Thursday, November 23, 2017

Et si… le chômage nous cachait la réalité ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Une promesse présidentielle de 2013 était d’inverser la courbe du chômage – j’en fis une chronique. Pari osé, pari annoncé, pari revendiqué, mais pari raté, comme dirait le grand Charles. Ce type de promesse révèle de l’incantation politique quasi religieuse, mais pas de l’économie. Surtout que pendant ce temps, des milliers d’emplois disparaissent corps et biens. Le nouveau chômeur n’a pas la même perception du quotidien que le politique grassement payé avec les impôts et taxes du premier pour garder un œil mollement rivé sur une courbe idiote sans lien avec notre quotidien.

En se focalisant sur les chiffres têtus du chômage, le politique prouve qu’il n’a absolument aucun pouvoir positif sur le système économique, à l’inverse de ce qu’il prétend. Cette obsession maladive cache en réalité leur déni et ignorance des vrais mécanismes économiques. Non, ce n’est pas le politique qui trouvera un vrai emploi aux chômeurs. Il ne le peut pas. Le politique ne sait que prendre de l’argent, pour ne « redistribuer » avec arbitraire que ce qu’il n’a pas empoché ou gaspillé.

J’entends déjà certains m’évoquer les « emplois d’avenir » ou issus de contrats aidés, les embauches dans les secteurs publics (fonctions publiques nationales et territoriales, secteur de la santé et autres parapublics). Tous de faux emplois ne reposant pas sur la valeur ajoutée mais sur la fiscalité. Autant de spoliation de richesse déjà créée sous divers fallacieux prétextes. Rien que de l’artifice illusoire.

Tout a-t-il été essayé ? En mots, en paroles, oui. Toutes les méthodes socialistes ont été essayées, épuisées même. Et dans ce registre, c’est la guerre ouverte. Les termes de « lutte contre le chômage » ou de « combat pour l’emploi » sont symptomatiques de l’esprit guerrier. Il ne reste plus qu’à obliger les individus à tenir des emplois inutiles. Pourquoi ne pas creuser à la cuillère des trous pour les reboucher ensuite ? Voilà de quoi occuper du monde ! Mais pas de quoi le nourrir. Mince.

Pourtant, une idée simple n’a pas été essayée. Jamais. Simple pourtant, je vous dis. Tabou, toujours critiquée, servant souvent de bouc-émissaire, mais jamais mise en œuvre. Et pour cause, car cette idée supprime définitivement tout pouvoir aux politiciens de nuire au peuple : c’est le « laissez-faire », terme français, repris même par les anglo-saxons comme principe économique vertueux !

Le laissez-faire part de l’idée simple que chacun sait bien si l’autre fait un travail dont il a besoin. Et il le sait mieux que quiconque. Ma précédente chronique l’expliquait, l’égoïste a besoin de la solidarité transmise par le marché libre. Moins d’oppression fiscale, moins d’oppression législative et réglementaire, moins de violence morale, moins d’interventions publiques, moins d’incantations politiques, tout en donnant plus de responsabilité, plus de liberté et plus de sécurité aux individus.

Sommes-nous des adultes avec assez de raison pour savoir embaucher ? Ou restons-nous d’éternels adolescents ayant besoin de savoir que leurs parents sont là pour couvrir leurs dépenses ? Cessons à jamais de laisser notre carnet de chèques aux politiques. Paniers percés, ils n’en ont jamais assez. Bien pire : ils ne laissent aux deux générations qui arrivent qu’un champ de ruines sociales. Mais de la réalité et de notre devenir ils se moquent bien. L’avenir du chômage, sa réduction définitive et irrémédiable, passent par la plus systématique des libéralisations de l’économie et de la vie sociale. La théorie l’explique, la réalité le confirme. Il ne nous reste plus qu’à lever ce voile qui nous aveugle.

Et si… la pyramide cachait un iceberg ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Une affaire secoue le « journal toulousain » et voilà la presse locale concurrente qui s’en empare, plus promptement que pour expliquer les affaires où trempe son propre patron. Cette chronique ne vient pas défendre l’homme (ML), lequel a affaire à la justice, mais souhaite illustrer par l’anecdote que l’ensemble des Français sont, à l’identique, financièrement manipulés par les politiques.

