Friday, December 1, 2017

Et si… tous les Nobel de la Terre…

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.)

A la sortie de la messe de Davos, nous arrivons dans la période annuelle où va se répéter une autre messe mondiale, tout aussi ridicule. Le Prix Nobel voulait saluer à l’origine les meilleurs travaux scientifiques, mais il s’est vu dévoyé sur deux matières pour en devenir un sommet de politiquement correct contre-productif : la paix et l’économie. On passera ici sur le Nobel de la Paix en espérant juste que cette année il aille à un Edward Snowden plutôt qu’à nouveau à un despote tel Obama. Mais il est probable que le Nobel d’Economie cette fois encore soit remis à un incompétent, j’ai nommé entre autres les Paul Krugman, Joseph Stiglitz ou Amartya Sen ou nombreux similaires.

Comment un simple citoyen peut-il se permettre une affirmation aussi péremptoire ? C’est tout simplement une question d’information, que vous pouvez vérifier par vous-même. Je sais qu’il existe une autre théorie économique que les leurs. Une qui « marche ». Cette théorie, dite de l’école autrichienne, explique bien mieux tous les phénomènes économiques, tout en restant bien plus digeste et abordable que les usines à gaz mathématiques célébrées par l’académie suédoise.

Pour être exact, il y a un et un seul économiste véritable qui fut célébré par les Nobel au cours des quarante dernières années : Friedrich von Hayek, en 1974, un économiste issu de cette école autrichienne justement, l’exception qui confirme la règle. Il fut récompensé pour avoir su exprimer le rôle informationnel majeur que jouent le (libre) marché et les prix à l’échelle planétaire pour faire se rencontrer offre et demande. Là où beaucoup croient devoir aligner les fonctionnaires, Hayek explique que le marché libre fait mieux juste en laissant les gens commercer librement.

A l’inverse, une des aberrations des économistes « tendance Nobel » et en général aussi tendance gauchiste tient en leur croyance en la « relance » économique par l’injection de monnaie. Or il est facile d’expliquer à quel point cela ne repose sur rien de réel, ou plutôt rien de réaliste, et combien c’est là la racine même de nos crises depuis plus de 40 ans. On ne peut relancer une économie, car une économie – on devrait parler de marché, plutôt – est faite par les gens, pas par les politiciens.

Imaginez qu’à un instant l’ensemble des Français possèdent disons 1 milliard d’euros – je simplifie en oubliant les autres pays. Puis que la Banque de France émette 1 autre milliard. Ce nouveau milliard va permettre au début à ceux qui l’ont émis et donc qui l’ont au bout des doigts d’acquérir des richesses – mais notez bien, pas d’en créer, juste d’en acquérir. Cette demande plus forte va faire monter les prix atour d’eux, puis plus loin au fur et à mesure que la manne se répand, jusqu’au moment où ce double d’euros en circulation soit fini d’intégrer. Deux fois plus d’euros, mais aucune richesse créée. Comme la monnaie est deux fois moins rare, elle vaut en gros deux fois moins et donc les prix montent jusqu’à doubler en moyenne. Mais les salaires eux, n’ont pas encore monté…

Cette explication simple mais réaliste – elle porte un nom depuis 300 ans, on l’appelle l’effet Cantillon – met plusieurs choses en lumière. D’abord, que l’économie, c’est simple et ne nécessite aucune équation compliquée. Ceux qui vous dirons l’inverse sont soit des menteurs soit des irréfléchis. Ensuite, la création de monnaie ne crée pas de richesse. Au contraire, comme les prix montent mais pas les bas de laine, elle appauvrit le peuple et surtout les plus pauvres par inflation. En plus, on voit au contraire que ceux qui profitent le plus de la nouvelle monnaie sont ceux qui l’émettent avant la hausse des prix, donc l’état et la finance. La création monétaire enrichit les bureaucrates et appauvrit le peuple – bref tout l’inverse de ce qu’on voudrait nous faire entendre.

