(Publié sur Le Cercle en 2015.)
La crise des éleveurs bovins est l’occasion d’observer en plein jour une multitude de fausses croyances et de dysfonctionnements profonds de ce pays qui fut pourtant celui des Lumières. Juste pour donner une idée, que ce soit le protectionnisme, le non-respect du droit, la politique agricole, l’endettement, le rôle du marché, celui de la distribution ou la protection du territoire, aucun de ces thèmes gravitant autour de la crise de ces derniers jours n’est l’objet d’une position saine de la part des politiciens et autres gouvernants. Et c’est bien parce que tout est géré en dépit du bon sens qu’on en arrive à ces soulèvements à répétitions qu’on observe depuis des années chez les paysans.
Donnons juste un exemple de la mauvaise foi politique. Dans LeFigaro, Périco Légasse demande : « Comment un éleveur peut-il accepter de vendre sa viande 3,98€ et de la retrouver à 14,50€ sur les étals des grandes surfaces? Qui se goinfre au passage? ». Il vise bien sûr la grande distribution. Mais c’est oublier la part qui dans une telle somme tombe en réalité dans les poches de l’état, qui se garde bien de proposer de baisser son appétit et préfère appeler à l’effort des consommateurs.
Sur 14,50€, il y a déjà 2,90 de TVA, restent 7,62€. En imaginant que la distribution prenne 15% de marge, ce qui est bien plus qu’en réalité, il reste 6,48€ de coûts, dont les salaires forment la plus grosse part, disons 6€. Quand on se rappelle que 50% des salaires finit en taxes et cotisations, on arrive au total à environ 6€, soit 40% du prix, qui sont dus à l’ogre étatique. On se trompe de cible.
Mais ce qui est le plus grave dans cette crise, c’est l’infantilisation de la société dont elle témoigne. Tout d’abord, à force d’interventions répétées, on a mis depuis des années les agriculteurs en situation de dépendance. Mais inversement, ceux-ci ne savent plus se prendre par la main, assumer leur destin et leur situation et au moindre pépin, ils bloquent sans vergogne leurs concitoyens.
Il est profondément choquant que le pouvoir réagisse à la moindre once de chantage de telle ou telle catégorie socio-professionnelle. Mais il est tout autant scandaleux que ces mêmes catégories socio-professionnelles prennent le pays en otage pour le moindre bobo, tels des ados n’affrontant pas leurs propres erreurs. Car il faut le dire, les éleveurs se sont mis tous seuls dans cette situation.
Ils nous disent lors des reportages qu’ils n’ont pas le choix, qu’ils ne peuvent pas faire autrement que de saccager pour être écoutés. Cela est bien sûr absolument faux, ils ont le choix d’assumer. Qui peut être assez sot pour s’endetter à vie pour monter une exploitation dans un domaine où par nature même aucun revenu ne peut être garanti ? S’endetter pour acheter 1 ou 2 vaches, d’accord, le risque est limité. Mais s’endetter pour en acheter 20, 30 ou 50, il faut être inconscient, prêts d’état ou pas.
Se faire entendre ? Depuis quand le rôle de l’état est-il de venir à l’aide des entrepreneurs qui ne savent pas prendre les bonnes décisions ?
Friday, January 26, 2018
Cybersécurité : Une affaire de liberté
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
La cybersécurité est un sujet passé du petit milieu des experts aux gros titres de la presse en quelques mois, grâce à une avalanche d’accidents qui commence à attirer l’attention de tous – on pense à TV5 ou au Canard Enchaîné il y a peu, parmi tant d’autres.
Il y a de nombreux liens entre cybersécurité et liberté ; ce premier texte se propose de recadrer le sujet, d’en rappeler les fondamentaux, les principes, avant que les prochains papiers détaillent chacun une des facette en particulier, toujours avec la liberté à l’esprit.
Vue d’un œil professionnel, la cybersécurité n’est guère un phénomène nouveau, du moins pas par nature. Elle est due à la conjonction de deux facteurs, qui se sont simplement aggravés, mais qui n’ont rien de nouveau. Le premier tient à la faiblesse des technologies. Le second tient à la professionnalisation des attaques.
Les systèmes qui hébergent l’immense majorité de l’informatique des entreprises et des grandes organisations sont essentiellement les mêmes, tous issus d’une poignée de fournisseurs. Et malgré les années, malgré les « patches » et les « mises à jour » incessantes, ces technologies sont fournies et sont mises en place avec une multitude de défauts de conception, les fameux « bugs ». Et chaque bug est une faille en puissance que les pirates pourront utiliser pour se glisser, invisibles, au sein de ces systèmes nerveux modernes.
Pirates qui de leur côté sont devenus des pros et utilisent des outils désormais à la portée de tous. De nos jours, on peut passer de pirate amateur à pirate à galons juste en quelques heures. Parmi les aspects remarquables de cette évolution se distingue le rôle joué par tous les grands états, qui se mêlent tour à tour de protection de leurs entreprises et citoyens, tout en veillant à être les premiers à pirater profondément le reste du monde – telle la fameuse NSA – hors de toute juridiction.
