Tuesday, April 21, 2015

Untel sécurise mon coffee

Ce matin j'assiste à la RSA Conférence à la présentation du patron de Intel Security ex McAfee qui base son discours sur la promotion des statistiques issues du big data comme le prochain paradigme, le prochain nirvana de la cyber sécurité.
Il fait la comparaison avec le baseball où il y a quelques 10 ans les Oakland Athletics se sont fait connaître et ont failli gagner la compétition grâce un emploi totalement nouveau des statistiques dans leur sport.
Et donc sa thèse consiste à pousser l'idée que nous devrions espérer de tels progrès dans notre métier. Cela me fait penser à tous ces économistes qui pensent qu'on peut mettre l'économie et le monde en chiffres. Dans les deux cas ils oublient de se demander si le domaine qu'ils abordent se prête à la statistique. Et dans les deux cas la réponse est non.
Certes on peut espérer des résultats dans la détection des attaques. Et encore faut-il avoir une idée des modes d’attaque pour chercher avec pertinence. Ce n’est guère de la statistique mais de la recherche dans les masses de données. La statistique n'est qu'un outil elle n'est pas la solution.
Mais ce n'est pas le centre de notre sujet. Si le big data peut aider à la détection, il ne peut en rien aider à la réduction des problèmes en amont.
On oublie encore que les attaquants ne peuvent passer à travers un logiciel que lorsque celui-ci a des bugs et qu'une fois un bug trouvé, son exploitation est systématique. En d'autres mots, le domaine où réside le vrai défi de la sécurité à savoir le développement d'applications et de systèmes sûrs, ne donne aucune prise à la statistique. Et donc annoncer celle-ci comme le prochain âge de la cybersécurite n'est rien d'autre qu'une plaisanterie ridicule.


Saturday, March 14, 2015

La liberté d’expression en entreprise

On est fier en France de revendiquer la dimension absolue de la liberté d’expression, comme le phénomène de Charlie l’a récemment laissé à penser. Dès lors, la liberté d’expression en entreprise ne serait, par extension, que pleine et entière et se poser la question serait presque blasphématoire.

Pourtant, quiconque a un peu d’expérience professionnelle sait très bien que toute entreprise a ses codes et autres règles et qu’on ne parle pas à son patron ou à son collègue comme au premier inconnu dans la rue – du moins si on ne perd pas totalement sa carrière de vue.

On peut alors s’interroger sur cette spécificité apparente de l’entreprise. Est-ce à dire que l’entreprise serait une forme de prison de la pensée, un domaine où, contrairement à tous les autres, on se doit d’éteindre ses opinions comme ses sentiments dans l’intolérance absolue pourtant décriée ?

Il me semble que non et que c’est d’abord sur le concept même de liberté et de liberté d’expression qu’il faut revenir, pour mieux comprendre ce qu’il se passe en entreprise comme ailleurs.

C’est bien connu, la liberté s’arrête à celle d’autrui.  De là, de nombreux philosophes ont traité de sa nature et de ses limites. Beaucoup sauront bien mieux que moi en faire le tour et la synthèse. Pourtant, il est une branche de la pensée occidentale, hélas par trop oubliée de nos jours, qui propose une articulation à la fois extrêmement simple et profonde de la liberté et de son ancrage dans notre réalité sociale : les libéraux classiques des Lumières.

Ainsi John Locke est connu pour être un des premiers à avoir articulé le lien entre liberté, droit et même économie, de manière simple et réaliste. De nombreux autres ont suivi – Boisguilbert, Destutt de Tracy, Tocqueville, Herbert Spencer, etc. – et je limiterai à un de leurs héritiers contemporains, Henri Lepage. Celui-ci nous propose une brillante définition de la liberté : « le droit de faire ce qu’on désire avec ce qu’on a ». (1)

Autrement dit, la liberté est totale chez soi, mais conditionnée à l’accord du voisin une fois chez celui-ci. C’est assez conforme à notre fonctionnement social spontané : invité chez quelqu’un, on ne se comporte plus comme chez soi, mais « comme il faut » et même comme notre hôte s’y attend. La liberté n’est jamais absolue en ce monde, et c’est la propriété qui en matérialise les bornes, c’est une condition fondamentale du fonctionnement social.

Mais alors la liberté d’expression ? N’est-elle pas supposée absolue ? Pourquoi en irait-il autrement que pour notre liberté « tout court » ?

