(Article originalement publié en 2013 pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, il garde toute son actualité en matière économique.)
Si une banque publique était la solution pour retrouver de la compétitivité, cela se saurait depuis longtemps et de nombreux pays capitalistes auraient utilisé le filon. Les hommes politiques français ont ce génie d’arriver à faire croire que l’interventionnisme est utile à l’économie ! Aujourd’hui, le niveau de ponction fiscale sur les entreprises et les citoyens ne permet plus au secteur privé, donc à la vraie richesse, de se développer. C’est bien plus qu’une simple crise que nous affrontons : c’est la fin du système social-démocrate qui survient après la fin du modèle communiste. Les deux ont eu comme prétention de modeler l’homme en le menant vers la misère par l’abus de pouvoir dirigiste.
Notre pays ne sait plus ce qu’est l’économie : la politique a sombré depuis de nombreuses années dans le mercantilisme, au seul profit d’une « élite » qui ne mérite pas son nom. Le contrat social qui unirait les français à ce supposé état de droit associé au triptyque « liberté, égalité, fraternité » est rompu depuis belle lurette. L’idée d’aider financièrement les entreprises reste très tentant, mais il y a pourtant bien plus efficace : éviter de les taxer et de les imposer. Car l’argent qui passe par les mains de l’homme politique, qui se sert au passage, n’est que ponctions et redistributions arbitraires, orchestrées par une administration qui tient plus du système mafieux que de l’organisation au service de « l’intérêt général ». C’est à celui qui en obtiendra le plus au détriment de l’autre.
Les créations d’entreprises sont aujourd’hui bien inférieures aux fermetures. Celles qui se créent sont faiblement capitalisées et ont bien du mal à survivre. Il ne suffit pas de sombrer dans l’incantation de la croissance pour que celle-ci se profile. L’effet pervers des aides publiques est un piège qui se referme sur la totalité des entreprises. L’état est ainsi le prédateur des entreprises qui se portent bien tout en entretenant celles qui vont mal. Pourquoi ne pas laisser celles qui se portent bien se porter mieux ? Et celles qui vont mal s’adapter seules à leur environnement ou disparaître pour le plus grand bien des autres ? Ne serait-ce pas à la fois plus moral et plus efficace ? Si, bien sûr.
La Banque Publique d’Investissement (BPI), c’est (annoncé) 20 milliards d’euros, soit environ 2% de la valeur ajoutée annuelle. Ce montant, pour un état en déficit obligé d’emprunter pour finir ses fins de mois, c’est 20 milliards de trop. Surtout lorsqu’on constate que les premières entreprises qui ont bénéficié de l’aide, dite CICE (Crédit d’impôt emploi compétitivité), l’utilisent plus à fin de trésorerie et donc de survie. Oui, vous lisez bien : les entreprises sont aidées par l’état pour payer moins d’impôts afin de survivre !!! Merci M. l’Etat de me rendre un petit peu de ce que vous m’avez volé ! Ainsi l’entrepreneur n’est plus valorisé pour la qualité de son modèle économique et l’ampleur de sa valeur ajoutée, mais pour sa capacité à survivre aux prélèvements grâce à d’autres prélèvements.
On pouvait penser qu’en associant « investissement » à « banque publique », les financements se seraient tournés vers des projets innovants, mobilisant des moyens économiques conséquents sur du moyen et long terme. Or à l’heure où j’écris ces lignes, la BPI a déjà aidé près de 2 700 entreprises pour un montant de 488 millions d’euros en 3 mois, soit moins de 200 000 euros de moyenne. Nous sommes donc dans l’urgence, le saupoudrage et le court terme, pas dans la stratégie. Surtout, cela annonce les prochaines difficultés à venir pour le bateau « France ». Et met en exergue l’abus de pouvoir lié aux missions que prétend remplir l’État : son intervention dans le domaine économique est fondamentalement illégitime et nuisible. Car l’Etat n’a jamais collecté autant d’argent : si son intervention était la solution, la crise n’existerait pas. Le niveau de la fiscalité est donc bien le problème, que la BPI ne fait que renforcer. Elle n’est sûrement pas la réponse à la crise.
Monday, November 13, 2017
Friday, November 10, 2017
Bœuf au Cheval – Droite à la Gauche
Le texte ci-dessous fut écrit il y a quelques années alors que la presse avait trouvé un autre de ces micro-scandales industriels, utile pour blâmer le capitalisme et lui éviter de faire la lumière sur les scandales bien pires qui font le quotidien du microcosme politico-étatico-médiatique. Je vous propose de le remettre au goût du jour et ainsi de vous délecter en imaginant non plus du cheval à la place du bœuf dans des lasagnes industrielles, mais du gauchisme là où se présente la droite au sein de l’industrie politicienne et de ses méandres réglementaires nationaux et européens. Bon appétit !
Vous connaissez sûrement la pub de Findus. Aujourd’hui, appliquons-la à nos chers politiques qui réagissent dans l’espoir d’une illusion d’empathie, mais surtout parce que des catastrophes s’entassent pour lesquelles ils cherchent diversion. S’ils étaient aussi exigeants envers eux-mêmes, ils travailleraient sans relâche, vu l’état des comptes publics. Voilà un vrai scandale, bien plus important que celui des plats industriels. On voit la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le sien.
Car a priori, cette affaire n’est pas un problème sanitaire : aucune intoxication ; ni personne venant reprocher au goût d’être celui du cheval. Les enjeux sont donc dérisoires. Il est à regretter que les consommateurs de ces plats vaguement cuisinés n’aient pas le palais suffisamment fin pour faire la différence, mais peu importe. Même si préparer des lasagnes fraîches avec de la viande d’origine sûre ne prend qu’une vingtaine de minutes pour un budget inférieur, acheter ces produits tient du libre choix, respectons-le. Ceux qui consomment de tels plats peuvent légitimement réclamer du bœuf et non du cheval si sur l’emballage il est mentionné « bœuf », pourtant souvent de la vache.
Mais revenons à la chaîne de fabrication. Vu le nombre d’intermédiaires, pour que ces lasagnes industrielles soient dans l’assiette à un prix acceptable, il faut que les quantités préparées soient très conséquentes pour compenser les faibles marges tout en rémunérant tous les acteurs, dont les salariés de ces entreprises. Ne doutons pas un seul instant de leur professionnalisme. D’ailleurs, d’ordinaire, tout va très bien, tout fonctionne. L’industrie alimentaire nourrit la planète chaque jour.
Ce n’est pas parce quelques pieds nickelés sans scrupule font une entourloupe qui relève de la protection et de la responsabilité de la marque vis-à-vis de ses clients que la vie doit s’arrêter. Le préjudice potentiel d’une marque est un gage de confiance pour les consommateurs supérieur en efficacité à tout arsenal législatif promis comme suite aux cris d’orfraies de nos politiques.
