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Tuesday, January 23, 2018

Le dialogue social tire vers le bas

(Publié sur Le Cercle en 2015.)

Avec l’affaire Air France – où le gouvernement, qui appelait au droit, soudain pousse le « dialogue social » – et l’annonce du refus de la CGT de participer à la « Conférence sociale » à venir, ce cher dialogue social pointe une tête dans une actualité déjà sous l’influence des élections qui approchent.

Le dialogue social est sans aucun doute devenu depuis quelques décennies le point de passage obligé et surtout supposé idéal de tous les changements ou améliorations du monde du travail de ce pays.

La recherche de dialogue ou le dialogue effectif ne peut bien évidemment être qu’une bonne chose du point de vue des individus et donc du libéral. Mais hélas, le dialogue social n’a rien d’un dialogue.

Lorsque la CGT, ou ses acolytes syndicats, prétend négocier nos avantages sociaux par le « dialogue social » avec les pouvoirs publics, il y a en fait double usurpation et triple abus de pouvoir.

Tout d’abord, les syndicats institutionnels ne sont en rien représentatifs des salariés, puisque ces derniers ne peuvent pas échapper à leur monopole et que seule une maigre minorité y est inscrite.

De l’autre côté, les « pouvoirs publics » s’arrogent le droit, le pouvoir en réalité, de contraindre et légiférer nos contrats de travail, alors que ceux-ci ne concernent que l’entreprise et nous-mêmes.

Triple abus de pouvoir donc avec deux représentativités sans fondement et un « dialogue » qui aboutit à des décisions qui nous touchent tous sans qu’aucun de nous n’y ait mot à dire.

Ne nous y trompons pas, les syndicats et ce simulacre de dialogue ont bien un rôle social. Ou plutôt asocial, car il s’agit bien sûr de pouvoir prétendre à l’existence d’une discussion entre salariés et entreprises au niveau global, directement contrôlé, tout en assurant justement qu’aucune négociation libre ne puisse trouver sa place au niveau individuel, beaucoup plus incontrôlable.

Dans un monde libre, chacun pourrait bien sûr négocier son contrat et les diverses facettes de sa rémunération directement et continuellement avec son employeur ou sa hiérarchie directe. Mais il serait alors possible de voir les meilleurs tirer leur épingle du jeu face aux moins habiles. Scandale.

Le dialogue social n’est pas fait pour nous tirer vers le haut et nous protéger des employeurs féroces. Au contraire, il s’agit de veiller à ce que les meilleurs ne puissent pas gagner plus que les médiocres, tout en camouflant ce principe honteux sous les couleurs de la préservation des acquis.

Un mensonge de plus, rien d’autre.

Monday, January 22, 2018

La sécurité, on en connaît un rayon X

(Publié sur Le Cercle en 2015.)
Voilà qu’après l’agression dans le Thalys, où les services de sécurité se sont fait remarquer par leur absence, la peur immature qui caractérise notre société s’abat sur les gares qui ne seraient pas sûres. Et soudain, il faudrait « sécuriser » les halls des gares comme on prétend avoir sécurisé les aéroports, alors que depuis près de deux siècles, les gares sont conçues pour être ouvertes à tout voyageur.

Et on voit, sans rire, des estimations faites de combien la mise sous l’emprise des rayons X des immenses gares parisiennes pourrait coûter, exprimée en milliards, ce qui donne une idée de la démesure. Heureusement, je n’ai pas encore vu, mais cela ne saurait sans doute tarder, quelque intellectuel vaguement gauchiste s’indigner qu’on puisse ainsi mettre en rapport sécurité et milliards.

Il faut en premier lieu souligner l’incroyable gâchis et scandale de la sécurité aéroportuaire qui sert ici de référence. J’ai pris l’avion des centaines de fois et jamais je n’ai vu l’armée des rayons X et autres fouilleurs servir en quoi que ce soit à ma sécurité ou à celle des autres passagers. On y passe plus de temps à vérifier que votre dentifrice est dans un tube – même à moitié vide – de moins de 100ml qu’à se demander comment faire un cocktail Molotov rien qu’avec les articles en duty-free.

Même si la menace est très différente, mon métier du conseil en sécurité informatique m’a au moins convaincu de la validité d’un principe essentiel de nos société, mais qui se voit en pleine perte de vitesse, hélas : celui de la présomption d’innocence. Ce principe, rappelons-le tant il est oublié de tous, veut qu’on ne soit coupable que sur preuve et donc innocent par défaut, cela sans exception.

Ce n’est pas qu’une simple manière de protéger les gens de la police, c’est un principe de vie sociale. S’il devait suffire que j’aie peur de vous pour vous accuser d’une menace et pour vous faire enfermer, nous serions tous enfermés à la merci de l’arbitraire le plus complet. C’est pourtant ce que nous faisons dans les aéroports, nous sommes tous suspects d’agression potentielle, ni plus, ni moins. Est-ce donc ce genre de société hostile que nous voulons généraliser en l’étendant d’abord à nos gares ?

Mais revenons au Thalys pour nous souvenir que si la catastrophe a été évitée, c’est grâce à des gens courageux et habitués des armes. J’en tire plusieurs choses. Tout d’abord, il ne s’agit pas t’empêcher de monter dans le train tous ceux qui ont des armes, mais plutôt de faire en sorte qu’ils ne soient pas un danger. Et ils le seront d’autant moins qu’ils sauront que d’autres passagers se chargeront de les réduire au silence si besoin. Or pour cela, il faut responsabiliser chacun de nous, plutôt que nous inculquer la peur du voyou comme celle du gendarme. Cela passe par le retour au libre port d’arme.

La sécurité dans les trains n’a jamais posé problème pendant des décennies. Parce que les méchants avaient peur de se faire prendre et le voyageur n’avait pas peur d’intervenir. Dans la société actuelle, c’est le voyageur qui a peur et le voyou qui ose. Pas de doute, comme en 1984, la guerre, c’est la paix.

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (12)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Et ma lectrice conclut : « J’espère, Monsieur, que vos amis ne reviendront pas au pouvoir, sinon, gare à la révolte ! Elles peuvent être économiquement et socialement coûteuses. » (NB : A quoi rattacher ce « elles » ? A la « révolte » ? Ou plutôt à ses conséquences ?)

Madame, ma conclusion sera que vous confirmez votre ignorance du libéralisme. J’espère que cette série de chroniques vous en aura apporté une meilleure lecture, certes vaguement approfondie, mais mieux dégrossie. En fouillant sur Internet, dont le site www.institutcoppet.org, vous trouverez des ouvrages très divers d’auteurs libéraux du siècle des Lumières (et même d’avant) jusqu’à nos jours. Vous constaterez que la conquête du pouvoir n’est jamais leur guide, mais au contraire sa limitation par le droit, alors que le pouvoir politique a plutôt une propension à s’étendre en limitant le pouvoir des citoyens. La domination de l’homme par l’homme est un principe contraire au libéralisme.

Votre dernier cliché, c’est d’affirmer indirectement que « les libéraux ont déjà eu le pouvoir ». Or jamais depuis 1789, ni avant bien sûr, la France n’a vu de libéral à la manœuvre. Jamais. Non, pas Sarkozy, certainement pas de Gaulle, ni même Thiers n’étaient des libéraux. Ne voyez pas mes vrais amis parmi mes faux amis, tels les étatistes se réclamant de droite ou, pire, les sociaux-démocrates.

Mes vrais amis sont des créateurs de richesses, des gens passionnés aimant leur métier, salariés ou non. Ceux qui savent que le risque fait partie intégrante de la vie et de l’économie et que les fruits de leur travail dépendent de leur capacité à s’adapter et à rendre service. Mes vrais amis n’ont pas peur de la justice du libre marché et de sa concurrence. Mes vrais amis n’attendent pas un vote politique pour espérer la coercition de l’état ou l’hypocrisie de la solidarité pour obtenir des ressources via un énième rabot fiscal. Mes vrais amis commercent honnêtement, sans volonté de spolier l’autre.

Au contraire, mes vrais amis sont révoltés par l’injustice de l’action des politiciens, par le vol légal d’une fiscalité instable et arbitraire que des vendeurs d’illusions imposent à tous. Mes vrais amis sont révoltés par tous ces funestes « droits » d’avoir, acquis sociaux qui masquent une spoliation légalisée et généralisée, contraire aux droits fondamentaux de la liberté, de la propriété et de la sécurité. Oui, mes vrais amis entrent logiquement en résistance face à l’oppression de l’hyper-fiscalité tyrannique.

C’est à la société des hommes adultes de se prendre en charge. Ce n’est pas au diktat d’une majorité oligarchique de brandir à des adolescents leur miroir aux alouettes. Tant que la population refusera d’ouvrir les yeux sur le rôle de la politique, ces charlatans des temps modernes nous nuiront, à tous.

La saine action politique ne consiste pas à contraindre ni à juger les hommes sous de faux prétextes, tel le stupide « untel est riche mais l’autre est pauvre », ni de prendre par la force à l’un pour donner à un autre sans mérite. L’état de droit, ce n’est pas de l’altruisme détourné en pleins pouvoirs donnés à des guignols politiques aux promesses envolées. L’état faussement pléthorique insécurise chacun par sa remise en cause du juste, de la liberté, de la propriété naturelle et des fruits mérités du travail.

