Wednesday, March 23, 2016

Qu’ont trop l’heur valaient rien

Presque comme chaque année, chaque printemps, les contrôleurs aériens de notre beau pays se sont mis en grève et prennent une part substantielle de l’économie en otage. Le jour où Google ou Uber s’intéresseront au trafic aérien, je ne pleurerai pas ces privilégiés qui connaissent l’heur de conditions de travail plus qu’avantageuses et qui ont bien trop par rapport à leur moralité et au service rendu.

Alors que je devais prendre un vol lundi matin, et que je m’étais organisé en conséquence, mon vol a été reporté 5 fois de suite, jusqu’à finalement partir mardi matin. Autant dire que j’ai perdu ma journée, pris le risque de perdre un client et agacé plusieurs personnes importantes pour moi.

J’entends déjà les gauchistes qui lèvent les boucliers : vous touchez au droit de grève, sacré ! Oui et non. Non, je peux imaginer qu’on choisisse de cesser le travail pour mettre de la pression sur son employeur. Mais personnellement, j’ai toujours du mal à comprendre cette logique, car pour ma part et comme je pense l’immense majorité des salariés, je négocie avec mon employeur au lieu d’entrer dans un rapport conflictuel. Ainsi, cesser le travail, décision personnelle, doit se faire dans le respect du droit, c’est-à-dire sans nuire à autrui et ici sans nuire aux voyageurs, qui n’y sont pour rien.

Donc oui, je considère que le droit de grève n’est pas un droit, parce qu’imposer sa volonté à autrui ne peut pas être un droit. Il faut quand même oser le dire, nous avons affaire ici à des fonctionnaires, donc privilégiés (ah oui, un autre tabou que les libéraux n’osent pas aborder), touchant de véritables petites fortunes résultant de la multitude de grèves infligées par le passé, fortunes qui sont financées par nos impôts, donc par la force, qui n’hésitent pas à prendre des milliers de citoyens en otage et à perturber l’économie à une échelle où leurs petits soucis sont dérisoires. Et pire : on les laisse faire.

Alors que l’actualité est dramatique et met au jour le grand malaise social du pays, leur grève minable est totalement anachronique, je ne suis pas sûr qu’ils se rendent compte à quel point. Bientôt, l’agacement montera, n’en doutons pas. Bientôt, la moindre grève de fonctionnaire sera mise en rapport avec le besoin de solidarité contre l’oppression politique que la peur suscite. On pourra alors remettre en question le statut fonctionnaire et les grèves abusives dont seul ce pays est à ce point caractéristique auront fini leur tyrannie. Car la liberté passe par l’égalité devant le droit.

Tuesday, March 22, 2016

Courage et Liberté

Je visionnais ce matin par hasard un « TED Talk » où une saoudienne courageuse relatais son combat pour que la liberté de conduire soit enfin accordée aux femmes en son pays. De la liberté concrète, un courage très fort, nés de la fierté de savoir qu’elle se bat pour une juste cause. Le lien est ici :

Et me voilà à penser au courage et in fine à l’efficacité du combat de cette femme pour la liberté en comparaison avec le (manque de) courage dont font preuve tant des libéraux présumés en ce pays. Seule, sans parti pour lui servir de bouclier, elle affronte l’oppression de la société, comme elle dit.

Les libéraux quant à eux, même à l’abri de l’honorabilité qu’offre un parti, n’osent pas aborder des thèmes qui pourraient choquer la société, interpeler les masses, remettre en cause les principes.

Par exemple, il est tabou de contester la démocratie. J’ai un mail dans mes archives où un président de parti se voulant pro-liberté écrit de manière très claire qu’il ne peut être question de remettre en cause la démocratie, qu’il faut « accept[er] de [se] soumettre à son juste jugement ». Pourtant, la démocratie (politique) est par nature et par structure la tyrannie de la majorité envers la minorité ; elle ne peut donc en aucun cas être à la base d’une société respectant le droit d’hommes libres. Il faut donc avoir le courage de le dire, de l’expliquer, d’affronter paisiblement la société qui se trompe.

