Saturday, August 6, 2016

Critique des programmes politiques –PLD – Dépense, Fiscalité, Dette

Seconde partie de notre analyse du programme du PLD, dans l’ordre du site web donc cette fois, dépense, fiscalité et dette. En l’occurrence, le texte relève bien plus de l’analyse critique de la politique actuelle que du programme en bonne et due forme et mesures concrètes. Qu’importe : s’il va dans le bon sens et pointe du doigt bien des aberrations des politiques du pays, ce texte repose sur une vision peu aboutie et manque l’occasion de pousser une pleine logique de libre économie.

Les concepts font la faille. Les auteurs ont raison de commencer par rappeler que la part de l’état dans le PIB et l’impact sur l’économie était sans commune mesure au début de la Veme. Mais ils oublient d’en profiter pour remettre en cause ces notions qui sont pourtant porteuses de messages parfaitement constructivistes. Par exemple, à supposer que l’économie puisse être mesurée, dire qu’il est scandaleux que la dépense publique puisse participer à son évaluation. Parler d’un PIB dont 57% serait fait de dépense publique, c’est d’abord accepter l’idée que la dépense publique soit un produit, alors qu’il s’agit d’une ponction sur le produit. En toute logique, un libéral devrait dire que la dépense constitue 57/43 = 132,5% de l’économie réelle – ce qui marquerait un peu plus les esprits.

Plus loin, le PLD rappelle avec pertinence que « l’investissement public ne peut hélas pas produire de richesse », mais il est dommage qu’à nouveau l’explication ne suive pas. On nous propose le temps, la compétence et l’absence des bénéfices. Mais la raison profonde est bien plus simple et elle tient aux fondements de la liberté : les gens de l’état ne peuvent pas savoir ce qui est bon pour le peuple parce que seuls les individus eux-mêmes le peuvent. Et de plus seuls les individus peuvent arbitrer les investissements parce qu’eux seuls, à nouveaux, sont en mesure de juger de leurs besoins. Bien des libéraux hayekiens, nombreux au PLD, devraient se souvenir du grand apport de leur héro à la pensée économique dans ses principes épistémologiques : l’état ne peut pas savoir ce qui est bon pour nous.

Cela s’aggrave par la suite où l’on croit à la « preuve par l’exemple qu’un Etat qui limite ses domaines d’intervention et ses dépenses libère la croissance ». Il n’y a pas, ni ne peut y avoir de preuve par l’exemple en économie, il me semble important au contraire de faire comprendre à l’électorat que l’économie est affaire de lois a priori, c’est-à-dire connues à l’avance, dont celui qui, par exemple, nous permet d’affirmer que l’état ne peut jamais que limiter la prospérité, sans exception.

Juste après, autre faux message et illusion, celle de « l’ambition d’un Etat bien géré », alors qu’un état ne peut pas même être géré puisque ses services ne sont pas arbitrés sur un libre marché. On voit là une des grandes limites de la pensée économique des pseudo-libéraux et minarchistes : supposer un état régalien, c’est entériner des principes qui sont contraires à la logique de marché.

On retrouve cette illusion de la bonne gestion dans le paragraphe de conclusion sur la fiscalité, qui croit pouvoir « revenir à des principes clairs : simplicité, transparence et efficacité ». C’est oublier que l’état ne peut pas être efficace puisque ses services ne sont pas sur le libre marché qui seul pourrait juger de leur efficacité. Sinon, qui jugerait de cette efficacité ? Mystère. Mais il faut dire que la fin du texte dérape vraiment et confirme la croyance étatiste de ses auteurs qui osent dire que la « TVA fonctionne bien », comme si une taxe quelconque pouvait « fonctionner » ! Le vol fonctionne bien ?

Ma critique n’est pas technique pour le seul plaisir de critiquer le PLD. Elle est destinée à montrer qu’on ne peut pas prendre une posture de compromis en matière de liberté et ici d’économie sans révéler ses propres incohérences et le recours à des principes, à une compréhension de la vie sociale qui soient contraire à la posture libérale annoncée. Croire que l’état peut avoir un rôle à jouer dans le domaine économique est tout autant une illusion que de croire en son rôle dans le domaine régalien.