Vous croyez que je me trompe ? Cherchez par vous-même, réfléchissez, vous vous rendrez compte.

Wednesday, November 29, 2017

Football : Carton rouge pour l’hyper-fiscalité

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son intérêt socio-politico-économique.) 

La ferveur populaire pour le football a amené bien des mécènes à investir des sommes importantes, s’attirant ainsi les meilleurs joueurs. Voici que la remontée en ligue 1 de Monaco met au grand jour des distorsions que les présidents des autres clubs dénoncent. Mais en parlant de « concurrence déloyale ». Vous l’aurez compris, cette concurrence porte sur les joueurs et vient des différences de fiscalité entre la France et la Principauté et non d’un savoir-faire monégasque hors du commun. Rappelons que Monaco est un pays indépendant, donc souverain en matière de vol de ses citoyens.

Prenons un joueur payé 1 million d’euros net : le montant déboursé par le club monégasque sera de 1,051 million d’euros, à comparer aux 3,2 millions d’euros pour les clubs français. De plus, alors que le joueur monégasque finance sa couverture sociale avec ses propres revenus, les joueurs des clubs français bénéficient de droits sociaux conséquents sans devoir les payer – les spectateurs les leur financent. Pour être logiques, tous les français qui aiment l’état devraient se satisfaire que plus de la moitié de leur argent serve à financer notre état supposé généreux. Concurrence déloyale ? Où ça ?

Derrière cette boutade, on aura compris que la France croule sous une fiscalité arbitraire, aggravée par des raisonnements fallacieux. Il ne s’agit pas de concurrence déloyale de la part du club de Monaco, mais à l’inverse de la boulimie de l’état français : 5% à comparer à 220% ! La Principauté a gardé une gestion rigoureuse de ses finances et su mettre ses limites à l’état. En France, les hommes politiques ont abusé et re-abusé du pouvoir pour exiger des sommes toujours plus élevées et plus arbitraires au regard des fruits du travail de l’individu. Quand le footballeur reçoit 1 million d’euros, l’état rackette l’employeur de 2,2 millions d’euros supplémentaires, sans la moindre justification valable. Sans oublier qu’en plus le joueur à son tour sera extorqué via les impôts directs et indirects (notamment désormais avec la taxe à 75%). Ce racket mafieux, pourquoi continuer à l’accepter ?

Parce qu’il s’agit juste de quelques footballeux ? Mais c’est la même gabegie pour tout le monde.

Une justification morale ou scientifique à tant de spoliations ? Aucune, cette boulimie extorsionniste ne repose sur rien de solide, à part l’abus de pouvoir et le vol organisé. Et plus l’état extorque, pire est la situation économique. Notre exemple permet de constater que l’état empêche les clubs français d’être aussi compétitifs que Monaco sur le terrain. Avec la même somme, le monégasque peut s’offrir 3 joueurs de niveau équivalent pour un seul pour les clubs français – ou un seul joueur, mais d’un niveau très supérieur. Ce n’est pas Monaco qui paye ses joueurs moins cher. Vu par le club cette fois, disposer d’un budget de 1,051 million lui permet de s’offrir un joueur demandant 1 million d’euros. Ce qui sera donc possible pour le club monégasque ne le sera pas pour un club français, obligé d’abandonner ses ambitions. L’hyper-fiscalité de l’état français fabrique de la médiocrité.

Les clubs de football ne sont hélas qu’un exemple. Les charges trop importantes obligent toutes les entreprises à revoir leurs projets à la baisse. L’économiste Frédéric Bastiat (1801-1850) avait déjà la formule suivante pour décrire cette dilapidation : « Quand un fonctionnaire dépense à son profit cent sous de plus, cela implique qu’un contribuable dépense à son profit cent sous de moins. Mais la dépense du fonctionnaire se voit, parce qu’elle se fait ; tandis que celle du contribuable ne se voit pas, parce que, hélas, on l’empêche de se faire. » Que l’état n’extorque plus, qu’il laisse l’économie et les hommes s’organiser naturellement et nous verrons les emplois et la prospérité de tous revenir.