Madame, ce qui est économiquement et socialement coûteux, ce sont les décisions politiques depuis des décennies, qui nous annoncent la banqueroute de la France. Une révolte n’y changera rien, sauf à accélérer encore le processus. Dans ses écrits, Frédéric Bastiat (1801-1850), un vrai ami et un des meilleurs économistes et humanistes que le monde a pu connaître, a déjà décrit toutes les dérives que nous vivons actuellement. Malgré le temps, l’être humain reste encore bien faible et crédule !

Sunday, January 21, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (11)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit ainsi : « Plus sérieusement, votre conclusion soulève cependant un espoir : supprimer le droit du travail et, s’il faut accepter des « sacrifices courageux », selon une formule affectionnée par nos « élites », rétablir l’esclavage, au moins temporairement ».

Sarcastique ? Sérieusement, Madame, puis-je vous demander de vous imaginer chef d’entreprise et de tenter d’appliquer le code du travail français ? Nous verrions alors, quel serait votre avis 7 ans plus tard (si vous y arrivez), votre expérience objective faite. Bien sûr qu’il faut supprimer les 3500 pages du code du travail français ! Car jusqu’à preuve du contraire, il n’a pas suffi pour empêcher chômage, délocalisations, emplois précaires, stress et tension, etc. Ni surtout les emplois inutiles de la fonction publique, ni l’insatisfaction des salariés face à leur perte de pouvoir d’achat due à l’hyper-fiscalité, etc. Au contraire, c’est l’existence même de ce code inverse de toute logique qui est en grande partie à l’origine de ces phénomènes que nous ne connaissions pas avant son obésité accélérée.

S’il faut un code, je vous propose d’adopter à la place le code du travail suisse : il doit être efficace puisque le taux de chômage y est bas, que de nombreux frontaliers français préfèrent le système suisse où les salaires sont plus élevés. La Suisse n’est pas connue pour être un pays esclavagiste. Pourtant, son code du travail se lit le temps d’un Paris-Lausanne. Et elle ne connaît pas le SMIC.

Pour vous donc ce code nous protégerait de « sacrifices » et de « l’esclavage ». Il faut croire que votre rapport au travail n’est pas commun. Car pour le salarié, son emploi n’est rien d’autre qu’un contrat commercial avec l’employeur – ce qui rend encore plus suspect le besoin d’un code dédié. Et comme tout contrat libre et spontané, il faut que chacune des deux parties y ait un intérêt, sinon qui le signerait ? Tout comme si vous achetez une baguette chez le boulanger : vous gagnez un pain et lui un euro. Dans cette perspective, pouvez-vous me dire où se trouvent « sacrifices » et « esclavage » ?

En fait, ceux qui acceptent des sacrifices depuis trop longtemps sont d’abord les non-salariés, puis les salariés du secteur privé, tous passés à la caisse pour nourrir un secteur public sans limite et fier de sa non-rentabilité. Si par exemple on supprimait le statut de fonctionnaire pour le remplacer par de simples contrats de 3 ans, on verrait alors qui se sacrifie vraiment. Les « rentables » sont devenus les esclaves des autres, telles ces « élites » engraissées à un point que le libéralisme ne permettrait pas – et c’est d’ailleurs pour cela que le pouvoir déteste cette philosophie et fait tout pour la discréditer.

Il y en a toujours qui doivent payer, dit la chanson. Certes, ce n’est peut-être plus de l’esclavagisme physique comme on l’entendait à l’époque coloniale, où les esclaves étaient tout juste nourris. Il demeure, le secteur privé est bel et bien placé dans un système esclavagiste où ceux qui détiennent le pouvoir prétendent avoir droit sur les richesses produites par leurs laquais. Si quelque chose ne tourne pas rond dans ce bas monde mercantiliste, cela tient aux « élites » et aux minables privilégiés du peuple qui ne veulent pas abandonner leur capacité de nuire.

L’égalité des droits « d’avoir » (les fumeux acquis sociaux) est la chimère qu’ils agitent pour nous hypnotiser et nous endormir. Mais les droits « à être » (les droits naturels, imprescriptibles) sont plus puissants. Ils finissent toujours par avoir raison de tout épisode de dirigisme collectiviste. Imaginez le premier jour sans code du travail, bientôt…

Tuesday, January 16, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (6)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « De plus utiliser le mot « mafia » dans la phrase suivante n’est pas du meilleur goût dans un article glorifiant Monaco. »

Madame n’apprécie pas de voir la classe politique française assimilée à une mafia ? Soit, étudions comment agit la mafia via 6 caractéristiques selon Wikipédia et comparons avec nos politiciens.

D’autres références sont sûrement possibles, mais la conclusion sera essentiellement la même.

1) « Structuration de l’organisation qui suppose un engagement réciproque de ses membres et un certain nombre de règles internes » : Observez le système politique, réparti en clans, pardon, en partis politiques, avec la mainmise de l’ENA, unique au monde, véritable clan dans le clan. Selon une vague idéologie, très vague mais claire quant au but visé, chaque clan prétend à la vérité et à s’arroger le pouvoir. La conquête du pouvoir est le seul objectif commun de leurs multiples promesses croisées, toutes payées par les manants, eux-mêmes exclus du clan.

2) « La violence qui est à la fois utilisée pour accéder à des richesses et pour protéger l’organisation par l’intimidation » : Les citoyens ont été peu à peu désarmés, au sens propre comme au figuré, face à un pouvoir sans limite législative réelle qui les spolie impunément. Le but réel de la production de lois est l’enrichissement mercantiliste par la fiscalité, par coercition et intimidation. Les sangsues légifèrent pour pouvoir nos taxer plus sous couvert de fausse protection. Les bureaucrates sont les hommes de main, payés sur le butin fiscal et donc aux ordres arbitraires de l’énarchie. Les ingrédients de la logistique mafieuse sont réunis.

3) « La mafia a aussi un rôle social. Les mafieux cherchent à avoir des rôles importants dans des activités de médiation sur le plan politique, social ou économique, en particulier pour la jonction entre la sphère légale et illégale » : L’état omnipotent, via les gouvernements qui défilent et se ressemblent, développe la croyance en l’idée sociale et la fausse économie pour se donner une bonne image sociale, rendant légal même ce qui est de tout temps illégitime ou immoral.

4) « Un ancrage territorial : tout en ayant des activités internationales, les mafias cherchent à garder des liens sur leurs territoires d’origine » : Pas un état au monde ne se ressemble, ce qui est louche car illogique. L’état dans son rôle présumé devrait être le même partout. A défaut de conquérir d’autres territoires, qui mieux que l’état français laisse supposer que l’enfer fiscal local est normal, voulant garder le contrôle fiscal sur les entreprises et citoyens français à l’étranger ?

5) « La coexistence entre les activités légales et illégales entre dans l’ensemble des ressources de l’organisation » : On ne compte plus les affaires de conflit d’intérêts impliquant divers élus ou fonctionnaires depuis des années, les passages devant les tribunaux pour corruption ni les tentatives d’amnisties réussies ou avortées. Jamais pourtant aucune purge n’a été lancée.

6) « Le lien avec les classes politiques et les institutions, soit à l’échelle régionale, soit à l’échelle nationale. Elle arrive dans certains cas à agir en toute impunité judiciaire parce qu’elle monnaie son soutien à la classe politique à travers l’influence qu’elle exerce sur la société » : Telle une pieuvre s’auto-alimentant, la mafia étatique française assoie son pouvoir sur la constitution d’un mille-feuilles politico-administratif et d’un réseau d’entreprises captives. Spoliant plus que la valeur ajoutée annuelle cumulée du secteur privé, elle endette gaiement, sans scrupule, les générations futures. Ainsi, le financement des activités politiques est devenu un véritable scandale du domaine réputé « légal ».

Ne vous en déplaise Madame, la Principauté de Monaco ne présente aucune de ces caractéristiques.

Monday, January 15, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (5)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « Mais j’ai surtout été choquée quand j’ai lu « la Principauté a gardé une gestion rigoureuse de ses finances » alors que tout le monde sait que [c’est] tout bonnement un paradis fiscal. ». (NB : ce qui est souligné l’est dans l’original)

Les mots sont lâchés. Monaco, un paradis fiscal, ne saurait donc être bien géré. Madame lui préfère l’enfer fiscal ? Soit, c’est votre droit, mais pourquoi ne pas nous laisser le droit de vivre au paradis ? Pourquoi la France ne s’inspirerait-elle pas du modèle monégasque ? Voulez-vous que Monaco copie le modèle français et devienne un lieu de misère où il serait inacceptable de gagner de l’argent ?

J’expliquais dans mon article par cette image que Monaco est un état qui a – à peu près – circonscrit le pouvoir aux fonctions régaliennes, faisant que la modeste dépense publique se limite à un seul but : garantir la sécurité et le droit à ses habitants. Même si on pourrait critiquer, ce droit et cette sécurité sont bien plus réels qu’en France. La principauté assure ainsi à chaque monégasque la jouissance des fruits de son travail par le respect de la liberté et de la propriété de chacun. Sur son territoire, elle ne veut souffrir de voir l’agression se développer. La fiscalité est ainsi orientée vers le seul financement de la protection des citoyens. C’est un paradis précisément pour cette raison.

