Wednesday, January 17, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (7)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « De plus, le sponsor du club de football étant un milliardaire russe [NB : Club de Monaco], l’origine de sa fortune est sans doute douteuse (serait-elle gérée rigoureusement ?) ».

Madame, voilà un pur procès d’intention, régulièrement entendu et qui relève de la diffamation. Vous avez le droit de vous interroger sur l’origine de sa fortune. Mais ne peut-on pas être russe et honnête à la fois ? Pourquoi les russes devenant milliardaires seraient-ils condamnés à l’opprobre ? Et surtout, tous les nouveaux milliardaires, même en France, seraient-ils forcément suspects ?

Certes, vous n’avez pas tort, de telles réussites peuvent être douteuses. Mais celles dont le doute est avéré, toutes sans exception et depuis toujours, exploitent la trop grande connivence entre système politique, « grand patronat » et syndicats. Ils court-circuitent le marché libre, émanation du peuple honnête, pour manigancer entre eux. Par exemple, je viens de perdre un appel d’offres, non pas parce que j’étais moins bon, au contraire, mais parce que le choix a été imposé à mon interlocuteur. De plus, beaucoup d’argent circule entre eux de manière détournée à travers la multitude de subventions, privilèges, monopoles, restrictions ou réglementations et cela sans qu’ils soient à l’origine de ces sommes. Ce qu’il vous faut voir, Madame, c’est que sans mainmise étatique, riches comme pauvres dans un état de droit ne pourraient être qu’honnêtes, sous peine d’échec à terme.

Comptons ainsi les si nombreuses activités économiques contrôlées par les bureaucrates, accordant par législation ou contrôle des prix des rentes de situation soit à des entreprises privées, soit à des monopoles publics. C’est énorme en France. Or tout ceci fausse les prix au détriment de la majorité des citoyens, lesquels assistent dociles à leur appauvrissement dû à la corruption et ainsi au siphonnage de nos gains par le monde politique. Insistons, un tel fonctionnement n’a rien à voir avec le capitalisme, le vrai, celui du laissez-faire, de l’économie de libre marché découlant du libéralisme.

Ainsi, Madame, c’est le pouvoir politique intervenant dans l’économie qui cause ces enrichissements suspects de dirigeants, impossibles sinon. Leurs sociétés sont aidées par les politiques. Elu sur la base d’intérêts particuliers, un gouvernement qui fait autre chose que de garantir les droits des citoyens, est une dictature oligarchique. Hélas, presque tous les pays du monde s’arrogent cet abus de droit. Tous ? Non ? Quelques états comme Monaco résistent encore à la tentation de voler ou de laisser voler leurs habitants par divers trafics. Tout peuple a la société qu’il mérite et si milliardaires ou ordures il y a, c’est qu’il en a décidé ainsi, que ce soit par la « démocrassie » ou par le marché.

Alors pourquoi ce milliardaire russe ne pourrait-il pas devenir sponsor du club monégasque ? Sauf preuve contraire, sa fortune n’est pas de source malhonnête. Pourquoi la Principauté refuserait-elle a priori ? Sous quel prétexte ? Son pays l’a jugé en son temps et l’a acquitté. Vous qui révérez l’état, acceptez donc sa justice. Non que je veuille défendre ce magnat russe, mais il est en droit d’investir librement son argent dans le club de Monaco. Il fait ce qu’il veut de son argent, il le gère à sa guise. Il n’a aucune leçon de morale à recevoir de quiconque. S’il se trompe, il fera peut-être faillite et en sera seul responsable : le club cherchera alors un autre sponsor. La Principauté peut ainsi avoir une équipe de football sans taxer le peuple monégasque. Un bel exemple pour la France.

Tuesday, January 16, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (6)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « De plus utiliser le mot « mafia » dans la phrase suivante n’est pas du meilleur goût dans un article glorifiant Monaco. »

Madame n’apprécie pas de voir la classe politique française assimilée à une mafia ? Soit, étudions comment agit la mafia via 6 caractéristiques selon Wikipédia et comparons avec nos politiciens.

D’autres références sont sûrement possibles, mais la conclusion sera essentiellement la même.

1) « Structuration de l’organisation qui suppose un engagement réciproque de ses membres et un certain nombre de règles internes » : Observez le système politique, réparti en clans, pardon, en partis politiques, avec la mainmise de l’ENA, unique au monde, véritable clan dans le clan. Selon une vague idéologie, très vague mais claire quant au but visé, chaque clan prétend à la vérité et à s’arroger le pouvoir. La conquête du pouvoir est le seul objectif commun de leurs multiples promesses croisées, toutes payées par les manants, eux-mêmes exclus du clan.

