Juste la liste de mes articles publiees pour l'UDL (Union des Liberaux Francophones) :
La Liberté par Principe
Monday, March 4, 2013
Monday, February 25, 2013
Contrepoints
Juste une liste des articles que j'ai pu commettre dans Contrepoints :
Articles :
Traductions :
Articles :
- Libres !
- Avant-propos de Libres !
- Technologie et Liberté
- Les lois et la confiance
- Pour un état fort, mais sans état
- Google est-il libéral ?
- BitCoin : une Monnaie ?
- La liberté est-elle menacée par l’égalité ?
- Rien n’échappe à l’économie. Rien.
- Nation et Liberté
- Les Pragmatiques font de la Politique
- Justice ? Quelle justice ?
- Des élus ? Pourquoi ?
- On a dépassé les limites sur la route
- Le libéralisme connaît-il des variantes ?
- La liberté aussi a quatre dimensions
- Le « riche » est-il un voleur ?
- De l'illusion démocratique
Traductions :
- La source du droit.
- Les intellectuels et la société
- Comment les libertariens peuvent-ils convaincre et influencer les électeurs ?
- Ce que l'individualisme n'est pas
- Bastiat pour la postérité
- Les modérés, les extrémistes et la liberté
- Qu’est-ce qui cloche dans l’économie américaine ?
- Dompter Leviathan
- Dompter Leviathan (2)
- Pourquoi les catholiques ne comprennent pas l’économie
- L’analyse de classe libertarienne
- Quatre mythes à propos du Tea Party
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Saturday, February 23, 2013
L’Humain contre le Laissez-Faire
L’affaire Maurice Taylor contre Montebourg a fait grand bruit cette semaine. Parmi les grands thèmes qui ont matérialisé l’affrontement entre soutiens et opposants au patron de Titan, on note un grand classique de la rhétorique gauchiste, cette idée voulant que le capitalisme ne se soucierait pas assez de l’humain et que seuls les gens de gauche posséderaient cette grandeur, cette empathie suffisante pour remettre l’humanité au cœur des affaires et de l’économie, sauvagement froides.
Selon cette thèse, le capitalisme et son rejeton le laissez-faire ne seraient qu’une machine à brasser de l’argent sans âme et à écraser les pauvres travailleurs et prolétaires, leur sainteté les syndicats et élus de gauche œuvrant chaque jour pour combattre ce mal et remettre l’homme à sa juste place.
Pourtant, contrairement à la vulgate et aux légendes de tous poils, contrairement au discours en vogue dans l’opinion, colporté par l’école comme par les médias, aucun système socio-économique ne peut être plus « humain » que le laissez-faire. Il suffit de comprendre ce qu’il signifie pour s’en rendre compte. Comment un système où l’homme laisse faire l’homme pourrait-il être inhumain ?
Ce que beaucoup de critiques « pro-humain » du capitalisme de laissez-faire ne comprennent pas, c’est qu’une économie de libre marché constitue l’expression la plus pure de l’humanité collective. Dans une économie de libre marché, c’est-à-dire une société spontanée naturelle, tous les échanges entre individus sont des échanges volontaires, donc créateurs de richesse. Les échanges qui ne seraient pas volontaires ne peuvent être donc être que contraints, ce qui est contraire avec l’hypothèse d’un libre marché. Donc un marché libre est humainement créateur de richesse.
Dit autrement, s’enrichir ne peut se faire que mutuellement et spontanément dans une société libre. Où est donc la trace d’inhumanité dans une telle société ? Le laissez-faire est profondément humain.
Il existe bien sûr de nombreux cas d’échanges non volontaires dans la vraie vie. Le plus fréquent reste celui où une bureaucratie a le pouvoir de nous imposer, de nous dérober une taxe. Car il faut toujours le rappeler, taxer ou imposer ne sont que des formes déguisées de vol. Et c’est là où le raisonnement socialisant dérape. Sous un prétexte humanitaire plus ou moins alambiqué, au titre d’un objectif de solidarité de façade, le socialisme n’hésite pas à prendre à Pierre pour donner à Paul – en prenant bien sûr au passage largement de quoi s’engraisser soi-même.
Et c’est parce que le vol est camouflé sous des couches de fausse solidarité qu’on a fini par convaincre une grande partie du peuple par ailleurs peu instruit que le socialisme est le symbole d’une société humaine. Pourtant, rien n’est plus faux et les libéraux n’ont de cesse de le dénoncer.