ML a vendu du bonheur à des individus. Sûrement bien naïvement, ils se sont laissés convaincre qu’ils pouvaient espérer empocher beaucoup d’argent via un rendement très supérieur à ce qui se pratique habituellement. Etait-ce à la base bien raisonnable ? Car, pas de miracle, plus un rendement est élevé, plus le risque de perdre sa mise est élevé en retour. C’est le principe du casino.

On nous dit que c’était pour des crevettes et des couches culottes, au Brésil via le Maroc. Pourquoi pas ? Les gens peuvent bien investir où bon leur semble. L’objet de ces apporteurs de capitaux était un gain, soit. Mais sans trop d’effort, ni de risque ? De là à ne pas vérifier la crédibilité du business, c’est bien naïf. Il n’y a alors qu’un pas de naïveté à abus de confiance. Mais laissons la justice opérer.

Ceux qui me lisent auront compris que ce genre de péripétie n’a rien à voir avec le libéralisme. La liberté n’induit pas la tromperie, car la concurrence des opportunités veille. Par contre, la pression fiscale induit l’imprudence. Le contribuable inquiet devient une proie facile. De plus, c’est en Socialie que ce genre d’opérations reste possible. Malgré la foule des codes et des lois, malgré l’affaire Madoff, la cavalerie pyramidale a encore de beaux jours devant elle, elle est partout autour de nous.

Ainsi il y a bien mieux que les crevettes. La dette publique est un banc de langoustes à elle seule ! Remplaçons ML par l’état, ou plutôt par les hommes politiques, et les apporteurs de capitaux par les contribuables : la dette est une gigantesque cavalerie. La différence, c’est que les naïfs de ML ont été libres d’apporter leur argent et pouvaient se retirer. C’était leur argent. Quant au contribuable par contre, il est dans l’obligation de payer, sans pouvoir refuser et sans jamais toucher de bénéfice.

Par l’argent dit « public », les hommes politiques nous jurent qu’ils vont multiplier le bonheur dont chacun de nous pourra disposer. Les plus pauvres seront moins pauvres grâce aux plus riches qui seront à peine moins riches. Mais à qui cela profite-t-il vraiment ? A l’instar de ML, sous la pompe, les hommes politiques et la masse qui gravite autour de l’argent public vivent sûrement très bien.
Mais à l’inverse des victimes de ML qui perdent tout au plus leur mise, quand la dette finance le fonctionnement de l’état, tous les contribuables sont forcés de financer dette, intérêts et re-dette ! Superbe machine dont tout casino est jaloux : faire de nous des joueurs forcés, et des joueurs à vie !

Constatons que l’état s’autorise en droit ce qu’il interdit à nous tous : la justice réclame des comptes à ML, mais n’en réclame pas à tous les hommes politiques qui contractent des emprunts publics. Et pourtant, tout pareil, ils se servent de notre argent pour nous endetter sans aucun contrôle et de manière illimitée. Sans aucun effort pour eux, si ce n’est pour nous manipuler et nous laisser croire que c’est pour les pauvres. Les clients de ML ont été des imbéciles, mais ils étaient libres de ne pas entrer dans son jeu absurde. Ils ont joué sciemment. A l’inverse, ceux qui agissent au nom de l’état nous obligent à entrer à notre insu dans leur vaste escroquerie de la spoliation fiscale et de la dette publique. Nous n’avons que le choix de payer, pas de refuser. Sauf à nous enfuir. Ou nous révolter.

Tuesday, November 21, 2017

Chypre, la première d’un printemps européen ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Ces derniers jours, les journaux titraient « Ultimatum de l’Europe à Chypre » ou « réunion de la dernière chance ». Mais qu’en est-il vraiment ? Nul doute que chaque jour continue d’apporter son lot de rebondissements. Lorsque cette chronique paraîtra, la situation aura déjà évolué. Pourtant, une tendance se dégage déjà : Chypre n’est pas une nouvelle petite Grèce. C’est sans doute le début d’un mouvement bien plus profond de la crise vécue par les peuples européens.

