(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
Faites-vous vos courses au marché de votre village ou quartier ? Vous faites sûrement cet acte banal plus ou moins régulièrement, sans plus de questions. Tout un chacun s’approvisionne en nourriture pour renouveler son énergie. Ainsi, le marché du village est un lieu où des commerçants viennent à la rencontre d’acheteurs potentiels proches en proposant leurs produits. La demande des uns vient à la rencontre de l’offre des autres. Ainsi se réalisent les échanges économiques libre et volontaire.
Observez le fonctionnement du marché local : sans ordre particulier, il est anarchique, mais sans chaos. Et pourtant il s’organise, spontanément. Précisons ce point : à part les emplacements qui leur sont attribués, personne n’impose aux commerçants leurs produits, comme personne n’impose aux acheteurs leurs achats. Les commerçants, d’expérience, ont analysé les besoins des clients locaux. Ils proposent ainsi des produits qu’ils espèrent adaptés à ces besoins – ou envies. Si certains produits ne plaisent pas, pour quelque raison, les commerçants repartent avec. Personne n’est forcé d’acheter. C’est cela le marché libre : les uns proposent, les autres disposent, ce n’est pas plus compliqué.
Un acheteur trouve un produit trop cher ? Son aspect ne lui convient pas ? Il lui suffit de ne pas le prendre. Le bon commerçant en tirera seul les conclusions, s’il voit ses concurrents écouler leurs produits alors que les siens restent sur son étal. Il arrivera peut-être à pigeonner quelques clients, si ses concurrents sont en rupture de stock. Mais jouer avec la confiance des acheteurs n’est jamais payant bien longtemps et la tromperie finit toujours par tourner court pour les peu compétitifs.
A contrario, l’état et ses services publics prétendent venir suppléer le marché là où il en va de notre vie ou de notre sécurité – car dans ces domaines, la logique des affaires ne fonctionnerait pas.
Vue l’importance vitale pour quiconque de s’alimenter, on s’interroge donc devant l’absence de « service public alimentaire » plus ou moins nationalisé pour « urgence ultra prioritaire ». Quelle fonction vitale peut être plus précieuse pour l’homme que l’alimentation et le maintien en vie ?
Faisons simple : si ce service n’existe pas, c’est parce que tout service public n’est que leurre. Aucun n’est capable de rendre un réel service à la hauteur de ce que le libre marché offrirait. Il est par contre un instrument de pouvoir et de formatage. Il n’y a sinon aucune, absolument aucune raison qu’un service dit « public » se substitue aux libres marchés, y compris complexes. Et si les hommes de pouvoir n’ont pas osé créer un service public de l’alimentation, c’est qu’ils savent qu’il n’aurait jamais pu être aussi performant et meilleur. Et qu’un peuple affamé est un peuple qui se soulève.
Or par extrapolation du marché du village, tous les marchés fonctionnent de la même manière. La société s’organise librement et volontairement. Il n’y a jamais de violence lors d’une vraie transaction commerciale. Si un contrat vient à ne pas être respecté, la justice est saisie et entend les arguments des deux parties. Puis le jugement devra être exécuté. La simple égalité devant le droit suffit bien.
Pourquoi donc les politiciens devraient-ils intervenir dans l’économie ? Rien ne le justifie, pourvu que le droit de propriété et d’échange libre soit respecté. La corruption et les malheurs des peuples surviennent dès que l’homme politique se permet d’intervenir parmi les transactions libres et volontaires pour en faire des transactions contraintes et forcées. La société du marché s’organise toujours plus vite et mieux que tout état peut le faire. On l’a démontré, tout service public est sans fondement. Vivement que l’économie retourne au bon sens du marché de la restauration…
Friday, January 5, 2018
Thursday, January 4, 2018
Obligation non obligatoire ?
Obligation, interdiction ou pas, tout n’est apparemment pas toujours clair pour ceux qui critiquent ou tentent d’assimiler la logique libertarienne en matière « d’autorité », d’interdit et d’autorisation. Il me semble que c’est souvent dû à une compréhension imparfaite de l’organisation et du mode de gouvernance au sein d’une société libérale ou libertarienne. Je vais donc tenter de l’éclaircir ici.
La société libre, ou Libertalie, repose sur la propriété privée du sol, exclusivement et partout. Il n’y a donc pas d’espace public, nulle part. L’intérêt de couvrir l’ensemble de la Planète par la propriété privée n’est pas tant de vouloir éradiquer les espaces publics que d’assurer que des règles claires de droit et de gouvernance existent et sont définies partout. Car la propriété privée d’un territoire, ce n’est pas tant un capital immobilier – même si cela reste vrai – que l’attribution d’un responsable précis et unique du droit à un territoire précis. J’ai bien dit le droit : le propriétaire fait le droit.
Comme le propriétaire fait le droit – la notion de propriétaire est large, cela peut-être un individu, tel un monarque, un collectif restreint (une entreprise, une oligarchie) ou une copropriété où tout le monde a une part variable de la propriété – c’est le propriétaire qui décide du régime politique en vigueur en ce lieu, et selon un processus de décision convenu. On peut donc imaginer une mosaïque quasi infinie de territoires aux régimes et aux règles aussi variés que l’homme pourra le créer.
Second principe de la Libertalie, l’individu est libre de contracter ou de s’associer avec qui bon lui semble et voudra bien s’associer avec lui. Ainsi par exemple, si je souhaite m’installer quelque part, il y a deux situations de base : soit je suis propriétaire d’un sol et c’est réglé, soit je ne le suis pas ; et dans ce second cas, il suffit que je trouve une propriété qui voudra bien m’héberger, ou m’accepter au sein de leur copropriété, ou encore me louer un espace ou logement. Ou toute variante. Dans tous les cas, je passerai un libre contrat avec l’entité propriétaire – individu ou non – pour me loger.