Car, crime de lèse-majesté, ce n’est pas au pays de la gastronomie que la tricherie a été découverte, mais chez la perfide Albion. Pire que tout, les sociétés d’approvisionnement et de fabrication sont en France. Certains découvrent que le marché de la viande en gros est soumis à des traders, anglicisme signifiant simplement « négociants sur les marchés ». Et nos politiciens de s’exclamer que « c’est un système complexe de commercialisation » et que « si le brouillard est tellement épais que plus personne ne s’y retrouve, on finira par avoir de gros problème ». S’agissant de complexité, à la lumière des cinq étages de la bureaucratie française et de la myriade d’agences nationales avec l’oppression fiscale que cela entraîne, ils nous démontrent leur inconséquence et leur mauvaise foi.
Certains ont déjà émis l’idée d’une production exclusivement d’origine française. Or l’usine de production alimentant de nombreux autres pays… ceux-ci pourraient bien dire la même chose : produisons chez nous ! Pire, les plats industriels entièrement préparés en France devenus non compétitifs, qui les achètera ? Pense-t-on aux salariés qui travaillent dans cette filière ? Ce n’est pas la complexité du circuit qui menace la qualité des produits ou l’emploi, mais le niveau des frais fixes.
Et aujourd’hui, le poids des charges, impôts et taxes condamnent la totalité des sociétés françaises. L’Etat français, faute de courage politique mais aussi de compréhension économique, entraîne tout son peuple vers une faillite collective. Mais ce ne sera jamais la faute de nos tocards qui sauront toujours nous trouver un bouc-émissaire. Trouver des contrevenants et en tirer des lois sans valeur sociétale, c’est leur fonds de commerce ! Là où l’industrie vit du labeur, les tocards vivent de la peur.
(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)
Vous connaissez sûrement la pub de Findus. Aujourd’hui, appliquons-la à nos chers politiques qui réagissent dans l’espoir d’une illusion d’empathie, mais surtout parce que des catastrophes s’entassent pour lesquelles ils cherchent diversion. S’ils étaient aussi exigeants envers eux-mêmes, ils travailleraient sans relâche, vu l’état des comptes publics. Voilà un vrai scandale, bien plus important que celui des plats industriels. On voit la paille dans l’œil du voisin, mais pas la poutre dans le sien.
Car a priori, cette affaire n’est pas un problème sanitaire : aucune intoxication ; ni personne venant reprocher au goût d’être celui du cheval. Les enjeux sont donc dérisoires. Il est à regretter que les consommateurs de ces plats vaguement cuisinés n’aient pas le palais suffisamment fin pour faire la différence, mais peu importe. Même si préparer des lasagnes fraîches avec de la viande d’origine sûre ne prend qu’une vingtaine de minutes pour un budget inférieur, acheter ces produits tient du libre choix, respectons-le. Ceux qui consomment de tels plats peuvent légitimement réclamer du bœuf et non du cheval si sur l’emballage il est mentionné « bœuf », pourtant souvent de la vache.
Mais revenons à la chaîne de fabrication. Vu le nombre d’intermédiaires, pour que ces lasagnes industrielles soient dans l’assiette à un prix acceptable, il faut que les quantités préparées soient très conséquentes pour compenser les faibles marges tout en rémunérant tous les acteurs, dont les salariés de ces entreprises. Ne doutons pas un seul instant de leur professionnalisme. D’ailleurs, d’ordinaire, tout va très bien, tout fonctionne. L’industrie alimentaire nourrit la planète chaque jour.
Ce n’est pas parce quelques pieds nickelés sans scrupule font une entourloupe qui relève de la protection et de la responsabilité de la marque vis-à-vis de ses clients que la vie doit s’arrêter. Le préjudice potentiel d’une marque est un gage de confiance pour les consommateurs supérieur en efficacité à tout arsenal législatif promis comme suite aux cris d’orfraies de nos politiques.
Car, crime de lèse-majesté, ce n’est pas au pays de la gastronomie que la tricherie a été découverte, mais chez la perfide Albion. Pire que tout, les sociétés d’approvisionnement et de fabrication sont en France. Certains découvrent que le marché de la viande en gros est soumis à des traders, anglicisme signifiant simplement « négociants sur les marchés ». Et nos politiciens de s’exclamer que « c’est un système complexe de commercialisation » et que « si le brouillard est tellement épais que plus personne ne s’y retrouve, on finira par avoir de gros problème ». S’agissant de complexité, à la lumière des cinq étages de la bureaucratie française et de la myriade d’agences nationales avec l’oppression fiscale que cela entraîne, ils nous démontrent leur inconséquence et leur mauvaise foi.
Certains ont déjà émis l’idée d’une production exclusivement d’origine française. Or l’usine de production alimentant de nombreux autres pays… ceux-ci pourraient bien dire la même chose : produisons chez nous ! Pire, les plats industriels entièrement préparés en France devenus non compétitifs, qui les achètera ? Pense-t-on aux salariés qui travaillent dans cette filière ? Ce n’est pas la complexité du circuit qui menace la qualité des produits ou l’emploi, mais le niveau des frais fixes.
Et aujourd’hui, le poids des charges, impôts et taxes condamnent la totalité des sociétés françaises. L’Etat français, faute de courage politique mais aussi de compréhension économique, entraîne tout son peuple vers une faillite collective. Mais ce ne sera jamais la faute de nos tocards qui sauront toujours nous trouver un bouc-émissaire. Trouver des contrevenants et en tirer des lois sans valeur sociétale, c’est leur fonds de commerce ! Là où l’industrie vit du labeur, les tocards vivent de la peur.
(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)
Les Transgenres
Depuis quelques mois, les médias au service des politiciens ont trouvé un autre os à ronger pour distraire le public des vrais sujets de société, j’ai nommé le genrisme et ses produits dérivés que sont les transgenres. Je n’ai pas les chiffres mais peu importe, on fait cas d’un épiphénomène qui ne doit concerner – et heureusement – qu’une minorité infime de la population, probablement moins encore que les politiciens honnêtes, c’est dire si ça vaut la peine d’en faire des gros titres.
Les transgenres sont avant tout un sujet de liberté qui ne devrait même pas se faire entendre si nos oreilles étaient habituées à ladite liberté. J’entends par là que si un individu – ou « une » – ressent le besoin impérieux de se faire opérer pour changer de sexe et le finance par soi-même, on ne devrait en premier lieu que se réjouir des progrès que la médecine et la baisse des coûts fruit du capitalisme ont rendu possibles et des champs nouveaux de liberté ainsi apportés aux personnes faisant ce choix.
A cet égard, les transgenres sont une facette nouvelle du phénomène plus profond et bien plus riche du transhumanisme, qui explore le champ potentiellement infini de l’amélioration, voire de la transformation du corps humain – dans les années 70, « l’Homme qui valait 3 milliards » nous en avait donné une vague idée « bio-ionique » bien modeste, mais néanmoins qui déjà posait question.
Même si elles peuvent choquer, et trouveront toujours quelqu’un à choquer, ces transformations individuelles n’ont pas à nous interpeller. Après tout, quand les médecins se sont lancés et ont réussi les greffes, d’organes, puis de membres, fallait-il les interdire sous couvert de transformations et même de transferts choquants et ainsi ne pas sauver ou offrir de nouvelles vies aux bénéficiaires ?