Saturday, July 30, 2016

Critique des programmes politiques – Général Didier Tauzin – Rebâtir la France

Après la revue de son « constat », voyons ce que ce général nous propose pour soi-disant « rebâtir la France ». Mais restons un instant sur ce concept, qui en trois mots pose deux questions essentielles : qu’est-ce que la France et pourquoi (re)bâtir quoi que ce soit ?

La France est une illusion, la France n’existe pas. Ou plutôt, sa seule réalité est administrative et politique, elle n’est qu’un territoire sur lequel certains hommes exercent un pouvoir sur les autres. Elle ne devrait pas être l’objet d’un débat quelconque dans la bouche d’un individu qui se dirait inquiet de l’avenir de ses enfants, de ses semblables. Parler de la France, ce n’est pas parler de nous.

Quant à vouloir (re)bâtir, c’est en soi une formulation constructiviste et dirigiste typique. Ce n’est pas de bâtir quoi que ce soit dont nous avons besoin, l’état construit déjà bien trop de choses avec l’argent de nos impôts. Au contraire, il s’agit de déconstruire le monstre bureaucratique national.

Mais revenons à son texte. Il est plein de contradictions, hélas. Cela commence bien, avec un heureux « il faut refonder notre système politique que les partis se sont accaparé » ; puis : « cette rénovation de l’État et des administrations publiques doit être intégrale » ; mais qui trébuche aussitôt : « afin de restaurer l’autorité et le pouvoir exécutif autour des domaines régaliens ». Ce n’est pas d’autorité dont nous avons besoin, mais du retour au droit de chacun d’avoir sa propre autorité.

Je ne serais pas surpris que les minarchistes se réjouissent d’un tel appel à un recentrage sur le seul « régalien », et je me dois de reconnaître que ce serait en effet un progrès. Mais nous allons voir que la logique de ce candidat n’est pas aussi limpide, ni inspirée de la même compréhension de la liberté.

Je le cite intégralement, car ce sera plus simple, en mettant en exergue les contradictions : « Ainsi, l’intégralité des mesures prises durant le prochain quinquennat seront guidées par cinq principes intangibles : le bien commun, c’est-à-dire le bien de la société dans son ensemble ; la subsidiarité permettant aux citoyens d’agir au sein de société, et à chaque personne de remplir les tâches qui lui reviennent ; la responsabilité qui procède de la volonté que chaque citoyen travaille au bien commun ; la solidarité qui rappelle que tous les Français sont égaux en dignité et doivent être soutenus par la société ; enfin la liberté qui est l’apanage des peuples souverains et qui engendre nécessairement une multiplication des initiatives. » La liberté devrait surtout être l’objectif de l’action politique…

Saluons l’approche de ce général : Pour une fois, le cœur d’un programme politique se veut reposer sur un noyau restreint de principes qui ne relèvent pas d’un l’idéalisme béat. Pour autant, étudions ces cinq principes, car ils sont décevants. A commencer par le bien commun. Monsieur Tauzin, il n’y a pas de bien commun, votre formulation confond bien avec objectif, ou but. Avoir ensemble le but commun du bien de tous, cela se conçoit comme objectif social. Mais le bien commun, c’est marxiste.

La subsidiarité n’est pas un champ où l’individu peut faire ce qu’on attend de lui, mais au contraire, où il est libre de ses décisions et actions comme bon lui semble grâce à la garantie qu’aucune autorité arbitraire n’a de légitimité ou pouvoir sur lui. De même la responsabilité n’est pas affaire de volonté au sein d’un bien commun, mais de droit et devoir des individus les uns envers les autres. Il est dommage que ce qui semble une bonne volonté minarchiste soit gâchée par une telle confusion.

