Monday, December 28, 2015

Lorsque la Corse s’éveillera…

Depuis des décennies, la Corse est un caillou tranchant dans la chaussure des gouvernements français successifs, de tous bords. Elle bénéficie des régimes d’exception les plus inimaginables pour d’autres départements ou régions et fait preuve d’un acharnement envers Paris sans équivalent.

Aux dernières régionales encore, la Corse se distinguait en étant la seule nouvelle région adoptant une liste locale et non affiliée aux grands partis nationaux se partageant le pouvoir politique. Voici que depuis quelques jours, ce regain d’affirmation prend forme de manifestations populaires vers Ajaccio, défiant au passage l’état d’urgence ridicule et la pression sécuritaire de Manuel Valls and co.

Il est amusant, de plus, qu’au moment où démarre un débat sur le bi-nationalisme, on accepte de parler des partis locaux basques comme des partis « nationalistes », ce qui tend à pousser l’idée d’une nationalité locale, en complète contradiction avec la logique de nation monolithique française.

Ne nous y trompons pas, jamais je ne soutiendrai les actes de violence qui depuis trop longtemps ont marqué les manifestations des indépendantistes ou autonomistes de l’Île de Beauté. La violence ne peut en aucun cas – autre que légitime défense immédiate – être justifiée, quelle que soit la cause. Je ne suis pas dupe non plus de la mafia locale, de ses travers, de son immobilisme ni de sa corruption.

Mais cependant, j’admire l’énergie et la volonté de ces corses qui luttent contre les jacobins et se voient Corses avant d’être fils de Marianne. Et je regrette que durant des vingt dernières années, les Bretons, les Basques, les Alsaciens, les Catalans ou encore les Savoyards ne se soient pas fait plus entendre, que les voix régionalistes semblent avoir été matées par le Léviathan parisien. Provisoire ?

Car l’avenir n’est pas dans une France encore plus monolithique, elle-même encore plus noyée au sein d’une Europe toujours plus vaste. Les partis indépendantistes de divers pays d’Europe, tels UKIP ou les partis catalans, ne s’y trompent pas. L’avenir est à l’éclatement des monstres géographiques.

L’Union Soviétique s’effondra pour donner lieu à une myriade d’états plus petits, comme la Géorgie ou l’Arménie. Cela prendra encore du temps, mais on peut parier que l’actuelle Russie elle aussi finira par s’effondrer à nouveau pour éclater en une foule de nouvelles entités. Certains états des Etats-Unis sont l’objet de soubresauts internes poussant à la sécession, c’est-à-dire à l’indépendance, hors du territoire à la Bannière étoilée. L’Inde a déjà connu cela dans les années 70 avec le Bangladesh.

La démarche politique des Corses, du moins la majorité pacifique, mérite d’être suivie et encouragée par les Libéraux. Elle pourrait montrer la voie de la sécession libératrice aux autres régions et accélérer la chute de l’empire – pardon, du cirque – jacobin. Je ne suis pas Charlie : Je suis Corse…

1 comment:

Un gars lambda said...

https://www.youtube.com/watch?v=U6aeZdvONJw