En revanche, la manière dont les « penseurs » – ou faut-il écrire « panseurs » ? – s’approprient les transgenres pour en faire une normalité, un exemple, une chose désirable et honorable, cela est bien plus inquiétant et suspect. Car il faut bien le dire, ce n’est pas parce qu’il est légitime pour quiconque de faire de son corps ce que bon lui semble qu’il faut à l’inverse faire de la foule des gens ordinaires autant de monstres de normalité. Il faut le dire haut et fort, l’immense majorité des gens ne sont pas, n’ont pas envie et sont heureux et fiers d’être et de rester des hommes et des femmes, et il n’est pas question de laisser les intellectuels « de gauche » leur insuffler la moindre honte à cet égard.
La honte en matière de transgenre devrait se retourner contre les médias et politiciens qui, tout en respectant pleinement ceux qui font ce choix, devraient en même temps en reconnaître la non-normalité. Gageons que l’option inverse prise sous nos yeux est l’expression une fois encore de cette tendance malsaine à culpabiliser tous les piliers de la société traditionnelle et naturellement libre.
Les transgenres sont avant tout un sujet de liberté qui ne devrait même pas se faire entendre si nos oreilles étaient habituées à ladite liberté. J’entends par là que si un individu – ou « une » – ressent le besoin impérieux de se faire opérer pour changer de sexe et le finance par soi-même, on ne devrait en premier lieu que se réjouir des progrès que la médecine et la baisse des coûts fruit du capitalisme ont rendu possibles et des champs nouveaux de liberté ainsi apportés aux personnes faisant ce choix.
A cet égard, les transgenres sont une facette nouvelle du phénomène plus profond et bien plus riche du transhumanisme, qui explore le champ potentiellement infini de l’amélioration, voire de la transformation du corps humain – dans les années 70, « l’Homme qui valait 3 milliards » nous en avait donné une vague idée « bio-ionique » bien modeste, mais néanmoins qui déjà posait question.
Même si elles peuvent choquer, et trouveront toujours quelqu’un à choquer, ces transformations individuelles n’ont pas à nous interpeller. Après tout, quand les médecins se sont lancés et ont réussi les greffes, d’organes, puis de membres, fallait-il les interdire sous couvert de transformations et même de transferts choquants et ainsi ne pas sauver ou offrir de nouvelles vies aux bénéficiaires ?
En revanche, la manière dont les « penseurs » – ou faut-il écrire « panseurs » ? – s’approprient les transgenres pour en faire une normalité, un exemple, une chose désirable et honorable, cela est bien plus inquiétant et suspect. Car il faut bien le dire, ce n’est pas parce qu’il est légitime pour quiconque de faire de son corps ce que bon lui semble qu’il faut à l’inverse faire de la foule des gens ordinaires autant de monstres de normalité. Il faut le dire haut et fort, l’immense majorité des gens ne sont pas, n’ont pas envie et sont heureux et fiers d’être et de rester des hommes et des femmes, et il n’est pas question de laisser les intellectuels « de gauche » leur insuffler la moindre honte à cet égard.
La honte en matière de transgenre devrait se retourner contre les médias et politiciens qui, tout en respectant pleinement ceux qui font ce choix, devraient en même temps en reconnaître la non-normalité. Gageons que l’option inverse prise sous nos yeux est l’expression une fois encore de cette tendance malsaine à culpabiliser tous les piliers de la société traditionnelle et naturellement libre.
Thursday, November 9, 2017
Avoir ou ne pas avoir les boules (de Noël)
Comme tous les ans désormais, c’est de tradition pour Noël, Paris, Toulouse et presque toutes les villes de France se décorent. Chaque année repousse les précédentes dans la débauche de lumières, arbres enguirlandés et autres suspentes dont les multiples couleurs transforment la ville en une cité digne des Milles et Une Nuits. Seul le capitalisme permet une telle abondance, ne l’oublions pas.
Il n’est pas question ici de discuter de l’esthétique de toutes ces lumières indéniablement de plus en plus enjoliveuses au fil des ans. Mais alors que la crise bat son plein, comment éviter la question du bien-fondé des dépenses engagées en comptabilité publique pour ces fioritures ? Dans une France première destination touristique mondiale, certains ne manqueront pas de m’opposer que les villes de France, Paris la première, doivent s’embellir à l’approche des fêtes de fin d’année, car cela contribuerait à maintenir notre rang et celui des affaires. D’autres avanceront simplement que ces décorations sont positives pour la gaieté collective et donc une bonne chose. Ce n’est pas le sujet.
Bien des pseudo-économistes considèrent qu’il existerait des « biens publics » qui, comme les décorations de fin d’année, ne pourraient exister que grâce à la commande publique, au nom d’un pseudo-intérêt général. Hélas, rien n’est plus faux, cela pour des raisons à la fois économiques et morales. Car ces décorations coûtent des sommes rondelettes au contribuable à travers les impôts locaux. La question est simple : si ces décorations n’étaient pas financées par la municipalité, verrait-on ces dépenses engagées par le privé ? Si les parisiens avaient leur mot à dire, financeraient-ils une telle débauche de lumières ? Ainsi Paris pourrait-elle être décorée et embellie – avec modération – sans l’arbitraire du public ? Et est-il d’ailleurs socialement une bonne chose que Paris soit décorée ?
La caractéristique de ce genre de question, c’est que personne, ni le ou la maire ni tout autre individu, ne peut la régler de manière définitive. Personne ne peut prétendre légitimement trancher, que ce soit en faveur ou contre les décorations. Dire qu’elles constituent un bien public, c’est déjà poser a priori une utilité collective et supposer que cette « utilité » arbitraire est supérieure au prix supporté par les contribuables. Or qui peut bien mesurer une telle utilité si ce n’est chacun de nous selon son propre point de vue ? Le concept d’utilité ou de bien public nie la réalité : seul un individu sait ce qui est mieux pour lui. Le politicien devrait-il son élection à ses compétences en décoration ?
Pourtant l’homme au cours des âges a su mettre en place, sans même en avoir conscience, un mécanisme universel redoutablement efficace pour résoudre de tels problèmes : le laissez-faire. Décorer Paris serait un moyen d’attirer le chaland dans les rues à Noël ? Parfait. Dans ce cas, pourquoi ne pas laisser les commerçants du centre-ville se cotiser et financer ces décorations qui leur apportent des clients ? Vous aimez profiter des décorations ? Parfait. Je suggère alors de créer l’association « Lumières des Champs » pour récolter vos dons et directement les financer. Là encore, laissons libres ceux qui y voient un intérêt, forcément particulier, et ne prenons pas de force par l’impôt dans la poche des autres, que ces autres puissent ou non avoir les capacités de payer.