Alors on découvre tout d’un coup que l’illusion de la propriété intellectuelle appliquée au logiciel a fait émerger des technologies de mauvaise sécurité ; que la malveillance a pu s’étendre sans contrainte dans la mesure où les états n’ont laissé aucune police s’organiser sur le Net ; que trop souvent la collusion entre pouvoir et grandes entreprises a abouti à des moyens d’espionnage présents un peu partout, à notre insu ; que les lois comme la CNIL ne servent à rien, sinon à nous faire croire que le danger pourrait venir du secteur privé.
Faute de liberté, tout cela était pourtant prévisible. A suivre donc…
La cybersécurité est un sujet passé du petit milieu des experts aux gros titres de la presse en quelques mois, grâce à une avalanche d’accidents qui commence à attirer l’attention de tous – on pense à TV5 ou au Canard Enchaîné il y a peu, parmi tant d’autres.
Il y a de nombreux liens entre cybersécurité et liberté ; ce premier texte se propose de recadrer le sujet, d’en rappeler les fondamentaux, les principes, avant que les prochains papiers détaillent chacun une des facette en particulier, toujours avec la liberté à l’esprit.
Vue d’un œil professionnel, la cybersécurité n’est guère un phénomène nouveau, du moins pas par nature. Elle est due à la conjonction de deux facteurs, qui se sont simplement aggravés, mais qui n’ont rien de nouveau. Le premier tient à la faiblesse des technologies. Le second tient à la professionnalisation des attaques.
Les systèmes qui hébergent l’immense majorité de l’informatique des entreprises et des grandes organisations sont essentiellement les mêmes, tous issus d’une poignée de fournisseurs. Et malgré les années, malgré les « patches » et les « mises à jour » incessantes, ces technologies sont fournies et sont mises en place avec une multitude de défauts de conception, les fameux « bugs ». Et chaque bug est une faille en puissance que les pirates pourront utiliser pour se glisser, invisibles, au sein de ces systèmes nerveux modernes.
Pirates qui de leur côté sont devenus des pros et utilisent des outils désormais à la portée de tous. De nos jours, on peut passer de pirate amateur à pirate à galons juste en quelques heures. Parmi les aspects remarquables de cette évolution se distingue le rôle joué par tous les grands états, qui se mêlent tour à tour de protection de leurs entreprises et citoyens, tout en veillant à être les premiers à pirater profondément le reste du monde – telle la fameuse NSA – hors de toute juridiction.
Alors on découvre tout d’un coup que l’illusion de la propriété intellectuelle appliquée au logiciel a fait émerger des technologies de mauvaise sécurité ; que la malveillance a pu s’étendre sans contrainte dans la mesure où les états n’ont laissé aucune police s’organiser sur le Net ; que trop souvent la collusion entre pouvoir et grandes entreprises a abouti à des moyens d’espionnage présents un peu partout, à notre insu ; que les lois comme la CNIL ne servent à rien, sinon à nous faire croire que le danger pourrait venir du secteur privé.
Faute de liberté, tout cela était pourtant prévisible. A suivre donc…
Sécurité : Cesser de se plaindre des utilisateurs
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
Un soi-disant expert en sécurité sévissant régulièrement sur Contrepoints vient d’y publier un article où il nous engage à faire « attention au facteur humain » en matière de cybersécurité. Il est très à la mode dans ce milieu de parler du besoin de sensibiliser les utilisateurs et de façon générale, de se plaindre du nombre de bêtises faites par les « nuls » aboutissant à quelque catastrophe numérique.
De la part d’un auteur dont on suppose le penchant libéral, c’est un clair aveu d’immaturité politique et sociale. Car c’est oublier que le monde de l’informatique est comme tout produit de notre société, le fruit de l’action humaine, et que dès lors deux lois immuables s’appliquent à la question de la cybersécurité : la première, c’est qu’il n’y a pas d’autre facteur de sécurité que le facteur humain, puisque tout Internet et toute l’informatique jusque dans ses moindres détails résulte de décisions humaines ; ensuite, c’est oublier que l’objet de la sécurité au sein des systèmes informatiques n’est pas de se protéger de l’homme, mais bien de prendre l’homme comme il est pour en tirer des besoins de protection des informations en conséquence. C’est comme le droit.
Cette dernière remarque va radicalement à l’inverse du propos de notre faux expert. Qu’il se rassure, ils sont nombreux à raisonner comme lui. Vous entendrez régulièrement dire que l’utilisateur, plus ou moins ignare, est le maillon faible de la sécurité des systèmes informatiques et que de ce fait, la vie des experts chargés de renforcer ladite sécurité est d’autant plus compliquée.
C’est un peu comme si un politicien favorable à la démocratie, célèbre pour être le moins mauvais des systèmes, expliquait que les dysfonctionnements de celle-ci venaient en fait du peuple lui-même. Vous comprenez ma pov’ dame, les gens sont des imbéciles et votent n’importe comment et c’est pour cela qu’on finit par se retrouver avec du bleu marine dans les couloirs de nos palais. Ridicule. Il est évident que ce sont les principes de conception de la démocratie qui ne conviennent pas à l’homme et non l’homme qui ne convient pas à la démocratie. C’est la même chose sur Internet.
Ainsi, on oublie que les bugs font les failles. Qu’on m’explique pourquoi aucun éditeur n’est mis en justice quand son logiciel vulnérable permet la mise à sac de mon entreprise. Certes l’absence de bug ne peut être garantie, mais si les éditeurs avaient plus de pression, on verrait bien si leurs logiciels resteraient les passoires qu’on connaît.