En limitant son pouvoir et ses dépenses aux fonctions régaliennes, Monaco suit exactement les principes énoncés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : garantir la liberté et l’égalité des droits naturels et imprescriptibles de chacun. Le pouvoir politique ne s’y voit pas en taxeur des uns pour donner aux autres, mais en garant de la paix et des contrats de tous.

Car s’enrichir par des échanges libres et volontaires ne vole personne, Madame. Bien moins que taxer. Pourquoi le Prince devrait-il répartir et égaliser les revenus quand personne n’a volé ? Quelle est cette morale qui prend à des innocents par force pour donner à d’autres sans mérite ? Je n’y vois pour ma part que de l’arbitraire : la force du souverain n’est pas faite pour spolier l’argent des gens honnêtes, mais pour assurer le droit, source de prospérité. Et l’argent est neutre quant à la moralité.

Les habitants des paradis fiscaux ne payent pas beaucoup d’impôts ni de taxes ? Madame, voulez-vous donc faire main basse sur les biens des riches de la Principauté ? Sous quel prétexte ? Qu’ils sont d’affreux capitalistes égoïstes ? Voyez-vous, Monaco ne cherche pas à changer la nature de l’Homme. Les gens sont ou ne sont pas généreux, et qui sait s’ils n’ont pas de bonnes raisons ? La solidarité, la vraie, ne peut-être forcée par le pouvoir sans effets pervers. En ce sens, grâce aux nombreux galas de charité, la Principauté œuvre de manière bien plus efficace pour la solidarité que les politiciens français par cette fiscalité sans limite et largement immorale.

Ces derniers ont une idée fixe : conserver leurs sièges d’élus grâce aux promesses les plus ridicules et démagogiques qui soit, au prix de l’argent des citoyens. La réélection n’est pas la préoccupation du Prince de Monaco, ce qui donne une meilleure stabilité à son territoire et un contrat fiscal clair.

Simplicité des lois, faible fiscalité, rigueur budgétaire constante centrée sur la protection du droit, c’est bien là un paradis. Ce qui est vrai pour Monaco devrait l’être pour la France, supposée pays de la Liberté. Qu’est-ce qui l’en empêche ? L’illusion française que le diable véritable est au paradis quand le dieu liberté serait en enfer ?

Wednesday, January 10, 2018

Circulez, mais surtout, payez…

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Toulouse reste depuis des mois envahie en son cœur même par les travaux de sa seconde ligne de tramway. Il était déjà difficile de circuler en centre-ville, c’est devenu annonciateur du rejet de la voiture dans la Ville Rose.

En quelques années, les voies de circulation, déjà étriquées dans un centre ancien, se sont vues rognées : rues piétonnes, voies pour bus, pistes cyclables et maintenant le tram. Il parait que c’est une avancée majeure : la voiture « polluante » est repoussée peu à peu hors de la ville où la place est faite aux transports en commun, seuls garants d’un transport à la fois « social » et « écologique ». Pourtant, il existe un éclairage bien moins flatteur sur cet accent lyrique à la mode.

Les voies pour bus semblent l’idéal pour leur ouvrir le trafic, avec leurs « foules » de passagers laborieux allant plus vite, plus loin, pour pas cher – enfin paraît-il. Mais la réalité est autre. Les bus sont le plus souvent peu chargés, voire vides. Les voies sont vides le plus clair du temps. Comparez la densité de passagers à l’heure dans les bus et celle des automobilistes, il n’y a pas photo. Pourquoi serait-il plus juste de pénaliser les automobilistes dans les bouchons en diminuant la largeur de leurs voies de circulation, au lieu de les élargir pour fluidifier la circulation ?

Le tramway pousse le raisonnement un cran plus loin. Il prend un espace énorme, devenu inaccessible à tout véhicule « libre ». Le trafic et le débit réel sur ces surfaces sont dérisoires face aux mêmes voies rendues aux quatre roues. Et il a un social défaut majeur : il mobilise d’importants investissements aux nuisances énormes. Investissements qui n’en sont pas puisqu’ils ne sont jamais rentabilisés, reposant sur le seul arbitraire du monde politique et non sur la décision du marché.

La pollution ? C’est une vraie question. Mais en quoi bouter la voiture hors de la ville serait la seule bonne réponse ? En quoi les transports en commun seraient-ils l’unique solution à la pollution ? Tous les experts s’entendent-ils sur ce point ? Serait-ce à eux de décider de ce que notre vie et notre ville doivent être et devenir ? En aucun cas, la décision nous revient. D’autant que le marché automobile offre des véhicules toujours moins polluants et que les véhicules à zéro rejet polluant arrivent.

Entre le confort et la souplesse apportées par la voiture et la réduction supposée – mais incertaine – de la pollution en faveur des bus et trams, l’arbitrage est complexe. Et justement parce qu’il est complexe, ce n’est certainement pas à une bureaucratie, fut-elle dirigée par des élus, d’arbitrer. Son rôle au sein de la démocratie se limite à organiser l’arbitrage par le peuple. Le comprennent-ils ?

Pour un arbitrage efficace et continu sur de telles questions par le peuple, il existe un mécanisme très pertinent, que n’aime pas l’élu : le confier au marché, seul capable de trouver le meilleur coût pour le citoyen, puisqu’il est libre de payer ou de choisir autre chose. S’il existe un avenir compétitif pour le tram ou les bus, le marché saura y répondre. Or aujourd’hui, les citoyens n’ont pas d’autre choix que de se faire polluer leur budget « privé » par des coûts d’investissement et de fonctionnement « publics », loin d’être anecdotiques. Et sans parler de la pertinence des trajets.

Dans la France d’aujourd’hui, osons dire que la meilleure manière de résoudre le conflit entre bouchons et pollution est de laisser les gens choisir, comme en toute chose. Car qui mieux que soi sait ce qui lui est le plus insupportable et ce qu’il est en mesure de payer pour ses déplacements ?

Tuesday, January 9, 2018

Démocratie, Crime contre l’Humanité ?

Une discussion récente sur le Net me proposait d’envisager le « djihad » comme crime contre l’humanité, selon une idée similaire à ce qui a donné ce terme à l’apartheid et divers génocides. Peu importe qu’il s’agisse du djihad ou d’autre chose, c’est l’idée même de « Crime contre l’Humanité » (CCH) que je souhaite aborder ici, sous un angle libéral bien sûr. Je finirai en proposant un crime bien pire, si ce concept liberticide devait vraiment être retenu durablement par les lois des juristes.

Il y a deux aspects clés derrière un concept de CCH tel celui qui pourrait être donné à un phénomène comme le « djihad », ou l’apartheid de même, d’ailleurs. Le premier, le plus évident, porte sur l’ampleur du drame et des conséquences, que ce soit par l’horreur des motifs, l’horreur des faits, le nombre des victimes ou l’aveuglement arbitraire et sauvage aboutissant à leur choix. Le second est moins immédiat, il porte sur la collectivisation a priori des coupables, c’est-à-dire que le coupable peut être un phénomène de société plus ou moins de circonstance qui globalise l’ensemble des meurtriers impliqués comme acteurs de l’horreur. C’est bien ce qui se passe quand on parle des nazis ayant tenté de rayer du monde les juifs et que la Shoah est considérée comme le produit d’un CCH.

A cet égard, Hannah Arendt est célèbre pour avoir suivi et commenté le procès d’Adolf Eichmann, celui qui mena la fameuse « solution finale » d’extermination des juifs. Celui-ci avançait pour se défendre qu’il n’avait fait qu’obéir aux ordres, et H.Arendt est connue pour avoir insisté sur le caractère universellement irrecevable d’un tel argument : en toutes circonstances, l’individu reste responsable de ses actes, le soldat comme tout autre, et le participant à un génocide tout pareil. La globalisation d’un crime, fût-il « contre l’humanité », n’est donc pas recevable pour le libéral. Chacun doit pouvoir dire « non » et par l’absence du refus à commettre l’horreur porter une responsabilité.

Passons donc justement aux conséquences, à l’horreur, à la multitude des crimes élémentaires, que beaucoup voient comme justifiant pleinement le statut juridique exceptionnel. Je pense qu’il faut poser la réflexion en deux temps. Le traitement des cas d’espèce qui hélas existent, et le cas général vu par le libéral. Le cas d’espèce, c’est Eichmann et ses homologues, et la question de leur peine, qui clairement ne peut jamais être en proportion du mal fait, principe de base de la justice libérale. Il me semble que c’est aux familles des victimes de proposer la peine, mais peu importe. Je crois en effet que ce n’est pas vraiment important, même s’il faut être extrêmement sévère avec ces fous.