Pendant ces derniers jours, une française habitant Nicosie, a eu les honneurs des ondes : BFM, RMC, Europe 1… Une femme courageuse qui a quitté la France il y a 10 ans pour faire ailleurs ce que son pays ne lui permettait plus de faire. Il se trouve qu’étant libérale, j’ai des contacts avec elle. Après quelques jours, les passages radios cessent : son témoignage cloche trop, il est passé du scoop à l’action médiatique. L’action de quelqu’un, qui menacé de tout perdre et qui voit juste, dérange le pouvoir et sa logorrhée monétariste. La cause de la crise chypriote, c’est l’exposition du système bancaire de ce pays dopé comme les autres à la dette étatique.

Ce qui se passe à Chypre n’est pas juste une autre crise grecque ou espagnole. Parce qu’ils se sont précipités sous la pression de Bruxelles, les nouveaux dirigeants chypriotes (plus amateurs que nos politicards professionnels ?), succédant à des communistes ayant laminé les finances publiques de l’île, ont commis l’erreur de proposer une taxe sur les dépôts bancaires préparée par la bureaucratie locale depuis plusieurs mois. En sombrant dans le vandalisme, la véritable nature de la technocratie européenne envers le droit et le peuple est révélée : un profond dédain, un mépris absolu pour la propriété privée, droit naturel sacré à la base même de toute civilisation. Maintenant il doit être compris que « taxer c’est voler » ! Toujours plus de dette publique, c’est toujours plus de spoliation sur le privé. Et la bonne nouvelle, c’est que ce peuple dynamique ne se laisse pas faire.

Bien sûr, la Troïka européenne ne veut pas en rester là : le but n’est pas de sauver Chypre, mais le système de monnaie papier à la base de la spoliation des citoyens. Les kleptocrates européens ne tolèrent pas que leurs plans subissent un tel grain de sable : ils préfèrent sacrifier l’Europe et les peuples au profit de l’euro. L’Eurogroupe ne veut surtout pas que le monde sache que Chypre n’a pas besoin d’eux. Les images diffusées doivent être celles d’un désarroi populaire. Pourtant, mon amie témoigne du contraire. Alors que les infos nous disent que « la population est au bord de l'asphyxie, l'essence va bientôt manquer, les gens sont désespérés », cette française qui connaît le pays est en direct sur Europe 1 à exprimer « sa totale confiance dans la capacité de ce pays à se sauver de cette situation de blocus financier ».

Intox médiatique savamment orchestrée. Localement, contrairement à ce qui se dit, la colère populaire gronde encore. Des gens de toutes opinions s’organisent pour ne pas laisser le système piller leurs économies – car c’est bien de cela qu’il s’agit au bout du compte. Cet accord de sauvetage par l’argent des déposants va laisser des traces sur la confiance des investisseurs étrangers envers le système bancaire européen et des citoyens envers leurs politiques.

La raison en est simple : le droit de propriété, pierre angulaire de toute la société libre a été bafoué. Mais ce qui est à la fois extraordinaire et rassurant, c’est que lorsqu’on y touche de manière trop visible, trop évidente, le peuple de toutes opinions réagit pour sauver ce droit venu des millénaires. Cependant laisser croire qu’en ne spoliant que les riches de ce petit pays solutionnera nos propres turpitudes est évidemment une erreur : les vrais droits sont ceux de l’être et non de l’avoir !

Monday, November 20, 2017

Délit moche, un !

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Dailymotion : beaucoup d’internautes connaiss(ai)ent ce site de partage de vidéos. Contrairement à ce que son nom laisse imaginer, ce site est français. Et cocorico, une nouvelle fois, le ministre improductif du redressement (Arnaud Montebourg) s’est distingué en coupant arbitrairement cette pépite d’un riche futur, laissant une image très stalinienne de la France par le blocage de la vente de cette entreprise à la société américaine Yahoo!. (Le fait que depuis Yahoo! soit aussi en difficulté ne change rien à l’idée : qui sait si Yahoo! ne serait pas mieux connu aujourd’hui sous le nom de Dailymotion ?)