Et si personne ne finance ? Eh bien c’est que l’intérêt des illuminations n’est pas aussi clair que cela. Et dans ce cas, on aura évité des dépenses superflues et réduit les impôts, c’est-à-dire le vol public. Contrairement à l’approche « bien public », le laissez-faire a donc deux avantages sociaux majeurs : il ne vole pas les citoyens à « l’insu de leur plein gré » et il assure que les dépenses ne sont engagées que par ceux qui y voient un intérêt… et dans la limite du budget qu’ils consentent à engager. Dire que nous savons tout cela depuis l’époque des… Lumières, nées en France…
(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)
Il n’est pas question ici de discuter de l’esthétique de toutes ces lumières indéniablement de plus en plus enjoliveuses au fil des ans. Mais alors que la crise bat son plein, comment éviter la question du bien-fondé des dépenses engagées en comptabilité publique pour ces fioritures ? Dans une France première destination touristique mondiale, certains ne manqueront pas de m’opposer que les villes de France, Paris la première, doivent s’embellir à l’approche des fêtes de fin d’année, car cela contribuerait à maintenir notre rang et celui des affaires. D’autres avanceront simplement que ces décorations sont positives pour la gaieté collective et donc une bonne chose. Ce n’est pas le sujet.
Bien des pseudo-économistes considèrent qu’il existerait des « biens publics » qui, comme les décorations de fin d’année, ne pourraient exister que grâce à la commande publique, au nom d’un pseudo-intérêt général. Hélas, rien n’est plus faux, cela pour des raisons à la fois économiques et morales. Car ces décorations coûtent des sommes rondelettes au contribuable à travers les impôts locaux. La question est simple : si ces décorations n’étaient pas financées par la municipalité, verrait-on ces dépenses engagées par le privé ? Si les parisiens avaient leur mot à dire, financeraient-ils une telle débauche de lumières ? Ainsi Paris pourrait-elle être décorée et embellie – avec modération – sans l’arbitraire du public ? Et est-il d’ailleurs socialement une bonne chose que Paris soit décorée ?
La caractéristique de ce genre de question, c’est que personne, ni le ou la maire ni tout autre individu, ne peut la régler de manière définitive. Personne ne peut prétendre légitimement trancher, que ce soit en faveur ou contre les décorations. Dire qu’elles constituent un bien public, c’est déjà poser a priori une utilité collective et supposer que cette « utilité » arbitraire est supérieure au prix supporté par les contribuables. Or qui peut bien mesurer une telle utilité si ce n’est chacun de nous selon son propre point de vue ? Le concept d’utilité ou de bien public nie la réalité : seul un individu sait ce qui est mieux pour lui. Le politicien devrait-il son élection à ses compétences en décoration ?
Pourtant l’homme au cours des âges a su mettre en place, sans même en avoir conscience, un mécanisme universel redoutablement efficace pour résoudre de tels problèmes : le laissez-faire. Décorer Paris serait un moyen d’attirer le chaland dans les rues à Noël ? Parfait. Dans ce cas, pourquoi ne pas laisser les commerçants du centre-ville se cotiser et financer ces décorations qui leur apportent des clients ? Vous aimez profiter des décorations ? Parfait. Je suggère alors de créer l’association « Lumières des Champs » pour récolter vos dons et directement les financer. Là encore, laissons libres ceux qui y voient un intérêt, forcément particulier, et ne prenons pas de force par l’impôt dans la poche des autres, que ces autres puissent ou non avoir les capacités de payer.
Et si personne ne finance ? Eh bien c’est que l’intérêt des illuminations n’est pas aussi clair que cela. Et dans ce cas, on aura évité des dépenses superflues et réduit les impôts, c’est-à-dire le vol public. Contrairement à l’approche « bien public », le laissez-faire a donc deux avantages sociaux majeurs : il ne vole pas les citoyens à « l’insu de leur plein gré » et il assure que les dépenses ne sont engagées que par ceux qui y voient un intérêt… et dans la limite du budget qu’ils consentent à engager. Dire que nous savons tout cela depuis l’époque des… Lumières, nées en France…
(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)
L’aide alimentaire, source de famine
Certains sujets connaissent des périodes de succès, puis replongent dans l’oubli, au gré des humeurs des « médias » et des enjeux politiciens. Parmi ceux-là, « l’aide alimentaire » est un de ces thèmes teintés de bonté apparente qui perdurent dans les croyances populaires. Les bonnes âmes (il y en aurait dans ce bas monde « libéral » ?) voient ainsi très positivement les programmes étatiques d’aides aux « plus démunis » et se lèvent au moindre signe de leur éventuelle menace d’abandon.
Qu’elle soit alimentaire ou au développement, l’aide est un des symboles de l’activisme socialiste. Certes, l’aide cristallise diverses formes de générosité primaire et preuves de bonne volonté. En effet, comment être opposé à l’aide aux pauvres ou à ceux qui ont faim ? Seuls nous autres monstres libéraux trouvons à redire à cette démarche altruiste. Mais est-ce vraiment altruiste ? Venant de gens vivant si généreusement de l’argent des autres, cela prend plutôt des airs de schizophrénie.
Le libéral que je suis ne peut en l’occurrence que crier au scandale moral et économique, car l’aide alimentaire est une hérésie qui va à l’encontre de ses belles apparences. Voyons pourquoi. Aider son prochain est une belle et noble action, mais à condition d’être volontaire. Il n’est pas question de contester la valeur morale de l’aide spontanée. Ni l’action des nombreuses associations qui viennent au secours des pauvres et démunis véritables. Ce n’est absolument pas de cela qu’il s’agit ici.
En revanche, l’aide « financière » par les états ou par l’Europe est d’une toute autre nature. Ce sont des fonds venant d’impôts et de taxes soutirés sans consentement, ce qui s’oppose à nos dons spontanés directement versés aux associations caritatives. Voilà une grosse différence. Une part de nos impôts servirait donc – qu’en est-il vraiment ? – à nourrir gratuitement une masse grandissante de gens sans notre avis, à nos dépens donc. On prend par spoliation à Paul pour donner à Pierre, sans trop faire cas des conséquences sur Paul ni de la bonne foi de Pierre. Quels circuits prennent ces aides ? Qui juge des montants, comment les distribuer et à qui ? Qui se sert au passage ?
Voilà pour la « moralité » de la redistribution imposée, mais il y a pire. Car l’aide alimentaire prise sur l’impôt conduit in fine à l’inverse de son objectif : elle affame au lieu de nourrir. Comment cela ? C’est assez simple. En premier, l’argent prélevé sur les contribuables est autant que ceux-ci ne peuvent investir dans l’économie – la vraie. Les millions donnés par force à l’aide supposée sont autant de millions perdus pour la création et le développement d’entreprises. En cascade, autant d’emplois et de richesse pour tous de perdus. Toute forme d’impôt appauvrit collectivement.
Ensuite, et pire à long terme, les aides avilissent. Les aidés prennent l’habitude d’être aidés : avez-vous vu les chiffres de l’aide alimentaire baisser ? Celui qui accepte un repas gratuit est incité à l’accepter encore si le système lui permet. C’est le même phénomène pour toute forme d’aide.