Parmi les symboles honnis du capitalisme, on compte le profit, symbole de l’exploitation du riche au dépens des pauvres. Pourtant là encore, rien n’est plus faux, rien n’est moins la preuve d’une incompréhension profonde du fonctionnement social naturel. Car le profit est toujours partagé. A chaque libre échange, les deux parties gagnent un peu. Chacun profite. Echange après échange, le profit cumulé par un entrepreneur est donc la marque d’autant de profit accumulé par ses clients.
Dans une société libre, celle du véritable laissez-faire, le profit est donc un bon indicateur du niveau de service rendu par un individu ou une entreprise aux autres citoyens. Comment faire plus humain que cela ? Bien sûr, la société réelle que nous subissons n’est en aucun cas cet idéal. Mais ce qui l’en éloigne c’est justement que les bureaucrates et autres gouvernants interfèrent pour faire du libre échange et du laissez-faire des légendes. C’est donc l’étatisme socialiste qui ôte son humanité au capitalisme et non l’inverse. Dès qu’on lève le voile de la propagande, l’empereur redevient nu.
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humanisme,
laissez-faire,
profit
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Saturday, February 16, 2013
L’aide alimentaire, source de famine
La Dépêche du Midi du 8 février titre sur « Europe : menace sur l’aide alimentaire » où soi-disant ce serait « l’opération de la dernière chance pour le Programme européen d’aides aux plus démunis, menacé d’abandon », faisant référence au débat sur ce sujet au parlement européen à Bruxelles.
Qu’elle soit alimentaire ou au développement, l’aide est un des grands symboles de l’activisme socialiste. Elle cristallise les diverses formes de générosité primaire et de preuve de bonne volonté. Comment peut-on être opposé à l’aide aux pauvres ou à ceux qui ont faim ? Il n’y a guère que nous autres monstres libéraux qui trouvions à redire à une démarche aussi charitable et généreuse.
Et en effet, le libéral crie en l’occurrence au scandale. Comme l’aide au développement, cette forme d’aide alimentaire est une hérésie, un scandale à la fois moral et économique. Voyons pourquoi. Soyons clair, aider son prochain est une belle et noble action. Il n’est pas question ici de contester la valeur morale de l’aide spontanée et donc de l’action des nombreuses associations qui viennent au secours des pauvres et démunis véritables. Mais ce n’est absolument pas de cela que traite l’article.
L’article met en avant la fin, ou la réduction, de l’aide par l’Europe. Donc il s’agit de fonds venant de nos impôts et non de nos dons spontanés. Voilà une grosse différence. Une part de nos impôts sert donc à nourrir gratuitement une masse grandissante de gens sans notre avis, sans même qu’on le sache vraiment. On prend à Paul pour donner à Pierre, mais sans trop faire cas des conséquences sur Paul ni de la bonne foi de Pierre. Le « pauvre affamé » l’est-il vraiment ? Qui en juge et comment ?
Mais il y a pire que la seule immoralité de la redistribution imposée. Car l’aide alimentaire prise sur l’impôt a comme conséquence l’inverse de son objectif : elle affame au lieu de nourrir. Comment ? C’est assez simple, en trois temps. En premier, l’argent prélevé sur les contribuables est autant que ceux-ci n’auront pas pu investir dans l’économie – la vraie. Les millions donnés par force à l’aide sont autant de millions qui n’auront pas servi à la création ou l’amélioration d’entreprises, qui en cascade auraient créé des emplois et de la richesse pour tous. Toutes les formes d’impôt nous appauvrissent.
Ensuite, les aides avilissent. Les aidés prennent l’habitude d’être aidés. Pourquoi les chiffres de l’aide alimentaire ne baissent-ils pas ? Parce quand vous recevez un repas gratuit, rien ne vous incite à ne pas continuer si le système le permet. C’est le même phénomène pour toutes les formes d’aide.
Enfin, l’aide prolongée fausse le marché de l’alimentation. Les personnes n’ayant véritablement que peu de moyens créent en temps normal une demande sur le marché pour des repas peu chers. Et cette demande finit immanquablement par amener à une offre correspondante. C’est le principe même de l’offre et de la demande dont la logique échappe aux esprits socialisants.