Tout au long de sa vie, chacun de nous peut évoluer sur ces territoires en fonction de ses goûts, priorités ou fortunes. On peut ainsi naître en un endroit, une fois majeur y rester (ou pas) en signant un contrat avec le territoire local, puis déménager vers un autre territoire et y signer un autre contrat, et ainsi de suite selon les aléas de la vie et aussi selon l’évolution des territoires eux-mêmes.
Pour revenir à l’obligation-ou-pas, on comprend qu’il faut aborder la question en deux temps. Le premier consiste au choix du territoire où l’on s’installe. Ce choix est a priori parfaitement libre, on peut aller où on le souhaite, pourvu qu’on soit accepté par l’endroit. De la même manière, ce choix est réversible par annulation ou fin du contrat, pour quitter le territoire. Il n’y a donc aucune forme l’obligation qu’un « état » impose au citoyen, puisque le citoyen peut choisir son « état » librement.
Ensuite, comme l’installation passe par un contrat, clairement ce contrat pourra prévoir dans ses annexes tout un tas de clauses qui correspondent aux règles et au régime en vigueur au sein du « pays » choisi, comme lorsqu’on achète un appartement en copropriété et que cela nous engage à respecter le règlement intérieur – mais aussi à participer à sa révision lorsque cela a du sens. Il y a donc obligation, et obligation forte, mais c’est une obligation volontaire, pas imposée par la force.
La question de l’obligation change alors notablement. Si on a librement choisi de s’installer au sein d’une communauté végan – pure hypothèse à la mode – il est évident qu’il nous est alors obligatoire d’en respecter les règles et donc interdit de mettre viandes et gibiers à nos menus. Ou encore, si l’on a opté pour un « pays » explicitement francophone, il faudra y respecter l’usage exclusif du français.
On voit donc que la société libre ne supprime jamais totalement les obligations que nous pouvons connaître dans l’environnement étatique actuel. Vivre ensemble, c’est s’obliger au respect de règles convenues. Mais justement, la grande différence entre la Libertalie et un état monopole de la force, c’est que tout repose sur notre choix individuel explicite – comme un véritable « contrat social ». Il est à tout moment possible de rompre notre contrat et de quitter les lieux, sans contrainte donc.
La société libre, ou Libertalie, repose sur la propriété privée du sol, exclusivement et partout. Il n’y a donc pas d’espace public, nulle part. L’intérêt de couvrir l’ensemble de la Planète par la propriété privée n’est pas tant de vouloir éradiquer les espaces publics que d’assurer que des règles claires de droit et de gouvernance existent et sont définies partout. Car la propriété privée d’un territoire, ce n’est pas tant un capital immobilier – même si cela reste vrai – que l’attribution d’un responsable précis et unique du droit à un territoire précis. J’ai bien dit le droit : le propriétaire fait le droit.
Comme le propriétaire fait le droit – la notion de propriétaire est large, cela peut-être un individu, tel un monarque, un collectif restreint (une entreprise, une oligarchie) ou une copropriété où tout le monde a une part variable de la propriété – c’est le propriétaire qui décide du régime politique en vigueur en ce lieu, et selon un processus de décision convenu. On peut donc imaginer une mosaïque quasi infinie de territoires aux régimes et aux règles aussi variés que l’homme pourra le créer.
Second principe de la Libertalie, l’individu est libre de contracter ou de s’associer avec qui bon lui semble et voudra bien s’associer avec lui. Ainsi par exemple, si je souhaite m’installer quelque part, il y a deux situations de base : soit je suis propriétaire d’un sol et c’est réglé, soit je ne le suis pas ; et dans ce second cas, il suffit que je trouve une propriété qui voudra bien m’héberger, ou m’accepter au sein de leur copropriété, ou encore me louer un espace ou logement. Ou toute variante. Dans tous les cas, je passerai un libre contrat avec l’entité propriétaire – individu ou non – pour me loger.
Tout au long de sa vie, chacun de nous peut évoluer sur ces territoires en fonction de ses goûts, priorités ou fortunes. On peut ainsi naître en un endroit, une fois majeur y rester (ou pas) en signant un contrat avec le territoire local, puis déménager vers un autre territoire et y signer un autre contrat, et ainsi de suite selon les aléas de la vie et aussi selon l’évolution des territoires eux-mêmes.
Pour revenir à l’obligation-ou-pas, on comprend qu’il faut aborder la question en deux temps. Le premier consiste au choix du territoire où l’on s’installe. Ce choix est a priori parfaitement libre, on peut aller où on le souhaite, pourvu qu’on soit accepté par l’endroit. De la même manière, ce choix est réversible par annulation ou fin du contrat, pour quitter le territoire. Il n’y a donc aucune forme l’obligation qu’un « état » impose au citoyen, puisque le citoyen peut choisir son « état » librement.
Ensuite, comme l’installation passe par un contrat, clairement ce contrat pourra prévoir dans ses annexes tout un tas de clauses qui correspondent aux règles et au régime en vigueur au sein du « pays » choisi, comme lorsqu’on achète un appartement en copropriété et que cela nous engage à respecter le règlement intérieur – mais aussi à participer à sa révision lorsque cela a du sens. Il y a donc obligation, et obligation forte, mais c’est une obligation volontaire, pas imposée par la force.
La question de l’obligation change alors notablement. Si on a librement choisi de s’installer au sein d’une communauté végan – pure hypothèse à la mode – il est évident qu’il nous est alors obligatoire d’en respecter les règles et donc interdit de mettre viandes et gibiers à nos menus. Ou encore, si l’on a opté pour un « pays » explicitement francophone, il faudra y respecter l’usage exclusif du français.
On voit donc que la société libre ne supprime jamais totalement les obligations que nous pouvons connaître dans l’environnement étatique actuel. Vivre ensemble, c’est s’obliger au respect de règles convenues. Mais justement, la grande différence entre la Libertalie et un état monopole de la force, c’est que tout repose sur notre choix individuel explicite – comme un véritable « contrat social ». Il est à tout moment possible de rompre notre contrat et de quitter les lieux, sans contrainte donc.