Le général finit par trois questions qu’il propose pour referendum – encore un concept collectiviste. De prime abord, les questions posées abordent de vrais sujets. Mais ce n’est pas d’un referendum plus ou moins plébiscitaire dont nous avons besoin, mais d’action libératrice. L’urgence n’est pas à la discussion de principes, mais à leur mise en œuvre par la dissolution rapide de l’appareil d’état sous ses trop nombreuses formes. Ce général semble chercher à se donner une allure de libérateur sinon de libéral, mais ses contradictions risqueraient bien de n’en faire qu’un illusionniste de plus. 

Sunday, July 24, 2016

Terrorisme : Et si les journalistes faisaient leur vrai boulot ?

Bertrand Lemennicier nous le rappelle dans son excellent article analysant le terrorisme, il faut malgré l’horreur et le nombre de victimes savoir remettre les choses à leur place : le terrorisme est une menace toute relative et secondaire quand on le remet en perspective des autres fléaux que nous subissons, à commencer par la foule de ceux qui résultent de l’action de l’état et des politiciens.

Loin de moi l’idée de banaliser la chose et de ne pas marquer respect et empathie envers les victimes et leurs proches, bien évidemment. Mais juste de rappeler que si les terroristes cherchent à nous faire peur, il y a une manière simple de régler la question : ne pas en parler, ne pas laisser la peur se diffuser. Après tout, le terrorisme n’existe que parce que nous en parlons. Alors, évitons le piège.

Il faut à ce titre s’interroger sur le rôle des médias « modernes » dans le phénomène, car ils sont de loin les plus coupables de cette complicité, au point je crois que cela pose question. Souvenons-nous, du temps de Zola et de son célèbre « J’accuse ! », les journalistes du quatrième pouvoir étaient bien plus dans la recherche de scandale et au service du citoyen. Certes, le Canard Enchaîné, qui a fêté son centenaire il y a trois semaines, créé donc en 1916, montre que les grands journaux n’étaient déjà plus très sévères envers le pouvoir en place, mais aussi que la volonté de critiquer restait vivace.

Mais aujourd’hui, où sont les journalistes qui cherchent et traitent des véritables sujets ? Au lieu de passer des heures et des heures à suivre les détails les plus insignifiants d’une enquête comme le ferait le porte-parole du gouvernement, ils seraient mieux inspirés de remettre en cause toutes les apparentes évidences de notre société déliquescente. On en a eu une illustration récemment avec la myriade de contre-sens donnés au choix des Britanniques pour le fameux Brexit. On cherche encore ces trop rares journalistes qui auront osé voir du positif en cette décision pourtant démocratique !

J’ai depuis des années cessé de lire les journaux. J’avais cessé de même de regarder les journaux télévisés, et j’avoue que depuis quelques mois, les circonstances m’avaient remis devant les écrans. 
Désormais c’est une chose décidée, les journalistes ne pourront plus compter sur mon audience.

Je vous invite non seulement à faire de même, mais aussi à leur faire la concurrence qu’ils méritent. Parlons sur le Net de ce qui compte vraiment, à savoir lutter contre le pouvoir et contre le mensonge.

C’est à mon sens de loin la meilleure manière pour chacun d’entre nous de lutter contre la terreur.

Saturday, July 23, 2016

Remplacer les législateurs par des robots ?

Faire des lois est un beau métier : on écrit à peu près ce qu’on veut, on est payé grassement pour ce faire, c’est ensuite voté par quelques corrompus et cela touche enfin la vie de millions de gens qui n’avaient rien demandé et qui pourtant vont et payer les premiers par l’argent volé via les impôts, et subir les conséquences concrètes des interdictions et obligations qui leur tombent ainsi sur la tête.

Comme si la myriade de textes inutiles et même nocifs qui font l’imbroglio législatif européen ne suffisait pas, voilà qu’il y a peu certains juristes de Bruxelles ont voulu faire du zèle en nous préparant un projet qui ferait des robots des « personnes électroniques ayant des droits et des devoirs ». Bigre.