En fait, la liberté d’expression ne fait pas exception, contrairement à bien des voix qui le proclament autrement. Prenons deux exemples simples pour s’en convaincre. L’invité se doit de respecter les règles de son hôte, on l’a vu. Aller chez un voisin musulman et y clamer son islamophobie, c’est s’exposer à une mise à la porte pleinement justifiée. Et dans une salle de cinéma privée, crier « au feu » pour jeter volontairement la panique, c’est tout autant s’exposer à une exclusion qu’on ne saurait dénoncer.

On le voit bien, l’abus de liberté d’expression a des conséquences et des bornes. Mais cet « abus » n’est pas arbitraire : c’est le propriétaire des lieux qui décide de l’abus, ou non. Dans notre cas, c’est donc l’entreprise, ou ses dirigeants. La liberté d’expression en entreprise, ce n’est pas un concept dénué de bornes et ces bornes sont dans les mains de ceux qui font les règles. On retrouve bien là les codes évoqués au début.

Mais il y a une seconde dimension à la liberté d’expression. L’expression libre laisse des traces chez les autres. Elle forge ainsi l’opinion que les autres se font de nous, notre réputation. On entend souvent dire qu’on a un droit à l’image, mais cela n’a pas de sens, car notre image est faite par tous les autres en réaction à nos actes et à nos propos. Et il en est bien sûr de même en entreprise, concernant notre relation quotidienne et continue avec nos collègues.

Il y a donc en conclusion deux freins à la totale liberté d’expression en entreprise : notre  réputation et les codes internes spécifiques. Mais cela est en réalité vrai de la liberté d’expression au sein de toute organisation sociale privée – copropriétés, associations ou entreprises. Toute liberté n’est faite que d’équilibre et l’expression ne fait en rien exception.
  1. (1)    « Dans cette perspective lockéenne, il n’est plus possible de réduire la liberté au seul « droit de faire ce qu’on désire ». Admettre qu’on puisse faire ce qu’on veut, c’est en effet nier la propriété des autres, et donc violer leur liberté. On retombe sur le problème posé par Hobbes. Les deux termes sont contradictoires. Sauf si l’on définit la liberté comme « le droit de faire ce qu’on désire avec ce qu’on a » (plus exactement : avec ce à quoi on a « naturellement » droit, ce qu’on s’est légitimement approprié, ou ce qui a été légitimement transmis). », in « Libéralisme et Propriété Privée », Henri Lepage, in « Libres ! », Collectif La Main Invisible, 2012

  1. (2)    Lire aussi ce bref article : http://www.lecercledesliberaux.com/?p=11007

Saturday, January 24, 2015

Internet Security and Freedom Intertwined - Foreword

Benjamin Franklin is famous for the following quote on freedom versus security in a civilized society: “Those who would give up essential Liberty, to purchase a little temporary Safety, deserve neither Liberty nor Safety”, which, in more modern a wording, reminds us that “Those Who Sacrifice Liberty for Security Deserve Neither”.

If this quote is famous for its relevance in political science, why should it make up the first lines of a compilation of papers on Internet Security? Because the whole theme of this series of papers is precisely to remind us, to make the point that Internet will not last if insecure and that its security will require freedom in its very design. Or in other words, if we bet that Internet will last whatever decisions people, companies or government will make, Internet will eventually be both secure and free, or else, another Internet will loom as a – free and secure – substitute.

This is not a mere wish, a dream or a prayer that some lunatic would hope to come true, like if from some technology god. All the contrary. It is a claim rooted in realism. Internet is now and will be onwards a net where mostly people interact. Yes, today, it is still highly used and kept busy by traffic generated by companies, state organizations and e-commerce activity. But its actors are individuals, and more and more, with Facebook as a major hint, it will become our second life, for us all.

Eventually, every one of us will be interacting to some degree with anyone of us thanks to the net. Internet is not the realm of collective entities, but that of individuals. It is thus the next free market, will behave as such and will follow the related economic and social rules.

And because it is made of individuals interacting, like the next free market, it will see similar mechanisms emerge. Mechanisms that emerged in the human society to enable safe and free interactions. Because why should I interact with you if I see you as a danger – unless I am forced to? The use of Internet does and will more and more rely on mutual trust. I buy on Amazon because for various reasons I trust their ability to meet my expectations whilst not forcing me to buy in any way. Trust is an expression of free will, of our individual freedom to adopt or not – Internet like anything else. Trust in turn assumes security: I need to identify and authenticate my counterpart, I may need to have confidence in their dependability and honesty, their ability to ensure confidentiality, or that they are not tampered with by some third party.

Nevertheless, security and interactions do not mean exactly the same as in the real world, and we need to have this awareness to be able to build security right. IT systems and the virtual world have a completely different set of features from which many concepts stem. For instance, IT risks do not follow the same logic as physical ones, mainly because IT has not a stochastic nature. The challenge for security professionals is thus to find the right balance between IT realism and social realism.