Tuesday, November 28, 2017

Et si… égoïsme et solidarité allaient de pair ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici quelques années après, car il garde je crois son actualité socio-politico-économique.) 

Tout gouvernement moderne, tel un magicien, nous annonce à l’envi des plans de relance géniaux où l’argent coule à flots pour doper consommation et industrie. Pourtant, notre société souffre de gens toujours plus nombreux vivant à ne rien faire, sous des prétextes sociaux incohérents.

Pourtant, rien n’est gratuit sur cette Terre. Surtout pas de vivre. Je dois respirer. Je consomme de l’énergie. Très vite, deux choix s’offrent à moi : me nourrir, ou mourir. Je cultive ou je chasse, ou je pêche. Ou j’échange le fruit de mon travail contre de la nourriture. Encore et toujours de l’énergie : pour vivre, je dois travailler. Et d’abord pour moi, puis pour servir ma famille et les miens.

Manger pour vivre, ou vivre pour manger, Molière ? En économie, la chose est claire : il faut manger pour vivre. Dans ce monde humain, chacun commence par penser à son estomac. Personne ne peut manger pour moi : mon égoïsme est nécessaire à ma survie. Prise sous l’angle primaire, notre réalité est purement individualiste. Dans la société complexe qu’est la nôtre, la chose n’est certes plus aussi triviale : je n’ai souvent pas d’autres choix que d’échanger avec autrui pour ma restauration. Mais le « service contre repas » qui nous caractérise ne change en rien notre égoïsme premier.

C’est là qu’intervient l’objet du marché libre et de la division du travail. Autrui prend le relais. Si je lui apporte du bois pour son four, en retour le boulanger saura me nourrir en pain. Ainsi, dans la société moderne, la vie repose sur le négoce entre tous les humains. C’est elle la solidarité naturelle d’une société libre. Mais le fonctionnement social et économique suppose donc mon premier effort. Un effort de chacun et de tous en vue des échanges à venir pour vivre et participer à la vie des autres.

Pour financer une relance, le politicien brise cette loi, il crée de la fausse monnaie, ou de la dette. Il croit pouvoir nous nourrir sur le dos de nos enfants avec du simple papier. Ce gratuit de façade n’est autre qu’un vol payé par ceux qui ne trichent pas et produisent. Ainsi la relance entretient la fausse solidarité-dette. Le socialiste croit pouvoir aider certains à ne rien faire tout en espérant les voir se socialiser. Or c’est contre nature, illogique. Il oublie qu’il faut commencer par égoïstement travailler pour soi avant de pouvoir espérer la solidarité des autres, exprimée par l’échange gagnant-gagnant.

Le socialiste imagine l’humanité devenue adulte quand « sa » solidarité qui pousse à l’inaction aura été imposée à tous. Une société où il serait durablement possible de se nourrir sans avoir contribué d’abord à la survie des autres par son propre service n’est qu’une société injuste et sans viabilité. Hélas, c’est la nôtre, celle de 2014 (et encore en 2017) ! Or la civilisation, donc la paix, repose sur la solidarité du négoce.

Bien sûr, il y a des gens incapables de contribuer pleinement (vieux, enfants, amputés, etc.). Et encore, cela n’est même pas si sûr, il faut souvent juste trouver leur place dans l’ensemble. Mais la tradition a prévu leur prise en charge par leurs familles, creuset de la civilisation humaine. A défaut par des associations ou communautés. Cette proximité où les gens se connaissent, peuvent mieux apprécier la réalité du handicap et décider ainsi spontanément d’aider, c’est elle la seule garantie possible de la juste solidarité. La redistribution jacobine aux fainéants légalisés est à la source de l’injustice sociale, chaque jour un peu plus marquée. Qui ose dénoncer cette fausse solidarité ?