Il y aurait de quoi faire des volumes entiers sur les implications et les errements qui sont liés à une telle idée, la difficulté sera de faire court. Juste pour illustrer : Qu’est-ce qu’un robot ? Qu’est-ce que le droit et à quoi sert-il ? Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? Sont-ce là des sujets nouveaux ? Bien sûr, la réponse à cette dernière question est ‘non’, et j’avais d’ailleurs jeté les base de cette réflexion dans un article plus général sur droit et technologie, repris par l’Institut Turgot.

L’idée de base est simple, comme tout ce qui touche à la liberté : un robot est un produit d’une fabrication par l’homme et ce sont ces hommes qui l’ont conçus qui ont déterminé sa fonction et son comportement. Le robot qui serait pleinement indiscernable d’un humain n’est pas encore à l’ordre du jour et d’ailleurs n’est pas l’objet du texte juridique en question. Donc, aussi sophistiqué soit-il, le robot est un objet, un produit manufacturé, au même titre que la voiture autonome par exemple. Il est d’ailleurs intéressant que celle-ci ne soit pas vue comme un robot dont il faudrait considérer la personne électronique, ce qui montre la limite de la réflexion de ces – dangereux – rigolos.

Parler de droit pour un robot pose donc une première question gênante : si le robot acquiert des droits et devoirs, comment ceux-ci se substituent-ils à ceux de son concepteur et fabricant ? Autrement dit, poser le droit du robot, n’est-ce pas dédouaner le concepteur de ses obligations ? C’est bien ce que l’article laisse entendre : « il peut être difficile de remonter la chaîne de responsabilité jusqu’au constructeur si une décision d’un robot ‘intelligent’ est à l’origine d’un accident ». Pardon ? Ainsi, parce que ce serait difficile, on renoncerait ? Mais est-ce que la difficulté à chercher les coupables de Tchernobyl suffit à justifier qu’on aurait pu faire de la centrale un robot ?

Ahh, mais les parlementaires ont la solution, bien sûr. Les robots n’ayant pas les moyens de dédommager leurs victimes, on mettrait « en place un fonds qui serait alimenté par des taxes prélevées auprès des constructeurs et des utilisateurs ». Yabon les taxes, voilà la véritable motivation.

Mais nos juristes ne s’arrêtent pas là, hélas. Voilà qu’ils estiment que « Les robots vont aussi bouleverser le marché du travail en “effectuant de plus en plus tâches autrefois dévolues aux humains” ». Encore une fausse nouvelle, cela fait des siècles que l’innovation en général change la structure du tissu économique et du besoin de travail. On n’a pas attendu les robots pour connaître la solution. Mais suis-je bête, et le chômage ? Eh bien nos juristes osent préconiser de « demander aux employeurs de verser des cotisations sociales pour leurs “personnes électroniques” » !

La stupidité n’a pas de limite quand on se permet de tordre toute logique et bon sens. Les auteurs du texte imaginent pouvoir exiger des concepteurs de robots de signer une « charte éthique » qui parmi ses principes aurait « l’obligation de ne créer que des robots “bienfaisants” ». Il est affligeant de constater que des juristes aient une si faible compréhension du droit pour ne pas comprendre que le concept de bienfaisance est subjectif et non pas objective. Quant à réinventer l’éthique des robots, n’ont-ils donc même pas lu Isaac Asimov et ses lois de la robotique ?

Mais hélas, la réalité est bien plus sordide. Des gens comme Alain Bensoussan, avocats trop bien connu comme parmi ceux qui poussent ces idées dangereuses, ces gens donc n’ont qu’une seule motivation : donner dans la bienfaisance ? Non, je vous rassure. S’en mettre plein les poches hors de toute moralité et si possible grâce à l’argent des autres ? Oui, c’est évident. Et là, le robot tique.

Friday, July 22, 2016

Et panda ce temps-là… WTF ? Non, WWF….

Alors que l’actualité est au sport, au Brexit, au terrorisme et à l’état d’urgence à défaut d’état de droit, les écolos ne perdent pas le nord et occupent le terrain. Ainsi, certaines lignes du métro parisien voient leurs rames systématiquement décorées d’affiches propagandistes reprenant une illustration que le WWF avait conçue pour la COP21 – image ci-contre. Sur une reprise du célèbre tableau d’Eugène Delacroix, un panda guide un peuple un peu crédule vers… on ne sait trop quoi.

