Sunday, May 1, 2011

La dette nationale : Retour d’expérience d'un sondage sur Facebook


Alors que je venais de rédiger un post sur comment aborder une stratégie pour le libéralisme, dont un des grands enjeux consiste à traiter habilement le problème de la dette, je me rends compte que notre ami Facebook vient d’ajouter une fonctionnalité très accessible pour mener un sondage auprès de « ses amis.»


Ce problème (la dette, pas Facebook, faut suivre) restant épineux, autant faire travailler les nombreux cerveaux de mes amis libres-héros, je me dis donc que voilà une occasion à la fois de tester la bestiole et de trouver des pistes supplémentaires comme base de notre future réflexion sur la liquidation de la dette.

Aller, l’interface est simple, proposons une question, quelques options de réponse pas trop débiles, mais loin d’être complètes et hop, vas-y mon FB. Histoire de ne pas passer à côté de l’occasion, j’utilise à plein l’option « Demander à des amis » en invitant à répondre la quasi-totalité de mes contacts FB connus pour être plus ou moins libéraux – histoire aussi d’éviter d’interroger des gauchistes primaires qui ne manqueraient pas de passer à côté du sujet.

Les contributions ne tardent pas à venir, et en fin de journée nous étions à 260 votes. Je laisse mariner encore et le lendemain, à 461 votes on sent bien que nous sommes entrés dans la phase de convergence asymptotique. Sans plus attendre, j’entreprends d’analyser les résultats, que voici plus bas.

Avant de détailler, sous différents angles, disons tout de suite que l’expérience est selon moi un succès. Elle montre que le libéral ne reste pas dans son coin et contribue volontiers à trouver des solutions à un tel sujet, certaines pistes s’avérant à mon humble avis tout à fait intelligentes. Le libéral est de plus fort d’un humour certain, avec des propositions inapplicables mais qui au moins déclenchent une hilarité immédiate et optimiste. Et puis, bien sûr, hélas, il faut bien reconnaître qu’il y a quelques hurluberlus qui se sont glissés dans le panel et qui ne font qu’illustrer combien la culture économico-politique de ce pays est affligeante.

Voici donc les résultats bruts, classés par nombre de voix décroissant et corrigés des fautes d’orthographe probablement saisonnières :
Num.RéponsesNb. Votes(%)
1Réduire les dépenses publiques, libérer l’économie10823.4%
2Libérer des excédents budgétaires et rembourser progressivement6213.4%
3Supprimer tous subsides et déductions, tant aux entreprises qu’aux particuliers.459.8%
4Je ne sais pas, des lasagnes ?255.4%
5Sucrer 50% des subventions aux associations214.6%
6Il n’y a de dette qu’individuelle183.9%
7La dette est la responsabilité des gouvernants, à eux de rembourser, pas à nous132.8%
8La rembourser comme due, mais au moins cesser de s’endetter encore122.6%
9Vendre Versailles, Le Louvre et la tour Eiffel pour rembourser112.4%
10Sortir de l’Europe de Bruxelles102.2%
11Une politique de croissance soutenue par une ré-allocation de l’argent public102.2%
12Interdire le cumul des fonctions électives, les avantages en nature92.0%
13La renégocier point à point avec les créanciers92.0%
14Immigrer en Suisse81.7%
15Obi-Wan-Kenobi81.7%
16Prendre les milliards nécessaires à ceux qui les détiennent : les super-riches81.7%
17Privatiser les biens de l’état81.7%
18Vendre les organes des hommes politiques au marché noir71.5%
19Coup d’état61.3%
20La dette n’a pas à être remboursée61.3%
21Laisser l’inflation faire son boulot61.3%
22La dette n’existe pas, elle n’est que fictive51.1%
23Arrêtons de prendre aux petits pour enrichir les caisses de l’état40.9%
24Effacer la dette, dire qu’elle n’existe pas40.9%
25Faire faillite, sortir de l’UE et faire de la France un paradis fiscal40.9%
26Organiser une grande kermesse40.9%
27Relancer l’investissement, l’industrie (dont PME)40.9%
284230.7%
29Créer un impôt sur les transactions financières30.7%
30Recouvrir notre indépendance économique en sortant de l’Europe de Bruxelles30.7%
31Une Europe des Monarchies, Chrétienne30.7%
32Audit par les citoyens de chaque collectivité et ministère20.4%
33Augmenter les impôts sur le patrimoine20.4%
34D, la réponse D20.4%
35Interdire le déficit de fonctionnement, augmenter la TVA sur certains produits20.4%
36Que les banques remboursent le prêt de l’état20.4%
37Taxer correctement l’héritage et les transmissions20.4%
38Emigrer au Canada10.2%
39Harmoniser au niveau européen l’impôt sur les sociétés10.2%
40La dette n’est pas un problème00.0%



La première (bonne ?) nouvelle, c’est que personne ne semble considérer que « la dette n’est pas un problème » (#40) – bon, mais on n’est guère avancés.