Notre société socialiste, qui se veut morale parce que glorifiant la dépendance passive, est par nature d’une injustice profonde. Elle s’enfoncera toujours plus vers l’injustice, donc vers sa perte, tant qu’elle ne remettra pas le travail, base du négoce lui-même solidaire, au centre de ses valeurs. La sortie de la misère suppose de reconnaître que le vrai égoïsme contribue à la vraie solidarité.

Cadeau fiscal ? Non, vol légalisé

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

On entend régulièrement le politique ou syndicaliste parler de « cadeau fiscal » aux contribuables qui bénéficient ainsi d’un impôt ou d’une taxe réduit. Prenons le carburant : l’écologiste voit la fiscalité sur le gas-oil comme un « cadeau fiscal ». Le cégétiste y voit la réduction de l’impôt sur les sociétés. A aucun moment, il ne leur vient à l’esprit que la fiscalité sur les autres carburants ou les entreprises est déjà abusive. Ils ne voient pas qu’il s’agit en fait d’un vol moindre du système envers les citoyens.

Si vous recevez un cadeau, vous demande-t-on de le payer ? Non, bien sûr. Si on vous y forçait, vous ne diriez probablement pas « merci pour le cadeau ». De même, devant le choix entre 2 produits, l’un moins cher que l’autre, vous ne verrez pas la différence de prix comme un cadeau du commerçant. Ce dernier ne prétend d’ailleurs pas vous faire un cadeau, si les deux produits ne sont pas au même prix, il a ses raisons. Or pour les politiques ou syndicalistes vivant des impôts et taxes, si par bonheur vous arrivez à en garder un peu dans le porte-monnaie, c’est qu’ils vous accordent un cadeau ! Eh oui, dans notre belle république de la dépense obligatoire, ils finissent par se convaincre que votre argent est le leur. Conclusion : vos dépenses sont inutiles, seule la dépense publique est vertueuse !

Bien sûr, cette vision est une grossière manipulation intellectuelle : elle pose que les revenus et les biens des citoyens appartiendraient au gouvernement. Après plus d’un siècle, la décomposition collectiviste de la société française arrive au même stade que l’ex-URSS avant sa chute. Le summum est atteint avec un gouvernement qui a transformé l’état régalien supposé protecteur du droit en un état-nounou où le citoyen-larve ne doit plus penser ni agir, car le système pense et agit à sa place.

Le secteur privé, qui reste l’unique créateur de richesses, est ainsi prié de passer régulièrement à la caisse sans avoir son mot à dire. Or quelle que soit la conjoncture économique, il doit s’adapter et financer un secteur public hypertrophié. Lequel veut bénéficier de toujours plus de privilèges car la pureté viendrait de lui. Vous pensiez l’esclavagisme abolit ? En fait, l’esprit mercantiliste de nos gouvernants l’a ressuscité : l’état-glouton court après l’argent et vous saigne à travailler pour lui.

Il faut l’affirmer : la fiscalité est un vol, réalisé par ceux qui ont jugé qu’impôts et taxes n’avaient pas de limites et que les revenus et les biens des citoyens sont la propriété de l’Etat, c’est-à-dire la leur. Cette idée est la négation de la propriété privée, elle est le point culminant de cette loi du plus fort qui est précisément celle qu’on reproche à tort le secteur privé de matérialiser. Le vol est rendu légal.

Si la non-confiscation fiscale devient un « cadeau », comprenez qu’à l’arbitraire de la fiscalité s’est ajouté l’arbitraire du « cadeau fiscal » en guise d’aumône. Le vol arbitraire permet l’arbitraire en tout et de faire des cadeaux discrétionnaires : assistanat des « pauvres », « niches fiscales », déductions pour aider tel secteur, capitalisme de connivence pour certains riches. Tout s’achète, en socialie.

Tout étant cadeau, l’état se réserve le droit de faire main basse sur tout ce qui a l’odeur de l’argent, alors qu’on se crie opposés au matérialisme. Devenue kleptocratie, la démocratie social-décadente a engendré une oligarchie mafieuse. Elle invente chaque jour de l’illusion par la loi pour embrouiller et tenir par le collet ses citoyens et éviter d’être mise en cause. Hard ou soft, l’issue du socialisme reste la même que totalitarisme des régimes communistes : la faillite collective, et elle est pour demain.