Sur ces affiches, en blanc, le slogan suivant : « Arrêter la dégradation de l’environnement et protéger notre planète ». Je vous propose de décortiquer ces mots, tant ils sont révélateurs des écologistes.



Passons sur « l’environnement », mot qui ne veut finalement rien dire, tout étant environnement, pour constater que si on nous appelle à « arrêter », c’est que la « dégradation » serait déjà un fait. Cela seul soulève bien des questions, voire des surprises. Qui a dégradé quoi ? Comment décide-t-on qu’un changement apporté à la nature est une dégradation ? Qui en décide ? Est-ce qu’écraser une fourmi sans le savoir en marchant dans la rue est une dégradation de l’environnement ? Qui a commencé, qui doit arrêter ? Et si on n’arrête pas, c’est si grave ? On sera puni ? Par qui SVP ?

La fin du slogan est de même un grand classique, qui rappelle le sketch de George Carlin, « Save the planet ». Cette fois, il ne s’agit plus de the environnement, qui finalement n’appartient à personne, mais bien de notre planète – tout entière, au passage. Cette fois donc, nous sommes bien tous concernés, si le doute subsistait. Et nous devrions donc protéger cette chère planète ; mais la protéger de qui au fait, si nous sommes tous victimes ? De nous-mêmes ? Des méchants ? Des autres ? De dieu peut-être ? Et d’ailleurs, comment s’est-elle protégée avant l’affiche du WWF ?

Enfin, l’image elle-même est grandiose. Elle fait clairement référence à la liberté guidant le peuple, mais cette fois, c’est le panda qui nous y mène, comme si le WWF était libérateur – mais de quoi ? – et comme si le panda savait mieux que nous ce qui est bon pour nous, ou quelle planète il nous faut.

En ces temps difficiles, qui montrent les limites du dirigisme sur d’autres formes des problèmes majeurs de l’humanité, il serait urgent que les écologistes cessent, « arrêtent », de nous culpabiliser pour une dégradation hautement discutable et qu’il comprennent que l’enjeu écologiste, majeur en effet, n’est pas dans la protection statique, mais dans l’arbitrage par chacun de nous entre protection et aménagement, entre exploitation et conservation, entre vie et mort de chaque homme, donc.


Sunday, July 17, 2016

Emotion ou colère ?

Le fou qui a tué à Nice au soir du 14 juillet a engendré une émotion un cran plus loin. Celle-ci est bien entendu justifiée, rien ne peut nous toucher plus que la mort imbécile et aveugle. Mais si nous restons dans l’émotion, que faudra-t-il donc qu’il se passe pour que nous en venions à la colère ?

Au moment où nous allions sortir de huit mois d’état d’urgence, on nous en remet un trimestre, comme si cet événement en montrait la pertinence. On nous explique, encore ce matin, que ce gouvernement aurait été celui qui a fait le plus contre le terrorisme. Belle performance en effet.

Pour ma part, ce que je vois, c’est qu’on ne nous a jamais autant filmés, observés, fichés, fouillés. Le pouvoir en Turquie vient d’échapper à un coup d’état et déjà certains se demandent s’il n’a pas été fomenté par l’équipe en place elle-même. Ce genre de questions s’est posé pour l’attentat du 11 septembre et sans tomber dans la paranoïa, on se doit de s’interroger sur les motivations réelles de ces mesures dites de sécurité. Au prix de son portefeuille de ministre, Haroun Tazieff demanda à qui profitaient les incendies de forêt. Il me semble que nous devons poser cette question, en plus grand.

L’émotion semble une saine et bonne chose. Il est normal de s’attrister de telles horreurs. L’émotion est aussi un peu comme le football, elle voile les difficultés en resserrant les liens entre les citoyens, du moins est-ce ainsi que les politiciens rebondissent sur l’événement. Bien sûr, les journalistes – ou faut-il les appeler la propagande ? – jouent de même de l’émotion qui fait vendre. Et pas un seul, ou si peu, ne poussera l’analyse un peu plus loin pour s’interroger sur cette inefficacité chronique du régalien qui pourtant sert à justifier ces institutions qui n’arrivent à rien face à la réalité du monde.