Freedom and liberty, at least their social principles, have proven to be those best adapted to make up a just and prosperous society – even if many in the political world may dispute this. There is simply no alternative than to have the Internet adopt them entirely, to embrace them fully – though with all the differences there are between the normal life and the virtual one – if Internet is to continue to grow and become the decisive driver to a happy and better future for the human race.


The objective of the series of articles to come is precisely to explain and illustrate the importance of a secure and free Internet, whilst articulating how its distinctive features and its virtual nature require our social mechanisms to be revisited to that end. There are many facets to this umbrella objective, the series promises to be fruitful.

Sunday, January 4, 2015

L’actionnariat salarial, une fausse bonne idée

L’actionnariat salarial est à la mode chez les libéraux. Il est censé véhiculer une dynamique entrepreneuriale vers la classe moyenne, rendre accessible le capitalisme et sa logique d’entreprise au plus grand nombre. Comme le statut d’auto-entrepreneur, il se veut démocratiser l’entreprise et remotiver les masses. Surtout, il est censé être un excellent moyen de motiver les salariés d’une entreprise, souvent de belle taille, au succès économique de celle-ci. Les patrons, ou du moins les concepteurs de ce statut, imaginent fidéliser et dynamiser des salariés qui sinon pourraient plus facilement lever le pied ou regarder ailleurs si l’herbe y est plus verte. Un statut miraculeux ?
Pour l’avoir vu de l’intérieur, dans une grande entreprise de services informatiques qui comme par hasard vient de se faire racheter, je suis pour ma part convaincu que ce statut est en réalité néfaste à long terme, pour tout le monde. Imaginez par exemple un groupe où la part des salariés est si forte dans l’actionnariat que leur collectif siège au conseil d’administration pour y bloquer toute option jugée de nature à imposer de trop forts changements aux salariés. Pire qu’un syndicat classique.
Il me faut dire que je dois ma conviction en grande partie à Pascal Salin, qui dans son excellent ouvrage « Libéralisme », consacre plusieurs pages à ce sujet. Pour y expliquer que contrairement à ces idées reçues, l’actionnariat salarial n’est pas la panacée libérale que beaucoup s’imaginent.
L’analyse qu’en fait Pascal Salin est assez simple et repose sur la comparaison de la logique entrepreneuriale des deux statuts de salarié et d’actionnaire. Car il faut se souvenir que nous sommes tous des entrepreneurs, même quand on est salarié, et que les multiples statuts possibles ne sont que des réponses libres et individuelles à la prise de risque à laquelle chacun de nous fait face chaque jour.
Un salarié est ainsi un entrepreneur individuel qui a choisi de passer un contrat exclusif avec une entreprise. Il lui promet de lui fournir travail et savoir-faire en échange d’un revenu stable et assuré. Son pari est celui de la sécurité, à laquelle il sacrifie la possibilité de gain supplémentaire si l’entreprise réussit mieux que prévu. L’actionnaire raisonne exactement à l’inverse. Il investit à long terme, il sacrifie le revenu sûr et régulier pour parier sur le fort dividende une fois l’entreprise mûre et prospère. Le salarié privilégie le court-terme, l’actionnaire est sur le long-terme.
On rétorquera que justement, l’actionnariat salarié permet de profiter et du court et du long terme. Sauf quand il s’agit d’arbitrer et de prendre des décisions stratégiques. Quand une entreprise doit fermer un site ou licencier, qui prendra la décision ? L’actionnaire ou le salarié, peut-être concerné ?
Je pense ce statut incohérent : si vous croyez au projet de votre entreprise, ayez le courage d’en être actionnaire. Si vous restez salarié, c’est que vous n’y croyez pas vraiment.
L’actionnariat salarial est un produit du clientélisme social-démocrate, qui veut donner l’illusion au peuple qu’il pourrait devenir entrepreneur et riche sans avoir à en payer le prix, voire en faisant payer ce prix par les vrais entrepreneurs que sont les actionnaires traditionnels. Une mascarade socialiste de plus, en sorte.

Saturday, January 3, 2015

Laffer est dans le sac postal

Les services publics sont une source inépuisable de chroniques pour un libéral. Après la SNCF qui augmente ses tarifs au lieu de réduire ses dépenses, voilà que la Poste lui embraye le pas avec une forte hausse du prix du timbre-poste sous prétexte de compenser la baisse du volume postal.