Commençons par les comiques – ils sont quand même 12,5%, soit 1 sur 8, respectable. On peut se demander si les 25 qui ont opté pour « les lasagnes » (#4) avaient à l’esprit la dette morale qu’a sans aucun doute Nicolas envers Silvio pour lui avoir tout appris de la manière de profiter des medias en politique. L’optimisme est bien présent quand on propose une « kermesse » (#26) ou de « vendre des organes » (fussent-ils politiques) (#18), et il est vrai que cette dernière option n’est pas à négliger. Attention cependant, si certains morceaux, comme les poumons, sont probablement de première qualité vu que le politique ne manque pas d’air, d’autres seront plus incertains, tel le trou de balle, probablement distendu d’avoir eu à subir de trop nombreux suppositoires politiques…

Enfin, il faut espérer que les 8 qui ont proposé Obi-Wan Kenobi (#15) ne sont pas désespérés au point d’attendre La Force comme seule solution – pourvu qu’elle ne soit pas « tranquille…»   On peut aussi penser que les candidats émigrants, en Suisse (#14) ou au Canada (#38) sont un peu dans le même état… d’esprit.

Regardons maintenant les « vraies » réponses, celles qui font réellement avancer le schmilblick. On verra les fumisteries non-libérales ou tout simplement idiotes plus tard. Deux familles sautent aux yeux – sans toutefois altérer la vision : les pragmatiques et les rigoristes. Commençons par ces derniers.



Les rigoristes sont des libertariens – ou tout comme – qui considèrent la dette sous l’angle de la responsabilité, pour dire : pourquoi devrait-on payer, rembourser, quand on n’est pas responsable de la dette ? Je dois dire que je fais partie de ceux qui ont – notamment – voté dans ce camp là. Pour un libéral, il est inimaginable de faire subir au peuple innocent un tel fardeau sans sanctionner les fauteurs de dette maudite (ce qui n'est pas une contrepèterie). Parmi les diverses options choisies – au total 10,4%, n’aurions-nous que 10% de libertariens dans la salle ? – trois sont plutôt classiques (#6, #7, #36) elles consistent à rejeter la somme énorme sur les oligarques – si un jour nous faisons la révolution, il faudra probablement garder cette idée.



Les trois autres options (#20, #22, #24) méritent il me semble plus notre attention : la dette n’existerait pas. Il est indéniable que cela est vrai d’un point de vue juridique. On pourrait également considérer que dans un monde de monnaie fiduciaire, la monnaie étant virtuelle, la dette l’est aussi. Cela est tentant, cela simplifie tellement les choses, pas besoin de s’en préoccuper de la dette, pffff, envolée. Mais dans les deux cas, ignorer la dette implique ignorer les créanciers, obstacle qui pourrait vite devenir majeur à la transition vers le non-état. Le pragmatisme semble imposer de trouver une solution acceptable pour tous à ce fardeau.


Au tour des pragmatiques, ce sont les plus intéressants dans notre contexte. A noter que pendant que cette note était rédigée, une nouvelle idée est apparue : « Supprimer l’emploi à vie.»




Tout d’abord, les réponses peuvent être regroupées, plusieurs options revenant plus ou moins au même. Ainsi, on peut regrouper :
  • #1, #2 et #8 sous la bannière « Réduire les dépenses publiques, libérer l’économie » : Avec un total de 39,4% des votes, c’est le choix du bon sens qui fort heureusement prime. Mais rien de bien original, messieurs, l’imagination, tu la libères, ta rien…
  • #3 et #5 font ensemble « Supprimer tous subsides et déductions, tant aux entreprises qu’aux particuliers » (14,4%) : Très concret, tout ce qu’il y a de pertinent, mais à mon sens c’est un cas particulier du groupe précédent, puisqu’il s’agit de réduire un type particulier de dépenses publiques. La majorité des libéraux aurait-elle besoin d’inspiration ?
  • Viennent #9 et #17 pour « Privatiser les biens de l’état » (4,1%) : Voilà une idée qui semble intéressante, puisqu’elle permettrait de dégager des sommes probablement considérables (à combien Versailles, les œuvres du Louvre, la tour Eiffel ou encore Notre Dame ?) sans impacter aucunement le bas de laine des ménages. La vraie question reste, avec 1500 milliards sur le dos, combien de châteaux de Versailles faudrait-il pouvoir vendre pour rembourser sur moins de 5 ans ?
  • Arrivent enfin en vrac #12 « Interdire le cumul des fonctions électives, les avantages en nature,» #13 « La renégocier point à point avec les créanciers,» #32 « Audit par les citoyens de chaque collectivité et ministère » et #35 « Interdire le déficit de fonctionnement » et donc la petite dernière « Supprimer l’emploi à vie.»  Bravo messieurs (et dames) !