Un soi-disant expert en sécurité sévissant régulièrement sur Contrepoints vient d’y publier un article où il nous engage à faire « attention au facteur humain » en matière de cybersécurité. Il est très à la mode dans ce milieu de parler du besoin de sensibiliser les utilisateurs et de façon générale, de se plaindre du nombre de bêtises faites par les « nuls » aboutissant à quelque catastrophe numérique.
De la part d’un auteur dont on suppose le penchant libéral, c’est un clair aveu d’immaturité politique et sociale. Car c’est oublier que le monde de l’informatique est comme tout produit de notre société, le fruit de l’action humaine, et que dès lors deux lois immuables s’appliquent à la question de la cybersécurité : la première, c’est qu’il n’y a pas d’autre facteur de sécurité que le facteur humain, puisque tout Internet et toute l’informatique jusque dans ses moindres détails résulte de décisions humaines ; ensuite, c’est oublier que l’objet de la sécurité au sein des systèmes informatiques n’est pas de se protéger de l’homme, mais bien de prendre l’homme comme il est pour en tirer des besoins de protection des informations en conséquence. C’est comme le droit.
Cette dernière remarque va radicalement à l’inverse du propos de notre faux expert. Qu’il se rassure, ils sont nombreux à raisonner comme lui. Vous entendrez régulièrement dire que l’utilisateur, plus ou moins ignare, est le maillon faible de la sécurité des systèmes informatiques et que de ce fait, la vie des experts chargés de renforcer ladite sécurité est d’autant plus compliquée.
C’est un peu comme si un politicien favorable à la démocratie, célèbre pour être le moins mauvais des systèmes, expliquait que les dysfonctionnements de celle-ci venaient en fait du peuple lui-même. Vous comprenez ma pov’ dame, les gens sont des imbéciles et votent n’importe comment et c’est pour cela qu’on finit par se retrouver avec du bleu marine dans les couloirs de nos palais. Ridicule. Il est évident que ce sont les principes de conception de la démocratie qui ne conviennent pas à l’homme et non l’homme qui ne convient pas à la démocratie. C’est la même chose sur Internet.
Ainsi, on oublie que les bugs font les failles. Qu’on m’explique pourquoi aucun éditeur n’est mis en justice quand son logiciel vulnérable permet la mise à sac de mon entreprise. Certes l’absence de bug ne peut être garantie, mais si les éditeurs avaient plus de pression, on verrait bien si leurs logiciels resteraient les passoires qu’on connaît.
Les objets connectés, virus de la liberté ?
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
Alors que les « cyber menaces » révèlent chaque jour la tentative accrue de mainmise étatique sur le Net, il se pourrait bien que la Liberté soit en train de reprendre une longueur d’avance déterminante.
Les « objets connectés » fleurissent et deviennent la Nouvelle Frontière d’Internet. Si vous ne connaissez pas l’idée, il s’agit de votre montre, de votre voiture, réfrigérateur, luminaire ou même cafetière qui tous seront contrôlables depuis votre téléphone ou ordinateur, même de l’étranger.
Il est évident que leur adoption généralisée, si elle se produit comme beaucoup l’anticipent, suppose que chaque propriétaire garde bien le contrôle sur ses objets. Pas question que votre voisin, ou pire, la police ou des voleurs, puissent ouvrir votre portail ou votre maison à votre place, par piratage.
De plus, malgré les nombreux fournisseurs, on cherchera un moyen simple de maîtriser tous ses objets : c’est comme les télécommandes, on cherchera celle qui fonctionne pour tout ou presque.
Mais il y a plus. Il est de même essentiel que chacun de nous ait la conviction que les données collectées par ces « choses » restent confidentielles (En Anglais, on parle de « Internet of Things »). Je n’ai pas forcément envie que tout le monde sache à quelles heures j’entre ou je sors de chez moi.
On voit donc que l’exigence de contrôle comme celle de secret sera très centrée sur l’individu propriétaire des « choses » dans l’Internet de demain. Or à ce jour, la sécurité sur Internet fonctionne dans l’autre sens : ce sont les entreprises et les sites web qui nous imposent leur sécurité et leurs mots de passe – ce qui se manifeste par la foule de mots de passe qu’il nous faut mémoriser.
L’arrivée des objets connectés en masse va probablement rendre en proportion ridicule le nombre d’ordinateurs déjà connectés. Et donc faire basculer le centre de gravité de la gouvernance, des entreprises et autres organisations vers les individus. Au point où les principes mêmes de la sécurité devront aussi basculer en notre faveur.
Demain, je me connecterai une seule fois sur le Net pour être reconnu par mes objets comme par mon téléphone et ses applications et de même par les systèmes de mon entreprise. Mieux, je pourrai choisir directement comment chaque entreprise utilise et protège les données que je lui confie.
Notre liberté aura gagné car le Net aura imposé la décentralisation de la sécurité des données et des accès. Les objets connectés annonceraient-ils ainsi le retour au pouvoir du libre marché ?
Alors que les « cyber menaces » révèlent chaque jour la tentative accrue de mainmise étatique sur le Net, il se pourrait bien que la Liberté soit en train de reprendre une longueur d’avance déterminante.