Sunday, November 26, 2017

Et si … le contrôle des prix menait à la misère ?

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Acheteur, tout humain trouve toujours les prix trop élevés. Travailleur, tout humain trouve toujours son revenu trop bas. La croyance voudrait que la magie politique issue des urnes et sa pseudo redistribution supprimeront la misère de ce bas monde en baissant les prix tout en augmentant les revenus. Or après deux secondes de réflexion, l’électeur constate que toute politique consiste à lui faire croire qu’on lui redonnera plus d’argent qu’on lui en a pris. La politique, un miracle permanent.

Depuis le temps qu’on le tente, si le contrôle des prix avait une quelconque vertu, il y a belle lurette que nous serions tous sortis du risque de nous retrouver sans emploi et les pauvres seraient tous devenus riches. Mais hélas, le contrôle des prix ne protège pas le pauvre. Au contraire, il engendre la pénurie car il dissuade le producteur de produire, et renforce l’écart entre riche et pauvre. Toujours.

Prenons un exemple : le politique estime que le prix du pain devient trop élevé. Pour que les pauvres puissent continuer d’acheter leur pain, il en plafonne le prix. Mais si la tendance était à la hausse du blé, très vite ce prix devient inférieur à celui que le marché libre aurait établi en l’absence de loi. Les boulangers perdent alors de l’argent à chaque pain vendu. Que celui qui peut longtemps produire à perte se lève : les boulangers cessent ainsi peu à peu de produire des pains. Ils utiliseront leur talent sur d’autres produits plus chers ou ailleurs. Une chose est sûre, c’est qu’il y aura de moins en moins de pains sur le marché pour les consommateurs. Cette logique est implacable : fixez arbitrairement un prix plus bas que le marché, et ce produit bientôt disparaîtra. Les exemples historiques pullulent.

Ne doutons pas un seul instant que les intentions du gouvernement étaient bonnes : il voulait vraiment garantir l’accès au pain ! Mais l’intervention politique a pourtant rendu le pain moins disponible. Même les pauvres qu’il voulait pourtant protéger sont touchés par la pénurie. Pour survivre, certains boulangers et clients développeront un marché parallèle qui profitera à ceux qui peuvent mettre le prix officieux. Prix qui est devenu plus élevé que le prix libre, pour compenser les risques de se faire prendre. Car le marché « noir », s’il n’est pas légal, est logique et légitime, comme l’est la demande. Ainsi le gouvernement a engendré une situation pire et sans l’amélioration voulue.

Persistant dans son interventionnisme, il va alors prétendre aider les boulangers. Il lui faudra donc prendre d’autres mesures coercitives, tel le contrôle du prix du blé. Cette fois, ce sont les minotiers fournisseurs des boulangers qui entreront dans la spirale infernale et on verra le blé disparaître. La face visible de cette intervention, c’est la baisse du prix du pain. La face invisible, c’est la disparition progressive des emplois et des producteurs et la pression à la baisse sur les revenus : le Venezuela.

Le rêve du politique, c’est de contrôler l’économie. Mais toute intervention politique sur le libre marché n’est que la création d’un obstacle, une gêne sur le processus économique. L’action dans le domaine économique est vouée à l’échec car le marché retrouve très vite sa place, ailleurs, à côté. Influencer à la baisse les prix en les fixant, favoriser un secteur économique ou augmenter les salaires concourt à freiner l’économie de marché et donc à accroître la misère. Le gouvernement réduit le pouvoir du consommateur de choisir son produit. Ce n’est plus du capitalisme, mais du planisme, comme l’économie planifiée d’un pays socialiste. Et le plan aboutit toujours à la même misère.