Sandy, pluie de dollars ?
(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
L’actualité de la semaine de Toussaint a été marquée par l’ouragan Sandy qui a décidé d’aller voir au nord s’il ne pouvait pas venir saluer Lady Liberty – mais ce faisant, laissa les rues et le métro de New York, ville symbole de la puissance américaine, sous une inondation sans précédent. Et aussitôt, un concert d’économistes – ou supposés tels – de vibrer devant l’occasion si belle de nous illuminer de leur finesse d’esprit en nous affirmant qu’il y avait là un superbe espoir de voir l’économie américaine relancée suite aux besoins de reconstruction ainsi provoqués.
Pour cette grande majorité d’économistes, inspirés par l’incompréhension du monde théorisée par John Maynard Keynes et ses disciples, ce qui fait qu’une économie se porte bien, c’est sa dynamique de dépense. Ce n’est pas totalement faux, un des cœurs de l’économie, c’est bien l’échange commercial – donc de la dépense – qui construit et accumule de la valeur, donc de la richesse.
Mais ce n’est bien évidemment pas le seul aspect de la santé d’une économie – mais il semblerait que cette évidence échappe au keynésien moyen. Cher fidèle lecteur, votre bon sens l’a probablement déjà identifié, cet autre cœur de l’économie, c’est le capital, qui est la richesse accumulée jusqu’ici. Et sous l’angle du capital, le moins qu’on puisse dire, c’est que Sandy n’a pas été une pluie de dollars pour l’économie américaine.
Il convient de citer une fois encore dans cette chronique Frédéric Bastiat, reconnu dans le monde entier comme le plus grand économiste français, mais totalement oublié en son pays. Bastiat a écrit en 1850 la « Parabole de la vitre cassée » où un apprenti économiste tente d’expliquer à un boutiquier dont la vitrine vient d’être cassée que c’est là une chance pour le vitrier et donc pour l’économie. Et Bastiat de rappeler que rien n’est moins vrai, car l’argent dépensé dans la nouvelle vitre aurait pu être mis dans une toute autre dépense – tout en profitant de la vitrine restée intacte.
Que l’homme de bon sens se rassure : Sandy, comme tout cataclysme, est bien une catastrophe, humaine comme économique. Ne doutons pas de cette vérité à l’écoute des messages délirants de ces économistes qui relèvent plus de l’apprenti-sorcier. Ils prétendent faire notre bonheur et notre richesse à coups de mises en équations et de création monétaire. Mais les banques centrales et leurs planches à billets sont dignes des meilleures cavaleries financières. Ils trouvent grâce aux yeux du pouvoir, car ils servent de caution prétendument « technique » à l’intervention étatique dans l’économie, pourtant toujours injustifiable et injustifiée. L’argent – l’illusion de l’argent – jaillit de partout et nous sommes victimes de noyade, non pas par Sandy, mais par ces soi-disant experts.
Pourtant face à la foule des économistes de la destruction, une grande « école d’économie » dite « autrichienne » résiste. Elle a depuis 150 ans repris les travaux de Bastiat et de ses précurseurs français, tel Jean-Baptiste Say. Inconnus du grand public, ses plus grands auteurs – Carl Menger, Ludwig von Mises, Murray Rothbard – ont ainsi bâti une théorie économique correcte qui permit à Ron Paul – homme politique américain libéral – d’annoncer la crise économique de 2008 dès 2003.
Et hélas, ce que la théorie « autrichienne » voit en cette crise monétaire majeure, c’est que le pire ouragan à venir prendra plutôt un prénom du genre d’O ‘Dette publique’ ! « N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?! » aurait pu ajouter Frédéric Bastiat avec l’humour qui le caractérisait.
L’actualité de la semaine de Toussaint a été marquée par l’ouragan Sandy qui a décidé d’aller voir au nord s’il ne pouvait pas venir saluer Lady Liberty – mais ce faisant, laissa les rues et le métro de New York, ville symbole de la puissance américaine, sous une inondation sans précédent. Et aussitôt, un concert d’économistes – ou supposés tels – de vibrer devant l’occasion si belle de nous illuminer de leur finesse d’esprit en nous affirmant qu’il y avait là un superbe espoir de voir l’économie américaine relancée suite aux besoins de reconstruction ainsi provoqués.
Pour cette grande majorité d’économistes, inspirés par l’incompréhension du monde théorisée par John Maynard Keynes et ses disciples, ce qui fait qu’une économie se porte bien, c’est sa dynamique de dépense. Ce n’est pas totalement faux, un des cœurs de l’économie, c’est bien l’échange commercial – donc de la dépense – qui construit et accumule de la valeur, donc de la richesse.
Mais ce n’est bien évidemment pas le seul aspect de la santé d’une économie – mais il semblerait que cette évidence échappe au keynésien moyen. Cher fidèle lecteur, votre bon sens l’a probablement déjà identifié, cet autre cœur de l’économie, c’est le capital, qui est la richesse accumulée jusqu’ici. Et sous l’angle du capital, le moins qu’on puisse dire, c’est que Sandy n’a pas été une pluie de dollars pour l’économie américaine.
Il convient de citer une fois encore dans cette chronique Frédéric Bastiat, reconnu dans le monde entier comme le plus grand économiste français, mais totalement oublié en son pays. Bastiat a écrit en 1850 la « Parabole de la vitre cassée » où un apprenti économiste tente d’expliquer à un boutiquier dont la vitrine vient d’être cassée que c’est là une chance pour le vitrier et donc pour l’économie. Et Bastiat de rappeler que rien n’est moins vrai, car l’argent dépensé dans la nouvelle vitre aurait pu être mis dans une toute autre dépense – tout en profitant de la vitrine restée intacte.