Autre tabou, on ne saurait contester le concept d’élection, de vote ou de candidature. Pourtant, voter c’est donner un blanc-seing à un tiers pour que celui-ci impose ses idées ou des taxes à d’autres en notre nom. Il m’est incompréhensible qu’un libéral authentique ne se rende pas compte de la violation des règles de base du droit que ce mode d’expression implique sans aucun doute possible.

Bien sûr, l’immense majorité de nos concitoyens sont convaincus, à tort, que démocratie et élection sont les bases de la liberté. Et ce faisant, ils font sans s’en rendre compte, une société d’oppression, qui finalement n’a rien à envier à celle de notre héroïne saoudienne. La seule réponse possible est connue, elle passe par le courage d’affronter l’oppression et d’expliquer à nos proches en quoi cette oppression est partout parmi nous. Ce courage et cette explication, cela devrait être le rôle des partis libéraux et de tous les libéraux en général. La liberté se gagne par opposition franche à l’oppression.

Une femme seule a su le faire, a su oser dans un monde bien plus hostile. Pourquoi pas nous, ici ?

Sunday, March 20, 2016

Je veux pouvoir cliquer

Cela vous est sans doute déjà arrivé de recevoir un email un peu bizarre mais pourtant semblant venir d’une entreprise ou d’une administration tout à fait officielle, voire bien connue, disant vous avertir d’une erreur ou d’un cadeau, ou autre alerte, et vous demandant soit de cliquer sur un lien Internet joint, soit d’ouvrir une pièce attachée – pour découvrir que l’un comme l’autre cache un virus qui s’installe sur votre poste de travail, ou pire, permet à un pirate de se faire passer pour vous.

Ce type de malveillance, une forme de leurre destiné à piéger les employés pour en tirer les moyens de pénétrer en toute impunité et discrétion, entre dans la famille dite du « social engineering » qui regroupe les multiples façons de tromper la vigilance d’un employé d’entreprise envers la sécurité. Et comme l’utilisateur légitime qui clique sur le lien, ou ouvre la pièce jointe, décide de cette action, le système informatique n’a – soi-disant – aucun moyen de refuser cette autorisation implicite d’accès que l’employé accorde ainsi au pirate. Le pirate devient dès lors un utilisateur légitime. Imparable.

Il s’agit probablement d’un des fléaux de l’informatique moderne, tant il est fréquent que les pirates de tous poils arrivent à leurs fins de cette manière. Au point où il est désormais de bon ton parmi les professionnels de crier au besoin urgent de sensibiliser les utilisateurs afin de les inciter à vérifier cent fois la vraisemblance de tels emails avant de cliquer ou ouvrir les pièces jointes. Autrement dit, on met sans vraiment le dire la faute sur l’utilisateur qui n’y est pourtant pour rien, faute de mieux.

Il y a pourtant un autre message à porter, un message qui pointe du doigt les véritables fautifs et qui  permettrait donc de régler ce problème une fois pour toutes. Revenons sur les responsabilités en jeu. Pourquoi l’utilisateur clique-t-il ? Parce qu’il n’imagine pas que suivre un lien Internet puisse être suffisant pour qu’un virus s’installe. De même, il ouvre les pièces jointes parce qu’il n’imagine pas qu’elles puissent contenir un code malveillant que sa machine laisse s’exécuter sans plus de contrôle.

Et c’est bien sûr l’utilisateur qui a raison. Le problème n’est pas à son niveau, il est dans le manque de contrôle dont les systèmes tel Windows font preuve. Ou plus exactement, le problème vient de systèmes d’exploitation trop permissifs par défaut, que personne ne prend la peine de sécuriser.

Il faut le dire. Il n’est pas normal qu’un fichier pdf puisse contenir du code malveillant : responsabilité Adobe. Idem s’agissant d’un doc (traitement de texte) : Microsoft. Et surtout, pourquoi le système suppose-t-il qu’ouvrir un document revient à donner à ce code l’autorisation à s’exécuter sans plus de limitation sur la machine de l’utilisateur ? Celui-ci ne doit pas être vu comme un administrateur.

Ce qui me gêne vraiment, c’est que ce bon sens ne trouve pas plus d’écho dans la profession. A croire que les grands éditeurs logiciels influent sur les experts pour que leur attention soit portée ailleurs.