Saturday, November 25, 2017

Ouvrons le dimanche

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Il y a quelques jours, un supermarché de bricolage s’est vu condamné pour oser ouvrir le dimanche. Plus largement, la question de l’ouverture des magasins et du travail le dimanche fait souvent les unes locales comme nationales. Le dimanche serait-il sacré des dieux syndicaux pour que travailler soit ainsi « illégal » ? Les anticléricaux auraient-ils inscrit dans les saintes écritures l’interdiction du travail dominical et que travailler pour soi-même (bricoler donc !) impose des achats faits la veille ?

C’est oublier que de nombreuses professions travaillent habituellement le dimanche sans qu’on y pense. Les boulangers et pâtissiers, les stations-service, les péages, les hôtels et restaurants, les transports, les médias, le téléphone et les moyens de communication, les astreintes dans de nombreuses industries etc. sans oublier certains « services publics » – oui, même eux.

La situation est donc fort simple. Des gens, qui pour beaucoup travaillent en semaine, bricolent et souhaitent pouvoir utiliser leur temps « libre » à des achats. En face, des entrepreneurs et des salariés estiment qu’ils peuvent répondre à cette demande en ouvrant leurs magasins. Exactement ce que font les professions listées ci-dessus. Où est le problème ? Je croyais qu’on était libre, non ?

Les syndicats, bien sûr, nous avanceront que ce n’est pas si simple, ni l’exacte vérité. Qu’en réalité, les pauvres salariés du magasin ne veulent pas travailler le dimanche, qu’ils y sont forcés, et donc exploités. Ah ces sales patrons !!! Pire, imaginez que si tout le monde travaille le dimanche, il n’y aura plus personne pour aller acheter dans les magasins... Incompétence ou mauvaise foi ? Les deux.

Si les syndicats étaient compétents et de bonne foi, ils aideraient plutôt les salariés à connaître et promouvoir leur valeur sur leur marché. C’est leur seul rôle. Mais nos franchouillards marxistes préfèrent affirmer que les patrons sont des exploiteurs – comme le syndicat ? Or un salarié qui signe un contrat n’est jamais en position d’exploité : s’il n’est pas content de ses conditions de travail, de son salaire, de ses horaires, il peut négocier ou quitter l’entreprise, librement. Où est l’exploitation ?

Alors que le chômage sévit comme jamais, il est plus que regrettable que la justice condamne des gens qui ne demandent qu’à travailler pour créer de la richesse sans arrière-pensée. Osons le dire, une grande part de la misère croissante actuelle en France vient des archaïsmes et des incohérences de son bien trop rigide code du travail, dont cet événement n’est qu’un nouvel avatar. Une telle évidence de plus ne peut conduire qu’à une levée de boucliers : ce qu’il faut protéger, c’est la liberté individuelle de travailler et non l’arbitraire d’idées fausses ou de systèmes collectifs hors des réalités.

Pour sortir de l’impasse, le travail doit être libéré, pour laisser prospérer des milliers de magasins ouverts qui le dimanche, qui le soir, qui les jours fériés. Les emplois réapparaîtraient, non pas par un miracle dominical, mais par le dynamisme du marché, aujourd’hui bridé. Peut-être pour une courte durée. Ou peut-être pas. Mais toujours plus qu’aujourd’hui. La vie vient de la libre initiative.

Il est bon de savoir que le code du travail suisse se lit le temps d’un Paris-Lausanne : les salariés suisses sont-ils des esclaves pour autant ? 750 000 emplois détruits en France en 10 ans contre 500 000 créés en Suisse… cherchez l’erreur !!! Ce procès du travail dominical est donc idéologique et illogique. Il est le symbole d’une classe politique et syndicale dont l’incompétence économique et la malhonnêteté intellectuelle ont accouché de monstres bureaucratiques dont ce code du travail est un fleuron scandaleux. Mais la liberté veille et saura bientôt y remettre de l’ordre. Mais pas Macron.

Aides de l’Etat sauvages

(Article originalement publié pour le Journal Toulousain dans la Chronique de Patrick Aubin. Republié ici car quelques cinq ans après, car il garde toute son actualité économico-politique.)