2) « La violence qui est à la fois utilisée pour accéder à des richesses et pour protéger l’organisation par l’intimidation » : Les citoyens ont été peu à peu désarmés, au sens propre comme au figuré, face à un pouvoir sans limite législative réelle qui les spolie impunément. Le but réel de la production de lois est l’enrichissement mercantiliste par la fiscalité, par coercition et intimidation. Les sangsues légifèrent pour pouvoir nos taxer plus sous couvert de fausse protection. Les bureaucrates sont les hommes de main, payés sur le butin fiscal et donc aux ordres arbitraires de l’énarchie. Les ingrédients de la logistique mafieuse sont réunis.

3) « La mafia a aussi un rôle social. Les mafieux cherchent à avoir des rôles importants dans des activités de médiation sur le plan politique, social ou économique, en particulier pour la jonction entre la sphère légale et illégale » : L’état omnipotent, via les gouvernements qui défilent et se ressemblent, développe la croyance en l’idée sociale et la fausse économie pour se donner une bonne image sociale, rendant légal même ce qui est de tout temps illégitime ou immoral.

4) « Un ancrage territorial : tout en ayant des activités internationales, les mafias cherchent à garder des liens sur leurs territoires d’origine » : Pas un état au monde ne se ressemble, ce qui est louche car illogique. L’état dans son rôle présumé devrait être le même partout. A défaut de conquérir d’autres territoires, qui mieux que l’état français laisse supposer que l’enfer fiscal local est normal, voulant garder le contrôle fiscal sur les entreprises et citoyens français à l’étranger ?

5) « La coexistence entre les activités légales et illégales entre dans l’ensemble des ressources de l’organisation » : On ne compte plus les affaires de conflit d’intérêts impliquant divers élus ou fonctionnaires depuis des années, les passages devant les tribunaux pour corruption ni les tentatives d’amnisties réussies ou avortées. Jamais pourtant aucune purge n’a été lancée.

6) « Le lien avec les classes politiques et les institutions, soit à l’échelle régionale, soit à l’échelle nationale. Elle arrive dans certains cas à agir en toute impunité judiciaire parce qu’elle monnaie son soutien à la classe politique à travers l’influence qu’elle exerce sur la société » : Telle une pieuvre s’auto-alimentant, la mafia étatique française assoie son pouvoir sur la constitution d’un mille-feuilles politico-administratif et d’un réseau d’entreprises captives. Spoliant plus que la valeur ajoutée annuelle cumulée du secteur privé, elle endette gaiement, sans scrupule, les générations futures. Ainsi, le financement des activités politiques est devenu un véritable scandale du domaine réputé « légal ».

Ne vous en déplaise Madame, la Principauté de Monaco ne présente aucune de ces caractéristiques.

Monday, January 15, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (5)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « Mais j’ai surtout été choquée quand j’ai lu « la Principauté a gardé une gestion rigoureuse de ses finances » alors que tout le monde sait que [c’est] tout bonnement un paradis fiscal. ». (NB : ce qui est souligné l’est dans l’original)

Les mots sont lâchés. Monaco, un paradis fiscal, ne saurait donc être bien géré. Madame lui préfère l’enfer fiscal ? Soit, c’est votre droit, mais pourquoi ne pas nous laisser le droit de vivre au paradis ? Pourquoi la France ne s’inspirerait-elle pas du modèle monégasque ? Voulez-vous que Monaco copie le modèle français et devienne un lieu de misère où il serait inacceptable de gagner de l’argent ?

J’expliquais dans mon article par cette image que Monaco est un état qui a – à peu près – circonscrit le pouvoir aux fonctions régaliennes, faisant que la modeste dépense publique se limite à un seul but : garantir la sécurité et le droit à ses habitants. Même si on pourrait critiquer, ce droit et cette sécurité sont bien plus réels qu’en France. La principauté assure ainsi à chaque monégasque la jouissance des fruits de son travail par le respect de la liberté et de la propriété de chacun. Sur son territoire, elle ne veut souffrir de voir l’agression se développer. La fiscalité est ainsi orientée vers le seul financement de la protection des citoyens. C’est un paradis précisément pour cette raison.