Mais lorsque de manière durable, il est mis sur le marché des repas gratuits en grande quantité, cette manne constitue une concurrence déloyale envers les quelques restaurateurs qui pouvaient se lancer sur le repas à bon marché. Et très vite, cette offre fait faillite ou se réoriente et disparaît, faute de capacité à générer suffisamment de profits. Les quelques personnes qui profitaient de leurs repas à petit prix finissent par ne plus trouver d’adresses accessibles et ne pouvoir faire autrement que de venir elles aussi grossir les rangs des personnes dépendant de l’aide alimentaire.
Il en va de l’aide alimentaire comme de toutes les formes d’aide imposée. Que les socialistes le veuillent ou non, l’économie a des lois qui s’imposent à eux. Une d’elles fait des aides une calamité.
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Thursday, February 7, 2013
Libertariens contre Libéraux
Comme (trop) régulièrement, le débat théorique et stratégique entre libéraux et libertariens vient de connaître quelques soubresauts ces derniers jours. Certains libéraux voient certains libertariens - dont je fais partie - comme des intolérants agressifs, pour rester poli, et s’étonnent que ces derniers leur tombent dessus au lieu de faire la chasse au socialo, supposé le seul ennemi commun.
Je vais donc tenter une fois encore de clarifier la vision des choses vue du côté d’un libertarien, en espérant que cela aide l’autre côté à avancer.
Ceux que je qualifie ici avec bienveillance de libéraux sont tous ceux qui croient qu’il est possible de faire avancer le libéralisme en ce pays au sein du système politique partisan traditionnel. Je mets sous cette étiquette tous les libéraux logeant chez l’UMP, divers centristes type UDI et le PLD de même depuis qu’il a rejoint cette dernière.
Le libéralisme est très mal connu par nos concitoyens. Même une bonne part des libéraux ne le connaît que mal ou seulement en partie, n’en voyant souvent que la dimension économique mais pas la dimension juridique. Il faut reconnaître que l’image qu’en a la plupart des gens est ternie par des années de propagande social-démocrate.
Pourtant aucun système politique n’est plus humaniste que le libéralisme authentique. Aucun n’est plus juste socialement, aucun n’est plus favorable à une saine et durable prospérité soutenue. Paradoxe donc, puisque ces arguments sont typiquement certains des plus forts que les opposants au libéralisme avancent contre lui. Paradoxe qu’il faut justement arriver à casser dans l’esprit des gens pour espérer gagner l’opinion.
Les libertariens pensent que cet objectif est atteignable si l’on présente à l’opinion un discours direct, franc et honnête, centré sur ces arguments humanistes, sans fausse nuance. Car tout le monde ou presque est naturellement libéral. Ron Paul a montré qu’il est possible de toucher l’opinion si on tient un discours de ce type, un discours nouveau et qui change tellement de la soupe mensongère de l’ordinaire politicien.
Si Ron Paul avait raison, ou dans le même style un Nigel Farage, alors l’opportunité du libéralisme tient dans l’efficacité de cette clarté de langage qui peut toucher directement la masse des déçus et des abstentionnistes.
Mais cela suppose de prendre l’opinion à contre-pied, elle qui est convaincue que le libéralisme est le mal absolu. C’est-à-dire qu’il faut être insoupçonnable de double discours. Il faut pour cela être crédible et donc propre sur soi et cohérent. La moindre trace de soupçon de mensonge ou de veste retournée doit être chassée à tout prix. Le discours entier n’est crédible qu’à ce prix.
Si cette analyse est juste, alors nous ne toucherons l’opinion que si nous ne sommes pas attaquables, pour ne pas être confondus avec le système que nous critiquons.
Ron Paul se servait du système mais n’a jamais laissé aucun doute, ni par son discours ni par ses votes, sur sa pensée et son objectif politique ultime. Il était dans le système certes, mais contre lui, pour le dénoncer de l’intérieur. Même s’il n’est pas vraiment libéral, Nigel Farage utilise le même stratagème, il joue le ver dans le fruit et contribue à décrédibiliser et discréditer l’Europe de l’intérieur. Mais pour y arriver, il a annoncé la couleur d’emblée, l’UKIP a dès le début opté pour un programme anti-européen qui a convaincu un nombre croissant de britanniques.
Leur expérience le montre donc, la seule chance politique du discours libéral passe par un affichage décomplexé et sans fard de nos idées, exprimé par une ou des voix libres de toute ambiguïté.