Que l’homme de bon sens se rassure : Sandy, comme tout cataclysme, est bien une catastrophe, humaine comme économique. Ne doutons pas de cette vérité à l’écoute des messages délirants de ces économistes qui relèvent plus de l’apprenti-sorcier. Ils prétendent faire notre bonheur et notre richesse à coups de mises en équations et de création monétaire. Mais les banques centrales et leurs planches à billets sont dignes des meilleures cavaleries financières. Ils trouvent grâce aux yeux du pouvoir, car ils servent de caution prétendument « technique » à l’intervention étatique dans l’économie, pourtant toujours injustifiable et injustifiée. L’argent – l’illusion de l’argent – jaillit de partout et nous sommes victimes de noyade, non pas par Sandy, mais par ces soi-disant experts.
Pourtant face à la foule des économistes de la destruction, une grande « école d’économie » dite « autrichienne » résiste. Elle a depuis 150 ans repris les travaux de Bastiat et de ses précurseurs français, tel Jean-Baptiste Say. Inconnus du grand public, ses plus grands auteurs – Carl Menger, Ludwig von Mises, Murray Rothbard – ont ainsi bâti une théorie économique correcte qui permit à Ron Paul – homme politique américain libéral – d’annoncer la crise économique de 2008 dès 2003.
Et hélas, ce que la théorie « autrichienne » voit en cette crise monétaire majeure, c’est que le pire ouragan à venir prendra plutôt un prénom du genre d’O ‘Dette publique’ ! « N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?! » aurait pu ajouter Frédéric Bastiat avec l’humour qui le caractérisait.
Wednesday, January 3, 2018
Minarchisme vs Réductionnisme
On m’oppose souvent que les « minarchistes » seraient des libertariens et que ces derniers ne se composeraient donc pas des seuls anarcho-capitalistes, ou anarcaps. Quand on sait que le mot « libertarian » a été inventé par Murray Rothbard, l’anarcap par excellence, pour qui « libertarian » voulait dire « libéral radical », ou « pur », sans concession, on sait que cette idée n’a aucun sens ni légitimité et ne peut résulter que d’une confusion de l’esprit ou du sens donné à « minarchiste ».
Or ce mot de minarchiste, selon mon expérience nourrie de fort longues heures de discussion avec certains de ses adeptes, présente deux familles de sens bien distincts. La première est idéologique, ou plutôt théorique : elle théorise qu’une société libre peut et même doit être structurée autour d’un « état minimal », le plus souvent dit régalien, pour être à la fois libre et pérenne. La seconde est politique, certains l’appellent minarchisme de transition : elle consiste à imaginer une société de type minarchiste, c’est-à-dire avec beaucoup moins d’état et bureaucratie, comme une étape tolérable, acceptable sur le sinon long chemin du retour à la véritable liberté qu’est la Libertalie anarcap.
Les deux sens sont forts différents, au point je crois qu’il serait utile, du moins pour les libertariens, probablement moins pour les minarchistes, de différencier les deux par deux mots reconnaissables.
Car il convient de le réaffirmer, il ne fait aucun doute que le minarchisme théorique est une erreur conceptuelle, une aberration théorique sous l’angle libéral et qu’il n’est en aucune manière possible de le voir comme une cible théorique sociale cohérente pour quiconque se réclame de la liberté.
Je propose ainsi de parler de « réductionnisme » pour signifier ce minarchisme de transition trop malencontreusement mal compris et noyé au sein du minarchisme incohérent. En ce sens, Murray Rothbard, mais aussi la plupart des partis libertariens avertis – ce qui n’est pas le cas de tous, hélas – était et sont réductionnistes. Car c’est bien évidemment, il est toujours bon de chercher et de prendre toute forme de réduction de l’état, mais à condition de ne jamais s’en satisfaire et de continuer à exiger de poursuivre l’effort vers la liberté véritable, celle d’une société libérée de l’état.
Avec cette nuance de vocabulaire – ou tout autre qui pourra être préférée, j’espère qu’on pourra enfin éviter d’assimiler minarchiste et libertarien et surtout éviter de confondre un modèle de société sans état et donc libre avec un ersatz de liberté qui n’est que le vague régime amaigri de la tyrannie social-démocratique que nous subissons un peu partout de nos jours.
Or ce mot de minarchiste, selon mon expérience nourrie de fort longues heures de discussion avec certains de ses adeptes, présente deux familles de sens bien distincts. La première est idéologique, ou plutôt théorique : elle théorise qu’une société libre peut et même doit être structurée autour d’un « état minimal », le plus souvent dit régalien, pour être à la fois libre et pérenne. La seconde est politique, certains l’appellent minarchisme de transition : elle consiste à imaginer une société de type minarchiste, c’est-à-dire avec beaucoup moins d’état et bureaucratie, comme une étape tolérable, acceptable sur le sinon long chemin du retour à la véritable liberté qu’est la Libertalie anarcap.
Les deux sens sont forts différents, au point je crois qu’il serait utile, du moins pour les libertariens, probablement moins pour les minarchistes, de différencier les deux par deux mots reconnaissables.
Car il convient de le réaffirmer, il ne fait aucun doute que le minarchisme théorique est une erreur conceptuelle, une aberration théorique sous l’angle libéral et qu’il n’est en aucune manière possible de le voir comme une cible théorique sociale cohérente pour quiconque se réclame de la liberté.
Je propose ainsi de parler de « réductionnisme » pour signifier ce minarchisme de transition trop malencontreusement mal compris et noyé au sein du minarchisme incohérent. En ce sens, Murray Rothbard, mais aussi la plupart des partis libertariens avertis – ce qui n’est pas le cas de tous, hélas – était et sont réductionnistes. Car c’est bien évidemment, il est toujours bon de chercher et de prendre toute forme de réduction de l’état, mais à condition de ne jamais s’en satisfaire et de continuer à exiger de poursuivre l’effort vers la liberté véritable, celle d’une société libérée de l’état.