En limitant son pouvoir et ses dépenses aux fonctions régaliennes, Monaco suit exactement les principes énoncés dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : garantir la liberté et l’égalité des droits naturels et imprescriptibles de chacun. Le pouvoir politique ne s’y voit pas en taxeur des uns pour donner aux autres, mais en garant de la paix et des contrats de tous.

Car s’enrichir par des échanges libres et volontaires ne vole personne, Madame. Bien moins que taxer. Pourquoi le Prince devrait-il répartir et égaliser les revenus quand personne n’a volé ? Quelle est cette morale qui prend à des innocents par force pour donner à d’autres sans mérite ? Je n’y vois pour ma part que de l’arbitraire : la force du souverain n’est pas faite pour spolier l’argent des gens honnêtes, mais pour assurer le droit, source de prospérité. Et l’argent est neutre quant à la moralité.

Les habitants des paradis fiscaux ne payent pas beaucoup d’impôts ni de taxes ? Madame, voulez-vous donc faire main basse sur les biens des riches de la Principauté ? Sous quel prétexte ? Qu’ils sont d’affreux capitalistes égoïstes ? Voyez-vous, Monaco ne cherche pas à changer la nature de l’Homme. Les gens sont ou ne sont pas généreux, et qui sait s’ils n’ont pas de bonnes raisons ? La solidarité, la vraie, ne peut-être forcée par le pouvoir sans effets pervers. En ce sens, grâce aux nombreux galas de charité, la Principauté œuvre de manière bien plus efficace pour la solidarité que les politiciens français par cette fiscalité sans limite et largement immorale.

Ces derniers ont une idée fixe : conserver leurs sièges d’élus grâce aux promesses les plus ridicules et démagogiques qui soit, au prix de l’argent des citoyens. La réélection n’est pas la préoccupation du Prince de Monaco, ce qui donne une meilleure stabilité à son territoire et un contrat fiscal clair.

Simplicité des lois, faible fiscalité, rigueur budgétaire constante centrée sur la protection du droit, c’est bien là un paradis. Ce qui est vrai pour Monaco devrait l’être pour la France, supposée pays de la Liberté. Qu’est-ce qui l’en empêche ? L’illusion française que le diable véritable est au paradis quand le dieu liberté serait en enfer ?

Sunday, January 14, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (4)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Ma lectrice poursuit : « Pour en revenir à votre billet, j’ai d’abord été surprise par l’expression « vol fiscal », comme si un état, même très libéral (USA, Grande Bretagne…), n’avait pas besoin d’un minimum de budget pour payer ses fonctionnaires (police, justice, armée, services fiscaux, enseignants…) et de grandes infrastructures dont la rentabilité est faible à court terme ».

Madame, la contribution commune, selon la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 14 (préambule constitutionnel), doit être « librement consentie » ! Imposer ou taxer, c’est contraire à consentir. Prendre sans consentement, cela s’appelle voler. Comme tout citoyen subit ce vol sous couvert de légalité, permettez-moi de franchir le pas avec l’expression « vol fiscal ». Admettons que celui qui vit de cette spoliation légale soit surpris la première fois qu’il l’entend, la réalité demeure.

Car rien ne justifie que ce qu’on appelle « état » se comporte en bandit de grand chemin envers les citoyens pour établir son budget. Un état se doit de respecter les fruits du travail du citoyen qu’il sert – et non l’inverse. Mais peut-être votre vision de la démocratie veut-elle que la majorité puisse voler impunément les minorités, jusqu’à les piller selon la loi du plus fort ou du plus grand nombre ?

Le secteur privé, par contre, ne taxe pas et n’impose rien à personne. Chacun est libre de commercer ou de contracter avec quiconque. Tout échange est librement consenti – sauf quand l’état légifère indûment. Un état moderne devrait au pire fonctionner de même avec ses citoyens, par une fiscalité compréhensible et minimale, sans inventer ni augmenter impôts ou taxes tous les quatre matins.

Le privé n’est pas un citron à presser. L’état et ses structures devraient agir sans agression. Or la fiscalité actuelle est une agression : ne payez pas le fisc, vous verrez vite ce qu’il vous arrivera. L’état et ses collectivités locales sont supposés organiser la « force publique » pour garantir les droits. Pas pour utiliser celle-ci contre les citoyens et leur soutirer de l’argent destiné à un abject mercantilisme.