Pour en revenir à nos libéraux UMPistes, il est dommage qu’ils ne voient pas pourquoi ils subissent les foudres des libertariens. La raison est pourtant simple : ils font obstacle au développement du message libéral en ce pays. Ils y font obstacle en brouillant l’image et le message par leur appartenance aux partis traditionnels. Et bien noter que je ne parle même pas de message libertarien…
Car un – ou une – libéral(e) sincère qui s’affiche auprès de l’UMP est en premier lieu vu comme un UMP. Surtout que comme il est probablement inconnu de l’électorat, que son affichage comme libéral est tout autant incompris, ce n’est que son appartenance au parti qui détermine l’appréciation par la grande majorité des électeurs.
De plus, aucun des grands partis n’a le moindre intérêt à changer le système en profondeur, car c’est du système qu’ils vivent et prospèrent. Tous les gentils libéraux pourront tenter d’infiltrer l’UMP ou le Centre, tant qu’ils seront minoritaires ils ne seront que manipulés et étouffés. Et pour être majoritaires, il faudrait que l’électorat mal informé les y mettent, ce qui ne tient pas debout.
Croire que les grands partis demeurent le seul moyen d’avoir accès à la machinerie de communication partisane constitue donc une erreur profonde. Soit les libéraux ne pourront pas s’exprimer largement, soit leurs rares messages seront de toute façon entachés de l’image UMP ou Centre.
Pour ces nombreux libéraux sincères mais pas toujours conscient de cette erreur stratégique, il n’y a à mon sens qu’une seule option : rejoindre les rangs des trop rares initiatives de promotion du libéralisme qui éclosent hors du champ des partis politiques traditionnels, pour y porter un discours sans compromis et sans ambiguïté. Ou continuer à subir nos quolibets et critiques.
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Sunday, January 13, 2013
Maturité libérale
Au début de ma démarche politique, comme tout le monde, je ne savais même pas – même « plus » – qu’il y avait des libéraux autour de nous. Puis je découvre Revel, Mises, Hazlitt, Rand, Bastiat et enfin Salin, Rothbard, Ron Paul, Guillaumat et Hoppe. Et à chaque lecture, à chaque auteur me poussant vers le prochain, les pièces du puzzle se dessinent – sujet par sujet – et le puzzle se met en place, la première image claire acquise avec Rothbard.
Me voilà libertarien, anarcho-capitaliste rothbardien tendance Hoppe-Kinsella, signez là en bas svp en deux exemplaires.
Me lançant en parallèle dans le « militantisme virtuel » grâce à Internet, je rencontre peu à peu d’autres libéraux qui eux aussi se cherchent un peu, ou qui cherchent les quelques autres rares libéraux avec qui échanger – histoire de se sentir moins seuls dans ce monde rose aux moult épines.
Et bien vite, j’ai découvert que tous les libéraux ne partageaient pas tous les mêmes idées ou points de vue, à ma grande surprise. D’autant que pour un anarcap, la question ne se pose pas, le libéralisme ne peut être qu’anarchique, c’est prouvé, la question est réglée – si, si... Et de découvrir les minarchistes, randiens, anarcaps et même « libéraux de gauche » et « géolibertariens ». D’autant que parmi ces libéraux de degrés divers se cachaient quelques grands noms, dont Garello ou Madelin. Incompréhensible.
Naïf et plein de conviction, je publie en mai 2011 sur Contrepoint un article intitulé « Le libéralisme connaît-il des variantes ? » avec l’espoir de susciter un choc, mais avec 85 Likes, j’ai plutôt fait un flop.
Puis vient l’expérience de Libres ! où confronté à une centaine d’auteurs de libéralismes forcément variés, je pratique, avec Ulrich Genisson, pendant quatre mois la négociation quotidienne de la formulation des idées libérales. Au point même de découvrir un libéral pourtant ayant pignon sur rue – sur roue, moins sûr – pourtant incapable de concevoir le droit comme un invariant intemporel.
Ainsi après ces quelques étapes et de longues heures fesse-bouquiennes à tirer le libéral vers le haut, j’ai acquis la conviction que s’il n’y a bien qu’un seul libéralisme, il y a plusieurs niveaux de libéraux, du moins de maturité du libéral.