Pourquoi pas vraiment important ? Comment peut-on oser dire cela quand tant de victimes ont subi l’horreur ? Parce que ce qui importe à mon sens, c’est d’ouvrir les yeux sur la vraie nature du cas général. Justement, prenant le recul qui manque trop souvent, Christian Michel, immense auteur libertarien contemporain, nous fait remarquer dans son livre Vivre Ensemble que : « L’Etat est l’instrument qui permet le contrôle et l’exploitation des masses. Sans appareil d’Etat, l’exploitation économique d’êtres humains à grande échelle serait tout simplement impossible. »

Même si Christian fit ce rappel en réponse à l’argument socialiste éculé de la pseudo exploitation dont le capitalisme se rendrait coupable, c’est sa première phrase que je retiens ici pour faire toucher du doigt qu’un génocide, un apartheid ou un djihad, même un djihad, ce sont en fait des crimes étatiques, en ampleur comme en organisation : seul un état peut les commettre, jamais un ou même des individus une fois qu’on les projette au sein d’une société libre, donc libérée de tout appareil d’état. Poser la question du traitement libéral du CCH dans sa généralité est donc en réalité sans fondement ni objet.

Enfin, il faut je crois savoir mettre le doigt sur l’ironie abominable des tribunaux créés à ce titre. On a affaire à un crime de nature étatique, et les états trouvent le culot de monter un, et même plusieurs machins à l’indépendance très relative et compliquée pour juger lesdits crimes – avec des peines dont on se sait pas bien qui doit les exécuter et assurer de la bonne exécution. Au lieu d’être un exemple de limite de la justice libérale, c’est en réalité un exemple magnifique de l’impossibilité de toute forme de justice étatique, autre que d’apparat s’entend, par impossibilité d’indépendance.

Pour terminer, si on doit vraiment garder le concept de CCH et ses tribunaux, je verrais bien un crime bien plus meurtrier que le « djihad » ou même que le nazisme qui devrait mériter cette appellation : la démocratie représentative. Vous ne me croyez pas ? Faites donc le calcul du nombre total de morts pendant le XXe siècle qui sont le fait de régimes qualifiés de démocratiques, et on en reparle.

Sunday, January 7, 2018

Les taxis nous taxent

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Il y avait longtemps que nous n’avions pas eu droit à un bon blocage franchouillard de la circulation. L’arrivée d’un nouveau gouvernement est un événement que les centrales syndicales se doivent de ne pas manquer, selon la loi de celui au plus grand pouvoir de nuisance. Notre « démocrassie » est ainsi faite : c’est à celui qui profitera le plus de l’autre. Tant pis pour la morale, pourtant réputée à gauche. C’est cette solidarité française où il s’agit d’avoir plus de privilèges et de « social », et non plus de justice. Eh oui, sinon cela servirait à quoi que des corporations aient des « acquis sociaux » ?

Ainsi le droit de nuisance, pardon, de « grève », serait sacré – paradoxe religieux. Sous ce prétexte, faire avancer ses « revendications » suffit à justifier de bafouer la liberté des autres. A tour de rôle, les professions du secteur des transports – et tant d’autres – acceptent ainsi de subir une gêne ponctuelle dans la mesure où à son tour, une autre prendra part au jeu du « ki-bloque-ki ».

Et ainsi depuis des années, nous avons droit plus ou moins régulièrement à une semaine de blocage du métro, une journée escargot par les tracteurs, une démonstration de coordination des camionneurs, ou comme en ce début d’année, une prise d’otages organisée par les taxis. Et pour entretenir leur pouvoir de nuisance, l’état, pardon, tout gouvernement quel qu’il soit, cède. Et il n’y a aucune raison pour que cela ne recommence. Est-ce vraiment le fonctionnement d’une société dite évoluée ?

Dans le cas présent, ces chers taxis prétendent contester l’évolution des règles de la Sécurité sociale qui rendent possible le remboursement d’un trajet en taxi par assimilation à un service d’ambulance. Sans cette possibilité, une part substantielle de leur activité, disent-ils, leur serait supprimée. Et alors ? Rappelons cette vérité économique élémentaire : si une profession n’arrive pas ou plus à vivre parce qu’elle ne correspond pas ou plus au besoin des consommateurs, il est dans l’ordre des choses qu’elle disparaisse sans bruit et laisse la place à d’autres métiers ou d’autres technologies.

Il faut se rappeler que les taxis constituent une des professions les plus réglementées et les plus anti-concurrentielles de notre espace économique. L’obligation d’acheter une « plaque » fort cher pour avoir le droit de prendre des passagers leur assure un numerus clausus et un niveau de prix hors de toute logique d’offre et de demande. Sur Paris, les moto-taxis tentent depuis quelques années de proposer leurs services au niveau des aérogares d’Orly et Roissy. Mais les textes – et la profession à quatre roues – ne leur permettent pas de faire publicité de leur activité. Ils doivent se cacher des chauffeurs de taxis au risque d’une dénonciation de leur activité à la police, voire de passer à tabac.

A Toulouse, les taxis ont réussi à empêcher que la ligne du tram, construite à grands frais entre les Arènes et Aeroconstellation, qui passe à deux pas de l’aérogare, fasse escale à celui-ci, sous prétexte là encore qu’une part importante de leurs passagers leur aurait été confisquée au profit du nouveau transport pourtant en commun (NB : cela a changé depuis parution). C’est dire la confiance qu’ils ont dans leur propre pertinence. Les taxis, par leur manifestation immorale car elle attente à la liberté de circuler, sont une parfaite illustration des blocages socio-économiques de la société française.

L’inculture économique organisée depuis plus d’un siècle a inculqué aux « élites » cette croyance protectionniste voulant que la concurrence (c’est-à-dire le libre marché) soit mauvaise pour un nombre invraisemblable de professions. Et on trouve normal que chacun y aille de son blocus bien à lui quand, au contraire, c’est la libéralisation du marché qui profiterait au plus grand nombre et aux professionnels eux-mêmes qui verraient les meilleurs se maintenir. Pauvre France aveuglée…

Saturday, January 6, 2018

Il n’y a pas d’exception culturelle

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

La culture, une « exception française ». En affirmant cela, « on » ne nous dit pas vraiment tout. En France, la culture serait un domaine relevant du politique. Lequel se doit d’y déverser l’argent du contribuable, incapable d’apprécier ce qu’est la vraie culture. Et rien n’est jamais trop beau pour ce qui se voit. Mais ce qu’on ne voit pas, c’est que cette dépense est un profond gaspillage inefficace.

Le magazine du Conseil général de Haute-Garonne (numéro 124) (ça existe) nous annonce ainsi le dernier gouffre en date : l’ouverture de la médiathèque du CG31 à Labège. Présentée comme un « trésor culturel pour nos bibliothèques » et une « inépuisable source de rêve et de connaissance », elle est dotée de plus de 600 000 documents, mais n’est pas accessible au public, puisque censée fournir en contenu les seules 152 bibliothèques du département, ainsi que 5 bibliobus itinérants.

Rappelons-nous qu’il y a quelques années, c’est Toulouse qui avait inauguré l’immense médiathèque enjambant désormais la place Marengo, dans le dos de Pierre-Paul Riquet. Depuis d’autres ont fleuri aussi à Empalot, à Labège-Village, à Tournefeuille… Bref, les médiathèques sont à la mode. On en fait les champions de la culture comme d’autres font la culture des champignons, sortant en une nuit.

Sous prétexte d’accès à la culture pour tous, cette énorme vague de pseudo « investissements » illustre en fait le scandale des gaspillages de notre système « public » faussement généreux.

Arrêtons-nous sur l’objet principal d’une médiathèque : la lecture. Une étude récente établit que le titre le plus souvent sorti des bibliothèques est le Journal de Mickey ! Belle preuve d’efficacité de ces institutions à transmettre la culture française aux nouvelles générations, non ? Plus sérieusement, alors que la soi-disant Education nationale n’a jamais été aussi incapable d’apprendre à lire à nos enfants, peut-on nous faire croire que les médiathèques vont leur faire aimer Molière et Voltaire ?

A l’heure d’Internet, ces moyens sont complètement dépassés. Les jeunes de tous profils, qu’ils soient « défavorisés » ou pas, ont tous ou presque un accès illimité à la culture à tout instant, sans avoir à se déplacer, via ordinateurs ou téléphones portables. S’ils veulent lire Hugo, Rabelais, mais aussi Poe ou Nietzsche, ils n’auront aucun problème à trouver les grands textes de ces auteurs sur le Net, sans besoin de se transformer en rats de bibliothèque. Alors, à qui servent ces médiathèques ?

De plus, le pouvoir schizophrène crée l’Hadopi pour limiter le piratage, mais ne craint pas de donner accès à des milliers de CD ou DVD qui seront tous allègrement copiés. L’incohérence des politiques n’a hélas pas de limites. Sans oublier que ces « dinosaures culturels » occupent des fonctionnaires territoriaux, dont – selon le magazine – pas moins de 250 ont été formés l’année passée, rien que sur le département 31. Pour quels résultats ? Ah ben si, suis-je sot, pour créer de l’emploi inutile.

Sans même aller contester comment les nombreux titres ont pu être choisis, on comprend bien que l’objectif de donner accès à la culture pour quelques minorités que ce soit ne saurait être à la hauteur des montants prétendument « investis » et de leur coût de fonctionnement. Car dans ce cas, il serait légitime de demander combien la « majorité » a reçu en proportion dans ce domaine.