Gardant le meilleurs pour la fin, il nous reste 75 votes dont le libéralisme est pour le moins douteux – des étatistes se seraient-ils infiltrés dans Facebook ??

  • Tout un groupe de réponses (#10, #25, #30, #31) propose de « Sortir de l’Europe de Bruxelles » pour régler la dette. Allo ?? Quel rapport ? Indépendamment de l’euro, la dette de la France est bien la dette de la France, pas celle de l’Europe. Certes, l’euro nous impose une politique monétaire qui ne permet ni inflation in dévaluation à notre guise, mais pour le coup, c’est plutôt une bonne chose, car s’il est vrai que cela aiderait à faire fondre la valeur de notre endettement, cela aurait aussi et surtout un effet désastreux sur l’épargne populaire.
  • Certains ensuite se révèlent de tendance keynesienne en proposant « une politique de croissance soutenue,» de « relancer l’investissement,» et une « inflation [qui fait] son boulot » (#11, #21, #27). Je suggère de leur offrir un stage d’économie autrichienne de 1 semaine en accéléré au Mises Institute, financé par la performance de leurs propositions. Mieux, faisons le en une phrase : l’économie ne se relance que par une seule chose, l’épargne. La seule option économique viable, c’est la réduction des dépenses publiques.
  • Tous les autres (à part la proposition de « coup d’état ») propose, ô imagination débordante, d’augmenter taxes et impôts. On les excusera, ils n’ont pas dû se rendre compte que la question d’origine était celle d’un libéral

Pour info, pendant la rédaction de cette note, le nombre total de votes est passé à 573, mais sans changer notablement le poids de chaque option en pourcentage.


Que conclure de tout cela ? Tout d’abord que l’expérience consistant à faire appel aux cerveaux de ses amis libéraux fonctionne. Plusieurs idées ont émergé ici et là et vont pouvoir être reprises pour nos travaux de programme politique. L’option de cet outil laissant libre à chaque participant le choix d’ajouter des option de réponse est à cet égard une idée brillante – même si après il faut nettoyer les résultats des impuretés keynesiennes…




Enfin et surtout, on voit qu’il existe de nombreuses pistes pour réduire la dette, en libérer les français de demain et même d’aujourd’hui. Beaucoup d’autres existent sans doute. La vente des biens immeubles de la France semble une piste pleine de potentiel. Il est extremement positif de pouvoir penser qu’il ne s’agit pas là d’une quelconque malédiction. On se demande dès lors (enfin, on craint de savoir pourquoi…) pourquoi nos chers (très chers) dirigeants ne se préoccupent pas plus de mettre en œuvre de telles mesures dès à présent….

Friday, April 29, 2011

Le libéralisme connaît-il des variantes ?

Cet article est désormais accessible via les Lettres de Libéralie, ici. Merci de votre intérêt.



Tuesday, April 26, 2011

Contribution a une stratégie pour un Parti Libertarien en France - Introduction

A l’heure où tous les partis et autres groupuscules de France commencent à fourbir leurs armes verbales et démagogiques de tous ordres en vue de l’échéance de 2012, il peut être opportun de contribuer au réveil des libéraux en France en posant les bases d’une stratégie de transition vers l’instauration d’une véritable société libertarienne – on peut la rêver, en tout cas.

Un certain nombre d’initiatives existent déjà, fortes souvent de propositions très concrètes et allant dans le bon sens, mais qui pour autant, me semble-t-il, ne posent pas assez clairement les enjeux en termes d’objectif à atteindre et d’obstacles à franchir.

De même, des réflexions (en français) de fond existent, par exemple celle Bernard Lemenicier (http://lemennicier.bwm-mediasoft.com/displayArticle.php?articleId=65) mais elles ne me semblent l’aborder que de manière théorique, n’étant pas non plus de la dernière actualité . Bien sûr, il y a aussi tout le matériau disponible via le Libertarian Party américain (www.lp.org), le Libertarian Forum de Rothbard (http://mises.org/journals//libertarianforum.asp) et beaucoup des idées sont à reprendre, mais la réalité de la France n’est pas celle des Etats-Unis, il faut donc adapter ce riche matériau.