Une série de conversations avec mon ami Patrick Aubin sur Toulouse nous a d’ailleurs donné l’idée de les classer selon une hiérarchie inspirée de la pyramide de Maslow, mais allant des moins « réveillés » vers les plus « rigoristes » – dont je crains bien faire partie, j’assume. L’idée à ce stade est assez simple et devrait parler à beaucoup. (*)
Il y a tout d’abord les libéraux « dormeurs », qui ne savent même pas qu’ils sont libéraux au fond d’eux. Souvent vaguement de droite ou vaguement conservateurs, souvent abstentionnistes, ils font notre espoir à tous car leur nombre immense permettrait de renverser toute majorité – si nous arrivons à les réveiller
Il y a ensuite les « pseudo-libéraux », qui ont su comprendre que le monde se libéralise avec entrain, mais sans vraiment voir que le libéralisme n’est pas qu’une approche sympa de l’économie, et qui continuent à penser que l’UMP est ou peut être libérale et qu’elle porte notre avenir, ne sachant voir qu’il ne s’agit que d’un autre parti socialo-étatiste.
Puis viennent les premiers qui s’affichent ouvertement libéraux – enfin, juste entr’ouvert – mais qui s’affichent aussi « démocrates », n’ayant pas encore pris pleinement conscience que la démocratie n’est et ne peut être que tyrannique. Ils ont l’avantage d’avoir compris la dimension universelle de la liberté, mais croient encore que le système reste la meilleure voie pour nous y conduire – à la liberté ou au système, je vous laisse deviner.
Enfin, approchant à en croire beaucoup le nirvana, arrivent les « minarchistes », qui savent ce que les fonctions régaliennes recouvrent mais amalgament encore état de droit et société de droit, ne voyant pas que le problème, c’est le pouvoir. Leur principale activité consiste à tenter de convaincre les libéraux qu’on peut être libertarien et minarchiste.
Enfin viennent les anarcho-capitalistes, qui pour moi et bien d’autres sont les seuls libertariens pour ne pas dire libéraux. Vu qu’à chaque étage la Liberté perd une part substantielle de ses ouailles, autant dire qu’il y a fort peu de libertariens. Le libertarien passe quant à lui le plus clair de son temps à tenter d’expliquer aux autres qu’ils ont encore quelques marches à franchir pour pleinement apprécier Dame Liberté. Disons que son avenir est celui du plein emploi.
On pourrait même avancer qu’il existe un nirvana du nirvana, le septième ciel libéral, celui des adeptes de Hans-Hermann Hoppe. Car il se trouve que certaines conclusions hoppiennes ne plaisent pas à tous les libertariens qui pensent encore que l’anarchie implique la disparition de la discrimination de plein droit, perdant ainsi une bonne partie de son côté « fun ».
Je suis certain que l’idée même d’oser dire qu’il y a des niveaux de libéralisme va en choquer plus d’un et que je vais recevoir une volée de bois vert, le plus probablement de tous ceux qui sont dans les couches « pseudo » à « minarchiste ». Pas grave, dans ma traversée du désert, la caravane passe.
Mais ce n’est pas exactement mon propos. Je continue de penser qu’il n’existe qu’un seul libéralisme pleinement juste et durable et qu’il passe par la réalisation des fonctions régaliennes par la société privée. Et que toute autre option ne ferait que retarder l’avènement d’une société humaniste car libre.
Par contre, arriver à cette conclusion n’est pas un chemin facile quand on sort de la Communale et il se conçoit qu’il faille à chacun passer par différentes étapes, marches, niveaux, on l’appelle comme on veut, pour arriver à cette conclusion. Cet article se veut une piqûre de rappel, un choc « termique ».
Une chose reste sûre selon moi. L’anarcapie est le trou noir de la liberté dans lequel tout libéral finit par arriver, sauf s’il refuse d’approcher celle-ci d’assez près.
(*) Je tiens à préciser que l’échelle présentée ici et les propos de cet article sont entièrement de ma main et que donc Patrick Aubin ne doit pas être tenu partiellement responsable de mes divagations.
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Tuesday, January 1, 2013
Confidentialite et Anonymat - Remettre les choses dans l'ordre
Dans un article de Contrepoint (lien ici), une analyse tout à fait intéressante est proposée de l’impact de la puissance informatique sur la réalité de certains concepts fondamentaux de l’informatique comme la confidentialité des données et par voie de conséquence sur l’anonymat sur Internet.
J’avais proposé un article à Contrepoint (lien ici) qui l’avait refusé sous le prétexte que l’autre article était plus en ligne avec leur position sur le sujet de l’anonymat. Argument bizarre.
La thèse de l'article de Contrepoint peut être résumée ainsi. Chaque jour, les données laissées par chacun de nous sur le Net croissent en volume mais aussi en diversité. Par ailleurs, la puissance de calcul disponible et des algorithmes toujours plus sophistiqués font qu’il est devenu possible de traiter ces données en temps fini et d’en tirer des corrélations suffisamment fortes pour que votre anonymat et même certains de vos secrets n’y résistent plus.