En fait, cette intervention illustre l’incapacité de nos hommes (ou femmes) politiques à toute vision économique, dont ils ne comprennent pas le fonctionnement – ou ne veulent pas le comprendre. Encore moins celle de l’internet, qui n’est absolument pas sur la même échelle de temps de réaction.

Cette vision franco-française se voulant très holiste de préservation des emplois donne du grain à moudre au populisme de bas étage, mais sacrifie comme toujours le long terme. Nous assistons à la lente agonie du modèle étatiste avec la croyance que l’homme politique peut déterminer, peut créer le développement. Depuis 40 ans et plus, on voit pourtant ce qu’il advient des différents secteurs de l’industrie dite lourde, là où l’homme politique a détourné des milliards. Les entreprises en bonne santé ont été dépouillées et n’ont pas pu redevenir ou rester compétitives sur leurs secteurs.

Dailymotion f(ais)ait partie des 50 sites les plus populaires au monde. Mais a-t-il les moyens de tenir la dragée haute à YouTube ? France Télécom, puis Orange, malgré les promesses, n’a jamais vraiment su la dynamiser car ce n’est pas son métier. La proposition de Yahoo! doublait la valorisation de cette société et permettait d’entrevoir des perspectives de développement car adossé à un grand de l’internet, spécialiste du contenu. L’Etat, actionnaire de France Télécom, propriétaire actuel de cette société, est certes en droit de s’opposer à la vente. Mais ce refus prive Dailymotion de l’oxygène nécessaire et la condamne à terme. Car Dailymotion va devoir subir un nouveau concurrent au lieu de jouer enfin le challenger. A moins que Orange s’imagine comparable à Google et Yahoo!.

Le jour où cela arrivera, on aura oublié cet épisode – ce qui se confirme bien quelques années après. Ce qu’on voit aujourd’hui, c’est qu’un ministre se vante d’avoir préservé 150 emplois en France. Mais ce qu’on ne voit pas, c’est que France Telecom voulait se séparer de cette activité non stratégique en engrangeant au passage une belle plus-value pour mettre cet argent dans ses activités stratégiques. Ce qu’on ne voit pas, c’est que France Télécom n’a aucun intérêt à développer Dailymotion. Ce qu’on ne verra pas, ce sont les emplois qui auraient pu être développés, y compris chez FT, car Yahoo! avait un véritable intérêt stratégique à acquérir Dailymotion. Ce qu’on ne verra pas, c’est que Dailymotion va galérer pour tenter de maintenir son activité. Et tout cela parce qu’un politique, un de plus en mal d’existence dans un naufrage sans précédent, s‘est imaginé en sauveur d’un bateau dont hélas avant lui ses congénères avaient percé la coque de partout.

Si les galériens avaient des boulets aux pieds à une certaine époque, c’était pour éviter leur évasion. De même, notre système d’état se fait esclavagiste avec les entreprises : au lieu de leur donner envie de continuer à se développer, la France leur met les deux boulets de la fiscalité et de l’arbitraire. Le pouvoir préfère les voir mourir demain plutôt que de les laisser partir pour vivre après-demain. Tout est bon pour les enchaîner encore un peu plus. Mais le politique n’est jamais que dans l’instant, dans le spectacle et dans l’illusion. Il doit pour exister marquer la société de sa patte quoi qu’il advienne.

Accepter l’idée que les politiciens ignares des lois de l’économie se permettent d’intervenir dans les décisions stratégiques des entreprises est probablement la dernière étape de l’installation du communisme en France par des gens qui s’en défendent, en plus. L’entrepreneur doit voir loin, il prend le risque de se tromper et il assume. Le politicien est son exact inverse, le fléau absolu.