Avec cette nuance de vocabulaire – ou tout autre qui pourra être préférée, j’espère qu’on pourra enfin éviter d’assimiler minarchiste et libertarien et surtout éviter de confondre un modèle de société sans état et donc libre avec un ersatz de liberté qui n’est que le vague régime amaigri de la tyrannie social-démocratique que nous subissons un peu partout de nos jours.
Tuesday, January 2, 2018
Vers la légalisation de l’escroquerie à la location ?
(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
Le gouvernement lirait-il le « Journal Toulousain » ? Suite à ma chronique sur le logement (édition du 23 janvier) qui dénonçait la précarité des petits propriétaires face aux impayés de loyers, une annonce gouvernementale prétend « garantir » ceux-ci par la mise en place d’une assurance. Evidemment, loin de moi la prétention d’une telle portée, mais imaginons que ce soit le cas et que la solution qui découle de ma chronique soit celle prise : avançons que la ministre du logement sait peut-être lire, mais qu’entre lecture et compréhension, il y a au moins un hémisphère d’écart !
(Je rappelle que C.Duflot avait localisé le Japon dans l’hémisphère nord, alors je lui jappe au nez…)
Le ministère du logement, avec le soutien de l’Elysée et de Matignon, voudrait ainsi créer une « garantie universelle des revenus locatifs » sous forme d’assurance pouvant être obligatoire. Tout d’abord, outre le fait qu’il existe déjà une assurance pour couvrir ce risque, la seule innovation serait de rendre obligatoire cette assurance, laquelle dès lors cesse d’en être une, pour devenir une taxe. Comme plusieurs pistes sont à l’étude, nous allons leur suggérer de définitivement l’abandonner.
Tout d’abord, il est avancé que cette assurance serait payée par cette bonne poire de propriétaire. Une fois de plus, c’est ignorer totalement les mécanismes économiques : si un propriétaire ne peut pas répercuter les charges qu’il enregistre dans la formation du prix du loyer, cela équivaut à vendre à perte. Espérons que le gouvernement n’envisage pas de rendre obligatoire la vente à perte qui est par ailleurs interdite ? Une nouvelle tragédie pour la ministre se nouerait lors du passage de son texte au conseil constitutionnel – quoiqu’il est vrai que ce « conseil » est rarement regardant.
Une autre solution suggérée est de mettre en place une taxe – tiens – alimentant un « fonds national d’assurance ». Il parait même qu’une taxe de 2% permettrait de couvrir les loyers impayés des locataires indélicats. Outre le fait qu’un tel taux est une nouvelle fois sorti des tableurs « excel » d’un ministère sans aucune analyse des répercussions, une telle mesure conduirait à l’accélération de loyers impayés. Car l’état légitimerait de nouvelles formes d’escroqueries à la location, ce qui accroît le risque au lieu de le réduire. Sans compter que la punition est à l’envers : ce sont les locataires vertueux qui paieront pour les malhonnêtes. Mais madame la ministre, si la taxe sur le tabac est faite pour dissuader de fumer – on n’en est pas sûr, hein – que provoquera une taxe sur les locations ?
L’état, pardon, les hommes politiques, préfèrent ainsi le vice à la vertu. Par définition, le coupable est le propriétaire et la victime le locataire. S’occuper du locataire qui ne veut plus payer son loyer n’est pas très moral. Pourquoi en plus respecter un engagement contractuel ? Ne rêvons plus d’un état de droit, puisque le système d’assistanat sans devoir mis en place par l’état garantirait la justice !
Car voyez-vous, faire travailler le système social sur de vrais dossiers de pauvreté, c’est impensable. Ces horribles petits propriétaires qui verraient leur dette payée en temps et en heure, cela aussi est impensable. Pourquoi régler les problèmes à la source ? Il est préférable de monter des usines à gaz législatives et administratives. En créant les conditions subversives, les élus entretiennent l’illusion que leur intervention, grâce à leur pouvoir de nuisances, est indispensable à la société.
Toujours plus de règlements, toujours plus de taxes, toujours plus de raisons de spolier le citoyen. Car en filigrane de toutes ces dispositions, c’est l’argent de ce dernier qui est visé. Mais s’il est de plus en plus dépouillé avant même de toucher les fruits de son investissement comme de son travail : ne donnons pas cher de la société française, ce n’est vraiment pas la peine de la louer !
Le gouvernement lirait-il le « Journal Toulousain » ? Suite à ma chronique sur le logement (édition du 23 janvier) qui dénonçait la précarité des petits propriétaires face aux impayés de loyers, une annonce gouvernementale prétend « garantir » ceux-ci par la mise en place d’une assurance. Evidemment, loin de moi la prétention d’une telle portée, mais imaginons que ce soit le cas et que la solution qui découle de ma chronique soit celle prise : avançons que la ministre du logement sait peut-être lire, mais qu’entre lecture et compréhension, il y a au moins un hémisphère d’écart !
(Je rappelle que C.Duflot avait localisé le Japon dans l’hémisphère nord, alors je lui jappe au nez…)
Le ministère du logement, avec le soutien de l’Elysée et de Matignon, voudrait ainsi créer une « garantie universelle des revenus locatifs » sous forme d’assurance pouvant être obligatoire. Tout d’abord, outre le fait qu’il existe déjà une assurance pour couvrir ce risque, la seule innovation serait de rendre obligatoire cette assurance, laquelle dès lors cesse d’en être une, pour devenir une taxe. Comme plusieurs pistes sont à l’étude, nous allons leur suggérer de définitivement l’abandonner.