Le financement forcé de services dit « publics » ou d’infrastructures est la pire injustice. Évoquer une non-rentabilité imaginaire de ces activités pour écarter le privé, donc l’action sociale naturelle, est un prétexte fallacieux. Leurs coûts sont pourtant bien pris en charge par le privé – encore et toujours – et qui se doit d’être de plus en plus rentable pour financer ces rentes publiques. Leur non-rentabilité vient au contraire de l’étatisme qui, interdisant la moindre velléité commerciale par des protections anticoncurrentielles contraires à toute moralité, rend impossibles les mécanismes du marché. Jeter l’argent dans des structures hors du marché n’est pas un investissement, mais un vol manifeste.

USA et Grande Bretagne seraient donc des états « très libéraux » ? Au risque de vous décevoir, chère Madame, ce sont devenu des pays sociaux-démocrates. Ils sont connus pour leur interventionnisme important qui trop entremêle politique et économie. Dans un pays libéral, le politique ne fait pas de promesse avec l’argent du peuple. Il garantit les droits du citoyen et se limite à ce rôle. Dans un pays libéral, les lamentations collectives pour demander au politique de culpabiliser le riche pour mieux le voler par la fiscalité restent sans écho. Un pays libéral guide son action selon l’égalité de tous devant le droit. Il laisse chacun créer de la richesse en faisant respecter le droit. Sans besoin d’autre budget.

Saturday, January 13, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (3)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Suite du courrier de ma lectrice : « Cela [NB : l’ultra-libéralisme] a contribué à la crise actuelle qui en appauvrissant et en démoralisant la classe moyenne, risque de mettre à mal la démocratie en Europe, comme dans les années 30 ». Voilà une belle envolée lyrique, mais que d’amalgames ! Le présent côtoie le passé, la politique est confondue à l’économie, la cause devient conséquence et vice-versa.

Vous avez raison. La crise est la même que celles des années 30. Incontestablement, c’est une crise monétaire, due à l’excès de crédit public. Ceux qui ont en charge la gestion de l’état n’ont rien fait pour arrêter l’expansion de la dette. Forts de l’histoire, ils n’auraient même pas dû commencer. Mais il est si facile de vivre à crédit quand cet argent n’est pas le vôtre et qu’on peut en abuser pour soi.

Mais chère Madame, comme en 1929, cette situation n’a rien de libéral. Si chacun de nous devait gérer son propre budget comme les politiciens, il y a longtemps que nous aurions tous fait faillite. Voilà la logique libérale. A l’inverse, la crise actuelle est ce paradoxe où l’homme politique, tel un Jésus, veut multiplier des sous qu’il nous confisque tout en blâmant le libéralisme de ses échecs.

En France, le PIB (Production Intérieure Brute), qui prétend mesurer la richesse produite, est réputé composé pour 57% de dépense publique. « Réputé » car le public ne produit en réalité rien du tout. Ces 57% cachent la richesse produite par le seul secteur privé. La fiscalité réduit la capacité de tous à produire plus, elle ne peut donc nous enrichir. Ne cherchez pas ailleurs l’appauvrissement collectif.

Car 57% du PIB, cela veut dire en gros qu’une personne sur deux est financée par l’autre. Libéral vous trouvez ? Pour appauvrissement et démoralisation, vous avez raison. Mais ce sont les conséquences systématiques du seul socialisme. La méritocratie libérale véritable ne produirait pas ce genre de marasme, même en France ! Et ce n’est pas la période actuelle qui nous apportera un démenti.

Ma lectrice évoque la « classe moyenne », concept collectiviste. Mais s’en rend-elle compte ? Marx répartissait la société en « classes » selon l’épaisseur du portefeuille. Or la richesse, ça va, ça vient. Le plus important, c’est de participer aux libres échanges, générer de la valeur pour soi, et ainsi voir la société entière profiter. Les classes selon les libéraux sont tout autres : il y a les taxeurs et les taxés.

La richesse ne naît pas des billets, mais des échanges libres et spontanés qu’on effectue. Un échange libre et volontaire est en fait l’ultime choix démocratique. Je m’enrichis car j’ai choisi et je satisfais mes besoins ou envies. La fiscalité réduit et canalise les échanges libres et volontaires. Elle confisque et redistribue selon un total arbitraire et met à mal la vraie démocratie. La liberté, elle, est morale.