Imaginez trois secondes le même scénario chez votre boulanger. Son pain est depuis longtemps médiocre, mais il est le seul près de chez vous. Vous allez donc chez lui prendre du pain, mais de moins en moins, car depuis quelques années, le supermarché installé près de votre travail produit un pain, certes industriel, mais bien moins cher que celui du boulanger. Un jour, celui-ci, pour faire face à une clientèle plus rare, augmente nettement le prix de son pain, mais sans en changer la qualité. On devine aisément la suite. Vous n’allez plus chez ce mauvais commerçant, ou plus rarement. Et au bout de quelque temps, s’il ne change pas de logique, la faillite l’aura vite rappelé à la réalité.

Nos chers gouvernants se comportent comme ce mauvais boulanger. Les services publics se croient au-dessus des lois économiques et au bout du compte ne nous fournissent plus le service qui est censé justifier leur existence. Ce service devient peu à peu hors de prix, comme en pays communiste.

En économie, on appelle ce phénomène « la courbe de Laffer », du nom de Arthur Laffer qui le premier l’a expliqué. On monte le prix d’un service, ou on augmente les taxes sur une population. Tant que le prix est supportable ou en lien avec le marché, les gens acceptent de le payer. Arrive un jour où la concurrence gagne du terrain. Le boulanger vend moins. Mais il augmente encore ses prix. Et donc encore moins de clients viennent. Ses revenus, alors, au lieu de monter, baissent et de plus en plus, malgré un prix de vente en hausse. Facile à comprendre, la courbe de Laffer est bien connue.

Elle est tellement bien connue que nos énarques l’ignorent superbement. Devant la baisse du volume postal, tout entrepreneur normal prendrait une ou plusieurs des mesures suivantes : nouveau produits ou de meilleure qualité, baisse des charges et de la masse salariale, gains de productivité. Pour la Poste, ce sont bien sûr les coûts qu’il faut réduire. Vendre des bureaux de poste par exemple. Et imaginer de nouveaux services, quitte à ce qu’ils n’aient plus rien à voir avec le timbre et la lettre.


Mais un tel comportement d’entrepreneur est inconcevable pour un bureaucrate ou un politicien. Le politicien préfère faire payer plus le peuple pour un service déplorable plutôt que remettre en cause le concept de service public ou celui de fonctionnariat. Heureusement, la réalité économique le rattrape toujours à la fin.

Wednesday, December 31, 2014

La liberté au service du socialisme

Hasard de la conjonction de certains événements sans importance et qui pourtant font ressortir une conviction, une évidence. Hier soir, je regarde ce grand film que reste « Lawrence d’Arabie ». J’ai presque fini l’excellent livre de Philippe Fabry sur Rome et le libéralisme devenu socialisme. Et ces idiots de la Poste annoncent l’augmentation du prix du timbre pour compenser la baisse du trafic postal. Laffer est dans le sac postal.

Tout cela m’a rappelé un rapide article (« Deuxexponentielles, laquelle l'emportera ? ») où je constatais une chose simple et bien connue : « On peut donc caractériser le siècle passé comme ayant vu l’émergence conjointe de deux phénomènes de natures empiriquement exponentielles. L’état comme frein économique de par ses multiples interventions et son endettement voit son poids – et donc sa capacité à nous ralentir – croître exponentiellement, pour atteindre en France un des sommets mondiaux. Le développement technologique voit de même sa capacité à nous apporter de la valeur par l’innovation, une distribution mondiale et une baisse continue des prix connaître, aujourd’hui aussi une accélération exponentielle. »

Lawrence nous montre des Arabes jaloux de leur liberté, mais englués dans un islam rétrograde et anti-économique, incapable de leur permettre de profiter de leur chère liberté. La prise de Damas aux Turcs, c’est en 1918. Un siècle après, les peuples arabes souffrent encore de ce même mal, qui s’exprime par tous ces conflits, toute cette radicalisation islamique dans le monde. Mais comment ont-ils fait pour survivre économiquement ?

Au passage, ne nous y trompons pas, l’arrivée du pape François et surtout l’arrivée de son message socialisant affligeant est du même acabit, même s’il est clairement moins violent. Les religieux, comme les socialistes, sont un frein au progrès de par leur incapacité – ou plutôt leur farouche opposition de principe – à reconnaître la valeur éthique du développement technologique et commercial. Mais c’est un autre sujet.