Tout d’abord, il est avancé que cette assurance serait payée par cette bonne poire de propriétaire. Une fois de plus, c’est ignorer totalement les mécanismes économiques : si un propriétaire ne peut pas répercuter les charges qu’il enregistre dans la formation du prix du loyer, cela équivaut à vendre à perte. Espérons que le gouvernement n’envisage pas de rendre obligatoire la vente à perte qui est par ailleurs interdite ? Une nouvelle tragédie pour la ministre se nouerait lors du passage de son texte au conseil constitutionnel – quoiqu’il est vrai que ce « conseil » est rarement regardant.
Une autre solution suggérée est de mettre en place une taxe – tiens – alimentant un « fonds national d’assurance ». Il parait même qu’une taxe de 2% permettrait de couvrir les loyers impayés des locataires indélicats. Outre le fait qu’un tel taux est une nouvelle fois sorti des tableurs « excel » d’un ministère sans aucune analyse des répercussions, une telle mesure conduirait à l’accélération de loyers impayés. Car l’état légitimerait de nouvelles formes d’escroqueries à la location, ce qui accroît le risque au lieu de le réduire. Sans compter que la punition est à l’envers : ce sont les locataires vertueux qui paieront pour les malhonnêtes. Mais madame la ministre, si la taxe sur le tabac est faite pour dissuader de fumer – on n’en est pas sûr, hein – que provoquera une taxe sur les locations ?
L’état, pardon, les hommes politiques, préfèrent ainsi le vice à la vertu. Par définition, le coupable est le propriétaire et la victime le locataire. S’occuper du locataire qui ne veut plus payer son loyer n’est pas très moral. Pourquoi en plus respecter un engagement contractuel ? Ne rêvons plus d’un état de droit, puisque le système d’assistanat sans devoir mis en place par l’état garantirait la justice !
Car voyez-vous, faire travailler le système social sur de vrais dossiers de pauvreté, c’est impensable. Ces horribles petits propriétaires qui verraient leur dette payée en temps et en heure, cela aussi est impensable. Pourquoi régler les problèmes à la source ? Il est préférable de monter des usines à gaz législatives et administratives. En créant les conditions subversives, les élus entretiennent l’illusion que leur intervention, grâce à leur pouvoir de nuisances, est indispensable à la société.
Toujours plus de règlements, toujours plus de taxes, toujours plus de raisons de spolier le citoyen. Car en filigrane de toutes ces dispositions, c’est l’argent de ce dernier qui est visé. Mais s’il est de plus en plus dépouillé avant même de toucher les fruits de son investissement comme de son travail : ne donnons pas cher de la société française, ce n’est vraiment pas la peine de la louer !
Monday, January 1, 2018
Pas assez riche, la pâtisserie française ?
(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
Nous voilà donc entrés en 2013, l’année au nombre porte-bonheur – ou malheur, nous verrons bien. Vus la crise et les premiers mois laborieux du nouveau gouvernement, nous pouvons hélas nous attendre économiquement à une année bien plus difficile. « Nous » ? Non, pas nous tous, je vous rassure. Pour certains, et pas forcément ceux auxquels on pense en premier, la crise n’existe pas.
Je parlerai économiquement de nos chers – très chers – élus. Leur galette n’a jamais été aussi beurrée et leur nombre va toujours croissant grâce au mille-feuille qu’ils entretiennent grassement, malgré les nouvelles technologies qui auraient dû simplifier et réduire les coûts de l’administration. Non, pour eux la crème déborde pendant que pour « nous », les miettes se font de plus en plus rares.
Car il convient de rappeler quelques chiffres, facilement vérifiables. Nous avons la chance unique de financer 577 députés et 343 sénateurs (par comparaison, les USA – plus de 300 millions d’habitants – sont maigres de 535 députés et 100 sénateurs !). Une vie d’impôts de G.Depardieu ne suffit pas pour payer un an de leurs indemnités. N’est-il pas extraordinaire de financer avec largesse ces gens qui ne rêvent que de nous imposer toujours plus, croquant dans notre part de gâteau déjà bien entamé ?
Mais les parlementaires ne sont que la couche sucrée du mille-feuille. Il y a ensuite l’état et sa pièce montée d’une multitude d’agences opaques débordantes de gras. Puis toute la cascade chocolatée de collectivités aux objectifs incertains, mais qui toujours croquent leurs financiers en ces temps pourtant difficiles. Pas moins de 2 040 conseillers régionaux et 4 042 conseillers généraux. Oublions les 78 députés européens, qui ne sont qu’une fine tranche caramélisée à côté de la pâte épaisse que constituent les 519 417 conseillers municipaux et 36 635 maires. En 2007, nos impôts ont ainsi sucré les élus communaux pour plus d’un milliard d’euros. Et l’indi(gente)gestion est pour nous, bien sûr.
La création bureaucratique est enfin spécialement expressive via le florilège de communautés intercommunales et de syndicats– avec leur propre galette bien sûr – aux besoins les plus obscurs : plus de 36 000, soit près de 40% des communes en Europe, là où l’Allemagne n’en a que 12 196.
Ces chiffres sont à ramener à deux autres. Tout d’abord, selon l’INSEE, au 1er janvier 2011, notre pays comptait 65 027 000 habitants. On possède aujourd’hui en France, environ un mandat électoral pour 108 habitants. Si la démocratie se mesurait à l’aune du nombre d’élus, notre pays serait un modèle universel aussi apprécié que la pâtisserie française ! Un autre chiffre, plus inquiétant encore, celui du budget de l’état : pour 2013, le total des recettes est à 312 milliards d’euros, à comparer à 1,5 milliard environ de coûts des élus. La gabegie colossale de l’indemnisation des élus inutiles mais bien nourris ne serait donc que la cerise sur le gâteau : 0,5% du budget ! Mille feuilles dans la poche.
Notre pays possède ainsi le mille-feuille le plus épais du monde assurant une galette dorée au plus grand nombre d’élus et à une bureaucratie à l’utilité douteuse. Comptons les couches : Europe, Etat, régions, départements, communautés de communes, communes, syndicats, agences : voilà bien un machin dont nous n’avons aucune raison d’être fiers vu ses résultats tant économiques que sociaux.