Saturday, March 19, 2016

L’incompréhension sociale de ceux qui nous protègent

Lors d’un exposé récent de sujets liés à la cybersécurité, à côté de moi, un représentant du ministère de l’intérieur inquiétait la salle par une succession de scénarios catastrophe que les « smart cities », les villes « intelligentes » parce que fourmillant de petits systèmes interconnectés un peu partout, du feu rouge jusqu’aux lampadaires, nous feront subir très bientôt. Et surtout, ce faisant, notre inquiet de parler de « risques », de villes, de téléphones, voire de lampadaires donc, mais jamais de citoyens.

Ainsi, il s’inquiétait, à juste titre soit dit, des possibilités de piratage des transformateurs électriques depuis un simple téléphone, constatant l’incapacité des méthodes d’analyse classiques à aborder la complexité des systèmes futurs où les équipements foisonnent, en échappant à un contrôle unique.

A aucun moment dans son analyse ne lui est-il venu à l’idée que les « risques » de (perte de) sécurité qu’il entrevoit ne sont pas des risques, mais des éventualités. Pour qu’il y ait risque, il faut qu’il y ait appréciation de l’importance de la conséquence de l’événement redouté, s’il se produit. Or cette appréciation ne peut se faire qu’à l’aune de ce que chacun considère comme important pour soi, et de plus en rapport avec l’opportunité, c’est-à-dire ce qu’on peut espérer gagner à prendre le risque.

Il me semble extrêmement significatif de l’éducation, de l’état d’esprit de tant de fonctionnaires et même consultants privés que de ne pas même pouvoir imaginer, voire réaliser, que l’appréciation d’un risque dans le domaine social ne peut pas être dissociée de l’individu concerné par ce risque.

Bien sûr, il devrait s’apercevoir en premier lieu que les analyses techniques vont pouvoir détecter et souvent résoudre des failles techniques, dites « vulnérabilités », par lesquelles les pirates pourraient s’infiltrer. Ces failles permettent, les unes après les autres, de toucher le système cible, sensible et de le pirater. Mais ce piratage n’est pas un risque en soi, seule sa conséquence sur les citoyens constitue un risque, risque dont la nature plus ou moins grave, gênante ou pénalisante varie selon chacun.

Le risque de systèmes complexes comme les « smart cities » ou autres systèmes plongés dans la réalité sociale n’est pas monolithique. Sa nature est celle de l’organisation décisionnelle dans ces systèmes, c’est-à-dire une organisation au niveau de l’individu. Une fois qu’on a compris cela, on comprends pourquoi ce technicien échoue dans son analyse et s’inquiète sans véritable raison.

Ce qui est grave pour notre société, c’est que comme tant d’autres, il soit incapable de s’en rendre compte par lui-même. Et que ces esprits ineptes prennent des décisions qui nous concernent tous.

Sunday, March 6, 2016

Les syndicats agricoles tombent dans la mafia ?

Les syndicats ne sont pas à leur place, spécialement la FNSEA. Le 3 mars, Xavier Beulin sur Radio Classique osait s’exprimer ainsi sur le dossier laitier : « On a aussi des discussions aujourd’hui avec nos partenaires de la filière, nos coopératives, nos industriels, les grands distributeurs, la restauration à domicile. Il faut aussi que tous ces acteurs comprennent qu’on [ne] peut pas spéculer comme ça à la baisse sur le prix des produits alimentaires et donc forcément sur le prix des produits agricoles. »

Soyons clair, tout d’abord. Ce monsieur a bien de droit de dire ce qu’il veut, en tant qu’individu. En tant que syndicaliste cependant, je prends ses dires comme l’expression de la doctrine qu’il croit pouvoir faire avancer comme légitime au nom des membres de son syndicat. Et à ce titre, Xavier Beulin mérite qu’on lui rappelle les bases de la vie en société et de l’économie, outre des claques.

Dans cet extrait, Beulin se prend non plus pour le représentant des agriculteurs, mais comme le grand médiateur économique entre producteurs et clients, le parfait mafieux qui souhaite maîtriser toute la filière, il le dit, pour que les lois économiques du marché ne viennent plus contrarier les plans de ses pauvres chéris à qui nous devrions notre survie alimentaire et donc notre servilité.