Les « objets connectés » fleurissent et deviennent la Nouvelle Frontière d’Internet. Si vous ne connaissez pas l’idée, il s’agit de votre montre, de votre voiture, réfrigérateur, luminaire ou même cafetière qui tous seront contrôlables depuis votre téléphone ou ordinateur, même de l’étranger.
Il est évident que leur adoption généralisée, si elle se produit comme beaucoup l’anticipent, suppose que chaque propriétaire garde bien le contrôle sur ses objets. Pas question que votre voisin, ou pire, la police ou des voleurs, puissent ouvrir votre portail ou votre maison à votre place, par piratage.
De plus, malgré les nombreux fournisseurs, on cherchera un moyen simple de maîtriser tous ses objets : c’est comme les télécommandes, on cherchera celle qui fonctionne pour tout ou presque.
Mais il y a plus. Il est de même essentiel que chacun de nous ait la conviction que les données collectées par ces « choses » restent confidentielles (En Anglais, on parle de « Internet of Things »). Je n’ai pas forcément envie que tout le monde sache à quelles heures j’entre ou je sors de chez moi.
On voit donc que l’exigence de contrôle comme celle de secret sera très centrée sur l’individu propriétaire des « choses » dans l’Internet de demain. Or à ce jour, la sécurité sur Internet fonctionne dans l’autre sens : ce sont les entreprises et les sites web qui nous imposent leur sécurité et leurs mots de passe – ce qui se manifeste par la foule de mots de passe qu’il nous faut mémoriser.
L’arrivée des objets connectés en masse va probablement rendre en proportion ridicule le nombre d’ordinateurs déjà connectés. Et donc faire basculer le centre de gravité de la gouvernance, des entreprises et autres organisations vers les individus. Au point où les principes mêmes de la sécurité devront aussi basculer en notre faveur.
Demain, je me connecterai une seule fois sur le Net pour être reconnu par mes objets comme par mon téléphone et ses applications et de même par les systèmes de mon entreprise. Mieux, je pourrai choisir directement comment chaque entreprise utilise et protège les données que je lui confie.
Notre liberté aura gagné car le Net aura imposé la décentralisation de la sécurité des données et des accès. Les objets connectés annonceraient-ils ainsi le retour au pouvoir du libre marché ?
Thursday, January 25, 2018
Le libéralisme incomplet de Charles Gave
Charles Gave est cet homme d’affaires à succès, respectable comme tel, ayant créé il y a quelques années l’Institut des Libertés, erreur déjà puisque la liberté ne se découpe pas en tranches. Il a produit à l’automne un article, sur son site, où il prétend révéler « Qu’est ce que le Libéralisme ? ». Il est je crois très intéressant de le lire, car il s’y pose avec sincérité d’excellentes questions. Mais les réponses qu’il propose, sa vision du libéralisme donc, tombent à plat et montrent l’horizon limité du schéma de pensée dont il souffre, ainsi que l’immense majorité des pseudo libéraux dans ce pays.
L’article débute par une citation d’excellent choix, prise chez Saint Just : « L’ennemi naturel de tout citoyen, c’est son Etat. » Bravo, il ne pouvait pas mieux résumer la vision libertarienne de la liberté.
Charles Gave (CG) commence alors son texte par une anecdote ou il fait intervenir Milton Friedman, sa référence en économie, hélas, montrant surtout son goût pour l’utilitarisme constructiviste. Mais ensuite, vient un autre moment de clarté, qui mérite d’être souligné et cité : « Je vais commencer par une évidence : le libéralisme n’est pas une doctrine économique et encore moins une idéologie politique, c’est tout simplement une pratique juridique empreinte du pragmatisme le plus total cherchant à établir dans un pays ce qu’il est convenu d’appeler un « état de Droit », c’est-à-dire un système politique où la Loi est la même pour tous, Etat y compris » (l’emphase est d’origine).
C’est pourtant dans ce résumé de sa vision du libéralisme que CG se prend les pieds dans le tapis alors même qu’il est sur le point d’avoir tout compris et de savoir pleinement expliquer la liberté. Mais reprenons sa thèse, elle est en trois points simples.
Tout d’abord, la liberté et donc le libéralisme est affaire de droit, pas d’économie. Si l’économie est un domaine où la liberté s’exprime, c’est sur la base du droit et non pas d’une théorie x ou y qui serait fondée sur autre chose que la base juridique du droit – en l’occurrence la propriété privée. Ensuite et au passage, liberté signifie libre choix et ce qu’il appelle pragmatisme est à lire selon moi comme ce que d’autres appelle tolérance, i.e. la possibilité d’avoir ses opinions et choix propres.
Puis viennent les trois mots de fin, mis en exergue, « état y compris », qui sont à la fois parfaitement vrais et faux. Vrais parce qu’en effet, toute la difficulté de la science politique est précisément de faire sauter ce paradoxe où certains auraient plus de droits que d’autres alors qu’ils sont là pour faire respecter l’égalité de tous devant le droit. Avec quelques autres libertariens, je nomme ce principe celui de la pleine symétrie du droit. Faux parce que tout son article montre qu’il n’a pas su voir l’incohérence sur ce point des auteurs et du système politique qu’il propose, et qu’il n’a pas su voir non plus la solution pourtant proposée par des auteurs plus récents, mais qu’il semble ignorer.