Cette modeste contribution souhaite aider à clarifier les enjeux et les options quant à la démarche à suivre.

Une stratégie pour amener le libertarianisme, pardon, le libéralisme en France (*) devrait être réaliste et pour ce faire aborder le sujet de notre déplorable existant jusqu’à une cible future qu’il s’agira d’atteindre, ou du moins approcher.

(*) Dans la suite de ce texte, libéralisme est à prendre au sens de Pascal Salin, c'est-à-dire un libéralisme pur, dit « libertarien » pour éviter la confusion avec tous ces ersatz qui hantent les discours politiques de nos jours. C’est le libéralisme des grands penseurs libertariens, tels M.Rothbard, H-H.Hoppe ou L.v.Mises.

Pour ce faire, il me semble que nous devons envisager trois grandes phases et pour chacune des objectifs et des domaines d’action propre.

Ce premier texte propose la démarche générale, ses trois grandes phases, qui seront développées plus en détail chacune dans un texte propre, à venir (+) :

(+) J’espère que ce premier texte suscitera de nombreuses contributions des libéraux ;-)

  • 1) Reprendre le pouvoir :
« Reprendre le pouvoir,» pour bien marquer que le « pouvoir,» horrible mot de la politique politicienne, n’appartient pas à l’état mais au peuple, constitué de chaque individu.

Avant tout, il s’agit de créer ou de s’assurer que les conditions sont remplies pour que l’opinion soit suffisamment et consciemment demandeuse de liberté et de libéralisme. Tant que cette condition n’est pas remplie, il n’est qu’illusoire, sinon utopique, d’espérer plus qu’un infléchissement hypothétique de l’humeur de l’électorat en faveur de certaines mesures de nature à se rapprocher du libéralisme, sans jamais en poser les fondations.

Cette phase est déterminante et il ne faut pas la négliger, sous peine d’engager des moyens, lancer des projets, engager des frais sur des élections, susciter des espoirs, par exemple, qui resteront inéluctablement sans conséquence et sans impact notable.

L’objectif doit être de nature informative et de sensibilisation, il s’agit de créer la demande, d’éveiller nos concitoyens à la réalité du monde dans lequel on nous a peu à peu enfermés et, par la prise de conscience, accroître leur pression sur le système pour demander que celui-ci se libéralise concrètement, de plus en plus et sur de plus en plus de sujets.

Il faut cependant garder le cap, et le bon. Beaucoup de faux libéraux, n’ayant pas bien compris combien nous sommes loin d’un semblant de liberté, ont tendance à se contenter de quelques mesurettes de circonstance, et bien vite se préoccupent d’une prise de pouvoir, souvent élective, tout ce qu’il y a de dérisoire, voire despotique.

Cela passe par une longue campagne d’information, exploitant tous les vecteurs modernes, le web, facebook, les medias. Mais aussi d’autres moyens. L’infiltration des autres partis, les opportunités de prise de pouvoir locales – les free state projects – sont aussi des moyens à considérer. Et bien d’autres.

Cela passe aussi par la « prise du pouvoir » concrète, but ultime pour beaucoup de partis, y compris libéraux, mais qui pour un libertarien ne peut en aucun cas être le nirvana, puisque il s’agit une fois ce cap franchi de « rendre le pouvoir,» donc de poursuivre l’effort.

  • 2) Organiser une transition :
Une fois les conditions en place, une fois le « contrôle » repris, il faut faire en sorte de ramener ce pays, de l’amener plutôt, à un état (!) digne de la devise qui figure au front de ses multiples mairies et bâtiments dits publics.

De nombreuses choses devront donc être « défaites,» libéralisées, privatisées, sorties du joug de la loi et de la force. En théorie, une abrogation massive de 99% du Dalloz suffirait pour atteindre ce résultat. Ce n’est pourtant qu’une partie des travaux d’un Hercules libéral.

Les institutions elles-mêmes devront disparaître, être dissoutes, sans être remplacées. Adieu l’Elysées, l’Assemblée, le Sénat et autre Cours des Comptes. Ciao bonsoir…

Il faudra aussi rendre au peuple la propriété qui lui a été soustraite. Le Château de Versailles, les barrages, les voies ferrées, les ponts, les routes, la bibliothèque de France, Bercy, le Louvre, tous ces ouvrages, simplement pratiques et productifs, ou vrais symboles de notre histoire, tous devront être restitués. Ventes aux enchères, privatisation en sociétés par actions, les solutions existent et sont nombreuses, le principe, lui, doit rester immuable.