Et il est vrai que certains sont aujourd’hui capables de deviner votre ou vos mots de passe par le simple croisement des informations que vous laissez ou partagez sur disons Facebook concernant vos loisirs ou autres.
Dès lors, il est essentiel de redoubler de vigilance sur Internet si l’on souhaite protéger sa vie privée – notamment selon ses idées politiques. Ma position qui consiste à l’inverse à expliquer que l’anonymat ne sied pas à un libéral engagé serait donc tout ce qu’il y a de candide pour ne pas dire ridicule.
Pourtant, je persiste, car je pense que l’article de Contrepoint passe en fait à côté du vrai sujet. Il est même auto-contradictoire, puisqu’il tente de justifier l’anonymat tout en expliquant qu’il est de plus en plus illusoire.
L’argument central avancé par l’auteur, qui est techniquement juste, consiste à dire que la confidentialité de notre identité est désormais toute relative du fait de la puissance de corrélation disponible. Mais c’est le même argument que celui d’une arme : ce n’est pas parce que la bombe atomique existe que nous sommes déjà tous morts ni qu’on doit bannir le nucléaire. Ce qui fait l’arme, c’est l’usage qui en est fait.
Autrement dit, pour que l’auteur ait raison, il faut plusieurs conditions, qu’il oublie hélas de rappeler. En premier lieu, il faut avoir les moyens d’une puissance de calcul substantielle. Et de plus, ceux qui disposeraient de la puissance de calcul doivent aussi avoir accès aux données. Trois cas viennent à l’esprit : un état via sa police, une organisation de pirates, ou une grande entreprise privée. Toutes trois pourraient disposer de tels moyens.
Or quelles que soient les inférences qu’on puisse tirer de telles analyses sophistiquées, tant qu’une telle information ne donne pas lieu à malveillance, où est le problème ? Si Carrefour ou Auchan analysent mon profil Facebook pour en tirer une meilleure connaissance de mes goûts et envies, où est le problème ?
Par contre, bien sûr, si c’est un état qui se permet de me surveiller, ou un hacker qui cherche mes codes d’accès bancaires, c’est une tout autre histoire. Mais dans ce cas, ce n’est pas la faiblesse de la confidentialité de mes données qui pose problème, mais d’une part la faiblesse de la police du net – ou de ses mesures de sécurité – et d’autre part l’excès de pouvoir des états sur le Net. C’est cela qu’il faudrait dénoncer, c’est cela la vraie question. Mais l’auteur passe à côté.
Ma position quant à l’anonymat consiste à dire que lorsqu’on est militant de la liberté, on se doit de tenir tête à Léviathan et avoir le courage de ne pas se cacher derrière un pseudonyme, malgré le risque évident. Car c’est entre autres ce courage qui peut à la fois inquiéter le monstre et mobiliser d’autres militants. Et voilà en gros qu’on m’explique que parce que la confidentialité est devenue fragile, ma thèse ne tient pas ? Autrement dit, on promeut un anonymat qu’on explique pourtant ne plus avoir de sens. J’ai dû louper un épisode.
Pour finir, l’argument massue des anonymes, tel un certain Libertarien Minarchiste, doux crédule, serait celui de nos vaillants Résistants pendant la Seconde guerre mondiale. Heureusement que ceux-ci ont eu recours aux pseudonymes, sinon nous ne serions peut-être pas là – ce qui est probablement vrai. Dès lors, qui suis-je pour traiter de lâches ceux qui adoptent les pratiques de ces grands hommes ?
La résistance impliquerait-elle donc l’anonymat ? Le problème c’est qu’on compare choux et carottes. Nous ne sommes, heureusement, pas encore en état de guerre et il nous reste encore un peu de liberté d’expression, ce qui n’était pas leur cas, autant en profiter. De plus, à l’époque, l’anonymat était justement une vraie protection, alors qu’on m’explique qu’elle ne l’est plus vraiment de nos jours…
Surtout, l’objectif n’est pas le même. Il fallait à l’époque détruire un ennemi bien identifié par tous. De nos jours, il s’agit de réveiller nos congénères à un ennemi dont ils n’ont pas conscience. Comment dès lors leur parler et les informer cachés derrière un masque, fut-il celui de V ?
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