CG se lance alors dans un résumé de l’histoire de la pensée et de l’évolution politique libérale depuis la Magna Carta anglaise de 1215 qui le conduit à poser la séparation des pouvoirs comme principe : « Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité apparaît donc le principe de la nécessaire séparation des pouvoirs entre exécutif (le Roi), législatif (vote des impôts et des lois) et judiciaire (Indépendance des Tribunaux). » Il est dommage que CG se laisse influencer par l’histoire et des lectures trop anciennes pour ne pas voir que cette étape historique, pour positive qu’elle fut, cachait un postulat parfaitement arbitraire qui contredit sa propre exigence de symétrie du droit. En effet, avant de se féliciter de la séparation des pouvoir, il devrait s’interroger sur le besoin du pouvoir, car le pouvoir et son arbitraire est précisément ce qui s’oppose au droit – il ne peut donc en être le bras.
On devine que CG ne connaît pas ou du moins n’a pas lu la riche lignée des auteurs anarchistes de la liberté – Gustave de Molinari, Lysander Spooner, Herbert Spencer, Murray Rothbard, Hans-Hermann Hoppe – voyant probablement dans ce terme connoté le mal du désordre et du chaos. Pourtant, « anarchie » ne veut pas dire désordre – ce serait l’anomie, littéralement l’absence de normes. L’anarchie est l’absence d’autorité, de pouvoir l’arche de « l’archie » donnant bien cette image de quelque chose posé au-dessus de nous. L’anarchie prise dans ce sens est donc bien la bonne piste, celle de l’absence de pouvoir et d’égalité devant le droit qui est chère à notre libéral classique.
C’est dommage qu’il ne sache pas voir cette nuance, car plus loin il dit une autre vérité qui le met à deux doigts de la solution libertarienne, qui passe par le commerce du régalien : « Ce qui permet la croissance, ce n’est donc pas une série de règles économiques plus ou moins efficaces mais la sécurité juridique qui est offerte aux entrepreneurs. La croissance économique se produit tout simplement parce que le vol étatique n’est plus possible. » Exact cher Charles Gave. Mais ce qui est dommage que vous ne voyiez pas, c’est le raisonnement inverse vous donne la solution : les entrepreneurs qui cherchent et font la croissance, parce qu’ils ont besoin de sécurité juridique, peuvent aussi la faire.
Ce que la phrase de CG met de côté, c’est le processus de mise en place de cette nécessaire sécurité juridique. Sans vraiment s’en rendre compte probablement, il suppose qu’elle nous tomberait plus ou moins du ciel, du moins ne se pose-t-il pas la question parce que l’histoire s’est chargée du sujet et nous a servi le lourd état napoléonien comme sur un plateau. Donc pour lui la question n’est plus que de réviser, réformer, au mieux refondre cet « état » hérité de l’histoire. Mais pourquoi cela serait-il la seule option possible ? Et de toute manière, il pourra bien tenter toutes les réformes de l’état qu’il veut, veiller à sa sainte séparation des pouvoirs, il ne pourra pas sortir du paradoxe de l’état ennemi qui se pose comme sauveur du citoyen envers l’état. Le libéralisme est donc ailleurs.
Et ailleurs c’est donc dans l’entrepreneurs et donc dans le libre marché. La première étape, c’est la confiance entre deux, puis trois puis une communauté de partenaires commerciaux. Quand elle devient trop vaste, que la confiance s’étiole, vient ce besoin formel de sécurité juridique – le fameux régalien. Mais la confiance encore présente suffit pour que l’entrepreneur propose des services régaliens : justice privée, police privée, notaires, cadastre, huissiers et tout ce que le marché peut faire émerger. Ces premiers services accroissent la confiance et la sécurité et permettent à d’autres de voir le jour, et la boucle est bouclée. Le libéralisme de plein capitalisme, libre de pouvoir, est né.
A part une référence à John Rawls fort malheureuse – cet auteur est un « liberal » c’est-à-dire un social-démocrate et non un libéral – le reste de l’article est tout à fait intéressant, mais il y avoue son impuissance à comprendre l’abandon du libéralisme au profit de la social-démocratie.
Dans sa conclusion, Charles Gave cite ainsi Albert Camus, à juste titre : « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde ». S’est-il seulement rendu compte à quel point sa propre erreur de qualification du libéralisme contribue à obscurcir l’esprit de ses concitoyens quand il s’exprime devant eux sur le sujet ? Vu l’exposition qui est la sienne dans les médias, je me permets de lui suggérer de revoir en urgence ses concepts et ses positions sur le sujet.
L’article débute par une citation d’excellent choix, prise chez Saint Just : « L’ennemi naturel de tout citoyen, c’est son Etat. » Bravo, il ne pouvait pas mieux résumer la vision libertarienne de la liberté.
Charles Gave (CG) commence alors son texte par une anecdote ou il fait intervenir Milton Friedman, sa référence en économie, hélas, montrant surtout son goût pour l’utilitarisme constructiviste. Mais ensuite, vient un autre moment de clarté, qui mérite d’être souligné et cité : « Je vais commencer par une évidence : le libéralisme n’est pas une doctrine économique et encore moins une idéologie politique, c’est tout simplement une pratique juridique empreinte du pragmatisme le plus total cherchant à établir dans un pays ce qu’il est convenu d’appeler un « état de Droit », c’est-à-dire un système politique où la Loi est la même pour tous, Etat y compris » (l’emphase est d’origine).