Il y a quelques années, quand tous ces chantiers furent décidés, la grande angoisse des élus avait pour nom la « fracture numérique ». On craignait que les « minorités défavorisées » ne puissent profiter des mêmes accès à Internet que les nantis. Et d’enfanter ce réseau de médiathèques inutiles et déjà mort-nées. Car la bureaucratie qui décide trop tard met en plus un temps infini à livrer.

Une fois de plus, l’exception culturelle, comme tout fruit de l’interventionnisme politique, se révèle un fiasco. Entre-temps, le laissez-faire capitaliste, lui, a fait son travail ordinaire : sans bruit, il a rendu la culture accessible partout et pour tous, pour presque rien, sans gaspillage ni tyrannie. Charge aux incultes de la découvrir par ces fabuleux moyens, à condition qu’ils en aient l’envie…

Friday, January 5, 2018

Le retour des horreurs économiques

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Le spectre de la nationalisation d’Arcelor-Mittal a hanté les unes des journaux ces dernières semaines, sans que soit posée la question constitutionnelle de l’atteinte à la propriété privée. Pourtant, l’article XVII de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, censée fonder le contrat social de la société française, est explicite : « La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. »

M. Le Ministre du « redressement productif » (terme riche de double sens) pourrait-il nous éclairer sur la nécessité publique de nationaliser des hauts-fourneaux ? Sous quel constat de légalité peut-on juger les quelques 600 emplois de Florange comme une nécessité publique sans que les milliers d’autres salariés qui chaque mois perdent leurs emplois le soient ? De plus, nationaliser sacrifie l’argent du contribuable injustement en faveur d’Arcelor-Mittal pour espérer revendre ensuite à une autre entreprise privée. Cette double agression relève du pur abus de pouvoir à des fins de vol avec recel. Le pouvoir politique est-il donc tant au-dessus des lois pour se permettre un tel chantage ?

Il est navrant que cette manœuvre inconstitutionnelle ait été soutenue par une grande partie de la classe politique. Le message envoyé par les théâtres gouvernemental de Guignol depuis des mois aux investisseurs étrangers est dramatique : « Créez de la valeur, et vous serez surtaxé. Echouez, et vous ne pourrez restructurer. Désobéissez au gouvernement, et vous serez spolié. » Comment espérer le moindre investissement dans des conditions financières et juridiques aussi abracadabrantesques ?

D’ailleurs, par quel miracle ou magie le gouvernement comptait-t-il rendre sa rentabilité à une unité de production arrêtée pour manque de demande, sur un marché à la fois très volatil et présentant de fortes surcapacités ? Une fois de plus, un ministre, incompétent en économie, prétend dépenser sans plus réfléchir l’argent des autres pour maintenir des activités dépassées au lieu de se limiter à créer les conditions favorables à l’emploi, c’est-à-dire à lever les barrières. Par exemple, en réduisant systématiquement la fiscalité pour faire de la France un pays économiquement plus dynamique.

Mais que fera l’état lorsque d’autres entreprises licencieront, leur personnel invoquant alors ce précédent pour exiger son « aide » ? Est-ce donc voulu, anticipé ? Le ministre compte-t-il nationaliser toutes les usines et entreprises qui vont mal ? Avec quel argent ? Tout ceci est insensé et ressemble simplement à la soviétisation de la société française. France, où est passée ta Liberté chérie ?

Faire de Florange un outil de propagande est en plus de nature à aggraver l’explosion structurelle du chômage. Au lieu de se mêler de la stratégie des entreprises, à laquelle il ne comprend rien, l’état devrait balayer devant sa porte et remettre de l’ordre dans ses propres finances. Et supprimer la foule de bureaucraties inutiles qui ampute inéluctablement la capacité d’investir des entreprises. Plus l’état prélève d’impôts, plus l’état s’endette, pire devient la situation économique. Il va falloir très vite se souvenir que jamais dans l’histoire, l’interventionnisme économique des politiciens n’a permis le moindre développement durable de la société humaine, tout au contraire.

La politique française rassemble en son sein tout le musée des horreurs économiques que le monde collectiviste a pu jusque-là enfanter. Mais le pire est hélas encore à venir. Jusqu’à que certains comprennent que le problème vient d’eux-mêmes et de leurs méthodes. Telle la démocratie...

Tuesday, January 2, 2018

Vers la légalisation de l’escroquerie à la location ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Le gouvernement lirait-il le « Journal Toulousain » ? Suite à ma chronique sur le logement (édition du 23 janvier) qui dénonçait la précarité des petits propriétaires face aux impayés de loyers, une annonce gouvernementale prétend « garantir » ceux-ci par la mise en place d’une assurance. Evidemment, loin de moi la prétention d’une telle portée, mais imaginons que ce soit le cas et que la solution qui découle de ma chronique soit celle prise : avançons que la ministre du logement sait peut-être lire, mais qu’entre lecture et compréhension, il y a au moins un hémisphère d’écart !
(Je rappelle que C.Duflot avait localisé le Japon dans l’hémisphère nord, alors je lui jappe au nez…)

Le ministère du logement, avec le soutien de l’Elysée et de Matignon, voudrait ainsi créer une « garantie universelle des revenus locatifs » sous forme d’assurance pouvant être obligatoire. Tout d’abord, outre le fait qu’il existe déjà une assurance pour couvrir ce risque, la seule innovation serait de rendre obligatoire cette assurance, laquelle dès lors cesse d’en être une, pour devenir une taxe. Comme plusieurs pistes sont à l’étude, nous allons leur suggérer de définitivement l’abandonner.

Tout d’abord, il est avancé que cette assurance serait payée par cette bonne poire de propriétaire. Une fois de plus, c’est ignorer totalement les mécanismes économiques : si un propriétaire ne peut pas répercuter les charges qu’il enregistre dans la formation du prix du loyer, cela équivaut à vendre à perte. Espérons que le gouvernement n’envisage pas de rendre obligatoire la vente à perte qui est par ailleurs interdite ? Une nouvelle tragédie pour la ministre se nouerait lors du passage de son texte au conseil constitutionnel – quoiqu’il est vrai que ce « conseil » est rarement regardant.

Une autre solution suggérée est de mettre en place une taxe – tiens – alimentant un « fonds national d’assurance ». Il parait même qu’une taxe de 2% permettrait de couvrir les loyers impayés des locataires indélicats. Outre le fait qu’un tel taux est une nouvelle fois sorti des tableurs « excel » d’un ministère sans aucune analyse des répercussions, une telle mesure conduirait à l’accélération de loyers impayés. Car l’état légitimerait de nouvelles formes d’escroqueries à la location, ce qui accroît le risque au lieu de le réduire. Sans compter que la punition est à l’envers : ce sont les locataires vertueux qui paieront pour les malhonnêtes. Mais madame la ministre, si la taxe sur le tabac est faite pour dissuader de fumer – on n’en est pas sûr, hein – que provoquera une taxe sur les locations ?

L’état, pardon, les hommes politiques, préfèrent ainsi le vice à la vertu. Par définition, le coupable est le propriétaire et la victime le locataire. S’occuper du locataire qui ne veut plus payer son loyer n’est pas très moral. Pourquoi en plus respecter un engagement contractuel ? Ne rêvons plus d’un état de droit, puisque le système d’assistanat sans devoir mis en place par l’état garantirait la justice !

Car voyez-vous, faire travailler le système social sur de vrais dossiers de pauvreté, c’est impensable. Ces horribles petits propriétaires qui verraient leur dette payée en temps et en heure, cela aussi est impensable. Pourquoi régler les problèmes à la source ? Il est préférable de monter des usines à gaz législatives et administratives. En créant les conditions subversives, les élus entretiennent l’illusion que leur intervention, grâce à leur pouvoir de nuisances, est indispensable à la société.

Toujours plus de règlements, toujours plus de taxes, toujours plus de raisons de spolier le citoyen. Car en filigrane de toutes ces dispositions, c’est l’argent de ce dernier qui est visé. Mais s’il est de plus en plus dépouillé avant même de toucher les fruits de son investissement comme de son travail : ne donnons pas cher de la société française, ce n’est vraiment pas la peine de la louer !

Monday, January 1, 2018

Pas assez riche, la pâtisserie française ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Nous voilà donc entrés en 2013, l’année au nombre porte-bonheur – ou malheur, nous verrons bien. Vus la crise et les premiers mois laborieux du nouveau gouvernement, nous pouvons hélas nous attendre économiquement à une année bien plus difficile. « Nous » ? Non, pas nous tous, je vous rassure. Pour certains, et pas forcément ceux auxquels on pense en premier, la crise n’existe pas.

Je parlerai économiquement de nos chers – très chers – élus. Leur galette n’a jamais été aussi beurrée et leur nombre va toujours croissant grâce au mille-feuille qu’ils entretiennent grassement, malgré les nouvelles technologies qui auraient dû simplifier et réduire les coûts de l’administration. Non, pour eux la crème déborde pendant que pour « nous », les miettes se font de plus en plus rares.