Espérons que ces élans de solidarité qu’on observe à chaque drame vont finir par lasser et par laisser se propager l’idée que finalement, c’est encore en se débrouillant seuls, les uns avec les autres, que notre sécurité est la mieux assurée. Le bébé de huit mois retrouvé à Nice n’a pas été sauvé par la police, qui ne l’a pas non plus retrouvé. L’état d’urgence n’a pas permis de protéger Nice. Pire, on sait à l’avance qu’il ne pourra jamais faire qu’une seule chose : nous ficher, sans nous protéger. A ceux qui en douteraient encore, je recommande d’aller revoir le film Minority Report et de s’interroger sur la possibilité quelconque qu’il pourrait y avoir à anticiper un crime.

Alors, à quand la saine colère ?

Thursday, July 7, 2016

Ramadan, Rocard et autres Religions

Vous pensez vivre dans un état laïc et séculier ? C’est en partie vrai. Il y a longtemps que la fin du carême ne fait plus les gros titres, par exemple. Et même si l’entretien des églises est encore trop souvent passé à la charge des municipalités au lieu du denier du peuple, il y a globalement de quoi être satisfait par l’absence des curés, rabbins et pasteurs de la scène médiatico-politique.

Je clarifie tout de suite mon propos. Bien évidemment, libre à chacun de croire en ce que bon lui semble et de respecter les rites de son choix, tant que cela ne vient pas affecter autrui. Cela ne m’interdit pas de penser que les religions reposent sur une dangereuse dualité. Il y a ainsi ce que chacun croit et pratique. Et il y a ce que les prêtres enseignent et surtout imposent. Comme pour toute forme de pouvoir, c’est l’endoctrinement et la manipulation des peuples qui fait question.

A cet égard, le fait que la fin du Ramadan ait pu être relayée par les chaînes d’information constitue un double recul. Celui d’une religion dans la vie quotidienne tout d’abord, mais de plus celui d’une religion qui se trouve être bien plus une forme d’institution politique que quelques rites poussiéreux bâtis autour d’une banale croyance. Mais ce n’est hélas pas la seule forme d’endoctrinement par les rites et autres cultes abâtardissants qui sévissent en ce moment. On pense au football, bien sûr.

L’été 2016 restera à ce titre certainement dans les mémoires comme celui où on aura parlé sport de bout en bout, à défaut de but en but ou de butte en blanc. C’est pratique voyez-vous, car pendant qu’on parle de ballon, on oublie les 50 milliards qui ne seront pas économisés, ou le Brexit si gênant.

Et voilà que Rocard ressort tout d’un coup. On pourrait se dire, bah, Rocard parti, hop, Ricard pastis. Mais ce n’est pas vraiment un sujet comique. Car on cherche à nous divertir, au sens premier c’est-à-dire à diriger nos pensées vers autre chose. Et en plus, on cherche à sacraliser un « sage » socialiste. On nous explique donc qu’il faut respecter ces hommes de la « gauche moderne » qui pourtant ont réfléchi à la meilleure manière de nous appauvrir et de nous exploiter tout en nous expliquant qu’ils venaient pour nous sauver du Mal, à savoir le capitalisme, le libéralisme et même le libre-échange.

Il faut comprendre pourquoi un libéral se doit de taper sur toutes les formes de religions, même s’il se doit aussi de respecter les croyances de chacun. Car un individu qui croit et un individu qui avance. Vivre, c’est se forger une compréhension du monde, c’est croire que le monde est comme ceci ou comme cela. Un homme ne peut pas vivre sans croire. Mais une religion, c’est d’abord un collectif qui veut imposer un dogme et une hiérarchie. C’est une forme de pouvoir et le pouvoir ne s’y trompe pas qui nous propose ses rites, ses sacrements pour nous amadouer. Liberté et religion ? Je n’y crois pas.