C’est pourtant dans ce résumé de sa vision du libéralisme que CG se prend les pieds dans le tapis alors même qu’il est sur le point d’avoir tout compris et de savoir pleinement expliquer la liberté. Mais reprenons sa thèse, elle est en trois points simples.
Tout d’abord, la liberté et donc le libéralisme est affaire de droit, pas d’économie. Si l’économie est un domaine où la liberté s’exprime, c’est sur la base du droit et non pas d’une théorie x ou y qui serait fondée sur autre chose que la base juridique du droit – en l’occurrence la propriété privée. Ensuite et au passage, liberté signifie libre choix et ce qu’il appelle pragmatisme est à lire selon moi comme ce que d’autres appelle tolérance, i.e. la possibilité d’avoir ses opinions et choix propres.
Puis viennent les trois mots de fin, mis en exergue, « état y compris », qui sont à la fois parfaitement vrais et faux. Vrais parce qu’en effet, toute la difficulté de la science politique est précisément de faire sauter ce paradoxe où certains auraient plus de droits que d’autres alors qu’ils sont là pour faire respecter l’égalité de tous devant le droit. Avec quelques autres libertariens, je nomme ce principe celui de la pleine symétrie du droit. Faux parce que tout son article montre qu’il n’a pas su voir l’incohérence sur ce point des auteurs et du système politique qu’il propose, et qu’il n’a pas su voir non plus la solution pourtant proposée par des auteurs plus récents, mais qu’il semble ignorer.
CG se lance alors dans un résumé de l’histoire de la pensée et de l’évolution politique libérale depuis la Magna Carta anglaise de 1215 qui le conduit à poser la séparation des pouvoirs comme principe : « Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité apparaît donc le principe de la nécessaire séparation des pouvoirs entre exécutif (le Roi), législatif (vote des impôts et des lois) et judiciaire (Indépendance des Tribunaux). » Il est dommage que CG se laisse influencer par l’histoire et des lectures trop anciennes pour ne pas voir que cette étape historique, pour positive qu’elle fut, cachait un postulat parfaitement arbitraire qui contredit sa propre exigence de symétrie du droit. En effet, avant de se féliciter de la séparation des pouvoir, il devrait s’interroger sur le besoin du pouvoir, car le pouvoir et son arbitraire est précisément ce qui s’oppose au droit – il ne peut donc en être le bras.
On devine que CG ne connaît pas ou du moins n’a pas lu la riche lignée des auteurs anarchistes de la liberté – Gustave de Molinari, Lysander Spooner, Herbert Spencer, Murray Rothbard, Hans-Hermann Hoppe – voyant probablement dans ce terme connoté le mal du désordre et du chaos. Pourtant, « anarchie » ne veut pas dire désordre – ce serait l’anomie, littéralement l’absence de normes. L’anarchie est l’absence d’autorité, de pouvoir l’arche de « l’archie » donnant bien cette image de quelque chose posé au-dessus de nous. L’anarchie prise dans ce sens est donc bien la bonne piste, celle de l’absence de pouvoir et d’égalité devant le droit qui est chère à notre libéral classique.
C’est dommage qu’il ne sache pas voir cette nuance, car plus loin il dit une autre vérité qui le met à deux doigts de la solution libertarienne, qui passe par le commerce du régalien : « Ce qui permet la croissance, ce n’est donc pas une série de règles économiques plus ou moins efficaces mais la sécurité juridique qui est offerte aux entrepreneurs. La croissance économique se produit tout simplement parce que le vol étatique n’est plus possible. » Exact cher Charles Gave. Mais ce qui est dommage que vous ne voyiez pas, c’est le raisonnement inverse vous donne la solution : les entrepreneurs qui cherchent et font la croissance, parce qu’ils ont besoin de sécurité juridique, peuvent aussi la faire.
Ce que la phrase de CG met de côté, c’est le processus de mise en place de cette nécessaire sécurité juridique. Sans vraiment s’en rendre compte probablement, il suppose qu’elle nous tomberait plus ou moins du ciel, du moins ne se pose-t-il pas la question parce que l’histoire s’est chargée du sujet et nous a servi le lourd état napoléonien comme sur un plateau. Donc pour lui la question n’est plus que de réviser, réformer, au mieux refondre cet « état » hérité de l’histoire. Mais pourquoi cela serait-il la seule option possible ? Et de toute manière, il pourra bien tenter toutes les réformes de l’état qu’il veut, veiller à sa sainte séparation des pouvoirs, il ne pourra pas sortir du paradoxe de l’état ennemi qui se pose comme sauveur du citoyen envers l’état. Le libéralisme est donc ailleurs.
Et ailleurs c’est donc dans l’entrepreneurs et donc dans le libre marché. La première étape, c’est la confiance entre deux, puis trois puis une communauté de partenaires commerciaux. Quand elle devient trop vaste, que la confiance s’étiole, vient ce besoin formel de sécurité juridique – le fameux régalien. Mais la confiance encore présente suffit pour que l’entrepreneur propose des services régaliens : justice privée, police privée, notaires, cadastre, huissiers et tout ce que le marché peut faire émerger. Ces premiers services accroissent la confiance et la sécurité et permettent à d’autres de voir le jour, et la boucle est bouclée. Le libéralisme de plein capitalisme, libre de pouvoir, est né.