En fait, la France a recréé l’organisation féodale que la révolution avait balayée : si la noblesse est maintenant élue et le clergé s’est transformé en administration, le tiers Etat est resté le larbin qui se doit d’alimenter les deux autres tiers, et qui malgré la « grande bouffe », ne sont jamais rassasiés.
L’état protecteur des droits est devenu l’état spoliateur avide d’argent qui n’a de cesse de presser comme des citrons les citoyens qui n’en peuvent plus : le gâteau sucré a pris un goût d’amertume !
Nous voilà donc entrés en 2013, l’année au nombre porte-bonheur – ou malheur, nous verrons bien. Vus la crise et les premiers mois laborieux du nouveau gouvernement, nous pouvons hélas nous attendre économiquement à une année bien plus difficile. « Nous » ? Non, pas nous tous, je vous rassure. Pour certains, et pas forcément ceux auxquels on pense en premier, la crise n’existe pas.
Je parlerai économiquement de nos chers – très chers – élus. Leur galette n’a jamais été aussi beurrée et leur nombre va toujours croissant grâce au mille-feuille qu’ils entretiennent grassement, malgré les nouvelles technologies qui auraient dû simplifier et réduire les coûts de l’administration. Non, pour eux la crème déborde pendant que pour « nous », les miettes se font de plus en plus rares.
Car il convient de rappeler quelques chiffres, facilement vérifiables. Nous avons la chance unique de financer 577 députés et 343 sénateurs (par comparaison, les USA – plus de 300 millions d’habitants – sont maigres de 535 députés et 100 sénateurs !). Une vie d’impôts de G.Depardieu ne suffit pas pour payer un an de leurs indemnités. N’est-il pas extraordinaire de financer avec largesse ces gens qui ne rêvent que de nous imposer toujours plus, croquant dans notre part de gâteau déjà bien entamé ?
Mais les parlementaires ne sont que la couche sucrée du mille-feuille. Il y a ensuite l’état et sa pièce montée d’une multitude d’agences opaques débordantes de gras. Puis toute la cascade chocolatée de collectivités aux objectifs incertains, mais qui toujours croquent leurs financiers en ces temps pourtant difficiles. Pas moins de 2 040 conseillers régionaux et 4 042 conseillers généraux. Oublions les 78 députés européens, qui ne sont qu’une fine tranche caramélisée à côté de la pâte épaisse que constituent les 519 417 conseillers municipaux et 36 635 maires. En 2007, nos impôts ont ainsi sucré les élus communaux pour plus d’un milliard d’euros. Et l’indi(gente)gestion est pour nous, bien sûr.
La création bureaucratique est enfin spécialement expressive via le florilège de communautés intercommunales et de syndicats– avec leur propre galette bien sûr – aux besoins les plus obscurs : plus de 36 000, soit près de 40% des communes en Europe, là où l’Allemagne n’en a que 12 196.
Ces chiffres sont à ramener à deux autres. Tout d’abord, selon l’INSEE, au 1er janvier 2011, notre pays comptait 65 027 000 habitants. On possède aujourd’hui en France, environ un mandat électoral pour 108 habitants. Si la démocratie se mesurait à l’aune du nombre d’élus, notre pays serait un modèle universel aussi apprécié que la pâtisserie française ! Un autre chiffre, plus inquiétant encore, celui du budget de l’état : pour 2013, le total des recettes est à 312 milliards d’euros, à comparer à 1,5 milliard environ de coûts des élus. La gabegie colossale de l’indemnisation des élus inutiles mais bien nourris ne serait donc que la cerise sur le gâteau : 0,5% du budget ! Mille feuilles dans la poche.
Notre pays possède ainsi le mille-feuille le plus épais du monde assurant une galette dorée au plus grand nombre d’élus et à une bureaucratie à l’utilité douteuse. Comptons les couches : Europe, Etat, régions, départements, communautés de communes, communes, syndicats, agences : voilà bien un machin dont nous n’avons aucune raison d’être fiers vu ses résultats tant économiques que sociaux.
En fait, la France a recréé l’organisation féodale que la révolution avait balayée : si la noblesse est maintenant élue et le clergé s’est transformé en administration, le tiers Etat est resté le larbin qui se doit d’alimenter les deux autres tiers, et qui malgré la « grande bouffe », ne sont jamais rassasiés.
L’état protecteur des droits est devenu l’état spoliateur avide d’argent qui n’a de cesse de presser comme des citrons les citoyens qui n’en peuvent plus : le gâteau sucré a pris un goût d’amertume !
Quand le protectionnisme finit par déstabiliser...
(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)
Airbus s’installe aux USA en créant une usine de 1 000 emplois. (Depuis, l’A380 est à la peine…)
La presse française a célébré une victoire pour Airbus face à Boeing ! Mais l’industrie aéronautique toulousaine devrait s’interroger sur une telle implantation en revenant sur les propos de Louis Gallois, qui en 2008 et alors PDG d’Airbus, alertait les pouvoirs publics : « A défaut d’une autre politique "de l’Euro", Airbus se verra contraint de quitter l’Europe pour s’installer dans la zone dollar. » Il ajoutait clairement : « Si cela continue, l’industrie exportatrice fuira l’Europe. C’est la seule réponse à sa disposition pour survivre. » Mais aussi : « Nous allons également accroître le contenu en dollars de nos avions notamment en payant de plus en plus nos fournisseurs en dollars, et en les incitant ainsi à s’installer comme nous, plus fortement en zone dollar. »
Si Louis Gallois avait trouvé un bouc émissaire facile avec l’Euro face au Dollar, il s’évitait de mentionner que le poids des charges et impôts en France ainsi que celui du code du « non-travail » pesaient dans cette décision. N’oublions pas qu’Airbus est née de la volonté artificielle des politiques européens, à coup d’aides et de subventions, de nous doter d’une industrie aéronautique, coûte que coûte. Et Airbus, non seulement aujourd’hui s’installe aux USA pour améliorer sa compétitivité, mais incite ses fournisseurs européens à en faire autant.