Enfin, l’aide prolongée fausse le marché de l’alimentation. Les personnes ayant véritablement peu de moyens créent en temps normal une demande sur le marché pour des repas peu chers. Cette demande, si elle est tangible, finit immanquablement par amener à une offre correspondante. C’est la simple loi de l’offre et de la demande dont la logique semble échapper aux esprits socialisants.
Mais lorsque de manière durable, il est mis sur le marché des repas gratuits en grande quantité, cette manne constitue une concurrence biaisée envers les quelques restaurateurs envisageant de se lancer sur ce marché du repas bon marché. Bientôt, cette offre fait faillite, se réoriente ou disparaît, faute de capacité à générer suffisamment de profits. Les quelques personnes qui profitaient de ces repas à petit prix finissent par ne plus trouver d’adresses accessibles et par ne pouvoir faire autrement que de venir elles aussi grossir les rangs des personnes dépendant de l’aide alimentaire.
Il en va ainsi de l’aide alimentaire comme de toutes les formes d’aide imposée. Que les socialistes le veuillent ou non, l’économie a des lois qui s’imposent à eux. Une d’elles fait des aides une calamité.
(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)
Qu’elle soit alimentaire ou au développement, l’aide est un des symboles de l’activisme socialiste. Certes, l’aide cristallise diverses formes de générosité primaire et preuves de bonne volonté. En effet, comment être opposé à l’aide aux pauvres ou à ceux qui ont faim ? Seuls nous autres monstres libéraux trouvons à redire à cette démarche altruiste. Mais est-ce vraiment altruiste ? Venant de gens vivant si généreusement de l’argent des autres, cela prend plutôt des airs de schizophrénie.
Le libéral que je suis ne peut en l’occurrence que crier au scandale moral et économique, car l’aide alimentaire est une hérésie qui va à l’encontre de ses belles apparences. Voyons pourquoi. Aider son prochain est une belle et noble action, mais à condition d’être volontaire. Il n’est pas question de contester la valeur morale de l’aide spontanée. Ni l’action des nombreuses associations qui viennent au secours des pauvres et démunis véritables. Ce n’est absolument pas de cela qu’il s’agit ici.
En revanche, l’aide « financière » par les états ou par l’Europe est d’une toute autre nature. Ce sont des fonds venant d’impôts et de taxes soutirés sans consentement, ce qui s’oppose à nos dons spontanés directement versés aux associations caritatives. Voilà une grosse différence. Une part de nos impôts servirait donc – qu’en est-il vraiment ? – à nourrir gratuitement une masse grandissante de gens sans notre avis, à nos dépens donc. On prend par spoliation à Paul pour donner à Pierre, sans trop faire cas des conséquences sur Paul ni de la bonne foi de Pierre. Quels circuits prennent ces aides ? Qui juge des montants, comment les distribuer et à qui ? Qui se sert au passage ?
Voilà pour la « moralité » de la redistribution imposée, mais il y a pire. Car l’aide alimentaire prise sur l’impôt conduit in fine à l’inverse de son objectif : elle affame au lieu de nourrir. Comment cela ? C’est assez simple. En premier, l’argent prélevé sur les contribuables est autant que ceux-ci ne peuvent investir dans l’économie – la vraie. Les millions donnés par force à l’aide supposée sont autant de millions perdus pour la création et le développement d’entreprises. En cascade, autant d’emplois et de richesse pour tous de perdus. Toute forme d’impôt appauvrit collectivement.
Ensuite, et pire à long terme, les aides avilissent. Les aidés prennent l’habitude d’être aidés : avez-vous vu les chiffres de l’aide alimentaire baisser ? Celui qui accepte un repas gratuit est incité à l’accepter encore si le système lui permet. C’est le même phénomène pour toute forme d’aide.
Enfin, l’aide prolongée fausse le marché de l’alimentation. Les personnes ayant véritablement peu de moyens créent en temps normal une demande sur le marché pour des repas peu chers. Cette demande, si elle est tangible, finit immanquablement par amener à une offre correspondante. C’est la simple loi de l’offre et de la demande dont la logique semble échapper aux esprits socialisants.
Mais lorsque de manière durable, il est mis sur le marché des repas gratuits en grande quantité, cette manne constitue une concurrence biaisée envers les quelques restaurateurs envisageant de se lancer sur ce marché du repas bon marché. Bientôt, cette offre fait faillite, se réoriente ou disparaît, faute de capacité à générer suffisamment de profits. Les quelques personnes qui profitaient de ces repas à petit prix finissent par ne plus trouver d’adresses accessibles et par ne pouvoir faire autrement que de venir elles aussi grossir les rangs des personnes dépendant de l’aide alimentaire.
Il en va ainsi de l’aide alimentaire comme de toutes les formes d’aide imposée. Que les socialistes le veuillent ou non, l’économie a des lois qui s’imposent à eux. Une d’elles fait des aides une calamité.
(Une version de cet article fut publiée sur le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin.)
Monday, October 30, 2017
Le Catalexit n’est qu’une étape
La Catalogne fait toutes les unes ces derniers jours. Il faut dire que depuis 18 mois, on avait cru que la vague de soubresauts post-Brexit était terminée et que tout en Europe était gentiment revenu à la normale, c’est-à-dire de retour sur le long chemin de la prise du pouvoir par les ‘hauts technocrates’.
Mais voilà que quelques gauchistes catalans en mal de bruit et de célébrité fugace viennent remettre le couvert en déclarant l’indépendance d’une région à forte identité et à langue spécifique, qui n’a cessé de pousser plus ou moins fort et régulièrement à la porte de la sortie depuis des décennies.
Et le fait que cet événement suit un scénario rocambolesque a abouti à montrer les nombreuses facettes de la non-liberté en Europe et des nombreuses réactions de courte vue, alors que sur le fond, il ne fait pas de doute que nous sommes témoin d’un retournement très positif à terme.
Bien sûr, les étatistes et les européistes ne l’entendent pas ainsi. Pour eux, il ne faut absolument pas créer de précédent et donner des idées à d’autres régions qui, nombreuses, pensent à prendre leur autonomie. Ce serait, selon eux, mettre le projet d’une union européenne en danger, ce serait le risque d’un éclatement, alors même qu’on commençait à oublier le Brexit, l’Ecosse, l’Italie, d’autres.
Alors on a droit à tous les arguments étatistes pour critiquer ce mouvement. Tout d’abord, cela a été parce que c’était entre les mains ou à l’initiative de l’extrême gauche. Il est évident que je ne saurais me réjouir de voir la gauche gagner du terrain quelque part, mais ce n’est pas vraiment la question il me semble. Si la Catalogne devait vivre sa vie et la commencer à gauche, on peut présager que les ressources de ces vautours seraient vite bien moins riches qu’au sein de l’Espagne et de l’Europe, du fait des jeux de subventions par exemple. Mais pas seulement, puisque déjà plusieurs centaines d’entreprises ont décidé de prendre la fuite, à tort ou à raison. Mince, moins d’impôts à voler. Plus généralement, la question n’est pas celle du régime, mais de la réduction de la portée des états.
