Sunday, April 24, 2016

Rama Yade présidente du PLD ?

Rama Yade vient d’annoncer sa volonté de faire partie de ces quelques prétentieux avides qui croient pouvoir « mener à la destinée de ce pays », selon l’expression consacrée. Ce serait un incident tout à fait mineur s’il n’était accompagné d’un autre : Dans Le Figaro du 21 avril, on pouvait lire que « Rama Yade pourra notamment s’appuyer sur le Parti libéral démocrate pour ce combat politique ».

En premier lieu, je trouve amusant qu’un parti se disant libéral se trouve associé à un « combat politique », concept qui est aux antipodes de toute vision ou ambition réellement libérale. Un combat suppose un affrontement violent, alors que toutes les idées de la théorie libérale reposent sur le principe de non-agression. De plus, se battre pour le politique, c’est se battre pour le pouvoir. Or, Christian Michel en a fait des chefs-d’œuvre, l’idée de liberté est à l’opposé de celle de pouvoir.

Mais peu d’électeurs sans doute sauront voir cette contradiction. Par contre, on peut penser que beaucoup comprendront deux autres choses bien pires pour l’image du PLD et donc du libéralisme – qui n’avait pas besoin de ça en France. La première, c’est que les libéraux voient en cette femme et ce qu’elle représente un porte-parole de la liberté. La seconde, pire encore, c’est que les libéraux ne croient pas suffisamment en leurs idées pour les porter sans l’aide d’une star sur la scène publique.

Or Rama Yade, au-delà de ce qu’elle véhicule comme femme d’origine étrangère ayant réussi, c’est aussi un pur produit de la collusion franco-africaine, avec un père diplomate sénégalais très proche du président Senghor. On peut imaginer mieux pour représenter le libéralisme. Juste pour rire, on lira Wikipedia évoquant « une prise de position en faveur du vote blanc » et bien d’autres turpitudes.

Mais ce n’est pas de Rama Yade qu’il s’agit, mais du PLD qui une fois de plus fait des choix politiciens au lieu de faire son boulot, c’est-à-dire porter fièrement les valeurs de la liberté sur la place publique.

Je reste convaincu que les idées de la liberté ne peuvent in fine porter et être entendues par le peuple qu’en dehors de toute ambition politicienne – on voit bien l’érosion continue et universelle de l’attention populaire dont font preuve les politiciens, ce n’est pas un hasard.

Mais si le PLD doit préférer la voie électorale et partisane, au moins qu’il le fasse d’une manière qui ne laisse pas planer le doute sur ses intentions véritables. Tant que le PLD jouera le jeu de l’entrisme et des associations douteuses, il contribuera plus à nuire au libéralisme qu’à le servir en lui donnant l’aspect de ce que précisément le libéralisme se veut mettre à bas : la démocratie et le jeu politicien source d’injustice.

4 comments:

Pascal Dray said...
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Pascal Dray said...

Je suis en phase pour tout sauf pour ta conclusion. La première étape vers la liberté c'est un politique qui mettra en place l'État minimum pour à terme passer à une société sans État.

sgeyres said...

Et quelle serait la motivation d'un tel politique à faire ce changement stp ? Où dans le monde vois-tu une telle orientation prise ? Non Pascal, hélas la liberté viendra du peuple, pas d'ailleurs.

Vladimir Vodarevski said...

Le PLD cherche à exister par des compromis. Je ne crois pas en un parti libéral. La politique, c'est rassembler des gens sur des compromis. Un parti libéral conservateur pourrait exister. Et faire avancer les choses. Mais, il faut défendre les idées, comme le soulignait Hayek. Et faire en sorte que le libéralisme soit connu. C'est la première étape. Ensuite, un parti libéral, effectivement, c'est antinomique.