Sunday, November 19, 2017

Le politiquement correct et les ‘ismes’

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Récemment, Tournefeuille accueillait en sa « médiathèque » une conférence sur le sujet suivant : « Le retour des nationalismes et du populisme en Europe ». Avec comme accroche : « Depuis une dizaine d’années et en particulier lors des cinq dernières années de crise économique et politique : nationalisme, populisme, protectionnisme et xénophobie sous des formes diverses ont connu une résurgence aussi vive qu’inquiétante. »

Quand on est adepte de la bien-pensance ambiante et politiquement correcte, ou simplement quand on n’a pas pris le temps d’approfondir, on est probablement tenté en effet de voir une part de réalisme dans un tel sujet, qui dès lors intrigue et intéresse. Car en effet, l’actualité le montre chaque jour un peu plus, les tensions de la société s’accroissent et les rancœurs s’accumulent.

Alors quoi ? Que trouve encore à redire le libéral donneur de leçon ? Simplement que si l’auteur de la conférence a su diagnostiquer une situation, il n’a pas été capable de la comprendre, car il se trouve que rien n’est juste ni correct dans son sujet, pas la moindre des idées. Voyons cela.

« Depuis une dizaine d’années » : Faut-il rappeler que l’installation du FN en France remonte au règne de F. Mitterrand (1981) qui fut l’opérateur de sa percée durable dans le paysage politique ?

« Lors des cinq dernières années de crise économique et politique » : Nous sommes continuellement en crise économique depuis 1971 quand Nixon signa la fin de tout lien entre dollar et or, accélérée ensuite par le choc pétrolier de 1973. L’endettement massif s’est fait jour à cette époque. La crise politique bien plus profonde n’a fait que monter par étage en 1914, 1919, 1940, 1945, 1958 et 1968.

Quant aux ‘ismes’, ils sont mis au ban comme des maux évidents ou nouveaux. Or il n’en est rien.

« Nationalisme » : Nous souffrons du nationalisme depuis Louis XIV, au moins. La campagne 2012 l’a montré, tous les partis sont nationalistes et accusent le monde extérieur de tous nos problèmes.

« Populisme » : Selon Wikipedia, le populisme « désigne une position politique qui prend le parti du peuple contre les élites ». Il semblerait donc que le populisme soit une excellente chose, non ? Le politicien n’est-il pas élu pour servir le peuple dans son ensemble ? Si je peux, je vote populiste.

« Protectionnisme » : Soyons juste, c’est bien un mal que le protectionnisme. Mais il n’est en rien nouveau. Déjà en 1848 Frédéric Bastiat, député des Landes, expliquait ses méfaits aux politiciens économiquement incompétents de son époque. Hélas, Montebourg n’a pas entendu sa leçon.

« Xénophobie » : Voilà le point probablement le plus sensible. Le dictionnaire nous dit qu’il s’agit du « sentiment de rejet des étrangers ». Là encore, où est le mal ? Pourquoi un homme de la rue, libre et honnête, n’aurait-il pas droit à ce sentiment ? Cela ne sert à rien de blâmer le xénophobe, tant qu’il n’attente à la liberté de personne. Ce sont les causes de ce sentiment qu’il faut oser dénoncer.

On pourrait développer, bien sûr. Que conclure de cette rapide démonstration ? Quand on a dépensé des fortunes sur d’inutiles Médiathèque ou Phare, il faut trouver de quoi les remplir. Et sous prétexte de culture, on nous sert quelque billevesée mal réfléchie, mais surfant habilement sur la vague des idées toutes faites du politiquement correct. Un acte culturel véritablement ‘citoyen’ serait plutôt d’organiser une campagne nationale appelant au bon sens, démystifiant au passage toutes ces croyances collectivistes qui bloquent notre société anesthésiée depuis trop longtemps.

Utilitarisme et Liberté

Il y a encore dans notre pays une forte empreinte de cette histoire, cette tradition de la pensée héritée du matérialisme marxiste associant le libéralisme à l’analyse économique – et encore, à une forme d’analyse économique très réductrice et très éloignée de la pleine liberté, en réalité.