Ces entreprises qui s’envolent, c’est l’autre argument massue, celui de la crise économique. Il ne faudrait pas d’indépendance, parce que cela conduirait aussitôt à la crise économique du pays. Un argument très bizarre, puisqu’il veut dire que tout d’un coup, juste comme ça, l’ensemble de la population cesserait de travailler, vendre, agir, vaquer, parce qu’indépendante. Bizarre, non ? En réalité bien sûr, l’argument cache la menace de perte de toute une masse de subventions et autres flux financiers artificiels qui viendraient avec un état supérieur, mais qui en réalité sont pris sur la bête. On touche là à des arguments du même ordre que ceux contre le Brexit, avec autant de biais.
Certains m’ont avancé que l’indépendance est impossible car cela couperait trop de familles en deux. De nombreux catalans vivant à Madrid et d’ex-madrilènes à Barcelone, par exemple, une nouvelle frontière aurait selon eux le même effet qu’un nouveau mur de Berlin. C’est supposer que ces deux états seraient assez stupides pour fermer les frontières, ou pour contraindre brusquement les « étrangers » de chaque côté à rentrer chez « eux » - ce qui est possible, mais improbable. C’est tout aussi sot d’ailleurs que de poser comme positif a priori que tout mélange de population de facto est forcément une bonne chose qui ne doit être remise en cause sous aucun prétexte de liberté.
D’autres sont légalistes et ne jurent que par le respect aveugle des textes et autres constitutions. Ainsi, parce il y aurait un article 155 ou que sais-je qui stipule l’illégalité d’un referendum, cela serait sacré, fondé, indiscutable et rendrait impossible l’application du bon sens envers la valeur démocratique de tout referendum – digne de ce nom – quel qu’il soit ? Il est selon moi hallucinant que de prétendus défenseurs de la liberté se réfugient derrière des textes même face à des situations où la liberté de tout ou partie de la population est en jeux. Il n’est pas normal, pas moral ni légitime de mettre des critères comme le maintien de l’union plus haut que la demande de liberté.
Les mêmes souvent avaient bien moins de scrupules envers la constitution ou le régime quand il s’est agi il y a quelques années de soutenir l’indépendance du Tibet. Je suis sûr qu’on m’opposera que le Tibet n’est pas comparable car il s’agissait de fuir un méchant état communiste, alors que le Royaume d’Espagne est bien plus libéral. Faux problème. Il s’agit des peuples, des gens, pas des régimes. Le Tibet devait libérer les tibétains, en Catalogne il est normal que les catalans puissent décider chez eux, c’est aussi simple que cela. Car l’avenir est au choix, au choix des états.
La liberté ne provient pas d’une constitution x ou y, elle vient de la possibilité pour les citoyens de choisir librement leur « état ». Et plus les états sont petits, plus il y a d’états, plus ils se trouvent en concurrence parce qu’il est plus facile d’en changer et parce qu’ils sont moins puissants. Ainsi, même si ce n’est pas une garantie systématique à court terme, à long terme par contre le démantèlement des états historiques en petits pays locaux est un facteur majeur de libéralisation du monde. Alors pourquoi chercher les poux sur des détails quand la Catalogne ouvre la voie vers la liberté, demain ?
Mais voilà que quelques gauchistes catalans en mal de bruit et de célébrité fugace viennent remettre le couvert en déclarant l’indépendance d’une région à forte identité et à langue spécifique, qui n’a cessé de pousser plus ou moins fort et régulièrement à la porte de la sortie depuis des décennies.
Et le fait que cet événement suit un scénario rocambolesque a abouti à montrer les nombreuses facettes de la non-liberté en Europe et des nombreuses réactions de courte vue, alors que sur le fond, il ne fait pas de doute que nous sommes témoin d’un retournement très positif à terme.
Bien sûr, les étatistes et les européistes ne l’entendent pas ainsi. Pour eux, il ne faut absolument pas créer de précédent et donner des idées à d’autres régions qui, nombreuses, pensent à prendre leur autonomie. Ce serait, selon eux, mettre le projet d’une union européenne en danger, ce serait le risque d’un éclatement, alors même qu’on commençait à oublier le Brexit, l’Ecosse, l’Italie, d’autres.
Alors on a droit à tous les arguments étatistes pour critiquer ce mouvement. Tout d’abord, cela a été parce que c’était entre les mains ou à l’initiative de l’extrême gauche. Il est évident que je ne saurais me réjouir de voir la gauche gagner du terrain quelque part, mais ce n’est pas vraiment la question il me semble. Si la Catalogne devait vivre sa vie et la commencer à gauche, on peut présager que les ressources de ces vautours seraient vite bien moins riches qu’au sein de l’Espagne et de l’Europe, du fait des jeux de subventions par exemple. Mais pas seulement, puisque déjà plusieurs centaines d’entreprises ont décidé de prendre la fuite, à tort ou à raison. Mince, moins d’impôts à voler. Plus généralement, la question n’est pas celle du régime, mais de la réduction de la portée des états.
Ces entreprises qui s’envolent, c’est l’autre argument massue, celui de la crise économique. Il ne faudrait pas d’indépendance, parce que cela conduirait aussitôt à la crise économique du pays. Un argument très bizarre, puisqu’il veut dire que tout d’un coup, juste comme ça, l’ensemble de la population cesserait de travailler, vendre, agir, vaquer, parce qu’indépendante. Bizarre, non ? En réalité bien sûr, l’argument cache la menace de perte de toute une masse de subventions et autres flux financiers artificiels qui viendraient avec un état supérieur, mais qui en réalité sont pris sur la bête. On touche là à des arguments du même ordre que ceux contre le Brexit, avec autant de biais.
Certains m’ont avancé que l’indépendance est impossible car cela couperait trop de familles en deux. De nombreux catalans vivant à Madrid et d’ex-madrilènes à Barcelone, par exemple, une nouvelle frontière aurait selon eux le même effet qu’un nouveau mur de Berlin. C’est supposer que ces deux états seraient assez stupides pour fermer les frontières, ou pour contraindre brusquement les « étrangers » de chaque côté à rentrer chez « eux » - ce qui est possible, mais improbable. C’est tout aussi sot d’ailleurs que de poser comme positif a priori que tout mélange de population de facto est forcément une bonne chose qui ne doit être remise en cause sous aucun prétexte de liberté.
D’autres sont légalistes et ne jurent que par le respect aveugle des textes et autres constitutions. Ainsi, parce il y aurait un article 155 ou que sais-je qui stipule l’illégalité d’un referendum, cela serait sacré, fondé, indiscutable et rendrait impossible l’application du bon sens envers la valeur démocratique de tout referendum – digne de ce nom – quel qu’il soit ? Il est selon moi hallucinant que de prétendus défenseurs de la liberté se réfugient derrière des textes même face à des situations où la liberté de tout ou partie de la population est en jeux. Il n’est pas normal, pas moral ni légitime de mettre des critères comme le maintien de l’union plus haut que la demande de liberté.