Il ose poser de façon très explicite que les produits alimentaires ne peuvent pas subir le marché, la « spéculation » – implicitement, on comprend que selon lui, ce serait la morale qui l’interdirait. Et de parrain il se poserait ainsi comme le sauveur du paysan et du consommateur réunis. Balivernes.

Autrement dit, il refuse la mise en concurrence des agriculteurs, il refuse leur concurrence envers les producteurs étrangers. A quel titre svp et en quoi cette exigence serait-elle morale ? Sous prétexte de nous nourrir, les agriculteurs pourraient-ils ainsi exiger les prix que bon leur semble, et nous imposer demain par exemple un litre de lait à 10 euros ? Voilà en effet une belle moralité. Ridicule.

Il ose, osons nous-mêmes en retour. Le problème des agriculteurs est précisément de refuser la réalité économique qui protège in fine le consommateur, toujours. Refuser la concurrence, c’est refuser d’entendre qu’ils doivent s’adapter, qu’ils doivent être plus performants, qu’ils doivent changer de métier, qu’ils doivent faire mieux et plus avec moins. Comme tout le monde, en fait.

La voilà la belle moralité de M.Beulin : il refuse que les agriculteurs soient des gens comme tous les autres. Tous ceux qui travaillent se lèvent en devant faire mieux, chaque jour. Mais pas Xavier Beulin.

Il est l’or, ma Señora…

Simone Wapler écrit assez souvent dans Le Cercle et il est vrai que ses positions sur l’économie sont bien plus rafraîchissantes que celles de bien des pseudos économistes contemporains. Mais à la lire, j’ai encore beaucoup de mal à la suivre et je doute finalement qu’elle soit vraiment alignée sur la théorie autrichienne, ce que son dernier papier sur « la fièvre de l’or » tend hélas à confirmer.

Que nous dit-elle ? « Lorsque les taux d’intérêt réels sont négatifs, les cours de l’or montent. Nous vivons en régime de monnaie fiduciaire. La monnaie EST dette. Le plus gros stock de monnaie est le dollar. » Cela est à la fois vrai et faux. Oui, la monnaie papier est de la même nature qu’une reconnaissance de dette, ce n’est plus une monnaie traditionnelle, comme l’or justement, qui avait une valeur propre. Par contre, le lien entre taux d’intérêt et or n’est pas si mécanique. Désormais, on achète ou pas de l’or pour tout un tas de raisons, par exemple pour l’industrie électronique.

Puis elle continue : « Pour pouvoir stocker de la valeur dans une monnaie fiduciaire, le taux d’intérêt sur la dette souveraine du pays doit être supérieur à l’inflation de ce pays. » Cela n’est pas tout à fait exact non plus. Pour comprendre, elle nous met sur la route juste après : « De la même façon, pour que votre épargne ne perde pas en pouvoir d’achat, il faut que le taux de votre livret, de votre assurance-vie, soit supérieur à celui de l’inflation. » Cette fois, s’agissant d’épargne, elle a raison, on ne peut gagner en valeur d’épargne que si le taux de rémunération est supérieur à l’inflation.

Mais cela n’est pas vrai pour la monnaie en général, comme elle le pose précédemment. Si j’ai un billet de 10 euros, que je le garde un mois dans ma poche, il perd en pouvoir d’achat du fait de l’inflation sur la durée, mais sans un quelconque espoir que cela soit compensé par un taux d’intérêt. La vision monétaire, ou du moins l’explication de cette dame est donc quelque peu imprécise.

Mais c’est le lien avec l’or qui me gêne le plus, comme dans la phrase qui suit : « A chaque fois que les taux d’intérêt réels en dollar sont négatifs, le thermomètre (l’or) enregistre une poussée de fièvre. » C’est peut-être ce qu’on constate, mais on ne peut pas en tirer pour autant de lien de cause à effet, ce qui serait pourtant ce qu’on attendrait d’un économiste digne de ce nom. Car, on l’a vu, il peut y avoir de nombreuses raisons à l’achat d’or qui sont décorrélées des soubresauts de la monnaie.