Selon cette vision « économique » du libéralisme, il serait possible de faire avancer la liberté, ou même de la jauger, de la mesurer, en analysant le fonctionnement social comme un marché où chacun de nous cherche à optimiser ou à maximiser son intérêt personnel. On parle d’utilitarisme parce que cet intérêt personnel est assimilé à une « utilité » sociale que chacun de nous aurait en société et que la société aurait pour chacun. Cette vision est très en vogue chez les « économistes ».

Tout n’est pas faux dans une telle vision des choses. Il est bien évident qu’à tout moment, chacun de nous évalue les choix d’action qui sont les siens pour prendre l’option qui présente le meilleur futur, le meilleur potentiel, qui maximise ses « intérêts ». Mais tout dans cette vision utilitariste n’est pas vrai ni conforme à notre réalité non plus. C’est ainsi que des choses comme le PIB (Produit Intérieur Brut) ont vu le jour, par exemple. Un nombre, une « mesure » qui prétend quantifier la « richesse » produite par tout un pays, alors que personne n’est capable individuellement d’exprimer de façon précise et universelle ce qui fait sa richesse justement – à part bien sûr la part monétaire de celle-ci.

L’utilitarisme est multiforme, et c’est d’ailleurs un indice de son incohérente et erreur profondes. Il est un des jouets préférés de la foule des économistes qui chacun joue à qui trouvera « l’utilité » ou la formule – pardon, l’équation – la plus sophistiquée, la plus originale ou la plus « efficace ». Le grand « travail » de l’économiste consisterait ainsi à trouver cette équation, ou système d’équations, qui par magie arriverait à modéliser toute une économie – c’est par exemple le grand jeu auquel se livre l’INSEE depuis des années, sans jamais y arriver bien sûr, ce qui leur laisse un job à temps plein.

Ils n’y arrivent pas parce que c’est tout simplement impossible et que personne n’y arrivera jamais, et d’ailleurs fort heureusement. Ils commettent en effet deux erreurs conceptuelles qui leur refusent tout espoir. La première vient du caractère foncièrement individuel de ce qu’on nomme « préférence temporelle », c’est-à-dire la manière dont chacun fait ses choix d’action, y compris par arbitrage de son long terme contre son court terme. Ce caractère personnel et très intime varie à l’infini avec chacun et même pour chacun avec le temps, ce qui rend la modélisation sous forme « d’utilité » tout ce qu’il y a d’illusoire. De plus, espérer modéliser ce choix personnel serait nier notre libre-arbitre.

Seconde erreur, et à mon sens la plus importante, cette approche par équation, souvent faussement « mathématique » suppose un juge externe arbitraire qui serait capable de connaître, comprendre et mesurer cette fameuse « utilité » pour nous tous, alors même que nous ne fonctionnons pas ainsi. L’économiste, ou le politicien, pourtant lui-même un humain qui devrait se rendre compte comment il raisonne lui-même, prétend se mettre au-dessus de tous les autres hommes et proposer quelque « formule » qui permettrait d’extraire l’utilité de chacun de la foule des esprits, et sortir un nombre.

C’est bien évidemment ridicule, car personne ne peut légitimement se positionner en juge ou en expert de ce qui est bien pour nous individuellement. Personne à part moi ne sait ce que je désire.

On me dira que pourtant, c’est un raisonnement de ce genre que fait l’entrepreneur quand il calcule la probabilité de ses gains ou de ses risques. Cela est très vrai cette fois, même si beaucoup optent pour des approches plus intuitives. Mais la grande différence entre l’entrepreneur et l’économiste tient au rôle, à cette seconde erreur vue juste au-dessus. L’entrepreneur prend des risques pour lui seul et sera en situation de les assumer seul. L’économiste agissant pour quelque politicien ou gouvernement prétend par contre tirer des conclusions et proposer des mesures qui toucheront toute la population sans jamais en subir les conséquences lui-même ni jamais savoir leur besoin réel.

En fait, outre cette impossibilité à représenter la réalité, l’utilitarisme, quelle qu’en soit la forme, n’est tout simplement pas libéral parce qu’il ne repose pas sur les principes libéraux du droit. Imaginer une utilité qui suffirait à la décision pour autrui, c’est nier le droit individuel de tous et chacun à l’action selon ses propres critères, sa préférence temporelle. L’utilité vole le libre arbitre. Se réclamer d’un utilitarisme, c’est prétendre qu’on sait mieux qu’autrui ce qui est bon pour lui. C’est la négation même du droit dont nous disposons tous de faire des erreurs ou des mauvais choix, libres.