Les mêmes souvent avaient bien moins de scrupules envers la constitution ou le régime quand il s’est agi il y a quelques années de soutenir l’indépendance du Tibet. Je suis sûr qu’on m’opposera que le Tibet n’est pas comparable car il s’agissait de fuir un méchant état communiste, alors que le Royaume d’Espagne est bien plus libéral. Faux problème. Il s’agit des peuples, des gens, pas des régimes. Le Tibet devait libérer les tibétains, en Catalogne il est normal que les catalans puissent décider chez eux, c’est aussi simple que cela. Car l’avenir est au choix, au choix des états.
La liberté ne provient pas d’une constitution x ou y, elle vient de la possibilité pour les citoyens de choisir librement leur « état ». Et plus les états sont petits, plus il y a d’états, plus ils se trouvent en concurrence parce qu’il est plus facile d’en changer et parce qu’ils sont moins puissants. Ainsi, même si ce n’est pas une garantie systématique à court terme, à long terme par contre le démantèlement des états historiques en petits pays locaux est un facteur majeur de libéralisation du monde. Alors pourquoi chercher les poux sur des détails quand la Catalogne ouvre la voie vers la liberté, demain ?
Saturday, October 28, 2017
Hoppe - Traduction du discours PFS 2017 (Fin)
Dernière partie de ma traduction du discours de H-H.Hoppe à PFS 2017.
55:59 - <
Inutile de dire également que, pour se défendre contre le crime, qu’il s’agisse de crimes de rue ordinaires ou d’actes de terrorisme, toutes les interdictions de possession d’armes par des citoyens droits devraient être abolies.
Huit : Se débarrasser de tous les parasites et clochards.
Pour consolider ses positions, la classe dirigeante a placé la classe des marginaux au premier rang et en a fait sa source de soutien public la plus fiable.
Soi-disant pour aider les gens à sortir de « l’exclusion » pour devenir des acteurs autosuffisants, l’effet réel - et effectivement voulu - de la soi-disant « politique sociale » de l’état est exactement l’opposé.
Cela a rendu le statut « d’exclu » d’une personne plus permanent et a fait s’accroître cette classe de façon durable.
Et avec ceci bien sûr aussi le nombre de travailleurs sociaux et de thérapeutes financés par l’impôt nommés pour « aider et assister » ce groupe.
Car, en accord avec la loi économique inexorable, toute subvention accordée en raison d’un prétendu besoin ou déficience produit plus, et non moins, du problème même qu’elle est censée atténuer ou éliminer.
Ainsi, la cause profonde du statut « d’exclu » d’une personne - son faible contrôle des impulsions et sa grande préférence temporelle, c’est-à-dire son désir incontrôlé de gratification immédiate - et les diverses manifestations de cette cause - telles que le chômage permanent, la pauvreté, l’alcoolisme l’abus de drogues, la violence familiale, le divorce, les ménages menés par des femmes, les naissances hors mariage, la valse des compagnons masculins, la maltraitance d’enfants, la négligence et la petite délinquance – existent et ne sont pas atténués ni éliminés, mais systématiquement renforcés et encouragés.
Au lieu de continuer et d’étendre le désastre social, toujours plus laid, celui-ci devrait être aboli et bruyamment exigé qu’on prenne garde à l’exhortation biblique voulant que qui peut, mais ne travaille pas, ne mangera pas, et qui ne peut vraiment travailler, en raison de graves déficiences mentales ou physiques, doit être pris en charge par famille, communauté et charité volontaire.
Neuf : Retirer l’état de l’éducation.
La plupart, sinon la totalité, des pathologies sociales qui affligent l’Occident contemporain ont leur racine commune dans l’institution de « l’éducation publique ».
Lorsque les premiers pas furent faits, il y a plus de deux siècles, en Prusse, pour compléter et in fine remplacer un système éducatif alors entièrement privé par un système universel d’éducation publique obligatoire, le temps passé (NdT à l’époque) dans les écoles publiques ne dépassait pas quatre ans dans la plupart des cas.
Aujourd’hui, dans tout le monde occidental, le temps passé dans les institutions d’éducation publique est, au minimum, d’une dizaine d’années, et dans de nombreux cas, et de plus en plus, de vingt ou même de trente ans.
C’est-à-dire qu’une grande partie, voire la plus grande partie, de la vie d’une personne est passée dans des institutions financées par l’état et supervisées par l’état, dont le but premier dès l’origine n’est pas d’instruire un public instruit et éclairé, mais de former de « bons soldats » et plus tard de « bons fonctionnaires ».
Pas indépendants et matures, pas des « mündige Bürger » (citoyens adultes), mais des « Staats-Bürger » (NdT citoyens de l’état) bien subordonnés et serviles.
Le résultat ? L’endoctrinement a fonctionné : plus une personne passe de temps au sein du système d’éducation publique, plus elle est attachée aux idées d’égalitarisme de gauche et a englouti de tout cœur et intériorisé la doctrine officielle et l’objectif du politiquement correct.
En effet, et en particulier parmi les enseignants et professeurs de sciences sociales, les personnes ne se considérant pas comme faisant partie de la gauche ont pratiquement cessé d’exister.
Par conséquent, il faut exiger que le contrôle des écoles et des universités soit affranchi du gouvernement central et, dans un premier temps, qu’il soit rendu aux autorités régionales ou mieux encore locales et financées localement, puis finalement qu’il soit complètement privatisé, afin de remplacer un système d’uniformité obligatoire et de conformité par un système d’éducation décentralisée qui reflète la diversité naturelle, la multiplicité et la diversité des talents et des intérêts humains.
Et dix et dernier : Ne faites pas confiance à la politique et aux partis politiques.
Tout comme on ne peut attendre des universités et du monde académique qu’ils jouent un rôle significatif dans une stratégie libertarienne de changement social, rien n’est à espérer de la politique et des partis politiques.
Après tout, le but ultime du libertarianisme est de mettre un terme à toute politique, de placer toutes les relations interpersonnelles et tous les conflits sous droit privé et ses procédures de droit civil.
Certes, dans les conditions actuelles de politique omniprésente, une implication dans la politique et la politique des partis ne peut être entièrement évitée.
Cependant, dans toute implication de ce type, il faut être bien conscient et se prémunir de l’influence corruptrice du pouvoir, de l’attrait de l’argent et des biais qui l’accompagnent.
Et pour minimiser le risque et la tentation qui en découlent, il convient de concentrer ses efforts sur la politique régionale et locale plutôt que nationale, et de promouvoir un programme radical de décentralisation, d’abrogation et de séparation pacifique, de ségrégation et de sécession.
Le plus important, cependant : nous devons tenir compte de la devise de vie de Ludwig von Mises : « Ne pas céder au mal, mais avancer toujours plus hardiment contre lui ».