Car il convient de rappeler quelques chiffres, facilement vérifiables. Nous avons la chance unique de financer 577 députés et 343 sénateurs (par comparaison, les USA – plus de 300 millions d’habitants – sont maigres de 535 députés et 100 sénateurs !). Une vie d’impôts de G.Depardieu ne suffit pas pour payer un an de leurs indemnités. N’est-il pas extraordinaire de financer avec largesse ces gens qui ne rêvent que de nous imposer toujours plus, croquant dans notre part de gâteau déjà bien entamé ?

Mais les parlementaires ne sont que la couche sucrée du mille-feuille. Il y a ensuite l’état et sa pièce montée d’une multitude d’agences opaques débordantes de gras. Puis toute la cascade chocolatée de collectivités aux objectifs incertains, mais qui toujours croquent leurs financiers en ces temps pourtant difficiles. Pas moins de 2 040 conseillers régionaux et 4 042 conseillers généraux. Oublions les 78 députés européens, qui ne sont qu’une fine tranche caramélisée à côté de la pâte épaisse que constituent les 519 417 conseillers municipaux et 36 635 maires. En 2007, nos impôts ont ainsi sucré les élus communaux pour plus d’un milliard d’euros. Et l’indi(gente)gestion est pour nous, bien sûr.

La création bureaucratique est enfin spécialement expressive via le florilège de communautés intercommunales et de syndicats– avec leur propre galette bien sûr – aux besoins les plus obscurs : plus de 36 000, soit près de 40% des communes en Europe, là où l’Allemagne n’en a que 12 196.

Ces chiffres sont à ramener à deux autres. Tout d’abord, selon l’INSEE, au 1er janvier 2011, notre pays comptait 65 027 000 habitants. On possède aujourd’hui en France, environ un mandat électoral pour 108 habitants. Si la démocratie se mesurait à l’aune du nombre d’élus, notre pays serait un modèle universel aussi apprécié que la pâtisserie française ! Un autre chiffre, plus inquiétant encore, celui du budget de l’état : pour 2013, le total des recettes est à 312 milliards d’euros, à comparer à 1,5 milliard environ de coûts des élus. La gabegie colossale de l’indemnisation des élus inutiles mais bien nourris ne serait donc que la cerise sur le gâteau : 0,5% du budget ! Mille feuilles dans la poche.

Notre pays possède ainsi le mille-feuille le plus épais du monde assurant une galette dorée au plus grand nombre d’élus et à une bureaucratie à l’utilité douteuse. Comptons les couches : Europe, Etat, régions, départements, communautés de communes, communes, syndicats, agences : voilà bien un machin dont nous n’avons aucune raison d’être fiers vu ses résultats tant économiques que sociaux.

En fait, la France a recréé l’organisation féodale que la révolution avait balayée : si la noblesse est maintenant élue et le clergé s’est transformé en administration, le tiers Etat est resté le larbin qui se doit d’alimenter les deux autres tiers, et qui malgré la « grande bouffe », ne sont jamais rassasiés.

L’état protecteur des droits est devenu l’état spoliateur avide d’argent qui n’a de cesse de presser comme des citrons les citoyens qui n’en peuvent plus : le gâteau sucré a pris un goût d’amertume !

Saturday, December 30, 2017

Le prix de l’essence est une plaisanterie...

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

La baisse du prix de l’essence et autres carburants ont donné lieu ces derniers jours à une agitation politico-médiatique assez ridicule pour mériter un article qui rappelle quelques vérités simples que nos « élites » voudraient plutôt enfouir.

Où on a ainsi abouti à une baisse à la pompe de 6 cents sur un prix de l’ordre de 1,65 euro, soit 3,6%, dont la moitié est prise sur les marges des distributeurs. Bel effort de leur part – et on les félicite pour avoir su saisir là une authentique occasion de lisser leur image – mais une tout aussi authentique moquerie de la part des pouvoirs publics.

Car les médias pour leur majorité se sont bien abstenus de rappeler cette triste réalité qui fait que la plus grosse part du prix des carburants (56% pour l’essence, 47% pour le diesel, selon le site du gouvernement) est due aux diverses taxes qui s’y cachent. Produit désormais de première nécessité économique et sociale, l’essence est depuis des années bien plus taxée que de nombreux produits dits de luxe. Et tenez vous bien, il n’y a pas moins de trois taxes qui entrent en jeu : la TIPE, la classique TVA, mais aussi la TVA sur… la TIPE !

Certes, cela laisse une petite moitié qui reste imputable aux aléas du prix du brut sur les marchés internationaux. Mais même ce prix, soumis à la concurrence, serait bien plus bas si ce n’était des états – via l’OPEP – qui le contrôlaient.

Ainsi donc en Socialie, pays où on est censé avoir à cœur l’intérêt du citoyen modeste, on aurait pu croire qu’une telle inquiétude quant à l’impact du haut prix sur la vie de M.Toutlemonde aurait donné lieu à une vraie baisse, une véritable décision courageuse : c’était facile, il suffisait de réduire drastiquement la part des taxes sur le prix. Et avec plus de 80 cents de taxes, il y avait largement de quoi marquer les esprits et montrer son « volontarisme ».

Mais la Socialie a besoin de sous. Beaucoup de sous. Il paraît que c’est la faute à la crise de l’euro, mais nous ne sommes pas dupes et savons bien que ces dettes accumulées sont le résultat d’une gabegie et d’une inefficacité bureaucratique dont il faudra bien que ces élus qui disent nous représenter osent dénoncer l’immoralité.

A cet égard, gauche et droite sont à mettre dans le même sac, car cette dette croît continuellement depuis bientôt 40 ans, sans distinction de bord. Etat, régions, départements, communes, Sécu, aucun budget n’a plus été équilibré depuis des années et on en vient même à nous faire croire que l’économie ne pourrait pas fonctionner sans ces dettes.

Et donc, plutôt que de réduire son train de vie, la Socialie préfère garder son régime gras et faire croire aux petites gens qu’avec 6 cents de moins, ils pourront bientôt rouler jusqu’au bout du monde. Belle affaire ! Pour un couple faisant 25 000 Km l’an, à 5 litres aux 100, cela fait une économie annuelle de 75 euros. A peu près trois repas au restaurant.

Proposons donc une mesure concrète pour finir sur une note positive : que la part de taxes dans le prix des carburants fasse l’objet d’un affichage obligatoire dans toutes les stations services. On verrait alors que la moitié de nos kilomètres servent subrepticement à financer – quoi déjà ? ah oui : le trou sans fond de la Sécu, trois millions de chômeurs, et surtout, surtout, la rémunération de ces ministres qui osent tenter de nous faire croire que la baisse de l’essence serait une grande victoire politique…

Subvention étatique des associations - 6-1 : Prog.105 Action de la France en Europe et dans le monde

Je poursuis mon analyse de la masse de données du Jaune budgétaire sur les subventions aux associations en 2017, cette fois je commence à « plonger » dans les différents programmes. Le premier est le P105, « Action de la France en Europe et dans le monde », rattaché au ministère des affaires étrangères.

En préalable, il me faut préciser quelles informations sont fournies par le Jaune au niveau de la description de chaque allocation individuelle, ceci pour tous les programmes. Outre le nom de l’association, un code unique qui l’identifie, ville et département et montant alloué, le format prévoit un « objet » supposé donner la motivation de la subvention, et un « éléments de la convention souscrite » donnant plus de précision sur les modalités ou conditions de subvention.

On le verra avec les différents programmes, ces deux champs sont renseignés de manière très aléatoire et inégale, certains ministères ayant choisi de ne donner aucune information, d’autre à l’inverse sont très verbeux, toutes les versions intermédiaires existant. Dans le cas de P105, l’objet est systématiquement donné, mais les éléments le sont de manière plus ponctuelle.

P105 déclare 90 associations subventionnées pour 2 609 308 euros au total. Ces 90 associations sont pour la plupart dans Paris (71) ou la région parisienne (8 autres). Une exception provinciale notable est le « CENTRE D'INFORMATION SUR LES INSTITUTIONS EUROPÉENNES » à Strasbourg qui touche 150 000 euros via une « Subvention dans le cadre du contrat triennal 2015-2017 "Strasbourg, capitale européenne" ».

Quand on regarde de quoi il retourne quant à ce « centre », on découvre une page web qui nous apprend que cette « association » est « … créée par la Région Alsace, le Département du Bas-Rhin et la Communauté Urbaine de Strasbourg, avec le soutien de la Commission européenne et du Ministre des Affaires Étrangères », donc manifestement un machin qui ne vient même pas de l’initiative populaire mais est plus probablement une feuille de vigne pour des emplois fictifs. Ceci d’autant que l’information n’est pas vraiment une « action » de la France dans le monde, objet de P105.

Ce CIIE fait partie des six montants les plus élevés du programme, comme l’indique la liste suivante, qui avec un total à 800 500 euros représentent 30,7% du programme ; à noter que chaque fois, le seul objet donné pour justifier les fonds est « Soutien aux actions 2015 », ce qui ne veut rien dire ni n’apporte rien :


Parmi ces six, cinq, pour 650 500 euros, ont des objets ou « éléments » un peu suspects, puisque soit « non renseigné », soit venant de la mystérieuse « réserve parlementaire », soit sobre qualifié de « objectif atteint » sans plus de détail. Tout cela ne donne pas envie de ne pas y voir quelque collusion ou dissimulation de trafic de fonds.

