretelle, que personnellement je prends sans aucun effort ni stress à 90 avec un banal Scenic. Je peux comprendre et même saluer le désir des "autorités" de nous conseiller une vitesse sur une route nouvelle et sinueuse, et dans cette logique, nous recommander 50 serait une démarche respectable - quoique 50 soit vraiment très bas ici.
Mais dans ce cas, il existe des panneaux pour les vitesses recommandées, ce n'est pas la peine de nous imposer une limitation - sauf bien sûr pour espérer pouvoir notre sanctionner et nous faire payer des amendes. C'est ce que j'appelle la recommandation-dépassée. L'Etat va au-delà d'un rôle possible de conseil, il dépasse l'action de bon sens pour passer à la fois dans le répressible et dans l'absurde - avec une limitation inutile et ridiculement basse.
Les autres pays
Il y aurait long à dire ici et je me garderai de passer tous les pays en revue, mais prenons trois exemples marquants. D'abord les USA, ce pays est un emblème international des limitations de vitesse. Je dirai que la situation y est là-bas à la fois pire et meilleure qu'en France - pour info, j'y ai vécu 2 ans et ai traversé en voiture une vingtaine d'états.
Pire, parce que les limites sont partout, très basses et extrêmement contrôlées, impossible d'échapper à la police, même aux fins fonds du Dakota ! Bien sûr, chaque état a ses limites - ex. 85 en Utah mais 60 en Ohio sur autoroute - ils ne sont pas d'accord entre eux sur ce qui est dangereux ou polluant, ce qui illustre la crédibilité de ce type de mesure.
Ensuite, la voiture américaine moyenne est 2 ou 3 fois plus puissante, nerveuse et rapide qu'une voiture française. Une voiture avec un moteur de plus de 200 ch est commune là-bas. Chercher l'erreur. En Allemagne, tout le monde sait que les autoroutes ne sont par défaut et majoritairement pas limitées.
Y a-t-il plus d'accidents que chez nous pour autant ? Eh bien non. D'ailleurs, je vous invite à consulter ce site très bien documenté qui illustre que la vitesse est moins accidentogène que la "lenteur" et ceci partout en Europe.
Enfin, avez-vous déjà conduit en Egypte, ou dans un pays d'Afrique ? Là-bas les limites sont inexistantes ou superbement ignorées. Et il n'y a pas plus d'accidents. Du moins, les accidents sont avant tout dus à des comportements imprudents ou à des véhicules plus que hors d'usage. Mais la vitesse n'a que peu d'impact.
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