Il y a de nombreux débats sur la nature monétaire de l’or de nos jours et sur son éventuel retour comme monnaie. Bien sûr, ce serait la meilleure chose qui puisse arriver, et Simone Wapler a raison quand elle affirme que les banquiers centraux feront tout pour que cela n’arrive pas. Mais poser l’or comme un simple thermomètre n’est pas fidèle à la réalité et biaise l’interprétation des cours. L’or reviendra dans nos porte-monnaie le jour où assez de monde en aura décidé ainsi, tout simplement.

Thursday, March 3, 2016

Un profit n’arrive jamais seul

Un de mes collègues, pourtant cadre-sup dans une grande entreprise internationale de conseil, m’affirmait sa conviction qu’une entreprise moderne, telle la nôtre, a un rôle social qui va bien au-delà du seul profit, idée très à la mode dans les cercles influents. Et moi de lui affirmer avec le sourire que je suis convaincu qu’au contraire, une entreprise veillant à sa meilleure place sociale se doit de maximiser son profit et surtout rien d’autre ; à son grand étonnement, comme on peut l’imaginer.

A la décharge de mon collègue, il est très à la mode depuis le début du siècle de demander aux grandes entreprises de se mobiliser socialement sous diverses formes, culminant en une fumeuse autant que fameuse Corporate Social Responsibility, Responsabilité Sociale d’Entreprise faisant partie intégrante des rapports annuels qui d’ordinaire ne s’intéressent qu’aux chiffres et à la performance.

Mais la RSE pose deux problèmes économiques. Tout d’abord, comment savoir si elle effectivement socialement utile ? Et si elle est utile, quel doit être son montant au regard des profits engrangés ? Pourquoi l’entreprise ne convertit-elle pas l’intégralité de ses profits en RSE si celle-ci est en réalité plus proche de l’intérêt général ? On comprend que la question ne sembla pas simple. Pourtant…

Or il n’y a pas de réponse économique à l’utilité sociale de la RSE, ou plus clairement, le mécanisme social qui met l’utilité en évidence ne fonctionne pas pour la RSE. Mais quel est ce mécanisme ?

Le concept d’utilité suppose une action à laquelle se manifeste une réponse objective. Il y a trois façons élémentaires d’agir utilement, d’agir de manière à obtenir un indice d’utilité. En un : faire un don. En général, cela conduit à un ‘merci’. Sauf si on donne quelque chose qui est sans réelle valeur pour autrui. Ce qui est justement le problème de la RSE : on croit être utile, mais est-ce bien le cas ?

En deux : vendre quelque chose. Oui, vendre est un acte utile, à l'inverse à ce qu’on croit souvent. Car le plus souvent, vendre suppose acheter. Et acheter, qui est un acte libre, ne peut se concevoir que si l’acheteur à envie ou besoin de cet achat. Donc que la vente est effectivement utile. Et en trois, on trouve la signature d’un contrat, qui est la généralisation d’une vente et d’un achat.

Il faut bien voir qu’on ne peut pas juger de ce qui est utile pour autrui à sa place. Sauf à se prendre pour un dieu supérieur. Ce qui explique que l’utilité ne se décrète pas, elle s’exprime par un ‘merci’.

Mais tout vendeur vend pour gagner de l’argent, c’est-à-dire dégager un profit. Chose parfois mal comprise, l’acheteur aussi profite de l’échange car ce qu’il a acheté vaut plus pour lui que la somme accordée au vendeur – sinon, pourquoi acheter ? On voit donc que lorsqu’il y a utilité, il y a profit. Et qu’un profit n’arrive jamais seul, puisque le vendeur profite comme l’acheteur profite. Mais à l’inverse, le profit est-il la seule marque de l’utilité ? En effet, à part les dons appréciés, il l’est.

Revenons à l’entreprise. On comprend que les dépenses qu’elle consacre à la RSE, mais aussi au CE et à toutes les fantaisies sociales modernes, sont d’une utilité douteuse et viennent grever d’autant le profit. Or le profit par contre est le seul élément qui peut témoigner de son utilité. Il lui faut donc au contraire l’accroître pour être bénéfique. Une entreprise riche, qui s’enrichit et qui fait des profits sans gaspiller sa richesse à d’autres objectifs, est donc une entreprise qui remplit au mieux sa fonction sociale. Allez tenter d’expliquer cela à vos collègues socialisants qui détestent les profits…