L’analyse montre ensuite qu’un des objets qui revient le plus souvent (6 fois) est « Action sociale du ministère », ce qui signifie que P105 ne finance pas que « l’action dans le monde », mais aussi, à hauteur de 421 300 euros, soit 16,1% du programme, des « œuvres » internes qui ne relèvent en rien ni de son objet, ni de subventions.


Même si le ministère semble jouer le jeu de la transparence en renseignant la rubrique « objet », la réalité montre une autre posture. En effet, 30 des 90 allocations se réduisent au terme laconique de « Soutien aux actions 2015 », qui relève de l’évidence et non de l’explication. Ces 30 lignes ne représentent pas moins de 1,5 million, ou 58% du budget du programme, qui donc se retrouvent non justifiées. Avec les six précédents, on est à 74% d’injustifié.

L’état n’a aucune légitimité économique !

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

« Une absurdité ! » me répondra celui qui vit de subsides de l’état, au premier chef la majorité des hommes politiques ou fonctionnaires. Donc, pourquoi une telle affirmation ? Parce que l’état moderne n’a pas même de légitimité tout court ! « Il est vraiment fou, le chroniqueur économique du Journal Toulousain », oseront les premiers. Pourtant, regardons sérieusement les choses.

La légitimité juridique d’un état de droit se construit notamment lorsque celui qui établit les règles est conduit à les respecter. Sinon, pourquoi lui et pas nous ? Or qui peut me montrer que l’état respecte la législation qu’il impose aux citoyens ? Voyez-vous par exemple des citoyens avoir le droit d’exiger de l’argent des autres citoyens sous la menace ? C’est pourtant ce que fait l’état.

De plus les hommes d’état sont de piètres législateurs, souvent dépourvus de toute compétence et de toute logique – à part le vol. Ils ont tendance à sombrer dans l’émotion de l’instant médiatique, alors qu’il faudrait qu’ils y résistent. Leur réflexion est absente. Leur motivation s’appuie sur des clientèles électorales. Maximiser le butin fiscal, voilà leur seul but. Garantir les droits naturels des citoyens ? Cause abandonnée depuis longtemps, au profit de l’arbitraire et de la force publique.

L’erreur de la doctrine du positivisme juridique, décrite par Lon L. Fuller dans « Moralité de la loi », est d’avoir oublié que « le droit prend naissance parmi les gens eux-mêmes pour s’appliquer à eux et entre eux ». En Suisse, citée en exemple, c’est le citoyen qui est souverain et non l’état suisse. Le législateur d’un « état de droit » se doit de placer l’état au même niveau que le citoyen, ou pour reprendre Fuller, « le droit institué présuppose lui-même un engagement de la part de l’autorité publique de respect de ses propres règles dans ses relations avec ses sujets ».

Ainsi, lorsque le législateur français édicte une règle qui n’est pas applicable à l’état sous prétexte que c’est « l’état », on comprend que les pseudo règles économiques édictées par les hommes d’état ne valent guère mieux. Or l’état français n’est pas au-dessus de règles rationnelles comme « tu ne dépenseras pas plus que ce que tu gagnes ». Les crises économiques n’existent que parce que l’état ignore un principe fondamental du droit véritable. Il est la seule cause des crises.

Cependant, Fuller se trompe ; il se montre incapable d’aller jusqu’à la conclusion logique de son raisonnement. Il ne voit pas la contradiction interne au cœur de l’état législateur : l’impôt repose sur le vol, le vol est ce dont l’état doit nous protéger. Par sa nature même, l’état viole nécessairement tout engagement à respecter ses propres lois. Aucune loi ne permet à un citoyen d’agir comme l’état se le permet : quiconque agit comme l’état sera qualifié au minimum de voleur. Et pas l’état ?

L’homme d’état tire son pouvoir de sommes venant de la levée d’impôts et de taxes. Du vol. Ses revenus ne sont obtenus qu’en utilisant la force. La fiscalité n’est rien d’autre qu’un mécanisme sophistiqué de vol avec menace de violence. Ce n’est pas moral, ce n’est pas légitime, mais il paraît que c’est légal : l’état peut bien vous piller, ce ne sera pas illégal ! Cette pseudo-légalité est bien sûr une agression inadmissible envers les citoyens car le « vrai droit » n’autorise pas l’état à agir ainsi.

L’économie repose sur la propriété, sur l’échange de ce qu’on a gagné. Avec le vol devenu une institution à hauteur de 57% du PIB, ne nous étonnons pas que l’économie ne fonctionne pas.

Wednesday, December 27, 2017

Locations : le dégel n’est pas pour demain !

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

L’hiver commence, saison la plus redoutée de tous les petits propriétaires fonciers qui louent un appartement. Celle où il devient impossible d’expulser un locataire, même celui qui ne respecte pas le contrat de location ou ne paie pas. Celle où chaque fois plus de propriétaires décident de ne plus prendre le risque de subir l’injustice, ce qui réduit l’offre et accroît la demande. Cercle vicieux.

En France, il est de tradition gouvernementale d’interférer dans ce contrat liant le locataire à son propriétaire, à l’encontre de tout bon sens économique et juridique. Le logement est bien sûr un bien sensible, majeur pour une vie décente. Il est évidemment souhaitable que tous aient un toit. Et depuis plus de cinquante ans, les gouvernements successifs, droite comme gauche, prennent ce prétexte pour fausser le marché en faveur des locataires, supposés en situation plus précaire. Et de ce fait accroître la rareté et les difficultés à trouver un logement pour ceux qu’ils désirent protéger.

Et notre nouvelle ministre du logement d’emboîter immédiatement le pas à la posture idéologique à la mode, allant jusqu’à évoquer des réquisitions. Si protéger le locataire était efficace, pourquoi depuis ce temps le logement est-il encore un sujet si sensible ? Peut-elle comprendre qu’une telle douche glaciale va raréfier un peu plus l’offre en rendant les propriétaires encore plus frileux ?

Or ne pas payer son loyer est une rupture du contrat à l’initiative du locataire. C’est donc bien lui qui est répréhensible, pas le propriétaire. Pourquoi l’état ne fait-il pas respecter le droit en donnant raison au propriétaire, au lieu du locataire fautif ? Qui prend un risque à construire un logement, souvent avec un crédit ? Qui peut être mis en difficulté face aux échéances qui s’accumulent ?

Mais l’état français est schizophrène : d’un côté il pousse à l’acquisition immobilière à marche forcée via des plans de défiscalisation chimériques et de l’autre il entretient cette vieille image du méchant Thénardier exploitant des locataires pauvres et miséreux. Le pouvoir politique préfère le jugement clientéliste à la moralité douteuse, au lieu de se limiter à un rôle assurant le respect des contrats.

Or si les propriétaires avaient l’assurance que leurs loyers sont protégés, ils investiraient à moindre risque dans l’achat d’autres appartements, pas uniquement pour raisons fiscales. Et par le jeu de la concurrence, les loyers resteraient modérés. C’est aussi simple que cela, le marché laissé à lui-même si la loi se borne à être juste. Si un locataire ne paie plus ou pas son loyer, la seule chose qui doit jouer, c’est le respect du droit de la propriété louée. En obligeant les propriétaires à subir des actes indélicats sans pouvoir compenser par des loyers en hausse, ils disparaissent. Et les logements aussi.

Pour justifier l’intervention étatique, tout esprit chagrin objectera que la logique du marché ne sait pas fournir des logements décents à bas prix. Pourtant, celui qui avance un tel argument est incapable de lui donner la moindre substance, sauf l’arbitraire. Il n’y a aucune raison que de petits propriétaires, aux revenus modestes, ou en général des entreprises, ne décident pas d’opter pour un investissement limité et donc pour une offre de logements bon marché, pourvu que le risque soit en rapport.

Beaucoup ont cette phobie de loyers qui ne pourraient être que trop chers, laissant les pauvres dehors. Or l’existence d’hôtels, de magasins ou de fast-food à prix réduit montre bien que le marché sait aussi aller vers le bas de gamme, sans l’état. C’est un argument sans réalité. Il ne fait que démontrer l’incompétence de nos gouvernants, prompt à oublier qu’ils sont les porteurs des taxes locales (foncière et habitation) venant surenchérir exagérément le coût du logement pour le locataire et le propriétaire. En guise de protection d’accès au logement, rien ne vaut le libre marché.

Tuesday, December 26, 2017

A quand l’absolution économique ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Selon la religion, ceux qui ne pêchent pas vont au paradis. C’est la récompense. L’enfer, la punition, attend les pêcheurs ou mécréants. Paradoxalement dans notre système laïc, récompense et punition en matière fiscale sont inversées. Le paradis fiscal devient le lieu à bannir, à ne pas approcher car le mal absolu. Mais si le paradis est ailleurs, l’enfer est donc ici. Ou serions-nous en rémission ? Notez que c’est la fiscalité, donc l’argent, qui sert d’étalon moral à la pensée étatiste et de gauche : l’argent devient le fruit défendu, que seule la bénédiction de l’Etat (via l’abbé percepteur) rendrait pur.