Les services publics devront être remplacés par des services venant du marché libre. La chose est simple sur la papier. Mais ces services ne sortiront pas du chapeau libéral, il faudra un peu de temps avant qu’ils soient mis sur le marché et que la concurrence fasse son œuvre. On ne remplace pas la SNCF par la SNCF, ni EDF par EDF.

Les fonctionnaires peuvent être facilement convertis en contractuels. Mais cela ne supprime pas leurs fiches de salaire, du moins pas tout de suite. Les impôts pourront-ils donc être immédiatement supprimés ? Quelle fiscalité adopter pendant cette transition ? La flat-tax est-elle la seule réponse possible ?

La dette, l’énorme dette doit faire l’objet d’un plan spécifique. Faut-il rendre les élus responsables sur leurs biens propres ces dettes contractées abusivement ? Est-il juste de demander au peuple de continuer à rembourser même ne serait-ce qu’une infime partie de ce monstre ? Qui rembourser ? Que renégocier ?

La monnaie enfin est sans doute un sujet encore plus délicat, dont les ramifications touchent tous les thèmes précédents. Sortir de l’euro semble une évidence, le retour à l’or aussi. Mais comment faire en sorte que chacun ait – très vite – un peu d’or dans son bas de laine quand seul le papier-monnaie a une réalité tangible ?

De plus, voire surtout, tout cela devra être accepté par le peuple, sinon, la guerre civile risquerait exploser à tout moment. Aller trop vite, c’est risquer de ne pas être compris par une opinion sans doute encore fragile, c’est se mettre trop de privilégiés à dos et risquer basculer dans le chaos. Aller trop lentement, c’est donner trop de temps pour que la résistance s’organise, créer des frustrations. Ne pas aller au bout, c’est tout simplement inacceptable.

Il faudra donc du temps. Une période de transition semble inéluctable. Il faudra donc organiser cette transition, choisir les premières priorités, puis les secondes, les expliquer. « Organiser,» de manière à garder l’opinion, l’espoir, et l’objectif.

On peut envisager de nombreuses options, même si bien évidemment, ce ne sera que sur pièce, au moment, que la décision pourra se prendre. Plus les options seront claires, et préparées, plus elles pourront aboutir.
  • 3) Durer :
Enfin, la cible atteinte, le nirvana à portée, le mammouth réduit à un squelette, voire même moins, il s’agira de résister et durer et donc de s’organiser pour cela.

Non pas que la société libérale ne soit pas capable d’auto-fonctionner ni de rendre ses citoyens aussi heureux que libres, bien au contraire, mais la France n’étant pas seule au monde, la concurrence, la jalousie et l’envie des gouvernants des autres pays devra être contenue.

Comme la Suisse, il faudra sans doute organiser une défense (privée et) efficace. Ou comme Monaco, la France devra peut-être devenir le meilleur paradis fiscal au monde. L’arme nucléaire dissuasive fera peut-être partie de ce dispositif – une arme désétatisée, bien évidemment. Et puis, la puissance commerciale d’un pays redevenu dynamique et inventif sera sûrement notre meilleure défense.

Peu importe la stratégie, il est trop tôt pour la choisir, mais il n’est pas trop tôt pour intégrer la réflexion à notre plan de bataille…

Tuesday, February 16, 2010

Sarkozy, en vers et en droit(e)

Mon Beau-Frère me transmet un trac avec cette excellent feuillet, à lire de haut en bas, puis de bas en haut. Hilarant – ou consternant…

Dans notre parti politique, nous accomplissons ce que nous promettons.
Seuls les imbéciles peuvent croire que
Nous ne luttons pas contre la corruption.
Parce que, il y a quelque chose de certain pour nous :
L’honnêteté et la transparence sont fondamentales pour atteindre nos idéaux.
Nous démontrons que c’est une grande stupidité de croire que
Les mafias continueront à faire partie du gouvernement comme par le passé.
Nous assurons, sans l’ombre d’un doute, que
La justice sociale sera le but principal de notre mandat.
Malgré cela, il y a encore des gens stupides qui s’imaginent que
L’on puisse continuer à gouverner
Avec les ruses de la vieille politique.
Quand nous assumerons le pouvoir, nous ferons tout pour que
Soit mis fin aux situations privilégiées et au trafic d’influences
Nous ne permettrons d’aucune façon que
Nos enfants meurent de faim
Nous accomplirons nos desseins même si
Les réserves économiques se vident complètement
Nous exercerons le pouvoir jusqu’à ce que
Vous aurez compris qu’à partie de maintenant
Nous sommes avec Nicolas Sarkozy, la « nouvelle politique. »