A part une référence à John Rawls fort malheureuse – cet auteur est un « liberal » c’est-à-dire un social-démocrate et non un libéral – le reste de l’article est tout à fait intéressant, mais il y avoue son impuissance à comprendre l’abandon du libéralisme au profit de la social-démocratie.
Dans sa conclusion, Charles Gave cite ainsi Albert Camus, à juste titre : « Mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde ». S’est-il seulement rendu compte à quel point sa propre erreur de qualification du libéralisme contribue à obscurcir l’esprit de ses concitoyens quand il s’exprime devant eux sur le sujet ? Vu l’exposition qui est la sienne dans les médias, je me permets de lui suggérer de revoir en urgence ses concepts et ses positions sur le sujet.
Wednesday, January 24, 2018
Dommage que la presse NSA-che le voir
(Publié sur Le Cercle en 2015.)
Les unes ce matin se faisaient sur la révélation de l’espionnage généralisé mené ces dernières années par la NSA sur les réseaux. Et la presse unanime d’être choquée de telles écoutes de nos dirigeants, réaction réflexe d’un contre-pouvoir éteint.
Il faut donc qu’elle soit bien naïve pour imaginer que les agences de ce pays ne se livrent pas aux mêmes pratiques. Le fait scandaleux que la NSA écoute le monde n’enlève rien au caractère autant scandaleux des écoutes françaises, même si plus réduites. Sachons remettre les choses à leur place.
Surtout, franchement, qu’en avons-nous à faire que Hollande soit ou non écouté ? Cela va-t-il réduire ou accroître le chômage ? Cela va-t-il rembourser la dette ou renflouer le trou de la Sécu ? Cela va-t-il changer le goût des vins et fromages de ce pays ? Ou même changer celle qui partage ses nuits ?
Je ne dis pas que l’espionnage américain est une chose sans importance. Par contre, ce n’est pas cet espionnage-là qui m’importe, ni surtout qui devrait nous importer, me semble-t-il. Car savoir que les bassesses et autres tricheries qui font le quotidien de nos politiciens sont connues outre-Atlantique, la belle affaire ! Si cela pouvait les pousser à être plus honnêtes, ce ne serait que positif.
Par contre, je ne peux pas accepter l’idée que la NSA puisse surveiller mes faits et gestes ou mes dires. Soyons clair, je ne peux pas plus l’accepter des RG ni de toute autre agence de ce monde.
La France a à cet égard une culture très bizarre en matière de risque portant sur les données personnelles et ce cas ne fait hélas guère exception. Nous grandissons dans un pays où on nous enseigne la peur des grandes entreprises et la confiance en l’état et ses institutions. Par exemple, Google ou Facebook, mais Carrefour de même, seraient un énorme danger pour nos petits secrets, car ils auront tôt fait d’en abuser et de nous piéger en leurs filets commerciaux.
Or pour ma part, je me méfie bien plus d’une NSA ou de RG qui savent tout de moi et qui peuvent me contraindre à dieu sait quoi alors que j’attends le jour où Carrefour m’obligera, me forcera à quoi que ce soit. Les entreprises, même grandes, ont intérêt à me servir et à me satisfaire. Pas la NSA.
Le risque et donc le scandale de la NSA n’est pas tant dans la violations des petits secrets des huiles frelatées qui nous exploitent que dans la menace que ces agences représentent sur notre liberté quotidienne, individuelle et bien concrète. Il est bien dommage que la presse NSA-che le voir.
Les unes ce matin se faisaient sur la révélation de l’espionnage généralisé mené ces dernières années par la NSA sur les réseaux. Et la presse unanime d’être choquée de telles écoutes de nos dirigeants, réaction réflexe d’un contre-pouvoir éteint.
Il faut donc qu’elle soit bien naïve pour imaginer que les agences de ce pays ne se livrent pas aux mêmes pratiques. Le fait scandaleux que la NSA écoute le monde n’enlève rien au caractère autant scandaleux des écoutes françaises, même si plus réduites. Sachons remettre les choses à leur place.
Surtout, franchement, qu’en avons-nous à faire que Hollande soit ou non écouté ? Cela va-t-il réduire ou accroître le chômage ? Cela va-t-il rembourser la dette ou renflouer le trou de la Sécu ? Cela va-t-il changer le goût des vins et fromages de ce pays ? Ou même changer celle qui partage ses nuits ?
Je ne dis pas que l’espionnage américain est une chose sans importance. Par contre, ce n’est pas cet espionnage-là qui m’importe, ni surtout qui devrait nous importer, me semble-t-il. Car savoir que les bassesses et autres tricheries qui font le quotidien de nos politiciens sont connues outre-Atlantique, la belle affaire ! Si cela pouvait les pousser à être plus honnêtes, ce ne serait que positif.
Par contre, je ne peux pas accepter l’idée que la NSA puisse surveiller mes faits et gestes ou mes dires. Soyons clair, je ne peux pas plus l’accepter des RG ni de toute autre agence de ce monde.
La France a à cet égard une culture très bizarre en matière de risque portant sur les données personnelles et ce cas ne fait hélas guère exception. Nous grandissons dans un pays où on nous enseigne la peur des grandes entreprises et la confiance en l’état et ses institutions. Par exemple, Google ou Facebook, mais Carrefour de même, seraient un énorme danger pour nos petits secrets, car ils auront tôt fait d’en abuser et de nous piéger en leurs filets commerciaux.