Par ailleurs, Philippe Fabry nous explique d’abord le succès de la liberté romaine, puis la lente déchéance de l’empire devenu pas à pas plus socialiste. Thèse très proche de celle de H-H.Hoppe, il en tire un signal d’alarme contemporain où il nous éclaire sur l’analogie des situations. Notre démocratie, à commencer par la française comme l’américaine, est un nouvel empire romain en pleine déliquescence pour cause de socialisme, dont l’explosion rétrograde et violente est proche. Je le suis à 100%, moi qui crois beaucoup à la sécession comme option probable du retour de régions libres. Pourtant, il semble que le temps qu’on mette de nos jours à voir l’empire démocrate se déliter soit bien plus long qu’à l’époque. Comment cela se fait-il ?

Les timbrés de la poste enfin. Le dogme anti-économique et donc immoral des sévices publics est tellement inscrit en profondeur dans l’esprit de nos socialistes au pouvoir qu’ils en arrivent à ce genre d’aberration qui ne peut qu’accélérer la chute de cette institution. En effet, si un service est moins utilisé, c’est que sa valeur ou son « utilité » sociale a baissé. Face à une demande moindre, on ne peut que baisser ses prix ou réformer ses services ou produits, ou envisager la faillite. Mais nos gouvernants se moquent bien de la logique économique. Comme les Arabes, ils croient que le dieu Gauche pourvoira à leur réussite et à leur bonheur, puisqu’ils respectent son dogme. Et donc la même question : comment peuvent-ils durer aussi longtemps ?

Dans tous ces cas de figure, ce qui permet cette durée, heureusement ou malheureusement pour nous et telle est la question, c’est le progrès que le capitalisme arrive malgré tout à assurer à notre monde. C’est le peu de liberté qui reste dans ce monde qui permet au socialisme de continuer à s’installer.

Les Arabes de Lawrence ont depuis profité du pétrole que les Occidentaux ont trouvé pour eux. Cette manne leur a permis de profiter du progrès apporté par d’autres sans profondément renier leur horrible mépris de l’économique et de la liberté. Les postiers et les socialistes de France comme des Etats-Unis peuvent de même faire avancer leurs chimères parce le progrès continu d’arriver par ailleurs. Dans les deux cas, le processus romain de déchéance se reproduit à l’identique, mais il est gommé, masqué et ralenti par le gain de niveau de vie qui nous vient de l’exponentielle du progrès capitaliste. On ne compte pas le nombre de pays à travers le monde devenus peu à peu des tyrannies socialistes qui réussissent à tenir grâce au même phénomène. Comme si Hong Kong et Singapour à eux seuls suffisaient à faire tenir tous les socialistes du monde. Paradoxe où la liberté est au service du socialisme.

Alors je repose ma question. Quelle exponentielle va gagner ? Va-t-on voir un effondrement socialiste généralisé, comme Fabry et Hoppe le prévoient ? Et surtout quand cela se fera-t-il ? Ou bien le progrès permettra-t-il aux taux d’imposition – 75% déjà en France pour la grande majorité de la population – de frôler les 95% et ainsi au socialisme de durer sine die ? Ou bien le progrès au contraire, avec l’arrivée d’Internet partout, des seasteaders, des objets connectés, des robots, va-t-il faire exploser la gangue socialiste avant l’heure ?

Pour ma part, je parie pour cette dernière option. Et vous ?

Saturday, December 6, 2014

Quatre lois de la liberté

Ma liberté s’arrête à celle d'autrui. Espérons tomber tous d'accord sur cela.
- Première conséquence : Autrui et moi jouons le même rôle, un rôle interchangeable. La société libre est parfaitement symétrique en droit. Il n'y a pas deux rôles. Il ne peut donc y avoir deux classes statutaires. Les concepts de fonctionnaire, d’élu, de privilégié ou de bureaucrate ne sont donc pas compatibles avec la liberté.
- Seconde conséquence : Une norme est nécessaire pour matérialiser la limite de liberté de chacun. La propriété joue ce rôle, qui protège en droit du vol de la part d'autrui, et de l'agression par extension à soi.
- Troisième conséquence : Une norme suppose son respect et les moyens de son respect. Police et justice réparatrice sont consubstantielles de la liberté, mais sous condition de ne pas violer la première conséquence.
- Quatrième conséquence : Chacun peut s'associer ou contracter volontairement avec d'autres, pourvu que de telles associations respectent la liberté d'autrui et donc celle des autres associations. La défense est donc consubstantielle de la liberté, mais sous condition de ne pas violer la première conséquence.
Autrement dit : La liberté suppose les fonctions dites "régaliennes". Mais des fonctions régaliennes soumises à sa règle, à sa symétrie. Des fonctions régaliennes soumises à la règle du contrat volontaire, donc. Et c'est tout ce qu'elle suppose, c'est tout ce qui lui est nécessaire.
Pas besoin des tas..... de trucs que beaucoup imaginent......