Saturday, November 18, 2017

Et si… l’Agenda 21 était une fumisterie de plus ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Un échange avec un de mes amis habitant de l’autre côté de Toulouse sur ce que les textes appellent le « Programmes Agenda 21 » nous amène à partager le constat suivant : autre commune, autre intercommunalité, mêmes divagations. Notre expérience de ces divagations aboutissant à des projets et budgets pharaoniques m’a semblé mériter une chronique, dans la mesure où toutes nos communes hélas – les vôtres aussi – subissent l’épée de Damoclès de ces dépenses fantaisistes.

Issu de la Conférence de Rio de 1992 et appuyé par le Grelin-grelin de l’Environnement, l’Agenda 21 se veut reprendre les « meilleures pratiques » du développement durable pour promettre aux communes un avenir radieux. Chaque municipalité y confirme sa logique interventionniste pour « lutter contre la pauvreté, arrêter la pollution de l’air, préserver la biodiversité, promouvoir la santé, le logement, l’éducation et plus globalement une démarche démocratique ». Et pour effacer ces inquiétudes majeures, il est bon de lever des impôts et préparer une belle ardoise pour demain.

Chaque commune y va de son « diagnostic ». Oubliant au passage qu’elles ont survécu à ce jour à quelques milliers d’années d’histoire pas toujours des plus éco ni logique, leur programme pose une bonne trentaine d’actions hétéroclites s’appuyant sur 3 ou 4 axes. On se limitera ici à examiner les 3 axes de la commune de mon ami, car ils suffisent à illustrer le ridicule danger de cet exercice.

Axe 1 : « Organiser, développer et structurer durablement le territoire » : En quoi est-il légitime ou nécessaire de poser un tel principe pour acquis ? S’il est évident que le territoire nous concerne tous, surtout dans une commune, il reste que la grande majorité dudit territoire est dans le domaine privé. Ce n’est donc pas à une oligarchie d’y faire la loi par-dessus la tête des propriétaires. Le durable ne se conçoit que si le droit de propriété est garanti. Il peut se concevoir tout à fait qu’il y ait un besoin de mieux aménager, mais l’Agenda 21 ne doit pas être un prétexte à expropriation. Ni à multiplier les dépenses publiques et leur cortège d’impôts, forme trop méconnue d’expropriation.

Axe 2 : « Favoriser et susciter la participation de tous » : Soyons direct : en quoi « la participation de tous » (pas celle de chacun ? à quoi ?) serait liée au développement durable ? La liste d’actions est un gigantesque fourre-tout clientéliste. Les uns et les autres y vont de leur interprétation de ce qui est « durable », terme mal défini. Durable, vous avez dit durable ? C’est en réalité très simple, mais personne ne vous le dira : est durable ce qui découle de la décision privée responsable pleinement assumée. On en revient à garantir la propriété privée, car c’est à son niveau que sont les décisions.

Axe 3 : « Accroître la solidarité et renforcer le lien social » : Voyage au cœur du grand n’importe quoi, rhétorique des illusionnistes. Solidarité et lien social sont des termes déformés et vidés de leur sens originel. Quel rapport, même ténu, avec le développement durable, s’il vous plaît ? Comme si celui-ci pouvait se faire hors de la société, hors des « liens sociaux » et sans aucune forme de solidarité, alors qu’il en est l’expression. L’hypocrisie consiste ici à cacher que la bureaucratie a besoin de la manne financière des citoyens pour continuer à se prétendre utile. Le développement suppose l’échange et la relation sociale constante. Il suppose la solidarité par l’échange. Si un produit ou service est bon, je lui ferai l’honneur de mon achat avec en retour la joie de sa qualité et de sa pertinence. La vraie solidarité naît spontanément de l’échange libre, pas de la volonté politique arbitraire et creuse.