C’est un des fantasmes des hommes politiques que de croire que la richesse peut se répartir mieux grâce à eux. Or qui peut savoir ce qui est mieux ? L’interventionnisme fiscal crée des injustices envers les échanges honnêtes pendant que des malhonnêtes profitent des jeux du pouvoir politique.

En fait, Madame, plus il y a de gens qui profitent des aides et des subventions, plus la démocratie majoritaire devient clientéliste et enfonce la société dans l’arbitraire. Ce n’est pas le libéralisme qui pervertit la société, qui cause les crises et qui appauvrit comme pendant les années folles. C’est la dérive clientéliste démocratique due à un pouvoir confié aux politiciens désormais démesuré.

Friday, January 12, 2018

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (2)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

(Une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les faux clichés économiques classiques.)

Suite du courrier de ma lectrice : « Il [nb : le libéralisme] a porté ses fruits dans les années 90 avant de montrer ses inconvénients dans l’ultralibéralisme et les dérives du capitalisme financier (subprimes, titrisation de la dette, traders ‘fous’…) ». Il y aurait de quoi écrire plusieurs volumes pour répondre en détails sur tant de sujets. Rejeter les errements de l’étatisme sur le libéralisme quand celui-ci a disparu avec la démocratie, c’est un peu osé. Mais l’étatiste ose crier le haro sur l’ennemi invisible.

Remarquez que l’opposant au libéralisme use des préfixes « ultra » ou « néo » pour le dénigrer. Ainsi l’ultralibéralisme ou le néolibéralisme ou l’ultra-turbo-néo-libéralisme sont des épouvantails pour donner peur. Mais le libéralisme est et reste le libéralisme, le néo-truc-machin n’existe pas.

Le libéralisme s’appliquait-il dans les années 90 ? Il aurait porté ses fruits ? Mais si c’était vrai, pourquoi en 90 et plus maintenant ? Les lois de l’économie ne changent pas, ce qui marche marche toujours et inversement. Rappelons à ma lectrice que nous subissons l’interventionnisme politique depuis plus d’un siècle et que l’étatisme a eu le temps d’apporter la preuve de son incapacité. Quand l’étatisme déraille, le pouvoir politique trouve des faux coupables non responsables ou invente le néo-machin ou l’ultra-chose pour nous camoufler son impuissance à éviter le prochain déraillement. Non Madame, le capitalisme n’a pas de dérives, ce sont celles de l’étatisme, toujours et encore.

Si le libéralisme s’appliquait, le pouvoir ne s’abriterait pas derrière des règlements sortis du ciel, ni l’argent des autres. La simple loi, la logique, le bon sens auraient cours. Les responsables seraient responsables, sur leurs deniers propres donc. Et si les libéraux étaient au pouvoir, tout ce qui représente les dérives de l’irresponsabilité collective serait limité voire impossible : le nombre de fonctionnaires, les emprunts d’état et les déficits publics seraient des légendes passées, devenues incompréhensibles tant elles sont contraires à la vie normale et au bon sens.

Ma lectrice ne voit pas la collusion entre institutions publiques et multinationales, aux dépens du droit et de la multitude de PME et commerces. Collusion qui forme le faux capitalisme, celui de connivence liant les politiques et les grandes entreprises. Ce n’est plus du capitalisme. Cela n’a plus de rapport avec la liberté d’entreprendre. Les grandes entreprises se tournent vers le gouvernement pour réclamer davantage de réglementations et de protections. Tant pis pour la saine concurrence. Ces grandes entreprises se sont tellement bureaucratisées qu’elles ne savent plus fonctionner sans système d’aides ou de subventions issues de la spoliation fiscale. Rien de libéral là-dedans, rien.

Avec la bureaucratie fonctionnaire, ce système de connivence est en fait le vrai cancer de la société française. C’est une forme de corruption à haut niveau utilisant la contrainte de l’état pour chercher des rentes de situation via le vol légal de la masse laborieuse. La démocratie ne fonctionne pas, manipulée par la redistribution et dévisagée par le système de connivences et le social-clientélisme.
Ainsi va hélas l’ensemble de la planète. Le socialisme international issu du détournement général de la démocratie a été d’une redoutable efficacité malgré la déconfiture de l’ex-URSS. Les croyances ont la vie dure !

Mais le citoyen finira par prendre conscience que les dérives du fameux « capitalisme financier » citées par ma lectrice viennent de la réglementation et de la collusion entre les élites politiques et bancaires qui se sont arrogées un abus de droit. Et prendront enfin conscience que le marché libre n’a pas besoin de tricher ni de spolier pour pouvoir fonctionner pacifiquement. Il n’y a aucun doute : notre l’avenir est dans la liberté et le libéralisme, c’est notre enjeu de civilisation.