C’est-à-dire, nous devons l’ouvrir n’importe quand et n’importe où, que ce soit dans des rassemblements formels ou informels, contre quiconque nous affronte avec un désormais trop familier baratin « politiquement correct » et des balivernes de gauche-égalitaire pour répondre sans ambages : « Non, sûrement pas. Vous plaisantez, sans doute ».
Toujours est-il, étant donné le contrôle quasi-total exercé par les élites dirigeantes, le milieu universitaire et les principaux médias, cela demande déjà beaucoup de courage de faire ça.
Mais si nous ne sommes pas assez courageux pour le faire maintenant, donnant ainsi l’exemple aux autres, les choses iront de pire en pire, seront plus dangereuses à l’avenir et nous, la civilisation occidentale et les idées occidentales de liberté et d’autonomie seront effacées et disparaîtront.>>
Fin.
55:59 - <
Inutile de dire également que, pour se défendre contre le crime, qu’il s’agisse de crimes de rue ordinaires ou d’actes de terrorisme, toutes les interdictions de possession d’armes par des citoyens droits devraient être abolies.
Huit : Se débarrasser de tous les parasites et clochards.
Pour consolider ses positions, la classe dirigeante a placé la classe des marginaux au premier rang et en a fait sa source de soutien public la plus fiable.
Soi-disant pour aider les gens à sortir de « l’exclusion » pour devenir des acteurs autosuffisants, l’effet réel - et effectivement voulu - de la soi-disant « politique sociale » de l’état est exactement l’opposé.
Cela a rendu le statut « d’exclu » d’une personne plus permanent et a fait s’accroître cette classe de façon durable.
Et avec ceci bien sûr aussi le nombre de travailleurs sociaux et de thérapeutes financés par l’impôt nommés pour « aider et assister » ce groupe.
Car, en accord avec la loi économique inexorable, toute subvention accordée en raison d’un prétendu besoin ou déficience produit plus, et non moins, du problème même qu’elle est censée atténuer ou éliminer.
Ainsi, la cause profonde du statut « d’exclu » d’une personne - son faible contrôle des impulsions et sa grande préférence temporelle, c’est-à-dire son désir incontrôlé de gratification immédiate - et les diverses manifestations de cette cause - telles que le chômage permanent, la pauvreté, l’alcoolisme l’abus de drogues, la violence familiale, le divorce, les ménages menés par des femmes, les naissances hors mariage, la valse des compagnons masculins, la maltraitance d’enfants, la négligence et la petite délinquance – existent et ne sont pas atténués ni éliminés, mais systématiquement renforcés et encouragés.
Au lieu de continuer et d’étendre le désastre social, toujours plus laid, celui-ci devrait être aboli et bruyamment exigé qu’on prenne garde à l’exhortation biblique voulant que qui peut, mais ne travaille pas, ne mangera pas, et qui ne peut vraiment travailler, en raison de graves déficiences mentales ou physiques, doit être pris en charge par famille, communauté et charité volontaire.
Neuf : Retirer l’état de l’éducation.
La plupart, sinon la totalité, des pathologies sociales qui affligent l’Occident contemporain ont leur racine commune dans l’institution de « l’éducation publique ».
Lorsque les premiers pas furent faits, il y a plus de deux siècles, en Prusse, pour compléter et in fine remplacer un système éducatif alors entièrement privé par un système universel d’éducation publique obligatoire, le temps passé (NdT à l’époque) dans les écoles publiques ne dépassait pas quatre ans dans la plupart des cas.
Aujourd’hui, dans tout le monde occidental, le temps passé dans les institutions d’éducation publique est, au minimum, d’une dizaine d’années, et dans de nombreux cas, et de plus en plus, de vingt ou même de trente ans.
C’est-à-dire qu’une grande partie, voire la plus grande partie, de la vie d’une personne est passée dans des institutions financées par l’état et supervisées par l’état, dont le but premier dès l’origine n’est pas d’instruire un public instruit et éclairé, mais de former de « bons soldats » et plus tard de « bons fonctionnaires ».
Pas indépendants et matures, pas des « mündige Bürger » (citoyens adultes), mais des « Staats-Bürger » (NdT citoyens de l’état) bien subordonnés et serviles.
Le résultat ? L’endoctrinement a fonctionné : plus une personne passe de temps au sein du système d’éducation publique, plus elle est attachée aux idées d’égalitarisme de gauche et a englouti de tout cœur et intériorisé la doctrine officielle et l’objectif du politiquement correct.
En effet, et en particulier parmi les enseignants et professeurs de sciences sociales, les personnes ne se considérant pas comme faisant partie de la gauche ont pratiquement cessé d’exister.
Par conséquent, il faut exiger que le contrôle des écoles et des universités soit affranchi du gouvernement central et, dans un premier temps, qu’il soit rendu aux autorités régionales ou mieux encore locales et financées localement, puis finalement qu’il soit complètement privatisé, afin de remplacer un système d’uniformité obligatoire et de conformité par un système d’éducation décentralisée qui reflète la diversité naturelle, la multiplicité et la diversité des talents et des intérêts humains.
Et dix et dernier : Ne faites pas confiance à la politique et aux partis politiques.
Tout comme on ne peut attendre des universités et du monde académique qu’ils jouent un rôle significatif dans une stratégie libertarienne de changement social, rien n’est à espérer de la politique et des partis politiques.
Après tout, le but ultime du libertarianisme est de mettre un terme à toute politique, de placer toutes les relations interpersonnelles et tous les conflits sous droit privé et ses procédures de droit civil.
Certes, dans les conditions actuelles de politique omniprésente, une implication dans la politique et la politique des partis ne peut être entièrement évitée.
Cependant, dans toute implication de ce type, il faut être bien conscient et se prémunir de l’influence corruptrice du pouvoir, de l’attrait de l’argent et des biais qui l’accompagnent.
Et pour minimiser le risque et la tentation qui en découlent, il convient de concentrer ses efforts sur la politique régionale et locale plutôt que nationale, et de promouvoir un programme radical de décentralisation, d’abrogation et de séparation pacifique, de ségrégation et de sécession.
Le plus important, cependant : nous devons tenir compte de la devise de vie de Ludwig von Mises : « Ne pas céder au mal, mais avancer toujours plus hardiment contre lui ».
C’est-à-dire, nous devons l’ouvrir n’importe quand et n’importe où, que ce soit dans des rassemblements formels ou informels, contre quiconque nous affronte avec un désormais trop familier baratin « politiquement correct » et des balivernes de gauche-égalitaire pour répondre sans ambages : « Non, sûrement pas. Vous plaisantez, sans doute ».
Toujours est-il, étant donné le contrôle quasi-total exercé par les élites dirigeantes, le milieu universitaire et les principaux médias, cela demande déjà beaucoup de courage de faire ça.
Mais si nous ne sommes pas assez courageux pour le faire maintenant, donnant ainsi l’exemple aux autres, les choses iront de pire en pire, seront plus dangereuses à l’avenir et nous, la civilisation occidentale et les idées occidentales de liberté et d’autonomie seront effacées et disparaîtront.>>
Fin.
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