Gagner au jackpot 132 millions en misant 2 euros ne choque ainsi personne, alors qu’aucune richesse n’est créée – le jackpot est issu du jeu de l’impôt. Mais un entrepreneur gagnant 132 millions d’euros en ayant créé de la richesse et des emplois en quelques mois ou années commettrait un sacrilège.

La providence sur notre sol, c’est l’Etat. Tout comme le Dieu de la religion, il est l’être parfait, veillant sur ses brebis au cas où l’une d’elles viendrait à s’égarer. La liturgie bienveillante dite « système social » nous vient de la « cène » du conseil national de la résistance qui l’imposa au peuple français au sortir de la guerre de 1945. Or ce conseil sacré, composé d’étatistes, n’a jamais eu le moindre mandat du peuple, qui s’est retrouvé ainsi assujetti à cet évangile sans débat ni référendum.

L’église catholique, le socialisme et le communisme ont en commun leur aversion pour l’économie. Gardons à l’esprit que les pauvres forment le gros du marché de ces idéologies. Matérialistes abhorrant l’économie, tous prétendent s’en occuper au mieux en culpabilisant ceux qui, par leur travail, s’avèrent autonomes. Si les pauvres venaient à disparaître, leur légitimité et celle de leur clergé suivrait : qui deviendrait bouc-émissaire si pain et vin devenaient soudain accessibles à tous ?

La tradition chrétienne n’érige pas l’idéologie comme outil politique coercitif envers l’homme. Certes elle dicte des préceptes de vie aux fidèles, mais à l’inverse d’autres religions, elle n’intervient pas dans la gestion politique sociétale. Du moins pas directement, pas activement. Elle se contente d’espérer des dons des fidèles qui restent libres de disposer de leurs revenus, fruit de leur labeur.

Par contre, l’état-providence, déiste comme athéiste, nie les droits de l’homme : le système politique se veut supérieur à la souveraineté individuelle. Pour arriver à ses fins, il utilise la coercition, la violence, dont il pose et impose la légalité. Ce faisant, il spolie, voire pille le peuple. Car le débat sur le calcul économique a été scellé il y a près d’un siècle par Ludwig von Mises : une économie de type socialiste (étatiste) ne peut pas prospérer à plein. La situation actuelle des sociales-démocraties européennes devrait conduire à la résurrection. Surtout en France, là où la science économique et les droits de l’homme et du citoyen ont grandi. Mais on s’évertue encore à y croire en l’impossible.

Un grand paradoxe de ce pays est d’avoir eu de brillants économistes issus des Lumières, tels Jean-Baptiste Say et Frédéric Bastiat, et de pourtant rejeter la philosophie libérale avec tant d’ignorance et de mépris. Ils sont reconnus dans le monde entier mais sont totalement inconnus de nos étudiants en science économique, gavés à la messe du keynésianisme et béatifiés par l’acquis social.

La France va devoir comprendre très vite que le socialisme et le communisme sont une pure religion. On ne saurait l’imposer à tous. La raison nécessite que chacun soit responsable de sa vie. Ce qui n’empêche absolument pas la générosité. Il faudra passer par la phase purgatoire d’une « fiscalité » allégée pour revenir à la raison, remettre la société dans le bon sens et oublier cette putride expérience collectiviste. Et enfin, par une eucharistie économique, trouver le paradis pour tous.

Monday, December 25, 2017

Mille et Une Commissions

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Au pays qui mille-et-une fois nuit, il existait en 2008 pas moins de 1006 commissions et conseils de tous ordres au niveau étatique et encore 668 restent recensés à ce jour – au budget 2013 – malgré paraît-il une véritable cure d’amaigrissement. Cette information est tout ce qu’il y a d’officielle et publique puisqu’elle est publiée chaque année sous la forme d’un « Jaune budgétaire ». (*)

Même s’il diminue, ce nombre reste énorme et bien malin celui ou celle capable d’en citer même une dizaine. D’autant que beaucoup ont des noms cocasses ou énigmatiques. Quelques exemples :

« Comité de surveillance des investissements d’avenir », « Comité d’orientation et d’évaluation de l’académie nationale du renseignement », « Commission consultative chargée d’émettre un avis sur les matériels susceptibles de porter atteinte à l’intimité de la vie privée et au secret des correspondances », « Comités consultatifs placés auprès des ministres responsables d’une grande catégorie de ressources »... Stop. Arrêtons-là le massacre. Mais à quoi tout cela sert-il ?

Soyons honnête, les montants des frais de fonctionnement sont le plus souvent modestes, même si bien des fois ils dépassent les 100 000 euros par an. Le record est détenu par une « Assemblée des Français de l’étranger » qui, avec 179 membres, a dépensé de 2009 à 2011 pas moins de 10,363 millions d’euros de nos chers impôts et taxes.

Mais le scandale et l’immoralité de cette myriade de comités Théodule va bien plus loin que leur seul budget, même alors que nous vivons une des plus graves crises économiques de l’histoire.

Nos gouvernements, toujours à géométrie variable, toujours pléthoriques, s’appuient de plus sur une armada administrative pour couvrir un champ toujours plus large. Comment se peut-il donc qu’il faille encore jusqu’à mille « comités » pour boucher semble-t-il les failles de ce dinosaure ? Comment par exemple peut-on justifier le besoin d’un « Conseil scientifique en pharmacie », financé par nos impôts et non par la profession elle-même ? De quoi se mêlent donc les bureaucrates ?

Car nous vivons une époque où on a oublié que le pouvoir et ses méandres doivent être limités, réduits, cantonnés au strict minimum pour assurer la justice et le droit. Et pas n’importe quel droit. Se mêler de « pharmacie », de « calcul intensif », de « développement de la presse », ce n’est pas du droit, ce n’est pas le domaine de la justice, ce n’est pas le domaine légitime des pouvoirs publics.

Sans oublier que ces comités connaissent une vie totalement hors de tout contrôle démocratique, source évidente de collusions, connivences, malversations – allez savoir quoi.

Ainsi, un ministre inventif vient à suggérer l’idée que la maîtrise du français serait nécessaire à l’intégration et hop, nous voilà imposés d’une improbable « Commission de labellisation (label « Français langue d'intégration ») » dont nul ne sait pourquoi elle serait nécessaire, qui la compose, ce qu’elle fait, son budget et surtout, combien de temps il va falloir – à contre cœur – la financer.

Notre vie politique est ainsi, depuis des années, entachée de la création quasi hebdomadaire de « machins » sur lesquels nous n’avons aucun contrôle, aucune visibilité, aucune participation. 668 comités, ce sont 668 domaines où notre liberté et notre responsabilité nous ont été confisquées.

(*) Pour 2013, le rapport est à cette adresse : http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/farandole/2013/pap/pdf/Jaune2013_liste_des_commissions.pdf

Subvention étatique des associations – Analyse critique – 5 : Subventions minimalistes

Je poursuis mon analyse de la masse de données du Jaune budgétaire sur les subventions aux associations en 2017 par un angle un peu inversé, puisque je vous propose de voir jusqu’à quel point la machine à subventions est capable d’inverser sa propre logique en accordant des sommes ridiculement faibles, et dont le coût de gestion bien sûr est totalement disproportionné.

J’ai ainsi cherché (enfin, Excel a cherché) tous les montants versés de moins de 100 euros. Eh bien figurez-vous qu’il y en a de nombreux. Et que les sommes sont souvent bien plus faibles que 100 euros. Ainsi, les deux plus faibles montants versés sont de 5 et de 11 euros. Si, si, c’est possible.

Ces deux sommes proviennent du programme P214 « Soutien de la politique de l'éducation nationale ». Les 5 euros pour une « ASSOCIATION DE LA RESIDENCE DE L'ECOLE NATIONALE DES FINANCES PUBLIQUES » avec comme objet : « Subvention repas public ». Et les 11 euros furent pour un « FOYER DES JEUNES OUVRIERS » à Valence dans la Drôme, offrant une « Prestation repas ». Voilà bien de quoi richement nourrir une foule de fonctionnaires et d’ouvrier, ne croyez-vous pas ?

Donc, une recherche des montants totaux versés de moins de 100 euros trouve 84 résultats. Parmi ces 84, il se trouve que 47, donc une majorité, sont financés au titre du programme P224 du machin connu comme ministère de la Culture, « Transmission des savoirs et démocratisation de la culture », pour un total de 2 007 euros. Il est encourageant de voir que la transmission des savoirs peut justifier 47 fois des sommes aussi ridicules et toute la machine derrière pour les distribuer.

Attention, il y a plus de 84 subventions de moins de 100 euros, et par exemple P224 à lui seul en compte en tout 65. Mais ces autres cas correspondent à des associations qui touchent via d’autres programmes pour in fine toucher plus de 100 euros. Autrement dit, il y a 84 associations qui ne touchent aucune autre subvention étatique que ces sommes inférieures à 100 euros. Pour P224 et ses 65 allocations, il faut savoir que l’objet donné pour décrire ou justifier les fonds est le simple et sobre « Fonctions logistiques » dans 56 cas, « Fonction communication » 1 fois, « Action sociale » 3 fois et « Fonction formation » 5 fois. Il faut reconnaître que ces explications sont précieuses.

Le graphique suivant et la table qui suit donnent le détail des 47 sommes minimales de P224.