Selon le politiquement correct ambiant, le libéralisme serait « sauvage », porteur de la « loi de la jungle ». La liberté de créer des richesses en prenant des risques serait bassement cupide, sans foi ni loi. Le politicien affiche que son intervention « régulerait » magiquement les myriades d’échanges quotidiens et volontaires de l’humanité. Il a convaincu le peuple que « l’Etat est là pour nous aider » !

Pourtant, les Lumières nous ont appris que « l’Etat », pour espérer être juste, se doit de n’être que régalien. Illustrons cela avec Sanofi et Peugeot. Certains reprochent désormais à Peugeot, qui licencie pour ne pas s’être restructuré à temps, de ne pas avoir su anticiper pour s’adapter à son marché, l’automobile. Et les mêmes reprochent maintenant à Sanofi, qui ne licencie pas mais se restructure, d’anticiper en s’adaptant à son marché, le médicament. Belle incohérence des reproches. Du bruit.

Qui, pourtant pendant plusieurs années, a jeté l’argent du contribuable en « primes à la casse » pour inciter l’achat de véhicules neufs, faussant le marché et baissant la pression de la concurrence sur Peugeot, dégagé ainsi d’efforts d’adaptation nécessaires ? Qui a gâché l’argent du contribuable en subventions pour forcer la création d’un « oncopole » d’utilité douteuse dans le pays déjà le plus consommateur de médicaments par habitant ? Subventions d’autant plus inutiles qu’elles ont accru les gains de Sanofi sur un marché faussé par un système de sécurité sociale déjà très artificiel.

Dans les interventions politiques, Frédéric Bastiat, économiste, disait déjà en 1848 – il y a 170 ans donc – qu’il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas. Les politiques nous vendent ce qu’on voit : l’illusion de l’aide apportée. Mais c’est oublier que l’argent de ces aides a été confisqué, volé donc, au contribuable, citoyen ou entreprise, qui l’avait gagné, sauf rares exceptions, de manière honnête.

C’est oublier que la ponction publique se fait sur une foule d’impôts, cotisations et taxes obligatoires, là où constitutionnellement cet acte devrait être « librement consenti ». C’est oublier que les grandes entreprises payent déjà des « contributions » fiscales. Leur en rendre une fraction, soumise donc à l’arbitraire politique, nuit encore plus à la transparence et à l’illusoire égalité devant l’impôt.

Ce geste crée de plus une injustice envers tous les autres acteurs de l’économie. L’Etat ne vient jamais protéger de la faillite les milliers d’artisans, commerçants ou PME contraints de financer ces avantages, alors qu’ils auraient pu vivre de leur argent honnêtement gagné. Plus extraordinaire encore, ils risquent même d’être accusés de « fraude fiscale », quand l’Etat est le seul prédateur lors de contrôles fiscaux, plus avide d’argent que ceux qui commercent de façon libre et responsable.

Ainsi ce qu’on ne voit pas, c’est tout ce qui nuit à la communauté résultant de ces « aides ». L’Etat organise la spoliation, le vol légalisé au profit de quelques-uns et au détriment de tous les autres. On a ainsi vu Peugeot vendre plus de véhicules par la force de la loi. Mais on ne verra pas que les sommes ainsi détournées vers le marché automobile manquent à des entreprises plus performantes sur d’autres marchés, qui auraient pu largement compenser les pertes d’emplois de Peugeot.

La politique ne peut rien pour l’économie, sinon l’étouffer puis la détruire. Car l’économie, c’est le reflet de la société, de la dynamique de la vie, pas de la manipulation de l’Etat. Par son arbitraire, l’action politique est bien plus « sauvage » que le laissez-faire des marchés. Contrairement aux belles paroles, son immoralité est bien plus grande, car chaque intervention dans l’économie se fait au mépris de la justice – celle du droit naturel. Et à l'inverse des cris de façade, au mépris du plus faible.