Or pour ma part, je me méfie bien plus d’une NSA ou de RG qui savent tout de moi et qui peuvent me contraindre à dieu sait quoi alors que j’attends le jour où Carrefour m’obligera, me forcera à quoi que ce soit. Les entreprises, même grandes, ont intérêt à me servir et à me satisfaire. Pas la NSA.
Le risque et donc le scandale de la NSA n’est pas tant dans la violations des petits secrets des huiles frelatées qui nous exploitent que dans la menace que ces agences représentent sur notre liberté quotidienne, individuelle et bien concrète. Il est bien dommage que la presse NSA-che le voir.
Charlie est d'bout...
(J'avais écrit ceci sur Le Cercle en son temps...)
Charlie Hebdo est un symbole en France. C’est depuis des décennies un symbole. Celui de la gauche héritière de mai 68 et de la longue tradition de la caricature et de son pouvoir contre-pouvoir.
Pour un libéral, c’est depuis toujours un organe ambigu qui véhicule des messages de liberté largement miné par la coloration nettement marxisante et anti-capitaliste typique de notre gauche. Aucun libéral pourtant n’a jamais éprouvé le besoin d’assassiner les soixante-huitards de l’hebdo.
Charlie s’est fait connaître pour son irrévérence envers les religieux et surtout envers les islamistes. Et il a toujours eu raison de se moquer. Il est sain de se moquer de ceux qui croient pouvoir nous faire peur. Modestement, à mon petit niveau, je me moque chaque soir des idiots de ce monde.
Pour certains qui se disent islamistes, il semble que la moquerie ne soit pas supportable au point de justifier la mort. Peu importe de savoir s’ils sont ou pas islamistes. Ils ont dépassé les limites de la civilisation. Ils ont fait juste ce qu’il fallait pour que Charlie reste debout. Charlie est d’bout. Le pays et tous ceux qui au fond d’eux sont avant tout mus par le besoin de liberté connaissent un sursaut.
Au-delà de l’émotion évidente, au-delà du choc lié à l’atteinte, au refus évident de certains de respecter la plus élémentaire liberté d’expression, quelques questions me semblent se poser. Comment notre police peut-elle être si performante que trente ans après la rue de Rennes un tel gang professionnel puisse agit ainsi en plein Paris ? Belle démonstration de l’incapacité étatique. Comment nos amis musulmans vont-ils réagir ? Vont-ils comprendre qu’ils seront les premiers à subir les conséquences de cette monstruosité ? Qu’ils se doivent d’être les leaders de notre réponse ?
Car Charlie continuera, comme Charlie ou comme Canard ou autre. Ce n’est pas cela qui compte. C’est la liberté d’expression qui continuera et encore plus même. Les assassins ne passeront pas.
Et malgré le gouvernement incapable, malgré le message des anti-libéraux, c’est la liberté qui avance dans les têtes avec cette imbécillité ignoble. La peur et la haine ne peuvent rien contre la liberté.
Charlie Hebdo est un symbole en France. C’est depuis des décennies un symbole. Celui de la gauche héritière de mai 68 et de la longue tradition de la caricature et de son pouvoir contre-pouvoir.
Pour un libéral, c’est depuis toujours un organe ambigu qui véhicule des messages de liberté largement miné par la coloration nettement marxisante et anti-capitaliste typique de notre gauche. Aucun libéral pourtant n’a jamais éprouvé le besoin d’assassiner les soixante-huitards de l’hebdo.
Charlie s’est fait connaître pour son irrévérence envers les religieux et surtout envers les islamistes. Et il a toujours eu raison de se moquer. Il est sain de se moquer de ceux qui croient pouvoir nous faire peur. Modestement, à mon petit niveau, je me moque chaque soir des idiots de ce monde.
Pour certains qui se disent islamistes, il semble que la moquerie ne soit pas supportable au point de justifier la mort. Peu importe de savoir s’ils sont ou pas islamistes. Ils ont dépassé les limites de la civilisation. Ils ont fait juste ce qu’il fallait pour que Charlie reste debout. Charlie est d’bout. Le pays et tous ceux qui au fond d’eux sont avant tout mus par le besoin de liberté connaissent un sursaut.
Au-delà de l’émotion évidente, au-delà du choc lié à l’atteinte, au refus évident de certains de respecter la plus élémentaire liberté d’expression, quelques questions me semblent se poser. Comment notre police peut-elle être si performante que trente ans après la rue de Rennes un tel gang professionnel puisse agit ainsi en plein Paris ? Belle démonstration de l’incapacité étatique. Comment nos amis musulmans vont-ils réagir ? Vont-ils comprendre qu’ils seront les premiers à subir les conséquences de cette monstruosité ? Qu’ils se doivent d’être les leaders de notre réponse ?
Car Charlie continuera, comme Charlie ou comme Canard ou autre. Ce n’est pas cela qui compte. C’est la liberté d’expression qui continuera et encore plus même. Les assassins ne passeront pas.
Et malgré le gouvernement incapable, malgré le message des anti-libéraux, c’est la liberté qui avance dans les têtes avec cette imbécillité ignoble. La peur et la haine ne peuvent rien contre la liberté.
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