Libéralisme ? Economie ? Cliché quand tu nous tiens - (1)

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

Une lectrice, pas une admiratrice, mais une lectrice attentive et anonyme, m’a écrit en réponse à la chronique « Football : carton rouge pour l’hyper-fiscalité » (JT du 05/06/13). Cette missive me donne l’idée de reprendre son texte par une série d’une douzaine de chroniques destinées à chasser les clichés classiques. Cette lettre commence ainsi : « Bien sûr, en économie, le libéralisme est une théorie parfaitement défendable ». Ma lectrice laisse entendre qu’elle sait que le libéralisme ne saurait être exclusivement économique. C’est déjà bien, il y a souvent amalgame. Veut-elle dire que sur le plan politique, il ne serait pas défendable ? Sait-elle que le libéralisme n’est pas une théorie économique ? C’est sur cette fausse perception que je voudrais lancer cette série.

Le libéralisme prenant acte de la supériorité inéluctable des mécanismes spontanés de toute nature que les hommes pacifiques mettent librement en œuvre entre eux, je n’aurai pas la prétention de répondre exhaustivement à ce point en une unique chronique. Le libéralisme exprime une morale qui existe depuis que l’homme est homme : il trouve son expression philosophique au siècle des Lumières. Cette morale s’appuie sur la liberté associée à son corollaire, la responsabilité individuelle. Le marché libre en économie n’est ainsi qu’une expression de la morale libérale.

Le libéralisme pose juridiquement toute action humaine dans le cadre du droit naturel. Ce droit est par nature non arbitraire. Naturel, il est supérieur en légitimité à tout droit positif, telles les lois et règles que les élus nous imposent, qui sont par nature clientélistes et injustes. Ainsi, c’est l’action des hommes qu’il faut protéger de l’arbitraire du pouvoir et non l’inverse. Le libéralisme n’est pas non plus la loi de la jungle, comme les étatistes aiment à le dénigrer. La constitution française place certes en préambule la Déclaration des droits de l’homme, basée sur le droit naturel, mais dans les faits, aucune instance ne censure le droit positif face au droit naturel. Les philosophes du siècle des Lumières évoquaient pourtant l’obligation de « conservation des droits naturels et imprescriptibles ». La Liberté vient en premier dans la devise « Liberté, Egalité, Fraternité », ce n’est pas par hasard.

Le libéral se méfie de tout pouvoir, car le pouvoir conduit à l’arbitraire. Le libéral ne cherche pas à construire une société à coup de lois contraignantes. Il constate que le « laissez-nous faire » d’un cadre où règne la responsabilité est plus juste et plus porteur de prospérité que tout système coercitif. Le libéralisme est honni par tout pouvoir politique ou religieux car il révèle et défie leur vacuité et même leur nocivité, à la fois envers la prospérité et la justice dite sociale. Étonnez-vous que les politiciens le critiquent par tous les moyens. Observez-les. Tout politicien de droite ou de gauche (nazisme, communisme, fascisme, socialisme…), jusqu’au social-démocrate rejette en bloc le libéralisme. C’est sans doute leur seul point d’accord à tous. En France, pays des Lumières, lors de la dernière présidentielle, pas un seul candidat sur les 14 ne se réclamait du libéralisme. Mystérieux cet adversaire commun à tous mais pourtant absent politiquement. C’est dire leur peur de notre Liberté.

Mais le libéralisme ne meurt pas. Quelle est sa force ? Sa cohérence naturelle. Quand on comprend qu’il est le seul à assurer droit et justice, aucun argument politique ne tient plus. N’importe où, n’importe quand, avec n’importe qui, discutez librement. Observez la vie spontanée. Et constatez : l’Etat n’est jamais qu’un arbitraire vaguement utile, plus souvent la source des pires malheurs.

Notre enjeu pour demain, c’est le respect du droit naturel, sans nul besoin de plus de paperasserie. Il en va de notre avenir de ne pas associer « état » et « civilisation ». La civilisation passe au contraire par l’éclatement du pouvoir politique. Politiquement tout a-t-il été essayé ? Non tout sauf … le libéralisme, le vrai ! Jamais, nulle part ! Ma lectrice est-elle d’accord pour déjà dire « banco » ?