Cette installation est donc loin d’être une victoire : c’est l’amer constat que l’Europe, et la France en particulier, ne protègent pas leurs citoyens dans le domaine économique, contrairement à ce qu’elles avancent, et que l’interventionnisme politique dans l’économie finit toujours par le déclin.
Les agitations politiques de ces derniers mois autour de l’industrie en général sont perverses et infondées et n’éviteront pas le départ à terme du reste de l’industrie si des mesures de libération des marchés et d’allègement du code et du coût du travail ne sont pas rapidement prises pour dynamiser l’innovation et la création de richesse. Les manipulations monétaires et réunions sociales ne sont que des illusions : elles ne redonnent aucun travail à ceux qui n’en ont pas !
Pourquoi selon cette même logique ne pas aider Boeing à s’installer en Europe ? Nous aurions au moins l’impression que Bruxelles sert à quelque chose. L’usine d’Airbus aux USA, c’est 1 000 emplois de moins à Toulouse ou à Hambourg... dès aujourd’hui. Combien demain ?
Ne passons pas sous silence que Boeing a licencié plusieurs milliers de salariés ces 10 dernières années, et que cette nouvelle compétitivité du constructeur américain oblige Airbus à s’adapter… par délocalisation aux USA, en s’évitant un plan social. Gageons que les départs des salariés d’Airbus en Europe (retraites, démissions) dans les 10 ans qui arrivent ne seront pas beaucoup compensés, faute de pouvoir faire comme Boeing (licenciements, embauches), et que les nombreux bureaux vides sur la région toulousaine le resteront encore longtemps.
Le Landerneau social nous explique que le protectionnisme permet une plus grande sécurité d’emplois, assure la stabilité des industries nationales, et développe l’État qui le met en pratique...
On constate qu’une telle prétention n’a qu’un temps et que seul le respect des règles de libre échange garantit le développement « durable ». Une fois de plus, chacun pourra vérifier les effets pervers de l’interventionnisme politique : responsables quand il s’agit d’inaugurer avec l’argent des contribuables, pas coupables pour assumer le résultat de leur gabegie.
Airbus s’installe aux USA en créant une usine de 1 000 emplois. (Depuis, l’A380 est à la peine…)
La presse française a célébré une victoire pour Airbus face à Boeing ! Mais l’industrie aéronautique toulousaine devrait s’interroger sur une telle implantation en revenant sur les propos de Louis Gallois, qui en 2008 et alors PDG d’Airbus, alertait les pouvoirs publics : « A défaut d’une autre politique "de l’Euro", Airbus se verra contraint de quitter l’Europe pour s’installer dans la zone dollar. » Il ajoutait clairement : « Si cela continue, l’industrie exportatrice fuira l’Europe. C’est la seule réponse à sa disposition pour survivre. » Mais aussi : « Nous allons également accroître le contenu en dollars de nos avions notamment en payant de plus en plus nos fournisseurs en dollars, et en les incitant ainsi à s’installer comme nous, plus fortement en zone dollar. »
Si Louis Gallois avait trouvé un bouc émissaire facile avec l’Euro face au Dollar, il s’évitait de mentionner que le poids des charges et impôts en France ainsi que celui du code du « non-travail » pesaient dans cette décision. N’oublions pas qu’Airbus est née de la volonté artificielle des politiques européens, à coup d’aides et de subventions, de nous doter d’une industrie aéronautique, coûte que coûte. Et Airbus, non seulement aujourd’hui s’installe aux USA pour améliorer sa compétitivité, mais incite ses fournisseurs européens à en faire autant.
Cette installation est donc loin d’être une victoire : c’est l’amer constat que l’Europe, et la France en particulier, ne protègent pas leurs citoyens dans le domaine économique, contrairement à ce qu’elles avancent, et que l’interventionnisme politique dans l’économie finit toujours par le déclin.
Les agitations politiques de ces derniers mois autour de l’industrie en général sont perverses et infondées et n’éviteront pas le départ à terme du reste de l’industrie si des mesures de libération des marchés et d’allègement du code et du coût du travail ne sont pas rapidement prises pour dynamiser l’innovation et la création de richesse. Les manipulations monétaires et réunions sociales ne sont que des illusions : elles ne redonnent aucun travail à ceux qui n’en ont pas !
Pourquoi selon cette même logique ne pas aider Boeing à s’installer en Europe ? Nous aurions au moins l’impression que Bruxelles sert à quelque chose. L’usine d’Airbus aux USA, c’est 1 000 emplois de moins à Toulouse ou à Hambourg... dès aujourd’hui. Combien demain ?
Ne passons pas sous silence que Boeing a licencié plusieurs milliers de salariés ces 10 dernières années, et que cette nouvelle compétitivité du constructeur américain oblige Airbus à s’adapter… par délocalisation aux USA, en s’évitant un plan social. Gageons que les départs des salariés d’Airbus en Europe (retraites, démissions) dans les 10 ans qui arrivent ne seront pas beaucoup compensés, faute de pouvoir faire comme Boeing (licenciements, embauches), et que les nombreux bureaux vides sur la région toulousaine le resteront encore longtemps.
Le Landerneau social nous explique que le protectionnisme permet une plus grande sécurité d’emplois, assure la stabilité des industries nationales, et développe l’État qui le met en pratique...
On constate qu’une telle prétention n’a qu’un temps et que seul le respect des règles de libre échange garantit le développement « durable ». Une fois de plus, chacun pourra vérifier les effets pervers de l’interventionnisme politique : responsables quand il s’agit d’inaugurer avec l’argent des contribuables, pas coupables pour assumer le résultat de leur gabegie.
Subscribe to:
Posts (Atom)